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  • il y a 3 semaines
Tous les soirs, les chroniqueurs du 22h BFM font leur choix dans l'actualité.

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00:00Votre choix ce soir Amélie Rosig, c'est donc de nous parler d'Edouard Philippe qui persiste et qui signe
00:04et qu'il le fait sur BFM TV, ça tombe bien.
00:06Les Français sont trop souvent en arrêt maladie à son goût et s'il est élu président de la République,
00:11il veut sévir.
00:12Absolument, le candidat de droite veut fermer l'open bar des arrêts de travail, si je reprends la formule bien
00:18sentie qu'il a choisie à l'université du Medef jeudi dernier.
00:21Les mots ont un sens et les éléments de langage n'ont rien d'anodin quand on fait de la
00:25politique, on commence à le savoir.
00:26Derrière une formule un peu rigolote, franchement fermer l'open bar c'est quand même sympa, se cache un jugement
00:32franchement acerbe.
00:33Les Français seraient des fainéants qui s'arrêtent de travailler au moindre rhume et au moindre bobo parce que c
00:38'est quand même ça que ça veut dire.
00:39Edouard Philippe a donc réitéré hier sur notre antenne, il était au micro de Guillaume Darré, écoutez.
00:44Beaucoup d'administrations ont constaté un développement de l'arrêt de travail limite, de l'arrêt de travail de confort
00:55parfois.
00:56Et que ces arrêts de travail, ils déstabilisent l'organisation de l'entreprise ou de l'administration ou du service
01:03public, ils coûtent cher à la collectivité.
01:06Voyez-vous, on perd au fond le sens de l'utilité fondamentale de cette sécurité sociale.
01:12C'est l'arrêt de travail de confort qui est mis, on a bien compris.
01:15Oui, exactement, c'est de ça dont il est question, alors on va regarder tout ça ensemble.
01:19D'abord, première chose, quand on parle d'arrêt de travail, on parle de, quand on regarde les chiffres, c
01:24'est ça que je veux dire et c'est important.
01:26Maladie ordinaire, accident du travail, maladie professionnelle et congé maternité, enfin maternité, arrêt de travail lié à la maternité, ça
01:32comprend tout ça.
01:33Donc on va regarder ces chiffres.
01:34On a les chiffres de 2024.
01:369,1 millions d'arrêt de travail indemnisés.
01:39C'est une hausse de 10% sur les cinq dernières années, donc depuis 2019.
01:44Et ça représente un coût pour l'assurance maladie de 17,9 milliards d'euros.
01:50Plus 10% en cinq ans, il y a bien une hausse.
01:53Et on se dit, Edore-Philippe, vise quelque chose de juste.
01:55Oui, absolument, c'est en hausse et on va comprendre ensemble pourquoi.
01:59Et ça va nous permettre gentiment de démontrer que les Français ne sont pas les rois des fénéants.
02:04Premier fantasme, oui, il y a des abus.
02:07Les médecins, maintenant, ils donnent des arrêts de travail à tout bout de champ, surtout en téléconsultation.
02:12Voilà, réalité, sur le volume total des arrêts maladie, 2 à 4% le sont en télémédecine.
02:18Fin du fantasme, source assurance maladie et cours des comptes.
02:21Ensuite, l'augmentation, plus 10% en cinq ans, c'est pas rien.
02:24Bien, mais on va quand même rapporter ce chiffre au nombre de personnes qui sont actives et qui sont en
02:28emploi.
02:29Ça donne un ratio d'environ un arrêt pour trois personnes par an, d'accord ?
02:33Un arrêt pour trois personnes par an ?
02:35Un arrêt pour trois en un an, d'accord ?
02:38C'est une moyenne un peu grossière.
02:41J'ai pris les longs, les courts, j'ai tout mis ensemble et j'ai fait un ratio un petit
02:44peu grossier.
02:45Mais moi, ça ne me paraît pas, vu comme ça, très abusif.
02:48Si je prends Elsa, Yves et moi, sauf erreur de ma part, j'ai été en arrêt l'année dernière,
02:52je m'en souviens.
02:53C'est moins le quota.
02:54Franchement, ce n'est pas totalement déconnant, il me semble.
02:57Mais alors, pourquoi augmente-t-il ?
02:58Alors, cette hausse de 10% en cinq ans s'explique par des facteurs, et je pense que désormais on
03:03le sait,
03:03qui sont structurels et qui sont surtout bien documentés.
03:07Regardez, j'ai nommé vieillissement de la population active, mal-être au travail post-Covid.
03:12C'est vrai, on l'a dit, on l'a répété, ce n'est pas nouveau.
03:14Et d'ailleurs, il y a des études, la Cour des comptes a fait une étude là-dessus.
03:17Et l'allongement aussi de la durée des arrêts.
03:19Mais attendez, ces factures-là, structurelles, on les retrouve ailleurs qu'en France ?
03:22Absolument, comme on adore se comparer, particulièrement à nos voisins, qui feraient toujours mieux que nous.
03:29En particulier, un que je ne nommerai pas, mais on va en parler.
03:32Comparons-nous.
03:33On va parler de l'Allemagne.
03:34Parce que pour une fois, ça va nous faire du bien, je vous le promets.
03:37Regardez, selon la base de données officielle de l'OCDE, voici le top 5 des pays qui enregistrent
03:42le plus grand nombre de jours d'absence pour maladies par salarié et par an.
03:47Allemagne, 24,9 jours.
03:48Espagne, 25 jours.
03:49France, 21 jours.
03:50Lettonie, un peu plus de 20 jours.
03:52Et République tchèque, 19 jours.
03:53C'est donc le top 5.
03:55Yves va me dire, je suis sûre, comparaison n'est pas raison, Amélie.
04:00D'accord, Yves, je fais les dialogues désormais.
04:02Question-réponse.
04:03Mais quand même, est-ce qu'on pourrait arrêter de tenter de dégager des économies
04:07sur le dos des plus fragiles et qui plus est, des gens qui sont malades ?
04:10Je pense que ça ferait du bien à tout le monde.
04:11Yves va répondre dans ce dialogue.
04:12Alors, je réponds et je vais faire...
04:14Alors, je ne fais pas un pas de côté, parce que...
04:17Mais je trouve que...
04:17Mais je vais quand même le faire.
04:19Ça, ça veut dire qu'il va faire un pas de côté.
04:20Ce qui est inquiétant, ce qui est très inquiétant, c'est qu'effectivement, le mal-être
04:24au travail d'une grande partie des jeunes, alors je ne sais pas jusqu'où vont les jeunes,
04:29mais jusqu'à 40 ans, des jeunes salariés, est de plus en plus important, fréquent.
04:35Et je trouve ça très inquiétant.
04:38Je n'arrive pas à me l'expliquer.
04:40Alors, c'est vrai, c'est mesurable depuis le Covid, je crois.
04:43Et ça, c'est quand même assez inquiétant.
04:45Par ailleurs, il y a certaines professions, quand même, ou certains secteurs d'activité
04:52où il est plus facile de se faire arrêter que d'autres.
04:55Suivez mon regard, je crois que dans la fonction publique, il y a quand même beaucoup plus d'arrêt
05:01de travail que dans le privé.
05:02Si on fait la comparaison, je crois que la comparaison n'est pas au bénéfice du secteur public.
05:08Non, alors, si on compare nos...
05:10Alors, attendez, Lisa est en train de...
05:12Non, il m'a grillé.
05:13Tout de suite.
05:13Tout de suite, je vais vérifier.
05:15Ben voilà.
05:15Non, mais il y a...
05:16Avant d'avoir la réponse par Lisa, sauf si vous avez le...
05:19Non.
05:20Voilà.
05:21On est en train de regarder les chiffres précis, mais il y a juste une chose.
05:24Vous étiez avec nous la semaine dernière dans le forum, et c'était un sujet qui revient
05:28régulièrement dans le forum.
05:29Il s'est passé effectivement quelque chose.
05:31Et vous avez plein de patrons qui vous disent, alors c'est plus ou moins dit fortement,
05:34c'est plus ou moins dit avec plus d'énervement, etc.
05:36Mais ça rejoint un peu ce que dit Édouard Philippe ces derniers jours et encore aujourd'hui
05:40sur BFM TV.
05:41Il y a quelque chose.
05:42Il y a quelque chose qui est cassé.
05:43Il y a quelque chose qui a changé dans le rapport de certains au travail, parmi les plus
05:46jeunes notamment.
05:47Je ne saurais pas, moi, le quantifier, mais vous avez un certain nombre de patrons qui
05:50vous disent, dans ma boîte, il y a quelque chose qui a changé.
05:53Oui, mais entre les chiffres, c'est-à-dire la réalité, plus 10% en 5 ans, il me semble
06:01que c'est loin du ressenti des patrons qui ont le sentiment que c'est énorme.
06:06C'est loin de l'open bar.
06:08Mais honnêtement, c'est quand même très loin de l'open bar.
06:11Ensuite, que concrètement, quand on est patron, on puisse avoir le sentiment que son salarié
06:15il est moins engagé, corps et âme, dans son boulot.
06:21Ça, c'est vrai.
06:22C'est démontré par les études.
06:24Et c'est plurifactoriel.
06:27Mais un des facteurs, c'est que l'avenir qu'on leur montre n'est pas très glorieux.
06:32Que pour beaucoup, ils sont arrivés sur le marché du travail pendant la pandémie.
06:37Donc franchement, il fallait être accroché pour se dire qu'on allait avoir un travail qui
06:40nous plaît.
06:41Voilà, c'est plurifactoriel.
06:42Et peut-être autant mieux, au fond.
06:44Après, je voulais quand même dire qu'honnêtement, on a des outils aussi pour vérifier le bien
06:50fondé des arrêts maladie.
06:51Et moi, j'ai souvent été dans le cas où les entreprises ne voulaient pas demander
06:57de visite à la Sécurité sociale, alors que ça existe.
07:00Il n'y a pas nécessairement besoin de révolutionner le système.
07:02Il suffit d'appliquer ce qu'on a déjà à la maison et ça marcherait beaucoup mieux.
07:06On a la réponse sur la différence entre secteur public et secteur privé sur les
07:09arrêts maladie.
07:09J'aurais aimé des roulements de tambour, mais je ne les ai pas.
07:12Bon, fonction publique, merci Amélie.
07:1511,1 jours par agent.
07:19Secteur privé, 10,6 jours.
07:22Donc il y a 0,5 jours, donc une demi-journée des cas.
07:26Et ça s'explique beaucoup parce que ce sont des métiers dans lesquels les salariés
07:29sont plus âgés, des métiers hospitaliers où physiquement c'est contraignant, etc.
07:34Oui, il y a une différence, mais pas si dingue.
07:37Voilà la réponse de Lisa Adès.
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