00:00Good morning business, la tribune politique.
00:04Alors, sois-y que l'ancien Premier ministre Edouard Balladur est mort hier,
00:07et vous nous dites que cette disparition est un symbole dans la campagne présidentielle qui s'amorce.
00:12Oui, tout à fait. Alors, l'ancien Premier ministre de François Mitterrand était âgé,
00:16on savait sa mort prochaine, mais sa disparition sonne comme une piqûre de rappel pour la droite et le centre.
00:21Pourquoi ? Parce que la présidentielle 1995 avait montré comment, dans un même camp,
00:26on peut se déchirer jusqu'à la mort politique.
00:29Longtemps après l'élection de Jacques Chirac, la droite s'est séparée entre les Chirakiens et les Balladuriens,
00:35du nom donc de cet ami de 30 ans qui avait choisi le défi à la présidentielle.
00:39Les Balladuriens avaient fini par prendre leur revanche en 2007,
00:43vous vous en souvenez, à l'occasion de l'élection de Nicolas Sarkozy, qui a salué hier un mentor.
00:48Alors, la présidentielle de 1995, ça nous ramène à un temps où le Front National réunissait 15% des voix
00:55et la gauche radicale représentée par le Parti communiste, 8% des suffrages.
01:00Alors, on est loin de l'étau formé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon,
01:03là, en 2027, qui en sert dans les sondages la droite et le centre,
01:07avec le risque d'un effacement de ceux qui nous gouvernent depuis 10 ans.
01:11Comment vous qualifieriez le leg d'Edouard Balladur ?
01:13Alors, les passages d'Edouard Balladur au ministère de l'économie lors de la première cohabitation
01:18ou à Matignon lors de la deuxième, resteront comme les deux grands moments libéraux français.
01:24On le compare alors à Reagan ou Thatcher, il multiplie les privatisations durant ces deux périodes,
01:30Saint-Gobain, Suez, Paris-Bas ou la Société Générale,
01:32puis Ron Poulenc et Elf quittent peu à peu le giron de l'État.
01:36Est-ce que l'un des candidats de la droite et du centre se réclame aujourd'hui de cet ancien
01:40Premier ministre ?
01:41Alors, il ne faudrait pas beaucoup forcer Gabriel Attal pour qu'il dépeigne Edouard Philippe,
01:46son rival avec qui les relations se tendent, en néo-balladurien.
01:49Mais en réalité, Edouard Philippe est bien plus étatiste que ne l'était le chantre de l'austérité.
01:54Puis ça fait de toute manière des années que personne ne se réclame plus vraiment d'Edouard Balladur.
01:58Pourquoi ? Pas sur le plan économique, mais parce qu'il était devenu le symbole de la déconnexion d'une
02:03caste politique avec le peuple
02:05quand le souvenir de Jacques Chirac est lui vénéré.
02:08Alors, dans cette campagne pour 2027, à part David Lysnard et un peu Bruno Rotaillot,
02:13personne ne se réclame non plus d'un libéralisme économique équivalent.
02:16Il faut se souvenir de la recette amère appliquée par Edouard Balladur,
02:20Premier ministre pourtant populaire pour redresser les finances publiques,
02:24forte augmentation de la CSG, hausse de plus de 8% de la taxe sur les carburants,
02:29gèle des salaires des fonctionnaires.
02:30Il avait aussi réformé les retraites en allongeant à 40 ans la durée de cotisation des salariés du privé.
02:36Alors, le 8 avril 1993, lors de son discours de politique générale,
02:41il avait assuré, je cite,
02:42« que la situation économique et sociale de la France est plus grave qu'aucune de celles qu'elle a
02:47connue depuis une quarantaine d'années ».
02:49Alors là, pour le coup, les prétendants à l'Elysée auront l'occasion de reprendre son discours.
02:54Merci à Soazic et Meneur.
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