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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le replay de Signé Consigny sur BFMTV.

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Transcription
00:00Est-ce que vous parliez du voile ? Tiens, on a une nouvelle séquence qui s'appelle 20-27.
00:03Vous aurez compris que ça a trait à la prochaine élection présidentielle.
00:07Je voudrais qu'on la regarde ensemble, justement, si ça permettra de répondre à votre débat il y a un
00:12instant.
00:13Ensuite, il sera le signe et consigne.
00:18C'est l'idylle que l'on n'attendait pas.
00:20Un ancien ministre chiracien, une figure de la gauche sociale, qui s'adonne à un concert de louanges.
00:28François Ruffin, il a le mérite de se coltiner le réel et de vouloir réparer les choses.
00:35Dominique de Villepin, c'est un nom qui, une voix qui porte du panache et qui fait vibrer.
00:40Et moi, je me nourris des propositions que François Ruffin fait.
00:44Deux heures de débat visiblement fécond.
00:47C'est aussi une salle de mariage.
00:49Oui, bien, formidable.
00:51Je ne sais pas ce que l'on va conclure, mais c'était là.
00:54On n'y rappelait pas jusque là.
00:55L'amour de la République, ce n'est pas être d'accord sur tout, mais regarder dans la même direction.
01:02Pourrait-on assister à une alliance Ruffin de Villepin pour 2027 ?
01:06C'était, je dirais, un premier rendez-vous Tinder.
01:09On était là pour se renifler et on voit qu'on a des choses à partager.
01:17Les Français ont-ils envie de renouer avec leur ex ?
01:21François Hollande, en tout cas, veut y croire.
01:25Vous trinquez à quoi, monsieur le président ?
01:27On voit à tous ceux qui vont péter quelque chose.
01:30On verra quoi.
01:32Mais ne vous méprenez pas.
01:33Pour l'instant, il n'est pas officiellement un prétendant à l'Elysée.
01:39Il n'y a plus qu'à suivre.
01:41À suivre quoi, monsieur ?
01:43Vous êtes en campagne ?
01:44Chaque fois que je viens à la poire de Châlons, je ne suis pas toujours en campagne.
01:48Il y a des années, il y a des millésimes.
01:50Il y a des années, il y a des millésimes.
01:51Il y a des millésimes, le livre.
01:52Il faut t'attendre, il faut t'attendre.
01:54Il faut trouver le bon moment et être utile au bon endroit.
01:59Est-ce une façon de se faire désirer ?
02:02Vous avez déjà vu la nuit dernière.
02:04Ah bah non, pas du tout.
02:08Mais peut-on raviver la flamme, monsieur le président, quand on laisse une impression de déjà vu ?
02:19En amour toujours, le candidat LFI nous apprend une autre notion.
02:24Il faut parfois reconnaître ses torts pour la paix des ménages.
02:28Moi, je ne vais pas faire le malin.
02:29Il y a 20 ans aussi, je n'étais pas d'accord avec cette histoire de voile.
02:32Je n'avais pas compris.
02:33Mais que fait une personne sensée au bout d'un moment ?
02:36Bah vous parlez.
02:37J'ai rencontré des femmes qui portaient le voile.
02:41J'ai été convaincu.
02:42Et j'ai changé d'avis.
02:43Et puis, je me suis dit, j'ai fait une erreur terrible.
02:45Il y a 10 ans, le patron des Insoumis qualifiait encore le voile de signe de soumission.
02:50Je suis opposé à tous les signes religieux.
02:53Et je ne vois pas où Dieu s'intéresserait à un chiffon sur la tête.
02:56Dites-nous, monsieur Mélenchon, votre mea culpa n'est-ce pas plutôt une offensive de séduction électorale ?
03:09Nous sommes avec Paul Vannier, député de la France Insoumise du Val d'Oise.
03:13Bonsoir.
03:13Bonsoir.
03:13Avant la discussion avec Charles Consigny, mais à coup le pas sincère ou électoraliste ?
03:16Écoutez, je comprends que vous soyez choqué.
03:18Un homme politique qui réfléchit.
03:20Un homme politique qui discute avec les premiers concernés.
03:22Je comprends que ça surprenne.
03:23Mais c'est en effet l'attitude de Jean-Luc Mélenchon.
03:26Et puis, je voudrais insister sur une chose.
03:27Jean-Luc Mélenchon, il a toujours eu un propos républicain.
03:30Un propos qui consistait à traiter de la même façon, sur le plan du respect, du principe d'égalité,
03:36tous les citoyens, tous les citoyennes de notre pays,
03:38quelles que soient leurs confessions religieuses, y compris s'ils n'en ont pas d'ailleurs,
03:41puisque la liberté de culte, c'est un principe qui découle de la liberté de conscience.
03:45C'est ce qu'il a toujours défendu.
03:47Et aujourd'hui, oui, face à la montée de l'islamophobie, face aux violences islamophobes,
03:52face au déferlement de haine qui cible nos compatriotes musulmans et musulmanes,
03:55nous assumons, nous sommes du côté de celles et ceux qui sont victimes de racisme.
03:59Et nous le serons chaque fois que nécessaire.
04:01C'est malheureusement le cas en cette rentrée politique.
04:03Charles, le méa culpa s'insère de Jean-Luc Mélenchon à quelques mois du scrutin présidentiel ?
04:07Ce qui est très intéressant, c'est que ça montre en fait l'évolution de Mélenchon
04:12et le fait qu'il, malheureusement, très classiquement, comme beaucoup de responsables politiques,
04:18il adapte son discours à l'électorat qu'il essaye de cibler.
04:22Moi, je pense que Mélenchon…
04:23C'est cynique ?
04:25Oui, oui, complètement.
04:27Moi, je vais vous dire, je pense que Mélenchon est moins à gauche qu'il s'en donne l'air.
04:33Sans doute moins à gauche que vous et moins à gauche que beaucoup de gens dans son parti.
04:37Je pense que c'est un sénateur socialiste, républicain, probablement franc-maçon,
04:43qui est dans un rôle de composition.
04:46J'ai une question à vous poser.
04:47Effectivement, dans sa conception de la laïcité, qui, à mon avis, est sa conception profonde.
04:55Il était plutôt opposé au voile islamique, mais maintenant, comme il regarde les chiffres
05:00et qu'il se dit que, somme toute, il a, je crois, aux dernières élections,
05:04je crois qu'il y a eu près de 80% des Français musulmans qui ont voté pour lui.
05:08Donc, il se dit que ce serait quand même con de les perdre.
05:10Et donc, il change de braquet, de même qu'il gauchisse beaucoup son discours pour gagner le match à gauche.
05:17Voilà, pour moi, il fait 100% de la politique.
05:19Mais je vais vous dire, c'est presque rassurant, puisque je pense qu'il est moins à gauche qu'il
05:23s'en donne l'air.
05:24Monsieur Consigny, je me permets cette question.
05:25Est-ce que vous êtes musulman ?
05:26Non.
05:27Est-ce que vous vous sentez concerné par la défense des libertés fondamentales,
05:31la liberté de conscience, la liberté de culte ?
05:32Ah, mais moi, je ne suis pas opposé au port du voile dans l'espace public.
05:37Je ne soutiens pas cette mesure visant à l'interdire.
05:40Eh bien, donc, je crois que vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon.
05:42Et vous comprenez ainsi que Jean-Luc Mélenchon ne s'adresse pas seulement aux musulmans.
05:46Il s'adresse à toutes celles et ceux dans notre pays qui sont attachés aux principes républicains.
05:50Il fait face à un parti, le Rassemblement National,
05:53qui a décidé d'entrer dans la rentrée politique à travers la défense d'une mesure extrêmement violente
05:58qui vise à stigmatiser des millions de nos compatriotes et qui peut provoquer la violence.
06:02Donc, vous voyez, monsieur Consigny, je crois que vous êtes au fond plus proche de Mélenchon que vous ne le
06:06pensez.
06:09Non, je pense que quand il parle des tout blanc, tout moche, par exemple,
06:13il n'est pas tout à fait dans la République et dans les principes républicains.
06:17Quand il fait des jeux de mots sur des noms de famille à consonance juive,
06:21il n'est pas tout à fait dans la République.
06:33Vous savez qu'il n'en a jamais fait ?
06:36Il fait de l'électoralisme d'assez bas étage en réalité.
06:38Chacun prononce à sa façon un certain nombre de noms propres.
06:41Et je veux revenir au fondamental.
06:42Là, vous êtes dans l'insinuation.
06:44Jean-Luc Mélenchon est un républicain.
06:45Il a toujours défendu et souvent seul et assez isolé des principes structurants de notre vie publique,
06:52de notre démocratie.
06:53Le principe de laïcité, par exemple, qui est mis en cause aujourd'hui directement par le Rassemblement National.
06:58Et par l'islam politique.
06:59Oui, bien sûr, évidemment, par toutes celles et ceux qui veulent porter atteinte au pacte républicain.
07:03Mais en cette rentrée, M. Consigny, constatez comme moi que si...
07:07Il remet en cause la laïcité.
07:08Je crois que si, justement.
07:10Parce que la laïcité, c'est aussi la liberté de croire.
07:12Vous êtes élu de quelle circonstance ?
07:13Du Val-d'Oise, d'Argenteuil, de Beson.
07:15Vous vous baladez un peu quand même là-bas ?
07:17Oui.
07:17Les burqas, ça ne remet pas en cause la laïcité ?
07:20J'en ai pas vu.
07:20Les barbes de trois jours, les djets là-bas.
07:22Vous voulez maintenant réglementer la taille des barbes ?
07:24Oui, vous voyez, vous savez, je suis très pragmatique.
07:28M. Consigny, là, vous n'êtes plus dans la laïcité.
07:30Je ne suis pas dans les postures, moi.
07:31Je suis très pragmatique.
07:32Ah, mais vous n'êtes pas dans la laïcité.
07:33Et quand je vais dans certaines villes...
07:34Ah, là, vous êtes dans le racisme ?
07:36Bah, vous êtes dans une pente.
07:38Mais très dangereuse.
07:39Parce que si vous commencez...
07:40C'est expliqué.
07:41Si vous commencez à mesurer les barbes, à mesurer les vêtements,
07:44on va rentrer dans un autre monde, M. Consigny.
07:47Dans un monde autoritaire.
07:48Dans un monde de privation de liberté.
07:50Je ne veux pas que vous considérez que c'est une mauvaise plan.
07:53Parce que je ne veux pas que vous me disiez quelle taille de barbe j'ai le droit de porter,
07:55moi aussi.
07:56Je suis un Français patriote.
07:58Je me fiche complètement des conséquences de ce que je peux dire.
08:01Je vais dans certaines villes d'Île-de-France, dans certaines villes en France.
08:05Je vois effectivement des gens qui manifestement adoptent les codes vestimentaires,
08:10les modes de vie, un certain éthos, si vous voulez,
08:14qui les met en rupture avec la société française.
08:17qui pratiquent le séparatisme absolument, le communautarisme.
08:20Et moi, je suis désolé de vous dire que, quand je vois ça,
08:25ça, c'est une atteinte à la laïcité.
08:27Effectivement, de même que la baïa à l'école,
08:29que le Jonathan interdit, il a très bien fait,
08:32c'était une atteinte à la laïcité.
08:34De même que la burqa, c'était une atteinte à la laïcité.
08:37Je vous croyais plus attaché à cette valeur.
08:38Et heureusement qu'on essaie de légiférer un peu.
08:40En revanche, le voile lui-même se mettre juste un fichu sur la tête, etc.
08:45Moi, ça me paraît, en fait, impossible sur le plan légal à interdire.
08:49Mais ça ne veut pas dire que je suis complaisant
08:51avec ces vraies atteintes à la laïcité.
08:53Je suis désolé de parler de RN qui porte atteinte à la laïcité.
08:55D'ailleurs, vous dites ce que vous voulez.
08:57Et c'est bien ce qui fait de notre pays un pays de liberté.
08:59Et c'est à ça que moi, je suis attaché.
09:01Je suis attaché à la liberté de conscience, de culte.
09:04Et je suis attaché à ce que les croyants puissent exprimer leur foi,
09:08leur appartenance religieuse, à travers des vêtements, à travers des symboles.
09:11Parce que si vous commencez à remettre en compte...
09:12Oui, mais les symboles veulent dire quelque chose.
09:14La barbe.
09:15Et c'est toujours les mêmes que vous visez, d'ailleurs, dans cette liste.
09:17La burqa, par exemple, vous êtes contre...
09:17Oui, parce que, excusez-moi, la petite jupe plissée à Versailles.
09:21Ce n'est pas exactement une atteinte à la laïcité.
09:22Derrière, il y en aura d'autres qui diront la kippa.
09:25Il y en aura qui diront la croix.
09:26Il y en aura qui voudront remettre en question
09:28la possibilité pour les uns ou les autres
09:30de manifester et d'exprimer leur religion.
09:33Vous étiez contre l'interdiction de la burqa ?
09:34Mais pourquoi ne l'étions-nous pas ?
09:37Parce que la burqa, elle est interdite aujourd'hui
09:40parce que la portée porte atteinte à l'ordre public.
09:43La dissipation du visage pose une difficulté
09:46pour pouvoir reconnaître les gens.
09:47Tout ça n'a rien à voir avec une manifestation d'une foi.
09:51Ça n'a strictement rien à voir.
09:53De la même façon, il est aussi interdit d'être nu dans l'espace public
09:57parce que cela trouble l'ordre public.
09:58Donc, vous voyez, il y a évidemment des limites
10:00qu'il ne faut pas franchir
10:02et il faut un cadre dans lequel les libertés s'expriment.
10:07Et c'est à ça que moi, je suis attaché, à la liberté.
10:10Et nous la défendrons.
10:11Peut-être seul contre tous, c'est possible.
10:13Mais avec Jean-Luc Mélenchon,
10:14nous défendons les libertés dans cette campagne.
10:15Là, toutes sont remises en cause.
10:17Toutes celles qui sont fondamentales.
10:18Sauf les libertés économiques.
10:20Sauf la liberté d'expression.
10:21Je veux rappeler que...
10:22Sauf la liberté d'expression.
10:23On va en parler avec plaisir.
10:25Mais je veux rappeler que la liberté de conscience et de culte,
10:26elle est dans notre constitution.
10:27On aura le droit d'être musulmans,
10:29mais on ne pourra pas gagner sa vie.
10:30Ce sont des acquis...
10:31Oh, je vous ai connu plus subtils,
10:32plus fin et plus précis.
10:33Je suis désolé, c'est à peu près ça, le Mélenchonisme.
10:35Et plus précis.
10:36En tout cas...
10:36On sera tous pauvres, mais on pourra aller prier.
10:39On pourra à la fois exprimer une conviction religieuse,
10:42ne pas le faire quand on le veut,
10:43et on pourra librement s'engager dans le monde économique aussi.
10:47M. Consigny, soyez rassurés.
10:48Avec Jean-Luc Mélenchon, tout va bien se passer.
10:51La liberté d'expression, vous la garantissez ?
10:53Évidemment.
10:53On a le droit d'être journaliste de droite à Radio France, par exemple.
10:56Alors, vous voulez faire référence à Charles Sapin,
10:59qui est donc à la tête d'un journal d'extrême droite,
11:02condamné pour racisme ?
11:03Il n'est pas à la tête du journal non plus.
11:04Pardon, numéro 2 du journal.
11:06Celui qui est à la tête, c'est M. Dacier, c'est ça ?
11:08Lui-même ayant été condamné pour racisme, il me semble.
11:12En tout cas, ce journal a été condamné à de multiples reprises.
11:15Mais il n'y était pas à ce moment-là.
11:16Attendez, il a été condamné.
11:17Ça n'est pas rien de rejoindre une rédaction, un journal condamné
11:20pour incitation à la haine raciale.
11:22Peut-être que vous le feriez.
11:23Peut-être que vous ne le feriez pas.
11:24Peut-être que vous rejoignez pour le changer aussi, c'est possible, non ?
11:27Je ne le crois pas.
11:28L'humanité soutenait Staline, l'humanité ne soutient plus Staline.
11:32Il a changé.
11:33À mon avis, toutes les comparaisons ne sont pas raisons.
11:35En tout cas, aujourd'hui, dans le contexte actuel de montée de l'extrême droite,
11:39avec cette condamnation qui est récente,
11:41faire le choix de rejoindre une rédaction comme celle-là,
11:43c'est un choix qui est marqué.
11:44C'est un choix qui dit quelque chose.
11:45Ça n'est pas un choix neutre.
11:46M. Jaffin a choisi sa liberté de s'engager dans cette rédaction.
11:51C'est aussi la liberté de vos confrères de France Inter de le refuser.
11:53Je crois que vous respectez le fonctionnement des rédactions,
11:55le débat qu'il peut y avoir dans des rédactions.
11:57Mais on respecte aussi beaucoup la liberté d'expression.
11:58Et aussi une liberté qui est celle du droit de grève.
12:00Elle va s'exprimer et nous verrons.
12:02Et c'est normal que les politiques s'en mêlent.
12:04Vous m'interrogez sur le sujet dont vous répondez.
12:06Jean-Luc Mélenchon intervenir.
12:07C'est un sujet d'intérêt général, je crois.
12:11Ou alors il n'est plus possible de questionner,
12:14de critiquer le fonctionnement des médias.
12:16Vous m'interrogez.
12:16Oui, je crois que je suis du côté, moi, des libertés.
12:18Parce que là, on parle du service public.
12:19Et un jour, vous aurez peut-être des responsabilités importantes.
12:22La liberté d'expression, puisque vous me questionnez dessus,
12:27c'est aussi pouvoir critiquer certains choix.
12:29Il n'y aura pas de liste de journalistes interdits si vous êtes au pouvoir.
12:31Moi, ça m'amuse toujours.
12:33Il y aura des listes de journalistes interdits.
12:36Il y aura une loi à respecter.
12:38Quand il y aura des reportages, des caricatures
12:41qui seront par la justice considérées comme racistes,
12:43il faudra déconner la justice.
12:44C'est le plus sévère possible.
12:46Ça veut dire que vous interdiriez un journal comme Valeurs Actuelles ?
12:49Non, je ne le crois pas.
12:50Vous fermeriez ?
12:51Sauf si la justice, ce serait à la justice d'en décider.
12:54Si ce journal enfreignait la loi,
12:55bien sûr qu'il devrait être durement sanctionné.
12:57Il l'a déjà été, et peut-être qu'une réplique devrait conduire
13:01à des condamnations plus graves.
13:03Il diffuse assez peu, d'ailleurs.
13:06On est au cœur d'un sujet très intéressant et très actuel,
13:09qui est qu'au fond, la gauche est en train de perdre son magistère
13:13sur le monde des idées et le monde politique en France.
13:16Pendant des années, c'est la gauche qui décidait
13:19de ce qui était autorisé, ce qui ne l'était pas,
13:22de ce qui était raciste, ce qui ne l'était pas,
13:25de ce qui était républicain, ce qui ne l'était pas, etc.
13:27Et la gauche, d'ailleurs, souvent depuis l'antenne
13:30de France Inter, décernait ses bons et ses mauvais points.
13:34Et là, ce qu'on voit, c'est que votre truc marche flu.
13:36Et quand on vous dit que l'humanité, effectivement,
13:38a fait du chemin après avoir soutenu Staline,
13:40vous, tout de suite, votre réflexe, c'est-à-dire
13:43comparaison n'est pas raison.
13:44Oui, c'est l'alors actuel.
13:45Cela me paraît complètement...
13:47Non, mais l'alors actuel, aux dernières nouvelles,
13:49n'a pas soutenu l'Allemagne nazie.
13:51Bon. Alors que l'humanité, effectivement,
13:53a soutenu Staline. Donc, comparaison n'est pas raison.
13:55Je ne sais pas si la comparaison est vraiment au bénéfice
13:57de la gauche dans ce cas-là.
13:58On est en quelle année, M. Sapin ?
14:00On est en 2026, on est d'accord.
14:01On est bien d'accord, on est bien en 2026,
14:03c'est pas en 1946.
14:04On est d'accord.
14:04Moi, ce que je remarque, c'est qu'il y a toujours
14:06une complaisance.
14:07Ça a été un peu plus long que 46.
14:08Il y a une complaisance pour l'extrême-gauche.
14:10D'ailleurs, vous-même, vous êtes des extrêmes-gauches.
14:11À France Inter, c'est l'extrême-gauche, maintenant ?
14:13Non, mais d'abord, beaucoup, effectivement, le sont.
14:15Mais vous-même, M. Vannier, vous êtes l'extrême-gauche.
14:18Ça, c'est d'après M. Nunes.
14:19Vous êtes probablement d'accord avec lui.
14:21Vous êtes engagé politiquement, vous êtes situé politiquement.
14:24J'ai un rapport avec M. Nunes.
14:25C'est une famille politique qui a soutenu le gouvernement.
14:27Je comprends que vous repreniez les qualifications de M. Nunes.
14:29Mais moi, je considère être un militant de gauche.
14:31Je pense que le seul moment...
14:32Et je pense que Jean-Luc Mélenchon,
14:33je suis le candidat de la gauche dans cette campagne présidentielle.
14:35Le seul moment où j'ai jeté un regard bienveillant
14:36sur les gouvernements de Macron,
14:38c'est peut-être les deux semaines où il y a eu Barnier,
14:40parce que j'aimais bien son style.
14:42Mais c'est peut-être le seul moment.
14:45Sinon, on ne peut pas me...
14:45Et Barnier n'était pas Macroniste.
14:47On ne peut pas me suspecter de les avoir soutenus.
14:49Donc, vous-même, vous êtes d'extrême-gauche.
14:51Néanmoins, vous êtes tout à fait bien traité partout.
14:53Pourquoi ? Parce que vous êtes d'extrême-gauche
14:55et pas d'extrême-droite.
14:56Et donc, il y a toujours ce deux poids deux mesures.
14:58Moi, je m'en fous un peu, à vrai dire.
15:00Et j'aimerais bien, justement, qu'on sorte de ces extrêmes.
15:03Finalement, est-ce que voter Mélenchon aujourd'hui,
15:06c'est le meilleur moyen d'envoyer le Rassemblement National au pouvoir ?
15:09Ça ne va pas vous faire plaisir, mais là, c'est vrai.
15:12Je pense que Marine Le Pen, je ne sais pas comment elle va faire, d'ailleurs.
15:15Peut-être qu'elle va envoyer en masse ses militants
15:18voter Olivier Faure à la primaire du Parti Socialiste.
15:21Mais je pense qu'évidemment, sa seule chance d'être élue à coup sûr,
15:26parce que le seul contre lequel elle est certaine de gagner,
15:29c'est contre Jean-Luc Mélenchon.
15:31Évidemment. C'est déjà écrit d'avance.
15:32D'ailleurs, autant, mais passons-nous de la campagne.
15:34– Je le dis rarement. – Puisque vous l'avez dit,
15:36elle va gagner, c'est sûr et certain, M. Cossigny.
15:38– Là-dessus, M. Vannier, vous savez, j'ai du respect pour Mélenchon,
15:44pour tout ce que vous faites, pour cette force politique qui est la vôtre.
15:48Je suis venu d'ailleurs débattre une fois aux universités d'été de la France Insoumise.
15:51J'ai vu l'organisation. J'ai du respect pour vous.
15:54Je m'hasarde rarement à dire que les campagnes sont écrites d'avance.
15:57Je pense que ça, ça, ça l'est.
16:00Oui, ça, je suis prêt à prendre les paris.
16:02Et donc, je pense, je vous le dis sans arrière-pensée,
16:04vous allez avoir un problème.
16:05C'est que si un candidat de gauche modérée à peu près câblé
16:10sort Hollande ou Glucksmann…
16:12– François Hollande, la gauche modérée ?
16:13– Hollande ou Glucksmann, oui.
16:14– François Hollande, il est là…
16:15– Vous allez avoir une difficulté, c'est qu'ils vont dire
16:17« Voter Mélenchon, c'est voter Le Pen ».
16:19Et je sais que ça va être compliqué à gérer.
16:21– En tout cas, ce que j'ai entendu, c'est que François Hollande
16:23a déjà indiqué qu'il voterait pour Jean-Luc Mélenchon
16:25dans le cadre d'un second tour face à Marine Le Pen.
16:27François Hollande, il me paraît là pour autre chose
16:29que de battre Marine Le Pen, il me paraît là pour finir le travail,
16:31pour définitivement enterrer le Parti Socialiste.
16:33Nous, nous sommes engagés dans une bataille
16:34pour gagner l'élection présidentielle.
16:36Nous avançons, notre campagne étant dynamique,
16:39elle est aujourd'hui celle qui occupe tout l'espace,
16:41je crois, à gauche.
16:42Et nous avons encore beaucoup, M. Consigny,
16:44vous allez le voir, de marge de progression
16:46dans cette campagne jusqu'au premier tour.
16:48Nous sommes en situation de nous qualifier au second tour
16:49et je crois que nous sommes en situation d'emporter le deuxième tour.
16:51Je voudrais juste vous dire quelque chose…
16:52– Mais comment ?
16:53Parce que pour l'instant, c'est parce que démontre les sondages,
16:55Jean-Luc Mélenchon est moins bien placé pour battre Marine Le Pen.
16:57– Je peux vous raconter une anecdote personnelle ?
16:58– Mais vous me parlez des sondages.
16:59Moi, j'y accorde peu d'importance,
17:01je considère qui nous estime, mais je les regarde.
17:03Je vais vous parler du dernier, le cluster 17 de cette semaine.
17:05Au deuxième tour, il dit 60-40 Mélenchon-Le Pen.
17:08C'est pas fait, mais avant les vacances, c'était 75-25.
17:11Donc vous voyez, ça avance.
17:13Et contrairement à ce que vous pensez, M. Consigny,
17:14qui, huit mois avant, jouait le devin,
17:17moi, je crois qu'il y a une campagne à mener.
17:22De Marine Le Pen.
17:23Quand il voit les députés de Le Pen défiler sur les plateaux
17:26pour appeler à arracher le voile de nos compatriotes,
17:28je pense que les gens, vous voyez,
17:30ils se disent que cette violence-là, ils n'en veulent pas
17:32et qu'ils sauront faire le bon choix.
17:34J'en suis convaincu.
17:35– Vous savez, des amendes, on en prend toute la journée dans Paris
17:36quand on se déplace en scooter.
17:37– Pas parce que vous portez la cravate, M. Consigny.
17:39– Il n'y a pas besoin de porter le voile pour prendre des amendes.
17:40– Pas parce que vous portez une chemise blanche et une veste bleue.
17:42– Et on n'arrache pas mon casque de scooter encore.
17:44Mais en revanche, on m'arrache mon argent, ça, c'est vrai.
17:52Égide Mélenchon, il n'y a pas besoin d'avoir fait les goles de guerre
17:54pour la comprendre.
17:55Il essaye d'assécher la gauche en étant très à gauche
17:58et quand il n'y aura plus de candidats à gauche,
18:00tout à coup, il va devenir ce qu'il est vraiment.
18:02C'est-à-dire, en fait…
18:03– Il va redevenir le Mélenchon qu'on a connu.
18:05– Bien sûr, un homme de centre-gauche, républicain,
18:08assez détendu, etc.
18:10Sauf qu'il aura autour de lui…
18:12– L'extrême gauche.
18:13– C'est-à-dire vous, Mme Guettet,
18:15qui veut qu'on prenne un congé quand on a un ami.
18:18– Incroyable, scandaleux.
18:20– Bah oui.
18:20– À la mort d'un ami, prendre un congé, quel scandale !
18:22– Oui, que ce soit écrit dans le droit, oui.
18:26Je pense que c'est débile, même, je vais vous dire.
18:28Je trouve son livre complètement débile.
18:29Je lui ai dit, d'ailleurs.
18:30– Vous n'êtes pas favorable à l'acquisition de nouveaux droits ?
18:31– Je trouve ça d'une stupidité sans nom.
18:34Et ça ne va pas aider Mélenchon, d'ailleurs, ce genre de choses.
18:37Mais moi, je vous raconte une anecdote qui m'a quand même intéressé.
18:40C'est que…
18:40Alors, ça a la même valeur quasiment qu'un sondage.
18:44Récemment, j'étais dans une assemblée
18:45de gens hétéroclites à un anniversaire.
18:47Il y avait une jeune femme bobo,
18:50une de ses parisiennes installée nouvellement en province
18:52pour y faire du télétravail.
18:55Absolument, quelqu'un de ma famille, même.
18:56Elle va voter Mélenchon.
18:58Elle a grandi avec une cuillère en argent dans la boule.
19:00Elle va voter Mélenchon.
19:02Tous ses copains vont voter Mélenchon.
19:03Il y avait des gens de tous les âges et de tous les milieux.
19:06Et elle s'attendait à ce que tout le monde,
19:07sur le ton de l'évidence, dise
19:09« Moi aussi, je vais voter Mélenchon ».
19:10Et tout le monde a dit « Ah bah non,
19:12en cas de second tour, RN-Mélenchon,
19:14on votera RN ».
19:15Et c'était à peu près 9 personnes sur 10.
19:18Et ce n'était pas du tout,
19:20on n'était pas à Saint-Nicolas-du-Chardonnay.
19:22Je peux vous le dire.
19:23Mais si sur les plateaux de BFM,
19:26vous faites des pronostics à 8 mois sur la base de vos soirées,
19:28je ne suis pas sûr que les téléspectateurs
19:30vont être très éclairés.
19:32Vous rappelez une chose qui s'est passée il n'y a pas si longtemps.
19:34Il n'y a pas si longtemps.
19:35Il y a eu 27 sondages sur 27
19:36qui disaient que le RN allait gagner les élections de l'État.
19:38Vous vous rappelez ?
19:38C'était il y a 18 mois.
19:39Ils ont perdu.
19:40Ils ont perdu l'élection.
19:41En un mot, moi ce que je vois,
19:43j'ai justement à cette occasion
19:45consulté le programme,
19:46et je termine par de la NUPES
19:48et ensuite, je ne sais plus comment ça s'appelait,
19:50le Nouveau Front Populaire.
19:52Et je vous ai trouvé quand même très gonflé à gauche
19:55de nous mettre un flingue sur la tempe
19:56en disant que c'est soit nous, soit les fachos,
19:59avec le programme que vous aviez.
20:00Parce que votre programme, il est facho.
20:02C'est un programme de fachos de gauche.
20:05Moi, je n'ai pas voté.
20:06Je n'ai pas voté.
20:07Vous savez, j'habite un arrondissement du centre de Paris
20:09dans lequel il y avait zéro chance
20:11qu'un candidat que j'aime bien soit élu.
20:13La Macronie a totalement inondé tout le truc.
20:17Donc, ça ne m'intéressait pas d'aller voter.
20:19Mais je vous dis que vous ne pouvez pas
20:21mettre un flingue sur la tempe des gens
20:23en leur disant que c'est soit nous, soit les fachos,
20:25avec un programme qui est vous-même,
20:26un programme, je trouve, de fachos de gauche.
20:28C'est ça que je veux dire.
20:29Je trouve que la gauche joue un jeu dangereux.
20:31Je ne peux pas répondre à l'outrance de la formule
20:34qui est faite pour choquer.
20:35Ce que je peux juste vous dire sur le programme.
20:36Notre programme est un programme de rupture.
20:38Il s'assume.
20:38Mais regardez les crises que traverse le monde
20:40et notre pays en particulier.
20:41On sort d'un été qui est catastrophique.
20:42Des gens sont morts.
20:43Leurs maisons ont brûlé.
20:45Regardez la gravité de la situation sociale.
20:46Il y a 10 millions de personnes
20:47qui sont sous le seuil de pauvreté.
20:48L'Ukraine, le Proche-Orient.
20:50La Ve République, elle est à bout de souffle.
20:52On va entrer dans un débat budgétaire.
20:53Il n'y a pas d'issue.
20:53Il faut des solutions de rupture.
20:54C'est ce qu'on propose.
21:01Votre arrondissement central de Paris.
21:04Peut-être que vous êtes assez indifférent
21:05à ces enjeux.
21:05Moi, je suis convaincu d'une chose,
21:07M. Consigny,
21:07c'est que ces propositions,
21:08elles ne font pas peur.
21:09Ces propositions, elles sont vitales
21:10pour des millions de nos compatriotes
21:12pour lesquelles 2027 est une question
21:14de vie ou de mort par certains aspects.
21:17Pour acheter des canadaires,
21:18il ne faut pas gaspiller l'argent public.
21:20Il faut arrêter de soutenir.
21:21Merci, Paul Vannier.
21:22On n'aurait pas beaucoup de canadaires.
21:24Merci, Paul Vannier.
21:25Merci, Charles Consigny.
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