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  • il y a 1 semaine
Le 17 septembre 1998, Envoyé spécial sur France 2 consacre un reportage à Jean-Claude Camus, producteur de Johnny Hallyday. Intitulé Profession producteur, le sujet plonge dans les coulisses de son métier et de l’organisation de grands spectacles, notamment ceux de Johnny. Une archive sur l’homme qui a accompagné et produit une partie majeure de la carrière scénique de Johnny Hallyday.

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Transcription
00:00:00Il gagne des voix du grand public qui est ce soir à la une du magazine.
00:00:03Un homme qui reste en coulisses, sans jeu de mots, loin des lumières de la scène
00:00:07et qui veille au bon déroulement d'un spectacle.
00:00:10Il est producteur, il s'appelle Jean-Claude Camus
00:00:12et parmi les artistes qu'il produit, il y a Michel Sardou, Florent Pagny,
00:00:16Lara Fabian, Michel Fugin et puis Johnny Hallyday.
00:00:20Sans lui, il n'y aurait pas eu les trois concerts du Stade de France,
00:00:23une opération sans précédent que nous avons suivi de bout en bout
00:00:26depuis la conception artistique et les répétitions
00:00:29jusqu'à ce vendredi soir fatidique
00:00:31où la pluie engloutissait le rêve de 80 000 spectateurs
00:00:35avant de s'effacer le samedi pour un concert exceptionnel.
00:00:38C'est cette aventure que vous allez voir,
00:00:40une plongée en direct dans les coulisses du showbiz
00:00:43avec un Johnny Hallyday étonnant.
00:00:46C'est un reportage de Jacques Merlino, Bernard Puisseau et Eric Bureau.
00:01:17C'est l'histoire de deux hommes, le premier chanteur,
00:01:21et vous le connaissez bien.
00:01:22« Je tue celui qui fait un pas, je ne ferai pas de cadeau »
00:01:43« Et tenez tous ses projecteurs, IPC, pour ses immoracles »
00:01:50« J'entends pas les ménons, j'entends rien, c'est la merde. »
00:01:56« Démerdez-vous le reste. »
00:01:58Le second est producteur et vous le connaissez moins bien,
00:02:01il s'appelle Jean-Claude Camus.
00:02:03« Il est angoissé depuis ce matin, il est arrivé,
00:02:05je l'ai eu au téléphone avant qu'il arrive.
00:02:07T'inquiète, tu ne vois pas ce qu'il y a sur les épaules.
00:02:10C'est normal, ça ne va pas aller en s'arrangeant. »
00:02:15« Oh putain, ça allait trop bien. »
00:02:17Là, dans une salle de répétition,
00:02:20il prépare le spectacle du Stade de France,
00:02:22mais sur scène, les retours son ne fonctionnent pas.
00:02:27Johnny Hallyday arrête les répétitions.
00:02:30Son producteur a une nuit pour trouver une solution.
00:02:34Il la trouvera, c'est son métier de producteur.
00:02:50Entre les deux hommes, le contrat est simple et non écrit.
00:02:53« Tout faire pour être plus haut que le haut de l'affiche
00:02:56et y rester, quitte pour cela, à prendre des risques insensés. »
00:03:02Alors bien sûr, les travaux du Stade de France n'étaient pas encore achevés,
00:03:05que déjà ils venaient repérer les lieux.
00:03:08C'était il y a près d'un an.
00:03:09« C'est pas si grand que ça. »
00:03:16« Alors tu vois, la scène, notre problème est de la rentrer le plus possible
00:03:23et qu'elle aille couvrir les sièges derrière. »
00:03:26Ce jour-là, le producteur ne comptait que ses pas les premiers pas
00:03:30vers le spectacle le plus cher et le plus fou de toute l'histoire du show business.
00:03:34« Au-dessus du... »
00:03:36« On est au-dessus du béton, là. »
00:03:39« C'est un rampe de dessin. »
00:03:40« Oui, oui, avec le bas. »
00:03:40« Je ne suis pas raisonnable. Je dépasse toujours les budgets
00:03:43parce que moi, je veux voir les choses.
00:03:44Moi, je veux me faire plaisir. Je veux faire plaisir aux gens qui viennent me voir.
00:03:47Donc c'est vrai que des fois, ma folie va un petit peu trop loin.
00:03:51C'est-à-dire qu'à la limite, il faudrait que je donne de l'argent
00:03:55pour pouvoir chanter plutôt que tout le monde gagne sa vie.
00:03:59Alors Camus est là un petit peu pour me stabiliser, un petit peu pour me rendre raisonnable.
00:04:06Mais c'est quelqu'un qui, en même temps, c'est un artiste.
00:04:10Donc souvent, il dépasse lui-même les propres budgets qui s'étaient fixés.
00:04:14Donc c'est pour ça que je m'entends bien avec lui.
00:04:17Jean-Claude Camus est le premier producteur français de spectacles vivants.
00:04:21Il a avec lui, outre Jeunel Hidet, Michel Sardou et Michel Fuguin,
00:04:25Lara Fabian et Florent Pagny, Jean-Michel Jarre et Mimi Maty,
00:04:29des amis tous réunis autour de lui en mai dernier.
00:04:32On attrape le showbiz comme on vous passe un rhume, au contact.
00:04:37Une rencontre, un projet, un espoir,
00:04:39et nous voilà promus producteurs des chats sauvages
00:04:42avec un décrivère sans pleine forme et que nous admirons tant.
00:04:46Mais rien de bien sérieux avant qu'il ne rencontrât une ravissante Sylvie Vartan,
00:04:50un bouillant Johnny Hallyday,
00:04:53un golfeur Joe Dassin et un ténébreux Michel Sardou.
00:04:58En 1979, à 4h du matin,
00:05:01Johnny Hallyday lui demanda de s'occuper de sa carrière
00:05:03en devenant son producteur, son manager, son ami et son confident.
00:05:09Jean-Claude Camus en remettait à peine qu'au déjeuner du lendemain,
00:05:12Michel Sardou le priait de prendre en main l'organisation de ses concerts.
00:05:17Comme quoi, Johnny et moi ne sommes pas seulement des compères,
00:05:20mais aussi des complices.
00:05:21L'un le réveille, l'autre l'empêche de dormir.
00:05:27Si j'ai dit tout à l'heure qu'on est entré dans ce métier par hasard,
00:05:30on ne s'y maintient pas par hasard.
00:05:32Il y faut du courage et des nerfs particulièrement trempés.
00:05:35C'est pour toutes ces raisons que je vais prononcer devant toi
00:05:38qu'au nom du président de la République
00:05:40et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés,
00:05:42Jean-Claude Camus,
00:05:43je vous fais chevalier de la Légion d'honneur.
00:06:02C'est un monsieur qui est bourré d'honneur,
00:06:04c'est ce qu'il a eu aujourd'hui,
00:06:05mais n'est que normal.
00:06:06Et je le dis en tant qu'artiste aussi,
00:06:08c'est-à-dire qu'il a tellement fait pour le spectacle vivant
00:06:10et il continuera de le faire,
00:06:11que tous les artistes de France,
00:06:13normalement, devraient lui dire merci.
00:06:14Il n'y a pas que lui, c'est sûr,
00:06:16mais il a pris des responsabilités,
00:06:18il les tient,
00:06:20et merci Jean-Claude.
00:06:21C'est vous qui êtes allé vers lui
00:06:22ou c'est lui qui est venu vers vous ?
00:06:24C'est lui qui est venu vers moi,
00:06:25j'étais un bébé,
00:06:28et il m'a dit,
00:06:28j'aimerais bien qu'on travaille ensemble.
00:06:30Et moi, je me disais,
00:06:31j'ai le producteur de Johnny et de Sardou
00:06:34qui veut de moi.
00:06:35Et puis, je crois qu'il a cette grande qualité,
00:06:38c'est de venir chercher des gens.
00:06:40Alors après, il faut s'entendre,
00:06:41il faut se parler,
00:06:41il faut savoir comment on peut travailler ensemble,
00:06:43parce qu'il ne fait pas le Stade de France,
00:06:46ça c'est sûr,
00:06:47mais il s'adapte à chaque type d'artiste,
00:06:50je dirais.
00:06:51Et c'est un monsieur très humain.
00:06:53Chaque artiste a besoin d'être aimé,
00:06:56d'être,
00:06:57de se sentir aimé,
00:06:58chacun à sa manière d'ailleurs.
00:07:00On n'a pas besoin de quelqu'un
00:07:02uniquement pour nous apprendre
00:07:04à monter sur une scène
00:07:05ou pour organiser une scène.
00:07:07C'est plus que ça.
00:07:07Moi, je dis toujours que mon métier,
00:07:09c'est plus de rassurer.
00:07:11Je suis là plus pour rassurer l'artiste,
00:07:13pour essayer d'éliminer
00:07:14tout ce qu'il y a comme problème
00:07:15autour de lui,
00:07:16que l'artiste peut chanter,
00:07:17avoir la plénitude de ses moyens.
00:07:20Ne croyez rien de ce qu'il dit,
00:07:21parce qu'il m'envoie au fourneau,
00:07:23quand je dis fourneau,
00:07:24c'est-à-dire qu'il m'envoie
00:07:24à travaux forchés.
00:07:26Là, je vais y avoir droit
00:07:27toute l'année.
00:07:28Est-ce que vous savez
00:07:28les qualités de ce que j'ai ?
00:07:32Autre jour,
00:07:32l'interview B,
00:07:33il m'a dit
00:07:34j'en ai l'idée
00:07:35de la deux grandes qualités,
00:07:36qu'il est généreux
00:07:37et fidèle.
00:07:38Comme lui.
00:07:39C'est sympathique de la part d'un ami.
00:07:40Comme lui, comme lui.
00:07:41Lui, c'est pareil.
00:07:43Au niveau de mon salaire,
00:07:44alors...
00:07:45Ah !
00:07:46Généreux, t'as dit !
00:07:47Généreux !
00:07:48Je suis ruiné.
00:07:49Je suis ruiné.
00:07:51Le métier de producteur
00:07:52est simple en théorie.
00:07:54On loune une salle,
00:07:55on retient un artiste
00:07:56et on cherche un public.
00:07:57Je vais voir mes garçons
00:07:58aux consoles.
00:07:59En vérifiant inlassablement
00:08:01que tout est parfait.
00:08:04Ce soir,
00:08:05ce n'est pas Johnny qui chante,
00:08:07c'est Lara Fabian
00:08:08qui sera sur scène.
00:08:10Non, il ferait
00:08:11l'hymne à l'amour.
00:08:12Dans les coulisses,
00:08:13on n'oublie pas
00:08:14le stade de France.
00:08:16Johnny doit chanter
00:08:17en duo avec Lara Fabian
00:08:19et vient l'encourager.
00:08:21Qu'est-ce qu'il mange ?
00:08:25Et c'est aujourd'hui le jour.
00:08:30Attends, je vais manger
00:08:31avec des légumes mouillis
00:08:32et toute la semaine,
00:08:32il faut manger un jour
00:08:33par semaine, normal.
00:08:36Tu m'as fait penser
00:08:37que finalement,
00:08:38c'est très bien que je le passe.
00:08:40Ça va ?
00:08:40Ça va bien.
00:08:41Merci d'être venue.
00:08:42Très bien.
00:08:43Ça va ?
00:08:43Encore ?
00:08:44Oui.
00:08:46Je voulais me mettre à zéro,
00:08:47mais moi, j'ai un château.
00:08:48Mais si, tu as encore.
00:08:49Ça se voit.
00:08:49Oui, super.
00:08:51J'ai toujours très, très peur.
00:08:53Mais vraiment.
00:08:53C'est normal.
00:08:54Moi aussi, je suis limite
00:08:55d'aller vomir.
00:08:56C'est ça.
00:08:57Mais par contre,
00:08:58une fois qu'on y est,
00:08:59on y est.
00:08:59Ah oui.
00:09:00Après deux chansons,
00:09:01c'est fini, tout va bien.
00:09:02Le truc le plus impressionnant
00:09:04que tu as trouvé
00:09:05le plus difficile,
00:09:06le plus impressionnant à faire,
00:09:07c'était quoi ?
00:09:08Tous.
00:09:09Tous.
00:09:11Tous.
00:09:11Tu as déjà fait
00:09:12des 50 000 personnes,
00:09:14j'imagine,
00:09:15largement,
00:09:15des 30 000,
00:09:1550 000 personnes.
00:09:16Enfin, tu as fait Bercy
00:09:17200 fois.
00:09:19Oui, mais même, même,
00:09:20même 2 000,
00:09:21c'est pas vrai.
00:09:22La trouvez, la trouvez.
00:09:24Mais en général,
00:09:25c'est le premier jour
00:09:26après, ça va.
00:09:27Quand on a enrodi
00:09:28un peu le spectacle,
00:09:28ça c'est...
00:09:29Moi, je n'aurais pas
00:09:30enrodié le spectacle
00:09:31quand je vais y aller.
00:09:31Alors moi,
00:09:31je vais y avoir doulant
00:09:32les bouts de tournois
00:09:33quand je vais y aller.
00:09:34Ah oui.
00:09:35Oui, parce que je n'aurais
00:09:35pas fait de tournois avant.
00:09:37Je vais faire un spectacle neuf
00:09:39la première fois,
00:09:40comme ça.
00:09:40C'est génial.
00:09:41Tu imagines l'adrénaline
00:09:42que tu veux avoir ?
00:09:43Alors, avant qu'il sorte
00:09:44de la loge,
00:09:45moi, j'essaye de faire
00:09:46le ménage.
00:09:47Il y a toujours un con
00:09:47qui se trouve là
00:09:48qui m'offre.
00:09:49Et tu ne veux pas savoir,
00:09:50il se jette dans les bras
00:09:51de quelqu'un
00:09:52qu'il n'a jamais vu
00:09:52et il lui demande
00:09:53des nouvelles de sa famille.
00:09:55Tellement tu as le trac
00:09:56qui te tient.
00:09:56Pour retarder un peu,
00:09:56tellement j'ai les étoiles
00:09:57et la trouille ça.
00:09:58Tu connais cette vie
00:09:59histoire de Sarah Bernard
00:10:00qui avait un jeune premier
00:10:01qui faisait sa première partie
00:10:02tous les soirs
00:10:02et Sarah Bernard
00:10:03tous les soirs vomissait
00:10:04avant de monter sur scène.
00:10:05Et après 10 représentations,
00:10:06le jeune premier,
00:10:07il ne comprend rien du tout.
00:10:08Il va l'avoir écouté
00:10:08de Madame Bernard,
00:10:09je ne comprends pas.
00:10:10Vous êtes une des plus grandes
00:10:10actrices de dramatique
00:10:11mais moi, je fais votre première partie
00:10:13et moi, je n'ai jamais peur.
00:10:14Je n'ai aucun trac.
00:10:15Alors, elle lui a mis la main
00:10:15sur l'épaule et elle a dit
00:10:16ne t'inquiète pas chérie,
00:10:17ça viendra avec le talent.
00:10:19C'est très beau.
00:10:20C'est très beau.
00:10:21Et moi, elle fait comme moi,
00:10:22elle est retarde.
00:10:23Oui, oui.
00:10:24Non, non, non, non,
00:10:25si nous puis attendons là
00:10:26parce que les gens sont en retard.
00:10:28Merde.
00:10:29On ne dit pas merci alors.
00:10:39On est en proche, ça ?
00:10:40Bon.
00:10:41Que nouveau se suppire ?
00:10:44Vous savez,
00:10:45ils ont peur
00:10:46avant de rentrer en scène
00:10:47et nous, on a toujours
00:10:48notre petit 20% de peur aussi
00:10:50avant que ça commence.
00:10:51Voilà.
00:11:01Ton histoire, au fond,
00:11:03n'appartient qu'à toi.
00:11:04Elle fera partie
00:11:06de ces rêves
00:11:07qu'on ne vit qu'une fois.
00:11:08Ton nom est aggravé
00:11:10dans la mémoire des gens
00:11:11qui t'offraient leur doute immense
00:11:13pour ce l'encouragement.
00:11:16À tous les nostalgiques,
00:11:18les paradis perdus.
00:11:21À tous les temps.
00:11:41La salle est pleine, le spectacle se passe bien.
00:11:47Un seul incident plutôt cocasse, mais qui oblige Lara Fabian à sortir quelques instants de scène.
00:11:52Dans la précipitation, elle avait oublié d'agrafer son soutien-gorge.
00:12:35Dans les coulisses, entre producteur et chanteur, on travaille.
00:12:42Il faut choisir le titre que Johnny Hallyday et Lara Fabian chanteront ensemble.
00:12:55Chanteront ensemble sur cette scène-là, qui ce jour-là n'est encore qu'une maquette gardée secrète dans l
00:13:03'une des pièces des bureaux du producteur.
00:13:05Je pense à toi...
00:13:07Vous avez ici une trappe et Johnny apparaîtra ici.
00:13:13Il commencera à chanter ici.
00:13:15Et à un certain moment, vous avez une autre trappe qui amènera une harlée, qui est également là au centre.
00:13:22Et il repartira en harlée.
00:13:25Cette scène fait 40 tonnes.
00:13:28Vous avez ici une grande fosse qui est là-dessous, sur laquelle seront posés 85 musiciens, l'orchestre symphonique.
00:13:39Vous avez cette chose-là qui viendra avec une nacelle qui fait 40 mètres.
00:13:45Il vient à 40 mètres au-dessus du public.
00:13:48Dans tous ces escaliers, toutes ces plateformes, vous aurez 300 coeurs.
00:13:55Ici, vous avez, après cette passerelle, vous avez une route qui fait pratiquement 150 mètres de long.
00:14:01Qu'est-ce que ça va coûter pour passer de cette maquette à la réalité ?
00:14:05Quel sera le prix, le budget définitif de la scène ?
00:14:07Le budget définitif de la scène, sans le son et sans l'éclairage, on est proche des 5,5 millions
00:14:14de francs.
00:14:15L'allocation du stade de France, c'est cher ?
00:14:19L'allocation du stade de France revient à peu près, entre le fixe et le pourcentage, à 9 millions de
00:14:25francs pour 3 jours.
00:14:27Plus tout ce que ça comporte en stadié, en personnel, en sécurité, en police.
00:14:36C'est une débauche d'argent.
00:14:41Jean-Claude Camus travaille avec une équipe réduite, une dizaine de permanents seulement, une petite équipe soudée qui fonctionne comme
00:14:49un commando.
00:14:50Pour un chiffre d'affaires à géométrie variable, mais qui atteint parfois des sommets, 300 millions de francs cette année.
00:14:57Bonjour madame l'expert comptable.
00:15:00Lui, au téléphone, passe le plus clair de son temps à freiner les ardeurs de ses artistes afin de tenir
00:15:06les budgets.
00:15:07Et tu vas nous dire, oui, non, non, oui. Là, pour l'instant, on est en train de s'angoisser.
00:15:12Jean-Michel, je ne connais pas le 14 encore.
00:15:14Au bout du fil, Jean-Michel Jarre, il prépare le spectacle du 14 juillet.
00:15:18Après, la décision a été prise avec trois semaines de retard, tout le monde est sur les nerfs, et à
00:15:23la dernière minute, il faut revoir les problèmes d'assurance.
00:15:26Bon, alors, on en était où dans les assurances ? On revient.
00:15:29Il y a un problème au montage et au montage, c'est couvert. Ce qui manque, c'est le matériel.
00:15:32Vous avez énormément de matériel.
00:15:34Il faudrait me faire à peu près un boulot pour le bris de matériel.
00:15:38Ah, c'est fait, me dit monsieur.
00:15:39Oui, oui, oui, c'est fait, me dit monsieur.
00:15:40Alors, pourquoi vous demandez quoi, alors ?
00:15:41La confirmation pour prendre des garanties.
00:15:43Il demande la confirmation, monsieur Veil.
00:15:45L'homme qui pique des primes à tout le monde et qui ne rend jamais rien.
00:15:48Un concert comme Jean-Michel Jarre pour une soirée, l'ordre de grandeur, ça avoisine à peu près le million
00:15:56de francs de primes.
00:15:57Pour Johnny Lider ?
00:15:57Ah, c'est de l'ordre de deux millions par jour.
00:15:59Deux millions par jour. Donc six millions sur l'ensemble des trois soirées.
00:16:03C'est ça, sur les trois jours, absolument.
00:16:04Si par malheur, le concert de Johnny Lider ne pouvait pas avoir lieu, les trois soirées, ça vous coûterait combien
00:16:10?
00:16:13Franchement, je n'ai pas fait les comptes.
00:16:14Mais si aujourd'hui, l'ensemble des garanties sur Johnny Lider doit dépasser les 100 millions, à mon avis.
00:16:20100 millions ?
00:16:21Mais je n'ose même pas regarder.
00:16:26À deux jours du spectacle de Jean-Michel Jarre, tout peut encore capoter.
00:16:30Jean-Claude Camus accélère les chantiers et les répétitions.
00:16:34Le concert est gratuit, financé par la ville de Paris.
00:16:37Mais s'il y a dépassement de budget, le producteur devra supporter la différence.
00:16:42Les dépenses engagées s'élèvent à 18 millions de francs.
00:16:45Le bénéfice espéré est de 300 000 francs.
00:17:05Vous n'êtes pas en avance.
00:17:07Alors, Jean-Claude Camus, dans le rôle père fouettard, de l'organisateur, de l'ami, de quelqu'un sur qui...
00:17:16Il ne me réveille pas la nuit.
00:17:17Il ne me réveille pas la nuit.
00:17:18C'est vrai que ce genre de projet, ce sont des projets qui sont sur le papier quasiment impossibles à
00:17:23faire.
00:17:25Pour monter une scène comme celle-ci, 500 personnes travaillent jour et nuit.
00:17:30Autant de figes de salaire qui, s'ajoutant au coût du matériel, sont parfois très lourds à supporter.
00:17:36Vous avez déjà bu de gros bouillons ?
00:17:38Oh, là je peux vous les énumérer si vous voulez des gros bouillons.
00:17:42Le plus mauvais souvenir.
00:17:44Le plus mauvais souvenir en tout cas parce que manger de l'argent quelquefois dans un spectacle, ça peut être
00:17:51un merveilleux spectacle.
00:17:52Et puis, mon Dieu, ça ne fonctionne pas pour telle ou telle raison.
00:17:56Et ça ne vous laisse pas de bons souvenirs parce que vous êtes quand même fiers d'avoir monté ce
00:17:59beau spectacle.
00:17:59Mon plus mauvais souvenir, c'est la valise en carton avec tous les ennuis qu'on a pu m'apporter
00:18:07sur le sujet.
00:18:10Après ça, dans les bouillons, c'est 6 millions, la valise en carton.
00:18:13La légende de Gini, 7 millions.
00:18:14Vous perdez 6 millions, c'est 6 millions, je dirais, de votre page, de votre société.
00:18:19C'est la société sur plusieurs coproducteurs.
00:18:21Ah non, non, la valise en carton, c'était Terte Sèche.
00:18:24Terte Sèche.
00:18:24Et nous, avec nous, chez là, chez là, aux élites, il y avait été un drame, 5 millions et demi,
00:18:30si je me souviens bien.
00:18:36Oh là là !
00:18:39Ces gens m'ont l'air très heureux.
00:18:40Et avec tous les moyens, c'est clair, c'est magnifique, avec tous les moyens qu'on a mis à
00:18:46la disposition des artistes, c'est à eux maintenant de nous livrer le spectacle.
00:18:50Ils ont dû faire la fête et j'espère que personne ne viendra nous créer l'incident et que tout
00:18:55finira pour le mieux.
00:18:574, 0 et 3, 0 !
00:18:593 à 0 !
00:19:014, 0 !
00:19:314, 0 !
00:19:325, 0 !
00:20:07Près d'un million de personnes sur le champ de Mars et tout s'est bien passé, le public est
00:20:11ravi.
00:20:12Jean-Claude Camus s'échappe pour quelques jours de vacances, à Saint-Tropez évidemment.
00:20:17Il y retrouve son bateau, son seul luxe, dit-il, en ayant fait l'expérience de la convoitise que suscite
00:20:24sa réussite.
00:20:32Jean-Claude Camus, vous avez appelé votre bateau Forget Me, c'est un curieux nom.
00:20:36Il m'est arrivé une triste aventure, dans la nuit du 9 au 10 avril.
00:20:39J'avais des gens sympathiques, cagoulés, armés, qui m'attendaient dans mon parking.
00:20:45Quatre, des gens très courageux, parce qu'il fallait au moins être quatre pour moi tout seul.
00:20:49Et qui m'ont monté dans mon département, qui m'ont tenu pendant cinq heures, me faisant pas mal de
00:20:54misère, dirons-nous, et tentant de me raqueter.
00:20:59Et donc, c'est vrai que sur le moment, j'étais un petit peu ébranlé de cette histoire, etc.
00:21:04Et puis que j'ai pris quelques précautions, et d'un seul coup, m'est venue l'idée de Forget
00:21:11Me, oubliez-moi.
00:21:13Pourquoi oubliez-moi ?
00:21:14Oubliez-moi parce que, je pense que d'abord, ces gens se sont complètement trompés quant à l'état des
00:21:21finances que je pouvais avoir,
00:21:23et ils venaient chercher des choses qui n'existaient pas.
00:21:27Venait-il vraiment chercher ça, ou est-il me déstabiliser ?
00:21:31J'en sais rien, mais enfin, ça reste un mauvais souvenir, et donc je préfère oublier, et donc j'ai
00:21:37appelé mon bateau Forget Me.
00:21:41C'est le prix à payer, parfois, quand on veut dans la vie, marcher deux pas devant les autres.
00:21:47Quand je vois les touristes, les badauds, on va dire, s'émerveiller devant tous les yachts qu'il y a
00:21:52sur le port,
00:21:54et que les gens le regardent un petit peu avec mépris, bien moi je ne les méprise pas,
00:21:58parce que je passais là, je regardais les yachts, je regardais les bateaux, et je disais, moi aussi, moi aussi,
00:22:04un jour j'aurai un bateau.
00:22:05C'est mon rêve, j'aurai mon bateau.
00:22:06Comment êtes-vous devenu conducteur ?
00:22:08À l'époque, à la Porte Saint-Martin, il y avait un café, là, qui vous passiez à 6h du
00:22:12soir, il y avait un petit orchestre, Tony Ripolle à l'époque,
00:22:15qui faisait de l'animation, prenait un verre, et puis le soir, ça recommençait, et puis donc, Tony Ripolle m
00:22:20'avait demandé de m'occuper de lui,
00:22:21de lui faire faire des balles en province, donc, ce qui marchait bien, on s'en occupait.
00:22:26Et puis un soir, il m'a dit, disons, Jean-Claude, il faut que tu regardes, il y a un
00:22:30groupe, là, c'est la grande époque du rock'n'roll, ça a commencé,
00:22:34et il y a un groupe qui est là, ils arrivent de Nice, je trouve qu'ils sont pas mal,
00:22:37tu devrais les écouter.
00:22:38Alors, donc, j'écoute le fameux groupe, je me présente à eux, bonjour, vous avez un producteur ? Non, vous
00:22:43avez un manager ? Non, une maison de disque ? Non.
00:22:45J'ai dit, écoutez, je m'occupe de tout. Je suis un tel, etc., c'est-à-dire, je suis
00:22:49allé au flanc, car je n'étais rien, et je ne représentais rien.
00:22:53C'était assez gonflé, vous aviez quel âge à l'époque ?
00:22:55J'avais 22 ans.
00:22:57C'est donc assez jeune.
00:22:58Ben oui, oui, oui, j'avais 22 ans, et donc, je me suis retrouvé producteur, manager, de ce qui allait
00:23:03s'appeler Les chats sauvages avec Nick Rivers.
00:23:05Et depuis, les tournées s'enchaînent, s'ajoutant cet été à la préparation du Stade de France, une organisation lourde,
00:23:12d'autant que le public se fait plus rare.
00:23:14J'ai connu le temps des tournées où on partait début juin pour rentrer fin septembre.
00:23:19C'était énorme, on faisait un concert tous les 20 kilomètres sur la côte d'Azur, enfin partout, partout, il
00:23:25y avait des...
00:23:25Bon, l'argent a disparu, les comités de fête ont petit à petit disparu, c'est vrai qu'aussi nos
00:23:31techniques sont devenues de plus en plus lourdes.
00:23:34Et maintenant, on a fait moins de dates, et puis je crois qu'il y a une crise économique tout
00:23:38de même, et tout ça joue.
00:23:38Johnny Hallyday a déjà commencé ses répétitions, ça se passe bien ?
00:23:42Oui, il a commencé le 15 juillet à Los Angeles.
00:23:45Tous les écrous qui m'arrivent sont absolument dithyrambiques.
00:23:48Johnny est fou de joie, et même les oreilles, disons, plus neutres qu'ils m'ont informé,
00:23:56me disent que c'est le meilleur groupe qu'il ait jamais eu depuis le début de sa carrière.
00:24:02Ce soir-là, c'est Florent Pagny qui doit remplir les arènes de Nîmes.
00:24:05Il arrive décontracté, comme à son habitude, salue son équipe, et s'isole avec Jean-Claude Camus.
00:24:11C'est le moment discret où producteurs et chanteurs discutent de la répartition du bénéfice.
00:24:17Il peut être évalué entre 100 et 200 000 francs par soirée, selon les tournées.
00:24:23Ah, ça va être beau !
00:24:25Apparemment, l'accord a été vite trouvé, et Florent Pagny a le temps de jouer avec son petit garçon avant
00:24:31de monter en scène.
00:24:36Savoir attendre, goûter à ce plein bonheur, on vous donne comme par erreur, tant qu'on ne l'attendait plus.
00:24:49Savoir se voir et croire, on fait la peur du vide, en criant comme autant de rires qui terrissent les
00:25:01miroirs.
00:25:03Savoir donner, donner sans reprendre, et ne rien faire qu'apprendre, apprendre à aimer.
00:25:13Aimer sans attendre, aimer un tournant, apprendre à sourire
00:25:20Rien que pour le geste, sans vouloir le reste
00:25:24Et apprendre à vivre, et s'en aller
00:25:34Le lendemain, Jean-Claude Camus est à Vienne, il produit aussi la tournée de Michel Sardou
00:25:39L'artiste a un pied dans le plâtre, et tout le monde est inquiet, même si l'on fait mine
00:25:44de ne pas le montrer
00:25:45Je vous ai pu rêver de chanter
00:25:46C'est un raseur
00:25:53Merci, on a l'air
00:25:55Oh !
00:25:56Hé, Azel !
00:25:57T'es froid, c'est chaud
00:26:00C'est bon ?
00:26:05Allez, bascule
00:26:08Aimer de chanter
00:26:09C'est une chanterie
00:26:10C'est un raseur
00:26:11C'est un raseur
00:26:16C'est un raseur
00:26:39Aux premières notes, le producteur est soulagé.
00:26:41Il sait que ce soir, c'est gagné.
00:26:51Il sait que ce soir, c'est gagné.
00:27:21Il sait que ce soir, c'est gagné.
00:27:45Il sait que ce soir, c'est gagné.
00:27:49Il sait que ce soir, c'est gagné.
00:28:19C'est gagné.
00:28:57C'est gagné.
00:29:11Notre point central est là-bas.
00:29:12À l'autre bout du stade, Jean-Claude Camus ne peut cacher son émotion.
00:29:16Aujourd'hui, on se pointe ici avec 50 semi-remorques de matériel, 40 tonnes de scènes.
00:29:23C'est le parcours.
00:29:26C'est la folie.
00:29:28La précédente opération de grande ampleur comme ça, c'était le parc des Pinses avec le fameux pont, le bois
00:29:33de Donneguet.
00:29:34Vous vous souvenez bien de ce travail ?
00:29:36Je m'en souviens, je m'en souviens, bien sûr.
00:29:38Quand on a rangé, on est allé, on avait stationné.
00:29:43Tout de mes convois étaient arrivés, je ne sais plus, je crois que c'était Eric, le pont 25 ou
00:29:4828, celui-là.
00:29:49Tout était rangé dans le bois de Boulogne.
00:29:51On nous avait gardé dans le bois de Boulogne toute une allée, rien que pour nous, gardé par la police.
00:29:56C'est grandiose.
00:29:58Vous étiez allé avec Johnny Hallyday dans l'Est de la France, je crois, lui montrer la construction du pont.
00:30:02Oui, on avait fait un petit voyage vite fait en avion et hélicoptère.
00:30:05On avait survolé le pont.
00:30:07On avait pu faire, comme on dit, un montage à blanc.
00:30:09Alors que là, c'est un peu plus compliqué.
00:30:13On n'a pas pu faire un montage à blanc parce que c'est impossible, c'est trop gros.
00:30:18Et donc, il faut que chaque pièce s'emboîte comme il faut parce qu'on va avoir des problèmes d
00:30:23'ici le 4.
00:30:24Et donc, on arrive, on aperçoit le pont de loin et tout.
00:30:29Et je suis à côté, je dis, regarde, ça me monte.
00:30:32Moi, je suis en plus très, très émotif.
00:30:34Je vis pour mon affaire, pour ce spectacle.
00:30:39Vous savez, Johnny est quelqu'un qui dissimule énormément.
00:30:45Pour moi, c'est un immense comédien.
00:30:47Ah oui ? Bon, oui, bon.
00:30:49Il n'est pas plus grand que ça.
00:30:51Que des choses vont calmer le jeu.
00:30:53Et puis alors, il va confier après, quelques heures après, à quelqu'un.
00:30:58Oh là là, j'ai vu le pont ! Quel engin ! C'est formidable !
00:31:02Mais il ne vous livrera jamais en direct sa satisfaction.
00:31:05Dans votre album de souvenirs, il y a une séquence inoubliable, j'imagine.
00:31:09C'est l'entrée au Parc des Princes.
00:31:11Ah, l'entrée au Parc des Princes, alors c'est une...
00:31:14C'est moi qui avais eu cette idée.
00:31:16Et un jour, j'ai eu ce flash et je me suis dit,
00:31:19« Mais s'il arrivait comme un boxeur sur le ring, ou quoi ? »
00:31:23J'ai immédiatement eu l'acquiescement autour de moi des équipes avec lesquelles je travaille habituellement.
00:31:28Il fallait avoir l'acquiescement de Johnny.
00:31:30J'ai dit, « Écoute, c'est tout simple, l'entrée à Johnny, tu vas rentrer là.
00:31:38Et tu vas traverser à pied.
00:31:42Et tu vas traverser la foule. »
00:31:46Et là, j'ai senti une espèce de vacillement dans sa tête.
00:31:51Il s'est dit, « Mais il est tombé fou, Camille. »
00:31:54Et c'est rien, c'est pas grand, c'est pas grandiose.
00:31:58Et il a regardé, et c'est là que c'est très important avec Johnny,
00:32:00donc que tout le monde soit au coin, il a regardé son regard,
00:32:05le regard de chaque participant et chaque participant.
00:32:10C'était vendu, il n'est jamais revenu en arrière.
00:32:13Moi, je pensais que ce serait très difficile malgré tout,
00:32:16mais tout le monde s'accordait à dire, « Non, non, non, Johnny, ils vont s'écarter, ils vont s
00:32:20'écarter. »
00:32:21Ils vont s'écarter, oui, même si les gens voulaient s'écarter.
00:32:22Ils en avaient 25 000 qui les repoussaient, donc c'était une chose d'impossible.
00:32:25Alors, on est partis, parce que tellement stressés partout,
00:32:29par tout ce qui allait se passer, par le spectacle, par tout ce qui se toque,
00:32:33on est partis, je suis parti devant pour mettre Johnny en route,
00:32:39et j'ai réalisé en une fraction de seconde que c'était d'un seul coup une idée qui était
00:32:44très dangereuse,
00:32:45et que s'il se passait quelque chose, ça fait que je sois là.
00:32:47Je ne sais pas à quoi j'aurais servi, j'en sais rien, mais en tout cas, j'étais là,
00:32:50et je suis parti avec Johnny.
00:32:51Et voilà comment je me suis retrouvé à la banque, parce qu'on garde du corps.
00:32:53C'est très drôle, parce qu'on voit toujours Johnny qui garde le sourire,
00:32:56qui restrait des condamnités, alors qu'il était arraché de tous les côtés,
00:33:00il était compressé.
00:33:02Quant à moi, je me suis trouvé sorti du petit cercle de sécurité,
00:33:07et j'ai vu ma dernière heure.
00:33:10Je commençais à étouffer, à étouffer,
00:33:12et d'un seul coup, j'ai aperçu Jimmy, mon chef de discuque,
00:33:15qui était à, je ne sais pas, le tête de moi,
00:33:17et j'ai vraiment hurlé ce qui me restait de fort,
00:33:19« Jimmy, Jimmy, ne m'abandonne pas ! »
00:33:21J'ai réussi à l'accrocher, et ils m'ont estirpé comme un paquet,
00:33:26ils m'ont jeté dans le fossé, quoi.
00:33:29Et alors là, le grand blond, lui, dans tout ça,
00:33:31poussé, il chirait, etc., et tout,
00:33:34le sourire, le professionnel,
00:33:36et je te saute sur scène, et hop,
00:33:38je m'ébrouille un coup, et c'est parti.
00:33:40C'est fantastique.
00:33:41N'importe quel artiste va rester terrorisé de l'histoire.
00:33:44Il a sûrement eu très peur aussi,
00:33:46il ne le dira jamais.
00:33:50Mais cela n'est que souvenir,
00:33:52pour l'instant, Johnny Hallyday est à Los Angeles.
00:33:54Il a choisi la Californie pour s'isoler
00:33:57et répéter avec ses musiciens,
00:33:59tous américains.
00:34:00« Je suis un Wackenboumère, Wackenboumère,
00:34:04je suis un Wackenboumère, Wackenboumère,
00:34:08je le savais, je le sentais là,
00:34:12c'est un Wackenboumère, Wackenboumère, Wackenboumère, Wackenboumère »
00:34:16C'est jamais facile de répéter,
00:34:17parce que c'est toujours un peu boulot, les répétitions.
00:34:19Donc là, c'est un petit peu presque
00:34:21entre répétitions et spectacles.
00:34:23Donc c'est formidable.
00:34:42Et en permanence avec Johnny,
00:34:44Yvan Kassar, compositeur,
00:34:45et Eric Bami, son conseiller musical.
00:35:15Là, normalement, toi,
00:35:17Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:25Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:28Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:32Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:36Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:39Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:43Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:46Tout sur la musique, tu te j'aimer.
00:35:47Et elle vient de là, elle vient de plus !
00:35:54Vous savez qui vous aimez ?
00:35:57Parce que tout est merveille !
00:35:59Et elle vient de plus !
00:36:03Et elle vient de plus !
00:36:09Et elle vient de là, elle vient de plus !
00:36:14Et Johnny Hallyday présente à Sylvie Vartan et son fils David
00:36:17un dessin de la maquette avant de sortir pour une dernière séance de photos.
00:36:26Tu as vu ce que tu as fait ? Tu sais combien ça coûte ?
00:36:29Bon alors, ouvre !
00:36:44Au revoir !
00:36:52De retour à Paris, Johnny Hallyday n'a pas le temps de souffler.
00:36:55Son producteur vient le chercher.
00:36:57Il a organisé pour lui une conférence de presse dans un grand hôtel parisien.
00:37:07Ce jour-là, Michel Drucker vient leur annoncer qu'il a enfin obtenu l'autorisation de la fameuse arrivée en
00:37:13hélicoptère.
00:37:15La réunion a été...
00:37:16C'est du premier mondial !
00:37:17La réunion a été...
00:37:19Moi je me suis pas réveillé non plus hier matin.
00:37:21J'ai du matin.
00:37:22J'ai le décalage pour moi, ça décalage.
00:37:26À 5h du matin, j'ai été réveillé, j'aurais pu dormir.
00:37:30J'ai promené le chien dehors, j'ai fait...
00:37:33Je me suis fait recoucher, impossible de me enlever après.
00:37:35Johnny n'a jamais l'air d'entendre, n'a jamais l'air d'écouter.
00:37:38Et il est au courant de tout.
00:37:40Mais il garantit qu'il est au courant de tout.
00:37:43Et au moment où on se dit, bah on va peut-être faire comme ci ou comme ça,
00:37:47il dit, je veux que ce soit comme ça.
00:37:48En fait, il maîtrise complètement son spectacle,
00:37:52complètement ce qui va se passer sur scène.
00:37:54Je vous garantis que nous ne sommes...
00:37:56Allez, nous sommes des forces de proposition,
00:37:59mais la décision, elle est vraiment à celui qui va sur scène.
00:38:02Et c'est sans doute pour ça qu'il y a 30 ans.
00:38:04Non, c'est-à-dire le gros problème que j'ai,
00:38:05c'est que je veux plein de choses,
00:38:07que petit à petit, on me gratte et qu'on m'enlève.
00:38:11Mon gros problème, c'est de leur faire admettre
00:38:16que finalement, c'est comme ça qu'il faut que ce soit.
00:38:18Alors, je les ai un petit peu à l'usure.
00:38:20C'est-à-dire, je les appelle...
00:38:21Au moment où ils ne s'attendent pas, c'est-à-dire à 4h du matin.
00:38:23Si, on s'y attend du tout.
00:38:25Dis-moi en fait, tu sais,
00:38:27je sais que tu as des problèmes financiers,
00:38:31mais tu sais, ça, il faut le mettre, il ne faut pas l'enlever.
00:38:34Alors, c'est leur gros problème.
00:38:35Mais finalement, j'arrive toujours à peu près à mes fins.
00:38:38Et cette fois, l'enjeu est presque pharaonique.
00:38:41La scène en construction aura une surface de 3500 mètres carrés,
00:38:46120 mètres de largeur,
00:38:4930 mètres de hauteur.
00:38:51Elle pèsera, tout compris, près de 300 tonnes.
00:38:54Sur ce projet qui semble démesuré,
00:38:571000 personnes auront été mobilisées
00:39:00et sur le chantier, les équipes de Roadies
00:39:02travaillent de jour comme de nuit.
00:39:06Je suis content, il y a du boulot de fait.
00:39:08L'avancement entre le matin et le soir,
00:39:10avec soir et le matin, c'est...
00:39:18Le décor est une folie.
00:39:19Est-ce que vous vous rendez compte de ce qui se prépare là ?
00:39:22Et donc, le premier camion rentre là, chargé et tout ça.
00:39:26T'as les Fenwick arrivent et...
00:39:27Pouf, je te prends un paquet ici, je te prends un paquet là.
00:39:30Ils savent dès le départ...
00:39:31Où ils vont.
00:39:31Où ils vont.
00:39:32Ah oui, c'est un méga Lego, quoi.
00:39:33Tu vois ?
00:39:34Et ça n'a jamais été monté, quand même, tu vois ?
00:39:36Et ça, le premier tube, le deuxième tube...
00:39:38Et tout s'emboîte, tu vois, c'est...
00:39:40Ça me fascine, ça.
00:39:41Parce qu'ils ne l'ont jamais monté avant.
00:39:43Non !
00:39:43Parce que le parc, tu l'avais...
00:39:44Le pont, j'avais monté dans l'Est, sur l'intérieur militaire,
00:39:48et là, on n'a rien monté.
00:39:49Rien ! Rien ! Rien ! Rien !
00:39:54Le chantier progresse et les répétitions s'enchaînent.
00:39:58Pour qu'elles soient confortables,
00:39:59Jean-Claude Camus a loué tout le Zénith pendant une semaine.
00:40:03Un fou d'amour, un contre-fou.
00:40:09Où est qui meurt ?
00:40:12Où est qui meurt l'amour ?
00:40:17Où est qui meurt l'amour ?
00:40:21Où est qui meurt l'amour ?
00:40:25Où est qui meurt l'amour ?
00:40:29Où est qui meurt l'amour ?
00:40:32Vous savez, avant de faire du rock'n'roll,
00:40:35peu de gens le savent,
00:40:37mais j'étais guitariste classique.
00:40:40Je n'étais pas guitariste de rock'n'roll du tout.
00:40:43J'ai fait quatre années de solfège
00:40:46avec José Dias Piaggio à Genève.
00:40:50Au départ, mes parents adoptifs voulaient que je sois guitariste classique.
00:40:55Et puis, un jour, je suis tombé sur l'emprise du charme d'Elvis Presley, du rock'n'roll.
00:41:00Et donc, j'ai troqué ma guitare classique pour une guitare électrique.
00:41:04Mais au départ, c'était un hasard.
00:41:07Je ne devais pas du tout être dans le rock'n'roll.
00:41:10Quels sont vos compositeurs classiques préférés ?
00:41:13Écoutez, moi, ce que j'écoutais toujours,
00:41:16moi, ce que j'adore comme style,
00:41:18moi, j'aime bien un petit peu ce qui est pesant,
00:41:20ce qui est un peu lourd.
00:41:21Moi, j'écoutais beaucoup Carmina Bérana de Karloff, par exemple.
00:41:24C'était une chanson, surtout le soir des insomnies,
00:41:29quand je n'arrivais pas à dormir.
00:41:30Je mettais ça à fond, je réveillais tout l'immeuble
00:41:32qui, finalement, appelait les flics,
00:41:35qui descendait chez moi en disant,
00:41:36Monsieur Alédé, vous savez, vous êtes trop fort,
00:41:37il est quand même 4 heures du matin,
00:41:38vous devriez laisser les pauvres gens dormir.
00:41:40J'ai dit, bon, excusez-moi, bon.
00:41:42On découvre aujourd'hui une géniale idée
00:41:44réconciliée avec lui-même,
00:41:45mieux dans sa peau, fumant le cigare.
00:41:48J'ai l'impression que vous arrivez à une grande maturité.
00:41:51Je fais mon métier d'une façon beaucoup plus sereine qu'avant.
00:41:56Je prends le temps de faire les choses,
00:42:00je prends le temps d'y réfléchir,
00:42:01je ne fais moins les choses à la dernière minute
00:42:04comme j'avais l'habitude de le faire.
00:42:05sans doute que c'était une question d'âge.
00:42:08Je pense que, je crois que quand on,
00:42:12j'aime pas le mot vieillir,
00:42:13plutôt quand on grandit,
00:42:15on apprend à être plus raisonnable,
00:42:17plus réfléchi.
00:42:20Vous portez autour du goût un collier
00:42:22avec un petit diablotin.
00:42:23L'autre jour, vous avez dit que
00:42:25c'était parce que vous aimiez bien parler avec le diable.
00:42:27C'était une boutade ?
00:42:29C'était une boutade ?
00:42:30Non, pas du tout.
00:42:31C'est-à-dire ?
00:42:32Non, non, pourquoi ?
00:42:33Je les converse avec le diable tous les jours.
00:42:38Et si vous parlez avec le diable, vous parlez avec Dieu aussi ?
00:42:40Je parle avec Dieu, bien sûr que je crois à Dieu.
00:42:42Vous êtes croyant ?
00:42:43Je suis croyant, oui, bien sûr, je crois à Dieu, évidemment.
00:42:49C'est vrai, mais souvent, quand quelque chose de grave arrive à un de mes proches,
00:42:55c'est vrai que je vais pas jusqu'à faire une prière,
00:43:02mais je supplie le bon Dieu pour que ça se passe bien.
00:43:05Votre mot préféré ?
00:43:06Mon mot préféré ?
00:43:08Acheter libre.
00:43:10Et celui que vous détestez le plus ?
00:43:13Obligation.
00:43:16Mardi 1er septembre, les délais ont été parfaitement tenus.
00:43:20La scène est quasiment terminée.
00:43:23Pour la première fois, Johnny Hallyday visite le chantier.
00:43:29Il tarde à regarder de face la scène immense.
00:43:41Le track déjà, devant l'ampleur du challenge, il s'est fixé.
00:43:48Là, tu vas vraiment le décor, peut-être que tu vas avoir encore des gens de la...
00:43:53des gens d'Amérique.
00:43:55Il y a deux en bas.
00:43:59Premier accord de guitare.
00:44:01Arrivée de la célèbre Harley.
00:44:04Réglage de la sono.
00:44:07Une sono de 500 000 watts.
00:44:09Essai des effets spéciaux et des secrets de mise en scène.
00:44:18Tout roule à la perfection.
00:44:21Le lendemain, grande répétition générale.
00:44:23Ce que l'on appelle le filage, sans le moindre incident.
00:44:28Le lendemain, grande répétition générale.
00:44:30Le lendemain, grande répétition générale.
00:45:05Et c'est le grand jour, le vendredi 4 septembre.
00:45:11A 17h, les portes s'ouvrent dans la bousculade.
00:45:18Les premiers arrivés courent pour avoir les meilleures places.
00:45:24Jean-Claude Camus affiche un grand sourire, mais ce n'est qu'une apparence.
00:45:29Il sait que la météo est très mauvaise.
00:45:32Il sait aussi qu'il a pris le risque énorme d'une scène immense, impossible à protéger de la pluie.
00:45:42Et plus le temps passe, plus on s'approche de la catastrophe.
00:45:47Impossible de jouer.
00:45:55Mais on est à une heure du début prévue du spectacle.
00:45:59Oui, sauf que la météo, pour l'instant, elle nous emmène un peu plus larguer, ça.
00:46:08Mais vous ne pouvez pas ne pas jouer.
00:46:10Quoi ?
00:46:11On ne peut pas ne pas jouer.
00:46:12Si, c'est envisagé alors qu'il est.
00:46:14C'est envisagé ?
00:46:15Oui, on est en train de prendre tous les quatre catastrophes possibles.
00:46:19Mais si, c'est envisagé avec le PC police, on est en train de prendre des dispositions au cas où.
00:46:26Dans ce cas-là, ça veut dire quoi ? Reporter le concert ?
00:46:28Rembourser les gens et reporter ?
00:46:29Je ne sais même pas si je peux reporter.
00:46:37Parce qu'on se trouve un vendredi soir, on ne peut pas joindre les assureurs anglais, etc.
00:46:42Et que si je reporte à lundi, je ne suis pas assuré.
00:46:46Et c'est envisagé ?
00:46:47Si le concert n'a pas lieu, ça va vous coûter combien ?
00:46:49Alors, ça coûtera aux assureurs, pour la production, Jean-Claude Camus, 25 millions.
00:46:54C'est-à-dire pour toute la production à l'idée.
00:46:55Il y a d'autres intervenants aussi qui sont assurés.
00:46:58Par exemple, tout ce qui est merchandising, vente de sandwich, etc.
00:47:02Ils ne pourront pas faire de chiffre d'affaires escompté.
00:47:04Ils demanderont aussi un ténat des misées, puisqu'ils sont aussi assurés chez moi.
00:47:08Et ça doit représenter 3-4 millions de plus.
00:47:11Mauvaise soirée.
00:47:16Dans le stade, la tension monte.
00:47:20Et dans les coulisses, les nerfs commencent à craquer.
00:47:26Laetitia, comment est Johnny en ce moment ?
00:47:29Très inquiète.
00:47:31Il est informé des problèmes ?
00:47:34On attend un peu encore.
00:47:36On a dit qu'il ne savait pas ce qu'il se passe là.
00:47:39Donc pour le moment, il ne sait pas.
00:47:40On attend qu'on lui dise.
00:47:47Est-ce qu'on peut aller dans cette putain de loge ?
00:47:50Non, non.
00:47:51Je ne peux pas travailler, moi.
00:47:54Vous voulez le voir ?
00:47:56Bien sûr, il y a quand même des choses qu'il faut qu'on voit avec l'artiste, maintenant.
00:48:04À 20h30, la décision est prise.
00:48:08Il faut annuler le concert et aller le dire aux 80 000 spectateurs.
00:48:14Pour un nuage de trop, le producteur risque la faillite.
00:48:19Salut ! Salut !
00:48:26Une fois que le producteur a réannoncé qu'effectivement, il y a annulation, parce qu'on part sur une annulation,
00:48:31on explique, je répète, une communication simple mais précise auprès de l'ensemble du public.
00:48:36On évacue avec beaucoup de souplesse et on les rassure que le spectacle aura lieu demain.
00:48:41Quelle horreur ! Mais dans quel état ils vont être ?
00:48:54C'est l'amour de l'amour de l'amour de l'amour.
00:49:15Et nous avons eu et eu ces trois présentations de ce soir.
00:49:20Vous êtes les vrais amis de Johnny Hallyday.
00:49:24Donc, les vrais amis vont comprendre ce qui se passe maintenant.
00:49:31Nous sommes tous Johnny, les musiciens, les techniciens qui ont travaillé si dur toute la semaine.
00:49:39Nous sommes dans le désespoir.
00:49:41Mais, mais, pour ceux qui le peuvent, nous donnons rendez-vous vendredi prochain.
00:50:00Et dans le public, déception, colère et incompréhension.
00:50:05Je suis déçu parce que ça aurait dû être Johnny Hallyday qu'on aurait de venir et non pas Camus.
00:50:10On vient de Lyon, on a payé un quart.
00:50:12Alors, on voudrait savoir s'il va nous repayer le quart pour revenir la semaine prochaine.
00:50:16On arrive de Marseille, on est arrivés de Rennes.
00:50:19C'est quand même deux ans qu'on attend ce concert, surtout la première.
00:50:22Il est noue des soirs, franchement, il est noue des soirs.
00:50:24On a presque les larmes aux yeux ce soir.
00:50:32Et mille fois la même question.
00:50:34Attendez, posez-moi la question d'une façon plus détaillée.
00:50:40Parce que je crois savoir ce que vous voulez me dire.
00:50:41Vous êtes en train de me dire pourquoi n'a-t-on pas prévu de quoi abriter la scène de
00:50:45partant de pluie ?
00:50:46Au téléphone de son banquier.
00:50:49Voilà. Alors, est-ce que vous vouliez que nous présentions sur le Stade de France une scène de tournée couverte
00:50:57?
00:50:57Ça veut dire une scène de moitié moins grande.
00:51:01D'accord ?
00:51:02Ou est-ce que vous vouliez qu'on ait une scène de 4000 m² ?
00:51:07Je crois qu'il ne faut pas avoir fait de grandes études d'architecte pour savoir que pour couvrir 4000
00:51:11m², c'est pratiquement le toit d'une maison.
00:51:14C'est impossible techniquement à réaliser.
00:51:17Alors, c'était un choix de décors, comme on a fait, immense.
00:51:24C'était un risque à prendre. On a pris ce risque. Voilà.
00:51:27L'échec est terrible pour tous ceux qui ont travaillé sur ce spectacle.
00:51:31Mais chacun reste à sa place. C'est le lendemain.
00:51:34Après une nuit passée à tout remettre en état, les regards se portent vers le ciel et les sourires reviennent.
00:51:42Il a fallu réviser, évidemment, toutes les installations qui avaient pris l'eau, etc.
00:51:47pour être sûrs qu'on n'ait pas de problème ce soir.
00:51:49Pour que ce soit un petit peu plus salé, évidemment, nous avons eu deux, trois averses pour nous dire
00:51:53« Attention, vous êtes contents, mais ne vous investissez pas trop. »
00:51:56Mais bon, ça y est. Et maintenant, nous avons le ciel bleu.
00:51:58Et là, je peux vous dire ce soir, rappelez-vous bien de ce que je vous dis.
00:52:02Vous allez voir du grand, du très grand à l'idée.
00:52:04Parce que l'autre, c'est un faux. Je crois que j'ai mis trois gardes du corps pour ne
00:52:07pas qu'il sorte de la loge.
00:52:08Quand il va rentrer, il va tous les empoigner.
00:52:13À la minute précise, le grand spectacle est lancé avec tous les effets d'une mise en scène extrêmement travaillée.
00:52:23D'emblée, le public est séduit.
00:52:50Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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00:59:05!
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01:00:15C'est un producteur !
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01:00:23Merci d'avoir regardé cette vidéo !
01:00:25!
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