- il y a 1 semaine
Patrick Bruel doit démarrer dans un peu plus d'un mois, le 2 octobre, une tournée des Zéniths pour célébrer les 35 ans de son album culte "Alors regarde". Mais déjà, quatre maires (Amiens, Chartres, Dijon et Strasbourg) s'opposent à sa venue au nom de la décence puisqu'il est accusé par des dizaines de femmes et mis en examen pour des violences sexuelles. Est-ce que ça va trop loin ? Peut-on bannir un artiste qui n'a pas encore été jugé ? Écoutez l'échange entre maître Elise Arfi, avocate pénaliste, et Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI de Haute-Garonne.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 26 août 2026.
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00:0318h, 20h, c'est RTL Soir
00:07Très clairement, on dit non. Hors de question que Patrick Brouel, dans ces conditions, vienne à Chartres.
00:13Je souhaite vraiment qu'on ménage une place, une considération à la parole des victimes.
00:18Il y a eu 32 plaintes. Je pense que c'est extrêmement important.
00:20Il n'y a pas de fumée sans feu. Il n'est pas le bienvenu à Chartres dans ce contexte.
00:25Vous venez d'entendre le maire de Chartres, Ladislas Vergne.
00:28Mais les maires d'Amiens, de Dijon, de Strasbourg, ont également demandé à Patrick Brouel de renoncer à ces concerts.
00:35La tournée commence le 2 octobre et dure un peu plus d'un mois et demi. 35 concerts en tout.
00:40Est-ce qu'on peut imaginer que le chanteur entende les maires alors qu'il clame son innocence face aux
00:45accusations de violences sexuelles qui lui valent une mise en examen ?
00:48Peut-on interdire un artiste qui n'a pas été jugé ? C'est la question des grands esprits.
00:53Ce rencontre face à face, maître Élise Harfi, avocate pénaliste au Barreau de Paris. Bonsoir.
00:58Bonsoir.
00:59Et Anne Stambach, Terre-Noire, députée LFI de Haute-Garonne. Bonsoir.
01:04Bonsoir.
01:04D'abord, on peut peut-être rappeler les faits, les accusations qui pèsent contre Patrick Brouel et l'état d
01:11'avancée des procédures de la justice.
01:13Patrick Brouel a été mis en examen le 10 juin dernier dans 4 dossiers.
01:17Une accusation de viol, une autre de tentative et deux d'agression sexuelle.
01:21Il a été placé sous le statut de témoin insisté dans 4 autres dossiers de violences sexuelles.
01:268 nouvelles plaintes pour viol, tentatives et agressions sexuelles ont été déposées depuis cette mise en examen.
01:31Aujourd'hui, il y a en tout 32 plaintes qui ont été déposées devant la justice.
01:37Et Patrick Brouel clame son innocence.
01:40Anne Stambach, Terre-Noire, le nombre des accusations, des témoignages, peut suffire à le rendre infréquentable, à en faire un
01:47paria ?
01:49Écoutez, oui, vous avez fait la liste.
01:51Elle est quand même éloquente.
01:53Moi, je voudrais commencer par saluer le courage de toutes les femmes qui ont osé prendre la parole,
01:58qui ont témoigné, porté plainte contre M. Brouel d'une manière générale.
02:02Je voudrais vraiment assurer de ma solidarité de toutes les victimes.
02:06On voit comme c'est difficile de parler, de prendre la parole,
02:09notamment quand votre agresseur est quelqu'un de célèbre et qui a du pouvoir.
02:13Et surtout, ce qu'il faut leur dire, c'est qu'on vous écoute et on vous croit.
02:16Et donc, on vous croit, donc on va agir en conséquence.
02:18Parce que si on ne fait rien, c'est tout simplement leur cracher à la figure.
02:22Je vous rappelle qu'on vit quand même dans un pays où 86% des plaintes pour violences sexuelles sont
02:27classées sans suite.
02:28Et de fait, Patrick Brouel peut ressortir sans aucune condamnation.
02:31Il sera trop tard pour lui, sa carrière sera détruite.
02:33Mais il peut être blanchi, finalement, par la justice ?
02:37Oui, mais la question qui nous est posée aujourd'hui, c'est aussi
02:40quels risques on peut faire prendre aux femmes qui vont être à son contact dans le cadre de sa tournée.
02:45Là, il va y avoir des fans, il va y avoir les femmes qui travaillent dans l'industrie du spectacle,
02:50de l'industrie musicale, qui vont être à ses côtés.
02:53En fait, demander l'annulation de sa tournée,
02:55c'est tout simplement demander un principe de précaution pour la protection de toutes les femmes qui vont être à
03:01ses côtés.
03:02Alors, ce n'est pas forcément les arguments des maires.
03:04Maître Elie Zarphi, les maires demandent notamment à Patrick Brouel de ne pas donner ses concerts au nom de quoi
03:08?
03:08Des désordres, des manifestations possibles qui pourraient semer le trouble.
03:13C'est légitime ?
03:14Oui, alors, je pense que déjà, peut-être, il faut rappeler que Patrick Brouel, que je sache,
03:20n'a pas d'interdiction de se produire.
03:23Dans le cadre de son contrôle judiciaire, il a tout à fait le droit de faire des concerts
03:28et de se produire en public dans le cadre de ses spectacles ou de sa tournée.
03:34La réaction des maires, elle est effectivement, bon déjà, elle est morale, j'ai envie de dire,
03:40puisque c'est avant tout la prise en considération de la souffrance des victimes.
03:47Peut-être, effectivement, comme l'a dit Madame la députée, un souci de risque de réitération,
03:52encore que je n'y crois pas trop.
03:54Il y a eu l'argument aussi du trouble, en fait.
03:57Oui, alors, justement, ça j'y viens parce que, en fait, le maire, effectivement,
04:01les maires ont un pouvoir de police administrative dans leur municipalité.
04:06Et donc, effectivement, si un événement, quel qu'il soit d'ailleurs, risque de troubler l'ordre public,
04:13le maire peut prendre, à ce moment-là, un arrêté d'interdiction.
04:16Mais cette décision, elle peut être contestée au tribunal administratif.
04:20Elle peut être contestée, notamment en référé.
04:23Elle peut également, en dernier ressort, être contestée devant le Conseil d'État.
04:26Et là, est-ce que les conditions d'un trouble potentiel à l'ordre public sont réunies ?
04:31Ça paraît pas évident, je pense, à démontrer.
04:34C'est sûr que Patrick Bruel a prévu un dispositif de sécurité particulier pour éviter ça.
04:39Parce qu'on se souvient qu'il y a eu des désordres lors des représentations de la pièce
04:42qui jouaient au printemps à Paris.
04:44Des représentations ont dû être annulées.
04:47Mais il avait aussi des supporters.
04:49On écoute un extrait de l'ambiance devant le théâtre où il jouait.
04:52Je prends au sérieux ce qu'on lui reproche.
04:55Mais voilà, moi, j'ai 35 ans d'histoire avec Patrick Bruel.
04:58Je l'aime et je suis triste.
05:01Moi, je suis heureuse de le voir ce soir au théâtre.
05:03Et j'aurais adoré le voir en concert.
05:05Et voilà, c'est tout.
05:06La rue, la rumeur, c'est pas possible.
05:08C'est pas possible.
05:09Pour l'instant, il n'est pas coupable.
05:12Vous entendez, Anstenbach, Terre Noire.
05:14Il y a aussi ceux qui estiment qu'ils sont assez grands pour choisir de venir à une représentation ou
05:19pas.
05:21Oui, je salue toutes celles et ceux qui boycotteront son spectacle.
05:26Mais pour répondre plus largement, il ne s'agit pas de condamner sans procès M. Bruel.
05:31Là, en fait, ce qu'il s'agit de dire, c'est que la présomption d'innocence n'empêche absolument
05:36pas une présomption de crédibilité de la parole des femmes
05:39et donc de la nécessité de les protéger, je l'ai déjà dit.
05:42Et en l'occurrence, si la justice ne statue pas dans les délais, les programmateurs, eux, peuvent prendre la décision
05:48d'annuler ces concerts.
05:50C'est pas neutre, quand même, de programmer M. Bruel avec la liste d'accusations dont il fait l'objet
05:57aujourd'hui.
05:57Le statut de célébrité ne peut pas être une forme de permis d'agresser ou de violer dans notre société.
06:05C'est inacceptable, ça.
06:06Et les articles sur cet argument moral ?
06:08Oui, alors bon, tout d'abord, Patrick Bruel, que je sache, c'est un casier judiciaire vierge.
06:12Il est mis en examen, mais il n'a pas été condamné et encore moins définitivement condamné.
06:18Donc, au regard de la justice, il n'a pas d'antécédent judiciaire.
06:24Est-ce que c'est une sorte de présomption de culpabilité, ce que l'on voit là, en fait ?
06:29Alors, c'est toujours un débat qu'on peut avoir.
06:31C'est-à-dire que, bon, déjà, il y a des faits qui sont quand même assez anciens.
06:34Le droit pénal, ça n'est pas non plus de l'arithmétique.
06:37C'est-à-dire que les magistrats devront se pencher sur chaque cas, chaque dossier, et faire la part des
06:44choses de toute façon.
06:45Ce que je voulais aussi rappeler, c'est qu'au-delà du droit public, qui régit effectivement le pouvoir de
06:51police des maires,
06:52il y a aussi le droit civil, tout simplement, et le droit commercial.
06:56C'est-à-dire que, de ce que je comprends, cette tournée, elle a été organisée des mois, voire des
07:00années à l'avance.
07:01Donc, probablement que les dates ont été fixées, les réservations ont été prises dans les salles,
07:05à une période où personne ne pouvait envisager que Patrick Bruel allait être mis en examen et placé sous contrôle
07:12judiciaire.
07:12Et donc, ce n'est pas aussi simple non plus de résilier comme ça des contrats à la dernière minute
07:20pour des causes qui, à mon avis, n'entrent pas dans les motifs de résiliation.
07:24Donc, ça aussi, c'est un autre aspect.
07:26Donc, je pense que juridiquement, ça doit être quand même assez compliqué.
07:30Et je crois aussi que c'est pour ça que Mme Berger, d'ailleurs, en a appelé publiquement
07:34à ce que l'artiste Patrick Bruel, en fait, de lui-même, renonce à se produire en concert.
07:40Il se dit que des millions seraient engagés par Patrick Bruel
07:44parce qu'il a la singularité de produire lui-même ses concerts.
07:50Est-ce qu'on peut imaginer Patrick Bruel qui clame son innocence,
07:54qui renoncerait à ses millions investis
07:59parce qu'on lui dit de ne pas le faire, tout simplement ?
08:04Anne Stempack, Terre-Noire.
08:05Oui, c'est intéressant ce que vous soulevez
08:07parce qu'effectivement, il y a la question du risque financier.
08:10C'est pour ça que nous, ce qu'on propose, par exemple,
08:12c'est qu'il y ait une clause dans les contrats d'assurance.
08:14C'est-à-dire que quand vous avez un contrat avec un artiste
08:19qui ensuite, effectivement, fait l'objet d'accusations telles que celle-ci,
08:22des accusations d'agressions, de violences sexuelles,
08:26eh bien, il y ait la possibilité d'indemniser les programmateurs
08:30qui, en toute responsabilité, prennent la décision, justement,
08:33d'annuler ces spectacles.
08:36Et d'ailleurs, pour rebondir sur...
08:38Qui donnerait les millions, alors, à ceux qui prennent la responsabilité
08:41d'annuler les spectacles, puisque c'est à peu près les chiffres que l'on cite ?
08:46Qui financerait ?
08:47Justement, ça devrait être une clause dans les contrats d'assurance.
08:50Les assureurs, donc ?
08:51À pouvoir protéger et indemniser, du coup, les programmateurs
08:55qui annuleraient les spectacles.
08:56Mais moi, je voudrais revenir quand même sur la question de Mme Berger,
08:59qui est effectivement, aujourd'hui, en appel à l'annulation des concerts.
09:03Je veux dire que je suis quand même très heureuse de voir que la pression populaire,
09:07la mobilisation des féministes dans ce pays l'ont fait changer d'avis,
09:09parce qu'il y a quelques semaines, elle disait exactement l'inverse.
09:12Et j'en profite pour rappeler qu'en France, le délai moyen
09:15entre l'enregistrement d'une plainte pour viol et la première décision de justice,
09:20ça peut aller jusqu'à 4 ans et demi.
09:21Donc, en fait, on a un vrai problème de manque de moyens dans ce pays
09:24qui participe au système d'impunité dont nous parlons en ce moment.
09:28Et donc, c'est pour ça que je voudrais dire que nous, ce qu'on demande,
09:30c'est 2,7 milliards pour lutter contre les violences faites aux femmes.
09:34C'est ce que demandent les associations.
09:36C'est ce que nous ferons, nous, avec Jean-Luc Mélenchon au pouvoir
09:38et non pas une campagne d'affichage sur les aires d'autoroutes
09:41comme elle vient de l'annoncer de manière assez ridicule, vu les circonstances.
09:45Est-ce que, malgré tout, les maires qui s'opposent
09:48et qui appellent publiquement à Patrick Bruel à ne pas venir
09:51ne se font pas un peu de la pub ?
09:53Ça ne mange pas de pain de dire
09:53« Moi, je suis contre les violences sexuelles, alors j'agis »
09:56en disant « Non » au concert de Patrick Bruel.
09:58Ce n'est pas un peu facile, Maître Arfi ?
10:01Alors, je ne sais pas s'ils se font de la publicité.
10:05Je pense que les maires sont probablement de bonne foi,
10:08mais c'est vrai qu'il y a une pression populaire
10:11et que les principes du droit sont de moins en moins audibles
10:15parmi certaines personnes parce que, voilà,
10:19on va privilégier l'émotion que ça peut susciter
10:22dans un contexte aussi en France où, effectivement,
10:26l'inertie parfois de la justice, des services enquêteurs
10:30est décriée et constatée.
10:32Ce que je dois dire, quand même, dans l'affaire de Patrick Bruel,
10:35c'est aussi qu'il me semble que beaucoup de plaintes
10:37sont très récentes à l'aune des faits
10:39qui sont aussi beaucoup plus anciens.
10:41Donc, ça donne aussi une particularité, peut-être, à ce dossier.
10:44C'est-à-dire qu'il y a des nouvelles plaintes qui arrivent,
10:46mais je crois savoir que ce sont des faits aussi assez anciens.
10:50Donc, on n'est pas vraiment dans la problématique,
10:52j'ai envie de dire, de l'impunité ou du déni de justice
10:56entre l'enregistrement de la plainte
10:57et le moment où une décision juridictionnelle intervient.
11:00Je crois qu'on est encore dans une autre problématique.
11:03C'est peut-être le temps mis, effectivement,
11:06pour les personnes concernées à réagir,
11:08la difficulté de déposer plainte, etc.
11:11Puisque vous parlez de temps,
11:12les maires disent que c'est pour que la justice travaille sereinement
11:16qu'il faut qu'il se retire, en fait.
11:18Mais ça peut prendre beaucoup de temps.
11:21Comment on fait, Anne Steinbach, d'Air Noir ?
11:24Oui, mais surtout, en fait, il ne s'agit pas de se substituer à la justice,
11:28mais il s'agit effectivement de prendre sa responsabilité en tant que politique.
11:32Là, c'est ce qui est fait par certains maires.
11:35Moi, je suis assez en colère, je ne vous le cache pas,
11:37parce qu'il y a 17 villes où, en fait, les élus ont pris la parole.
11:4215 maires de sensibilité politique différentes
11:44qui ont dit que M. Bruel n'était pas le bienvenu dans leur ville.
11:47Et de l'autre côté, vous avez M. Moudinck, maire de Toulouse, où je suis élue,
11:51et M. Ciotti, maire de Nice, qui, eux, estiment que ce n'est pas leur rôle de prendre position.
11:56Donc, en fait, le message politique qu'ils envoient aux agresseurs,
11:59c'est qu'ils peuvent continuer et qu'eux ne diront rien.
12:01Et c'est complètement inacceptable.
12:02M. Moudinck a même été, jusqu'à dire dans son communiqué,
12:06que néanmoins, il entend et il respecte la parole des victimes.
12:09Mais en fait, ce n'est pas ça qu'on lui demande.
12:11On lui demande de les croire et d'agir en conséquence.
12:13Et donc, effectivement, le temps de la justice peut être long.
12:16Je le redis, là, la question, c'est de protéger, déjà, de prendre en compte,
12:20de dire aux femmes qui ont porté plainte qu'on les croit et qu'on les écoute.
12:24Et donc, on va aussi protéger celles qui pourraient être en contact avec M. Bruel
12:29et qui pourraient être victimes.
12:31Il me semble que c'est notre responsabilité en tant que société.
12:34Alors, on n'entend pas Patrick Bruel depuis des semaines, depuis même des mois maintenant.
12:39On entend aussi très peu ses amis le défendre.
12:42Je vous propose d'écouter les propos plus que prudents de l'un de ses amis, Elie Chouraki.
12:47C'était au micro de Stéphane Boutsoc aujourd'hui.
12:49J'ai parlé quelques fois avec lui, oui.
12:51Il est profondément atteint.
12:54J'essaie de le soutenir en même temps.
12:55Il sait que si jamais il était jugé et si jamais les faits étaient prouvés,
13:01c'est la loi, c'est la vie, c'est comme ça.
13:03On a tous ce qu'on mérite à un moment donné.
13:05Donc, je suis ahuri, pour ne rien vous cacher.
13:08Surtout, je pense aux femmes qui ont porté plainte,
13:11qui continuent à porter plainte parfois,
13:13et à leur douleur, et je m'associe à cette douleur.
13:16On ne peut pas dire que ce soit un soutien aveugle,
13:20mais il évoque quand même cette nécessité que la justice passe à Maître Harfi.
13:25Oui, bon, il a raison.
13:27Oui, comme on dit, le soutien comme la corde soutient le pays.
13:31Oui, c'est ça.
13:31C'est le cas de le dire.
13:32C'est sûr.
13:34Bon, après, c'est aussi peut-être légitime, malheureusement.
13:38Ou heureusement, je ne sais pas.
13:39Mais en tout cas, c'est une réaction qu'on voit toujours dans les dossiers
13:42où des gens sont impliqués.
13:44Du jour au lendemain, ils deviennent radioactifs
13:46et ils comptent leurs amis quand il leur en reste sur le doigt d'une main.
13:49Au cœur de l'été, on a appris que fin juillet,
13:52le contrôle judiciaire de Patrick Brunel avait été assoupli à sa demande
13:55pour l'autoriser à quitter le territoire français.
13:57Une décision dont le parquet a fait appel.
13:59Le résultat courant septembre.
14:01Il est parti d'ailleurs, il a quitté la France, il est revenu.
14:04Est-ce que vous contestez cette mesure, Anne Stambach-Terre-Noir ?
14:08Et est-ce que vous avez l'impression que Patrick Brunel
14:10est traité différemment par la justice ?
14:14Par la justice, je ne sais pas.
14:16En fait, la question, ce que j'ai tout à l'heure,
14:18c'est un système un peu d'impunité généralisée.
14:21Là, on entendait le témoignage d'un ami de M. Brunel.
14:23Écoutez, ça fait des années, on a des témoignages là
14:26qui nous disent que sur ces tournées, sur ces concerts,
14:29il y a des gens qui disent « attention, ne te retrouves jamais seul avec lui
14:32dans le cadre du travail, etc. »
14:34Donc, on savait quand même que ce monsieur avait manifestement
14:37un comportement de prédateur.
14:39Et pourtant, rien n'a été fait.
14:40En fait, M. Bruel et d'autres, je pense à la PPDA,
14:44M. Depardieu, en fait, tout ça, c'est les symptômes
14:46d'un système profondément patriarcal
14:49qui à la fois produit les violences sur les femmes
14:53et en même temps qui protège les agresseurs.
14:55Je pense qu'on en est tous conscients.
14:57D'autant plus quand ils ont justement un pouvoir,
15:00que ce soit politique, artistique.
15:02Le fait d'être une célébrité, bien sûr,
15:05ça fait qu'il n'est pas traité, considéré de la même manière
15:08et que c'est d'autant plus dur pour les victimes
15:11de parler et d'obtenir justice.
15:14Merci beaucoup, Yann.
15:15C'est quelque chose qui doit absolument être compatible.
15:16Et merci à toutes les deux d'avoir accepté de débattre.
15:19À présent, je vous propose d'entendre le meilleur de nos invités,
15:22de nos humoristes, de nos auditeurs.
15:24Le meilleur de la journée, c'est la story RTL de Florian Gazon,
15:26juste après la pause.
15:27Tous les jours, toute la journée.
15:29J'étais avec toi.
15:33Est-ce que tu t'en souviens ?
15:37C'est RTL.
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