00:00Je voulais vous faire écouter Marguerite Duras.
00:02Pourquoi ?
00:03Parce que ce que j'attends dans une campagne présidentielle,
00:07c'est justement pas cette petite tambouille.
00:10J'attends autre chose, un peu d'élévation, d'intelligence,
00:14de culture, d'intellectuel, une dimension intellectuelle.
00:19Et je suis tombé, mais ça, comment dire,
00:23c'est une interview de Marguerite Duras qui est sur les réseaux,
00:26vous l'avez peut-être vu, elle date de 85.
00:29Et elle parle de l'an 2000.
00:31D'ailleurs, vous allez entendre Michel Drucker,
00:32parce que c'est lui qui annonce l'an 2000.
00:36Comment sera-t-on en 2000 ?
00:37C'est il y a 41 ans.
00:38Et elle est visionnaire.
00:40Elle annonce ce monde où certains sont perdus
00:43tellement il y a d'infos, tellement il y a d'écrans,
00:46tellement ils ne savent plus...
00:49Il n'y a plus de solitude, il n'y a plus de lecture et ça.
00:52Elle le dit dix fois mieux que moi.
00:53Et c'est pourquoi je vous propose d'écouter Marguerite Duras
00:56avec ce lancement de Michel Drucker
00:58que je salue, parce que je sais qu'il nous écoute
01:00tous les matins, comme il écoute d'ailleurs
01:02toutes les chaînes d'infos.
01:04En même temps.
01:04Et en même temps.
01:06Truc Herr Duras, pas là-dessus.
01:08Les hommes ont toujours eu besoin de réponses,
01:10même si un jour elle s'avère fausse
01:12ou seulement provisoire.
01:14Alors en l'an 2000, où seront les réponses ?
01:19Il n'y aura plus que ça ?
01:23La demande sera-t-elle qu'il n'y aura plus que des réponses ?
01:29Tous les textes seront des réponses au somme.
01:34Je crois que l'homme sera littéralement noyé
01:44dans l'information.
01:49Dans une information constante.
01:56Sur son corps.
01:59Sur son devenir corporel.
02:02Sur sa santé.
02:05Sur sa vie familiale.
02:07Sur son salaire.
02:08Sur son loisir.
02:11C'est pas loin du cauchemar.
02:15Il n'y aura plus personne pour dire.
02:22Ils verront de la télévision.
02:26On aura des postes partout.
02:29Dans la cuisine, dans les water-closettes.
02:32Dans le bureau.
02:33Dans les rues.
02:37Et où sera-t-on ?
02:39Tandis qu'on regarde la télévision, où est-on ?
02:45On n'est pas seul.
02:49On ne voyagera plus.
02:50Ça ne sera plus la peine de voyager.
02:53Quand on peut faire le tour du monde en huit jours ou quinze jours.
02:57Pourquoi le faire ?
02:58Dans le voyage, il y a le temps du voyage.
03:01C'est pas voir vite.
03:02C'est voir et vivre en même temps.
03:06Vivre du voyage.
03:07Ça ne sera plus possible.
03:11Moi, j'aime bien.
03:13Non ?
03:13Ça ne vous fait pas réjouir ?
03:16Réfléchir, ça ne trouve aucun écho ?
03:19Marguerite Duraille, comme dirait Neuf.
03:22Pardon ?
03:22Marguerite Duraille, comme disait Neuf.
03:27Je trouve que s'il y a un enfoncement de porte ouverte qui est...
03:31On est en 85 ?
03:33Pas du tout.
03:33Mais si, même à l'époque, vous plaisantez, même à l'époque.
03:36Mais personne, mais...
03:37Mais pardon, même à l'époque.
03:38Même quelqu'un comme Marcel Julien pouvait le dire, il le disait dix mille fois mieux.
03:43Mais pas dix mille fois mieux.
03:44En étant plus créatif.
03:45Il y a le front anti-Marguerite Duraille.
03:46Non, pas Marguerite Duraille.
03:49Non, pas Duraille.
03:50Non, il y a déjà baladure.
03:51Pas Duraille.
03:52Non, franchement.
03:52Mais enfin, vous êtes horrible.
03:54Non, oui.
03:54Mais pourquoi vous parlez comme ça de Marguerite Duraille ?
03:57Non, monsieur.
03:57Je pense que c'est déprimant.
03:58Mais vous êtes vraiment des réacs conservateurs.
04:01Mais non, c'est l'air est un fleur, on dirait le Mekong, enfin, etc.
04:04C'est pas possible.
04:05Ah, ça ne vous intéresse pas, Marguerite Duraille ?
04:09Vous trouvez que c'est acheté à la poubelle ?
04:11Oui, aucun livre n'est acheté à la poubelle.
04:14Mais enfin, bon, c'est pas...
04:15Ah oui, c'est ça.
04:15Alors ça, vous me sidériez.
04:17Franchement, mais vous êtes vraiment...
04:18Vous êtes obtus, en fait.
04:20Mais non, ce qu'elle a fait de mieux, c'est ses livres.
04:23Mais ça, c'est formidable.
04:25Et encore.
04:26Elle annonce le meilleur livre.
04:27Elle annonce le meilleur livre.
04:29Le meilleur livre de Marguerite Duraille, c'est son amant André qui l'a écrit.
04:33Et voilà.
04:35C'est son meilleur livre.
04:36C'est son meilleur livre.
04:37Il est cruel, mais il est vrai.
04:38Je suis...
04:39Oui, il est vrai.
04:40Il a écrit l'amant, vous trouvez que c'est...
04:42Non.
04:43Son amant, l'amant de Marguerite Duras, a écrit le meilleur livre de Marguerite Duras.
04:46Voilà.
04:47Oui, mais l'amant, c'est un très bon livre, mais la vérité de Zurla...
04:49Non, vous ne comprenez pas.
04:50L'amant de Marguerite Duras, son amant.
04:52Oui.
04:52Voilà, son amant.
04:53Il s'appelait...
04:53Il a écrit un livre, qui est un livre remarquable.
04:55Ah oui, d'accord.
04:56Voilà.
04:57Exactement de la même manière.
04:58Oui.
04:58Mais il passe dedans une émotion qui n'est pas dans Marguerite Duras.
05:02Parce que vous n'êtes pas sensible à l'écriture de Marguerite Duras, et c'est ainsi,
05:05mais vous n'êtes pas obligé de la trucider comme ça.
05:08Vous avez le droit.
05:09La vérité sur Loewenstein, notamment, il y a plein de livres qui sont Le barrage du Pacifique,
05:15tout ça, c'est des très beaux livres.
05:17L'amant, évidemment, et tout ce qu'elle a écrit.
05:19Non, non, c'est très bien Marguerite Duras.
05:21Alors, Pierre Desproches disait...
05:23Elle n'a pas écrit que des conneries, elle en a filmé aussi, disait Pierre Desproches,
05:28parce qu'elle avait fait une Gatsong avec Depardieu, notamment, et Mickaël Lonsdale, je crois.
05:31C'est culotté de la part de Marguerite Duras.
05:33Moi, je trouve ça formidable.
05:34À la télévision, d'expliquer que 15 ans avant...
05:37Il y aura des écrans partout.
05:38Mais il y aura, la télévision sera partout, ce sera un cauchemar.
05:40Oui.
05:41Je trouve que c'est assez culotté.
05:42Eh bien, moi, je trouve ça formidable.
05:44Oui, vous êtes des ringards, mais c'est pas grave.
05:46Mais j'ai dit que c'est culotté.
05:49Pourquoi vous êtes des ringards ?
05:51Franchement, je trouve que c'est...
05:52Vous savez, vous me décevez, mais c'est pas grave.
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