00:00Europe 1, il y en aura pour tout le monde.
00:03Nous sommes le 1er septembre 2026 et ça y est, beaucoup de choses vont changer en France.
00:09Vous vous en doutez, si je vous parle de changement de prix, ça va rarement dans le bon sens.
00:13Regardez par exemple l'essence, vous vous souvenez de l'essence où tout le monde avait dit
00:15c'est la crise, le détroit d'Hormuz, tout ça, tout ça.
00:18Personne ne savait où se trouvait le détroit d'Hormuz avant qu'on en parle.
00:20Le détroit d'Hormuz, je suis honnête avec vous.
00:22Même moi je savais pas où c'était.
00:22Même Gauthier qui est le plus intelligent de la bande, vous lui auriez dit il y a 6 mois
00:25mets moi le détroit d'Hormuz sur une carte.
00:27Le plus intelligent de la bande, il a dit j'ai froid, passé composé.
00:32On va dire que c'est le plus intelligent de la bande mais qu'il a mis une petite pastille
00:35noire
00:35en haut de son nom parce qu'effectivement il nous a fait un j'ai froid, passé composé.
00:39Là il y a des tas de gens qui écoutent le rap 1 qui fait « Quel crétin ! »
00:45J'imagine si sa femme écoute en plus, elle qui est prof.
00:49Conte sur moi, j'enverrai l'extrait.
00:51Évidemment, notre prochain dîner, je passerai l'extrait.
00:54Donc je le disais, tout va augmenter.
00:56Je le disais, l'essence, on lui disait, ne vous inquiétez pas, ça va passer à 2 euros
01:00et ça redescendra, etc.
01:01Non, en fait, tous les gens qui prennent du gasoil, ça ne baissera.
01:05Ça ne redescendra jamais sous les 2 euros.
01:07Ça vivote à 2,2 euros, 10.
01:09Mais ça ne redescendra plus parce que maintenant il faut vendre des voitures électriques.
01:12Donc l'essence ne redescendra pas.
01:14Alors tout ce qui augmente, Marc Toitit avec nous au téléphone.
01:17Bonjour Marc, comment ça va ?
01:18Bonjour, très bien et vous, tout va bien ?
01:20Magnifique, bienvenue sur Europe.
01:21Mieux que la France, j'espère.
01:23Ma dette est inférieure en tout cas.
01:27Si ça peut vous rassurer, j'ai quelques emprunts, mais je ne suis pas à 3 400 milliards.
01:32Donc ça va, économiste Marc Toitit.
01:35On le retrouve tous les matins, entre autres, dans Europe 1 matin avec Dimitri Pavlenko.
01:39Alors, je le disais, il y a beaucoup de choses qui vont augmenter.
01:41Je vous donne les catégories et vous vous baladez là-dedans, d'accord ?
01:44D'accord, pas trop lève.
01:45À les prix du gaz ?
01:47Ah bah oui, là, c'est le pire, j'ai envie de dire, 5,6% d'augmentation.
01:51C'est l'impression que tous les mois.
01:51C'est vrai que...
01:52C'est tous les ans.
01:53C'est ça, alors.
01:53Ce qui est amusant, c'est que, là, on dit oui, c'est à cause de la guerre en Iran,
01:57les droits d'Orbouze, etc.
01:58Mais enfin, quand même, en un an, le prix du gaz, le mégawatt-heure, est passé de 138 euros
02:02à 172 euros.
02:04C'est-à-dire que ça va être un coût pour une famille de deux enfants, un surcoût annuel
02:08d'environ 100 euros.
02:09Donc, c'est ça, le gros problème, c'est que, évidemment, ça dépasse largement.
02:12Et vous l'avez dit tout à l'heure, on a la même chose sur l'essence.
02:15C'est-à-dire que, quand les prix, évidemment, ont tendance à augmenter, alors là, ça fait
02:20répercuter instantanément sur les prix à la pompe.
02:22Et par contre, là, on a eu, par exemple, au mois de juin, les coûts internationaux qui ont
02:25baissé.
02:26Il y a eu très peu de répercussions sur les prix à la pompe.
02:28Et là, malheureusement, une nouvelle mauvaise nouvelle qui vient d'arriver depuis quelques
02:32jours, c'est que là, ça y est, le baril, au niveau mondial, est en train de repartir
02:35à la hausse.
02:36Là, ce matin, on est à 93 dollars le baril.
02:38Donc, ce qui veut dire, je suis désolé de casser l'ambiance, c'est-à-dire que les
02:41prix à la pompe, qui n'ont déjà pas beaucoup baissé, vont encore repartir, malheureusement,
02:45Mais Marc, si j'essaie de comprendre, si quand il est à plus de 100 dollars le baril, ça
02:48monte, si quand il est à 85, ça ne descend pas, et si quand il est à 90, ça remonte,
02:53c'est-à-dire qu'en fait, ça ne s'arrêtera jamais.
02:55C'est ça, c'est ça le drame.
02:56C'est-à-dire qu'il y a encore ça, encore une fois, le pétrole a bon dos, c'est
03:00-à-dire
03:00qu'il y a tous les prix également qui augmentent, par exemple l'alimentation.
03:03On nous a dit dernièrement, ne vous inquiétez pas, les prix de l'alimentation vont baisser,
03:07il y a des grandes chaînes de magasins, on ne va pas donner de nom, grands distributeurs
03:10qui ont dit, oui, c'est bon, les prix de l'alimentation, ça baisse, tout va bien.
03:13Pas du tout.
03:14C'est-à-dire que sur les six derniers mois, ça a augmenté de 1,8%.
03:17Ce qui veut dire que, imaginez, depuis janvier 2021, 26% de hausse des prix de l'alimentation
03:24en France, sur les prix de la consommation. C'est énorme.
03:26Il n'y a pas de salaire qui a augmenté de 26%.
03:28Non, mais surtout, je vais revenir sur ce que, par exemple, un truc qu'on sait tous,
03:32c'est que la nourriture ne cesse d'augmenter, etc.
03:35On dit aux gens, il faut mieux manger, essayez de manger bio, évitez les trop sucrés, trop salés.
03:39Sauf que si on veut aujourd'hui bien manger pour une famille qui gagne correctement sa vie,
03:44mais qui voit tout augmenter, sauf le salaire, et à un moment donné, bien manger
03:49devient de plus en plus compliqué.
03:50C'est-à-dire qu'en gros, on se dirige vers la malbouffe,
03:52les pizzas à 60 centimes d'euros, avec du sel, avec du sucre,
03:56et des enfants qui vont tous devenir gros.
03:57Enfin, pardon, mais j'exagère un peu, mais je ne suis pas loin.
04:00C'est ça. Et puis, le drame aussi, c'est que, malheureusement,
04:03on a aujourd'hui ces prix de l'alimentation qui augmentent.
04:07Et bien entendu, c'est là où, si vous voulez, il y a une opposition entre l'inflation qu'on
04:11affiche,
04:11parce que là, l'inflation, elle est affichée à 2,4-2,7%.
04:14Donc, c'est vrai que ça paraît beaucoup, mais par rapport à la réalité du quotidien,
04:17c'est beaucoup plus, en fait.
04:19Donc, c'est comme la météo, si vous voulez, il y a la différence entre les températures affichées
04:22et puis les températures ressenties.
04:23Ce n'est pas avec l'inflation, c'est-à-dire qu'affichée, on est à 2,4-2,7%,
04:27mais sauf que c'est une moyenne.
04:28Par contre, quels sont les prix qui augmentent le plus ?
04:30C'est l'alimentation, c'est l'énergie, c'est le gaz, c'est l'essence, etc.
04:34Et Marc, si je ne dis pas de bêtises,
04:36si je ne dis pas de bêtises, tous les prix qui ont augmenté ces deux dernières années,
04:39où à un moment donné, on nous disait, bon, allez, l'inflation, ça y est, c'est réglé.
04:41Par contre, ça n'a jamais redescendu.
04:43C'est-à-dire le chocolat, les pâtes, les oeufs.
04:46C'est ça l'arnaque, si vous voulez.
04:47C'est qu'effectivement, quand les prix augmentent,
04:50on a évidemment une répercussion sur les prix de vente.
04:53Et puis moi, je peux vous dire, les prix en chocolat,
04:55les prix ont baissé au niveau international.
04:58Il y a d'autres tarifs qui ont baissé, le sucre, etc.
05:01Et puis finalement, les prix des produits qu'on a fait dans le magasin n'ont pas baissé.
05:04Mais alors pourquoi ?
05:05Si on veut comprendre pourquoi, mais vraiment le plus simplement du monde,
05:09dans ce cas-là, pourquoi si ça baisse un peu partout ou pas là ?
05:12Malheureusement, il y a deux effets.
05:13C'est qu'il y a certains qui continuent à s'en mettre par les poches.
05:16C'est ça ?
05:17Les distributeurs, c'est ça le vrai enjeu.
05:22Et puis après, il y a un autre problème.
05:23C'est que quand il y a des prix qui augmentent,
05:26il y a donc des acheteurs qui augmentent leur stock.
05:29Et ensuite, même si les prix baissent,
05:31ils veulent vendre au prix auquel ils ont acheté leur stock.
05:34Donc, ils ne répercutent pas, si vous voulez, sur les prix de vente.
05:36Très rapidement, Marc, il nous reste une minute.
05:38La fast fashion, c'est encore un nouveau malus ?
05:41Oui, ça aussi, on touche sur la clé du pouvoir d'achat en France.
05:46Et malheureusement, pour beaucoup de ménages français, ils n'ont pas le choix.
05:49Ils voudraient bien faire autrement acheter des grandes marques, etc.
05:54Mais ils n'ont pas le choix.
05:55Mécaniquement, comme il n'y a pas un pendant, on va dire, français,
05:58à bas prix, bien évidemment, ça va être une augmentation de l'inflation
06:03et donc une baisse du pouvoir d'achat pour les ménages.
06:05Donc, c'est ça qui aujourd'hui est dramatique,
06:07c'est qu'on n'a plus d'industrie en France, on ne produit plus.
06:10Donc, on est des consommateurs, ça c'est vrai,
06:13mais par contre, malheureusement, on ne produit de moins en moins,
06:16voire pas du tout, ou alors à des prix très élevés.
06:18Et donc, c'est vrai qu'il y a beaucoup de Français qui n'ont pas le choix.
06:20Ce n'est pas qu'ils ne sont pas patriotes ou ce que vous voulez,
06:22c'est qu'ils n'ont pas le choix d'acheter parce que, justement,
06:24ils n'ont pas le revenu qui va aller.
06:25Donc, c'est ça, aujourd'hui, le vrai drame.
06:28Et donc, la solution existe parce qu'il y a un peu d'espoir.
06:30Il y a une solution qui serait, justement, de baisser les charges qui passent sur les salaires.
06:33Et là, les salaires pourraient augmenter, on pourrait consommer davantage,
06:36et peut-être mieux, et peut-être français, etc.
06:38Question rapide de piètre.
06:39Il n'y a aucun courage.
06:40Question rapide.
06:40Non, je disais juste qu'on ne le fait pas.
06:42Je disais juste, heureusement qu'on a le chèque rentré
06:43pour pouvoir acheter des télés et des trucs comme ça.
06:46Oui, voilà, c'est ça.
06:47Mais, vous savez, le gros problème des aides à la consommation,
06:50c'est que, non, je termine.
06:52Quand, par exemple, je vous donne, si je vous donne vacuaux et je vous donne 100 euros.
06:55Oui, je vous dis merci.
06:56Déjà, je vous dis merci.
06:58Avec plaisir.
06:58Avec plaisir.
06:59Mais, en moyenne, vous allez déjà épargner 20.
07:01Donc, il va vous rester à peu près 80.
07:03Et sur les 80 qui vont vous rester,
07:05vous allez acheter des produits étrangers pour 50.
07:08Donc, ça veut dire que je vous ai donné 100,
07:10mais ce qui va revenir, on va dire, à l'économie française,
07:12c'est que 30.
07:13Donc, c'est ça le problème des aides à la consommation.
07:15Vous voyez, il faut aider l'ensemble de l'économie.
07:18Donc, voilà, des combien j'en ai besoin, mais ça ne suffit pas.
07:20Marc, en une minute.
07:22En une minute, Marc.
07:23Vous êtes content que les élèves de 4e, maintenant, depuis cette année,
07:26vont avoir des cours d'éducation financière ?
07:27Ah oui.
07:28Ah bah oui, c'est génial.
07:29Sauf que le problème, c'est qui va écrire les bouquins ?
07:31Ah bah, Bruno Benz.
07:34Écoutez, vous n'avez qu'à les écrire.
07:36Vous n'avez qu'à les écrire.
07:37Parce que, quand vous regardez, moi, j'étais prof à la fac,
07:40je donnais des cours à des profs de lycée.
07:42Quand vous regardez les livres de lycée,
07:44Marc, il faut y aller, on n'a plus le temps, Marc.
07:45C'est des tracts politiques.
07:47Donc, voilà, ça dépend qui écrit le bouquin, quoi.
07:48Mais sinon, oui.
07:49Merci, Marc.
07:50Marc Toiti, vous le retrouverez le matin avec Dimitri Pavlenko sur Europe 1.
07:53Merci, Marc.