00:00A huit mois de la présidentielle, l'extrême droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé.
00:06Elle n'est plus simplement à la porte du pouvoir, elle a déjà mis un pied dans notre baillement.
00:11Elle prospère sur le terreau que nous connaissons si bien, la désindustrialisation qui a vidé nos villes moyennes,
00:18le constat d'un État qui a déserté certains territoires avant que l'extrême droite vienne elle-même y installer
00:24ses propres permanences,
00:25la peur du déclassement chez ceux à qui on avait promis que leurs enfants vivraient mieux qu'eux.
00:33Et comme les feux cet été, l'incendie politique avance vite parce que les conditions sont réunies,
00:41une défiance sèche comme l'herbe en août, un débat public qui s'embrase à la moindre étincelle des digues
00:49républicaines
00:50qu'on croyait des pare-feux et qui cèdent une à une.
00:55Ce n'est plus un risque lointain, c'est déjà une trajectoire.
01:00La question n'est plus de savoir si le feu peut arriver jusqu'à nous, il est déjà là.
01:08Et je le dis avec une colère qui n'est pas feinte.
01:12Cette progression de l'extrême droite, la droite dite républicaine, n'y est pas pour rien.
01:18Elle y participe jour après jour, qu'elle l'assume ou non.
01:23Elle a commencé par emprunter son vocabulaire, puis ses obsessions, puis de plus en plus souvent ses voix à l
01:35'Assemblée et au Sénat.
01:36Chaque fois qu'elle choisit de débattre sur le terrain de l'extrême droite plutôt que de le refuser,
01:42elle légitime un peu plus cette idée que le terrain de l'extrême droite est le seul terrain possible.
01:50Chaque texte sur l'immigration, chaque convergence, qu'elle soit murmurée ou plus assumée, est un pas de plus dans
01:59la même mauvaise direction.
02:03Et je leur dis, on ne se rapproche jamais du feu sans s'y brûler.
02:08Et ceux qui pensent pouvoir emprunter les mots et les propositions de l'extrême droite sans en payer un jour
02:15le prix se trompent devant l'histoire.
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