Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 semaines
Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, est l'invitée de BFMTV, ce vendredi 4 septembre.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonsoir Brice Tinturier, bonsoir Valérie Pécresse. Je vais vous donner la parole dans un instant, Brice Tinturier, parce que vous
00:05connaissez les Français,
00:06mais je vais vous donner d'abord l'occasion de réagir à ce qui vient d'être dit sur ce
00:09plateau, Valérie Pécresse,
00:10ses propos de Louis Alliot, hier appelant à couper le robinet de l'aide à l'Ukraine si le Rassemblement
00:16National arrive au pouvoir.
00:18Vous êtes d'accord avec lui ou pas ?
00:20On voit que sur plein de domaines, le patriotisme du RN, c'est un patriotisme de papier, enfin ils sont
00:28soumis à Poutine, c'est un parti pro-russe.
00:30Quand j'ai reçu le gouverneur de Kiev, justement quand on a décidé d'envoyer à Kiev de l'aide
00:36et notamment des bus pour faire des transports d'urgence
00:39et qui ont servi pour faire la classe aux enfants en plein hiver parce que les classes n'avaient plus
00:44de chauffage,
00:45quand on a reçu le gouverneur de Kiev, il a écouté tous les partis de la région parler de l
00:53'Ukraine, chacun avait la parole,
00:55et il m'a dit mais vous avez un parti pro-russe en montrant le RN.
00:58Donc en réalité leur discours anti-Ukraine est un discours dicté par Poutine, comme un certain nombre de leurs discours
01:06leur sont dictés par Donald Trump.
01:08Mais ça veut dire que la somme allouée à l'Ukraine par la France ne peut pas être débattue ?
01:12Non, c'est parce que ça veut dire. Ça veut dire que la parole de la France qui défend un
01:17peuple opprimé, un peuple envahi, ne peut pas être trahi.
01:20C'est ça être patriote, c'est ça avoir une certaine idée de la France.
01:24Et j'ajoute qu'aujourd'hui on a eu quand même, s'agissant des relations internationales du RN, on a
01:30quand même eu le summum du summum,
01:32c'est Jordan Barlela, allons voir Nigel Farage, je ne sais pas si vous avez vu cette vidéo.
01:37On l'a mu, on va revoir les images si vous le permettez Valérie Pécresse, Nigel Farage, l'homme du
01:41Brexit, aujourd'hui...
01:43L'homme de l'échec.
01:44Le vent en poupe dans les sondages au Royaume-Uni, en fait il revient de loin, mais c'est l
01:49'homme qui a...
01:51C'est l'homme qui a ruiné le Royaume-Uni.
01:53Pourquoi vous êtes aussi sévère sur cette rencontre avec Jordan Barlela ?
01:56Vous voulez regarder la vidéo ?
01:58Non, non, on l'a vu, je crois, on l'a vu, mais pourquoi le fait que Jordan Barlela aille
02:01lui serrer la main aujourd'hui,
02:03s'affiche à son congrès, qui promettent d'ailleurs tous les deux de juguler l'immigration illégale entre la France
02:08et le Royaume-Uni, vous pose problème.
02:09Mais parce qu'en réalité, ce que Nigel Farage a fait signer à Jordan Barlela, c'est le retour des
02:15migrants en France.
02:17C'est le retour des migrants qui traversent la Manche en France.
02:19Et Nigel Farage dit, ben voilà, les migrants retourneront en France.
02:23Nigel Farage est un anti-français notoire, et on a un Jordan Barlela qui se laisse dicter sa politique migratoire
02:30par Nigel Farage.
02:32Donc en réalité, la fermeté migratoire du RN est là aussi en train de voler en éclats.
02:37Excusez-moi de vous dire, mais Poutine, Trump, Farage, si c'est ça les mettre à penser du Rassemblement national,
02:44il ne faut surtout pas leur donner les rênes de notre pays, parce que la France, elle n'est pas
02:47prête d'être souveraine.
02:49Valérie Pécresse, vous restez avec nous.
02:50Je me tourne vers Brice Tinturier.
02:51On a besoin de vos lumières, Brice.
02:53On est à un peu plus de sept mois maintenant du premier tour de l'élection présidentielle.
02:57On parle de souveraineté, on parle de dette, on parle de voile, on parle d'insécurité, on parle d'impôts,
03:02on parle d'héritage.
03:04Il y a beaucoup de thèmes qui sont arrivés dans la campagne ces derniers jours.
03:06Je voulais simplement vous demander aujourd'hui quel est l'état d'esprit des Français à sept mois du premier
03:11tour.
03:11Est-ce qu'ils s'intéressent à cette campagne ? Est-ce qu'ils sont inquiets ?
03:14Comment est-ce qu'ils voient cette élection ?
03:16D'abord, ils s'intéressent à cette campagne, ils nous le disent.
03:19Ils pensent qu'elle sera historique ou décisive, par exemple, à 87%.
03:22C'est l'enquête qu'on a réalisée pour le laboratoire de la République, où il y a de très
03:26nombreux et très précieux indicateurs.
03:28Ils sont 85% aussi à nous dire qu'ils s'y intéressent.
03:31Ça, c'est incontestable.
03:32Ensuite, ils s'y intéressent pourquoi et comment est-ce qu'ils l'abordent.
03:35Je n'ai jamais vu des indicateurs montrant une telle colère dans le pays.
03:40Colère ?
03:40Colère, c'est la dominante de cette élection.
03:44Vous avez 2% aujourd'hui de Français, saluons-les, qui nous disent appartenir à une France apaisée, dans laquelle
03:50ils se sentent bien.
03:51Vous en avez 46% qui se déclarent mécontents, mais pas forcément en colère ou dans la contestation.
03:56Et vous en avez maintenant une majorité, plus de 50%, qui vous dit, non seulement mécontentement, mais colère, contestation.
04:03Donc, en gros, le chaudron bouillonne.
04:06Le chaudron bouillonne, je voudrais juste vous interroger sur une expression qu'on lit et qu'on voit beaucoup dans
04:12les médias, dans la presse ces derniers jours.
04:14Nous serions en situation de pré-insurrection.
04:17Il y a même la référence à 1789, la France sur un volcan, vous dites ça, ça bouillonne.
04:22Est-ce qu'effectivement, vous sentez aujourd'hui que cette colère peut déboucher sur autre chose ?
04:27Non, parce que, dans tous les cas, pas aujourd'hui, parce que l'enjeu, c'est la présidentielle.
04:31Il y a encore un processus électoral très attendu par les Français, très attendu d'ailleurs par les sympathisants du
04:37RN ou de la France insoumise,
04:38qui se disent, et c'est important de l'avoir à l'esprit, on peut gagner, et qui donc veulent
04:44et pensent qu'il va y avoir une rupture.
04:46On n'est pas simplement dans le changement, dans une demande de changement qui était le leitmotiv de toutes les
04:51présidentielles.
04:52Là, ça rappelle plutôt 1981, avant 1789, c'est rupture, renversons la table.
04:59Donc l'enjeu, il est là, et ces Français sont très divisés.
05:03Vous êtes RN ou LFiste, vous vous dites que l'élection aura des résultats positifs pour le pays et pour
05:09vous-même.
05:10Vous le dites moins si vous êtes dans ce grand bloc qui va du centre-gauche jusqu'à la droite,
05:15on va dire.
05:16C'est plutôt nourri par une dynamique qui profite aujourd'hui aux populistes de droite ou de gauche,
05:23puisque tout ce qu'on voit là, permettez-moi juste de rebondir,
05:28mais nous montre à quel point on est en réalité face à une offre politique qui est populiste, chimiquement pure.
05:36Le peuple, en définitive, a toujours raison, nous a dit Marine Le Pen.
05:40Donc ce n'est pas le droit, ce ne sont pas les contre-pouvoirs, c'est le peuple.
05:43Et puis on le voit sur les éléments aussi qui ont trait à un certain nombre de contre-pouvoirs,
05:50ou maintenant à l'Ukraine, ou maintenant à la question migratoire.
05:52Vous décrivez une France coupée en trois, au moins, elle est fille d'un côté, RN de l'autre,
05:57bloc central au milieu, appelons-le comme ça.
06:00Mais est-ce que les Français aujourd'hui sont prêts à choisir,
06:04alors attention, je vais bien choisir mes candidats, l'un des candidats du bloc central ?
06:08Mettons-y, je parle sous le regard de Valérie Bécasse-Gabriel Attal,
06:11votre candidat Bruno Retailleau et Édouard Philippe, pour dire les choses simplement,
06:14ou est-ce que jamais les Français ne voteront, après dix ans de macronisme,
06:18pour quelqu'un qui a été ministre d'Emmanuel Macron,
06:21même si tous les trois ont pris leur distance ?
06:23Non, on ne peut pas dire que jamais ils ne voteront pour lui,
06:25parce qu'il y a encore d'abord huit mois de campagne,
06:27qu'ensuite, si la perspective, notamment dans l'entre-deux-tours,
06:30d'une victoire de Marine Le Pen devient de plus en plus forte,
06:34à ce moment-là, vous aurez des mouvements, on a connu ça en 2024,
06:37je ne sais pas qui sera qualifié contre Marine Le Pen.
06:40Regardez le Parisien, aujourd'hui, dans ce week-end,
06:43on a un certain nombre d'attentions de vote qui nous disent des choses intéressantes,
06:47mais on ne peut pas affirmer, et c'est pour ça que je ne fais pas non plus de second
06:50tour,
06:51on ne peut pas affirmer que le jeu serait joué,
06:53et que c'est Marine Le Pen qui, inéluctablement, va l'emporter.
06:57Moi, ce que je vous décris, c'est un pays où il y a, en termes d'indicateurs,
07:02il faut y ajouter le déclinisme, le sentiment d'un immense gâchis,
07:05la consternation des Français qui se disent,
07:07comment est-ce qu'on peut en être là ?
07:08Beaucoup d'impôts, et en même temps, le sentiment que rien ne va dans aucun des domaines.
07:14Et il commence à globaliser, et c'est ça qui est important et nouveau,
07:18en se disant, ça vient de la classe politique, depuis 40 ans.
07:21Donc oui, il est difficile d'être un sortant et d'être associé, à ce moment-là, aux dix dernières
07:26années.
07:27Maintenant, il y a d'autres paramètres qui vont rentrer en ligne de compte,
07:30et j'ai envie de dire, la bataille argumentative, elle commence,
07:33on le voit justement à propos des prises de position du Rassemblement National,
07:37sur le voile, sur l'Ukraine, etc.
07:39Valérie Pécresse, quand vous entendez Bristatourier,
07:41qui décrit finalement une sorte de prise en tonaille entre les filles d'un côté
07:44et le RN de l'autre pour, j'allais dire, votre famille.
07:46En tout cas, ce bloc central, est-ce que vous vous dites que votre famille
07:50est en train d'aller dans le mur, en klaxonnant, avec ses candidatures multiples,
07:54et ses candidats qui refusent de s'effacer les uns pour les autres ?
07:59Moi, ce que je vois, c'est que c'est exactement le paysage que décrit Bristatourier.
08:05Tous les jours, je rencontre des Français,
08:07et tous les jours, je rencontre des Français qui sont exaspérés par la situation.
08:10Ils sont exaspérés par l'impuissance publique,
08:13et puis quand ils sont, j'allais dire, de la droite ou du centre,
08:16ils sont exaspérés par nos divisions.
08:18Ils vous disent quoi ?
08:20Ils nous disent, mettez-vous d'accord, ayez un seul candidat,
08:24mais ils nous disent aussi, proposez un programme puissant de redressement,
08:28parce que ce qu'ils pensent, c'est que les solutions d'hier n'ont pas marché.
08:31Donc il faut inventer les solutions de demain,
08:34et ces solutions de demain, ça ne peut pas être les mêmes.
08:36Et donc il faut une rupture, il faut remettre de l'ordre aux frontières,
08:39il faut remettre de l'ordre dans la rue,
08:41il faut remettre de l'ordre dans les comptes,
08:42et il faut remettre de l'ordre dans les services publics.
08:44Vous savez, souvent on dit, les gestionnaires,
08:46c'est pas bien, ils sont gestionnaires.
08:49Bah non, en fait, on n'est pas gestionnaire,
08:50on a mal géré l'argent des Français.
08:52Aujourd'hui, l'impôt est vécu comme injuste,
08:54parce qu'il n'est pas efficace,
08:56les services publics ne fonctionnent plus.
08:57Voilà, donc on a besoin d'un projet de totale rupture.
09:00Et de ce point de vue, cette pré-campagne-là,
09:03en ce moment que nous vivons, elle est intéressante.
09:05Qui démarre à toute vitesse.
09:06Elle démarre à toute vitesse,
09:08et elle permet quand même, je trouve,
09:11d'aller chercher des solutions aux problèmes,
09:14et de proposer des solutions un peu innovantes,
09:16un peu puissantes, et c'est important.
09:19Je peux vous en donner des exemples.
09:21Oui, rapidement.
09:22Par exemple, typiquement, Bruno Retailleau a proposé des mesures hier sur...
09:27Donner la parole aux Français par référendum,
09:30et cette parole donnée aux Français sur tous les sujets,
09:32c'est ce que dit Bruno Retailleau,
09:33serait supérieure, par exemple,
09:36à ce que décide le Conseil constitutionnel,
09:38ce qui fait dire à certains de ses opposants
09:40que c'est la fin de l'État de droit.
09:42Alors, cette proposition de Bruno Retailleau,
09:44elle est puissante, et elle est intéressante.
09:47Moi, je ne sais pas si vous connaissez mon histoire,
09:50mais moi je suis juge.
09:52Je suis juge de profession.
09:53Avant d'être en politique,
09:56j'étais magistrate au Conseil d'État,
09:58et c'était vraiment ma vocation.
09:59Ça ne vous fait pas peur, ce que propose Bruno Retailleau ?
10:01Justement, l'État de droit, pour moi, est un trésor,
10:04le Conseil constitutionnel, un pilier de nos institutions.
10:06Et donc ?
10:07Néanmoins, néanmoins,
10:09la proposition de Bruno Retailleau,
10:10elle a un énorme mérite,
10:12c'est qu'elle veut mettre fin à l'impuissance publique
10:15qui naît aujourd'hui des jurisprudences du Conseil constitutionnel,
10:19et je vais y venir.
10:19Et il veut aussi redonner la parole au peuple.
10:21Et je pense que c'est intéressant.
10:23Le Conseil constitutionnel, sa jurisprudence,
10:27qui est une jurisprudence humaine,
10:28qui est une jurisprudence qui a été faite depuis des décennies,
10:32a connu une dérive malheureusement technocratique,
10:35comme l'ensemble de la sphère publique française.
10:39Une dérive technocratique,
10:40et une dérive aussi en termes de pouvoir de blocage.
10:45Je vous donne un exemple.
10:47Aujourd'hui, quand le Conseil constitutionnel a développé une jurisprudence,
10:53c'est un peu le monstre de Frankenstein qui a échappé à son créateur.
10:56Une jurisprudence sur les cavaliers législatifs.
10:59Alors ça parle à personne.
11:00Cavaliers législatifs, c'est le fait de mettre dans la loi
11:02quelque chose qui ne devrait pas y figurer.
11:03Je simplifie.
11:04Oui, mais alors ça, vous voyez, ça parle à personne,
11:06mais ça vous montre à quel point on va dans le technique et le machin.
11:11En fait, le Conseil constitutionnel a dit,
11:13la Constitution dit qu'il ne faut pas faire des cavaliers législatifs dans une loi.
11:18Mais moi, je dis, je vais aller plus loin.
11:21Les cavaliers législatifs, ils doivent avoir,
11:25enfin les amendements doivent avoir un rapport avec le texte de l'Arctique,
11:29pas avec le texte de loi.
11:31Ça veut dire qu'ils ont limité le pouvoir d'amendement des parlementaires au strict minimum.
11:35Et ça veut dire, en concret, qu'ils ont censuré 30% de la loi immigration
11:39qui était votée par le Parlement.
11:41Écoutez la loi de Bruno Retailleau.
11:42Je retombe sur mes pattes.
11:42Oui, mais ça, c'est totalement technocratique.
11:45C'est incompréhensible par les Français, c'est incompréhensible par personne.
11:47Je vous la pose quand même.
11:48Il y a trois candidats du Bloc Central, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau.
11:52Est-ce que vous pouvez nous dire, à la fin, il n'en faut qu'un ?
11:54Mais bien sûr, je le dis Urbi et Torbi, et je le dis depuis le début.
11:58Ce que je dis...
11:59N'importe lequel ou pas ?
12:00D'abord, moi j'ai un candidat qui est le candidat de ma famille politique et que je soutiens.
12:03Il s'appelle Bruno Retailleau.
12:05Il vient de faire d'ailleurs une proposition très puissante, à la fois pour rompre avec
12:09l'impuissance publique qui naît des décisions du Conseil constitutionnel et pour protéger
12:13les intérêts vitaux de la France contre certaines décisions de jurisprudence européenne
12:17qui pourraient être contraires à nos intérêts vitaux.
12:20C'est mon candidat, il a des propositions très importantes à faire et sur le régalien,
12:26permettez-moi de vous dire que je pense qu'il est le plus crédible.
12:29C'est très important.
12:30Pardon, vous allez trouver la question un peu facile.
12:32Est-ce que vous êtes sûr qu'au final, il fera mieux que vous, à la présidentielle ?
12:35Moi, ce que je souhaite, c'est qu'il soit le premier au terme de cette pré-campagne.
12:41Mais je le dis, et je le dis depuis des semaines, depuis des mois, je le dis à tout le
12:47monde
12:47parce que j'ai vécu cette situation.
12:50J'ai vécu cette situation de siphonnage des voix et de vote utile.
12:53J'ai vécu cette peur des électeurs en 2022 du second tour Mélenchon-Le Pen.
12:59Et aujourd'hui, on se retrouve dans la même situation.
13:01Donc si on veut éviter le second tour Mélenchon-Le Pen, il ne faudra qu'un seul.
13:04Et il faudra qu'on se réunisse.
13:07Il faudra mettre nos états d'âme sous le tapis parce qu'à un moment donné, ce sera une nécessité.
13:11Mais ça n'empêche pas que dans cette pré-campagne, on pousse pour avoir le projet le plus puissant
13:16et le projet qui mette fin à l'impuissance publique.
13:19Brice Tinturier, cette semaine, le débat politique a tourné autour de la proposition du Rassemblement national
13:22d'interdire le voile dans l'espace public avec des amendes pour les femmes voilées.
13:27Proposition faite par Jean-Philippe Tanguy, qui figurait d'ailleurs dans le programme de Marine Le Pen depuis des années,
13:32sur ce plateau dimanche dernier.
13:34Politiquement, est-ce que c'est bien joué de la part du RN ?
13:36Je ne vous demande pas si c'est constitutionnel, ça a été débattu et ça le sera encore,
13:40si c'est réaliste, si c'est discriminatoire, mais pourquoi il fait ça, Jordan Bardella ?
13:45Pourquoi il dit ça ?
13:46Mais parce que cet élément fait partie des marqueurs profonds du RN et de son électorat.
13:54Et j'ai envie de dire, ce n'est pas que les masques tombent,
13:57mais la stratégie de dédiabolisation du RN, on voit bien là ses limites.
14:03On revient à une forme de populisme assumée, à des marqueurs historiques, sur le voile, sur l'immigration, sur d
14:10'autres sujets.
14:11Donc c'est tout à fait logique, c'est tout à fait cohérent.
14:14Quand on disait la stratégie de la cravate, je crois que c'était une stratégie.
14:18La stratégie de la cravate est écrasée par la stratégie du voile.
14:21Mais Marine Le Pen, elle revient aux fondamentaux du RN.
14:26Juste un point, un dernier point pour appuyer ce qu'a évoqué aussi Valérie Pécresse.
14:31Moi, je suis persuadé que dans le contexte que je vous ai décrit, l'exaspération, le colère,
14:35il faut y ajouter 85% de Français qui disent que le pays est en déclin.
14:39Eh bien, vous avez mécaniquement ceux qui veulent renverser la table,
14:42les autres qui disent que si on renverse la table, il faut peut-être la renverser,
14:45mais il ne faut pas casser toute la vaisselle.
14:46Il y a ceux qui veulent monter sur la table aussi.
14:47Mais ça veut dire aussi que les candidats qui ne veulent pas renverser toute la table
14:52doivent avoir des propositions très radicales
14:54pour justement être capables de répondre à ce sentiment massif, majeur.
14:59Encore une fois, moi, je ne l'ai jamais vu à ce point
15:02qu'on est justement à un point un peu décisif
15:06et qu'on n'avait jamais imaginé sur l'affaiblissement du pays.
15:08Valérie Pécresse, votre position sur le voile.
15:11Il y a des positions tranchées, ceux qui disent je mets une amende,
15:14ceux qui disent on n'y touche pas.
15:15Il y a des positions plus nuancées.
15:16Édouard Philippe qui dit moi, à titre personnel, ça me dérange.
15:19Il a dit ça il y a plusieurs mois.
15:20Ça me dérange quand je croise une femme voilée.
15:23Mais ça me dérangeait encore plus qu'un policier
15:25à lui demander ses papiers pour la verbaliser.
15:29Vous, quand vous croisez une femme voilée, vous vous dites quoi ?
15:32Moi, ma position sur le voile, elle est connue.
15:33Elle est connue de tous.
15:35Pour moi, le voile n'est pas un vêtement comme les autres.
15:37C'est un signe religieux.
15:38Et c'est un signe de soumission de la femme.
15:40Donc, à titre personnel, je n'y suis pas favorable.
15:42Mais je veux protéger les petites filles, les mineurs, les élèves des écoles, les sportifs dans les clubs de sport.
15:54Je veux leur donner les moyens de leur émancipation.
15:56Le moyen de choisir de se voiler ou de ne pas se voiler.
15:59J'ai été une militante anti-burqa, vous le savez.
16:02À l'époque, d'ailleurs, Jean-Marie Le Pen a refusé la loi anti-burqa.
16:09Donc, c'est vous dire que le RN, il change avec les saisons ses positions, sur le voile en tout
16:14cas.
16:14Mais pour moi, une femme adulte, elle est libre de croire ou de ne pas croire à la religion de
16:20son choix.
16:20Et l'espace public en France, c'est un espace public de liberté.
16:27Et donc, tout ça fait que je suis contre cette mesure.
16:30Mais je vais vous dire, Marc Auvel, moi, j'ai une seule certitude.
16:33Une seule certitude.
16:34Et je vous le dis, les yeux dans les yeux, j'ai une seule certitude.
16:39Jamais ils ne l'appliqueront, cette mesure.
16:41Jamais.
16:41C'est une mesure uniquement électoraliste.
16:43Et pour le prouver, je vous renvoie à l'entre-deux-tours de 2022.
16:47Parce que moi, j'ai des souvenirs très précis.
16:49Marine Le Pen avait rencontré dans l'entre-deux-tours une femme voilée, qui l'avait interpellée sur l'interdiction
16:54du voile.
16:55Et Marine Le Pen avait dit, d'ailleurs, ensuite, que ça l'avait questionnée.
16:58C'est pour ça qu'on a été surpris, y compris nous, observateurs de la vie politique, que la question
17:02soit à nouveau tranchée en faveur de l'interdiction.
17:04Jordan Bardella, ayant apparemment émis quelques réserves en disant, lors d'un séminaire au RN, moi, je ne la sens
17:09pas, cette mesure.
17:10Si déjà Marine Le Pen ne la sent pas, et si Bardella ne la sent pas non plus, vous vous
17:14dites qu'ils ne le feront pas ?
17:15Je veux dire, ils ne le feront pas.
17:16Et par ailleurs, souvenez-vous du débat Macron-Le Pen, ou de deuxième tour de 2022, où Marine Le Pen
17:23est acculée sur cette mesure,
17:25parce qu'il faut qu'elle la défende et la justifie, et à la fin, elle finit par dire, on
17:28ne pourrait pas parler d'autre chose, s'il vous plaît.
17:30On ne pourrait pas parler d'autre chose, s'il vous plaît.
17:32C'est ça, la mesure clé, la mesure phare du programme du RN.
17:34Donc, c'est uniquement une mesure, et Brice Saint-Turier l'a très bien dit, c'est uniquement une mesure
17:38par avant.
17:39C'est une mesure, peut-être pour faire oublier d'ailleurs, que son conseiller économique vient de démissionner,
17:46parce que le programme de Marine Le Pen est un programme de démagogie.
17:49Démissionner ou pousser vers la sortie, il y a eu plusieurs versions.
17:51Oui, enfin, pour faire oublier que celui qui avait des vraies idées de politique économique pro-entreprise au RN a
17:57démissionné, a été poussé à la sortie.
17:59C'est peut-être pour faire oublier ça qu'il nous ressortent les vieilles lunes du voile.
18:02Valérie Pécresse, je voudrais vous entendre sur le scandale du périscolaire à Paris,
18:05puisqu'aujourd'hui, une quinzaine de familles a porté plainte contre le maire actuel, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire,
18:10contre celle qui était dans son fauteuil auparavant, c'est-à-dire Anne Hidalgo.
18:14Il les accuse d'avoir eu connaissance des dysfonctionnements qu'on conduit, on le sait, à cette affaire absolument terrible,
18:19de viol et d'agression sexuelle par dizaines et sans doute par centaines.
18:23Je rappelle juste le dernier chiffre, on en est à 230 enquêtes ouvertes sur des enfants en maternelle ou dans
18:29le primaire.
18:29Pour vous, qui est responsable ?
18:32Écoutez, ça c'est la justice qui le dira. La justice est saisie, c'est elle qui va mener l
18:36'enquête.
18:36Et je ne me prononcerai absolument pas là-dessus.
18:38Mais c'est une tragédie ce qui s'est passé dans le périscolaire à Paris.
18:41Mais vous entendez ces familles qui disent, aujourd'hui, il faut remonter jusqu'aux politiques.
18:47En tout cas, il y a toujours des responsables. Il y a toujours des responsables à identifier.
18:50Et effectivement, ce qu'on ressent, ce que ressentent les Français, c'est que c'est souvent le lampiste qui
18:56trinque et jamais le responsable qui assume ses responsabilités.
19:00Donc effectivement, il y a de plus en plus, et moi je le vis, la recherche du responsable ultime, du
19:06responsable ultime et du fait que ça ne peut plus être les intermédiaires qui sont responsables.
19:12Mais moi, je le vis tous les jours dans ma vie politique, tous les jours. On vient me chercher, moi,
19:15comme responsable, de choses qui ont été exécutées sous ma responsabilité et je l'assume.
19:2330 secondes pour évoquer un dossier dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines.
19:25Vous savez, l'ouverture à venir d'un immense parc d'attractions en région parisienne consacré à Dragon Ball.
19:30Ça a été annoncé par l'Elysée des milliers et des milliers d'emplois à venir, financés par l'Arabie
19:36Saoudite.
19:36Vous vous êtes félicité, vous aussi, de ce projet en disant que ça fait un an et demi qu'on
19:40négocie en coulisses.
19:41On a appris hier que les ayants droit japonais qui gèrent la marque Dragon Ball disent qu'on n'est
19:47pas au courant.
19:48On n'a rien négocié du tout et c'est un petit problème.
19:52Il y a eu un petit bug ou pas ?
19:54Ça n'a pas d'impact sur le projet lui-même.
19:55Le projet lui-même, c'est...
19:56Est-ce qu'il faut faire Dragon Ball sans Dragon Ball ?
19:58C'est trois parcs d'attractions qui doivent venir sur le site d'un ancien parc d'attractions qui a
20:03fait faillite dans les années 90.
20:05Donc ça fait 35 ans qu'on essaye de ressusciter ce parc d'attractions.
20:11Pour moi, c'est une excellente nouvelle, je vais vous dire pourquoi.
20:13C'est parce que les Saoudiens hésitaient entre Londres, l'Espagne et Paris.
20:17Et ils ont dit quoi ?
20:18Ils ont dit que si on doit faire un parc d'attractions quelque part, il doit se faire en Ile
20:23-de-France
20:23parce que c'est là que l'attractivité touristique est la plus forte, c'est là que les transports sont
20:28les meilleurs,
20:29c'est là qu'il y a le plus de vie culturelle.
20:31Donc c'est un très bon signal envoyé à tout l'écosystème touristique du monde.
20:35Mais vous êtes pas plus inquiète que ça par le fait que les ayants droits qui possèdent la marque vous
20:39disent qu'on n'est même pas au courant.
20:41Monsieur Fauvel, vous savez très bien comment ça marche.
20:43Il s'agit de négocier des droits avec des ayants droits.
20:47Ça, c'est la responsabilité des porteurs de projets qui vont le faire tranquillement et certainement pas devant les caméras
20:52de BFM TV.
20:53– Oui, et vous les avez eu au téléphone depuis qu'ils ont dit ça ou pas ?
20:55– Certainement pas devant les caméras de BFM TV, croyez-moi, tout ça va se faire.
21:00Le projet démarre maintenant et seulement maintenant, on va le co-construire avec les territoires.
21:06– On vous sent pas plus inquiète que ça ?
21:06– Et par ailleurs, le sujet, ça va être aussi que la région soit vigilante.
21:11Parce que nous, on est en zéro artificialisation nette.
21:13Ça veut dire que quand on touche à une terre agricole en Ile-de-France, ça veut dire qu'on
21:16doit replanter ailleurs.
21:18Donc on sera très vigilants, évidemment, sur l'impact sur le territoire.
21:22Mais 6 milliards d'investissements et 20 000 emplois, franchement, dans une terre d'Ile-de-France
21:27où, dans certains quartiers, on a 40% de chômage des jeunes, je vous assure que ça se refuse pas.
21:31Et ceux qui opposent le tourisme à l'industrie devraient aller en Floride ou en Californie
21:36pour voir si les deux s'opposent.
21:38Nous sommes le premier hub de l'IA et du quantique en Europe et nous serons aussi le premier hub
21:43touristique.
21:43– Merci beaucoup Valérie Pécresse, merci beaucoup Brice Tinturis.
21:46Si j'ai bien compris, il y a un petit sondage qui sort ce week-end dans les colonnes du
21:49Parisien.
21:50– Vous l'avez dit tout à l'heure, on regardera ça avec évidemment beaucoup d'attention.
21:53Merci à tous les deux d'être venus ce soir sur ce plateau.

Recommandations