00:00Je disais, c'est peut-être la mesure la plus importante de cette campagne présidentielle,
00:04parce qu'elle décide de tout.
00:06Et alors, c'est peut-être un peu technique, peut-être un peu jérudique,
00:08peut-être n'est-ce pas tout à fait grand public,
00:10mais bon, c'est notre travail de l'expliquer,
00:14parce que ça peut changer la France.
00:16Donc c'est aussi notre travail qui peut être utile.
00:21Comment ?
00:21Il y a un mot là-dessus ?
00:22Ah ben évidemment, c'est le principe de notre émission.
00:25Je pense que je vais...
00:27Je pense que je fais avec.
00:27Non, non, mais c'est très intéressant ce que propose Bruno Roteillot.
00:30On ne peut pas continuer comme ça à se substituer à la volonté du peuple par des juges.
00:36La première des choses qu'il faudrait faire, c'est déjà de dépolitiser le Conseil constitutionnel.
00:40Vous avez remarqué comme moi, les anciens premiers ministres,
00:43le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, etc.
00:45Il faut déjà dépolitiser le Conseil constitutionnel.
00:48Et puis, ramener, là où Bruno Roteillot, je le rejoins totalement,
00:51ramener le Conseil constitutionnel à ses missions premières,
00:54telles que voulues en 1958 par le général de Gaulle,
00:56c'est-à-dire vérifier la constitutionnalité des lois
00:59et non pas aux principes généraux de la République
01:02qu'ont créé de toutes pièces le Conseil constitutionnel,
01:05le bloc de constitutionnalité avec la déclaration des droits de l'homme,
01:08la charte de l'environnement, etc.
01:09Il faut que le Conseil redevienne ce qu'il était en 1958.
01:12Sans quoi, on ne pourra pas réformer ni l'immigration,
01:15ni la délinquance, ni la justice.
01:17Voilà.
01:17Bon, mais c'est intéressant de voir ce qui a été censuré ces derniers temps.
01:21La loi d'Armmanin sur l'immigration, disposition relative à certaines conditions de séjour, censurée.
01:27Les articles avec plusieurs censures portant sur les conditions de séjour
01:29et différentes procédures concernant les étrangers, censurée.
01:33C'est une loi qui était passée.
01:35C'est une loi.
01:36L'Assemblée nationale, le peuple.
01:38Donc, l'article 38 qui permettait notamment, dans certaines circonstances,
01:41la prise d'empreintes digitales et de photographies d'un étranger sans son consentement.
01:44Ça a été censuré au nom de quoi ?
01:47Au nom de quoi ?
01:49Qui sont, qui sont Jacques Mézard, François Pillet, Jacqueline Gouraud, Véronique Malbec,
01:54François Seners, Laurence Vichniewski, Philippe Bas, Alain Juppé et Richard Ferrand ?
02:00Qui sont ces neuf personnes pour décider au nom de la France ?
02:03C'est fini.
02:04C'est terminé.
02:06Tout à fait.
02:06Mais c'est un super...
02:07Pourquoi ?
02:08Je vais dire deux mots.
02:09Si vous voulez.
02:11D'abord, sur la composition du Conseil constitutionnel, dont vient de parler Georges,
02:15moi, je suis assez d'accord pour dépolitiser, entre guillemets, le Conseil constitutionnel
02:19et pour faire en sorte qu'on cesse d'y nommer des amis du pouvoir, des ex-ministres, premiers ministres,
02:26etc.
02:27Moi, je serais assez partisan d'un critère qui serait d'avoir au moins un doctorat en droit, premièrement.
02:33Et deuxièmement, de ne pas avoir exercé de mandat parlementaire dans les dix ans qui précèdent sa nomination.
02:39C'est vraiment sage.
02:39Ça, c'est sur la composition.
02:41C'est sage, oui.
02:41La deuxième chose.
02:43Georges dit que le Conseil constitutionnel se réfère maintenant au bloc de constitutionnalité.
02:47C'est beaucoup trop large.
02:48Il a inventé tout ça.
02:50C'est vrai que le Conseil constitutionnel, aujourd'hui, ne se réfère plus seulement à la Constitution,
02:54mais à la Déclaration des droits de l'homme.
02:56C'est un préambule.
02:58Excusez du peu, la Déclaration des droits de l'homme de 1989, de 1789, le préambule
03:02de la Constitution de 1946, et ce qu'on appelle, non pas les principes généraux, les principes
03:08fondamentaux reconnus par les lois de la République.
03:10C'est ça le bloc de constitutionnalité.
03:11Oui, mais qui a déterminé ces principes ?
03:12C'est eux.
03:13T'en fais ce que tu veux, et vous le savez comme moi, mais ne soyez pas naïf.
03:19Pascal, une question technique, moi j'ai réfléchi, bien sûr, c'est pas souvent dans le débat.
03:23Quand le Conseil constitutionnel invalide une loi, en fait, il n'invalide pas une loi,
03:28il invalide un article, deux articles, trois articles.
03:31Dans ce cas-là, le Président de la République, dans le schéma de Bruno Retailleau,
03:34il va faire un référendum sur quoi ? Sur la loi entière ? Sur l'article invalidé ?
03:38Non, moi, quand on commence à monter les institutions contre le peuple réciproquement, c'est pas dangereux.
03:43Donc, pour André Valigny, on ne change rien, on ne fera rien,
03:46et les petits hommes gris ont le pouvoir.
03:49Les Français, rentrez chez vous, vous n'avez pas le pouvoir.
03:52Il y a un deuxième aspect dans la proposition de Bruno Retailleau,
03:56qui est d'élargir le référendum et le champ du référendum,
03:59que le Président de la République puisse faire un référendum sur tous les sujets.
04:03Ça, je trouve ça une excellente idée.
04:04Ça, c'est pas une mauvaise idée.
04:05Le référendum est aujourd'hui réduit à des faits mineurs,
04:09d'un périmètre très très réduit.
04:11Je pense que la question démocratique, elle est fondamentale en France,
04:13les gilets jaunes l'ont montré,
04:14il a réclamé le référendum d'initiative citoyenne.
04:17Il propose d'ailleurs de diviser par deux le nombre de signatures
04:19pour mettre en œuvre un référendum.
04:21Et je pense que toute mesure qui va dans le sens de redonner le pouvoir au peuple
04:25et la possibilité au peuple français de choisir son destin
04:29doit être encouragée et réparer une fracture profonde dans le pays.
04:32– André Valigny, je suis totalement d'accord.
04:34J'avais fait une tribune il y a très longtemps dans Le Monde
04:36pour dire qu'il fallait élargir le champ du référendum
04:39et en faire un par an, au moins un par an, sur deux ou trois sujets.
04:43– Vous êtes d'accord que si le référendum est voté ?
04:44– Ça n'a rien à voir avec la proposition.
04:46– Non mais si, est-ce que vous êtes d'accord que si une loi est votée par référendum,
04:48le générationnel ne peut pas s'y opposer ?
04:50– Bien sûr, évidemment, oui.
04:52– André Valigny, le souci, c'est que tout ce qui est décidé en France
04:57sur des sujets extrêmement importants depuis 40 ans,
05:00et je pense notamment à l'immigration,
05:02est contre la volonté des Français.
05:04– Oui.
05:05– Les Français, c'est simple, il y a 70% des Français
05:08qui ne veulent pas du voile, par exemple.
05:10– Oui.
05:10– Vous pouvez souffler, le peuple vous ennuie, je le sais bien.
05:14– Non, non, le peuple vous ennuie.
05:16– Le peuple, ça fait 40 ans qu'il mêlit, le peuple.
05:1840 ans qu'il mêlit.
05:20Donc le peuple, je le connais, un peu mieux que vous, sans doute.
05:23– Mais pourquoi ?
05:24– Écoutez, parce que moi, je vis au milieu du peuple,
05:28tous les jours où je suis dans mon département, dans mon canton,
05:30qui mêlit depuis 40 ans.
05:31– Eh bien, c'est entendu, mais…
05:32– Immergé dans le peuple.
05:33– Mais quel est le rapport avec ce que je dis sur le voile ?
05:37– Je dis que c'est un peu facile de parler à la place du peuple.
05:40– Mais c'est pas, je lis un sondage.
05:42– Je lis un sondage, il faut s'en méfier des sondages.
05:43– Ah, vous pensez que les gens veulent l'islamisation du pays ?
05:46– Les gens pensent que l'interdiction du voile est inapplicable.
05:50Inapplicable.
05:51Et tous les partis, sauf le RN, disent la même chose.
05:53– Il se trouve que le RN fait 35% des voiles.
05:55– Il y en a 65% qui votent le RN.
05:5865%, c'est une grosse majorité.
06:00– Écoutez, quand vous interrogez les Français sur ce sujet,
06:04est-ce que vous êtes pour ou contre le port des voiles ?
06:06Ils répondent massivement contre.
06:08– Mais le souhaitable est le souhaitable.
06:09– Voilà.
06:09– Là, je suis du même avis qu'André cette fois-ci.
06:12– Mais vous êtes tous du même avis.
06:13– Non, non, non.
06:14– Enfin, il n'y a qu'au Tadjikistan que ça existe, cette interdiction.
06:16– Bon, on ne va pas revenir sur le voile, on en a parlé cette semaine.
06:18La réalité, c'est que tout ce qui a été décidé en France,
06:22sur plein de sujets, sur les éoliennes, sur l'énergie,
06:25sur l'électricité, sur la sécurité, sur les prisons,
06:29et sur d'autres sujets dont je ne veux même pas les évoquer ici,
06:32pour ne pas vous fâcher, je pourrais parler de la peine de mort.
06:35Tout ça a été décidé contre un avis majoritaire des Français.
06:39Donc, ils en ont ras-le-bol, les Français.
06:41– Oui, mais les Français votent pour des dirigeants.
06:44– Oui, ils votent pour des dirigeants.
06:46Effectivement, c'est le système représentatif.
06:48Mais aujourd'hui, ils ont envie de reprendre qu'on les entende.
06:50Et M. Rotaillot a plutôt raison, je trouve qu'il a tapé dans le mille,
06:54que ce n'est pas à neuf seconds couteaux, comme je l'ai dit tout à l'heure,
06:58centristes, socialistes, nommés par le pouvoir,
07:00de décider ce que les Français veulent.
07:03C'est juste un système qui ne va pas.
07:04Si vous, vous ne le comprenez pas, je ne peux rien pour vous.
07:07– Je viens de vous dire que je suis d'accord avec M. Rotaillot.
07:09– C'est tout.
07:10– C'est juste insupportable, en fait.
07:12– Sans cette réforme, il n'y aura aucune réforme.
07:15– Mais voilà, c'est juste insupportable.
07:17C'est pour ça que je pense que c'est la mesure la plus importante,
07:19et c'est Bruno Rotaillot qui l'a mise en place,
07:21il a eu raison.
07:22Parce que ça, c'est renverser la table.
07:25Parce qu'autrement, tu ne t'en sortiras pas.
07:26– Il faut pouvoir le mettre en œuvre,
07:27parce que c'est deux tiers de l'Assemblée,
07:28il faut avoir les deux tiers de l'Assemblée
07:29pour modifier la Constitution.
07:31– Sauf un référendum.
07:32– Ils ne seraient pas constitutionnels.
07:34– Ils ont bien compris,
07:36ils se sont fait un système pour eux.
07:38Je vous le dis en permanence,
07:40les petits hommes gris à Bruxelles,
07:41ils se sont fait un système pour eux.
07:43Et ils excluent les Français.
07:45Très bien, il y a un moment, les Français en ont marre.
07:47Et comme par hasard, 80% des gens sont d'accord avec Rotaillot.
07:50De la France insoumise,
07:51c'est très rare une proposition, 80%.
07:54De la France insoumise au Rassemblement national.
07:5780% des Français,
07:5976% des sympathisants socialistes,
08:01d'après le sondage publié par le Figaro,
08:03soutient cette mesure,
08:0472% des sympathisants insoumis.
08:07C'est-à-dire qu'il y a quand même
08:08un très large consensus.
08:10C'est très rare de voir une adhésion
08:12aussi partagée
08:15au sein de tous les partis politiques.
08:18Et autre point,
08:19quand on entend, par exemple,
08:20il y a le Rompivet qui s'émeut d'une atteinte
08:22à l'État de droit,
08:23il faut quand même rappeler
08:24que Bruno Rotaillot,
08:26il explique sa méthode
08:27pour éventuellement mettre en œuvre
08:30cette proposition.
08:31Comment il fait ?
08:31Il consulte l'Assemblée,
08:33le Sénat,
08:34en congrès,
08:35et après ça passe en référendum.
08:37C'est pas du passage en forme.
08:38On respecte le droit.
08:40Il y a même qui disait
08:40que le général de Gaulle
08:41était un fasciste
08:41parce qu'il voulait
08:43faire l'élection présidentielle
08:45au peuple.
08:45Je n'ai rien contre Mme Braun-Pivet.
08:48D'abord,
08:48elle devrait défendre
08:49l'Assemblée nationale
08:50plutôt que le Conseil constitutionnel.
08:52Mais elle-même,
08:53peut-être,
08:53imagine qu'un jour,
08:54elle sera nommée.
08:55Parce que c'est, voilà,
08:57c'est le politiquement correct,
08:58c'est le cercle de la raison.
09:00Tous ces gens sont ensemble.
09:02Et Mme Braun-Pivet,
09:04elle est présidente
09:04de l'Assemblée nationale,
09:05ce qui est déjà un miracle,
09:06et elle peut imaginer,
09:08demain,
09:09être présidente,
09:11ou pas oui,
09:11présidente,
09:12ou au Conseil constitutionnel.
09:13Attention,
09:14il n'y a pas que le Conseil constitutionnel,
09:15et aussi les instances européennes
09:16qui bloquent les lois françaises.
09:18Oui, bien sûr.
09:19il faut aussi se le mettre.
09:20Et bien la campagne qui commence.
09:22Renaud Retailleau propose aussi
09:23que la constitution soit supérieure
09:25aux traités européens.
09:28Je rappelle que c'était
09:29ce que proposait Edouard Balladur
09:30à la fin de sa vie.
09:31C'était quand même pro-européen,
09:32mais qui avait dit
09:33maintenant le droit européen
09:34va trop loin,
09:34il faut restaurer la primauté
09:35de la constitution.
09:36C'est tout.
09:36On a confisqué la parole au peuple.
09:38Ah ben,
09:39je suis content de vous entendre le dire.
09:41Je suis content de vous entendre le dire.
09:43Ça fait un moment.
09:44On dit oui, c'est vous.
09:45Oui, c'est le Conseil constitutionnel.
09:47Les instances, les juges.
09:48Je suis content.
09:49La judiciarisation.
09:50Je suis content que vous le disiez.
09:51On a confisqué la parole au peuple.
09:53Il faut la lui rendre.
09:54Je suis content.
09:55C'est le peuple plutôt que le dépassé.
09:57Après, sur le bloc de constitutionnalité,
09:59par contre,
09:59le problème,
10:00ce n'est pas la déclaration
10:01des droits de l'homme
10:01ou le préambule.
10:03C'est l'interprétation idéologique
10:05de ces soi-disant sages.
10:06Évidemment.
10:07Ça revient au même.
10:07Évidemment.
10:08Évidemment.
Commentaires