- il y a 1 semaine
Natacha Polony, journaliste et essayiste, était l'invitée de BFMTV ce mardi 1er septembre
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00:00Notre invitée qui va nous rejoindre dans quelques instants aura un avis sur la question parce que maintenant qu'elle
00:05se lance en politique, elle déjà qui avait le goût du débat public et de la joute verbale, elle a
00:10certainement un avis sur ce sujet et s'installe avec nous sur ce plateau en direct sur BFM TV.
00:18Natacha Polony, je vous salue. Bonsoir. Merci d'être là, journaliste, essayiste, auteur, notamment de la France Corseam aux éditions
00:28Plon. Je présente également, c'est Anne-Saura Dubois qui nous a rejoint.
00:32Merci chère Anne, Rocaille Adialo qui était là tout à l'heure ici et Arthur Verda qui est resté. Ils
00:36vont vous écouter très attentivement, Natacha Polony.
00:39Puis après, relancer, confronter certains de vos points de vue et de vos convictions. Une première question, on a envie
00:45de vous entendre sur ce sujet, sur l'annulation de cette tournée.
00:50Je le disais, conséquences politiques, judiciaires, mais également, moi ça m'interroge sur le plan moral également. Qu'est-ce
00:57que vous retenez et qu'est-ce que dit de notre époque une telle décision ?
01:02Beaucoup de choses ont été dites sur votre plateau qui sont en effet tout à fait justes. C'est-à
01:07-dire que d'abord, ça ne pouvait plus tenir. Ça n'était plus possible.
01:12Et je suis la première à considérer que le maintien de la présomption d'innocence est extrêmement important parce que
01:18c'est un fondement de notre droit et nous devons absolument préserver ça pour le bien de tous.
01:24Mais quand vous avez autant de femmes qui se font entendre, qui font appel à la justice, la justice, à
01:31un moment donné, ne peut pas se prononcer sereinement.
01:35Patrick Bruel lui-même ne peut pas se défendre quand il n'y a pas justement cette espèce de mise
01:41à distance. Donc c'était inévitable.
01:43Après, nous espérons, je pense tous qui regardons toute cette affaire, que la justice va pouvoir passer, éclairer les choses
01:52parce qu'en effet, là, on a une accumulation suffisamment forte pour que ce soit profondément préoccupant.
01:58Et j'ai une pensée, évidemment, pour plus globalement, toutes les femmes et évidemment, dans d'autres affaires, les enfants
02:08qui subissent des violences.
02:10Mais de fait, la justice doit agir et agir le plus vite possible.
02:14Et sans doute que la pression politique a joué. Ça me permet d'aller sur le terrain politique.
02:20Depuis un certain temps, vos prises de position sont très scrutées parce que beaucoup se demandent s'il va y
02:26avoir une énième candidature.
02:27Mais je ne vais pas arriver tout de suite avec mes gros sabots. Je vais interroger déjà votre cheminement, Natacha
02:32Apolloni.
02:32Vous dites qu'il manque une offre politique qui refuse l'impuissance.
02:36Et je me suis interrogée ce matin, j'ai calculé le nombre de candidats, plus d'une trentaine.
02:40Je me dis, tous impuissants ? Un tel tableau, tel kalidoscope, mais tous impuissants, selon vous ?
02:46Ce que j'ai fait pour l'instant, c'est de lancer un appel et d'initier un mouvement.
02:52Parce que je sillonne la France depuis des années, mais beaucoup plus encore ces derniers mois.
02:58Et j'écoute, moi, ce qu'on me dit. Je n'ai pas arrêté d'entendre, là, ne serait-ce
03:03que cet été encore,
03:05des Français qui me disent, mais qu'est-ce qu'on va faire en 2027 ?
03:09En fait, tous les sondages le montrent.
03:11Tous les sondages le montrent.
03:12C'est-à-dire que vous avez un nombre incalculable de Français qui ne se reconnaissent pas dans l'offre
03:17actuelle.
03:17Et c'était déjà le cas en 2022, souvenez-vous.
03:20Second tour de l'élection présidentielle, 17 millions d'abstentions, vote blanc et nul.
03:26Avec une proportion particulièrement élevée de vote blanc et nul, c'est-à-dire de gens qui vont voter,
03:32qui se donnent la peine donc de montrer leur attachement à la démocratie,
03:34mais qui vont dire, attendez, nous ne voulons pas de ça.
03:37Donc il y a bien un moment où il va falloir entendre cela, c'est-à-dire que l'offre
03:41politique actuelle ne répond pas aux attentes des Français.
03:45Et pourquoi ? Parce qu'en fait, il y a un blocage, un blocage complet des institutions et du champ
03:50politique.
03:51Donc le pouvoir n'a plus le pouvoir ?
03:52Mais oui, en fait, on a des politiques qui se sont petit à petit départis du pouvoir que leur avaient
03:59donné les Français.
04:01Ils ont cessé d'exercer leurs prérogatives et ils ont considéré qu'ils étaient impuissants.
04:06Et d'ailleurs, quand vous écoutez les discours politiques, vous le sentez, ça.
04:09Ils ont beau aligner des mesures, alors on voit, il y a des tas, on en a une tous les
04:14jours.
04:15Mais au fond, systématiquement, d'abord, c'est ce qui arrive après chaque élection, c'est qu'on ne peut
04:20rien faire.
04:20Et d'ailleurs, les Français voient bien que leur vie ne change pas, que tout ce qu'ils ont demandé,
04:24en fait, n'est pas mis en place.
04:26Et là, on la sent dès maintenant, cette petite musique qui s'installe.
04:30Et il est nécessaire de comprendre comment on en arrive là.
04:33Et surtout, comment on en arrive à un État de la France, pardon, mais qui est scandaleux.
04:37C'est très intéressant, oui.
04:38Dites-vous bien, moi, je suis indignée de l'État de la France.
04:43C'est-à-dire indignée de voir que le PIB par habitant est pour la quatrième année consécutive en dessous
04:49de la moyenne européenne.
04:51De voir l'État de l'école.
04:52On va avoir encore des statistiques qui vont tomber la semaine prochaine.
04:56On sait déjà, là, depuis 20 ans, la place de la France dans les enquêtes internationales ne cesse de descendre.
05:04Et les Français le voient sur leurs enfants.
05:05Je veux dire, 70 000 défaillances d'entreprises dans l'année.
05:08Et vous avez souvent documenté ce déclassement de type.
05:11Mais une question.
05:12Si le pouvoir n'a plus le pouvoir, si, comme vous le dites, ceux qui arrivent après au pouvoir disent
05:16« Regardez, on ne peut pas, c'est le parti de l'impossibilisme. »
05:19À qui ont-ils transféré leur pouvoir, tous ces politiques ?
05:22C'est intéressant de savoir.
05:23D'abord.
05:24Où est parti ce pouvoir ?
05:25Je vais vous dire une chose.
05:26Moi, ce qui me dérange, De Gaulle disait, le problème de la gauche, c'est qu'elle n'a pas
05:33le sens de l'État.
05:34La droite n'a pas le sens de la nation.
05:36Et en fait, je pense que nous avons depuis longtemps des élites politiques et économiques
05:43qui n'ont ni le sens de l'État, ni le sens de la nation.
05:46Je veux dire par là qu'une nation, en tout cas la nation française telle qu'elle a été définie,
05:51c'est une communauté de destin, mais une communauté historique et politique.
05:56C'est un choix politique que nous faisons tous les jours, mais qui découle d'une histoire.
06:00Nous avons une histoire commune.
06:02Et la question d'ailleurs est de savoir si cette histoire peut et doit se perpétuer.
06:06C'est un débat.
06:07Et moi, j'entends de la part des Français le fait qu'ils ont envie de pouvoir perpétuer cette histoire,
06:12cette culture commune.
06:15Et l'État, c'est l'instrument de cela.
06:17Mais pour que l'État puisse être l'instrument de cela, il y a non seulement le régalien,
06:21il y a non seulement le fait de pouvoir assurer l'ordre républicain qui protège les citoyens les plus fragiles.
06:28C'est le droit à la sécurité.
06:28On voit tous les jours, évidemment, à quel point tout ça est petit à petit bafoué,
06:33parce que ça s'amenuise, parce que l'État a de moins en moins de moyens.
06:36Mais en plus, l'État, ce n'est pas seulement ça.
06:38Le rôle de l'État, c'est de prévoir.
06:41Et je veux dire, l'urgence, c'est de rendre à l'État son rôle,
06:45c'est-à-dire son rôle de planificateur, définir les enjeux vitaux de la nation.
06:51Qu'est-ce qui nous est nécessaire pour nous protéger dans un monde qui est de plus en plus dangereux
06:57?
06:57L'énergie, l'alimentation, les médicaments, c'est tout cela.
07:01Le rôle de l'État, c'est de faire en sorte que nous ayons cela.
07:03Qu'est-ce qui nous empêche de revenir à ce cœur du rôle de l'État ?
07:06Est-ce qu'il y a des gardes fous ?
07:07Il y a un Conseil d'État, il y a un Conseil constitutionnel, il y a des traités européens.
07:11Est-ce que vous estimez que ce sont des gardes fous nécessaires ?
07:13Ou est-ce que vous estimez, peut-être comme certains,
07:15que ce sont aujourd'hui des entraves, finalement, au rôle de l'État
07:19et à ce pouvoir qui nous a été, selon vous, retiré ?
07:24D'abord, ce ne sont pas des gardes fous,
07:25ce sont des outils institutionnels.
07:28Le rôle des institutions, c'est de permettre,
07:31et en particulier le rôle d'une constitution,
07:33c'est de permettre l'expression de la volonté des citoyens
07:37articulée avec ce qu'on appelle l'État de droit
07:40et qui, en fait, relève de grands principes fondamentaux.
07:43C'est-à-dire qu'en gros, on doit considérer
07:45que la volonté des citoyens doit s'exprimer,
07:48mais que si la volonté des citoyens consiste
07:50à abolir toutes les libertés fondamentales,
07:52et là, il faut, en effet, ce que vous appelez des gardes fous.
07:56Très bien.
07:57Là, le problème, c'est d'avoir, petit à petit,
08:00fait en sorte que les institutions elles-mêmes
08:05puissent contourner la volonté des citoyens,
08:08exprimées de façon, mais de façon multiple.
08:11Donc, on a, petit à petit, fait en sorte
08:13de retirer des pans entiers du réel du choix démocratique.
08:17C'est vrai en économie, c'est vrai sur les questions d'immigration,
08:21c'est vrai sur des tas de sujets.
08:22C'est un contournement de la volonté populaire
08:25par des institutions installées.
08:28Oui, regardez par exemple,
08:29à quel moment les Français ont voté
08:33pour le fait qu'on mette en concurrence
08:37systématiquement toutes les entreprises
08:38avec des entreprises de pays
08:41qui n'ont pas les mêmes règles environnementales,
08:43pas les mêmes règles sociales.
08:44Vous voyez, à quel moment on leur a expliqué
08:48réellement quelles étaient les conséquences
08:49et on leur a dit, acceptez-vous ou non ?
08:52Les rares fois où ils ont eu à s'exprimer là-dessus,
08:54et en fait, le référendum de 2005
08:56portait sur ce genre de choses,
08:58ils ont dit non et ça a été contourné.
09:01Erreur originale pour vous ?
09:02Alors, c'est un révélateur, le référendum de 2005.
09:06Mais de même, quand vous avez une Cour européenne
09:09des droits de l'homme, c'est-à-dire,
09:10il faut rappeler ce que c'est,
09:11c'est-à-dire que ce sont 46 juges nommés
09:15par les différents États qui adhèrent
09:16à la Convention européenne des droits de l'homme,
09:18c'est-à-dire un grand texte philosophique,
09:20un peu comme les droits de l'homme et du citoyen.
09:23Et donc, ces juges décident, par exemple,
09:26ça a concerné le Danemark il y a quelques années,
09:31qu'on ne peut pas expulser un narcotrafiquant irakien
09:36parce qu'en fait, le Danemark a décidé de l'expulser pour 6 ans.
09:42Eh bien, l'expulser pour 6 ans,
09:43ça rendrait difficile son possible retour.
09:45On n'a pas le droit d'expulser à vie.
09:47Mais à quel moment vous trouvez ça normal ?
09:50Donc, tout ce genre de choses,
09:51vous voyez, dans différents domaines,
09:53on explique aux citoyens, c'est pas possible.
09:55Vous voulez ça ? C'est pas possible.
09:56Et donc, la question, c'est de savoir comment
09:58on déverrouille tout cela.
10:01La souveraineté, c'est pas une notion abstraite.
10:04La souveraineté, ce sont les outils concrets de l'indépendance.
10:08Donc, encore une fois, je le répète,
10:10l'énergie, l'alimentation, l'armée,
10:14c'est tout ce qui va nous perdre.
10:15Et derrière, une industrie qui marche.
10:17C'est-à-dire que quand on ne produit plus,
10:19quand on n'a plus d'industrie chimique,
10:22ce qui est en train de se passer,
10:23quand on n'a plus d'industrie métallurgique,
10:26derrière, vous dépendez des eaux.
10:28Et Natalia Colony se réclame de...
10:29Ça, on l'a compris,
10:31les accents chevènementistes et c'est gueniste,
10:33je pense qu'ils sautent tout de suite aux oreilles.
10:35Je vais passer la parole à nos amis
10:37qui vont aussi vous interagir.
10:38Quand vous dites l'entre-soi,
10:39vous n'avez pas l'impression qu'on le caractérise un peu ?
10:42Pardonnez-moi, vous allez peut-être me dire que c'est moi,
10:44mais l'entre-soi journalistique,
10:45l'entre-soi que vous dénoncez,
10:47moi j'ai l'impression qu'en étant journaliste,
10:49à la tête de certains,
10:51d'un grand hebdomadaire,
10:53est-ce que vous ne l'avez pas entre-t-il
10:54à votre corps défendant ?
10:56À votre corps défendant.
10:57Il faut toujours faire très attention
10:59à ne pas se croire différent de ce qu'on est.
11:02J'ai enseigné pendant dix ans,
11:03j'ai été professeur,
11:05j'ai été journaliste, bien sûr,
11:07j'ai créé une entreprise qui est un média.
11:10Je passe mon temps partout en France
11:13à discuter avec des patrons de PME et de TI,
11:16avec des fonctionnaires,
11:18avec des artisans et des commerçants.
11:21je ne nie pas ce que moi je suis,
11:23mais en revanche, ce que je suis
11:24ne m'empêche pas, moi, d'aller écouter.
11:27Et quand il y a eu des citoyens
11:29qui se sont par exemple levés
11:31pour demander le droit à vivre de leur travail,
11:33les gilets jaunes,
11:35eh bien, j'avais beau ne pas être
11:36de leur milieu social,
11:38j'ai compris ce qu'ils disaient.
11:39Parce qu'à force de sillonner la France,
11:42moi j'avais vu,
11:42j'avais vu les villages fermés
11:45avec tous les commerces qui avaient disparu,
11:47j'avais vu les sous-préfectures dépérir,
11:51tout cela.
11:51Et donc, je comprends la colère.
11:53Alors, les questions, Anne-Sora Dubois ?
11:55Vous avez dit, il faut perturber l'entre-soi,
11:57ces gens qui se servent le thé
11:58sur le pont du Titanic.
12:00Quel est l'objectif, en fait, de votre irruption ?
12:02C'est comme ça que vous le qualifiez
12:02dans le monde politique.
12:04C'est pour leur mettre un coup de pied aux fesses ?
12:05C'est pour les secouer ?
12:06Ou un jour, vous vous voyez à l'Elysée ?
12:08Alors, c'est surtout...
12:09Il y a deux questions.
12:10C'est surtout pour faire en sorte
12:12que les Français puissent reprendre
12:14les clés du camion.
12:15Est-ce qu'un jour, vous vous voyez à l'Elysée ?
12:19Honnêtement, je crois que les téléspectateurs
12:21et les Français,
12:22ce n'est pas leur question pour l'instant.
12:24La question, c'est celle du diagnostic.
12:26Je pense qu'ils veulent savoir qui est candidat.
12:27C'est celle du diagnostic, d'abord.
12:29Vous voyez ?
12:29Pourquoi je dis qu'il y a un entre-soi à perturber ?
12:32Parce qu'avant la question des candidats,
12:35il y a la question du projet.
12:36J'ai regardé le débat des candidats
12:40organisés par le MEDEF.
12:41Et encore une fois,
12:43tous ces candidats avaient travaillé.
12:45Ils avaient un programme,
12:47des fiches, des chiffres, etc.
12:49Je n'ai pas entendu de vision de la France.
12:51Et quand je dis de vision de la France,
12:53c'est la question d'où nous venons.
12:56Et ensuite, la question de ce que sera la France,
12:59de ce que nous voulons qu'elle soit
13:00en 2040 et en 2050.
13:04vous avez deux offres qui sont identifiées par les Français.
13:09Moi, je n'ai pas envie de me retrouver bloquée
13:12entre l'idée de la Nouvelle France
13:14ou l'idée de la France éternelle.
13:16Ce n'est pas ma vision,
13:18ni de la France, ni de la République.
13:19Je vous repose la question.
13:20Est-ce qu'un jour, il est possible que vous soyez à l'Élysée ?
13:23J'ai déjà répondu à cette question-là
13:26en expliquant que je ne l'excluais pas.
13:29Mais ce que je voudrais pour l'instant,
13:31et c'est une urgence pour les Français,
13:33c'est que d'abord,
13:34cette campagne électorale se passe sur le fond.
13:37C'est-à-dire,
13:38la question de savoir comment nous allons régler
13:40la crise climatique,
13:42comment nous allons nous adapter
13:43à ce qui, de toute façon, sera inévitable
13:46dans les résultats de cette crise climatique ?
13:48Comment nous redressons l'école ?
13:50Comment nous nous remettons à produire ?
13:52Comment nous augmentons les salaires ?
13:54Parce que c'est une nécessité.
13:57Précisément,
13:57lorsque les Français ont appris à vous connaître,
13:59à vous découvrir au début des années 2000,
14:00c'était précisément sur ces questions d'école, d'éducation.
14:02Dans votre grande interview,
14:04je ne sais pas comment la qualifier,
14:05vous dites que c'est un appel.
14:06Dans votre appel lancé dans un grand journal national,
14:08concurrent d'ailleurs au mien,
14:10mais je ne vous en fais pas le reproche,
14:11vous n'avez pas un mot
14:12vous parlez des industrialisations,
14:13vous parlez de sujets économiques
14:15sur lesquels on a moins l'habitude peut-être
14:16de vous entendre,
14:17ou en tout cas les Français vous identifient moins,
14:18vous n'avez pas un mot
14:19sur l'éducation, sur l'école.
14:21Soyez patient.
14:22C'est-à-dire que j'y arrive.
14:24D'abord, est-ce que vous êtes satisfait ?
14:25Soyez patient, c'est une campagne.
14:27Je termine la phrase de Natasha Polony.
14:29C'est pas fini.
14:29Du début de consensus
14:30qui semble se dégager,
14:32en tout cas sur la meilleure rémunération des enseignants.
14:34C'est en tout cas la proposition qui...
14:35Absolument.
14:36Vous partagez cette première proposition ?
14:37Vous avez démissionné d'éducation nationale,
14:39rappelons-le à ceux qui nous regardent.
14:40Oui, j'ai enseigné pendant dix ans dans le supérieur.
14:45Et j'ai été pendant dix ans journaliste sur ces questions-là.
14:48Donc j'ai vraiment enquêté dans des...
14:49J'ai rencontré des professeurs, des...
14:51Enfin tout.
14:53Justement, ça fait des années que j'explique
14:55que le scandale, c'est que nous ne payons pas assez
14:57les professeurs.
14:58Et que quand une société veut mettre le savoir
15:00au cœur de son projet,
15:02dans ces cas-là, on paye correctement.
15:04Et d'ailleurs, tous les systèmes éducatifs
15:06qui fonctionnent, quelle que soit leur diversité,
15:09sont les systèmes éducatifs
15:10dans lesquels les professeurs sont correctement payés.
15:12Mais une fois qu'on a dit ça,
15:14ça ne suffit pas.
15:15C'est-à-dire que, premièrement,
15:16il faut savoir comment on fait un pacte
15:19avec les professeurs
15:21pour comptabiliser correctement leurs heures de travail.
15:23Parce que là, on est encore sur le décret de 1950.
15:26C'est-à-dire qu'on compte le nombre d'heures
15:28devant les élèves,
15:29alors qu'en moyenne, des professeurs
15:31font 41 heures par semaine.
15:33Parce que je l'ai fait, j'ai enseigné...
15:35Alors, c'était dans le supérieur.
15:37Je peux vous assurer qu'il me fallait
15:38cinq ou six heures de préparation
15:39pour une heure de cours.
15:40Et honnêtement, c'est un travail monstrueux, gigante.
15:44Deuxième chose.
15:45Deuxième chose.
15:46La seule chose dont on ne parle pas
15:47et qu'il y a un tabou.
15:48Et ça, moi, je ne comprends pas.
15:49La question des méthodes d'apprentissage.
15:52C'est ça, le cœur du problème.
15:53Non, pas de tabou ici, en tous les cas.
15:54Je trouve que c'est un sujet passionnant.
15:56Regardez les méthodes d'apprentissage
15:58au CP en CE1
15:59sur la lecture
16:01et surtout sur les mathématiques.
16:02En fait, quand on s'intéresse à ça réellement,
16:05on comprend pourquoi
16:06nous avons un niveau en mathématiques
16:08qui est devenu absolument tragique.
16:10C'est-à-dire, je rappelle quand même
16:11que les élèves français de CM1
16:13sont les derniers d'Union européenne,
16:15que les élèves français de 4e
16:17sont les derniers d'Union européenne en maths.
16:19Quand on veut refaire
16:20une société de production,
16:23ça ne peut pas fonctionner.
16:24Quel chantier ? Quel défi ?
16:25La question de Rocaïa Diallo,
16:27on ne vous présente pas,
16:27mais vous connaissez son parcours
16:29militaire et ses convictions également.
16:31Alors moi, j'ai une question
16:32sur un tout autre sujet.
16:33J'ai lu votre livre avec attention
16:34et c'est vrai qu'il est extrêmement bien documenté,
16:36notamment sur les questions agricoles
16:37et les questions industrielles.
16:38Et vous avez un chapitre
16:39qui s'appelle
16:40Le féminisme universaliste contre les identités.
16:43Et c'est un chapitre
16:44où vous parlez beaucoup de vous,
16:45du fait que vous avez été,
16:46comme toutes les femmes,
16:47exposées à des vexations,
16:48à du harcèlement, etc.
16:49Et en même temps,
16:51ce chapitre qui est très personnel
16:52n'a pas de données chiffrées,
16:54alors qu'on connaît
16:55les chiffres des violences
16:56contre les femmes,
16:57et ne propose pas vraiment
16:58de réponse à quand même
16:59une question qui se fait
17:01extrêmement centrale
17:01dans les débats publics.
17:02Vous expliquez par exemple
17:03que vous avez dû travailler
17:04dix fois plus
17:06pour être là où vous êtes,
17:07mais j'espère que ce n'est pas
17:08ce que vous proposez aux femmes
17:09de travailler dix fois plus
17:09qu'il y a effectivement
17:10d'autres solutions qui sont proposées.
17:11Et de la même manière,
17:12vous parlez des enfants,
17:13il y a un chapitre
17:14qui est consacré aux enfants.
17:15Or, on sait aujourd'hui
17:16qu'un enfant sur dix
17:17s'est exposé à de l'inceste.
17:18C'est quelque chose
17:19que vous avez sans doute vu
17:21dans le cadre
17:22de vos missions éducatives.
17:23Et moi, je trouve
17:24qu'il manque quand même
17:24des propositions
17:25sur la situation des femmes
17:26et des enfants,
17:27alors que c'est vraiment
17:28une question qui agite la société.
17:30C'est un sujet
17:32que j'aborde,
17:33mais après ce livre,
17:34c'est un livre aussi
17:35de récits de ce qu'est la France
17:37et d'une vision globale.
17:38Ce n'est pas un programme.
17:40On est d'accord.
17:40Oui, mais on voit
17:41qu'il n'y a pas de chiffres
17:42pour l'agriculture et l'industrie.
17:43Sur les femmes,
17:44il n'y a pas de chiffres.
17:44Alors, il n'y a pas de chiffres
17:45parce que les chiffres,
17:46on les connaît,
17:48heureusement,
17:48et c'est vrai
17:49que j'aurais pu les rappeler.
17:52Ils sont scandaleux.
17:53En revanche,
17:54ce que je crois, moi,
17:56c'est qu'il faut protéger
17:58les femmes,
17:58lutter contre les violences
17:59sexuelles et sexistes
18:00et que ça, c'est un combat.
18:02Et d'ailleurs,
18:02on voit à quel point
18:03tout cela, heureusement,
18:05est arrivé sur la table.
18:06Cette lutte doit se faire.
18:08D'abord, dans le respect,
18:10on en parlait tout à l'heure,
18:11et c'est une question
18:12très complexe,
18:13de la présomption d'innocence.
18:16Et donc,
18:17il va falloir
18:17que nous réussissions
18:18à mettre en place
18:20un système
18:21qui évite...
18:22Vous n'avez pas la même vision
18:23du féminisme
18:24que l'Europe aille à galop.
18:25Mais bien sûr,
18:25c'est pour ça que je termine.
18:26Donc, mettre en place
18:28un système
18:28qui évite
18:29de balayer
18:30la présomption d'innocence
18:32parce que cela nous protège
18:34et parce que
18:35ce sont des situations
18:37dans lesquelles
18:37la justice
18:38doit travailler.
18:39C'est quoi le féminisme
18:40qu'on attache à Pauline ?
18:41Ensuite, le féminisme
18:42tel que je le conçois...
18:45C'est un féminisme
18:46qui considère
18:47que les hommes
18:48ne sont pas tous
18:49des bourreaux
18:50et ne sont pas tous
18:51des violeurs potentiels.
18:53Voilà mon féminisme.
18:54C'est un féminisme
18:56universaliste
18:56qui considère
18:58que nous sommes
18:59un patriarcat structurel
19:01qui fait qu'effectivement
19:02il y a un groupe
19:03qui est dominant.
19:03C'est là,
19:03chère Rocaïa,
19:05où nous allons diverger
19:06en partie.
19:07C'est que je pense
19:08que, heureusement,
19:09le patriarcat
19:10a été largement combattu.
19:12Il en reste des traces
19:13mais on ne peut pas
19:14faire comme s'il n'y avait
19:16eu aucune avancée.
19:18Et j'ai parfois l'impression
19:19quand j'entends
19:20certaines militantes
19:22féministes
19:23qu'on fait comme si
19:24on était toujours
19:24dans les années 60.
19:25Il y a toujours
19:26des violences
19:27contre les femmes.
19:28Il y a des femmes
19:29qui meurent sous
19:30les coups de leur mari
19:31et je crois
19:32qu'il y a un travail
19:33aussi à faire
19:34qui n'est pas seulement
19:35sur...
19:36Vous ne voyez les choses
19:36que du point de vue
19:37du patriarcat
19:38supposément systémique
19:39alors que je crois aussi
19:41qu'il y a un travail
19:42à faire
19:43qui rentre plus
19:44dans les individus
19:45c'est-à-dire
19:46du soin
19:47c'est-à-dire
19:48de la psychiatrie
19:49est aujourd'hui
19:50en France
19:51un parent pauvre
19:52les soins psychologiques
19:53et tout ce qui va
19:54permettre
19:55de lutter
19:56C'est deux visions
19:56du féminisme.
19:58C'est deux visions
19:59bien sûr
19:59mais je crois
20:00qu'il y a une grande
20:01misère
20:01des soins psychologiques
20:03et psychiatriques
20:04quel grain de folie
20:05il faut
20:05je pense
20:05penser tout ça
20:06quel grain de folie
20:07il faut
20:07vraiment
20:08je vous pose la question
20:09pour pouvoir se lancer
20:10dans une campagne présidencie
20:12alors pour l'instant
20:12je me lance
20:14en politique
20:14et je me lance
20:15pour demander
20:17à des français
20:18de me rejoindre
20:19c'est tout ce que j'ai fait
20:20pour l'instant
20:21c'est lancer
20:22un mouvement
20:23parce que j'en ai
20:24assez
20:25vous voyez
20:27j'ai fait ce que vous faites
20:28pendant longtemps
20:29et vous le faites
20:30très très bien
20:31je ne me voyais pas
20:35moi
20:35analyser
20:36parce que j'ai une façon
20:37en plus
20:37de faire du journalisme
20:39qui est
20:40un journalisme
20:41d'engagement
20:42et de conviction
20:42j'ai toujours défendu
20:44des convictions
20:45vous avez raison
20:46d'ailleurs
20:47rembrassé une carrière
20:48de candidat
20:49à l'élection présidentielle
20:49ce même discours
20:52sur l'approche du journalisme
20:53qui pour lui
20:53est déjà un exercice politique
20:55alors ma référence
20:55c'était plutôt
20:56Jean-François Kahn
20:57non mais
20:57on pourrait en prendre
21:00de nombreux autres
21:01dont Jean-François Kahn
21:02qui est le fondateur de Marianne
21:03simplement d'un mot
21:04vous ne voulez pas répondre
21:04sur l'avenir ça
21:05j'ai bien compris
21:05j'ai une question sur le passé
21:06honnêtement je ne serais pas
21:07allé sur ce terrain
21:08si vous ne l'aviez pas
21:08vous-même évoqué
21:09vous avez parlé de 2022
21:1017 millions
21:11d'abstentionnistes
21:12de vote blanc et nul
21:13j'imagine contre 2022
21:15et 2026 voire 2027
21:16il y en aura encore plus
21:17simplement j'ai une question
21:18sur 2022
21:18est-ce que vous étiez
21:19vous prétendez les représenter
21:20éventuellement aujourd'hui
21:21ou demain
21:21est-ce que vous étiez
21:22l'une des leurs
21:23de ces 17 millions
21:24d'abstentionnistes
21:24ou de vote blanc et nul
21:25en 2022 je dirigeais
21:26la rédaction de Marianne
21:27et je m'étais fixée
21:29d'ailleurs comme objectif
21:31d'éviter que les français
21:33se retrouvent
21:33avec ce second tour
21:35dont ils ne voulaient pas
21:35mais ça a été le cas
21:36toutes les statistiques
21:37oui c'est d'ailleurs
21:37que j'ai échoué
21:38j'ai échoué
21:39et donc est-ce que vous étiez
21:40l'une des leurs
21:40est-ce que vous étiez
21:42l'une des leurs
21:43j'étais de ceux
21:45qui ont essayé
21:46à toute force
21:47d'empêcher cela
21:48et de même
21:48je vais essayer
21:49d'être de ceux
21:51qui vont empêcher
21:52que les français
21:52n'aient pas l'offre
21:54qu'ils veulent
21:54parce que moi
21:55j'en ai assez
21:56qu'on empêche
21:59les citoyens
22:00de voter
22:00en leur présentant
22:01des épouvantails
22:02et c'est ça
22:03c'est la réalité
22:04ce sont des épouvantails
22:06dans le sens où
22:06ça fait plusieurs années
22:07qu'on nous dit
22:08mais attendez
22:09vous n'avez pas le choix
22:10de votre vote
22:11si vous voulez éviter
22:12le rassemblement national
22:14vous êtes obligés
22:16d'aller voter
22:17pour ceux
22:17qui vont reproduire
22:18la même politique
22:19et Emmanuel Macron
22:20quand il a surgi
22:21en 2017
22:21nous a expliqué
22:22je vais tout renouveler
22:23voilà
22:24on va décoincer
22:26la société
22:26mais il n'y a jamais eu
22:28autant d'énarques
22:29partout à tous les postes
22:30c'est-à-dire
22:30l'inspection des finances
22:32écoutez le diagnostic
22:33de Jean-Louis Borloo
22:34il a parfaitement raison
22:35vous l'avez ciblé en particulier
22:35il y a quelques jours
22:36Emmanuel Macron
22:37dans un poste
22:38sur X
22:39c'était juste avant l'été
22:41au moment où il a fait
22:41son dernier discours aux armées
22:43vous avez dit
22:4310 ans après l'humiliation
22:44du général de Villiers
22:45forcé à la démission
22:46Emmanuel Macron
22:46se paie le luxe
22:48de faire retirer au soleil
22:49en plein midi
22:49dans les jardins
22:49pour le chef des forces armées
22:51voilà
22:52moi ça m'a fait beaucoup rire
22:53personnellement
22:53mais vous rajoutez
22:54il nous faut retrouver
22:55une présidence digne
22:57respectueuse
22:58prudente
22:58et sérieuse
23:00au lieu
23:01une fois de plus
23:02de faire de la com
23:03encore de la com
23:04toujours de la com
23:04c'est ça pour vous
23:05Emmanuel Macron ?
23:06Emmanuel Macron
23:07en un mot
23:08Emmanuel Macron
23:09c'est ?
23:10en un mot
23:11Emmanuel Macron
23:12n'a pas tenu
23:13les promesses
23:13qui étaient les siennes
23:14et son diagnostic
23:15sur l'état du monde
23:16était faux
23:17puisqu'il était
23:18dans l'adaptation
23:19à une mondialisation heureuse
23:20qui n'a jamais existé
23:21c'est pour ça
23:22que ça s'est planté
23:23et quant à la com
23:24on l'a vu
23:25à divers moments
23:26et je crois que ça a
23:27beaucoup irrité
23:28les français
23:29et que Maxime Sutec
23:30se demande
23:30mais Natacha Polony
23:31c'est combien de divisions
23:32Natacha Polony
23:33qu'est-ce qu'elle incarne
23:34dans la France profonde
23:34dans la France rurale
23:36dans la France des dépassés
23:37dans la France des classes populaires
23:38en effet
23:39dans la France des classes populaires
23:41dans la France rurale
23:42dans la France
23:42de ses sous-préfectures
23:43qui sont abandonnées
23:44et bien j'ai des gens déjà
23:45qui ont répondu à cet appel
23:47et qui ont envie d'agir
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