- il y a 6 semaines
Le 14 juin 1996, Guillaume Durand interviewe Johnny Hallyday pour L.M.I. – Le Magazine de l’Information sur TF1, depuis son appartement du Riviera Hotel à Las Vegas. Johnny évoque son actualité, sa carrière et surtout la préparation de son grand projet américain. Une archive intéressante tournée au cœur de Las Vegas, quelques mois avant son concert événement.
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00:07Bonsoir, je suis ravi de vous accueillir avec un chapeau, non pas par coquetterie,
00:10mais tout simplement parce que nous sommes en plein désert, à Las Vegas, au Nevada,
00:13et qu'il fait dans la journée une cinquantaine de degrés, figurez-vous.
00:16Nous sommes ici pour un événement, vous savez qu'à l'automne prochain,
00:19Hallyday donnera un concert exceptionnel à Las Vegas,
00:21c'est le pari de l'automne prochain de Johnny Hallyday,
00:24et c'est l'arrivée du clan Hallyday que nous allons découvrir dans un instant.
00:28Nous verrons aussi tout à l'heure une grande interview qu'il nous a donnée,
00:31qui va vous faire découvrir un personnage notoirement différent de celui que vous connaissez.
00:35On va découvrir la ville, le jeu, les filles, bref une ambiance qui est celle du rêve américain,
00:40en commençant donc par Hallyday débarquant avec sa famille, ses amis et ses producteurs.
00:45C'est un sujet qui est réalisé donc par Damien Givlet, Jacqui Kergaillon, Rémi Meyer et Christophe Breton.
00:50Regardez.
01:05Aéroport Maccarré de Las Vegas, le voilà, Johnny l'Américain, plus bronzé que jamais,
01:09mais un peu sonné par les 4 heures de décalage horaire avec Miami,
01:13où il réside une grande partie de l'année.
01:15C'est un petit peu, puis je commence à m'endormir au moment où l'avion a fait sa descente.
01:21Tout le clan Hallyday l'a suivi, là c'était Joël Devouche, son manager depuis près de 15 ans,
01:25car quand Johnny se déplace, la fée du monde, il y a aussi son caméraman personnel,
01:30les journalistes, producteurs, sans oublier la maquilleuse.
01:33Quant à Laetitia, sa toute jeune femme attentive, elle veille à tout, mais préfère rester discrète.
01:38On va faire plein de choses. Je vais visiter pendant que Johnny va travailler.
01:44Vous n'allez pas avec lui ?
01:45Je ne sais pas, je vais le laisser travailler tranquille, je pense.
01:48Et puis, je vais visiter la ville.
01:51En voyage comme ça, c'est chacun de son côté ?
01:53Non, mais quand il travaille comme ça, je préfère le laisser tranquille.
01:56Pourquoi ? Parce que...
02:00Vous avez peur de lui poser ?
02:02Je vais m'embêter.
02:03C'est vrai ? Il vous le dit ?
02:05Non, mais je ne sais pas.
02:08Tony Franck, l'ami photographe, est également du voyage, gentiment pris à partie par l'idole.
02:13Il fait de tes conneries, Tony Franck.
02:15Depuis Miami, il nous chamboule tout le voyage.
02:18Il nous change les billets, ce qui fait qu'on arrive à l'avancement.
02:21Il n'a plus de billets, il faut tout changer.
02:23Même de vie à Paris ?
02:24Je ne voyage plus.
02:25Vous savez qu'une fois, j'ai dormi avec lui à Nageville, dans un hôtel.
02:28On se met à ce panneau.
02:31Il n'y avait pas de chambre, donc il a dormi dans la mienne.
02:33Toutes les demi-heures, il allume la lumière pour regarder quelle heure il est à Paris.
02:36Je ne peux pas raconter notre vie à Thierry.
02:39Il y a 6 heures du matin, il se rase avec un rasement électrique, donc plus personne ne dort.
02:43Et ils ronvent, c'est l'enfer.
03:09Johnny est descendu au Riviera, le casino de son producteur américain Norbert Allemand.
03:14C'est l'un des casinos fondateurs de Las Vegas.
03:17John Crawford avait fait l'ouverture en 55.
03:20Les plus grands sont passés ici.
03:21Marlène Dietrich, Louis Armstrong, Liza Minnelli, sans oublier Sinatra.
03:25C'est l'un des 20 plus grands hôtels du monde.
03:28Plus de 2000 chambres et comme partout, des kilomètres de machines à sous.
03:33Au jeu, on n'a jamais de chance.
03:35Même si on gagne, on finit par perdre.
03:38C'est des casinos qui gagnent toujours.
03:40Ah ça, ils vaut mieux être propriétaires que clients.
03:48Ça n'arrête pas là.
03:50C'est le début, ça commence toujours comme ça.
03:56Le Riviera et sa salle de 3000 places, c'est un peu juste pour Johnny,
03:59qui a dû se rabattre au dernier moment sur l'amphithéâtre de l'hôtel Aladdin,
04:03qu'il vient repérer avec toute son équipe.
04:05Même si la découverte de la scène où vont vivre réagit respirer 7000 personnes dans quelques mois,
04:10cela reste un exercice solitaire.
04:18C'est belle là, ça, la scène.
04:21Ça, c'est une vraie scène de spectacle.
04:25Toi, tu te vois sur...
04:27Tu fais 25 chansons à peu près dans un tour.
04:30Tu te vois leur faire avaler 12 chansons inconnues,
04:32la moitié,
04:34dans un tour de chant.
04:36Ça n'est pas, on était parti sur tout, de nouveau.
04:40On l'a échappé belle.
04:42Oh mon Dieu.
04:44Tout le staff du Parc des Princes et de Bercy est là,
04:46et notamment l'homme des Lumières, Jacques Roux Vérolis.
04:49On le joue tout nu.
04:51Et moi, je m'en sers, je me sers.
04:52C'est-à-dire, au lieu d'éclairer, comme ils ont l'habitude d'éclairer à partir des perches,
04:56j'éclaire, comme je fais un peu à Bercy,
04:59j'éclaire aux limites du bâtiment, aux limites de l'architecture.
05:04Comme ça, ça nous donne encore un peu plus d'ampleur.
05:07Comme on l'a fait au Parc des Princes, au lieu de se configurer comme ça,
05:11on le joue dans son entier.
05:16Au petit matin, le lendemain, on s'affaire autour des panneaux géants du Riviera.
05:20Il s'agit de monter pour quelques heures seulement l'affiche du concert unique du 24 novembre,
05:25une image exclusivement destinée aux médias européens,
05:28car ici en Amérique, Johnny reste un quasi inconnu.
05:32J'ai déjà entendu son nom.
05:34Qu'est-ce qu'il fait ?
05:36Je ne sais pas.
05:37C'est un chanteur.
05:45Non, je ne suis pas sûr.
05:47Ce n'est pas un chanteur de country, oui ?
05:49Quelque chose comme ça ?
05:54L'heure est à la détente, déjeuner en famille entre deux rendez-vous pour Johnny et Laetitia.
05:59Joël Devouges, le manager, suit avec le costume.
06:02Nous sommes dans la banlieue chic de Vegas,
06:04dans la maison de son producteur local, Norbert Allemand,
06:07un Français qui a quitté l'Hexagone il y a une vingtaine d'années
06:10pour tenter et réussir l'aventure américaine.
06:15Villa de rêve avec Rolls dans le garage, piscine à cascade et brume d'eau qui descend sur les invités
06:21pour abaisser la température,
06:23car ici, à la sortie de Vegas, nous sommes en plein désert, à 40 degrés à l'ombre.
06:31Johnny, lui, tourne le dos au clan, préférant s'isoler pour discuter en amoureux avec Laetitia.
06:36Et puis, dernier invité de la fête, l'arrivée de Jean-Claude Camus, le producteur français accueilli par Norbert.
06:42Ça va ? Ça va ? Bien ? Bien en forme ?
06:44Jean-Claude Camus est l'un des principaux producteurs de spectacles dans l'Hexagone.
06:48Il travaille également pour Michel Sardou.
06:50C'est l'un des hommes les plus proches de Johnny qu'il côtoie depuis 21 ans.
06:53Je suis terrorisé.
06:55Je peux vous dire vraiment, c'est la première fois
06:59où j'ai mis à la demande de Johnny, à la demande de Norbert, le doigt dans un engrenage.
07:05Je ne suis pas certain que j'avais réalisé tout à fait ce que ça comportait.
07:11Ce que je sais en tout cas déjà, c'est que l'organisation du Parc des Princes,
07:14à côté de l'organisation de Vegas, c'était de la rigolade.
07:19Autre membre du clan, l'homme à la casquette, Gilles Lotte, journaliste.
07:22Il a déjà écrit deux livres sur la vie de Johnny Hallyday.
07:25Gilles Lotte est également son interviewer attitré pour Paris Match.
07:29C'est un séducteur qui séduit aussi bien les femmes que les hommes
07:32qui déchaînent les passions de tout le monde
07:33et qui, obligatoirement, le lecteur est attiré par cette espèce de personnage
07:38auquel les gens ont envie, quelque part, de ressembler à l'idée
07:42parce que c'est le seul qui soit capable en trois mois
07:45de grossir de 20 kilos ou d'en prendre 20,
07:49d'éclater trois Ferraris, de partir en hélico,
07:54de faire des choses en ressemblage.
07:55Il fait ce que plus personne n'ose faire.
07:56Il fait ce que plus personne n'ose faire.
07:58Il a 53 balais et finalement, il vit comme il a envie de vivre.
08:01Il n'a jamais changé d'un truc.
08:02Et sa phrase préférée, c'est quand il dit
08:05« Les leçons de la vie, pour moi, n'existent pas
08:07et j'en refais toujours les mêmes conneries avec délice ».
08:34Johnny a maintenant rendez-vous avec cette jeune femme mannequin,
08:37actrice, vous ne le croirez jamais, c'est le maire de Las Vegas.
08:40La démocrate Ian Laverty Jones, élu en 91,
08:43brillamment réélu en 95 et présenté ici
08:46comme le futur gouverneur du Nevada.
08:48Madame le maire, aussitôt accaparée par l'un de ses administrés,
08:51venue lui demander de tenir bon sur le budget de la sécurité sociale,
08:54remet les clés de la ville à Johnny.
08:56Je vous remets les clés de la ville
08:58et je vous fais officiellement citoyen de Las Vegas.
09:10Changement de décor, nous sommes au Hard Rock Café,
09:12le rendez-vous des bikers, ces motards aux allures de rebelles,
09:15mais aussi chefs d'entreprise, fonctionnaires ou banquiers à la ville.
09:19Norbert Allemand a convoqué son club, les Easy Riders.
09:22Ils vont encadrer à l'idée sa Harley Davidson spéciale
09:25pour une descente du strip le Grand Boulevard de Las Vegas,
09:29symbole du rêve américain.
09:58La première fois,
10:01que je suis venu ici, c'était en 1962.
10:04J'avais 18 ans.
10:05Mais là, à ce moment-là, tu commençais...
10:08Je n'étais pas dans une suite.
10:09Oui, tu n'étais pas dans une suite.
10:10Et comment ça s'est passé, l'histoire ?
10:11Parce qu'il faut la raconter aux gens qui vont venir pour te voir.
10:14L'histoire est simple.
10:15J'ai commencé ma carrière sur Disque Vogue.
10:20Et ensuite, j'ai signé un contrat sur Disque Philips.
10:23Et ils m'ont proposé de venir à Nashville faire un album en anglais,
10:27qui était le premier disco en anglais que j'ai fait,
10:30Johnny Sinks, Goin' American It.
10:33Et j'ai enregistré ça à Nashville.
10:36Et pour me détendre...
10:38Et l'avion, tu es parti là ?
10:39J'ai parti à Nashville, oui.
10:41Et j'ai découvert comme ça, les États-Unis, la première ville que j'ai vue, c'était Nashville.
10:44Et avec elle, ils m'ont dit, on t'emmène à Vegas, tu vas te connaître Vegas, et je suis
10:48venu ici.
10:49Alors, ce qui était formidable de Las Vegas, c'est qu'il n'y avait pas de ville.
10:53Alors, quand on arrivait en avion, c'était une grande rue,
10:56avec que des casinos et des hôtels.
11:00Et si tout contournait sur cette grande rue, contournait ou à gauche ou à droite,
11:03on était en plein désert.
11:05Qu'est-ce que je compare ce qu'on voit ?
11:06Et alors, maintenant, c'est devenu une grande ville.
11:14C'est le chemin de fer de l'Union Pacifique qui va décider de l'essor de Las Vegas au
11:19début du siècle.
11:19Simple village-étape perdue dans le désert pour les pionniers de la ruée vers l'or.
11:24La construction du gigantesque barrage ouvert sur le Colorado dans les années 30
11:28va définitivement fixer dans la région des milliers d'ouvriers,
11:32travailleurs et cow-boys de passage qu'il va falloir occuper et marier.
11:36L'Amérique est alors plongée dans l'ère de la Prohibition,
11:39une situation que l'État du Nevada va mettre à son profit.
11:42Tous les jeux sont légalisés dès 1931
11:45et pour se marier à Vegas, une simple signature en bas d'un formulaire suffit.
11:51La suite de l'histoire, elle appartient à la mafia
11:53et à ses investissements massifs issus de l'argent des syndicats
11:56dans de nouveaux hôtels-casinos géants comme le Flamingo dès 1946.
12:01C'est l'âge d'or de Vegas, celui des paillettes et des girls,
12:04des Sinatra, Dean Martin et autres Sammy Davis,
12:07d'une Amérique conquérante qui exporte son style de vie et sa culture
12:11dans le monde en pleine reconstruction de l'après-guerre
12:14et qui sait négocier les virages des nouvelles modes
12:17que lui imposent ses enfants déhanchés et gominés.
12:35Las Vegas en 1996 s'est profondément transformée.
12:39Si les néons et les machines à sous sont toujours fidèles au poste,
12:41l'esprit, lui, n'est plus le même.
12:42La ville a résolument épousé la civilisation des loisirs et du carton-pâte
12:46pour devenir un gigantesque Disneyland
12:49peuplé d'une faune de touristes en short,
12:52d'américaines à la retraite et de familles nombreuses.
12:54Vegas a accueilli l'année dernière près de 30 millions de visiteurs,
12:58la moitié du chiffre français.
13:00Cela représente une manne de 100 milliards de francs pour la ville.
13:03Chaque nouveau venu dépense en moyenne 2500 francs au jeu,
13:06même si pour certains, cela peut s'avérer très rentable.
13:11Combien avez-vous gagné ?
13:127 444 dollars et 92 cents, plus de 37 000 francs.
13:17Vous êtes heureuse ?
13:18Non, non, je suis très malheureuse.
13:20On serait plus heureux si on avait gagné les 6 millions.
13:23C'est magique pour vous, Vegas ?
13:25Oui, on vient très souvent.
13:30Les spectacles se sont aussi adaptés.
13:32Les revues dénudées, comme ici Crazy Girls du Casino Riviera,
13:36ont cédé la place aux shows plus familiaux et à plus fortes audiences.
13:39Des magiciens, Zig Friedan Roy au Mirage,
13:42David Copperfield au César Palace ou encore EFX au MGM.
13:47Et puis, Hollywood a investi la place.
13:50Vegas est devenue l'une des nouvelles mecs du cinéma,
13:52avec coup sur coup l'année dernière,
13:54Living Las Vegas avec Nicolas Cage,
13:57Showgirl de Paul Verhoeven
13:58et l'incontournable Casino de Scorsese.
14:05Des années 90 qui ont vu surgir une nouvelle race d'hôtels-casinos géants
14:10sur le grand boulevard de Las Vegas.
14:12Ils sont tous plus délirants les uns que les autres.
14:15Vous pouvez ainsi vous offrir une tranche de 6 000 ans d'histoire de l'humanité
14:19pour pas cher,
14:19passant de la pyramide avec son sphinx de l'hôtel Luxor
14:23au combat de la flibuste de Treasure Island
14:26avec escale au Forum Romain du César Palace.
14:29C'est sans doute le plus beau centre commercial de la planète
14:32avec ses 70 boutiques de luxe éclairées par un ciel artificiel
14:36changeant à chaque heure de la journée
14:38et sous lequel évoluent des automates plus vrais que nature.
14:42Le César qui accueille chaque année
14:43les plus grands combats du championnat du monde de boxe.
14:47Las Vegas est couverte de chantier,
14:49le César Palace va doubler sa surface.
14:51On annonce la réplique de New York
14:53avec ses gratte-ciels
14:54et puis pour faire bonne mesure,
14:55en 98, le Paris Casino Resort
14:58avec l'Arc de Triomphe, les Champs-Elysées et la Tour Eiffel.
15:02Quant au MGM, le plus grand hôtel du monde,
15:04il a coûté plus d'un milliard de dollars
15:06et peut accueillir à lui seul avec ses 5 500 chambres
15:09l'équivalent de la population de Montélimar.
15:12Dernière folie en date, elle est derrière moi,
15:14c'est la Stratosphère.
15:15Et vous y êtes la plus haute tour de l'ouest du Mississippi,
15:18380 mètres.
15:19C'est un hôtel-casino comme partout ici à Vegas.
15:211 500 chambres du classique.
15:23Ce qui l'est moins, c'est qu'en haut,
15:25on a installé des montagnes russes.
15:27Ce sont les plus hautes du monde
15:28pour vous retrouver la tête en bas sur le boulevard,
15:30le strip de Las Vegas.
15:31Toujours plus haut, toujours plus fou.
15:33La ville qui ne s'arrête jamais.
15:39Qu'est-ce que tu as vu quand tu es venu ici ?
15:42Comme spectacle, la première fois à 18 ans.
15:45Je ne m'en rappelle plus vraiment ce que j'ai vu.
15:46C'était Presley ou ce n'était pas Presley ?
16:04J'ai pris tout seul l'avion de Paris.
16:06Je suis venu ici.
16:07Vous entendez, c'est un miracle.
16:09Oui, en plus.
16:09C'est dingue.
16:10Et j'ai atterri ici.
16:11J'ai été au spectacle tout seul,
16:13voir Elvis Presley.
16:15Et j'ai rencontré de nouveau
16:16Samy Davis qui faisait un spectacle
16:18hôtel en face.
16:19Et j'ai passé la soirée avec lui.
16:20Le lendemain matin, j'ai repris mon avion.
16:21Je suis rentré sur Paris.
16:22Et vous, pourquoi tu as fait ça ?
16:23Parce que j'avais envie de voir Presley
16:24dans ma vie une fois, sans scène.
16:26Et tu ne l'avais jamais vu avant ?
16:27Non, jamais.
16:28Et tu ne l'as jamais revu après ?
16:28Au cinéma, comme tous les fans.
16:30Non, mais je ne l'ai jamais rencontré.
16:32Je l'ai vu sur scène.
16:33C'est dingue, parce que les gens
16:34sont persuadés que tu l'as vu 15 fois.
16:35Non, non, non.
16:35Que tu l'as vu personnellement ?
16:37Jamais.
16:38Donc, en fait, pour toi, ça reste...
16:40Et quand j'aurais pu le connaître,
16:42malheureusement, il est mort.
16:43Donc, je ne l'ai jamais connu.
16:44Et quand tu l'as vu sur scène,
16:45ça t'a fait quoi ?
16:47Parce qu'on a toujours des souvenirs.
16:48Oh, oui, mais ça m'a fait...
16:49Oh, ça m'a fait...
16:52Ça m'a fait drôle,
16:52parce que c'était mon idole, quand même.
16:54Donc, on rêve d'Elvis Presley.
16:57Je l'ai vu au cinéma.
16:58Je l'ai vu en photo.
17:00Je l'ai vu à la télé.
17:01Et puis, d'un coup,
17:01tu le vois s'en sonne devant toi.
17:03C'est assez magique.
17:04C'est un des souvenirs.
17:05On va s'asseoir, là,
17:06parce qu'on va quand même parler
17:07de toute cette opération
17:08et puis de toi.
17:09Ça, c'est la partie musique.
17:10C'est bon, toi ?
17:11Moi, c'est la partie...
17:15Moi, je suis incapable de faire ça.
17:17Moi, je suis Domini.
17:18Domini, Domini.
17:19Mais est-ce que ça...
17:20Tu disais que ça avait quelque chose
17:21de magique pour toi, Presley.
17:23Est-ce que tu as ressenti
17:25quelque chose d'équivalent
17:26par rapport, justement,
17:28aux goûts musicaux
17:29qui sont les tiens
17:31comme spectateur
17:33depuis cette période 64 ?
17:35Je n'ai jamais ressenti
17:37pour un autre artiste
17:38ce que j'ai ressenti
17:39quand j'ai vu Elvis.
17:40Parce qu'il faut dire une chose,
17:42c'est que si j'ai chanté dans ma vie,
17:43enfin, si j'ai commencé à chanter
17:44et que j'ai fait ce métier,
17:45c'était parce qu'un jour,
17:46j'ai vu dans un film
17:48Elvis Presley.
17:50quand j'avais 12 ans, 13 ans, 14 ans,
17:53je chantais du Georges Brassens,
17:54ce qui n'avait rien à voir
17:56avec ce que j'ai chanté.
17:59Un petit coin de parapluie
18:00contre un coin de paradis,
18:01elle avait quelque chose d'un ange
18:03pour des chansons comme ça.
18:04Et puis, jusqu'au jour
18:06où j'ai été voir Loving You,
18:09il y avait Elvis Presley dedans,
18:10je pensais avoir vu...
18:11Je pensais aller voir un western,
18:13c'était un film musical
18:14avec Elvis Presley.
18:15et là, j'ai eu le flash.
18:17Et là, j'ai troqué ma guitare classique
18:20avec des cordes en nylon
18:21pour une guitare électrique
18:22et j'ai commencé à adapter
18:24en français des chansons d'Elvis.
18:27J'ai complètement oublié
18:28de te dire ça en rentrant,
18:29mais est-ce que tu te sens bien
18:31dans la perspective de ce truc
18:33qui est quand même assez dingue
18:35de faire transporter
18:36des milliers de Français
18:37qui vont venir là où on est ?
18:39Mais est-ce que j'essaie de...
18:40Oui, mais c'est certain
18:41que quand je suis venu ici
18:42la première fois,
18:43j'ai eu un choc
18:44et j'ai vécu mon rêve américain.
18:47Mon rêve américain
18:48par rapport à mon rêve d'enfance.
18:52J'ai grandi là-dedans.
18:54Il ne faut pas oublier une chose,
18:55c'est que j'ai été élevé aussi
18:56par Lee Hallyday
18:57qui était américain,
18:58donc j'avais un petit peu
18:58cette culture américaine en moi.
19:01Donc j'ai eu ce choc
19:02quand je suis arrivé ici
19:03et c'est ce que je voudrais.
19:06Le résultat de tout ça,
19:07ce que je voudrais,
19:07c'est que les Français
19:08qui viennent ici
19:08aient le même choc
19:09que moi j'ai eu
19:09quand j'avais 18 ans.
19:11Je me suis posé une question
19:12en relisant un peu
19:13tout ce qui a été écrit sur toi.
19:14Je me suis posé une double question.
19:17La première,
19:17c'est que je me suis rendu compte
19:20que finalement,
19:21il y avait un nombre considérable
19:22d'articles sur toi
19:23même depuis Bercy,
19:24mais que toi,
19:25tu avais très rarement
19:26parlé de toi.
19:28Pourquoi ?
19:28Oui, parce que je n'aime pas
19:29tellement parler de moi.
19:31Je ne trouve pas que ma vie
19:32soit tellement intéressante
19:34hormis la musique
19:35parce que c'est vrai
19:36que moi j'ai vécu
19:37toute ma vie
19:37à travers la musique
19:38que je fais,
19:39à travers le métier
19:39que je fais.
19:40Je pense que ma vie
19:41n'est pas tellement intéressante.
19:43En plus,
19:43j'ai des souvenirs douloureux
19:44de mon enfance
19:45par rapport à mon père
19:48qui a abandonné ma mère
19:49quand j'étais à peine né.
19:51Ma mère qui ne pouvait pas
19:53s'occuper de moi
19:54parce qu'elle n'avait pas le temps
19:55et qu'elle avait son rôle
19:57de mannequin,
19:59son métier de mannequin
20:00qui lui prenait beaucoup de temps.
20:01Donc, j'ai été élevé
20:02par la sœur de mon père.
20:04J'ai des très mauvais souvenirs
20:05d'enfance.
20:06Donc, quelque part,
20:08je suis toujours
20:08un petit peu réticent
20:09dans Paris.
20:10Mais le problème,
20:11c'est que justement,
20:12on revient à ce que je disais.
20:13C'est qu'on a vu depuis Bercy
20:14il y a des dizaines d'articles
20:15de toi sur ta vie privée,
20:17etc.
20:17Et comme toi,
20:18tu ne parles pas,
20:19à un moment,
20:19on a l'impression
20:21que ton image,
20:23c'est-à-dire ce que les gens...
20:24Ça t'échappe
20:24puisque toi,
20:25tu ne veux pas dire grand-chose,
20:27finalement.
20:27Tu ne réponds jamais.
20:28C'est-à-dire,
20:30je dis le nécessaire,
20:31le strict minimum,
20:32c'est-à-dire.
20:32Mais c'est vrai que, bon...
20:36C'est vrai que je n'en ai jamais
20:37beaucoup parlé.
20:38Mais c'est un peu douloureux
20:39pour moi d'en parler.
20:41Je n'ai pas eu une enfance normale,
20:42je n'ai pas eu une enfance heureuse
20:43avec papa,
20:45avec maman.
20:47Je n'ai pas suivi des études
20:49et je n'ai pas été à l'école
20:50comme les enfants normaux.
20:51J'ai suivi, donc,
20:53Desta et l'ILD
20:54à travers toute l'Europe.
20:55Donc, j'ai fait un petit peu
20:57des cours par correspondance
20:58à l'école des artistes,
21:00d'enfants d'artistes.
21:02Donc, j'étais un petit peu
21:03baladé à droite, à gauche.
21:06Je n'avais pas de copains
21:07parce qu'on ne restait jamais
21:08assez longtemps dans un endroit
21:09pour que je m'en fasse.
21:11Donc, jusqu'à l'âge de 14 ans,
21:12c'était un petit peu...
21:15j'aurais aimé
21:16ne pas vivre cette vie.
21:18Mais enfin, maintenant,
21:19à 53 ans,
21:20avec tout ce que tu as fait,
21:23ça continue ?
21:24Qui pense ?
21:26Parce qu'on a beaucoup parlé
21:27de la solitude,
21:28même d'une solitude accompagnée.
21:29avec des femmes.
21:30Nous, il faut le propos
21:30qu'on est tous solitaires
21:31quelque part,
21:31même si on ne l'est pas.
21:33Je veux dire,
21:34je crois que ça,
21:35c'est ancré dans l'homme.
21:38Je suis sûr qu'à quelque part,
21:39tu es solitaire aussi,
21:40quelque part aussi.
21:41Oui, mais je ne sais pas
21:42si par exemple,
21:42là, tu...
21:43Je n'en profite pas
21:44à ton senti de solitude.
21:45C'est simplement,
21:45c'est quand...
21:47Quelque part,
21:48on en a besoin
21:48et quelque part,
21:49on est content
21:50de s'en débarrasser.
21:51Est-ce qu'à un moment,
21:52parce que justement,
21:53je te disais de ce que j'avais,
21:54est-ce qu'à un moment,
21:55tu t'es dit,
21:56par rapport à tout ça,
21:57j'en ai marre,
21:58j'arrête,
21:58je vais faire un autre métier,
22:00parce que ces espèces de...
22:01Pas de remords,
22:02ce n'est pas des remords,
22:03mais des regrets.
22:04Est-ce que ça t'a poussé
22:04un moment à te dire,
22:05j'arrête,
22:06je voudrais faire autre chose
22:07pour connaître une autre vie
22:08ou finalement, jamais ?
22:10Il faut être sincère.
22:12Oui, oui, oui,
22:12je le suis.
22:13Oui, je réfléchis.
22:13C'est une question
22:14qui mérite
22:16une bonne réponse,
22:17honnête.
22:20Non, pas vraiment, non.
22:22Une fois, peut-être,
22:23j'en ai ira le bol.
22:23J'ai voulu me suicider
22:25et je crois que vraiment,
22:27j'en avais plus rien à foutre
22:28de rien,
22:29pour la réalité.
22:31Mais ça a duré, quoi,
22:32ça a duré...
22:33C'était une espèce de...
22:38C'était une espèce de...
22:39J'ai entretenu, disons,
22:42ce désespoir
22:42pendant une année,
22:44à peu près,
22:44où je suis arrivé,
22:45j'ai voulu me suicider.
22:47C'est mystiquant, ça,
22:48dans le temps.
22:48Et puis, après,
22:49ça m'est passé.
22:50Et c'est parce que,
22:51je ne sais pas,
22:52j'ai eu du succès très jeune.
22:54Je crois que c'est monté
22:55assez vite.
22:56La pression est venue
22:57rapidement sur moi
22:58et je crois que j'ai eu
22:59un peu de mal
23:00à le supporter au début.
23:01Et c'est important
23:02de le dire
23:02parce que beaucoup de gens
23:03qui font partie de ce voyage,
23:04il y a peut-être
23:05des futurs Hallyday
23:05qui vont voir Hallyday.
23:06Mais j'espère.
23:07Et il y a peut-être
23:08des tas de gosses,
23:09finalement,
23:10pour qui il y a aussi
23:11le rêve américain,
23:12qui il y a aussi
23:12le rêve du show business,
23:13qui il y a aussi tout ça.
23:14Et ils ont peut-être besoin
23:15que quelqu'un leur parle
23:16de ça
23:21c'est un métier.
23:23Pour moi,
23:23c'est un métier
23:24puisque j'en vis.
23:25D'abord,
23:26pour le faire,
23:27il faut vraiment
23:27aimer ce qu'on fait
23:28parce que
23:29c'est lourd
23:31à porter quand même
23:32le succès.
23:34Et c'est vrai
23:35qu'on...
23:36Bon,
23:36c'est...
23:37Moi,
23:38il faut...
23:39Si on veut le faire,
23:40il faut bien se dire
23:41que si on a la chance
23:42d'être connu,
23:43on a beaucoup d'amis,
23:45tous ne sont pas
23:46obligatoirement
23:47des bons amis,
23:49les gens sont là
23:49pour vous piquer
23:50votre pognon
23:51et puis c'est...
23:53La célébrité,
23:54c'est le lourd
23:54à se porter.
23:55Il faut être tout le temps,
23:56tout le temps disponible.
23:58La vie privée
23:59passe en deuxième.
24:00Ça te plaît maintenant, ça ?
24:01Non,
24:01parce que je suis passé au-dessus.
24:03J'ai passé le cap au-dessus.
24:04C'est-à-dire que maintenant,
24:04je vis ma vie
24:05et je fais avec.
24:06Mais c'est vrai
24:07qu'à une certaine époque,
24:08j'ai eu du mal,
24:08j'ai eu énormément de mal
24:09à vivre avec.
24:10Justement,
24:11j'ai vu dans une dernière interview
24:12que tu as donnée
24:12il y a très longtemps
24:13que finalement,
24:14pour toi,
24:14tu disais
24:15qu'il n'y a pas
24:15de leçon vraiment
24:16de la vie.
24:16On peut recommencer
24:18éternellement
24:18à faire les mêmes conneries.
24:19Les mêmes conneries,
24:20bien sûr,
24:20c'est certain.
24:23C'est certain,
24:24autrement,
24:25on ne serait pas un artiste.
24:27Être un artiste,
24:28c'est de pouvoir
24:29éternellement faire des conneries.
24:31Mais même en sachant
24:32qu'on les fait.
24:33Mais je crois que le dit...
24:35Si on a besoin de les faire,
24:36il faut les faire
24:37et puis après,
24:37on passe à autre chose.
24:38C'est-à-dire que c'est le besoin
24:39pour tous les gens
24:40qui vivent au fond
24:41un métier d'équilibriste,
24:42de se trouver vraiment en équilibré.
24:43En général,
24:43quand on fait une connerie,
24:44on ne pense pas
24:44qu'on en fait une.
24:45On s'en rend compte
24:47ou pendant ou après.
24:48En général,
24:48moi,
24:48je m'en rends compte pendant.
24:50Alors oui,
24:50justement,
24:50est-ce que par rapport
24:51à tout ça,
24:52il y a des moments,
24:52comment dirais-je,
24:53de regrets,
24:54de choses que tu as fait,
24:55de conneries que tu as faites
24:56ou est-ce qu'au contraire,
24:57tout ça est effacé
24:58par les choses grandioses,
25:00Percy,
25:01les dizaines de disques ?
25:03En fait,
25:04je pense très sincèrement
25:05qu'en faisant le métier
25:06qu'on fait,
25:06on est obligé
25:07de faire des conneries.
25:07On ne peut pas toujours faire...
25:09Ce serait formidable
25:10si on ne faisait
25:10que des choses bien.
25:12Oui,
25:12il y a des choses
25:13que je regrette dans ma vie.
25:14Il y a certains disques
25:15que j'ai enregistrés
25:15à des périodes
25:17un petit peu moins artistiques
25:20qu'à d'autres époques
25:21où j'ai fait...
25:22Mais on peut le dire,
25:23mais où c'est lesquelles,
25:24par exemple ?
25:24Par exemple,
25:24je regrette l'époque
25:26où j'ai chanté
25:27des chansons
25:28comme le Twist
25:31ou des trucs comme ça
25:32qui n'étaient sans intérêt.
25:33Par contre,
25:34je me suis rattrapé
25:36sur d'autres périodes
25:36comme des chansons
25:37comme Que je t'aime
25:38ou Ma gueule
25:39ou Le pénitentiaire
25:40ou des choses comme ça.
25:41Moi,
25:41une des périodes
25:42qui m'a vraiment
25:43le plus plu
25:45dans ce métier,
25:47c'est quand j'ai fait
25:47cet album
25:48avec Michel Berger.
25:50D'abord,
25:50parce que c'est un être
25:52adorable,
25:53délicieux
25:53et un grand musicien.
25:56En ce qui me concerne,
25:56je pense qu'il est
25:57un grand musicien.
25:57Et je crois
25:58que quelque part
25:59dans ma carrière,
26:01il m'a énormément amené.
26:02Il m'a amené
26:03pour moi autant
26:04que, par exemple,
26:05quand les Beatles
26:06ont commencé,
26:06et ont rénové
26:08un petit peu
26:08le style
26:08de la musique
26:10orglosaxonne.
26:21Et ce que tu disais
26:22tout à l'heure,
26:22tu parlais de Brassens
26:23et puis je sais
26:24qu'Aznavour aussi
26:25t'as aidé un petit peu.
26:26Aznavour, oui,
26:27il m'a fait retien la nuit.
26:28T'as aidé au début.
26:29Donc il y a toujours quand même...
26:30Mais j'ai toujours été
26:31très ami avec Charles.
26:32Tu sais, au début,
26:33bon, j'avais 17 ans,
26:36oui, 17 ans à peu près.
26:37C'était un peu...
26:38Au tout début
26:39où je commençais
26:40à chanter,
26:40je sais pas pourquoi,
26:41il s'est pris de sympathie
26:42pour moi.
26:42Il avait une superbe maison
26:44à mon frère-la-Maurie.
26:45Puis moi, j'avais pas de maison.
26:47J'ai invité un petit studio à Paris.
26:49Il me dit, viens,
26:50viens dormir chez moi.
26:51Et je suis resté chez lui un an.
26:52Et j'avais été chez lui un an.
26:54Ça me fait plaisir
26:55que tu lui dises
26:55un grand dommage ce soir.
26:56Non, mais non, non.
26:57Il a été formidable.
26:58Il m'a appris en me disant,
26:59petit, tu restes avec moi.
27:01Je suis resté un an chez lui.
27:02Il m'a offert un cheval
27:02et je lui vais chez lui.
27:05Johnny, il a l'habitude de dire
27:06que je lui ai appris ceci
27:08et je lui ai appris cela.
27:09Je crois que je lui ai rien appris du tout.
27:11En fait, on avait des conversations
27:14et puis je parlais de mon métier,
27:17comment je concevais le métier.
27:19Et le fait qu'il ait su écouter
27:21et se souvenir,
27:24il pense que je lui ai appris des choses.
27:27Mais je pense que
27:28quand on a une personnalité importante,
27:31on n'apprend pas les choses.
27:33On assimile les choses.
27:34On prend ce dont on a besoin
27:35un peu chez l'un et chez l'autre.
27:37Il se trouve qu'il était à ses tout débuts
27:41et que j'étais probablement
27:42la première volette importante
27:43qu'il rencontrait.
27:44En plus, il vivait
27:46avec nous, comme ça.
27:48Mais je vous racontais une anecdote
27:50qui est amusante quand même.
27:51À l'époque,
27:52on disait qu'il était né
27:54dans une grande ferme au Texas
27:57et qu'il venait des États-Unis.
28:00D'abord, la première chose,
28:00je lui ai dit
28:01que tu ne peux pas
28:01continuer à dire une chose pareille
28:02parce qu'un jour,
28:04tu seras une vedette
28:05et puis il te sera difficile
28:07d'en sortir.
28:08On ne peut pas inventer une légende
28:10et se tenir à une fausse légende.
28:12Ce qu'il a fait d'ailleurs immédiatement.
28:14Il n'avait pas ce genre de complexe
28:15de dire si, si, je vais continuer.
28:16Mais comme je croyais quand même
28:17qu'il savait faire du cheval,
28:18j'avais les chevaux
28:20et j'avais du terrain
28:21pour faire du cheval.
28:23Un jour, je lui ai dit
28:23on va partir.
28:24Il m'a dit oui avec plaisir
28:25et on est parti.
28:26Et moi, quand je faisais du cheval,
28:27c'était 3-4 heures de suite.
28:29Ce n'était pas 10 minutes.
28:30Du cheval, c'est du cheval.
28:31Alors, on avait des sels mexicaines
28:33quand même.
28:34Puis on est parti.
28:35Et au retour,
28:36c'était en plein été,
28:37je lui ai dit écoute,
28:39on a bien transpiré,
28:40on a bien galopé.
28:41On va plonger dans la piscine.
28:42Il m'a dit d'accord,
28:43on a plongé.
28:44Il a fait...
28:46Ça lui brûlait le dos.
28:47C'était la première fois
28:47qu'il était monté à cheval.
29:05Oui, c'est la première chanson
29:06où j'ai dit voilà,
29:06il faut que tu sortes un petit peu
29:09des chansons qui ne sont que
29:11pour la jeunesse
29:12et il faut que tu ailles aussi
29:13un petit peu vers une autre clientèle.
29:15Et ça a commencé avec
29:18Retiens la nuit
29:18et puis par la suite,
29:19il s'est entouré d'auteurs
29:20qui ont écrit des chansons
29:22qui étaient un peu plus solides
29:23du point de vue texte.
29:24Musicalement, c'est autre chose.
29:26Johnny, il a plusieurs qualités.
29:28D'abord, il sait ce qu'il fait
29:30sur la scène.
29:32Il prépare très bien ses spectacles,
29:34ce qui est très, très important.
29:36Quand on va voir un spectacle
29:38de Johnny,
29:39on est toujours satisfait.
29:41Et alors, quand en plus,
29:42il est terriblement en fait,
29:44ce qui arrive à tout le monde.
29:45Il y a des jours où on est
29:46plus ou moins en forme.
29:47Alors à ce moment-là,
29:47c'est magique.
29:49Bon, il a ça.
29:50En plus, il a
29:52ce que les artistes
29:54ont besoin d'avoir
29:54et ils ne l'ont pas tous.
29:56Il y en a qui rament
29:57pour l'avoir.
29:57C'est un don populaire.
29:59C'est-à-dire que si Johnny
30:00descend dans la rue,
30:01il n'a pas besoin de chanter
30:02pour que tout d'un coup,
30:03il attire les gens.
30:05Et ça, tout le monde ne l'a pas.
30:07Par rapport à tout ça,
30:08justement,
30:08chanson française,
30:09on en parle du...
30:10Parce que je disais,
30:10c'est finalement mon métier
30:11plus que ma vie.
30:11Ce qui m'intéresse,
30:12c'est de parler de musique.
30:13On n'en parle jamais.
30:14Est-ce que ce n'est pas compliqué
30:15quand on s'appelle à l'idée
30:16qu'on fait du rock'n'roll,
30:18etc.,
30:18de descendre,
30:19de descendre,
30:20tu veux l'absurde,
30:21de défendre la chanson française ?
30:22Oui, non, je ne pense pas.
30:24Parce qu'il faut faire...
30:25Moi, de toute façon,
30:27je fais du rock'n'roll.
30:28Mais je ne fais pas que du rock'n'roll.
30:29Je fais aussi des chansons,
30:31disons...
30:31Je ne sais pas comment on peut appeler ça.
30:32Des chansons sentimentales
30:33ou des chansons d'amour
30:35ou...
30:35Que je t'aime n'est pas un rock'n'roll.
30:39Donc, je crois qu'en tant que français,
30:42il faut défendre ce style de musique
30:45aux Etats-Unis.
30:46Parce qu'il n'y a personne
30:48qui chante ça aux Etats-Unis.
30:49Les Américains ne le font pas.
30:51Ils ne savent pas le faire.
30:52Il faut leur laisser ce qu'ils savent faire
30:53et il faut faire ce que nous,
30:54on sait faire.
30:54Donc, tu viens à Vegas aussi
30:55pour défendre ça ?
30:56Je viens à Vegas pour défendre
30:58la chanson française.
30:59C'est-à-dire, entre parenthèses,
31:01c'est-à-dire,
31:02à ma sauce, à moi.
31:03C'est-à-dire,
31:04un mélange de rock'n'roll
31:05avec de la chanson sentimentale.
31:07Et puis,
31:08c'est un style que j'ai moi.
31:10Je ne viens pas à Las Vegas
31:11pour faire un plagiat d'Elvis Presley
31:14ou de Bob Dylan.
31:16Je vais faire du Johnny Hallyday.
31:17Alors, justement,
31:18tout à l'heure,
31:18tu parlais de deux...
31:19Bon, on a parlé un peu des Français.
31:20Quand j'ai un rôle,
31:20tu as peut-être dit
31:21les Beatles,
31:22on en aurait pu parler aussi
31:23à un moment des Stones.
31:24Ça aussi,
31:24ça a énormément fait changer tout.
31:26Oui.
31:27Surtout,
31:27les premiers,
31:28c'était les Beatles.
31:28C'est surtout les Beatles
31:29qui ont...
31:30Il y a eu un creux
31:33dans la musique
31:34entre Presley et les Beatles.
31:36Et je crois que
31:37ce qui a redonné du nouveau
31:39à la musique internationale,
31:41ce sont les Beatles.
31:42Ils ont remis à leur sauce,
31:43à eux,
31:43le rock'n'roll
31:44d'une certaine manière
31:46un peu plus élaboré,
31:48un peu plus mélodique
31:50un peu plus musicale.
31:51I know you never even tried a girl
31:57Come on, come on, come on, come on, come on, come on, come on, come on, come on, come on,
32:04come on, come on, come on, please, please, please, oh yeah.
32:06Et maintenant,
32:07qu'est-ce que tu écoutes ?
32:08Parce que c'est quand même ça,
32:09parce qu'il y a beaucoup de gens
32:10qui se disent,
32:10justement,
32:11pour les enfants de 14, 15 ans,
32:13maintenant,
32:13ils réécoutent les Zeppelin,
32:14ils réécoutent les Stones,
32:15ils réécoutent...
32:16Moi, j'ai toujours écouté les Stones.
32:18Moi, j'adore les Stones.
32:20C'est un de mes groupes préférés.
32:22Mais j'écoute du Jackson.
32:25J'écoute tout ce qui se passe.
32:28Pour moi,
32:29il y a un certain rap même que j'écoute.
32:31Il y a de la musique bien faite,
32:32il n'y a pas de mauvaise musique.
32:34Il y a de la musique mal faite aussi.
32:35Et qu'est-ce qui est art ?
32:37Ce qui est art ?
32:38C'est ce qui est faux ?
32:39C'est ce qui sonne faux ?
32:40Je crois que ce qui est art dans la musique
32:42et surtout ce que font pas mal de mes gens de disques,
32:45surtout les producteurs de mes gens de disques,
32:46c'est-à-dire faire des coups.
32:47C'est-à-dire faire un disque,
32:49on en fait un,
32:49et puis après, on passe à autre chose.
32:51Je crois que ce qui est le plus dur,
32:52ce qui est bien,
32:53c'est les artistes qui restent.
32:55Il y a certains de tes amis
32:56qui font partie de ceux
32:57qui sont toujours proches de toi,
32:58qui disent,
32:59ce qui est extraordinaire avec lui,
33:00c'est qu'une certaine manière,
33:00c'est un résistant.
33:01Il y a des mots qui sont des hyperboles.
33:03Un résistant, un survisant,
33:04il a vécu 10 vies, il y a l'idée.
33:06Oui, il ne faut pas que j'agérais.
33:07Mais ils le disent,
33:08j'étais à côté de toi.
33:09J'ai commencé très jeune.
33:11J'ai commencé, j'avais 16 ans.
33:13Donc c'est normal,
33:14les gens ont l'impression
33:15d'avoir vécu avec moi toute leur vie,
33:17que j'ai commencé à 16 ans
33:19et j'ai 52 ans,
33:20je vais en avoir 53 bientôt.
33:22Donc, si tu veux,
33:22quelque part pour les Français,
33:23je fais partie un petit peu de leur vie.
33:25Moi, ce qui m'a toujours plu
33:27dans le métier que je fais,
33:28c'est que quelque part,
33:29je peux donner du rêve aux gens.
33:36Parmi les fans de Johnny,
33:37on trouve un échantillon
33:39de personnalités très diverses.
33:40Il y a les fans célèbres,
33:42comme par exemple Jacques Chirac,
33:43Nicolas Sarkozy,
33:44Philippe Labreau,
33:45Tiki Holgado.
33:46Il y a les inconnus,
33:48comme Alain Genet,
33:49dont la passion est née en 1958.
33:51Il avait 11 ans
33:53lorsqu'il a vu son idole
33:54pour la première fois
33:55sur scène à l'Olympia.
33:56Il l'a aimé immédiatement,
33:58un peu comme on a un coup de foudre,
34:00parce qu'il aime les chanteurs qui bougent,
34:02parce qu'il faut bien
34:03avoir une passion dans la vie.
34:04Et depuis,
34:05sa joie à vénérer Johnny
34:07est inchangée.
34:08Pour moi,
34:09Johnny,
34:09je le vois comme un dieu,
34:10si vous voulez,
34:11parce qu'il est vivant,
34:13il est porteur de messages d'espoir,
34:15de paix,
34:15de tout,
34:15et puis c'est la joie de vivre.
34:17Bon, il a eu des malheurs
34:18dans sa vie et tout ça,
34:19mais il remonte le moral aux jeunes.
34:22Je ne sais pas,
34:23comment vous dire ?
34:24Il vous remonte le moral ?
34:26Il remonte le moral.
34:26Moi, je sais que quand j'ai le bouche,
34:28je suis dans la merde,
34:28j'ai un problème.
34:30Hop, Johnny.
34:31Toujours Johnny.
34:32Et dites-moi,
34:33il le connaît,
34:33Johnny,
34:33votre camion ?
34:34Oui,
34:34Johnny l'a vu une ou deux fois,
34:35mais enfin,
34:36bon,
34:36si vous voulez,
34:37j'ai fait le camion pour moi,
34:38parce que j'aime Johnny,
34:39et je l'ai fait pour lui.
34:41Bon,
34:41les autres,
34:41ça plaît,
34:42ça plaît pas,
34:43ça m'importe peu.
34:44Mais Johnny,
34:44ça lui plaît ?
34:45Ah oui,
34:46ça lui a plu.
34:46Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
34:48Ah,
34:48c'est bien,
34:48puis bon,
34:49vous savez,
34:49il n'est pas tellement expansif,
34:51c'est un grand monsieur.
34:52Bon,
34:53il y a le président de la République,
34:54mais on a une star en France.
34:56La seule star qui est en France,
34:58mais même en Europe,
34:59c'est Johnny.
35:00Être fan,
35:01c'est un vrai job.
35:01Il faut du temps,
35:02de la constance
35:03et de la ténacité.
35:05Albert,
35:05surnommé Bébert,
35:06et sa femme Florence
35:07ont toutes ces qualités.
35:09Pour les affiches
35:10de la publicité qui habille,
35:11on a fait aller-retour
35:13100 kilomètres
35:14pour récupérer 4 affiches.
35:16J'étais avec un pote
35:17qui m'avait donné le plan.
35:18Et s'il faut faire
35:19plus le double ou le triple,
35:21à mon avis,
35:22si les moyens
35:22le permettent,
35:23j'irais.
35:24C'est une silhouette
35:24que j'ai récupérée
35:25il y a quelques années
35:27par quelqu'un
35:28qui était à Polygramme,
35:29qui m'avait donné ça,
35:30ça travaillait dans les bureaux,
35:31je ne sais plus trop où.
35:32Alors Bébert et Florence,
35:33vous allez à tous les concerts
35:34tout le temps ?
35:35Ah oui,
35:36quand ils passent,
35:37par exemple,
35:38prenons Bercy,
35:38il va passer 19 soirées,
35:40si je peux rentrer
35:40les 19 soirs,
35:41je rentre.
35:41Mais ça ne vous lasse pas ?
35:43Ah non, non, non, non.
35:44Quand il a fait le Zénit
35:45en 1984,
35:46je suis rentré tous les soirs
35:48et il a fait 3 mois et demi.
35:49Pour tous les fans,
35:50le concert est un moment fort.
35:52C'est un moment important
35:53aussi pour les proches,
35:55les vrais amis célèbres
35:56de Johnny.
35:58Il est cet artiste
35:59qui se défoncera sur scène
36:01quoi qu'il arrive,
36:02fatigué,
36:03le dos cassé,
36:04des problèmes,
36:06quoi que ce soit,
36:07quand il est sur scène,
36:08il se donne
36:09comme très peu de gens
36:09se donnent.
36:11et il a...
36:13C'est une nature,
36:14quoi.
36:15Moi, quand je travaillais
36:16avec lui,
36:16il rentrait avec les coups,
36:18par exemple,
36:18les coups,
36:19quand ça vous arrive,
36:20oh oui,
36:21oui, ça fait mal.
36:22Et puis après,
36:236 chansons après,
36:24il chantait tous les hippies
36:25de San Francisco
36:27en distribuant des fleurs,
36:29quoi.
36:29Et il n'y a que Johnny
36:31qui peut se permettre
36:32de faire les contrastes
36:33pareils
36:33dans le même tour de chant.
36:36et ça c'est...
36:37Une espèce de décalage
36:38en fait.
36:38Oui,
36:40parce que je crois
36:41qu'il se gère lui
36:43à l'instinct,
36:44c'est-à-dire que les choses
36:44qui lui plaisent,
36:46il les fait,
36:46et il sait
36:47qu'il les fait bien.
36:48C'est la musique
36:49que j'aime,
36:51elle est bien du blues.
36:54Pour rien au monde,
36:55un fan ne raterait
36:56un concert en France.
36:58Mais le prochain,
36:58en novembre,
36:59est à Las Vegas
37:00aux USA.
37:01C'est loin
37:02et évidemment,
37:02ça coûte cher.
37:03À Troyes dans l'aube,
37:05un groupe de copains
37:05vont payer
37:06leur voyage à crédit.
37:08Nous,
37:08on a opté
37:09pour une formule
37:10de crédit,
37:10enfin,
37:11un paiement sans frais,
37:12en plusieurs mensualités
37:13sans frais.
37:15Et donc,
37:16bon,
37:16ça nous permet
37:19de pouvoir
37:19payer tranquillement
37:21plutôt que de débourser
37:22tout d'un coup.
37:23Et bon,
37:23c'est pareil.
37:24Mais nous,
37:24ça nous fait juste
37:25les 7300 francs
37:26sans intérêt.
37:27Moi,
37:27c'est un paiement comptant.
37:29Donc,
37:29pas de prêt ?
37:30Non.
37:30Pas de prêt.
37:31Vous êtes riche ?
37:32Non,
37:33c'est les congés payés.
37:34À Villepinte,
37:35près de Paris,
37:36la famille Fèvre
37:37n'a pas les moyens
37:38d'aller à Las Vegas.
37:38Mais ça n'empêche pas
37:39d'être supporter.
37:40La plus accrobe,
37:42Mado,
37:4274 ans.
37:43Moi,
37:44pour moi,
37:44Diony,
37:45est tout.
37:46Pour moi,
37:47tout.
37:47Je serais même malade
37:49d'avoir même
37:50n'importe quoi.
37:51J'irais voir Diony.
37:53Oui,
37:53il sera.
37:54Alors,
37:54ça vous est arrivé
37:55d'aller au concert malade ?
37:57Ah oui.
37:57Puisque malade.
37:58Puisque malade.
37:59Puisque malade.
37:59Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
38:01Elle avait 41 de fièvre.
38:03Je l'emmenais à Reims
38:03quand même,
38:04sous la neige.
38:05Moi,
38:05je dis au revoir
38:06à mon patron.
38:07Je reviens 8 jours après,
38:08pour le joli.
38:09Ah oui ?
38:09Ah oui,
38:10carrément.
38:10Et alors,
38:11vous expliquez ça comment ?
38:13Ça,
38:13ça ne s'explique pas.
38:16Hein ?
38:17C'est quoi ?
38:18C'est une idole ?
38:19Un dieu ?
38:20Non,
38:20ce n'est pas une idole,
38:21ce n'est pas un dieu,
38:22ça n'a rien à voir.
38:23C'est...
38:25C'est quelqu'un
38:26qui sera même plus fort
38:27que ma famille,
38:28pour moi.
38:29C'est quelqu'un
38:29qui esquit tout pour moi.
38:36Je suis fier
38:37de la réussite
38:38que j'ai eue
38:38par rapport aux rêves
38:39que j'ai pu apporter aux gens.
38:41Moi,
38:41qui suis venu de la rue,
38:42enfin,
38:43quelque part de la rue,
38:44très pauvre,
38:45on mangeait de la viande
38:46une fois par mois
38:47parce qu'on n'avait pas d'argent.
38:48On était vraiment...
38:49On vivait à 5
38:50dans une chambre,
38:51c'est-à-dire Destin,
38:52Ali,
38:52sa mère,
38:53moi,
38:54et la sœur.
38:55Et vraiment,
38:56jusqu'à l'âge de 14 ans,
38:58ce n'était pas marrant.
39:00Il n'y avait pas
39:01pas de douche.
39:01Il fallait aller se laver
39:03dans les douches publiques.
39:05Je veux dire...
39:06Jusqu'à ce soir,
39:07les...
39:07Donc,
39:07je suis fier de cette réussite
39:08par rapport à ma famille,
39:11enfin,
39:11aux gens qui m'ont élevé
39:12que je considère
39:12comme ma famille.
39:13Donc,
39:14d'une certaine manière,
39:15les silences d'Halidé
39:17ces dernières années,
39:18c'était une certaine forme
39:18de dignité
39:19par rapport à tout ça.
39:21On en parle un peu ce soir.
39:22Oui, quelque part,
39:22je vais...
39:23Écoute,
39:23j'en ai pas parlé
39:24parce qu'un jour,
39:25sans doute,
39:26très prochainement,
39:27d'ailleurs,
39:27je vais sans doute écrire
39:28un livre
39:28sur ma vie
39:29depuis mes débuts
39:31où j'expliquerai tout ça.
39:32Mais c'est toujours
39:33difficile d'en parler.
39:34C'est plus facile
39:35de l'écrire
39:36parce que d'abord,
39:37on peut mieux l'expliquer.
39:38On peut expliquer
39:39d'une façon plus complète
39:40que d'une façon
39:42d'en parler comme ça
39:42en une demi-heure.
39:44On peut dire
39:44que des conneries.
39:46Alors,
39:46justement,
39:46sur le spectacle
39:48Destination Vegas,
39:49parce que ça aussi,
39:49c'est un des mystères.
39:50On parlait un peu
39:50du mystère de ta vie.
39:52Et puis,
39:52les gens savent
39:53qu'ils ont rendez-vous
39:53avec toi le 24 novembre
39:54dans cette salle,
39:55mais ils savent pas encore
39:57ce qu'ils vont y voir.
39:58Et moi,
39:58je me demande
39:58si toi,
39:59tu sais vraiment
40:00ce qui va se passer.
40:01Pas tout,
40:02non.
40:02J'ai une vague idée.
40:04J'ai une vague idée.
40:05Je suis en train
40:05de travailler
40:06sur le concept
40:08du spectacle.
40:09Je veux quelque chose
40:10vraiment de Vegasien
40:12tout en étant
40:13une géniale idée.
40:15Il faudra faire
40:15un mélange
40:17de chansons
40:18que je n'ai jamais,
40:20moi,
40:20personnellement,
40:21en registre avant,
40:21mais qu'on connaît.
40:22Par exemple,
40:23qu'on connaît
40:23d'autres gens
40:24qui sont passés
40:25à Vegas,
40:25que ce soit
40:25Bob Seger,
40:26Presley,
40:27que ce soit
40:27Thierry Turner,
40:28des tas de gens
40:29de chansons.
40:30Des grands standards,
40:31qui me seront
40:32certains que je ferai
40:33en anglais,
40:34certaines chansons
40:34que je ferai
40:35adaptées en français
40:35par Philippe Lacroix.
40:37Plus,
40:37évidemment,
40:38toutes les chansons
40:39que les gens
40:40ont envie d'entendre
40:40de moi,
40:41c'est-à-dire
40:41les chansons
40:43que je t'aime.
40:45Ça va durer
40:457 heures.
40:47Non.
40:47C'est comme je te...
40:47Ah, maintenant,
40:48c'est inarrêtable
40:49sur scène de la bienforme.
40:50Donc, ça va durer 7 heures.
40:51Ça va durer 7 heures.
40:52Attends,
40:52j'ai fait le parc des Princes,
40:53on a fait 3 heures et demie
40:54et j'en ai fait un paquet
40:55de chansons comme ça.
40:56Oui.
40:57Mais là,
40:57je dis 7 heures
40:57parce que ça va être plus.
40:58Parce qu'ils auront fait
41:0015 000 kilomètres,
41:02ils seront dans l'hôtel,
41:03ils seront là,
41:03ils vont être excités
41:04comme des puces,
41:04ça va durer ça.
41:05Non, mais il n'y a pas
41:06que moi à voir à Vegas.
41:07Il y a Vegas déjà
41:08à découvrir.
41:08Il y a plein de choses
41:09à voir qui sont formidables.
41:11Moi, si tu veux,
41:12j'ai mon spectacle.
41:13Si tu veux,
41:14mon spectacle donne l'occasion
41:15aux gens de venir rêver
41:16à la Vegas.
41:18Tout à l'heure,
41:18tu parlais du rêve américain
41:19qui t'avait poussé.
41:20On parlait de tas de jeunes
41:21qui ont encore le même.
41:23Parce que j'espère,
41:23moi, tu nous parlais tout à l'heure
41:24en disant qu'il y a peut-être
41:25des Johnny Hallyday
41:25ou des Michel Sardou
41:26dans les gens qui vont venir me voir.
41:28Je l'espère.
41:29J'espère que ceux qui ont du talent
41:31et qui ont envie vraiment
41:32de le faire jusqu'au bout,
41:32j'espère que ça leur donnera
41:33envie de le faire.
41:36Moi, quand j'ai commencé à 16 ans,
41:38jamais un jour,
41:39j'aurais pu penser ou imaginer
41:40de me retrouver aujourd'hui
41:42ici à Vegas,
41:43préparant un spectacle
41:44pour novembre prochain
41:45avec mon nom illuminé
41:47devant l'hôtel.
41:48Et à 200 mètres
41:49avant le doiseau
41:51du Penthouse de Presley.
41:52Moi, ça m'a fait marrer
41:53parce que quand je suis venu
41:54tout à l'heure,
41:55je me suis passé devant,
41:56ça m'a fait flipper
41:57un peu quelque part.
41:57Je me suis dit
41:58tu te rends compte quand même.
41:59Je viens de la rue
41:59et là, j'ai mon nom
42:00à la Vegas.
42:01C'est drôle.
42:02Et ce bonheur justement
42:03de l'Amérique quotidienne,
42:05de celle de Miami,
42:06de la mer,
42:07ça correspond à quoi ?
42:09C'est ça, tu le connais bien.
42:10Oui, moi, j'aime bien le bateau.
42:13Il y a une espèce de liberté
42:14en bateau.
42:15C'est vrai,
42:16un bateau,
42:17c'est un petit peu
42:17comme une maison
42:18qui flotte.
42:20On décide d'aller au BAMAS,
42:21on décide d'aller là,
42:23on pâte le bateau
42:24et finalement,
42:24on est sur sa maison
42:25qui va où on a envie d'aller.
42:27Et c'est formidable
42:28de se réveiller
42:29au milieu d'une crique
42:30le matin,
42:31de pouvoir plonger dans la mer,
42:33pouvoir bouffer sur le bateau
42:34et de se dire
42:34tiens,
42:35si on allait
42:35à telle marina
42:36dans tel endroit
42:38à deux heures de bateau,
42:39c'est formidable.
42:40Mais alors,
42:40explique-moi,
42:41c'est peut-être un mystère,
42:42pourquoi dans ces cas-là,
42:43ça c'est un peu l'origine,
42:45toujours vouloir un peu
42:46s'évader
42:46dans le bon sens du terme.
42:48Et puis alors,
42:48pourquoi avoir des maisons,
42:49pourquoi avoir une famille,
42:51pourquoi avoir tout ça
42:52puisque finalement,
42:53il y a un truc profond en toi
42:55qui fait que tu as envie
42:55de partir comme ça
42:56sur la route.
42:57Mais ça,
42:57ça vient de mon enfance
42:58parce que j'ai toujours
43:01la peur de manquer
43:02de quelque chose.
43:03D'abord,
43:04la famille,
43:04ça vient de mon manque
43:05de parents
43:06quand j'étais petit.
43:08Parce que finalement,
43:09j'ai été adopté
43:09par des parents adoptifs.
43:11Je n'ai pas été élevé
43:12par mes vrais parents.
43:14Et j'ai toujours voulu
43:16fonder une famille
43:16parce que pour moi,
43:17ce sont les racines.
43:19C'est des choses
43:19que j'ai besoin
43:20pour ne pas avoir peur
43:22quelque part.
43:23Quand j'étais à ton mariage,
43:24tu étais très ému.
43:25Oui,
43:27tout le monde croyait
43:28que tu ne serais pas ému
43:28et en fait,
43:29tu étais vachement ému.
43:29Bien sûr que j'étais ému
43:30parce que moi,
43:31quand je ne me suis pas marié
43:31pour me marier,
43:32je me suis marié d'abord
43:33parce que j'aimais
43:34la femme que j'épousais
43:36et que,
43:39oui,
43:39c'est vrai,
43:40j'étais très ému.
43:42Est-ce que cette conversation
43:43on ne se marie pas
43:43comme on va au cinéma ?
43:45Et pourtant,
43:45il y a des gens
43:46qui croient que c'est son cas.
43:47Non,
43:47non,
43:48pas du tout.
43:49Non,
43:49alors,
43:49c'est des gens
43:49qui ne me connaissent pas
43:50qui disent ça.
43:51Et puis,
43:52de quoi en parler ?
43:53De ça ?
43:54De en parler de ça
43:55et puis...
43:56Mais on va l'oublier,
43:56c'est simplement
43:57ce que je voulais arriver
43:57à dire
43:58parce que,
43:58comme c'est très émouvant
43:59que tu me parles
44:00de cette enfance,
44:02est-ce que tu en parles
44:03par exemple avec ta mère ?
44:04Est-ce que tu parles de ça ?
44:06Ou est-ce que c'est une...
44:06Oui,
44:07mais je ne parle pas trop
44:08de ça avec ma mère
44:09parce que j'adore ma mère
44:11mais ma mère a une autre vie.
44:13D'abord,
44:13j'ai deux demi-frères,
44:14ce que plus de gens savent.
44:16Ma mère a eu deux fils
44:20avec son deuxième mari
44:22que j'aime beaucoup,
44:24que je vois rarement,
44:25malheureusement,
44:26mais que j'essaie de voir
44:27de temps en temps
44:27et qui viennent de temps en temps
44:28me voir à leur adat.
44:30Donc,
44:32j'adore ma mère.
44:33Je ne peux pas dire
44:36du mal de mon père
44:37parce que mon père,
44:38je ne le connais pas.
44:39Il a vécu la vie
44:39qu'il a voulu.
44:40Je ne le...
44:43Je ne l'approuve pas
44:44ce qu'il a fait.
44:45Il m'a rendu très malheureux
44:46toute ma vie
44:48mais après tout,
44:49il a fait comme il l'a entendu
44:50et puis moi,
44:51je n'ai rien à dire.
44:52Qu'est-ce que tu penses ?
44:53Je n'ai pas à le juger.
44:54Je vais te répondre
44:55à une autre question.
44:55Tu m'as parlé des maisons.
44:57J'ai besoin de savoir
44:58que j'ai une maison.
44:58J'ai besoin de pouvoir
44:59poser mes valises
45:00même si tu ne restes pas longtemps.
45:01Ça me sécurise,
45:02je te parle.
45:04D'avoir des fleurs à toi,
45:05un jardin à toi.
45:05Oui,
45:06et puis de me dire
45:07tiens,
45:07je me pose mes valises
45:08et je reste là un mois,
45:10deux mois,
45:10trois mois.
45:11Et de savoir que j'ai ça.
45:12Je sais que, bon,
45:13je sais qu'on n'est pas éternel
45:14mais bon,
45:15un jour,
45:16ça sera à mes enfants.
45:17Je te sens...
45:18C'est d'avoir...
45:18Je suis beaucoup plus fier
45:19de la maison
45:20que j'ai construite
45:20à Ramatuel,
45:21de la Lorada
45:22que, par exemple,
45:23de l'hôtel particulier
45:24que j'ai à Paris
45:24parce que l'hôtel particulier
45:25que j'ai à Paris,
45:26je l'ai acheté.
45:26Il était comme ça,
45:27je l'ai décoré
45:28et puis bon.
45:28L'autre,
45:28je l'ai construit.
45:29J'ai acheté un terrain,
45:30j'ai fait miner le terrain,
45:32j'ai élaboré au plan,
45:33j'ai fait décorer.
45:35Donc, c'est un peu
45:35une maison que j'ai construite.
45:36C'est la première fois
45:37que j'ai construit
45:38quelque chose de rêver.
45:39Sur la France,
45:40qu'est-ce que tu penses ?
45:40On est à Las Vegas.
45:41Il y a beaucoup de gens
45:42qui se posent des tas de problèmes
45:43sur la France actuellement.
45:44On n'est pas là
45:45pour parler de politique
45:46mais c'est vrai
45:47qu'il y a des gens
45:47qui sentent,
45:48c'est ce qu'il disait à peu près,
45:49que la France,
45:49c'est un milieu étriqué
45:50pour les gens
45:51qui ont envie de rêver.
45:52Tu sens ça aussi, toi ?
45:53Est-ce que tu viens
45:54de faire une tournée
45:54où tu as rencontré
45:55des milliers de Français
45:56qui sont venus te voir ?
45:57Est-ce que tu sens
45:57qu'ils ont du mal avec ça ?
46:00Il y a une crise en France,
46:02ça c'est sûr,
46:05mais il n'y a pas qu'en France.
46:07Il n'y a pas qu'en France,
46:08mais c'est vrai
46:08qu'on se demande un petit peu
46:11où on va.
46:11Moi, je ne sais pas très bien
46:12où on va.
46:12Je pense que c'est plutôt
46:13une crise du rêve.
46:14C'est-à-dire une crise
46:15pour les...
46:15Justement, si on aussi...
46:16On ne peut plus rêver en France.
46:19Ah ben voilà, ça sort.
46:20Non, non, non,
46:20on ne peut plus rêver en France
46:23je veux dire,
46:24on ne peut plus rêver en France.
46:25On est...
46:27Enfin, je ne veux même pas
46:28parler que des impôts.
46:29On est...
46:29On paye des impôts...
46:32Enfin, on paye l'ardoise
46:32d'avant, tu dirais.
46:34Mais ça, par exemple,
46:34est-ce que tu en parles
46:35avec Chirac ?
46:36Vous savez que vous avez été
46:36avec Sardou,
46:37dîner avec lui ?
46:38Oui, non, on n'a pas...
46:39Non, mais...
46:40Parce qu'il y a plein de gens
46:42qui le ressentent.
46:43Moi, je suis très amé
46:44avec Chirac
46:45parce que depuis l'époque
46:46où il était maire,
46:48donc pas depuis
46:49qu'il est président,
46:50mais avec Chirac,
46:52on va...
46:52Chaque fois que je vois Chirac,
46:53il me parle surtout de musique.
46:55De quoi, par exemple ?
46:56Évidemment, oui.
46:57Alors, comment on fait ?
46:58Comment élaborer une chanson ?
47:00Comment tu travailles ?
47:01Est-ce qu'il fait les paroles avant ?
47:02Tu fais la musique avant ?
47:03Enfin, toutes les choses comme ça.
47:06Mais...
47:06Mais tu lui réponds quoi
47:07quand tu es pour ça ?
47:07Imagine que je sois Chirac,
47:08je te dis à la mouche à Jani.
47:11Comment tu fais avec les paroles ?
47:13Je fais faire des paroles
47:14sur les musiques.
47:14Oui.
47:16Là, j'ai du mal.
47:17En ce moment,
47:18j'ai des paroles...
47:19J'ai une musique à écrire
47:20sur des paroles
47:21de François Sagan
47:21et j'ai un peu de mal à...
47:24J'ai du mal à écrire une musique
47:25quand les paroles sont faites.
47:27Mais je vais y arriver.
47:28Je vais y arriver.
47:28Parce que Tron,
47:29ça n'a pas envie de faire plaisir.
47:30Non, non, non, je vais y arriver
47:30parce que c'est une trop belle...
47:32C'est un trop beau texte
47:33qu'elle m'a écrit.
47:34Pour quelques cris,
47:34je ne sais pas,
47:35tu l'as lu déjà,
47:35c'est un beau texte.
47:36Il paraît qu'il y en a d'autres
47:37qu'elle prépare,
47:38qu'elle te prépare,
47:38qu'elle te prépare.
47:39Je ne sais pas encore, celle-là.
47:41Elle m'en a envoyé trois
47:42pour l'instant,
47:43dont une que j'ai retenue sûre
47:44et j'attends d'autres textes.
47:45Ça, c'est quand même
47:46quelque chose d'inoué.
47:47C'est deux mondes...
47:48Tu sais, il y a des gens
47:49qui m'ont dit
47:49mais c'est bizarre quand même
47:51de venir à l'idée
47:51de François Sagan.
47:52C'est un monde tellement différent.
47:54Ce n'est pas vrai.
47:55Moi, j'ai dîné avec elle.
47:57C'est quelqu'un
47:57des corchevilles, elle aussi.
47:59On s'est très bien entendu
48:00ce soir-là.
48:01La difficulté avec l'idée,
48:03c'est que...
48:04Moi, il y a quelques fois
48:05que j'ai fait des chansons,
48:06par conséquent,
48:06c'était sur des musiques
48:07qu'on m'avait données
48:08et que je n'avais plus
48:09qu'à remplir.
48:11Parce que faire des paroles
48:13de chansons comme ça
48:14sans rien, c'est difficile
48:15parce qu'un poème,
48:15c'est trop littéraire
48:17pour être une chanson.
48:18Et entre-temps,
48:19pourquoi écrire
48:20si ce n'est pas un problème ?
48:21C'est difficile quand on l'écrit.
48:24Il y en a une qui s'appelle
48:26Quelques cris
48:26qui l'a beaucoup plu.
48:28Je crois qu'il a chanté.
48:31C'est une histoire
48:31des cris
48:31que peut jeter un homme
48:32au cours de sa vie
48:33quand il naît,
48:35quand il découvre l'amour,
48:36quand il découvre le succès,
48:37quand il découvre la solitude.
48:39Quand il ne l'écrit pas,
48:40justement.
48:42Et puis,
48:42il y en a deux autres
48:43qui l'ont envoyé.
48:46Une qui est l'histoire
48:47d'un homme en arme,
48:48d'un homme armé
48:49qui arrive en galère,
48:51qui après est bousquetaire,
48:52puis qui est évidemment pilote.
48:53C'est une histoire
48:54assez romantique.
48:57Et puis,
48:57la troisième
48:58qui est l'histoire
48:58d'une...
49:00on ne sait pas
49:00si c'est une femme
49:01ou quoi
49:01dont on dit
49:02qu'elle est vieille
49:02et l'aide
49:03mais qu'il adore,
49:04qu'il vit avec elle
49:04et qu'il ne peut pas
49:05se séparer.
49:06Et finalement,
49:07c'est sa guitare.
49:08Il y a deux catégories
49:10de gens qui aiment
49:10à l'idée.
49:10Il y a ceux
49:11qui aiment à l'idée,
49:11j'allais dire le classique
49:13profondément,
49:13puis il y a aussi
49:14ceux qui ont aimé
49:15le détour par Godard
49:17et par des choses comme ça
49:18et qui t'en parlent encore.
49:19Tu te dis ?
49:20Oui, c'est vrai.
49:22C'est vrai que du jour...
49:23C'est toi qui as voulu tout ça.
49:24Du jour au lendemain,
49:25du jour au lendemain,
49:26j'ai fait un film
49:27avec Jean-Luc Godard
49:27et du jour au lendemain,
49:30tous les uns à Télo,
49:32soi-disant,
49:32on dit,
49:33ah tiens,
49:34Johnny,
49:34elle n'est pas si con que ça.
49:36Donc,
49:37il suffit de tourner
49:37un film avec Godard.
49:39Mais ça veut dire
49:39que par exemple,
49:40quand quelquefois
49:41on t'inricature,
49:42ça commence et ça continue
49:43à t'énerver,
49:43ce genre de truc.
49:44Moi, maintenant.
49:46Si j'étais les guignols
49:48ou un certain nombre
49:49d'autres,
49:49tu me collerais une baigne.
49:50Non.
49:51Bon,
49:51je l'aurais déjà fait,
49:52autrement.
49:53Bon,
49:53je suis un peu fragile.
49:55non,
49:56très,
49:56très honnêtement,
49:57ça m'ennuie
49:58uniquement par rapport
49:58à ma fille,
50:00par rapport à l'école,
50:01parce qu'elle va aller
50:01conner avec la taille.
50:02Moi,
50:02personnellement,
50:03j'ai trouvé ça marrant
50:04au début,
50:04après j'ai trouvé ça
50:05un peu longuèche,
50:05je trouve que les...
50:07Non,
50:07c'est vrai.
50:07Parce que Sagan,
50:08elle les a attaqués,
50:09elle en avait marre.
50:09Ouais,
50:09bon,
50:10je ne veux pas les attaquer,
50:11je m'en fous.
50:12Et puis,
50:12tu sais,
50:13plus on les attaque,
50:14plus on en parle.
50:15Alors,
50:15moi,
50:15comme je n'ai pas envie
50:16qu'on en parle trop,
50:17je les laisse dire,
50:18quand ils en ont en marre,
50:19ils en arrivent trop.
50:30La chanson française,
50:31ça deviendra de plus en plus
50:32un récital,
50:34plutôt qu'un énorme spectacle
50:35par rapport aux énormes spectacles
50:36que les Américains
50:37font des spectacles gigantesques.
50:39Tu penses qu'il a raison ?
50:40Je pense qu'il a raison pour lui,
50:41il n'a pas obligatoirement
50:42raison pour les autres.
50:43Moi,
50:44je sais que moi,
50:45j'aime bien faire des spectacles
50:47plus en Américaine,
50:48disons.
50:50Moins récital.
50:51Moi,
50:51je ne suis pas très récital,
50:54je préfère les concerts.
50:56Mais tu n'imagines pas
50:57un moment,
50:57par exemple,
50:58tu pourrais aller
50:58dans une salle plus petite,
50:59arriver seul,
51:00avec des costumes noirs,
51:01un piano,
51:03veste mauve.
51:04Mon plaisir,
51:05c'est de prendre mon pied
51:06sur scène,
51:06je n'ai pas envie
51:06de m'enverder.
51:09Non,
51:09puis il y en a d'autres
51:10qui le font très bien.
51:11J'en mets ma veste,
51:11plutôt la mauve.
51:13Oui,
51:13c'est vrai,
51:14pourquoi tu es toujours
51:15habillé triste ?
51:16C'est-à-dire que
51:17si tu veux,
51:17je vais acheter
51:18cette veste.
51:18Il y a des jolies couleurs.
51:19Je me suis dit,
51:20je vais mettre des vestes.
51:21Mais si tu en as une autre,
51:21je vais bien la mettre
51:22pour la faire l'interview.
51:23Pascal,
51:23tu peux te m'enlever ?
51:25Une des vestes
51:25que j'ai achetées.
51:26Bon,
51:26alors maintenant,
51:26messieurs les caméramans,
51:27accrochez-vous.
51:28Vous allez voir,
51:28je vais tout d'un coup.
51:30Donc,
51:30le croque-more que je suis
51:31va mettre une autre veste.
51:33Vas-y.
51:34Bon,
51:34alors,
51:34on va se mettre là.
51:35Une couleur gay.
51:36Ah !
51:37Vegas.
51:38Une couleur Vegas,
51:39Destination Vegas.
51:40Donc,
51:40je suis habillé comme ça.
51:41Attends.
51:42Continue.
51:43Tu l'as trouvé où,
51:43celle-là ?
51:44En bas,
51:44à l'hôtel.
51:45En bas,
51:45à l'hôtel.
51:46Donc,
51:46au-dessus du pentas,
51:47quand vous arrivez,
51:48donc,
51:48vers le mois de novembre,
51:50vous arrivez en-dessus,
51:51si jamais je l'explose,
51:52parce que moi,
51:52j'ai suivi un régime
51:53hamburger spécial
51:54avant de venir.
51:55Donc,
51:55si tu veux...
51:56C'est quand même
51:56beaucoup plus gay.
51:57Quand même ?
51:58C'est quand même
51:58beaucoup plus gay.
51:59T'as ton col,
52:00pardonnez-moi.
52:01Non,
52:01la veste.
52:02Le col de la veste.
52:02Le col de la veste.
52:04Voilà.
52:05C'est parfait.
52:06Oui,
52:06on parlait tout à l'heure
52:07de Godard.
52:08Le cinéma,
52:08c'est terminé ?
52:10Non,
52:10non,
52:11c'est pas terminé,
52:12mais...
52:12Est-ce que les séries
52:13ont moyennement marché ?
52:14Tu souviens ?
52:15Oui,
52:15non,
52:16c'est pas...
52:16J'ai pas envie de faire...