00:00...de Ceuta, des Espagnols descendent dans la rue pour crier non à l'invasion migratoire.
00:08Écoutez d'abord ce reportage du correspondant d'Europe 1 en Espagne.
00:13Ils sont venus en couple, en famille, entre amis, souvent munis d'un drapeau espagnol.
00:17Tous exprimissent le ras-le-bol de la situation à Ceuta.
00:20On a une invasion et ils font comme si c'était un problème d'immigration.
00:24S'ils t'envahissent, il faut les expulser et te défendre.
00:27Là, ils t'en envoient 80 000 et demain, ce sera 200 000.
00:31Jusqu'à ce que tu n'en puisses plus. Il faut les expulser. C'est coûte que coûte.
00:35Parmi les manifestants aussi, de nombreux immigrés de longue date,
00:38comme Mani, cubaine d'origine et espagnole depuis 18 ans.
00:41Je pense qu'il faut défendre l'Espagne. Nous avons une frontière et il faut la respecter.
00:45Et si on ne la respecte pas, il faut une réponse.
00:49Parmi les slogans les plus entendus, la fierté d'être espagnole,
00:52mais aussi la démission du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez.
00:56On a des ministres et un président qui partent en vacances et sont des incapables.
01:00Ils ne servent à rien, peu importe leur parti. Ce sont eux qui ne servent à rien.
01:04Le Premier ministre, lui, est attendu ce jeudi au Parlement pour s'expliquer sur sa gestion de la crise.
01:09Nico Salvador à Madrid pour Europe 1.
01:1311h51 sur Europe 1.
01:15Le Premier ministre est attendu au Parlement pour parler de sa gestion de la crise.
01:19On ne sait pas ce qu'il pourrait dire, Gabriel Cluzel.
01:21Parce que c'est quand même assez controversé la façon dont Pedro Sanchez gère cette crise.
01:28On ne comprend pas ce fossé entre ces manifestants qui crient à l'invasion,
01:33qui crient à l'invasion, mais il faudra prendre leur mot,
01:36et Pedro Sanchez qui dit « mais regardez, il ne se passe rien ».
01:39Non mais c'est très très révélateur, et c'est pour ça que c'est presque un laboratoire de toute
01:45l'Europe,
01:45ce qui se passe actuellement en Espagne, parce que c'est toujours les mêmes méthodes.
01:50Pedro Sanchez, il a commencé par dire « c'est pas nous, il ne s'est rien passé, il ne
01:54fallait pas montrer ».
01:55Toutes ces images, vous savez, ça rappelle quand même ce qui se passe régulièrement en France.
02:01J'ai souvenir au moment de l'attaque d'un terroriste à Annecy, de petits bébés dans les poussettes,
02:06on disait à ce moment-là « non, non, ne passez pas aux médias, ne passez pas les vidéos ».
02:10D'accord, mais les Français ont le droit de savoir ce qui s'est passé,
02:12ce n'est pas un crime de passer les vidéos, le crime c'est de poignarder des bébés.
02:15Voilà, bon, ça c'est le premier point, la tentative d'occultation.
02:19Après, il y a la tentative de détourner le regard,
02:22c'est-à-dire qu'on va dire « c'est pas moi, c'est les autres ».
02:26Ou aussi on détourne le regard de l'ennemi qu'on ne veut pas avoir.
02:30Donc par exemple, ce n'est pas le Maroc, c'est Israël, c'est la Russie, mais ce n'est
02:32pas le Maroc.
02:33Ça, on n'a pas le droit de dire que c'est le Maroc.
02:35Sauf qu'aujourd'hui, il y a un rapport de police qui explique, qui est assez dérangeant,
02:39mais que visiblement, la police a fait preuve d'une permissivité tout à fait troublante.
02:44Le rapport parle d'une opération planifiée.
02:46Voilà, donc nous allons en reparler, je pense.
02:49Mais Pedro Sanchez, alors là, il commence à s'indigner de propos tenus par le Maroc,
02:53s'agissant de Ceuta et autres territoires espagnols.
02:56mais néanmoins, au début, il a commencé par nier absolument toute responsabilité du Maroc.
03:02Ça rappelle un peu les supporters anglais, vous voyez.
03:04Et puis il dit aussi, ah oui, Ceuta, l'année prochaine sera plus grande, plus forte, plus je ne sais
03:10quoi.
03:11C'est un peu Emmanuel Macron avec sa Californie en Seine-Saint-Denis.
03:14Vous voyez, c'est l'utopie absolue qui, évidemment, heurte de plein fouet la réalité des habitants.
03:22Gabriel Cluzel en direct sur Europe 1, Nicolas Provont-Monti, directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la
03:27démographie.
03:28Immigration ou opération politique ?
03:30Écoutez, la responsabilité du Maroc se dessine quand même de plus en plus.
03:33Alors, le Maroc, il n'a pas ordonné à des gens qui n'avaient aucune envie de migrer, de se
03:38jeter d'un seul coup sur Ceuta.
03:39Il a instrumentalisé la pression migratoire qui existe de très longue date sur l'Europe en général
03:45et sur ces deux enclaves de l'Union européenne en particulier, Ceuta et Mélila.
03:49Et le fait que le Maroc, à minima, ait laissé faire, s'est trouvé vers Ceuta,
03:52ça montre à quel point aujourd'hui, les migrations, et notamment les migrations irrégulières,
03:57sont devenues un instrument de déstabilisation par excellence contre les États européens
04:01et aussi un instrument de, j'allais dire, de proclamation de souveraineté sur des territoires qu'on réclame.
04:06C'est évidemment le cas du Maroc avec Ceuta.
04:08Aujourd'hui, l'immigration, ça relève de la géopolitique.
04:13Ce n'est plus l'immigration classique qu'on a connue.
04:15Aujourd'hui, il a été utilisé comme une arme, comme une arme de guerre.
04:19On n'y va pas avec une armée.
04:20On envoie une population, 70 000 personnes, c'est une invasion,
04:25ils vont aller occuper un espace.
04:27Ce Etat, c'est 80 000 personnes.
04:29C'est presque la même chose qui est arrivée dans cette ville.
04:33Les services de renseignement, je l'ai dit sur Sunnys à plusieurs reprises, on m'a doute.
04:38Marocains, Espagnols et Algériens
04:40étaient au courant d'un mouvement de population.
04:43Parce que tout s'est déroulé au bout de trois jours.
04:45Mais le mouvement a commencé avant.
04:47Les gens ont monté des pays du Sahel.
04:49Et c'est tous des pays, des gens francophones.
04:52Donc c'est plus facile pour les services de renseignement de comprendre la langue.
04:56Les Marocains parlent le français, les Algériens aussi.
04:59Ils ont tout compris.
05:00Et donc, c'est une arme de guerre qui est utilisée.
05:02Arme de guerre, Ceuta, immigration, opération politique,
05:06le Maroc a-t-il laissé faire ?
05:08Madrid savait-il dès le 29 juillet ?
05:10Pourquoi seulement 10% auraient-ils voulu rester ?
05:12Peut-on encore parler de mouvements spontanés ?
05:15L'Europe est-elle vulnérable au chantage migratoire ?
05:17Pedro Sanchez doit-il demander des comptes à rabat ?
05:20On marque une pause.
05:21On revient sur Europe 1.
05:22Avec Nicolas Provo, anti-directeur de l'Observatoire à l'immigration et la démographie.
05:27Et tout le monde se demande,
05:29qu'est-ce qui s'est passé concrètement ?
05:30Le rapport de police lui-même dit que ça a été organisé.
05:34Mais qui, qui, qui a laissé faire ?
05:37Et on revient avec vous, chers auditeurs de Europe 1.
05:39Avec Christine Kelly.
05:40Deux options pour réagir à l'antenne.
05:42Vous appelez Christine Kelly au 01 80 20 39 21
05:45et vous envoyez aussi vos messages sur WhatsApp comme Guillaume et Hervé.
05:49Le même numéro 01 80 20 39 21.
05:5411h56, à tout de suite sur Europe 1.
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