00:00La sixième nuit consécutive de frappe et elle s'intensifie ces frappes, d'où votre édito international François Clémenceau, d
00:05'après la presse britannique.
00:06Vladimir Poutine aurait dit à un proche que s'il n'arrivait pas à ses buts de guerre dans le
00:11Donbass, il finirait par être pendu.
00:13Les mots sont forts. Est-ce que vous pensez vraiment que le président russe est menacé qu'il essaie de
00:18sauver sa peau ?
00:19C'est un peu difficile évidemment de répondre à cette question parce qu'on n'est pas dans sa tête,
00:23mais l'article de The Economist auquel vous faites allusion ne précise pas d'ailleurs quand il a prononcé cette
00:28phrase ni à qui.
00:30Mais ce qui est très palpable, en revanche, et on le voit depuis des semaines, c'est que la peur,
00:34elle existe vraiment,
00:36pas seulement au sein des élites russes, de son entourage, mais au sein même de la population.
00:40Ce qui était difficilement quantifiable il y a encore quelques années, mais qu'il l'est de plus en plus,
00:44parce que même le Kremlin aujourd'hui teste auprès de l'opinion, par des instituts de sondage, son état de
00:52fragilité.
00:52Et c'est vrai que très récemment, une officine proche du Kremlin a publié ce sondage qui montre que 55
00:58% des Russes,
00:59aujourd'hui, reconnaissent qu'ils sont inquiets par la situation.
01:03Et un autre institut de sondage plus indépendant qui s'appelle Levada dit que 57% estiment que la situation
01:08est tendue.
01:10Et ils mettent des mots sur ce que signifie cette tension.
01:13Ils disent qu'il y a la guerre, on a des pertes, il y a la peur de la mobilisation
01:20des jeunes pour partir sur le front,
01:22il y a les attaques de drones ukrainiens qui sont ressenties jusque dans l'intérieur de la Russie,
01:26et il y a aujourd'hui une incapacité à se projeter dans l'avenir.
01:29Et donc, quand vous regardez maintenant ces chiffres et cette inquiétude sur une carte,
01:35et que vous voyez à quel point aujourd'hui les points rouges que vous voyez,
01:39ce sont tous les lieux qui ont été visés par des attaques de missiles ou de drones ukrainiens,
01:46rien que cette année, rien qu'en 2026.
01:49Et vous voyez qu'il y a évidemment les zones proches du front ukrainien,
01:53c'est-à-dire l'arrière sur Belgorod ou sur Rostov ou sur Kursk.
01:58Mais vous avez Saint-Pétersbourg et Moscou qui sont désormais visés quasiment très régulièrement.
02:04Et puis ces points rouges que vous voyez sur la droite de l'écran,
02:07c'est qu'on se recule vers l'Oural, vers la Sibérie, vers des distances de plus en plus lointaines.
02:12Et ce n'est pas un hasard parce que c'est aussi là que Vladimir Poutine
02:15essaye de recruter ceux qui peuvent aller renforcer le front.
02:18On parle de 200 à 400 000 nouvelles recrues pour partir sur le front
02:23quand on sait que les services de renseignement estiment entre 20 et 30 minutes
02:29votre chance de survie ou de handicap dès lors que vous mettez le pied sur le front ukrainien.
02:34C'est tout ça qui effectivement constitue cette peur dont on parle dans l'article de The Economist.
02:39Est-ce que ça veut dire que Poutine a peur de son armée, de son entourage, du peuple ?
02:44On n'en sait rien, mais c'est évidemment un changement de réalité.
02:47Merci.
02:47Merci.
02:47Merci.
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