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  • il y a 1 semaine
"Nous avons vécu l'été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900" en France a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors de la présentation du bilan climatique de l'été. La chaleur n'a épargné aucun territoire. La France a notamment enregistré un nombre de jours en vague de chaleur "inédit" (53 jours). 45% du territoire a connu au moins une fois une température maximale supérieure ou égale à 40 degrés. Écoutez l'analyse de François Gemenne, enseignant à HEC, spécialiste du climat et co-auteur du Giec.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 03 septembre 2026.

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Transcription
00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Notre invité est enseignant à HEC, spécialiste du climat et co-auteur du sixième rapport du GIEC.
00:12Bonsoir François Gemmène.
00:13Bonsoir Anne-Sophie Lapix, bonsoir à tous.
00:15C'est donc du jamais vu, l'été le plus chaud depuis qu'on a des relevés.
00:1953 jours de vagues de chaleur, une température moyenne sur la période en hausse de 3,6 degrés par rapport
00:25aux normes de saison.
00:26Au moins 7300 morts de plus liés aux canicules, c'est les chiffres qu'on a pour l'instant.
00:31Une nouvelle canicule est annoncée pour les prochains jours, à partir de demain.
00:35Ça reste exceptionnel ou la canicule récurrente, c'est désormais la norme ?
00:39C'est désormais la norme et j'ai envie de dire, malheureusement, plus on va en parler comme d'un
00:44phénomène exceptionnel,
00:45plus on va parler de température hors normes, plus on va parler de l'été, de tous les records, pareil
00:50à nul autre,
00:51plus en fait on va être dans le registre de l'exceptionnel, qui par définition n'a pas vocation à
00:56se reproduire.
00:57Et donc si on veut vraiment prendre les mesures qui s'imposent, notamment pour s'adapter à ces canicules,
01:02à ces sécheresses, à ces incendies, il faut absolument que, c'est triste à dire, que nous normalisions cette situation
01:08et qu'on se rende compte que c'est la nouvelle norme qui est devant nous, parce qu'il n
01:12'y aura pas de retour en arrière.
01:13Alors la ministre de la Transition écologique, qu'on ne voit pas si souvent, Monique Barbu, a appelé à être
01:18à la hauteur des enjeux aujourd'hui, on l'écoute.
01:21Personne n'a tombé véritablement quelque chose de cette ampleur maintenant.
01:27On l'a tous écrit, on l'a tous dit que ça allait arriver,
01:30mais je crois que ça a un peu pris par surprise ce qui s'est passé pour tout le monde,
01:36y compris les grands experts scientifiques qui travaillent sur ces questions.
01:40Mais maintenant nous l'avons vécu, on ne peut pas le revivre à l'identique.
01:47Elle a dit qu'elle espérait que ce ne serait pas la première d'une série et qu'on serait
01:52à la hauteur.
01:53On espère tous que ce ne sera pas donc le premier d'une longue série.
01:55Mais déjà, est-ce que c'est possible de casser la dynamique actuellement ?
01:59C'est possible de la ralentir.
02:01C'est tout l'enjeu de la décarbonation, de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.
02:05C'est effectivement d'essayer de stabiliser les températures.
02:10On sait qu'on doit atteindre la neutralité carbone,
02:12c'est-à-dire que la Terre doit retrouver un équilibre entre les quantités de gaz à effet de serre
02:16qu'on envoie dans l'atmosphère et celles qui sont absorbées.
02:19Tant qu'on n'a pas atteint cet équilibre, la neutralité carbone,
02:22les températures vont mécaniquement continuer à monter.
02:24Et donc c'est mécanique qu'on va continuer à battre record de températures sur record de températures.
02:29On annonce potentiellement cette neutralité carbone vers le milieu du siècle.
02:33C'est à ce moment-là que les températures vont se stabiliser.
02:36Plus vite on atteint la neutralité carbone, plus vite on stabilise les températures.
02:41Et puis c'est seulement après qu'elles pourront commencer à redescendre.
02:44Mais il n'y a pas du tout de surprise là-dedans.
02:45Je suis un peu choqué d'entendre un ministre qui dit
02:47« Personne ne s'attendait à ça, tout le monde était pris par surprise ».
02:50Arrêtons de rigoler.
02:51Il y a eu un choc quand même.
02:53On a vu exactement le même été en 2022.
02:56On a vu aussi des canicules, aussi un excès de mortalité, également des incendies.
03:00Moins quand même.
03:01Et on s'était dit en 2022, il faut absolument qu'on commence à s'adapter
03:04parce que ça va devenir de plus en plus régulier.
03:06Et donc quand ça arrive 4 ans après, malheureusement il n'y a pas de surprise.
03:10L'ONU a publié un rapport cette semaine dans lequel il explique
03:14que les efforts qu'il faudrait faire pour tenir une hausse de 1,5 degré des températures,
03:20ces efforts seraient colossaux aujourd'hui ?
03:221,5 c'est mort.
03:23C'est mort.
03:23Il ne faut pas mentir aux gens, c'est un objectif très ambitieux qu'on avait inclus dans l'accord
03:29de Paris,
03:29qu'un objectif volontariste essentiellement pour satisfaire les demandes des petits états insulaires
03:34qui sont évidemment en première ligne face aux impacts du changement climatique.
03:37Mais on savait déjà bien à l'époque qu'on n'y arriverait pas.
03:40Et donc je pense qu'il ne faut pas du tout se leurrer.
03:42Et il faut considérer l'objectif de 1,5 degré comme un marqueur d'ambition.
03:46De la même manière qu'on dit zéro mort pendant le Covid,
03:48zéro accident sur les routes en matière de sécurité routière.
03:51C'est un objectif volontariste, mais on sait bien qu'on n'y arrivera pas.
03:54Par contre, 2 degrés, on peut encore le tenir et ça reste l'objectif principal.
03:58Le rapport dit aussi qu'on ne peut plus se contenter de parvenir à la neutralité carbone.
04:02Il faut aussi trouver le moyen de prélever le carbone qui existe dans l'atmosphère.
04:08Ça c'est quelque chose qui est encore au stade de l'expérimentation,
04:11mais ça existe.
04:12Ça se développe.
04:13C'est ce qu'on appelle de plus en plus la géoingénierie,
04:15notamment des processus de manipulation du climat
04:18pour aller retirer du carbone qui se trouve dans l'atmosphère.
04:23Alors évidemment, le procédé le plus naturel pour faire ça,
04:26c'est de planter des arbres et des forêts.
04:28La difficulté, c'est que ça prend un peu de temps,
04:30c'est qu'on n'a pas toujours l'espace nécessaire pour le faire.
04:33Et donc on invente des processus plus industriels
04:36qui sont encore un peu au stade d'expérimental,
04:38qui coûtent encore très très cher à l'heure actuelle.
04:41Et puis il y a la question de savoir où on va pouvoir mettre ce carbone
04:44qu'on aura retiré de l'atmosphère.
04:46Il faut le stocker dans des poches géologiques souterraines
04:49qui sont elles aussi limitées.
04:50Donc il ne faut pas du tout compter sur cette solution.
04:53Ce serait trop facile.
04:54Ça pourra potentiellement nous aider sur les dernières tonnes
04:57pour atteindre la neutralité carbone,
04:59celle que vraiment on ne peut pas aller rechercher autrement.
05:02Mais ça ne va pas être la solution pour résoudre le problème.
05:04La solution, on l'a.
05:05On sait exactement ce qu'on peut faire pour décarboner l'économie mondiale.
05:09En attendant, quand Monique Barbu appelle à être à la hauteur,
05:11j'imagine qu'elle pense plutôt à ce que nous pouvons faire,
05:13nous la France, pour nous adapter.
05:15On en est là en fait.
05:16Je pense qu'il avait surtout l'adaptation en tête.
05:19Et effectivement, la France est un peu prise de court
05:21parce que tout le pays est adapté à un climat tempéré
05:25et que nous allons de plus en plus vers un climat méditerranéen.
05:28Et on voit bien notamment la question des bâtiments
05:30qui sont conçus pour résister au froid,
05:31pas pour résister au chaud.
05:32Donc c'est un très grand chantier qui s'annonce.
05:35C'est le premier chantier parce qu'on a beaucoup parlé de clim,
05:37évidemment, cet été.
05:38J'imagine qu'être à la hauteur, ce n'est pas mettre la clim partout.
05:41Ce n'est pas mettre la clim partout,
05:42mais c'est par contre réfléchir à un plan intelligent de climatisation du pays.
05:45On voit bien, s'il n'y a pas de volonté publique
05:48et s'il n'y a pas d'organisation de ça,
05:50tout le monde va se ruer dans les magasins de bricolage
05:52pour acheter des petits climatiseurs mobiles.
05:54Et on comprend évidemment que les gens fassent ça.
05:56Sauf que ce n'est pas du tout la manière la plus efficace de le faire.
05:59Ça va faire quand même grimper considérablement les factures énergétiques.
06:02Et il faudrait idéalement pouvoir mettre des systèmes de climatisation réversibles
06:06qui pourraient également chauffer l'hiver et décarboner le chauffage.
06:11Mais pour ça, c'est un vrai plan industriel.
06:13Il faut vraiment se demander comment on fait évoluer les règlements.
06:15Comment est-ce qu'on crée une filière industrielle en France ou en Europe ?
06:18C'est un grand chantier, y compris un chantier industriel.
06:21Donc la priorité aujourd'hui, c'est d'adapter les bâtiments.
06:23On parle notamment des écoles, évidemment.
06:25Je dirais qu'il y a deux priorités.
06:27La priorité, c'est d'adapter les bâtiments.
06:29L'autre, c'est d'électrifier le pays.
06:32L'électrification, ça va être la pièce maîtresse de la transition
06:35pour faire baisser à la fois nos émissions de gaz à effet de serre
06:38et aussi notre dépendance aux énergies fossiles
06:40qui est un terrible talon d'Achille géopolitique
06:43et qui freine la compétitivité de nos entreprises.
06:45Et puis une troisième priorité, c'est aussi l'action internationale.
06:48Bien entendu, ça ne dépend pas que de la France.
06:51Et comme je le dis souvent, peut-être le ministre
06:53qui a le plus d'influence sur le climat,
06:56ce n'est pas Madame Barbu,
06:57c'est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barreau.
07:00Alors, vous disiez, il faut électrifier.
07:02C'est vraiment une des choses essentielles, urgentes.
07:05Ce matin, on a appris que le gouvernement reconduisait les aides au carburant
07:08pour les secteurs en difficulté pour septembre et octobre.
07:10Parce qu'évidemment, les prix de l'essence à la pompe
07:14et du diesel s'envolent.
07:17Après un été pareil, ça reste une bonne chose à faire.
07:20C'est compliqué.
07:21C'est-à-dire qu'on est dans la tension entre l'urgence sociale
07:25et effectivement, certains secteurs, certains ménages
07:26qui connaissent de vraies difficultés
07:28et qui sont très dépendants de leurs véhicules à essence ou au diesel
07:31et la nécessité de sortir de ces énergies fossiles.
07:35Plus on va retarder le moment d'en sortir,
07:37plus on va se retrouver confrontés à ces dilemmes
07:40et on fond, malheureusement, c'est des emplâtres sur des jambes de bois.
07:44Je ne suis pas en train de dire que j'aurais fait autre chose
07:46si j'avais été au gouvernement.
07:47Vous l'auriez peut-être fait.
07:48Il faut aider ces gens.
07:49J'ai l'humilité de reconnaître que c'est un problème complexe
07:52et je n'aime pas ceux qui disent
07:53« Ah là, si ça avait été moi, j'aurais fait ça »
07:54et le problème serait reçu.
07:56C'est compliqué.
07:57Il faut traiter à la fois des jambes sociales et environnementales.
08:00Mais ce qu'il faut comprendre,
08:01c'est que notre dépendance aux énergies fossiles aujourd'hui,
08:04elle plombe aussi le pouvoir d'achat des ménages,
08:07la compétitivité des entreprises
08:08et globalement les coûts de tous ceux qui dépendent du carburant.
08:12Merci beaucoup François Gemmène, spécialiste du climat
08:15et co-auteur du 6e rapport du GIEC.
08:16Vous restez avec nous ?
08:17Notre petite bande est très rafraîchissante, vous allez voir.
08:19Dans un instant, on retrouve l'info qu'on a failli manquer de Florian Gazan.
08:23C'est une infidélité démasquée par un robot aspirateur.
08:26Le petit phénomène des bagues et selles, c'est une brosse à dents électrique.
08:30Et puis Tanguy Pastureau défait l'info
08:32et fait un bilan de sa deuxième semaine parmi nous.
08:35A tout de suite.
08:36Bonne soirée sur RTL.
08:38Si je repars à zéro, que je me refais le film,
08:42est-ce que je suis un trop, est-ce que tout ça peut m'arriver ?
08:45RTL.
08:48Votre radio.
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