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  • il y a 2 semaines
«La justice insulte les victimes et déresponsabilise les auteurs», s'est insurgé Harmonie Comyn, épouse du gendarme Eric Comyn, tué en 2024, dans La Matinale WE.

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Transcription
00:00Oui, j'avoue qu'entendre la petite parler avec beaucoup de sanglots, c'est assez poignant.
00:08J'espère ne pas être dans ce cas, dans cette configuration dans le futur,
00:14mais personnellement, j'en doute.
00:16Et je pense probablement que c'est ce qui se passera pour nous aussi.
00:22Je vous dirais que personnellement, je ne suis pas étonnée par la situation.
00:27Rappelez-vous de la famille Pérez et d'Adrien, 26 ans, qui a été tué, poignardé en 2018.
00:35L'auteur a été condamné en 2021 pour 15 ans de réclusion criminelle
00:39et il est sorti à l'issue de sept années d'incarcération.
00:42Et durant ces petites sept années d'incarcération, il n'a fait déjà même pas la moitié de ce qu
00:48'il devait faire,
00:49il a eu, je crois, 18 permissions de sortie.
00:52Donc, il y a cette première situation qu'on connaît.
00:57Ensuite, on peut citer le cas récent d'une figure de la macromafia
01:02qui est toujours normalement incarcérée dans le QLCO de Condé-sur-Sarte,
01:12cette prison de haute sécurité,
01:14et qui, pour un motif ubuesque, a eu une permission de sortie
01:19pour garder les liens familiaux avec sa sœur.
01:25Je trouve ça honteux, j'ai envie de vous dire.
01:28Alors, à quoi ça sert de mettre en prison des gens en prison,
01:31de fanfaronner sur la création de quartiers de haute sécurité
01:35si derrière, les juges d'application des peines
01:38laissent sortir des gens pour n'importe quel motif ?
01:41Moi, je vous dirais que le mot paroxysme de notre devise républicaine
01:45a visiblement atteint son...
01:47Enfin, le mot liberté de notre devise républicaine
01:50a atteint son paroxysme, en fait.
01:52Deux jours après la mort de votre mari,
01:54vous avez tenu des propos qui ont marqué l'opinion.
01:58Vous aviez dit, la France a tué mon mari, le père de mes enfants.
02:02« La France a tué mon mari par son insuffisance, son laxisme,
02:06son excès de tolérance ».
02:08J'ai envie de dire, ces mots sont toujours d'actualité aujourd'hui.
02:14J'imagine que votre position, votre pensée n'a pas changé d'un iota.
02:20J'ajouterais même, avec ce qu'on vient d'entendre
02:23dans l'affaire du policier Éric Monroy,
02:26que la France crache aussi sur les familles des victimes aujourd'hui.
02:30La justice, elle insulte directement les victimes.
02:35Tout simplement, c'est une insulte manifeste.
02:38C'est un manque de respect total.
02:41Je vous dirais même plus qu'en donnant toutes ces permissions,
02:44on déresponsabilise les auteurs.
02:47C'est ça qui est dramatique, en fait.
02:49On insulte les victimes, on leur crache au visage
02:52et en plus, on déresponsabilise les auteurs.
02:55Un dernier mot concernant l'homme qui a tué votre mari.
02:59Je le disais tout à l'heure, un multi-récidiviste.
03:01Lui, il a été condamné dix fois entre 2005 et 2018,
03:05dont six fois pour des délits routiers, si je ne me trompe pas.
03:08Quelles sont les suites judiciaires pour lui ?
03:11Est-ce que vous avez le sentiment que, malgré tout,
03:15la justice suit son cours ?
03:18Dans un premier temps, dans ces dix condamnations,
03:21il y a eu des amendes avec sursis.
03:23Déjà, je vous dirais à quoi ça sert de donner des amendes avec sursis.
03:26Ça ne sert strictement à rien, pour commencer.
03:30Enfin, à mon sens.
03:33Ensuite, votre question, vous pouvez la rappeler ?
03:36Ma question, c'était quelles sont les suites judiciaires pour lui
03:39suite à la mort de votre époux ?
03:42Alors, les suites judiciaires, c'est qu'il y a eu un ordonnancement de meurtre
03:45où, bien évidemment, ce charmant monsieur a fait appel.
03:48Parce que, bien évidemment, c'est la théorie du complot.
03:51Il est victime de la société, n'est-ce pas ?
03:54Il a toutes les preuves concordent comme quoi il a tué mon époux
04:01de manière volontaire.
04:02Donc, il y a eu un ordonnancement pour meurtre.
04:04Il y a eu un appel de sa part.
04:06Un mois et demi après, la cour de cassation de Aix
04:08a validé l'ordonnancement de meurtre.
04:11Donc, maintenant, on est dans l'attente de la date du procès
04:13aux assises à Nice, que j'attends avec impatience,
04:17même si je sais que ça va être très, très douloureux,
04:19très compliqué pour nous.
04:21Je vous dirai, de vous à moi, qu'en fait, la seule chose
04:26auquel je tiens dans la condamnation,
04:28ce n'est pas tant la prison, parce qu'ouvertement,
04:30on sait aujourd'hui que la prison ne sert à rien.
04:32Les prisonniers ont le droit de faire du cartes,
04:34ils ont le droit des sorties dans des centres aquatiques.
04:38Bon, why not ?
04:39Par contre, moi, je tiens réellement à la révocation
04:41du titre de séjour et je me battrai pour ça
04:43et surtout l'interdiction du territoire définitif.
04:46Pour moi, je pense que ça, ça a plus de sens
04:48que la prison aujourd'hui en France.
04:51Si aujourd'hui, on devait donner du sens à la prison,
04:54il faudrait sérieusement penser au modèle de Bukele au Salvador.
04:58Et là, je pense que sérieusement,
05:00les auteurs délinquants et de crimes
05:03auraient des craintes pour aller en prison.
05:05Il y aurait sans doute beaucoup moins de récidives
05:06et beaucoup moins d'actes délictueux et criminels en France.
05:09– Harmonie commune, je vous remercie d'avoir accepté
05:13de témoigner sur notre antenne ce matin.
05:15Et puis, je vous souhaite beaucoup de courage aussi
05:17pour le procès aux Assises qui va suivre pour vous,
05:19pour votre famille.
05:21Beaucoup de courage aussi quand vous entendez
05:23l'histoire d'Éric Monroy
05:25qui doit vous rappeler des souvenirs terriblement douloureux
05:29quand on entend les larmes de cette jeune fille,
05:31de la fille d'Éric Monroy
05:33qui rappelle toute la douleur qu'a pu vivre votre famille.
05:37Merci de nous avoir éclairés,
05:40en tout cas de nous avoir donné votre opinion sur cette affaire.
05:43Vous alliez dire quelque chose ?
05:44– Une dernière chose, oui.
05:45– Allez-y.
05:45– Une dernière chose.
05:46Déjà, il faut absolument que les victimes parlent.
05:51Notamment la maman d'Adrien,
05:52elle a fait quelque chose d'extraordinaire
05:54parce qu'il y avait une douleur viscérale
05:55qui n'est sans aucune mesure.
05:58Et cette dame avait un courage inimaginable
06:01que l'épouse de M. Monroy, Mme Monroy,
06:03continue à parler.
06:05Vous, vous avez eu la...
06:07Elles ont eu la possibilité, grâce à vous
06:09et par transparence, de pouvoir le faire.
06:11Et ça, je vous en remercie du fond du cœur
06:14et vraiment, merci pour tout.
06:15– Et soyez sûrs qu'on sera toujours là
06:17pour donner la parole aux victimes.
06:18Je vous remercie infiniment, Harmonie Comine.
06:20– Sous-titrage Société Radio-Canada
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