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[#Reportage] Gabon : près de 200 milliards de FCFA réclamés par Bosch Capital, une dette héritée qui embarrasse l’État

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00:00Une créance remontant à des engagements pris sous les précédents régimes pourrait-elle aujourd'hui coûter près de 200 milliards
00:07de francs CFA au Gabon ?
00:09C'est l'alerte lancée par Geoffroy Fomboulalibe Kamakoso selon l'acteur civique.
00:14Bosch Capital réclamerait aux autorités gabonaises environ 330 millions de dollars sur fonds de contentieux liés à des prestations militaires
00:22associées au groupe sud-africain Paramount.
00:24Une dette dont les autorités actuelles contesterait cependant le fondement et la régularité selon le récit présenté par l'ancien
00:31député de la transition.
00:33C'est un dossier hérité du passé qui, selon Geoffroy Fomboulalibe Kamakoso, pourrait désormais placer le gouvernement face à un
00:40arbitrage financier particulièrement sensible.
00:43L'acteur civique affirme que Bosch Capital aurait fixé au 3 septembre 2026 une échéance pour le règlement d'environ
00:50330 millions de dollars, soit près de 200 milliards de francs CFA.
00:54Une somme considérable que les autorités gabonaises ne seraient toutefois pas disposées à acquitter sans examiner préalablement la validité des
01:02engagements dont elles découlent.
01:04Selon la chronologie présentée par Geoffroy Fomboulalibe, les origines du dossier remontent à 2006-2007, période durant laquelle le Gabon
01:12aurait acquis plusieurs avions de combat Mirage F1AZ ayant précédemment appartenu à l'armée sud-africaine.
01:19Le dossier aurait ensuite connu un nouveau développement en 2014 avec la conclusion d'un contrat entre l'État gabonais
01:26et le groupe sud-africain Paramount, portant sur des prestations d'entretien et de soutien d'équipements militaires.
01:32Des factures seraient demeurées impayées et le différent aurait finalement été porté à partir de 2020 sur le terrain de
01:39l'arbitrage international à Londres.
01:41C'est donc un passif constitué sous les précédentes administrations qui se retrouve aujourd'hui devant les autorités de la
01:47Ve République, avec des implications financières potentiellement lourdes pour les comptes publics.
01:53Bosch Capital aurait, selon Geoffroy Fomboulalibe, acquis en 2025 les droits attachés à cette créance avant de réclamer son règlement
02:00au Gabon.
02:00L'acteur civique indique cependant que les autorités gabonaises contestent notamment la régularité du contrat de 2014 et, par conséquent,
02:08les prétentions financières qui en découleraient.
02:11C'est précisément là que se situe le cœur du problème.
02:13Pour Geoffroy Fomboulalibe Kamakoso, il ne saurait être question pour le gouvernement actuel de décaisser une somme avoisinant 200 milliards
02:20de francs CFA sans avoir préalablement établi la régularité et le fondement de la dette réclamée.
02:26En gros, les autorités actuelles font comprendre qu'elles ne peuvent payer sans comprendre une ardoise de près de 200
02:32milliards, résume-t-il.
02:34Selon son exposé, Bosch Capital aurait parallèlement évoqué la possibilité de saisir ou d'alerter des acteurs du système financier
02:41international,
02:42notamment les agences de notation, les banques et les marchés financiers, si aucune solution n'était trouvée avant l'échéance
02:48annoncée du 3 septembre.
02:50Une perspective qui pourrait déplacer le contentieux du seul terrain juridique vers celui de la réputation financière du Gabon.
02:57Le gouvernement se retrouverait ainsi, selon cette lecture, devant plusieurs options, négocier un règlement, maintenir sa contestation de la créance
03:04ou laisser les différentes procédures suivre leurs cours.
03:07Dans tous les cas, l'importance du montant impose que soit clairement établi l'origine de la dette, les prestations
03:12effectivement exécutées,
03:13les paiements déjà réalisés, les intérêts éventuellement accumulés et les conditions dans lesquelles les droits sur la créance ont été
03:20transférés.
03:21Au-delà de Bosch Capital, cette affaire remet surtout en lumière une problématique récurrente des finances publiques,
03:26la responsabilité de l'État face aux engagements contractés par les gouvernements précédents.
03:31L'alternance politique ou institutionnelle n'efface pas mécaniquement les obligations juridiquement valides de l'État.
03:37Mais leur paiement suppose, a fortiori, lorsque plusieurs centaines de millions de dollars sont réclamés,
03:42que leur existence, leur exigibilité et leur montant puissent être établis.
03:48À ce stade, les éléments présentés par Geoffroy Fomboulalibé Kamakoso constituent sa lecture publique du dossier
03:54et ne permettent pas à eux seuls d'établir définitivement la validité de la créance de Bosch Capital ou celle
04:00des contestations gabonaises.
04:02Pour le Gabon, l'enjeu dépasse donc le choix entre payer ou refuser de payer.
04:06Il s'agit d'abord de savoir précisément pour quelles prestations, sur quelles bases contractuelles
04:12et selon quels calculs, près de 200 milliards de francs CFA seraient aujourd'hui réclamés à l'État.
04:17Avant de solder une dette héritée du passé, la transparence sur sa formation apparaît comme la première exigence du présent.
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