00:06On va parler d'âge aujourd'hui, on va parler de jeunes, ça tombe bien, ça concerne quasiment tout le
00:12monde autour du plateau.
00:14N'oubliez pas qu'il vous a donné un travail quand même.
00:15C'est pas vous, certainement pas.
00:16Certainement c'est moi.
00:17Qui ça ?
00:18Certaines personnes.
00:20Bon en tout cas il y a une image qui a retenu notre attention dans l'actualité, c'est Ayoub
00:23Bouadi, le milieu de terrain.
00:24Il vient d'arriver à Manchester City et son entraîneur Enzo Maresca lui a dit ça.
00:48Tu n'as rien à prouver alors qu'il n'a que 18 ans, mais en même temps il a
00:51déjà pas mal prouvé Ayoub Bouadi.
00:53Il a brillé en Ligue 1, en Ligue des Champions, à la Coupe du Monde aussi cet été.
00:56Et en fait on voit de plus en plus de très jeunes joueurs s'installer et arriver très tôt et
01:01disputer les plus grands matchs.
01:02Donc on va vous montrer pourquoi pour Lembappé, Yamal, Bouadi, on ne parle plus d'âge pour citer le capitaine
01:08des Bleus.
01:08Et puis vous connaissez la citation, la valeur n'attend point le nombre des années.
01:12Alors c'est vrai qu'on a quand même vu récemment des jeunes joueurs, très jeunes joueurs explosés très tôt.
01:17Très jeunes et on pourrait même dire tout simplement des adolescents.
01:19Parce que l'ami Yamal, par exemple, il avait 16-17 ans quand il a marché sur l'Europe avec
01:24l'Espagne à l'Euro 2024.
01:25Mais lui non plus, il ne faut pas lui parler d'âge.
01:48Et voilà, tout dépend évidemment des performances sur le terrain.
01:52Qu'importe si on n'a pas l'âge de sortir en boîte de nuit.
01:55Aujourd'hui, Yamal est une star mondiale, un des leaders du Barça tout simplement.
01:58Parce que non seulement les cracks commencent tôt, mais en plus, ils deviennent des tauliers.
02:03Tôt, des tauliers. Vous avez compris ? Excellente vanne, merci.
02:06Bref, un bon exemple de ça, c'est Jude Bellingham.
02:09Lui, il est devenu capitaine du Borussia Dortmund à seulement 19 ans.
02:13C'était en octobre 2022 et même en Ligue des Champions.
02:17Non, on ne vous écoute plus, vous le savez.
02:18Une fierté, bien sûr, pour Bellingham, mais finalement, c'est le job.
02:32Il y a peut-être, il y a même sûrement un changement générationnel là-dedans aussi.
02:38Et oui, les jeunes veulent tout, tout de suite. L'impatience de la jeunesse, bien sûr.
02:42Mais sérieusement, oui, les joueurs à 18, 19, 20 ans n'ont pas peur d'arriver et de s'installer.
02:46Le témoignage de Christophe Pellissier, entraîneur reconnu de notre Ligue 1.
02:50J'ai vu vraiment l'évolution pratiquement en 10 ans.
02:54Je crois qu'ils ont cette capacité maintenant à rentrer dans un vestiaire,
02:59même s'il y a des joueurs un peu matures d'expérience,
03:02et de montrer leur qualité parce que c'est, j'allais dire, la génération Mbappé qui a voulu ça.
03:07Et en disant cette phrase-là, que ce n'était pas une question d'âge, mais il a raison aussi.
03:13Alors, il y a l'aspect économique aussi, bien sûr.
03:15Les clubs n'ont pas le choix aussi que de faire monter des jeunes,
03:17de les faire jouer en espérant les revendre au prix fort vu les difficultés financières.
03:21Mais ça tombe bien parce qu'il y a énormément de très bons joueurs.
03:24On a trouvé deux chiffres de l'Observatoire du football, CIES.
03:27Le premier, la France est le deuxième pays le plus représenté dans les championnats du foot mondial.
03:331275 tricolores qui évoluent dans 135 championnats.
03:36Enfin, c'était au 1er mai 2026.
03:37Il n'y a que le Brésil qui fait mieux.
03:39Par contre, la France est de très loin la première nation au classement des pays
03:44dont les joueurs ont généré le plus d'argent en transfert.
03:47Ce classement-là date de fin 2025.
03:48Voilà, on le sait, notre formation est au top,
03:51et y compris sur le leadership, selon Christophe Pellissier.
03:54On a une formation qui fait partie peut-être des meilleurs au monde en France.
03:59On n'a que voir le niveau des jeunes qui arrivent et qui prennent des responsabilités de suite.
04:03Je crois qu'ils sont très bien formés à ça.
04:05Souvent, on disait, les jeunes, ils ont des qualités,
04:08mais il manque un petit peu de leadership ou autre.
04:11Maintenant, c'est des jeunes qui arrivent et qui veulent de suite prendre le lead.
04:16Et surtout que nos centres de formation analysent aussi la personnalité des jeunes joueurs qu'ils recrutent.
04:21On va passer la parole à Landry Chauvin.
04:23Il a été entraîneur en pro chez les jeunes
04:25et aussi sélectionneur dans les équipes de France de jeunes récemment.
04:27Il a notamment eu sous ses ordres des Boidis, Doué et autres Camavinga.
04:32Tous les garçons que vous avez cités, ce n'étaient pas des consommateurs.
04:35C'étaient des mecs qui, d'abord, aiment le foot.
04:37Et ça, on doit le déceler et on le décelle très rapidement en discutant,
04:41en allant dans leur contexte familial, dans leur contexte club, en le recevant chez soi.
04:45Et aujourd'hui, les centres de formation prennent cette dimension en compte pour recruter.
04:51Il y a quand même des limites à tout ça.
04:53Bien sûr. Est-ce que vous vous souvenez, autour de la table,
04:56de cette photo qui va apparaître juste derrière moi ?
04:59Eh oui, c'est notre ami Pedri qui faisait quand même un peu pâle figure.
05:03Ça, c'était au JO en 2021 avec l'équipe d'Espagne
05:06parce qu'en même temps, il sortait d'une saison à 73 matchs, notre ami Pedri.
05:09Et il avait 17-18 ans cette année-là.
05:12En même temps, il était fatigué.
05:14Et bien sûr, derrière, ça n'a pas manqué.
05:1640 matchs ratés sur blessures en 2021-2022.
05:1919 en 22-23, 25 en 23-24.
05:223 en 2024-2025.
05:23Ça allait un peu mieux, mais ça a replongé la saison dernière.
05:26Il a raté 15 matchs.
05:27La Miniamal, c'est un peu le même combat, même s'il a été plus épargné globalement.
05:31Mais la saison dernière, 4 blessures différentes.
05:332 haleines, 1 pubalgie, 1 osischio-jambier.
05:36Pour un total de 17 matchs manqués.
05:38Il était d'ailleurs diminué à la Coupe du Monde.
05:40On l'a bien vu.
05:40Alors, on a sollicité un médecin, le docteur Simon Tournemine.
05:43Il est formel.
05:44Et bien, ce n'est pas bon.
05:45Autant de minutes pour un jeune joueur.
05:47Il risque de se faire mal.
05:49Et si jamais on insiste là-dessus, ça peut amener à des fractures de fatigue.
05:53Ça peut amener à des ruptures tendineuses.
05:55Et à des arrêts très prolongés en termes de pratiques sportives.
05:59Une blessure jeune, elle peut très bien poser des problèmes sur toute une carrière de footballeur derrière.
06:05Donc, il faut vraiment préserver la santé des joueurs, quitte à limiter un petit peu le volume d'entraînement au
06:11début.
06:11Et ce qui va permettre ensuite d'avoir un squelette mature et de pouvoir augmenter la charge, le volume de
06:17match sur les années qui viennent.
06:19Oui, de la prudence, de la prudence.
06:21Mais c'est parfois difficile quand on est jeune et qu'on a envie de prouver.
06:23En plus, il y a toute la pression autour de tout le monde.
06:25C'est beau, c'est admirable d'être si précoce, de voir des jeunes de 20 ans se comporter comme
06:30ça, se comporter en leader comme des trentenaires.
06:32Mais attention au retour de bâton, jeunes messieurs, parce que c'est votre santé qui en dépend.
06:36Merci beaucoup Romain Han qui n'est pas bien vieux.
06:38Pas bien vieux.
06:38Pas bien vieux.
06:39Arthur Girand qui est encore plus jeune et Baptiste Bautier avec vous, évidemment.
06:42Je ne connais pas l'âge de Baptiste, donc je ne peux pas dire s'il est plus jeune et
06:44pas bien vieux.
06:45On n'a pas 30 ans tous les trois.
06:46Non, voilà, c'est ça, c'est honteux.
06:48Charlotte, je voyais réagir à ce qu'en plus, je rigole souvent sur votre amour du Barça, tout ça sur
06:52Yamal, mais vous tirez la sonnette d'alarme par rapport à ça.
06:55Oui, ils ont des responsabilités, oui, c'est des stars de plus en plus tôt, mais je vois bien que
06:58ça vous a embêté.
06:58Je vous ai vu sur les blessures de Yamal.
07:00Oui, parce qu'en fait, quand on arrive à 15-16 ans, on n'est pas encore prêt physiquement.
07:05Je me souviens que quand je suis arrivée à Clairefontaine, j'avais 15 ans, je passais de trois entraînements à
07:09cinq entraînements en semaine et on était toutes blessées, les filles et les garçons.
07:13Donc, c'est vrai que ce n'est pas la même problématique que les filles et les garçons, mais moi,
07:15j'aimais bien une catégorie de jeunes.
07:17Il y avait des jeunes talentueux, mais par contre, qui ne disaient pas un mot, qui étaient dans le respect
07:23total, dans l'exigence, dans le travail.
07:25Et il y avait d'autres jeunes avec forcément des qualités, mais qui ouvraient leur bouche, qui n'étaient pas
07:30dans l'exigence et pas dans le travail.
07:31Et là, ça pouvait donner dans le vestiaire un côté, en fait, ces jeunes-là, elles restaient dans leur coin.
07:37Elles avaient du talent, on avait besoin d'elles, mais en fait, oui, Marc nous débute, mais après, dans cette
07:41cohésion d'équipe,
07:42moi, je n'aimais pas du tout ces filles-là.
07:43Donc, je préférais les jeunes pépites travailleuses et qui, peut-être, sur la durée, restent plus longtemps.
07:48Jérôme, je viens voir nos deux joueurs, vous me permettez ça autour de la table.
07:53On a presque le même âge.
07:54La réalité, c'est que ce n'était pas ça quand vous avez démarré.
07:57Quand Romain racontait les histoires, je pensais exactement à ça.
08:00Je me disais, à mon époque, dans un vestiaire, tu arrivais à un jeune joueur, il fallait la certif du
08:05vestiaire.
08:06Il fallait la certif, avant les résultats.
08:09Tu étais validé par le vestiaire, certifié par le vestiaire.
08:12Et puis, une fois que tu te sentais un peu mieux, tu allais pouvoir grandir.
08:14Aujourd'hui, ces gars-là, ils n'en ont rien à foutre.
08:15C'est-à-dire qu'ils gagnent tout de suite, en fait.
08:17Mbappé, il est prégnant en 2018.
08:19Je suis désolé, il y a des matchs qu'il fait tourner.
08:21Yamal, il est champion d'Europe à 18 ans.
08:24Il est très important dans la conquête du titre de l'Espagne aussi.
08:27Ça veut dire que, oui, ça a changé aussi parce qu'effectivement, comme l'a dit l'André Chauvin,
08:32dans la formation, on a pris ça en compte de les responsabiliser plutôt et de leur dire
08:36effectivement, non, non, dans le vestiaire, tu peux aller gagner tout de suite.
08:39Et puis, on leur dit qu'ils sont forts et beaux.
08:40Ils ont des réseaux sociaux, ils ont de l'argent tout de suite.
08:42Ce n'est plus le même monde où vous êtes un jeune rookie et puis vous n'avez pas d
08:45'argent.
08:45Et les sports américains, les jeunes rookies qui arrivent dans le top 10, ils sont millionnaires tout de suite.
08:48Et donc, ça veut dire que la texture des vestiaires a changé.
08:50Ça veut dire qu'aussi, les jeunes sont acceptés plus facilement.
08:52C'est-à-dire que les anciens du vestiaire, la leader, facilitent aussi l'intégration des jeunes dans le vestiaire,
08:57ce qui n'était pas forcément manqué à l'époque.
08:58Nous, c'était dur.
09:01Il n'y a qu'en Italie où c'est un peu à l'ancienne.
09:02Oui, nous, c'était...
09:03Les jeunes, ils...
09:04J'ai dit Marouma qui était titulaire à Milan à 16 ans.
09:06Oui, mais c'est l'exception qui confirme la règle, honnêtement.
09:08Là, vous allez sur l'exception, là.
09:09Eh bien, je suis là pour ça.
09:12Non, mais c'était bien.
09:18Sur la chaîne L'Équipe avec Gio, c'est qu'en fait, il y a plein de joueurs.
09:21On ne les a jamais vus en équipe de France Espoir tellement ils étaient forts.
09:23D'ailleurs, c'est le cas de Kian Mbappé.
09:25Ou alors, on a eu deux matchs Warrens et Remry en début de rassemblement sous tirant en septembre.
09:29Il était tellement fort, on ne l'a plus jamais revu.
09:32Et ça, c'est un phénomène qui est de plus en plus constant en équipe de France.
09:34C'est que les gars, ils sautent la catégorie Espoir tellement ils sont forts et ils vont directement chez Léa.
09:38C'est pour ça qu'on gagne pas depuis 50 ans.
09:40Parce qu'il faut aussi voir le contexte global.
09:41Vous parlez beaucoup des joueurs, de leur comportement, etc.
09:44Mais il faut voir tout ce qui est satellite autour d'eux.
09:47Et c'est des détections de jeunes maintenant beaucoup plus tôt dans les clubs.
09:52C'est des agents très tôt, des 12-13 ans désormais.
09:54C'est des parents.
09:55On parle beaucoup du projet Mbappé, mais ce n'est pas un fantasme, évidemment.
09:58Et puis, il y a aussi les coachs.
10:00Quand on a entendu il y a quelques jours, Louis Sénriquet qui disait tout simplement
10:03« Moi, je préfère avoir des jeunes joueurs. Ils sont beaucoup plus modulables. »
10:05Mais c'est le schéma qu'a adopté Arsenal, qu'a adopté Barcelone.
10:08Même Rosénior ne s'en cachait pas il y a deux ans avec Strasbourg qui était une équipe jeune.
10:12Ça a changé tout le paradigme aussi de la manière dont les coachs veulent des jeunes joueurs
10:16parce qu'ils sont plus modulables dès 15, 16, 17 ans.
10:18Mais parce qu'aussi la formation a changé.
10:21C'est aussi qu'elle s'est améliorée.
10:24Encore une fois, je reviens sur ce qu'a dit l'André Chauvin.
10:26C'est qu'il y a une prise de conscience en France où on disait
10:28« Nos jeunes arrivent, mais dans un vestiaire pro, ils ne sont pas prêts mentalement
10:32à assumer une charge de responsabilité que d'autres pays ont peut-être plus que nous. »
10:37Et ça, je pense que ça a été un programme de détection aussi par rapport...
10:40Et un mot qui a été important.
10:41La passion du football.
10:43Il y a plusieurs intervenants qui l'ont dit ça.
10:45Tu détectes aussi un gamin qui est tellement passionné
10:47qu'il va être prêt tout de suite à être lancé dans l'arène.
10:49Et ça, c'est quelque chose...
10:50À mon époque...
10:51Tu sais, je finis là-dessus.
10:54J'avais dans le vestiaire trois catégories.
10:56Les leaders, les branleurs et les suiveurs.
10:59Les suiveurs, c'est basculer le vestiaire.
11:01Parce que si les suiveurs partaient avec les branleurs, t'es mort.
11:04Aujourd'hui, il y a beaucoup moins ces trois catégories.
11:07C'est-à-dire que...
11:08Je m'excuse du terme, mais t'as beaucoup moins de branleurs aujourd'hui.
11:11C'est-à-dire que...
11:12Parce qu'ils sont en entourage qui leur disent
11:13« Tu peux pas faire n'importe quoi, il y a de l'argent. »
11:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui, t'as un peu le leader et un peu les suiveurs.
11:18Mais t'as plus cette catégorie qui te bousille un vestiaire
11:21ou qui te parasitait n'existe plus.
11:22Et ça, c'est beaucoup grâce à l'information en France.
11:24Vous fascinez Émilie et Giovanni.
11:25Ils vous regardent avec les yeux de l'amour.
11:26Moi, je trouve simplement qu'il y a un aspect qui est essentiel.
11:31C'est les progrès qu'on fait en termes de médecine, d'infrastructure.
11:35La manière dont le football s'est professionnalisé.
11:38Ça va aussi...
11:38C'est le sens de l'histoire.
11:39C'est-à-dire qu'à l'époque, un joueur avait son pic de forme.
11:45La manière dont il va éclore, c'était 23-24 ans.
11:48Parce que son corps était traité différemment en amont.
11:51Là, c'est des jeunes athlètes qui, depuis qu'ils ont 10 ans,
11:54que ce soit la structure psychologique et la structure physique
11:57sont des environnements qui sont en avance
12:00par rapport à tout ce qu'on a vécu avant.
12:01Allez, mot de la fin, Émilie.
12:02Et une maturité footballistique
12:04qui rejoigne un peu tous les points cités.
12:06Et c'est Bellingham aussi qui en parlait
12:07sur le fait d'avoir besoin aussi d'être mature,
12:10peut-être un peu trop tôt par rapport à leur âge.
12:12Mais je pense que ça aussi, c'est déterminant
12:14pour arriver justement à cocher toutes les cases que citait Jérôme.
12:17Merci beaucoup, Romain Aran.
12:19Que personne...
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