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  • il y a 5 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:01Générique
00:08Le Rassemblement National a provoqué polémiques et débats avec son projet d'interdiction du voile sur la voie publique assortie
00:14d'une amende pour les contrevenants.
00:15S'il parvient à l'Elysée, s'il parvient à prendre le pouvoir numéro 1 des Républicains, candidat à l
00:20'élection présidentielle, Bruno Retailleau n'y voit ni plus ni moins que de la démagogie.
00:25C'est un slogan, le Rassemblement National brandit des slogans dont il sait très bien qu'ils sont inapplicables.
00:31Juridiquement, il y a un problème. Si vous interdisez le voile, alors il faut interdire la kippa, il faut interdire
00:36aux religieuses, si j'ose dire, de se couvrir les cheveux.
00:39Est-ce qu'on va demain mobiliser les policiers et les gendarmes ?
00:41Vous êtes en train de dire qu'ils mentent sciemment aux Français en mettant ça sur la table.
00:44Mais c'est du populisme, c'est de la démagogie.
00:47– Jérôme Sainte-Marie, bonsoir. Vous êtes président de l'institut de sondage Pauline Vox et conseiller du Rassemblement National.
00:56Même le candidat de la droite, Bruno Retailleau, trouve cela inapplicable et populiste.
01:02Pourquoi avoir proposé cette mesure une nouvelle fois ?
01:05– Excusez-moi, M. Retailleau est peut-être candidat des LR, en tout cas il souhaite l'être,
01:09mais il est d'abord l'ancien ministre des gouvernements Macron.
01:13Il faut quand même voir d'où parle M. Retailleau, et c'est le probable soutien d'un candidat,
01:19comme on dit, du Bloc central.
01:20Donc M. Retailleau, si vous voulez, lui aujourd'hui a beaucoup plus parti lié au pouvoir en place
01:26qu'il ne l'a à l'opposition et à la force d'alternance que nous représentons.
01:31Eh bien il est embarrassé, il est embarrassé aussi parce qu'il a été ministre de l'Intérieur
01:34et qu'il n'a pas fait ce qu'il s'était engagé à faire.
01:37Il est embarrassé parce qu'il va devoir, s'il se présente devant les Français,
01:41assumer un bilan catastrophique, y compris dans le sujet qui nous intéresse aujourd'hui,
01:45c'est-à-dire la lutte contre les idéologies islamistes
01:48et l'emprise qui se développe de la part de ces organisations sur une partie de la population.
01:52– Et pourquoi le RN semble se rediaboliser à huit mois du premier tour ?
01:57– Alors le RN ne s'est jamais diabolisé, donc il ne va pas se rediaboliser.
02:01C'est les autres qui diabolisent, si vous voulez,
02:04dans une logique d'ailleurs sémantique absolument hallucinante.
02:07Donc nous, simplement, nous défendons un point de vue, comme d'habitude,
02:11qui correspond à l'équilibre de la société française,
02:14qui est tout simplement majoritaire,
02:16et on s'affronte à des forces politiques, comment dirais-je, sur le déclin.
02:20– Mais on a senti quand même que Jordan Bardella était plus prudent que M. Tanguy,
02:25celui qui a remis cette proposition sur la table.
02:28Il dit, attendez, on ne fera pas la police du vêtement,
02:31et puis c'est de toute façon un référendum qui tranchera la question.
02:33Il y a divergence au sein du RN ?
02:35– Non, je crois que Jean-Philippe Tanguy a simplement répondu à une question,
02:39d'ailleurs sur un plateau de BFM TV, me semble-t-il,
02:41et qu'ensuite, Jordan Bardella a bien précisé, si vous voulez, le calendrier.
02:46Il s'agit d'abord de gagner l'élection présidentielle
02:49et les élections législatives qui suivront,
02:51et ensuite il y aura un référendum sur l'immigration,
02:54et il y aura un référendum distinct sur les différentes formes de lutte
02:59contre les idéologies islamistes.
03:01Je précise une dernière chose, c'est que nous sommes tellement d'accord
03:03qu'en réalité, nous nous inspirons tous d'une proposition de loi
03:07déposée en 2021 par Marine Le Pen,
03:10dans laquelle il y avait une trentaine, il y avait 39 articles,
03:13mais une trentaine d'articles, comment dirais-je, politiques, précis,
03:16et parmi ces différents articles, il y en avait un, l'article 10,
03:19qui portait sur cette question du voile.
03:21Mais c'est tout un dispositif de lutte contre ce phénomène extrêmement inquiétant
03:25qui est la diffusion des idéologies islamistes.
03:27– Pourquoi Jonas Haddad, bonsoir, pourquoi votre candidat Bruno Retailleau
03:31est aussi sévère avec une mesure qui fait débat ?
03:35Gabriel Attal lui-même avait émis l'idée d'interdire le port du voile
03:40dans l'espace public au moins de 15 ans.
03:42Bruno Retailleau, lui, veut l'interdire dans les compétitions sportives,
03:46veut l'interdire également dans les sorties scolaires,
03:48vous n'êtes pas si éloigné de ce que propose l'ERN ?
03:51– Si, parce que, si vous voulez, notre analyse, c'est dire que l'islamisation,
03:55c'est trop grave pour être incompétent ou démagogique.
03:58Et ce n'est pas parce qu'on met une cravate qu'on a bien travaillé son dossier.
04:03– Vous pensez que vous n'avez pas de cravate ?
04:04– Exactement, vous avez vu, et je ne suis pas barbu.
04:06Il y a des règles en France, et ces règles sont très simples.
04:09Il y a la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
04:12il y a la Convention européenne des droits de l'homme,
04:14et puis, il y a le bloc de constitutionnalité qui interdit toute discrimination.
04:18C'est-à-dire que vous ne pouvez pas interdire un signe religieux.
04:22Si vous devez interdire les signes religieux, vous les interdisez tous.
04:26– Donc la kippa, par exemple, une grande croix ?
04:28– Donc une grande croix, lorsque vous êtes un accompagnateur scolaire,
04:32une grande croix lorsque vous êtes dans une compétition sportive,
04:35une grosse kippa lorsque vous êtes potentiellement à l'université,
04:39c'est parfaitement légal.
04:41Mais ce qui est très curieux de la part du Rassemblement national,
04:45c'est de venir à quelques mois d'une élection présidentielle majeure
04:49dans laquelle l'islamisation de notre pays est une question cruciale,
04:54avec de telles réponses.
04:56Finalement, ce qu'on dit, c'est que le Rassemblement national,
04:59parfois, pose les bonnes questions, mais apporte les mauvaises réponses.
05:02– Est-ce que le voile vous dérange ?
05:04– Moi, le voile me dérange, parce qu'il y a des millions de femmes dans le monde
05:08qui se battent pour pouvoir avoir le choix de pouvoir l'enlever.
05:11Et lorsque vous êtes dans une ville et qu'une majorité vous impose de devoir porter le voile,
05:17ou lorsque vous êtes finalement dans un système scolaire ou dans une compétition sportive
05:23et qu'on vous impose de porter le voile,
05:25bien évidemment que la contrainte me dérange.
05:27C'est la raison pour laquelle, sur votre plateau, je l'annonce également,
05:30nous, nous nous prononçons contre le voilement des fillettes.
05:33– Pourquoi ? – Et comment vous ferez ?
05:35– Parce qu'il y a une... Mais c'est très simple,
05:37on pose une date, un âge maximal.
05:40– Quel âge ?
05:42– Je pense que c'est plutôt le minorat ou le majorat,
05:44autour de 18, de 15 ans, c'est-à-dire que vous avez la capacité de vous voiler ou pas,
05:48mais on le posera sur tous les signes religieux.
05:51On ne peut pas imposer à quelqu'un de devoir...
05:53– Comment vous l'appréciez ?
05:53– C'est très simple, c'est la loi qui le tranchera.
05:57– Un jeune garçon n'aura plus le droit de porter une kippa dans la rue, c'est ça ?
06:00– Et là-dessus, ça veut dire qu'il n'y aura pas de discrimination.
06:01Dès qu'il y a contrainte, c'est ça la question.
06:04La question, c'est la question de la contrainte.
06:05Et je suis très étonné...
06:06– Pardon, vous demanderez donc au policier de vérifier l'âge
06:09de celles qui portent un voile dans la rue, ça ne va pas non plus être simple ?
06:15– Si, c'est assez simple, c'est de la même façon qu'il y a un contrôle d'identité,
06:18pour savoir si vous avez votre pièce d'identité ou pas,
06:21c'est tout aussi simple de pouvoir le faire.
06:23– Comment il va faire le policier, pardon ?
06:24Je voudrais concrètement comment ça va se faire.
06:26– Le policier, il arrive et il voit si la personne est par exemple sous contrainte,
06:30je vous prends l'exemple d'une fille qui a 5 ou 6 ans,
06:33si on voit une fille qui a 5 ou 6 ans, qui est avec son papa dans la main
06:37et qu'on voit qu'elle a un poil, par un moment, on va poser la question.
06:41– Vous faites quoi derrière ?
06:41– Ce sera au législateur de déterminer le fait de savoir s'il y a contrainte ou pas.
06:46Je terminerai juste là-dessus peut-être parce que c'est important.
06:49Je pensais que le RN avait bossé.
06:51Franchement, je vous le disais, parce que je pensais que Marine Le Pen
06:53ne viendrait pas au prochain débat présidentiel,
06:56avec des énormes classeurs dans lesquels elle se pose la question
06:59de savoir ce qu'elle doit dire ou ce qu'elle ne doit pas dire.
07:01Mais vraiment, quelle impréparation sur un sujet qui, pour nous,
07:04est stratégique et décisif.
07:07– Je vais répondre à cela.
07:09Vous savez très bien qu'il y a eu une proposition de loi
07:11qui date de 2021, qui est extrêmement détaillée.
07:14Nos propositions peuvent très bien vous déplaire,
07:16mais elles sont profondément travaillées.
07:18– Mais est-ce qu'elle a été votée, M. Sainte-Marie ?
07:20– Attendez, vous parlez du fait qu'est-ce que c'est préparé ou pas.
07:23– Moi aussi, je peux préparer un projet de mars.
07:26– Je vous rappelle qu'en 2021, notre groupe parlementaire
07:29était des plus réduits. Nous n'avions pas, tout simplement.
07:31Mais ce travail avait été fait, ce travail parlementaire,
07:34tout cela est actuellement préparé.
07:35Je vous précise par ailleurs, c'est extrêmement important de le dire,
07:38c'est qu'il s'agit bien d'une proposition de loi
07:42qui porte sur la lutte contre ce phénomène très particulier
07:45qui, avant d'atteindre la France, a ravagé de très nombreux pays arabes,
07:50d'ailleurs, qui ont lutté contre cela, y compris sur le plan vestimentaire.
07:54– Mais M. C'est faux !
07:54– M. Bourguiba, c'est la Syrie, c'est tout cela.
07:56– M. C'est pas vrai, dites aux téléspectateurs,
07:59en Turquie, par exemple, on a interdit…
08:01– Je n'ai pas prononcé le mot « Turquie »
08:02– Ou en Tunisie, vous voyez par exemple la Tunisie, je connais bien…
08:05– Vous avez parlé des réformes de M. Bourguiba.
08:08– Est-ce que vous connaissez votre histoire tunisienne ?
08:10Parce que Bourguiba, il se trouve que mon grand-père vient de Tunisie,
08:13et à l'époque, il avait interdit l'ensemble des signes religieux,
08:16pas comme vous, et il l'avait interdit uniquement à l'université,
08:19pas dans l'espace public.
08:20– Et à votre avis, il visait quel phénomène, à votre avis, M. Bourguiba ?
08:25Il interdit les signes religieux ?
08:26Il visait, bien entendu, ce qu'était à l'époque le wahhabisme,
08:30devenu le salafisme, et qui est en fait trompé.
08:32– Le wahhabisme et le salafisme en Tunisie ?
08:34– Waouh !
08:36– Ça n'a pas bossé cet été-là !
08:37– Mais évidemment, ne prenez pas comme cela !
08:40– Il n'y avait pas de salafisme au moment de Bourguiba !
08:44– Ben non, ce n'est pas vrai !
08:45– On ne va pas refaire l'histoire de l'État !
08:46– Non mais attendez, les gars, que le doigt à Z, ça ne va pas !
08:48– Vous savez très bien quelles influences, y compris financières,
08:50sont déployées dans les pays arabes, dans les pays du Maghreb,
08:53pour déstabiliser ces questions.
08:54– Charles Rodouel, vous vouliez réagir, vous êtes député ensemble
08:57pour la République des Yvines.
08:58Comment vous vous positionnez, justement, chez vous ?
09:00Alors, dans le bloc central, il y a plusieurs candidats,
09:02donc on sait que Gabriel Attal, par exemple,
09:05est pour l'interdiction pour les mineurs,
09:07je ne sais pas s'il l'est toujours, mais enfin, il l'avait dit.
09:08– À nous, la position de notre mouvement politique est très claire,
09:12l'interdiction du voile pour les mineurs de moins de 15 ans
09:14au nom du principe constitutionnel de protection de l'enfance.
09:16La ligne est très claire.
09:18– Pour protéger les enfants.
09:19– Par contre, moi, je me demande vraiment,
09:21en fait, le but réel de la manœuvre,
09:22c'est-à-dire que le RN vient de passer une très sale semaine
09:24en matière économique, avec le conseil économique du Rassemblement National
09:27qui quitte la campagne, une très sale semaine sur les retraites,
09:29on ne comprend toujours pas s'il veut 60, 62 ans,
09:32et du coup, moi, je vois un peu cette polémique
09:34qui a allumé comme un contre-feu médiatique,
09:36parce que, si je reprends juste très rapidement les déclarations,
09:39Jean-Philippe Tanguy, 18h30 dimanche, dit
09:41« Je veux une amende sur le voile ».
09:44Andréa Cotarec, le lendemain, à 10h,
09:46même pas 24h après, le lendemain à 10h,
09:48dit « Je ne veux pas d'amende ».
09:50Quelques heures après, à 14h, toujours lundi,
09:52Jordan Bardala dit « Bon, on le fera peut-être par référendum ».
09:54Donc, en fait, à part…
09:55– Ce n'est pas du tout, c'est assez, mais enfin, je vous laisserai continuer.
09:57– À part, honnêtement, tabasser médiatiquement
09:59les Français qui sont de culte musulmans dans notre pays
10:02pour détourner le regard de la très seule semaine
10:04que vous venez de passer,
10:06j'ai du mal à comprendre le but de la manœuvre,
10:07sachant qu'on voit bien, et je rejoins Jonas Haddad là-dessus,
10:10c'est qu'en fait, vous n'avez pas bossé votre proposition.
10:12Donc, plutôt que de stigmatiser, comme vous le faites,
10:13faites des propositions concrètes.
10:15Nous, notre proposition, elle est très concrète.
10:17Nous voulons interdire le voile pour les mineurs de moins de 15 ans
10:20au nom de la protection de l'enfance.
10:21– Et comment vous faites aux filles ?
10:22– Comme Jonas Haddad vient de le formuler.
10:26– Des policiers dans la rue.
10:27– Voilà.
10:28– Verbalisation.
10:28– Verbalisation, vous interpellez une jeune fille de 13-14 ans.
10:33– Mais on applique tout simplement la réplique.
10:35– Non mais comment vous faites concrètement ?
10:35– Donc, c'est-à-dire que vous avez une verbalisation,
10:37on contrôle si cette personne a plus ou moins de 15 ans.
10:39– Et ensuite, vous l'emmenez au commissariat ?
10:40Ou vous lui dites, dévoilez-vous ?
10:42– Pour le coup, c'est une contravention forfaitaire.
10:44Je crois que c'est un sujet qui est complètement simple pour le coup.
10:47– Je voudrais rebondir, Marie-Chantret,
10:48– Je voudrais rebondir, pardon, avant de vous donner la parole,
10:51François Pigman, mais sur, effectivement,
10:53y a-t-il un problème au sein du RN ?
10:55Est-ce qu'on voit qu'il y a, effectivement, une divergence de point de vue
10:59sur cette question-là ?
11:00Puisque, comme le rappelait le député Rodwell,
11:03tout le monde n'a pas dit la même chose depuis 24 heures.
11:04– C'est le moins qu'on puisse dire.
11:05– La sémantique, en effet, n'est pas la même
11:07dans la bouche des uns et des autres.
11:09Mais sur le fond, on se retrouve plutôt…
11:11La question était de savoir, sur la sortie de Jean-Philippe Tanguy-Dimanchoir,
11:15s'il y avait eu une sortie de route.
11:17Sauf que, très vite, on comprend que la sortie
11:19et la proposition avaient déjà été faites,
11:21notamment au début de l'été,
11:22avec les incendies, c'était passé un peu…
11:25– Elle était dans le programme présidentiel de Marine Le Pen en 2022 ?
11:28– Absolument.
11:29Après, en effet, sur la manière de la présenter,
11:32sur l'application aussi,
11:34quand il compare des amendes,
11:36quand on met à des gens qui ne portent pas leur ceinture de sécurité,
11:38ça peut être l'explication
11:41et la suite,
11:43manquer peut-être un peu de vigueur
11:44et manquer un peu de force.
11:46C'est le moins qu'on puisse dire.
11:48Après, effectivement, rabrouer, je ne sais pas.
11:50Encore une fois, c'est vrai que sur les mots,
11:51et la police du vêtement dans la bouche de Jordan Bardella,
11:54hier après-midi,
11:55à l'occasion du bureau exécutif,
11:57a pu interroger.
11:58Après, ce que l'on assume parfaitement
12:00au sein du parti de Marine Le Pen,
12:01c'est de rappeler des marqueurs,
12:04des marqueurs électoraux,
12:05que sont aujourd'hui ceux du Rassemblement National.
12:08Vous avez parlé de l'économie,
12:09sur laquelle, là, on pourra aussi débattre,
12:13mais ça fait partie, en effet,
12:15des grandes propositions, des grands textes,
12:18qui ont toujours fait partie du programme de Marine Le Pen.
12:21Vous inquiétez pas, M. Picma,
12:22vous allez avoir la parole,
12:22mais simplement, sur les contradictions,
12:24là, la campagne ne fait...
12:25Enfin, c'est la rentrée, ça fait commencer.
12:27Il va falloir tenir le cap pour Rassemblement National.
12:29Parce que si, tout de suite, on montre la désunion,
12:31que ce soit sur le voile ou sur les retraites,
12:34ça va être compliqué, quoi.
12:35Il n'y a pas eu de désunion.
12:35Oui, et il faut que le Rassemblement National
12:40apprenne de ces erreurs passées.
12:42Par exemple, pendant la campagne des législatives de 2024,
12:46ils se sont pris les pieds dans le tapis plusieurs fois
12:48sur une forme d'amateurisme dans le choix des candidats
12:51et sur certaines propositions
12:52qui n'avaient pas été assez discutées en interne.
12:55Je pense, par exemple, à la proposition, là aussi polémique,
12:58d'interdire certains postes sensibles aux binationaux.
13:01Quand Jordan Bardella a énoncé ça,
13:03certains, au sein du parti du RN, l'ont découvert,
13:06d'autres ont dit n'importe quoi,
13:07comme M. Chudot, en disant que, par exemple,
13:10Mme Najat Balobel-Kacem n'aurait donc pas dû être ministre
13:13puisque binationale franco-maropéenne, etc.
13:15Ça a créé une grosse polémique.
13:16Et donc, on voit bien que parfois,
13:17le Rassemblement National n'a pas assez travaillé
13:21certaines mesures.
13:21Ce sont des questions très sensibles.
13:22Voilà, et passe un peu pour un parti
13:24qui manque encore de sérieux
13:25sur des sujets extrêmement polémiques.
13:28Alors, c'est quelque chose qu'il tente de travailler,
13:30notamment Jordan Bardella.
13:32Il est censé avoir resserré les liens.
13:34Les députés, notamment les nouveaux,
13:36parce qu'il y a eu une avalanche de nouveaux députés
13:38au sein du Rassemblement National,
13:40ont été formés par des cadres.
13:44C'est vraiment un élément sur lequel, aujourd'hui,
13:46ils essaient de progresser.
13:47Est-ce qu'il n'y a pas deux clans,
13:48les marinistes et les bardellistes, si j'ose dire ?
13:51Il y a des nuances.
13:52Philippe Tanguy étant proche de Marine Le Pen.
13:54Tout à fait.
13:55Jordan Bardella n'a pas exactement
13:56la même position sur le voile.
13:58Il trouve que c'est quand même
13:58beaucoup d'ennuis et d'embarras en question,
14:02en termes d'applicabilité.
14:03Et il a des doutes et d'autres
14:04au sein du Rassemblement National
14:06sur les retraites aussi.
14:07Il estime que Marine Le Pen est trop à gauche.
14:25C'est bien.
14:28d'islamophobie, d'atmosphère.
14:30J'ai bien écouté les uns et les autres.
14:32C'est à qui sera le plus islamophobe ?
14:34Et M. Rotaillot, je rappelle que le 26 mars 2025,
14:39il déclarait ceci.
14:41« Abat le voile ».
14:41Dans le sport.
14:42Donc, abat le voile.
14:43Non, mais soyez transparents.
14:44M. Haddad, M. Haddad,
14:46c'est dans le sport.
14:46M. Haddad, je vous ai...
14:47C'est pas de fake news.
14:48J'ai souffert de vous écouter.
14:50Abat le voile.
14:50Dans le sport.
14:51Abat le voile.
14:52Dans le sport.
14:52Voilà les mots de M. Rotaillot.
14:57Dans le sport, je peux continuer.
15:00Toutes celles et ceux qui ont permis aujourd'hui
15:02le Rassemblement national
15:03de faire une proposition aussi liberticide
15:05qui contrevient aux droits fondamentaux,
15:08aux libertés publiques
15:09et notamment à la loi de 1905
15:11que vous ne semblez pas connaître.
15:13Parce que les propositions que vous faites
15:15de la contrainte des signes religieux
15:17qui seraient portés par les uns et les autres,
15:18vous savez qu'il y a un article de la loi de 1905
15:20qui régit cela.
15:22Vous savez quel est cet article, je suppose ?
15:24Quel est cet article ?
15:25Vous connaissez cet article ?
15:28C'est l'article 31.
15:30Et vu que M. Rodouel ne le connaît pas,
15:34je vais vous lire ce que dit cet article.
15:36M. Rodouel, si vous le souhaitez,
15:37je vous le dise puisque vous semblez l'ignorer.
15:39Article 31 qui punit d'une amende la contrainte
15:42soit par voie de fait, violence ou menace
15:44contre un individu pour l'amener à exercer
15:47ou s'abstenir d'exercer un culte.
15:50La loi protège la liberté de conscience.
15:52Elle ne la réprime pas.
15:53Ce que vous voulez faire, c'est une attaque
15:55sur la loi de 1905
15:56qui est garant de notre République.
15:58Et les seuls aujourd'hui qui tiennent la ligne,
16:01qui font un barrage face aux discriminations,
16:04face à la stigmatisation pour nos concitoyens musulmans,
16:08moi je suis pour la liberté de croire
16:10et de ne pas croire quelle que soit votre religion.
16:12Que vous soyez juif, catholique,
16:14protestant, musulman, que vous soyez athée.
16:16Et de se vêtir en fonction.
16:17– Tant que ce n'est pas contraint.
16:19– Donc vous êtes pour le voilement des fillettes.
16:20– Mais je suis contre aussi qu'on impose des kippahs aux jeunes garçons.
16:24– Est-ce que vous avez pas répondu à…
16:26– Est-ce que vous avez répondu à me surprenant aux jeunes garçons ?
16:29– Parce que tout à l'heure, vous avez cité Retailleau.
16:30Est-ce que Picmal, il est pour le voilement des fillettes ou pas ?
16:32– Monsieur Haddad, déjà vous n'êtes pas obligé de m'appeler Picmal comme ça.
16:36– Vous allez dire Retailleau.
16:38– Vous allez dire Monsieur Picmal.
16:39– Monsieur Haddad, je vous dis que moi, contrairement à vous,
16:41je suis pour l'application stricte de la loi de 1905.
16:44– Et je suis, non, pas du tout, pas du tout, mais je suis pour la liberté publique.
16:48– Mais qu'est-ce qu'on fait ?
16:48– Tant que ce n'est pas, c'est régi par la loi de 1905.
16:51– Vous voyez, c'est fascinant.
16:52– La loi de 1905, la société française a progressé depuis, la loi a changé.
16:56– Vous n'avez pas répondu.
16:58Vous, vous allez faire la police du vêtement comme en Iran.
17:00Vous allez envoyer nos policiers demander à un petit garçon qui porte le voile,
17:08un petit garçon qui porte une croix, il est contre un ou non.
17:10– Ce qui vient de se passer ?
17:11– Non, mais ce qui vient de se passer, et juste fascinant,
17:16Monsieur Picmal, lorsqu'il était candidat à la mairie de Toulouse,
17:19disait, je vais créer un centre anti-machos
17:22pour lutter contre les dérives virilistes, machistes.
17:25Quand ça concerne le reste de la société française,
17:28là, il est anti-machos.
17:29– Quel rapport ?
17:30– Le rapport.
17:31– Mais dès que ça concerne une petite fille,
17:33mais qu'elle est de confession musulmane,
17:35là, il ne lutte plus contre les machos.
17:37– Vous trouvez ça normal de parler de petite fille ?
17:41– Alors, attendez, attendez, petite fille.
17:42– Ce n'est pas du tout mon propos, donc vous déformez.
17:47– Alors, Monsieur Rodouel, un mot ?
17:48– C'est même pire que ça.
17:49– C'est pour les hommes.
17:50– Alors, allez-y, un mot, c'est-à-dire.
17:52– Charles Rodouel, attendez, s'il vous plaît.
17:53– Visiblement, vous avez des cours de laïcité à prendre,
17:55mais de lutte contre les machos également.
17:57– Alors, allons-y.
17:57– C'est même pire que ça, François Picmal qui vient de nous faire.
18:00– On voit qu'il y a une grande union de la droite et de l'extrême.
18:02– Alors, Monsieur Picmal, vous avez parlé,
18:04parce que Charles Rodouel vous répond.
18:05– On va vous répondre.
18:06– En attendant, je note que la loi de 1905, vous la méconnaissez.
18:08– François Picmal, le grand humaniste,
18:09qui vient de s'adresser directement de ce qu'est la laïcité.
18:12– C'est très important.
18:13– Attendez, Monsieur Picmal, parce que vous avez parlé,
18:14mais tout le monde doit parler.
18:15– C'est le même candidat qui, pendant les élections municipales,
18:17expliquait, je cite, « Je ne veux pas de bâton en tête de ma liste »
18:21aux élections municipales.
18:22– Alors, si vous voulez, je n'ai porté pas pour diffamation là-dessus.
18:24– Le grand humaniste qui est…
18:29– Je crois que vous avez un humanisme ou un universalisme à géométrie variable.
18:34– Monsieur Picmal, je ne le souhaite donc aucune, aucune leçon.
18:40– Alors, Monsieur Picmal, Monsieur Rodouel, s'il vous plaît,
18:41puisque vous parlez de géométrie variable…
18:43– Alors, si vous voulez…
18:44– Ce que vous dites, c'est une fécule.
18:45– Alors, François Picmal…
18:46– Alors, François Picmal, Charles Rodouel, s'il vous plaît.
18:52– S'il vous plaît, puisque vous parlez de géométrie variable,
18:54justement, on va demander à Raphaël Grabli
18:57de venir donner quelques précisions.
19:00Parce que Raphaël Grabli a repris des déclarations
19:03au fil des années de Jean-Luc Mélenchon.
19:06– Sur le port du voile, justement, vous avez vérifié un peu
19:09tout ce qu'a dit le leader de la France insoumise
19:11et candidat à l'élection présidentielle.
19:12– Alors, déjà, je vais partir de ce qu'il a dit le plus récemment,
19:14c'est-à-dire hier sur la proposition d'IRN,
19:16en utilisant un mot, je cite, ignoble.
19:19Je cite le tweet de Jean-Luc Mélenchon.
19:21« Marine Le Pen veut envoyer la police pour faire payer des amendes
19:23aux femmes qui portent le voile. »
19:24C'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon hier
19:27concernant la volonté du RRD de ne cibler que
19:29les femmes musulmanes qui porteraient un voile dans la rue.
19:31Même si, sur le principe, l'interdiction du voile dans la rue,
19:35Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas toujours été contre
19:37avec une condition, c'est que ce soit pour tout le monde.
19:41Voici ce qu'il déclarait, justement, il y a 10 ans,
19:43quasiment, jour pour jour.
19:45– Si on dit qu'on va interdire les signes religieux
19:47dans l'espace public, un homme comme moi
19:49ne va pas vous dire que ce n'est pas une bonne idée.
19:51J'ai toujours été un laïc, un transigeant,
19:53on m'a assez traité de laïcard dans ma vie.
19:54Mais alors, ça s'applique à toutes les religions.
19:57– Il a longtemps critiqué le voile en lui-même aussi.
20:01– Exactement.
20:01Alors, je vous propose de remonter en 2010
20:04pendant la campagne des élections régionales
20:06avec un visage, celui d'Ilam Moussaïd.
20:09Elle est candidate pour le NPA,
20:11le nouveau parti anticapitaliste en PACA.
20:14Vous la voyez à l'image, elle a un signe particulier,
20:16vous le voyez, elle est voilée.
20:17Et à l'époque, il y a un homme à gauche
20:19qui s'offusque de cette stratégie.
20:21Il s'appelle Jean-Luc Mélenchon.
20:23Il parle d'une attitude, je cite, racoleuse.
20:26Et je le cite, on ne peut pas se dire féministe
20:28en affichant un signe de soumission patriarcale.
20:31Pour lui, se voiler, c'est s'infliger un stigmate.
20:34Cinq ans plus tard, le débat porte cette voie sur le voile
20:37à l'université.
20:39Là encore, Jean-Luc Mélenchon est extrêmement critique.
20:41Je le cite, la liberté de se voiler la tête,
20:43que voulez-vous qu'on y fasse, c'est un problème.
20:44Il évoque là encore un signe de soumission.
20:47Et puis, deux ans plus tard, cette fois, en 2017,
20:49on est en pleine campagne présidentielle,
20:51il confirme ses critiques sur le voile.
20:53Et sans même d'une petite provocation,
20:55je ne vois pas où Dieu s'intéresserait à un chiffon sur la tête.
21:00François Picmal, est-ce que le Jean-Luc Mélenchon,
21:02d'il y a dix ans, il est islamophobe ?
21:03Ce que vous dites, c'est pas un scoop.
21:04Il s'en a expliqué plusieurs fois qu'il avait évolué
21:06d'opposition sur le sujet,
21:08sur son appréciation du droit des femmes
21:10à disposer de leur corps,
21:11y compris de porter des signes religieux.
21:13– Ce n'est plus un signe de soumission ?
21:14– Non, mais c'est le choix des personnes.
21:17– Non, mais je vous pose la question,
21:17est-ce que c'est un signe de soumission ou non ?
21:19– Jean-Luc Mélenchon, dans tout ce qu'il dit,
21:21c'est lui ce qu'il en pense,
21:22mais jamais, contrairement à vous,
21:23il remet en cause la loi de laïcité de croire.
21:25– Non, mais je vous pose la question,
21:27répondez-moi, est-ce que c'est un signe de soumission, le voile ?
21:29– Mais qui êtes-vous pour dire si c'est un signe de soumission ?
21:31– Mais je vous pose la question, moi je dirais,
21:33je vous pose une question.
21:33– Vous êtes théologien ?
21:34– Est-ce que c'est un signe de soumission,
21:37comme le disait Jean-Luc Mélenchon il y a 10 ans ?
21:39– Si vous portez une croix, c'est un signe de soumission ?
21:41– Un signe de soumission ?
21:42– Non, mais ça n'a rien à voir.
21:44– Est-ce que vous avez déjà vu des filles
21:45dans lesquelles on vous oblige à porter la séjour ?
21:47– Du coup, vous ne connaissez pas les signes religieux.
21:50– Je vais être clair, peut-être que ça vous dérange,
21:52mais je suis pour le droit des femmes
21:53à disposer de leur corps comme elles le souhaitent.
21:55Et je suis pour que vous leur foutiez la paix.
22:07– Parce qu'une telle bascule, honnêtement,
22:27– C'est une bascule électoraliste ?
22:29– Mais oui.
22:29– Probablement.
22:30– Non, mais attendez, je ne sais pas.
22:32– Moi, je le fais le procès, Jean-Luc,
22:34il faut dire les choses, d'accord ?
22:35Il y a un gourou qui peut changer d'avis comme il a envie,
22:38il s'appelle Mélenchon,
22:39donc s'il change d'avis,
22:41François Picmal et tous les gens de LFI,
22:43ils le suivront.
22:44Deuxièmement, il a une démarche électoraliste,
22:46qui est une démarche d'ailleurs qui est publique,
22:48il l'a dit dans des meetings.
22:49Laissez-moi terminer.
22:50D'ailleurs, dans les meetings, il a dit
22:51« Nous devons rapporter 400 000 voix de plus,
22:54et donc nous devons mobiliser les quartiers populaires. »
22:56Et pour mobiliser les quartiers populaires,
22:57je dois changer d'avis,
22:58notamment sur la question du voile.
23:00Donc vous n'allez pas nous expliquer qu'on est islamophobes ?
23:02– Vous avez un médecin pour les habitants des quartiers populaires hallucinants.
23:04– C'est Mélenchon qui l'a dit.
23:06– Vous êtes hallucinant.
23:07– Donc à un moment, ce que je dis,
23:09c'est qu'il faut assumer cette stratégie électorale
23:12et qu'il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt.
23:14En revanche, ce que moi je ne comprends pas,
23:16c'est comment des gens,
23:18alors qu'il y a des millions de femmes en France,
23:21je pense notamment à Enda Ayari,
23:23qui est une Française qui se bat contre les femmes
23:26qui sont contraintes,
23:27qui veulent libérer de ses recharges islamiques,
23:29comment vous pouvez dire que c'est une libération
23:31que de porter un voile quand on est une fillette de 10 ans ?
23:34Mais vous devriez avoir honte de dire ce genre de choses.
23:36– C'est à moi de le décider, monsieur.
23:36– Si, monsieur, c'est à moi de le décider.
23:38– Pourquoi ça ?
23:38– Vous êtes la hiacteur du vêtement.
23:40– Parce que pour protéger les enfants.
23:44– Parce que jusqu'à preuve du contraire,
23:46il y a des gens qui sont élus dans ce pays
23:47et ils ont le droit d'avoir la parole
23:48jusqu'à ce que vous décidez de nous envoyer au goulag.
23:50Donc pour l'instant, moi, je dis que c'est un scandale.
23:52– C'est bien, vous avez fait tout de l'église
23:53pour l'islamophobie, goulag.
23:55– Je dis que c'est un scandale de voile et défié.
23:57– Alors, on va continuer dans ce rage.
23:58– Vous êtes la hiagère.
23:59– Alors, on va laisser.

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