00:00Nous vous proposons maintenant de vous plonger dans l'histoire du photojournalisme,
00:04des clichés qui racontent aussi le demi-siècle du Festival international Visa pour l'image
00:08qui s'expose chaque année à Perpignan, dans le sud de la France.
00:11Jean-François Leroy, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:15Vous êtes l'organisateur du festival, vous êtes journaliste, vous êtes passionné de photographie
00:20et vous organisez une exposition à Paris où vous proposez une partie de votre collection.
00:25Alors collection c'est un mot que vous n'aimez pas beaucoup, vous parlez plutôt d'un joyeux fatras.
00:30Non mais c'est-à-dire que j'adore le principe même de collection, sauf que moi je ne suis
00:34pas collectionneur
00:34parce qu'un collectionneur il cherche, il trouve, il attend, il espère.
00:39C'est ce que moi si vous voulez, tous ces cadeaux me sont tombés du ciel,
00:42c'est les photographes qui me les ont offerts au fil des années et donc je ne suis pas un
00:46collectionneur
00:47mais en même temps je dis que j'ai la plus belle collection du monde parce que même si ce
00:50n'est pas moi qui l'ai créée,
00:52je trouve que la variété des tirages qu'elle regroupe est formidable.
00:55Alors dans cette plus belle collection du monde, comment avez-vous fait votre choix pour l'exposition à Paris ?
00:59Ça a été très dur parce que je voulais montrer un peu un reflet de cette collection
01:05mais je ne pouvais pas présenter l'intégralité, malheureusement il y en avait trop.
01:08Donc il a fallu choisir, faire des choix et souvent douloureux
01:12parce qu'il y a plein de photographes qui me disent mais quoi je ne suis pas dans l'expo
01:15et qui ne comprennent pas
01:16donc il faudra que je refasse d'autres.
01:18Mais sur quelle base alors ? Est-ce qu'il n'y a pas de fil rouge véritablement ?
01:22Non, il n'y a pas de fil rouge parce que justement je trouve que ce qui est intéressant c
01:25'est de se balader un peu dans ce foutoir,
01:30ce joyeux foutoir qui couvre de l'actualité, qui couvre des faits de société,
01:34qui couvre quelquefois un aspect un peu plastique, qui couvre...
01:38C'est ça qui m'intéresse, c'est que le spectateur vienne se balader,
01:43voit un peu un reflet de la photo depuis 25 ou 50 ans
01:47parce qu'il y a des photos qui datent d'il y a plus de 25 ans
01:49mais en même temps se retrouve comme ça dans une espèce de bain photographique
01:54qui est super émouvant, intéressant, rigolo, enfin j'essaie de...
02:00Et alors il y a une photo, et d'ailleurs le titre de l'exposition est tiré là-dessus,
02:04il y a une photo qui n'est pas un cadeau que vous avez acheté, laquelle ?
02:07Vous croyez que je vais vous répondre ? J'adorerais !
02:10Ben oui mais non ! Il faut que je garde le mystère !
02:13Voilà, on entretient le mystère !
02:15On va commenter une des photos qui est sur l'affiche, d'ailleurs on la voit ici,
02:20on voit le commandant Massoud face à la vallée du Panchir en 98,
02:24quelle est l'histoire de cette photo ?
02:26Alors si vous voulez, le photographe Pascal Maître était en commande pour l'Express
02:31pour aller faire le commandant Massoud,
02:33et à un moment ils sont tous les deux assis sur la natte du commandant
02:36et le talkie-walkie commence à crachoter,
02:39et il y a un des lieutenants de Massoud qui lui dit
02:40on est pris en embuscade, on est pris en embuscade,
02:43et la radio s'arrête.
02:45Donc Massoud se lève et va regarder cette vallée
02:47où il vient, pense-t-il, de perdre un de ses lieutenants,
02:50et puis au bout d'une dizaine de minutes, la radio reprend,
02:53et en fait son lieutenant n'était pas mort.
02:54Et Pascal n'a pas osé bouger et a fait donc juste cette photo.
02:58Mais moi j'aime beaucoup cette photo parce que j'adore les photos de dos
03:03où on identifie le personnage.
03:05Je trouve que là c'est le talent du photographe.
03:07Alors il y a d'autres photos qu'on pourrait commenter,
03:09on le voit c'est un pan de l'histoire.
03:12Autre pan de l'histoire, on célèbre, on célébrait mardi le centenaire de Robert Capa,
03:17le père du photojournaliste, du journalisme, qu'est-ce qu'il représente pour vous ?
03:22Il est une référence évidemment, même si pour moi la référence en photo de guerre
03:27c'est plus encore que Capa, ça reste des vides d'Ouglas Dincan ou de McEulene
03:31qui sont d'abord des photographes encore vivants,
03:34donc qui ne sont pas encore des mythes.
03:36Mais Capa évidemment c'est incontournable, c'est indispensable.
03:40Et là quand ils ont retrouvé sa valise mexicaine, c'est une vie de héros.
03:45D'un mot, un seul s'il fallait définir aujourd'hui le photojournalisme,
03:48aujourd'hui en 2013 ?
03:51Passionné.
03:52Très bien, merci d'être venu transmettre et partager avec nous cette passion.
03:59Et puis évidemment, si vous êtes de passage à Paris,
04:02toute cadeau sauf une à voir dès mercredi prochain
04:06et jusqu'au 7 novembre à la maison des Métallos.
04:09Merci Jean-François Leroy d'être passé nous voir.
04:12Merci.
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