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  • il y a 1 semaine
Régine Delfour, journaliste à CNews, revient sur les manifestations anti-migrants à Madrid.

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Transcription
00:00Oui Romain, c'était extrêmement impressionnant. Nous étions donc avec Timothée Forger ici.
00:06On est devant l'hôtel de ville. Vous savez, c'était devant les mairies que les rassemblements étaient annoncés, convoqués,
00:15si je puis dire.
00:16Tout autour, il y a des artères, elles étaient noires de monde.
00:19On n'a pas encore de chiffres officiels, Romain, mais pour nous, c'est plutôt des centaines de milliers.
00:24C'était tellement impressionnant. Et ce qui était impressionnant aussi, Romain, c'était le public hétéroclite.
00:29C'est-à-dire que tous les madrilènes, on avait l'impression, étaient descendus dans la rue.
00:34Mais vous aviez des jeunes, des moins jeunes, des familles, des femmes, des hommes, tous avec le drapeau espagnol.
00:43Ils étaient extrêmement en colère. On a entendu beaucoup de slogans.
00:46Je vous propose d'écouter quelques personnes que nous avons rencontrées avec Timothée Forger.
00:56La situation est que nous avons une ville à l'abandon.
00:59On nous a abandonnés depuis le premier moment, car on aurait dû défendre la frontière.
01:03Nous avons été envahis par 70 000 personnes, peut-être plus, peut-être moins.
01:08Et Ceuta a totalement changé. Ce n'est plus la ville que j'ai connue.
01:14Nous ne pouvons pas marcher dans la rue tranquillement, car on nous regarde de travers.
01:18Il y a eu un changement radical.
01:21Comme tous les habitants de Ceuta, nous pensons que nous avons été abandonnés par le gouvernement.
01:26Ce n'est pas un appel contre les migrants. C'est un appel contre la situation.
01:32Il y a une dimension géopolitique.
01:39Et il faut trouver une solution à court terme, mais aussi à long et moyen terme.
01:44Vous l'entendez donc, Romain, avec ses vox pop.
01:48C'est vraiment la colère des Espagnols ici, des Madrilènes, par rapport à cette crise migratoire.
01:56C'est bien Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol socialiste, qui est dans le viseur des manifestants.
02:04Oui, c'est Pedro Sanchez qui est visé.
02:07Et je peux vous assurer, Romain, que nous avons entendu des slogans que nous n'entendons jamais en France.
02:13C'est-à-dire des slogans d'une extrême grossièreté.
02:16C'est pour dire à quel point les Espagnols sont en colère.
02:21Ils reprochent notamment à Pedro Sanchez d'être restés en vacances lors de cette crise migratoire.
02:26On parle quand même de plus de 70 000 personnes, de migrants, qui sont arrivés à Ceuta, dans cette petite
02:31enclave.
02:32Et lui est resté en vacances.
02:34On parle donc d'une mauvaise gestion depuis plusieurs années, puisque je vous rappelle que Pedro Sanchez est quand même
02:41au pouvoir depuis 2018.
02:43Et aujourd'hui, Pedro Sanchez, en fait, il est attendu, puisqu'il va s'exprimer devant le Parlement.
02:48Et ça risque d'être extrêmement explosif, Romain.
02:52– Pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, la situation ne s'améliore pas à Ceuta.
02:58– Non, c'est catastrophique, Romain, parce qu'en fait, on ne sait pas exactement le nombre de migrants qui
03:04sont restés à Ceuta.
03:06Pedro Sanchez parle de 6 000 migrants.
03:09Il annonce même des places qui seraient disponibles, alors que là-bas, les autorités locales parlent de plus de 10
03:15000 migrants qui sont encore sur place.
03:17Il y a ces problèmes sanitaires, Romain.
03:19Et puis aussi, les autorités locales dénoncent, surtout aussi les ONG, une lenteur, en fait, pour recevoir ces migrants,
03:27puisqu'il faut quand même les enregistrer, les accueillir, les diriger.
03:30Même cela, ce n'est pas fait.
03:32Donc il y a évidemment une violence qui est de plus en plus importante entre les jeunes habitants de Ceuta,
03:39mais aussi les migrants.
03:41Et puis maintenant, il y a encore cette polémique, Romain, puisqu'on a entendu dernièrement, en fait,
03:45que ce seraient peut-être les Marocains, la police marocaine qui auraient tout fait pour que les migrants viennent à
03:53Ceuta pour déstabiliser, en fait, l'Espagne.
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