- il y a 1 semaine
Jeudi 3 septembre 2026, retrouvez Frédéric Cauvin (directeur de projet, GRAND PARIS AMÉNAGEMENT), Pierre Tremolieres (CEO, ACCENTA), Yann Daoudlarian (Président, Groupe Franc Architecture) et Stanislas Pottier (Président, BBCA) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:08Smart Impact est au SIPCA, le salon de l'immobilier bas carbone ici au Grand Palais à Paris.
00:13SIPCA qui fête ses 5 ans, on va voir à quel point le secteur se transforme.
00:19Dans cette émission, on fera le point sur le marché de l'immobilier bas carbone en France et en Europe.
00:23On parlera aussi des sites industriels, comment les adapter.
00:26Et puis, on va découvrir ensemble le géostockage ou comment stocker de la chaleur en été pour la restituer en
00:34hiver.
00:34C'est parti pour ce Smart Impact spécial SIPCA.
00:43L'invité de ce Smart Impact, c'est Stanislas Bautier, le président de l'association BBCA.
00:48Bonjour Stanislas.
00:50Bonjour Thomas.
00:50Bienvenue, enfin merci de nous accueillir plutôt puisque vous organisez ce SIPCA,
00:54ce salon de l'immobilier bas carbone.
00:56On va faire ensemble l'impoids sur l'état du marché immobilier et du marché bas carbone en France.
01:02Vous venez de lancer, d'inaugurer le salon. Dans quel état d'esprit ?
01:05Formidable.
01:08Effectivement, je sors à l'instant de l'intervention d'ouverture que nous avons faite avec Féal Desriches,
01:15la directrice du salon et trois intervenants de la ville de Paris,
01:20de la région Île-de-France et de la métropole du Grand Paris, ce que je trouve assez symbolique
01:25parce que d'abord ce sont des gens qui nous accompagnent depuis le début chez BBCA,
01:28qui sont très engagés sur la décarbonation et la nécessité de progresser dans la comptabilité carbone
01:33et la valorisation des bonnes pratiques, et qui ont un discours à la fois politique,
01:38ils sont aux manettes, mais très concrets, précis, c'est pas du blabla, on fait.
01:43Donc je trouve que c'est une très bonne façon d'ouvrir le salon, et puis il y a du
01:48monde,
01:48il fait beau mais pas trop chaud, le salon est assez beau, et on est sur une progression comme les
01:57années précédentes,
01:58donc ça montre qu'on reste sur un sujet clé et qui est considéré comme clé par tout le secteur,
02:04toute la chaîne de valeur.
02:04Oui, de plus en plus d'exposants, de plus en plus de participants, je reviens sur ce que vous venez
02:08de nous dire.
02:09Sachant qu'on les sélectionne tous, toujours, on fait très attention à qui est là.
02:14Effectivement, vous disiez ville de Paris, région, ils ne sont pas du même camp politique,
02:19est-ce qu'ils suivent malgré tout une même stratégie, une même logique ?
02:23Est-ce que vous voyez ces différences politiques s'atténuer quand il s'agit de parler de projets, de grands
02:27investissements ?
02:28C'est ça qui est génial, c'est qu'on a, et c'est comme les membres du BBCA,
02:33on est quasiment à 170 membres maintenant, représentant un peu tous les segments de la profession,
02:39ils ont des stratégies différentes, ils ont des idées politiques différentes,
02:44et là, les partenaires qu'on a, les élus locaux, ils sont aussi de bords différents,
02:48mais quand on parle décarbonation, on parle précis, c'est quantitatif, il y a des façons de mesurer,
02:55il y a des façons, il y a des bonnes pratiques, les bonnes pratiques sont partagées par tout le monde,
02:59ça, ce n'est pas de l'idéologie, et je dois dire que les différents partis de gouvernement sont tous
03:05engagés là-dessus.
03:06Alors après, ça dépend des personnalités, mais je dois dire qu'on a la chance d'avoir dans ces trois
03:12institutions,
03:13la métropole, la ville et la région, des personnalités engagées, qui savent qu'il faut y aller, il faut accélérer,
03:20et que c'est aussi des opportunités de faire mieux, d'être plus compétitif et de répondre aux attentes de
03:26la société.
03:27Donc effectivement, on voit s'effacer, en tout cas, dans le concret, dans la réalisation, il n'y a plus
03:34d'idéologie.
03:35Alors c'est vrai que le secteur de l'immobilier, alors l'économie française est plutôt au ralenti,
03:39ça c'est déjà un constat de la rentrée, on a vu les chiffres de l'INSEE,
03:42le secteur du bâtiment, l'immobilier, souffre depuis un certain nombre d'années.
03:46Est-ce que ça freine la décarbonation ou pas ?
03:51Je dirais oui, dans un sens, parce qu'on a moins de projets neufs, par exemple.
03:57Or, le neuf, c'est toujours très intéressant, parce qu'on a les mains libres pour faire quelque chose de
04:01très performant.
04:02Les bâtiments neufs, c'est un peu des têtes de gondole pour la décarbonation,
04:05qui montrent comment on peut faire, quel niveau de performance on peut atteindre, et c'est possible.
04:09Alors évidemment, le fait que le marché est en crise depuis plusieurs années, ça freine.
04:16En même temps, ça n'a pas freiné le salon, puisqu'on a commencé il y a cinq ans,
04:21on occupait la moitié du grand palais éphémère avec nos amis, le salon du livre ancien,
04:27et là maintenant, on occupe le grand palais.
04:29Ça veut dire que ce n'est plus un marché de niche, le bas carbone dans l'immobilier ?
04:33Non, les gens savent que c'est fondamental, il faut faire.
04:37Et pour des raisons qui sont à la fois réglementaires, politiques, sociétales, économiques,
04:45et c'est ce que j'allais dire également, la crise provoque une fuite, entre guillemets, vers la qualité.
04:51Et la qualité, c'est les actifs décarbonés.
04:54Donc d'une certaine manière, ça aide aussi, à contrario,
04:58parce que vous voyez une véritable demande de la part des investisseurs, des financeurs, des utilisateurs, d'actifs décarbonés.
05:06Est-ce que Stanislas Pottier, on peut le comptabiliser ?
05:09Il y a le label BBCA qui peut peut-être permettre justement de comptabiliser cette progression.
05:13Alors, c'est une vision évidemment un peu limitée,
05:16mais demain, en fin de matinée, on révélera le nouveau palmarès des maîtres d'ouvrage,
05:22les plus engagés, les plus performants chez BBCA.
05:26On aura aussi des awards LCBI, notre déclinaison européenne.
05:30Oui, on en parlera d'ailleurs dans une émission.
05:33Et on révélera aussi les grands prix BBCA demain.
05:37Vous verrez des opérations récompensées qui sont exceptionnelles et très différentes les unes des autres.
05:42Et on révélera des chiffres aussi, des chiffres de marché.
05:45Je peux déjà vous dire, je fais un peu de teasing.
05:48Allez, en avant-première.
05:50On est maintenant au-delà de 7 millions de mètres carrés labellisés et près de 1 000 opérations.
05:56On en était l'année dernière à 6 millions de mètres carrés et 800 opérations.
06:01Donc, vous voyez que la progression continue d'être très importante.
06:06Et ça, c'est un signe.
06:07C'est vraiment...
06:08Alors, après, à l'intérieur, vous avez des tendances, la rénovation, le quartier, l'exploitation.
06:16Ce sont des labels qui montent.
06:17Mais globalement, si on met tout ensemble, ça reste dynamique.
06:22Et je trouve que ça, c'est un signe.
06:24Même si c'est le signe vu depuis BBCA, c'est quand même relativement significatif.
06:29On a 10 ans d'existence.
06:30On agit sur l'ensemble du territoire et maintenant en Europe.
06:33Donc, il se passe quelque chose.
06:35Oui, justement, qu'est-ce qui se passe au niveau européen ?
06:36La France a été en quelque sorte pionnière pour créer ce label et qui est en train de s'européaniser,
06:44c'est ça ?
06:44On est complètement pionniers là-dedans.
06:47On a été les premiers à faire ça.
06:49Les premiers à lancer une initiative européenne LCBI qui est en fait...
06:54On a utilisé notre expertise gagnée avec BBCA en essayant de monter une comptabilité et une mesure de performance européenne
07:05compatible avec l'ensemble des réglementations nationales.
07:09pour qu'un acteur européen puisse benchmarker tout un tas d'actifs avec un seul instrument et que ça marche.
07:16Et qu'ils ne sont pas obligés de décliner ça dans chacun des marchés.
07:18Et ce faisant, ça nous a aussi identifié auprès des autorités européennes et la Commission notamment.
07:24Donc maintenant, on est consulté sur l'évolution de la réglementation européenne.
07:27Ce que je peux vous dire, c'est qu'on ouvre de nouveaux marchés.
07:30Le Portugal va bientôt aussi être ouvert.
07:32Ce sera le dixième marché couvert par LCBI en Europe.
07:37et on voit aussi que la façon dont on est regardé à Bruxelles et dans les autres pays européens est
07:46une façon très positive.
07:48C'est-à-dire que la France est considérée comme étant très en avance à la fois par ses réglementations.
07:52La RE 2020 est considérée comme une excellente réglementation, je le pense également, et aussi par nos méthodes de labellisation.
07:59Mais est-ce que ça veut dire que sans réglementation, le marché n'évoluerait pas ?
08:03Est-ce qu'il faut cet aiguillon ou cette obligation ?
08:08BBCA, le CIPCA, c'est la démonstration qu'on peut faire des choses en partenariat, coopération,
08:14entre le secteur privé qui avance tout seul et les élus des institutions publiques.
08:21Donc on peut faire des tas de choses ensemble, en partenariat, de façon efficace.
08:27Après, la réglementation, c'est quand même très bien, parce que ça permet d'aligner les perspectives et les attentes
08:34sur toute la chaîne de valeur.
08:36C'est vrai que les réglementations que vous avez en matière de décarbonation qui s'imposent aux financiers, par exemple,
08:42aux investisseurs ou aux financeurs,
08:45c'est intéressant parce que du coup, ils vont vouloir décarboner leur portefeuille et ils vont rechercher des actifs décarbonés.
08:52Ils tirent dans le même sens que nous.
08:56Les utilisateurs, les directions immobilières des entreprises, les entreprises font leur reporting.
09:00Elles sont obligées de montrer comment elles décarbonent, de dire qu'elles ont fait attention à utiliser des bâtiments décarbonés,
09:07les poussent à demander des actifs décarbonés à ceux qui les produisent, etc.
09:12Donc, la réglementation permet d'avoir un langage commun et surtout d'aligner les perspectives.
09:21Et c'est là que le marché devient très efficace.
09:23Donc, il y a une forme d'aller-retour entre, je dirais, le public, les politiques publiques, la réglementation et
09:27l'efficacité du marché.
09:28On va terminer. Il nous reste 30-40 secondes.
09:31Est-ce que le principal argument porté pour convaincre ceux qui sont peut-être de moins en moins encore un
09:36peu sceptiques,
09:37c'est la valorisation du bien à l'avenir, c'est-à-dire le voir long terme ?
09:42Oui, comme disait Mac Carnet, le drame des horizons.
09:45Bon, c'est toujours compliqué de valoriser l'avenir, l'avenir lointain.
09:52Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que d'abord, vous avez une valorisation immédiate.
09:56En général, quand on fait bas carbone, les techniques constructives, etc., font qu'on a des chantiers secs, plus courts.
10:03Donc, vous êtes plus protégé des aléas climatiques.
10:07Vous faites moins de bruit, vous avez moins d'accidentologie, vous avez moins de recours du voisinage, etc.
10:13Et donc, vous avez des chantiers qui se réalisent mieux, plus vite, ce qui vous fait gagner des mois de
10:17location.
10:19La location se passe mieux. Pourquoi ? On vient de dire parce que les utilisateurs veulent du décarboné.
10:24Ils sont prêts à payer un meilleur prix pour ces actifs-là.
10:30D'autant plus que l'actif décarboné, il fait dépenser moins de sous en froid ou en chaud, notamment.
10:35Et donc, ça, ça peut aussi... Enfin, les utilisateurs, les investisseurs, ils le comptabilisent, ils le regardent dans le business
10:41plan.
10:42Et vous pouvez, le cas échéant, le valoriser dans le loyer.
10:45Et en plus, dans vos livres, l'actif décarboné va préserver sa valeur.
10:50Je ne m'aventurerai pas en disant qu'il va en gagner plus, mais il va préserver sa valeur.
10:54Alors que l'actif carboné, mais vous pouvez l'oublier, il ne vaudra plus rien demain.
10:59Ce n'est pas après-demain, c'est demain.
11:00Merci beaucoup, Stanislas Pottier.
11:02Bon salon de l'immobilier par carbone.
11:05Merci de nous accueillir ici au Grand Palais.
11:09On parle maintenant des sites industriels.
11:11Comment concilier sobriété et compétitivité ?
11:21Comment transformer nos sites industriels et rendre moins gourmands en énergie,
11:24tout en restant compétitifs ?
11:26Voilà les défis auxquels beaucoup des participants de ce CIPCA sont confrontés.
11:32Et c'est le thème de notre débat tout de suite.
11:34Je vous présente mes invités.
11:36Yann Daoud-Larion, bonjour, bienvenue.
11:38Bonjour, Thomas.
11:39Vous êtes président du groupe Franc Architecture et Fréic Covin, bonjour.
11:42Oui, bonjour à vous.
11:43Merci à vous aussi, vous êtes directeur de projet à Grand Paris Aménagement.
11:47On va particulièrement parler d'un site, d'un projet qui s'appelle Euroménage,
11:51usine où l'on fabriquera notamment des ustensiles de cuisine.
11:54On est basé à Puiseux, en France, dans le Val-d'Oise.
11:57Je veux bien d'abord que vous nous présentiez le groupe Franc Architecture en quelques mots.
12:01Alors en quelques mots, le groupe Franc a 50 ans d'existence.
12:04On a fêté notre 50e année.
12:05C'est une agence qui a été fondée par Gérard Franc, architecte et ingénieur,
12:09spécialisée dans la mission complète.
12:11C'est-à-dire qu'on prend un projet de l'esquisse au PC à la livraison,
12:14avec quand même une particularité, c'est que nous sommes spécialisés dans l'architecture industrielle,
12:19l'immobilier d'entreprise et précurseurs dans toutes les ambitions et philosophies,
12:25en tout cas qui sont des principes très forts chez nous,
12:27de qualité environnementale, de qualité de l'utilisateur et aussi de confort au travail.
12:31Et c'est évidemment au cœur de notre débat.
12:34Frédéric Covin, on peut peut-être présenter ce site, la ZAC de Bois-du-Temple.
12:39On est où ? Quels sont les défis auxquels un aménageur comme vous est confronté dans un site comme ça
12:43?
12:43Alors déjà, oui, effectivement, la ZAC de Bois-du-Temple s'inscrit dans un projet de territoire plus global.
12:47Oui, projet de territoire.
12:48Donc je tiens à commencer par remercier finalement le travail de toutes les collectivités territoriales
12:54qui se regroupent pour faire émerger, si vous voulez, le produit fini qu'aujourd'hui nous avons devant nous au
12:59reménage.
13:00Donc un projet global où la communauté d'agglomération du pays roissy de France nous a confié par traité de
13:08concession
13:08le projet d'aménagement de cette ZAC.
13:11Donc pourquoi plus en France ?
13:12Puisqu'effectivement, il y avait des fonciers disponibles et on était dans un secteur en développement,
13:17dans le cadre d'une planification plus générale.
13:20Et alors dans un secteur, dans un site comme celui-là, donc là, on est avec un projet industriel.
13:26Quel cahier des charges vous donnez en quelque sorte ?
13:29Alors nous sommes très exigeants avec nous-mêmes, mais aussi avec les acheteurs et également avec les matres d'oeuvre.
13:35Vous pouvez pouvoir nous le confirmer dans un instant, Yann Daoud-Larian.
13:38Donc je peux effectivement vous en parler, mais c'est déjà un long processus chronologique.
13:44Déjà, il y a un long processus chronologique, c'est 15 ans de travail.
13:47Quand effectivement on reménage son bâtiment, c'est 4 ans de boulot pour eux.
13:50Nous, ça fait 15 ans qu'on bosse.
13:51Je pense que déjà, c'est une donnée qui est importante.
13:53Et c'est effectivement un partenariat de collectivité.
13:56N'oublions pas le conseil départemental du 95 qui a réalisé l'échangeur.
14:00Donc il y a une position stratégique déjà.
14:02L'AN 104, l'échangeur.
14:04Il faut que ce soit accessible, sinon il ne servira pas à l'échangeur.
14:07Bien sûr, le flux, le transport, c'est important.
14:09Ensuite, il y a tout un travail d'acquisition foncière, de projet urbain.
14:14Et en termes d'exigence, effectivement, on se positionne dans la tendance et dans les exigences environnementales actuelles.
14:21Donc ça veut dire, par exemple, des bâtiments HQE, haute qualité environnementale.
14:26Ça signifie quoi pour un architecte comme vous ?
14:31Alors, avant tout, c'est une conviction.
14:34C'est-à-dire que c'est une démarche très forte.
14:36Et comme le disait Frédéric, la chance qu'on a, et déjà pour être installé dans le territoire avec 130
14:41collaborateurs et plusieurs agences,
14:42c'est de connaître beaucoup de collectivités, beaucoup d'aménageurs.
14:45Et de toujours avoir même été architecte conseil, d'avoir ce souci du territoire et du devenir du territoire qui
14:52n'est pas à l'échelle d'un mandat,
14:54mais à l'échelle de l'homme du territoire, 20, 30 ou 40 ans.
14:58Et Frédéric le disait, ils ont travaillé pendant 15 ans.
15:00Nous, on arrive et nous sommes une sorte de filtre entre un investisseur privé, un aménageur public.
15:06Et on essaye de mettre en valeur le travail qui a été fait et non pas de se mettre les
15:11pieds sous la table, j'insiste.
15:12Mais au contraire, de continuer dans une synergie positive.
15:16J'entends ça, mais revenons à la question de ces normes environnementales.
15:21Vous me disiez avant qu'on démarre cette interview, nous finalement, ça fait partie de l'ADN de l'entreprise.
15:27Mais le thème du débat, c'est sobriété et compétitivité.
15:31C'est un surcoût évident, obligatoire ? Comment vous intégrer ça ?
15:34Non, parce qu'en fait, l'objectif, c'était de créer un véritable audit industriel de nouvelle génération.
15:37C'est-à-dire à la fois fonctionnel et performant, qualitatif sur le plan architectural, mais environnemental et pour les
15:45conditions de travail des collaborateurs.
15:47Avant, on le faisait avec du bon sens.
15:48Aujourd'hui, grâce à des labellisations qui étaient devenues des contraintes et des surcoûts.
15:53C'est évident, puisqu'on n'était pas préparé, ou en tout cas d'autres faiseurs n'étaient pas préparés.
16:00Ces surcoûts ont baissé au fur et à mesure pour devenir une normalité.
16:04C'est-à-dire que, alors oui, on est dans une course au label avec des noms très spécifiques, etc.
16:09Mais peu importe, ce sont les gardiens de la régularité.
16:12Et j'ai presque envie de vous dire, non plus de la contrainte, mais de la normalité désormais.
16:16Et c'est un enjeu essentiel.
16:18Ça veut dire, Frédéric Covin, que c'est une sorte de prérequis maintenant dans un projet comme celui-là.
16:24Là, on parle de reménage, mais vous en pilotez beaucoup d'autres.
16:28Le prérequis environnemental, c'est une obligation avant même de se lancer ?
16:31Alors en fait, ce n'est même plus une obligation.
16:32C'est une obligation réglementaire.
16:33D'accord.
16:34Mais en fait, c'est même une demande aujourd'hui des investisseurs.
16:38J'en discutais hier avec justement un des patrons de reménage.
16:42Alors tout ce qui est norme, effectivement, il vaut mieux transférer à des professionnels qui vont gérer ça pour eux.
16:47Parce qu'eux ont leur métier et nous, on en a l'autre.
16:50Mais en fait, aujourd'hui, en feedback, il reconnaît la qualité du bâtiment.
16:55C'est un élément de communication pour lui.
16:58Quand il reçoit sa clientèle, c'est une valorisation.
17:01Donc en fait, si vous voulez, la question environnementale aujourd'hui n'est plus une problématique.
17:05C'est au contraire totalement intégré en fait dans, on va dire, dans la prévision patrimoniale.
17:12Et est-ce que ça rend ses projets plus chers ?
17:13Pas du tout.
17:15Parlons de végétalisation.
17:16Est-ce qu'un art coûte beaucoup plus cher qu'hier ou aujourd'hui ?
17:20Non, pas du tout.
17:21C'est la manière d'aménager l'espace.
17:23C'est la manière de concevoir les bâtiments.
17:25Et en fait, il n'y a pas que le coût de la structure.
17:28Il y a aussi l'ambiance de vie et de travail dans le lieu de travail.
17:33Donc en fait, les questions environnementales aujourd'hui ne représentent pas des surcoûts.
17:37Mais au contraire, ils sont totalement intégrés finalement dans le plan de financement et d'investissement de l'acheteur.
17:43Yann Daoud-Larian, cette usine là, Euroménage, qu'est-ce qu'elle a ?
17:46C'est compliqué parce que j'imagine beaucoup de choses.
17:48Mais de fondamentalement différents en termes justement d'impératifs environnementaux,
17:54d'une usine que d'autres où vous auriez pu construire il y a 20 ans.
17:58Comme je vous le disais, des choses déjà simples, une orientation, un respect d'un cahier des charges qui nous
18:04aide beaucoup.
18:05Aussi ce qu'on appelle un DQE ou des critères à respecter,
18:09tant sur le confort de l'utilisateur, sur les normes de pollution, sur les qualités constructives,
18:13mais aussi une valeur ajoutée sur la pérennité du bâtiment et sur sa valorisation patrimoniale.
18:17Et j'insiste sur la fierté des collaborateurs qui viennent y travailler et le confort de vie.
18:22On a fait des bâtiments et ce sont des vrais chiffres où après avoir mis de la lumière naturelle,
18:27d'avoir changé une structure, d'avoir mis du bois en structure, d'avoir mis beaucoup plus d'espace,
18:32des espaces extérieurs, de la végétalisation, des vues, des relations entre intérieur et extérieur, une qualité de l'air.
18:38Écoutez Thomas, on a 25% de taux d'absentéisme en moins par an sur un bâtiment.
18:43Donc le label n'est pas qu'un leurre avec un tampon, c'est une réalité.
18:47Oui, ce n'est pas seulement un pourcentage de carbone mis en moins.
18:50Et en plus, sur l'orientation d'un bâtiment, si on prend un bâtiment industriel et sur les rotations d
18:53'un camion,
18:54quand c'est calculé à l'année, c'est tant de kilomètres en moins.
18:58C'est tant, c'est une empreinte carbone favorable.
19:00C'est une consommation d'hydrocarbures moindre.
19:04Et j'ai presque envie de vous dire, c'est une fierté.
19:07Et on est passé d'une surprise contrainte, normalité, prise de conscience, fierté.
19:13Est-ce que ça rend ces bâtiments aussi, parce que là, on sort d'un été quand même,
19:18qui nous a, pour ceux qui n'en étaient pas encore conscients, mais bref,
19:22fait prendre conscience de la réalité du changement climatique et des risques climatiques,
19:27notamment pour les usines.
19:29Est-ce que ça rend cette usine, par exemple, plus résistante au choc climatique ?
19:33Alors déjà, effectivement, si on prend la part bureau, c'est une RT 2012, de RE 2020.
19:42Enfin, c'est vrai qu'en même temps, avant, c'était RT 2012, moins 20%.
19:45Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?
19:46C'est la réglementation thermique, si vous voulez, avec un optimum d'isolation
19:53et de performance thermique de la partie bureau.
19:55Donc déjà, il y a une isolation renforcée sur la partie bureau.
20:00Sur tout le volet entrepôt, en fait, là, on est dans le cadre du code du travail.
20:05C'est le code du travail qui détermine, effectivement, les seuils de température minimale et maximale.
20:09Moi, je vais prendre un exemple sur, justement, l'évolution collective.
20:15Juste avant Bois du Temple, Bois du Temple, c'est la continuité d'une opération qui est la but au
20:19berger.
20:20C'est juste à côté, c'est ça ?
20:20C'est juste à côté.
20:21En fait, but au berger est une opération antérieure.
20:24Il n'y avait pas d'obligation de poser des panneaux solaires.
20:26Donc, on demandait justement aux entreprises de prévoir des renforcements de structure en toiture
20:32pour anticiper éventuellement une évolution de la réglementation.
20:35On ne la connaissait pas, cette évolution de la réglementation.
20:37Vous avez une raison.
20:38Aujourd'hui, ils le font naturellement.
20:40D'accord.
20:40Pourquoi ? Parce qu'il y a de l'autoconsommation.
20:42Donc, si vous voulez, aujourd'hui, ces bâtiments sont mieux préparés pour répondre à votre question,
20:47à justement, à du changement.
20:48Et donc, à résister à ces chocs.
20:50Avec quand même, parce qu'on a aussi pris conscience cet été qu'on pouvait avoir des bâtiments classés A,
20:57des PE classés A, mais qui étaient quand même des bouilloires thermiques.
21:00C'est-à-dire qu'on les a tellement bien isolés que c'était quasiment impossible d'y vivre,
21:05peut-être aussi d'y travailler.
21:06Est-ce qu'il y a eu des erreurs ?
21:08Oui, très clairement, puisqu'on est passé par des phases d'expérimentation et on est progressivement
21:14en train de passer dans des phases de reproductibilité et de...
21:19On essuie les plâtres.
21:20Et très clairement, qui n'a pas entendu qu'on était dans des bâtiments dits modernes
21:23où il fait trop chaud l'été, trop froid l'hiver, que le bilan de consommation énergétique
21:28était dégradé juste à l'utilisation d'un radiateur ?
21:31Aujourd'hui, on apprend de plus en plus.
21:33Et c'est là où, justement, nous, en tant que groupe franc, on a ce retour d'expérience
21:38et on apprend très vite.
21:39On apprend de nos erreurs.
21:41De toute façon, on n'a pas légitimité à dire qu'on sait tout faire d'un coup.
21:44Et c'est là l'avantage, c'est que cette normalité dont je parlais aujourd'hui,
21:48on s'en sort très bien parce qu'on n'a pas trop de catastrophes,
21:51puisqu'à nouveau, c'est basé sur le bon sens.
21:54Et j'insisterai sur les coûts.
21:56C'est qu'aujourd'hui, le bâtiment qui a été construit est dans un coût traditionnel,
22:01mais avec des ouvrages de qualité, des gabions, du bois, des vues extérieures.
22:06Et c'est une énorme fierté et aussi une énorme fierté d'avoir travaillé avec un aménageur public
22:11et d'avoir rassemblé à la fois le public et le privé dans quelque chose de serein et de pérenne.
22:16Oui, parce que c'est aussi cette démonstration qu'on a faite lors de ce débat.
22:19Merci beaucoup.
22:20Merci à tous d'avoir participé à ce Smart Impact.
22:25On va tout de suite parler de pilotage intelligent des bâtiments.
22:28Tiens, un mot que vous ne connaissez peut-être pas, le géostockage.
22:38C'est le CIPCA, le salon de l'immobilier bas carbone.
22:41On est toujours ici au Grand Palais.
22:43J'accueille Pierre Trémolière.
22:44Bonjour.
22:44Bonjour.
22:45Bienvenue.
22:45Vous êtes le patron, le PDG d'AXENTA,
22:48opérateur global de la performance énergie carbone des bâtiments,
22:51entreprise créée il y a 10 ans, en 2016.
22:55C'est quoi AXENTA ?
22:56Présentez-nous l'entreprise.
22:56AXENTA est une entreprise qui est spécialisée dans la décarbonation du bâtiment
23:01par la décarbonation du chauffage et de la climatisation.
23:05Et pour ça, on utilise une géothermie, géothermie dite de surface,
23:10c'est-à-dire qu'on peut la déployer absolument partout.
23:1495% des eaux français sont éligibles.
23:17C'est quoi la géothermie ?
23:18Est-ce qu'on peut réexpliquer ce que vous installez dans un bâtiment neuf ou rénové d'ailleurs ?
23:23Tout à fait. Alors la géothermie, c'est assez formidable.
23:25C'est qu'au lieu d'aller extraire du gaz de l'autre côté de la terre,
23:29l'importer et le distribuer en France,
23:32il se trouve qu'on a des calories sous nos pieds
23:35et qu'il faut beaucoup mieux brancher nos bâtiments aux calories qui sont sous nos pieds
23:39pour extraire des calories pour le chauffage en hiver
23:43et extraire des frigories pour la climatisation, pour le rafraîchissement en été.
23:49Donc au fond, on a tout ce qu'on a besoin sous nos pieds, aucun besoin d'aller chercher.
23:54Et c'est ce que vous disiez, à peu près tout le territoire,
23:58enfin il y a des zones qui sont inéligibles, mais elles sont très rares.
24:01Très, très rares. Donc c'est vraiment une solution universelle
24:03et c'est une solution qui est compétitive par rapport aux énergies fossiles.
24:08C'est ça qui est absolument formidable.
24:10En Europe, il y a des pays comme la Suède
24:13qui ont complètement basculé et accéléré sur la géothermie.
24:17Le gouvernement français prend conscience des potentialités de la géothermie,
24:22a rajouté la géothermie dans la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie.
24:27On a attendu un moment, oui.
24:28Et Accenta est très bien placé sur ce marché pour conquérir vraiment...
24:33Est-ce que c'est un... Imaginons que celles et ceux qui nous regardent se disent
24:36« Ok, ça m'intéresse la géothermie, mais comment ça coûte ? »
24:38C'est un investissement lourd au départ ?
24:40Alors, c'est plus cher qu'une chaudière gaz,
24:43mais maintenant on va dire que la chaudière gaz est éliminée.
24:46C'est un petit peu plus cher que la pompe à chaleur air,
24:50mais ça a tellement plus d'avantages.
24:53Alors, ça a notamment l'avantage de décarboner plus,
25:00de réduire la consommation d'énergie de manière considérable.
25:03Et donc la facture énergétique ?
25:04Donc la facture énergétique.
25:06Et aussi, et ce n'est pas rien,
25:09ça ne rejette pas de chaleur, contrairement à la PAC-R.
25:12Donc tous ces avantages font que c'est bien mieux
25:16que la chaudière gaz, bien entendu,
25:18et que la pompe à chaleur air.
25:20Qui sont vos clients aujourd'hui ?
25:22Alors nous, on travaille principalement pour des grands comptes,
25:25à la fois en rénovation et en neuf.
25:27En neuf, on a signé un contrat cadre avec Nexity,
25:30premier promoteur immobilier français.
25:32Et on prévoit de livrer à horizon, je ne sais plus,
25:352028, près de 5000 logements par an en géothermie.
25:42Et puis, on travaille aussi sur la rénovation.
25:45Et là, on travaille pour toutes les grandes foncières,
25:47que ce soit en logement collectif, en tertiaire,
25:52ou même en industrie, en logistique, par exemple.
25:55En préparant cette interview, j'avoue qu'il y a un mot que j'ai découvert,
25:59c'est le mot géostockage.
26:00Alors c'est quoi le géostockage ?
26:01Le géostockage est une technologie qu'on a brevetée
26:04et qui améliore la géothermie.
26:07En gros, elle permet de sécuriser les rendements de la géothermie
26:10sur de longues périodes, 20 ou 30 ans.
26:13Donc de garantir à nos clients à la fois la rentabilité
26:18de l'investissement qu'ils font
26:20et de garantir aussi les rendements en termes d'énergie
26:22et donc de décarbonation.
26:24Mais alors comment ça marche ?
26:26Alors en fait, c'est tout simple.
26:28Au lieu de ne faire qu'extraire la chaleur du sol
26:31et les frigories, comme je vous ai indiqué,
26:34on va aussi en réinjecter.
26:36Donc on va capturer la chaleur de l'été
26:38pour la stocker dans le sol
26:39et la déstocker en hiver
26:41pour se substituer au gaz et au fioul.
26:43Et comme on le fait avec de l'intelligence artificielle,
26:46ça nous permet de stocker la juste quantité
26:49de chaleur et de froid nécessaires
26:51pour être tout le temps dans un optimum
26:54de distribution de cette chaleur.
26:56Est-ce que c'est relativement nouveau ?
26:58Et est-ce que vous l'intégrez d'une certaine façon
27:01à tous vos nouveaux projets ?
27:02Oui, bien sûr, parce que c'est très nouveau.
27:04C'est vraiment un avantage concurrentiel
27:07qu'on amène sur le marché
27:08en termes de décarbonation,
27:09mais surtout en termes de coûts.
27:11Et on va l'amener sur tous nos projets
27:14parce que ça fait le break économique
27:17et donc ça intéresse tout le monde.
27:18Ça veut dire qu'on va terminer là-dessus,
27:19il nous reste un peu moins d'une minute.
27:20Le potentiel de croissance ou de marché
27:23pour une entreprise comme la vôtre
27:24et pour cette technologie, c'est quoi ?
27:26Alors c'est très, très important
27:28parce que si on reprend les chiffres macro
27:30de la PPE et les perspectives
27:33que mette le gouvernement dessus,
27:35aujourd'hui, la géothermie en France,
27:38c'est 5,5 TWh.
27:41On prévoit en 2035 d'être à 18
27:43et en 2040 d'être à 100.
27:45Donc vous voyez, on a du boulot devant nous.
27:47Merci beaucoup Pierre Trémolière
27:50et bon, SIPCA, je vous laisse rejoindre
27:53les allées du Grand Palais.
27:54Merci à toutes et à tous de votre fidélité.
27:56Je vous dis à demain
27:57pour un nouveau Smart Impact.
27:58Salut.
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