00:00à votre signature du mercredi. Bonjour Charlotte Dornelas. Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:04Charlotte, c'était la rentrée hier, ça continue d'ailleurs aujourd'hui pour les grands.
00:08On a ce chiffre vertigineux, 161 000 élèves en moins qu'à la rentrée précédente, 2025.
00:14D'ici 10 ans, la France aura perdu 1 700 000 élèves. Est-ce qu'il faut tout simplement s
00:18'adapter ?
00:19Il n'est jamais très recommandé de faire comme si la réalité n'existait pas, donc oui.
00:23Il faut regarder celle-ci bien en face et s'adapter, mais il ne serait pas complètement absurde
00:27de s'attarder néanmoins sur ce que recouvre cette réalité.
00:32Décidément, de sujet en sujet, nous revenons à l'évidence d'une France fatiguée, triste
00:36et suffisamment déprimée pour ne plus avoir d'enfants.
00:39Il ne s'agit pas ici d'histoires individuelles qui additionnent des choix, des souffrances,
00:43des empêchements, des vies plus compliquées que linéaires.
00:45La question est collective à ce niveau-là. Jamais aussi peu de naissances,
00:49jamais aussi peu d'élèves et pire encore, des élèves dont la santé mentale inquiète de plus en plus.
00:54Le politique a son mot à dire et sa solution à trouver,
00:57car les conséquences nous concernent tous.
00:59Quel avenir sans renouvellement des générations ?
01:02Quelle solidarité sans actifs ? Quel projet sans jeunesse ?
01:05Quel espoir sans vitalité ? Le président a évoqué l'infertilité, c'est déjà ça.
01:10Mais le reste, combien refusent ou rejettent l'idée ou l'enfant ?
01:14Pour quelles raisons alors que la guerre, la famine, la soif n'ont jamais obtenu ces résultats ?
01:19Voilà une question qui pourrait intelligemment occuper cette campagne présidentielle.
01:22Qu'est-ce qui donne envie de vivre, de donner la vie, de continuer tout simplement ?
01:26Mais il est vrai, pour revenir à votre question, que cela ne réglera pas le problème à court terme.
01:30Et d'ici 10 ans, nous aurons 1,7 million d'élèves en moins.
01:34Comment continuer à proposer une offre scolaire décente à ceux qui restent,
01:38pour eux-mêmes et pour nous tous, évidemment ?
01:40Vous parliez d'adaptation à cette baisse démographique à l'école.
01:43Est-ce que fermer ou fusionner des classes qui sont de plus en plus vides,
01:46ce n'est pas une réponse finalement que l'État met en place depuis quelques années ?
01:49C'est parfois ce qui arrive en ville, avec une offre suffisamment large pour les digérer.
01:53Mais c'est surtout ce qui arrive dans nos campagnes, où l'école ne cesse de s'éloigner,
01:57alors que les résultats sont déjà inquiétants.
01:59Un chiffre pour éclairer la situation, dès l'entrée au collège,
02:03Bourges et Petite-Ville comptent 12% d'élèves en difficulté,
02:06de plus que la moyenne nationale pour ce qui concerne le français,
02:10langue nécessaire pour évoluer dans sa vie d'adulte au minimum.
02:14Et cela se poursuit évidemment jusqu'au brevet,
02:17où les notes les plus faibles s'y retrouvent également.
02:20Alors pendant longtemps, et jusqu'à aujourd'hui parfois,
02:22la réponse à tous les problèmes scolaires était de réduire les effectifs.
02:25C'est souvent nécessaire, mais en l'occurrence,
02:27les effectifs fondent justement comme neige au soleil.
02:30Alors on a décidé de supprimer les postes d'enseignants,
02:32sans réfléchir à la carte de France et à l'égalité de traitement minimale
02:36que nous devons aux petits élèves ruraux.
02:38On pourrait redessiner une carte de France qui permette d'uniformiser
02:41les temps de trajet des élèves jusqu'à une école par exemple.
02:44Réfléchir à la proportion de postes administratifs et de postes d'enseignants
02:48effectivement présents devant les élèves.
02:51Redéfinir les moyens alloués dans les réseaux prioritaires
02:53en fonction du niveau scolaire et non seulement en raison des difficultés
02:57économiques, sociales ou culturelles du territoire.
02:59Bref, accepter que la règle ne soit pas la même partout,
03:02mais que la qualité et l'accessibilité de l'enseignement
03:05soit un principe à partir duquel on réfléchisse.
03:09Décentraliser un peu l'école alors qu'éducation nationale,
03:11elle est hyper centralisée, c'est le ministère qui l'est le plus.
03:14C'est un propos qu'on entend de plus dans la bouche des élus locaux,
03:18du ministre lui-même.
03:19Est-ce que ce n'est pas une bonne nouvelle ?
03:21Il y a de choses à faire, mais pas nécessairement comme on l'a toujours fait,
03:24voire pas du tout étant donné les résultats.
03:26Or nous avons supprimé des postes dans les villages
03:27pour créer des coordinateurs pédagogiques départementaux
03:31qui eux ne verront pas les élèves priés d'ajouter une demi-heure
03:34à leur trajet déjà interminable.
03:36Quelle logique a cette suradministration
03:38qui régit les heures de pause, l'organisation des déjeuners,
03:40impose des ordres inadaptés à des bonnes volontés dégoûtées.
03:44L'école souffre aussi de ce mal.
03:46Or le ministre a effectivement évoqué le sujet
03:48et annoncé la création d'une, je cite,
03:50direction de la politique territoriale de l'école et de l'anticipation.
03:54Le genre d'intitulé qui finit par devenir légèrement angoissant.
03:57Alors combien de postes ?
03:58Qui ? Pour décider quoi exactement ?
04:00Nous verrons d'ici octobre.
04:02Mais en parallèle de cette question de la disponibilité de l'enseignement,
04:05qui s'occupera d'interroger son contenu ?
04:07Parce que d'autres chiffres, ceux des classements internationaux par exemple,
04:10nous appellent à prendre la question très au sérieux et très vite.
04:13Jean-Michel Blanquer, qui était notre invité ce matin, disait
04:16« Mais attendez un peu, les résultats vont arriver. »
04:18Le résultat des réformes engagées, évidemment, quand il était ministre.
04:21Bon, il est permis, on peut prendre...
04:24Je ne rêve que d'espérer.
04:27Exactement, on peut prendre avec des pincettes,
04:28cette assertion du ministre ce matin sur Europe 1.
04:30Merci Charlotte Dornelas.