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  • il y a 1 semaine
Arnaud Rousseau, président de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), était l’invité du Face à face d’Apolline de Malherbe ce jeudi 3 septembre. Il alerte sur une “disparition” de l’agriculture en France.

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Transcription
00:00Bonjour Arnaud Rousseau, merci de répondre à mes questions ce matin.
00:03Vous êtes le président de la FNSEA depuis 2023, l'agriculture elle est en crise depuis des années,
00:08les colères agricoles qui se multiplient mais elle est désormais menacée de disparaître.
00:13Voilà ce que vous nous dites, le pronostic vital de l'agriculture française est engagé.
00:18Sébastien Lecornu avait solennellement affirmé que l'agriculture était son dossier prioritaire de la rentrée.
00:23C'est mon dossier numéro 1, il avait promis des mesures,
00:26elles devaient arriver aujourd'hui et puis hier soir finalement dernière minute il a dit
00:30bah non ça va pas finir tout de suite vous attendrez. Vous pouvez attendre ?
00:34Non évidemment on peut pas attendre mais le sujet pour nous ne sont pas les quelques jours éventuellement
00:38que le gouvernement peut prendre pour affiner le dossier.
00:42Ce qui compte pour nous c'est que les annonces je l'espère au plus tard en début de semaine
00:46prochaine
00:47montrent la compréhension du gouvernement de la situation que vous venez de décrire
00:52qui est absolument catastrophique.
00:53et donc ce qui compte pour nous c'est à la fois la capacité à réagir maintenant
00:58et puis ensuite à se projeter.
01:00Mais le sujet numéro 1...
01:01Vous avez une date ?
01:01Je n'ai pas de date.
01:03C'est-à-dire que là il n'y a plus de date ?
01:04Écoutez ils ont dit quelques jours, encore une fois pour moi le sujet n'est pas de savoir si c
01:07'est demain ou lundi.
01:09Si c'est dans les jours qui viennent ça va ?
01:11Oui bien sûr, nous ne pouvons pas attendre.
01:13Pour une raison simple et soyons concrets,
01:15l'agriculteur qui doit semer son blé doit savoir, et c'est dans quelques semaines...
01:19On seme le blé la dernière semaine de septembre.
01:21Absolument.
01:22Eh bien achète-t-il ses semences, les prépare-t-il ?
01:25Oui ou non ?
01:25L'éleveur qui déjà est en train d'affourager, c'est-à-dire de nourrir ses animaux avec de l
01:30'herbe
01:31qu'il avait prévue pour l'hiver,
01:32est-ce qu'il a les moyens de racheter du fourrage ?
01:35Ou est-ce qu'il se sépare de ses animaux ?
01:37Ça c'est très concret et c'est maintenant.
01:38Les décisions se prennent maintenant.
01:40Canicule, incendie, sécheresse, effondrement des productions,
01:45le constat est terrible.
01:49Est-ce que vraiment c'est cet été, l'été de trop ?
01:53En tous les cas c'est une épreuve particulièrement difficile.
01:56Vous savez les agriculteurs sont habitués à vivre avec les affres du climat,
01:59ça fait partie intrinsèquement de leur métier.
02:01Mais quand vous avez un épisode de cette ampleur,
02:03et que par ailleurs, vous l'avez dit, ils succèdent à des années difficiles,
02:06il y a un trop-plein.
02:09Et de surcroît, quand vous n'avez pas de vision politique
02:12de ce qu'on veut faire de l'agriculture en Europe ou en France,
02:15vous vous interrogez sur le fait de continuer à faire ce métier
02:19qui par ailleurs a du sens.
02:20Je rappelle que nourrir les Français me paraît être noble,
02:23mais que de plus en plus nous importons notre agriculture du reste de la planète,
02:27près d'un tiers aujourd'hui.
02:28Pour la première fois, la France importe davantage qu'elle n'exporte.
02:32Et nous sommes donc dans une situation où c'est stop ou encore.
02:37Où il y a une vision qui nous permet de continuer,
02:39et des moyens, et je dis pas simplement des moyens de l'État,
02:43c'est aussi des moyens dans l'ensemble des filières.
02:45Moi j'en appelle aussi aux consommateurs.
02:47On va y venir, parce que ça aura des conséquences évidemment sur les prix,
02:50mais vous appelez une forme de solidarité.
02:51Je recevais d'ailleurs ici même le patron d'Intermarché hier.
02:54On verra aussi quelle est leur réponse,
02:55et si elle est à la hauteur.
02:56Alors, une question malgré tout, est-ce que vous avez rendez-vous avec Sébastien Lecornu ?
03:00Je rappelle ce qu'il a quand même dit le week-end dernier, il y a une semaine,
03:03il a dit il faut deux plans pour les agriculteurs,
03:05un plan de soutien et de sauvetage pour passer l'hiver,
03:08puis un plan de relance pour 2027.
03:11Est-ce que, il vous l'a dit dans les yeux,
03:13est-ce que vous avez rendez-vous avec lui ?
03:14Est-ce que vous savez de quoi il parle ?
03:15D'abord, je me réjouis de cette prise de conscience,
03:18mais je crois que le Premier ministre le savait déjà.
03:21J'ai rendez-vous à Matignon la semaine prochaine,
03:25le 8 septembre, avec le Premier ministre.
03:27Évidemment, ce que je souhaite, c'est que les annonces aient été faites avant,
03:30pour qu'on puisse se projeter.
03:31Il a raison de dire que d'abord, la situation, c'est l'urgence.
03:35Est-ce que, oui ou non, comme n'importe quelle entreprise française,
03:37j'ai la trésorerie pour pouvoir me projeter
03:39et préparer le cycle cultural suivant,
03:42en gros, éviter le sur-accident, ou pas.
03:45Et par ailleurs, est-ce qu'on peut commencer à parler de la suite,
03:48parce qu'on ne va pas pouvoir attendre les présidentielles,
03:50on a besoin de décisions dès 2027, notamment dans le budget ?
03:52La question de l'effondrement des productions d'abord.
03:55Je voudrais que l'on regarde, j'allais dire rayon par rayon,
03:58les salades, il suffit de faire ses courses
03:59pour se rendre compte qu'il n'y en a quasiment plus dans les rayons.
04:03Elles manquent, et pas que les salades lavées un peu industrielles,
04:07non, toutes les salades ne sont plus au rendez-vous.
04:10Est-ce que la production s'est effondrée ?
04:11Est-ce que vous allez réussir à la relancer ?
04:13On dit qu'il va y avoir beaucoup de concombres, mais très peu de salades.
04:16Oui, vous avez raison.
04:17Quand vous êtes maraîcher, et que vous le faites en plein champ,
04:20les salades et d'autres productions,
04:23vous avez subi un été meurtrier.
04:25Quand il fait 40 degrés, et que vous n'avez pas d'eau,
04:28même avec de l'irrigation, vous n'avez la plupart du temps
04:31pas de production, ou une production dégradée.
04:34Et je le dis parce qu'on a parlé des légumes,
04:36mais je peux d'ores et déjà vous annoncer
04:37que les pommes, qui vont arriver dans quelques semaines,
04:40ont aussi des impacts.
04:41Qu'est-ce que ça veut dire ?
04:42Ça veut dire que, quand vous êtes maraîcher,
04:45y compris dans le nord de la France,
04:46j'avais au téléphone, il y a quelques jours,
04:48des maraîchers du nord Finistère,
04:50qui est une région où il pleut, habituellement,
04:52de manière importante.
04:53C'est la catastrophe.
04:54C'est la catastrophe en choux-fleurs,
04:56c'est la catastrophe en brocolis.
04:57Et donc, ça veut dire qu'il n'y a pas de production.
05:00Et que là, les quelques pluies qui sont arrivées
05:02vont probablement permettre de préparer l'avenir,
05:04mais que c'est extrêmement difficile.
05:06Et le sujet de fond, c'est à la fois la production,
05:09mais c'est aussi le prix.
05:10Parce que forcément, ça aura des conséquences.
05:12Parce que moins de fruits, les prix vont évoluer.
05:18Est-ce que c'est aussi plus globalement
05:19un choix qui a été fait par la France
05:21que l'alimentation soit toujours tirée vers le bas
05:24dans les prix ?
05:25Alors oui, pour le pouvoir d'achat,
05:27mais au mépris des agriculteurs.
05:29Est-ce qu'il faut changer cette logique-là ?
05:32C'est une nécessité.
05:33C'est une nécessité.
05:34Et je veux le dire parce que les gens qui nous écoutent disent
05:36« Oui, mais moi, à la fin du mois, c'est compliqué. »
05:40Prenons un exemple concret.
05:41Une boîte d'haricots verts, une boîte de conserve,
05:44donc un produit extrêmement standard,
05:46qui pèse 800 grammes,
05:47dans lequel il y a à l'intérieur 440 grammes de haricots verts,
05:51qui coûtent 2,50 euros, 2,60 euros dans un supermarché français.
05:55La part de haricots verts payée aux producteurs,
05:58c'est moins de 13 centimes, Apolline de Malherbe.
06:00Moins de 13 centimes sur 2,50, 60.
06:04Le reste, ça va où ? Ça va à qui ?
06:05Le reste, c'est évidemment de la transformation,
06:08de la logistique, de la distribution, des marges.
06:09C'est quoi ? C'est l'industriel ?
06:10C'est, je ne sais pas, Monduel ou je ne sais qui ?
06:12C'est la chaîne tout au long.
06:14C'est la raison pour laquelle...
06:15C'est le supermarché, Leclerc ou Intermarché ?
06:18C'est eux finalement ?
06:18C'est toute la chaîne.
06:19Et encore une fois, ne laissons pas penser
06:21qu'il n'y a pas de création de valeur.
06:23Entre le haricot qui sort du champ du producteur
06:27et le supermarché,
06:28il y a tout un tas de chaînes de valeur.
06:29Ce que je veux expliquer, c'est qu'un petit peu
06:32d'inflation alimentaire n'est pas un drame.
06:34Nous parlons de quoi pour le producteur ?
06:36Nous parlons de 2 centimes sur cette boîte de haricots.
06:39De passer de 13 centimes à 15 centimes,
06:41ça changerait la donne.
06:42Et vous voyez bien que si on veut continuer
06:44à consommer français,
06:45c'est absolument ce qu'il faut faire.
06:46Il faut rompre avec cette idée
06:48qu'il n'y aura jamais d'inflation
06:49et que se nourrir, c'est toujours moins cher.
06:51C'est très intéressant ce que vous nous dites,
06:52Arnaud Rousseau,
06:53parce qu'évidemment, à la fois politiquement,
06:56j'allais dire même vis-à-vis du grand public,
06:58l'idée de dire, il faut accepter.
07:00En fait, on a l'impression que ça fait des années
07:02qu'on est là à dire,
07:03l'inflation, l'inflation, l'inflation au secours.
07:05Et vous, vous dites ce matin, il faut accepter.
07:06En fait, il faut accepter à un moment
07:08qui est un peu d'inflation sur l'alimentaire.
07:10C'est du bon sens.
07:12Dans nos fermes, nous avons des collaborateurs.
07:15Le coût du travail augmente tous les ans.
07:17Et c'est normal pour rémunérer nos collaborateurs.
07:21Le coût de l'énergie,
07:21mais enfin, chaque Français voit bien
07:22que quand il fait le plein à la pompe,
07:24ça a augmenté.
07:25Le coût de nos matières premières augmente.
07:26Donc, l'inflation alimentaire,
07:28non seulement elle est nécessaire,
07:29mais au fond, elle est vertueuse.
07:30C'est ce que vous nous dites.
07:31Elle est saine.
07:32Elle est, en tous les cas,
07:33pour peu qu'elle soit maîtrisée,
07:34parce que je ne voudrais pas non plus
07:35que la traduction de mes propos,
07:36ce soit on va faire n'importe quoi.
07:38J'entends encore une fois
07:38que se nourrir,
07:39pour un certain nombre de nos compatriotes,
07:41c'est compliqué.
07:42Mais l'enjeu,
07:43c'est la souveraineté.
07:44C'est la capacité à garder
07:45une agriculture française
07:46au moment où elle s'effondre.
07:47Un tiers est importé.
07:48Notre balance commerciale s'effondre.
07:50Alors que, par ailleurs,
07:51nous avons tout pour réussir.
07:52Arnaud Rousseau,
07:53est-ce que ça,
07:53vous allez pouvoir le mettre en oeuvre ?
07:55C'est-à-dire qu'on le sait bien,
07:56ici en France,
07:57il y a des règles,
07:58et notamment cette règle
07:59de discussion des prix,
08:01négociation des prix.
08:02C'est une fois par an,
08:03c'est au 1er mars,
08:03ils sont arrêtés pour l'année.
08:05Vous allez rouvrir les négociations
08:06avec les industriels,
08:07avec les distributeurs ?
08:08Nous souhaitons effectivement
08:09que dans les filières...
08:11Avant mars, je veux dire ?
08:12Bien sûr, nous souhaitons
08:13qu'il puisse y avoir
08:14des réouvertures
08:15de négociations commerciales.
08:16Vous le souhaitez,
08:17mais est-ce qu'ils vous disent oui ?
08:17Est-ce qu'ils ont accepté ?
08:18Ça, c'est la responsabilité
08:19de la ministre
08:20et c'est la responsabilité
08:21des acteurs.
08:22Moi, j'ai entendu
08:23sur votre antenne Thierry Cotillard
08:24dire...
08:25Le patron des magasins
08:26intermarchés.
08:26On est prêt à faire un effort,
08:27dont acte.
08:28Et encore une fois,
08:30justifions ces hausses de prix,
08:31mais je crois que le consommateur
08:32comprend qu'avec ce qui s'est passé
08:34cet été,
08:35c'est plus difficile de produire.
08:36Et la rareté va faire partie
08:38maintenant de notre environnement.
08:40Ça va être plus difficile
08:41de produire avec le dérèglement climatique.
08:43La France a besoin
08:44de faire un certain nombre
08:44de réformes structurelles.
08:45Nous avons commencé
08:46avec la loi d'urgence agricole.
08:47Stocker de l'eau
08:48est absolument vital.
08:48Quand Thierry Cotillard
08:50et les autres disent
08:51on va faire des grandes opérations
08:52fruits et légumes moches,
08:54ça suffit ça ?
08:54Non, bien sûr que non.
08:55Non, mais on a l'impression
08:56que c'est la réponse C.
08:57Ah, mais on va accepter
08:58des fruits et des légumes
08:58de plus petit calibre,
08:59les fruits et légumes moches
09:00et on va les vendre chez nous
09:01et c'est un geste très généreux.
09:03C'est un premier pas
09:04par ailleurs nécessaire.
09:05Mais vous voyez bien
09:06qu'il faut aller plus loin.
09:07Il faut accepter de dire
09:08que si on veut garder
09:09une agriculture française,
09:10on ne peut pas expliquer
09:11aux consommateurs en permanence
09:12que c'est de la déflation
09:14et que de toute façon
09:15l'alimentation restera
09:16toujours au même point
09:16parce que la doctrine
09:17de pas d'inflation alimentaire
09:19est ancrée chez tout le monde.
09:20Ça n'est plus possible.
09:21Y aura-t-il ?
09:21Et faut-il s'habituer
09:22à une forme de rareté ?
09:23Bien sûr, vous savez,
09:25les impacts du climat,
09:25ça n'est pas qu'en France.
09:26Je pense à nos collègues
09:27des territoires ultramarins.
09:28Ils subissent des sécheresses carabinées.
09:30J'avais mes collègues
09:31de la Martinique
09:32il y a quelques jours au téléphone.
09:33Pour eux, c'est terrible.
09:34Je sais que c'est pareil en Guadeloupe.
09:36Le reste de la planète
09:37souffre aussi
09:38d'un certain nombre
09:38d'impacts du climat.
09:40On a parlé du phénomène El Nino.
09:41Nos collègues allemands
09:42ont aussi subi une sécheresse.
09:43Donc la production agricole
09:44qui dépend du climat
09:46va être sous pression
09:47sur la planète.
09:48Et donc cette difficulté
09:49nécessite que nous nous adaptions.
09:51C'est ce que font les agriculteurs.
09:52Mais il faut donner
09:53quelques moyens
09:54de continuer tout de suite.
09:55Et ensuite, il faut poser la vision
09:57et mettre les moyens en face.
09:58S'adapter, on va voir aussi
09:59la question notamment
09:59du stockage de l'eau.
10:01Mais encore une question
10:01sur les rayons.
10:02Les oeufs, la volaille, le lait.
10:04On nous parle de 30% de baisse
10:06de production de lait
10:07pour certaines vaches
10:08parce qu'elles ont moins bu,
10:10parce qu'il y avait plus de sécheresse.
10:11Est-ce que c'est en effet le cas ?
10:12Et est-ce que le prix du lait
10:13doit là encore augmenter ?
10:15Est-ce qu'on doit tous l'accepter
10:16j'allais dire collectivement ?
10:18Évidemment, les impacts de 40 degrés
10:20sur un troupeau de vaches laitières,
10:21c'est des impacts qui vont
10:22de moins 15 à moins 30%
10:23de production de lait.
10:25Mais je pourrais vous dire
10:25la même chose sur le maïs
10:27qui va faire sa plus faible récolte
10:28depuis les 45 dernières années.
10:29Nous avons parlé du maraîchage.
10:31Partout, il y a une pression à la baisse.
10:33Voir du lait en supermarché
10:35à 80 centimes la brique de lait UHT,
10:38ça n'est pas tenable.
10:40Nous ne pouvons plus voir du lait
10:41en grande surface
10:42en dessous d'un euro le litre et encore.
10:45Donc ça, ça doit être
10:45une prise de conscience collective.
10:46Je vous parlais de quelques centimes.
10:48Acheter une brique de lait, un euro,
10:50c'est garantir aux producteurs
10:52un revenu et la poursuite
10:53de son laitivité.
10:54Si, vous dites à tous ceux
10:55qui nous écoutent,
10:55si votre brique de lait,
10:56elle est moins de un euro,
10:58c'est qu'il y a un problème ?
10:59C'est que vous êtes en train
11:00de détruire la production laitière française.
11:02Il faut le dire clairement.
11:03Ils avaient du temps
11:05pour se préparer.
11:06La candidate écologiste,
11:08Marine Tondelier,
11:09accuse le gouvernement
11:10d'impréparation globalement
11:12sur la séquence climatique,
11:13mais aussi sur le grand plan
11:16pour l'agriculture.
11:17Elle dit qu'ils s'y sont pris
11:18au dernier moment.
11:19Ils calculent parce qu'en réalité
11:20ils ne sont pas prêts.
11:21À ce niveau d'impréparation,
11:22c'est très préoccupant.
11:23Est-ce que vous partagez ?
11:25Écoutez, on est dans une situation
11:26particulièrement difficile
11:27et on aura besoin
11:28de tout le monde pour réagir.
11:30D'abord, je le dis,
11:31on aura besoin
11:32de l'ensemble des partis politiques
11:33et au moment de la présidentielle,
11:34on souhaiterait que le sujet
11:35pas seulement de l'agriculture,
11:36mais de cette vision
11:38d'une souveraineté pour le pays
11:39avec une acceptation
11:40de la remise en cause
11:41du pas d'inflation
11:42soit un sujet
11:43de campagne présidentielle
11:44et pas que pour l'agriculture.
11:45J'ai discuté avec des artisans,
11:47avec des commerçants.
11:47C'est la même problématique.
11:49Deuxièmement,
11:49ce qui s'est passé
11:50est assez inédit.
11:52Encore une fois,
11:52le monde agricole
11:55mais là, c'est allé très loin.
11:56Ce qui compte,
11:57ce n'est pas de dire
11:57vous n'avez pas fait ci,
11:58vous n'avez pas fait ça.
11:59Les écologistes
12:00n'ont pas beaucoup aidé
12:00au stockage de l'eau,
12:01par exemple,
12:02ces 20 dernières années.
12:03Mais nous avons besoin
12:04qu'il y ait une réaction
12:04à la hauteur,
12:05une réaction du gouvernement,
12:06une réaction des filières
12:07et je le dis aussi,
12:08une réaction du consommateur.
12:09On va revenir sur les candidats.
12:10Par exemple,
12:10Edouard Philippe dit justement
12:11qu'il faut stocker l'eau
12:12mais puisque vous dites
12:13les écologistes
12:14n'ont pas forcément aidé,
12:16votre confrère
12:16et concurrent
12:17la coordination rurale
12:19Bertrand Ventrault
12:20est jugé aujourd'hui
12:22pour avoir eu cette phrase
12:23lorsqu'il a été élu
12:25à la tête de la coordination rurale.
12:27Les écolos,
12:28la décroissance,
12:28ils veulent nous crever.
12:29Vous aviez partagé
12:30le constat au-delà des mots ?
12:32Non mais au-delà des mots,
12:33c'est quand même
12:34assez essentiel
12:34de rappeler que
12:36la justice l'a convoqué
12:38pour répondre de ça.
12:39En tous les cas,
12:40l'écologie politique
12:41a causé un préjudice majeur
12:43en refusant
12:44de regarder la réalité en face.
12:46Nous avons besoin d'eau
12:48et d'ailleurs à peu près
12:48tous les syndicats
12:49ils ont regardé en face
12:50la question du dérèglement climatique
12:52ils ont alerté
12:53mais ce que vous leur reprochez
12:55c'est d'avoir refusé
12:57les moyens
12:58de se adapter.
12:59Le dérèglement climatique
13:00les agriculteurs
13:01ça fait longtemps
13:01qu'ils ont compris
13:02quand les vendanges
13:03sont avancées de trois semaines
13:03quand les récoltes de fourrage
13:05sont avancées parfois d'un mois
13:06quand la moisson a lieu
13:08maintenant fin juin
13:09début juillet
13:10quand j'étais plus jeune
13:11c'était jamais avant le 14 juillet
13:12donc tout ça
13:13on le voit dans nos fermes
13:14c'est très concret
13:15Les vendanges
13:15qui pour la plupart
13:16ont déjà commencé
13:17alors que normalement
13:17c'était fin septembre
13:18Absolument
13:18mais la question maintenant
13:20que le constat est posé
13:21c'est qu'est-ce qu'on fait ?
13:22Et nous vous savez
13:23on vit de choses concrètes
13:24Sur le stockage de l'eau
13:24est-ce que vous estimez
13:25Arnaud Rousseau
13:26que si la guerre
13:28des mégabassines
13:28n'avait pas eu lieu
13:29l'agriculture se porterait mieux
13:31est-ce que cet été
13:31aurait été moins difficile
13:32à traverser ?
13:33En tous les cas
13:34si on avait eu de l'eau
13:35à disposition
13:35on aurait été capable
13:36de mieux résister
13:37je ne dis pas
13:37qu'il n'y aurait pas eu des impacts
13:38L'Espagne le fait
13:39Mais attendez
13:40l'Espagne le fait
13:41l'Italie le fait
13:41le Maroc le fait
13:42tous les gens
13:43qui ont été avant nous
13:43confrontés à ces problématiques
13:45quelle que soit
13:45la couleur politique
13:46de leur gouvernement
13:47ont pris des mesures
13:48Maintenant il faut réagir
13:49et stocker de l'eau
13:50ce n'est pas seulement
13:51un parti pré-agricole
13:52vous avez vu les incendies
13:53cet été
13:53on sait que demain
13:54pour le petit nucléaire
13:55on en aura besoin
13:56on sait que pour l'adduction
13:57d'eau potable
13:57on en aura besoin
13:58tout le monde aura besoin d'eau
13:59donc on a besoin de la stocker
14:01c'est du bon sens
14:02Maintenant il faut passer
14:02aux travaux pratiques
14:03la loi d'urgence
14:04ouvre un certain nombre
14:05de possibilités
14:07je veux que d'ici
14:08l'été prochain
14:09les premiers projets
14:10soient en route
14:11et là on verra bien
14:12si ceux qui luttent
14:15en tous les cas
14:15contre cette approche
14:16déposent des recours
14:17Vous alliez dire quoi ?
14:18Vous avez ouvert vos guillemets
14:19puis vous n'avez pas osé ?
14:21Non mais je n'ai pas osé
14:21vous voyez très bien
14:22de qui je parle
14:23ceux qui systématiquement
14:24attaquent les projets
14:25quand on veut développer
14:25un poulailler
14:26quand on veut faire
14:26une retenue collinaire
14:27Ce sont les écologistes militants ?
14:30Oui
14:30une certaine militance historique
14:34qui a lutté
14:34contre le nucléaire
14:35qui lutte maintenant
14:36contre ce qu'elle appelle
14:36l'agriculture intensive
14:37moi je rappelle
14:38que l'agriculture française
14:39est une agriculture familiale
14:40implantée dans les territoires
14:41et que face à ce qui se passe
14:43sur la planète
14:44si nous ne réagissons pas
14:45Elle n'est pas que une agriculture familiale ?
14:46Bien sûr que si
14:46Elle n'est pas que une agriculture familiale
14:48Non mais quand on dit familiale
14:49on a l'impression
14:49des petites exploitations
14:50Non mais moi je vous parle
14:51des capitaux
14:51Il y a aussi des très grosses exploitations
14:53et c'est d'ailleurs
14:54une des questions
14:55que les écologistes
14:56qui s'opposent
14:57à ces méga retenues d'eau
14:59avancent
14:59ils disent
15:00le problème c'est que
15:00garder l'eau
15:01oui mais à qui va-t-elle
15:02être distribuée ?
15:03Ils y voient une forme
15:04de lutte des classes
15:05Permettez-moi
15:05C'est comme ça qu'ils le lisent
15:06Permettez-moi de rétablir la vérité
15:08Le foncier français
15:09est détenu par des petits porteurs
15:11et la quasi-totalité
15:12des exploitations agricoles françaises
15:14avec quelques exceptions
15:15dans la viticulture
15:15dans les grands crus
15:16est détenue par des familles
15:18Il n'y a pas de fonds de pension
15:19en France
15:20Apolline de Malherbe
15:20Maintenant
15:21la lutte des classes
15:22comme on l'appelle
15:23mais le sujet aujourd'hui
15:24c'est de nourrir les français
15:26Si on ne développe pas
15:27une capacité à réagir
15:28il n'y a plus d'agriculture française
15:30donc on aura réglé
15:31le problème de la lutte des classes
15:32Ce qu'il faut absolument aujourd'hui
15:33c'est permettre aux agriculteurs
15:35de continuer à produire
15:36Ou alors on dit
15:37ça vient d'ailleurs
15:38on délègue notre souveraineté
15:39mais sur l'alimentation
15:40quand on joue à ça
15:41ça se finit toujours très mal
15:43dans l'histoire
15:43Arnaud Rousseau
15:44une question aussi
15:44sur la volaille
15:46la volaille
15:47et notamment la volaille
15:48ukrainienne
15:49ou importée
15:50et la question aussi
15:51du bœuf brésilien
15:53Sur la volaille
15:54on a découvert
15:55ces chiffres assez inouïs
15:56en se disant
15:56qu'on avait pourtant
15:57des très belles exploitations
15:58de volaille
16:00en France
16:00c'est pas la sartoise
16:01près de Loué
16:02qui vous dira le contraire
16:04et pourtant
16:05plus de la moitié
16:06du poulet
16:07qu'on consomme
16:07en France
16:08est importée
16:09c'est toujours le cas ça
16:10alors que ça fait deux ans
16:11qu'on en parle
16:12rien ne s'arrange
16:13C'est 55%
16:15Apolline de Mayer
16:16des poulets
16:16que consomment les français
16:17qui ne sont pas produits
16:18en France
16:19Thaïlande
16:19Brésil
16:20Ukraine
16:21tout ça
16:22dans des conditions
16:22de production
16:23qui ne sont pas
16:24les standards
16:24Les règles du jeu
16:25qu'on s'impose à nous
16:26on ne les impose pas aux autres
16:27Non seulement
16:28les règles qu'on nous impose
16:30ne sont pas exigées
16:31des autres
16:31mais on a des éantes
16:32très concrètes
16:32vous parliez de la volaille
16:33c'est évidemment le cas
16:35mais je voudrais pointer du doigt
16:36ce que la commission européenne
16:38vient de décider
16:39concernant le Brésil
16:39souvenez-vous
16:40il y a huit mois
16:41à Strasbourg
16:42C'est inouï
16:42à partir d'aujourd'hui
16:43je voudrais bien redonner
16:44cette information
16:45à partir d'aujourd'hui
16:46les importations
16:47de viande brésilienne
16:48qui pourtant avaient donc
16:49été autorisées
16:50seront interdites
16:52l'Union Européenne
16:52suspend ces importations
16:54de viande brésilienne
16:55parce qu'effectivement
16:56ils ont visiblement
16:58réalisé
16:58que ce n'était pas
17:00en conformité
17:01avec les règles européennes
17:03Nous le disions
17:04avec force
17:04il y a huit mois
17:05Ils n'auraient pu vous écouter
17:06Disons qu'on essaie
17:07de vous expliquer
17:08que nous étions
17:09dans l'excès
17:10nous n'étions pas
17:10des gens sérieux
17:11nous forcions le trait
17:12nous faisions un syndicalisme
17:14un peu conservateur
17:15et puis tout d'un coup
17:16huit mois après
17:16on découvre
17:17que finalement
17:18ce qui est importé
17:19n'est pas conforme
17:19à la législation européenne
17:20et on l'interdit
17:22Utilisation abusive
17:22d'antibiotiques
17:23par exemple
17:24sur l'élevage
17:25Est-ce que les responsabilités
17:26vont être pointées
17:28dans cette affaire ?
17:29Nous avons cessé
17:30de dire
17:31que nous étions d'accord
17:32pour commercer
17:32pour le peu que ce soit
17:34loyal
17:35ça ne l'était pas
17:36On nous a expliqué
17:37qu'il y avait des intérêts
17:38autres
17:39et que la réelle politique
17:40conduisait
17:40par anticipation
17:42malgré le recours
17:43devant la Cour de justice européenne
17:44à mettre en place cet accord
17:45et aujourd'hui
17:45on nous explique
17:46que finalement
17:46pour protéger
17:47le consommateur européen
17:48on va interdire
17:48mais enfin
17:50c'est inacceptable
17:51qui est responsable
17:53qui va oser
17:54devant les européens
17:56assumer
17:57cette incohérence majeure
17:59que nous dénoncions
18:00depuis des années
18:01continuer à produire
18:03en Europe
18:03avec une alimentation
18:04parmi les plus sûrs
18:05de la planète
18:05pour garantir aux consommateurs
18:07la qualité
18:08la sécurité
18:09c'est ça notre boulot
18:10à nous les agriculteurs
18:11suspension
18:12non seulement
18:12effectivement
18:13des importations
18:14de viande
18:15de volaille
18:16de bœuf brésilien
18:17mais aussi
18:18du miel
18:19et des oeufs
18:21ça veut quand même dire
18:23que tout ça
18:23aurait pu être anticipé
18:24est-ce que l'Union européenne
18:26s'est trompée de combat ?
18:29Est-ce qu'elle est aujourd'hui
18:30votre ennemi
18:32plutôt que votre allié ?
18:33Non vous savez
18:33nous on a toujours dit
18:34que face aux grands blocs mondiaux
18:35il fallait réagir en européen
18:37mais effectivement
18:37nous avons dénoncé
18:38avec force
18:39cette vision
18:40de ce que
18:42l'Europe a appelé
18:43le Green Deal
18:43le pacte vert
18:44qui était une vision idéaliste
18:46très naïve
18:47et il me semble que
18:48au moins
18:48s'il y a une vertu
18:49à cette réaction
18:50d'interdiction des imports
18:51c'est que peut-être
18:52il y a une prise de conscience
18:52qui va conduire
18:53à garantir que
18:54maintenant
18:55on va cesser notre naïveté
18:56on va contrôler
18:57ce qui arrive
18:58et surtout
18:58on va redonner
18:59de l'ambition
19:00à l'agriculture européenne
19:01parce qu'on ne peut pas
19:01en permanence
19:02expliquer que ça vient d'ailleurs
19:03et détruire la production
19:05derrière la production
19:06il y a aussi
19:06la création de valeur
19:07il y a la restauration
19:08des finances publiques
19:09il y a tous ces sujets là
19:09Arnaud Rousseau
19:11les tracteurs
19:12aux portes de Paris
19:13les blocages
19:14sur un certain nombre
19:15d'autoroutes
19:16est-ce que ce sont des images
19:17que l'on va revoir ?
19:18Partout où je vais sur le terrain
19:19vous savez
19:20j'étais dans l'Aveyron
19:20je serai cet après-midi
19:21en Normandie
19:22les gens disent
19:23on va attendre de voir
19:24quelle est la prise de conscience
19:25des pouvoirs publics
19:26mais je le dis aussi
19:27des filières
19:28du consommateur
19:28parce que ça ne peut pas
19:29simplement être l'Etat
19:30nous sommes conscients
19:31de l'Etat
19:31des finances publiques
19:32mais s'il n'y a pas
19:33une réaction massive
19:34avec une mise en place
19:35d'un certain nombre
19:35de moyens très concrets
19:36qui donnent des signaux
19:37alors évidemment
19:38cet hiver
19:39les gens qui sont
19:40au bord du gouffre
19:41voire tombés dans le gouffre
19:42quand j'emploie
19:43l'expression
19:44de
19:45vraiment
19:46le diagnostic vital
19:47est engagé
19:47c'est que
19:48on en est là
19:49à Pauline Demanier
19:49il y a des gens qui disent
19:50moi c'est terminé
19:51je ne peux plus
19:51j'aime ce métier
19:52mais ce n'est plus possible
19:53quand vous êtes
19:54en zone intermédiaire
19:55quand vous êtes
19:56en Occitanie
19:57qui depuis plusieurs années
19:59subit cette affaire
20:00quand vous êtes
20:00aujourd'hui viticulteur
20:02et que vous voyez
20:02les foires au vin
20:03dans lequel on voit du vin
20:04à vil prix
20:04ça n'est plus tenable
20:05mais est-ce que ça veut dire
20:06que ce que vous êtes
20:07en train de nous dire
20:07c'est que cette colère
20:08elle est pour l'instant
20:09retenue
20:10parce qu'ils ont encore espoir
20:11mais au fond
20:12le gouvernement
20:13en annonçant hier
20:13que finalement
20:14ils n'étaient pas prêts
20:15que le plan
20:16ne serait pas annoncé
20:17aujourd'hui
20:17que les aides
20:18ne seraient toujours pas
20:21jouer avec le feu
20:22en tous les cas
20:23ça fait trois hivers
20:24qu'on est dehors
20:26on a besoin
20:26effectivement
20:27d'une réponse rapide
20:28et tout porte à croire
20:29que la colère
20:29n'a pas disparu
20:30je vous confirme même
20:31que la colère est là
20:31donc on a besoin
20:33de travailler
20:33avec les pouvoirs publics
20:34c'est la raison pour laquelle
20:35j'irai à l'invitation
20:36du Premier ministre
20:37la semaine prochaine
20:38on va voir les moyens
20:39mis en oeuvre
20:39et si on considère
20:40que ça n'est pas suffisant
20:41ou qu'en tous les cas
20:42les choses ne vont pas
20:42assez vite
20:43à nouveau on viendra
20:44exprimer notre colère
20:45mais je le redis
20:45la colère
20:46ce n'est pas un sport
20:48qu'on aime pratiquer
20:48dans le monde agricole
20:49parce que tous les hivers
20:50on a autre chose à faire
20:51on a énormément
20:52d'autres choses à faire
20:53mais on veut se battre
20:54pour ce métier
20:55parce qu'on pense
20:55que ça a du sens
20:56pour le pays
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