- il y a 5 jours
Marine Tondelier, candidate (Les Écologistes) à l'élection présidentielle, était l'invitée de BFMTV ce samedi 5 septembre
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00:00Vous êtes dans BFM, grand soir, il est 22h30, nous allons revenir sur l'actualité politique du jour
00:06et notamment la grande braderie de Lille qui a été marquée par la venue de plusieurs responsables politiques,
00:11notamment la candidate, les écologistes à la présidentielle, Marine Tondelier qui est notre invitée.
00:16Bonsoir Marine Tondelier.
00:20Bonsoir Madame D'Aillefeuille et merci beaucoup de me permettre d'intervenir depuis chez moi et l'Ambaumont,
00:25parce que ça devient compliqué l'aller-retour pour Paris.
00:28J'entame ma 37e semaine de grossesse, donc tant que je peux continuer à faire campagne, je le fais.
00:32Mais de chez moi, c'est quand même plus pratique.
00:34C'est plus simple. Forcément, je vous entendrai dans un instant sur le dernier sondage du Parisien en vue de
00:39la présidentielle,
00:40mais je ne peux pas ne pas réagir à ce petit message qui vous accompagne sur votre droite, dans votre
00:45bureau.
00:45May the force be with you. La force est de votre côté, Marine Tondelier ?
00:51Écoutez, pour tout vous dire, on a improvisé avec votre technicien.
00:56Où on allait mettre cette caméra ? Je ne me rappelle plus qu'il y avait ça décrit derrière.
00:59Sinon, j'aurais rajouté le E qui a l'air d'être tombé d'ailleurs.
01:02Et donc voilà, on prend des phrases inspirantes et on en tire beaucoup de force, n'est-ce pas ?
01:06Parce que si l'on en croit ce nouveau sondage du Parisien qui donne aujourd'hui Marine Le Pen au
01:11second tour face à Édouard Philippe,
01:13c'est compliqué pour la gauche, notamment en raison de l'éclatement des candidatures, au moins 5, dont la vôtre.
01:19Vous êtes à 4% Marine Tondelier. Bref, là, en l'État, c'est quand même la défaite assurée. On
01:25est d'accord pour la gauche.
01:29Qui aurait pu prédire, Mme Darfeuil, comme aurait dit Emmanuel Macron le 31 décembre 2022 sur le climat ?
01:34Cette phrase qui aurait pu prédire, on s'est beaucoup moqué de lui parce qu'il l'admettait qu'il
01:39n'avait pas prédit la crise climatique,
01:41ce qui était quand même un peu décevant de la part d'un responsable politique en 2022.
01:45Mais là, je peux vous dire qu'il aurait pu prédire que séparer, la gauche ne gagnerait pas.
01:50Vous parlez à la responsable politique de gauche, secrétaire nationale des écologistes,
01:54qui est à la tête d'un mouvement qui, depuis des années et a fortiori depuis des mois pour la
01:58présidentielle,
01:59prône l'union, dire que séparer, chacun court à la défaite et dire que personne ne gagnera seul.
02:06Donc je fais depuis des mois campagne sur ce slogan, pour l'écologie et pour l'union,
02:11ça n'est pas pour rien et je ne lâcherai rien, ni sur l'écologie, ni pour l'union.
02:15C'est un geste fort, une promesse forte, un engagement fort que prend notre mouvement.
02:20Et vous pouvez compter sur nous, nous ne serons jamais le problème, toujours la solution.
02:24Mais il va falloir que chacun accepte que la solution doit dépasser chacun d'entre nous.
02:29Et moi, aujourd'hui, ce que je vois se dérouler, c'est oui, vous avez raison, la chronique du défaite
02:32annoncée,
02:33qui n'est pas inéluctable, qui n'est pas inéluctable.
02:36Vous êtes à 4%, est-ce qu'il n'est pas tant ?
02:39– Non, non, non, Madame Darfeuil, ça ne dépasse pas ma personne.
02:43– Est-ce qu'il n'est pas tant de vous retirer pour commencer à faire l'union ?
02:46– Madame Darfeuil, ça ne dépasse pas ma personne, ça dépasse toutes les personnes.
02:53Personne ne gagnera seul.
02:55Et moi, je veux bien qu'on se raconte que 2027, ça doit être à gauche,
02:58l'histoire d'une partie de la gauche qui essaye de tuer une autre partie de la gauche
03:02en sommant les écologistes d'appuyer sur la détente.
03:04Mais il ne vous échappera pas que vous pouvez supprimer ma candidature
03:08et toute autre candidature écologiste à vie du jeu politique français.
03:12Tant qu'il y aura une candidature de Jean-Luc Mélenchon d'un côté
03:14et une candidature socialiste, on ne sait pas encore laquelle de l'autre,
03:18qui refuse de se parler, le résultat sera exactement le même.
03:21Il y en a un qui est incapable d'être au deuxième tour et l'autre incapable de le gagner.
03:25Donc excusez-moi, il est peut-être temps de faire ce que nous demandons depuis des mois,
03:29de s'asseoir autour d'une table, de discuter, de trouver un chemin de victoire.
03:32Je suis persuadée qu'il existe.
03:34Et quand je vous dis que ma candidature est pour l'écologie et pour l'Union,
03:37c'est que je suis persuadée qu'il n'y a que les écologistes
03:39qui sont capables de faire travailler tout ce monde un chemin de victoire.
03:43Peut-être que tout le monde n'acceptera pas.
03:44Mais je suis d'accord avec vous, Madame Barfay.
03:46Alors qu'est-ce que je fais ? Je vais me coucher, je ne ressors plus de ma chambre d
03:49'ici Noël.
03:51Oui, j'appelle à l'Union. J'ai écrit à tous mes partenaires.
03:54J'ai écrit à tous nos partenaires le 16 août dernier.
03:59Ils sont 16 en tout d'ailleurs.
04:00On a eu des contacts avec chacun d'entre eux.
04:03On va les rencontrer dans les semaines qui viennent.
04:04Et on écrira un chemin de victoire possible pour la gauche.
04:07Après, je vais vous dire, moi, je ne suis pas magicienne.
04:10Donc la volonté des écologistes, elle est claire, intangible.
04:13On se battra jusqu'au bout pour ça.
04:15Si personne ne veut rien entendre, que voulez-vous que je vous dise ?
04:17Ils emporteront la responsabilité.
04:19Mais nous, jusqu'au bout, nous chercherons son chemin de victoire
04:22parce qu'il est possible. C'est ça le pire.
04:24Et vous savez, j'ai fait cet été 5000 kilomètres en vannes électriques
04:27à travers la France.
04:28Les électeurs de gauche et écolo, ils sont d'accord avec nous.
04:31Ils disent, mais OK, on a compris qu'un tel n'est pas d'accord
04:34avec l'autre sur tel sujet, l'autre sur tel autre.
04:36OK, mais moi, je ne suis pas là pour faire le jeu de cette différence.
04:38À la fin, entre ces quelques différences, parfois majeures,
04:42et l'arrivée de l'extrême droite en France,
04:44en fait, si on n'arrive pas à faire la différence
04:46et à doser le fait que plutôt que de se regarder entre nous
04:49dans des débats nombrilistes,
04:50on ferait mieux de regarder le péril qui menace
04:52beaucoup d'électeurs à nous qui seront en première ligne
04:54si l'extrême droite arrive au pouvoir.
04:56Alors franchement, on ne sert à rien.
04:58On ne sert à rien et moi, j'en voudrais énormément
05:00aux personnes qui ne prennent pas confiance de ça
05:02et qui ne prennent pas les bonnes décisions
05:04pour empêcher, pour tout faire pour empêcher
05:06ce qui se prépare et cette catastrophe à nous.
05:08Vous dites que finalement, vous retirez aujourd'hui,
05:12ça ne changerait rien.
05:13Mais ce serait quand même, déjà, un,
05:15envoyer un message aux électeurs de gauche
05:17qui sont insupportés par justement l'éclatement des candidatures.
05:21Oui, ça enverrait le message que c'est la nana.
05:22Et puis, deuxième question, vous répondrez en même temps.
05:25Oui, ça enverrait le message que c'est la nana
05:25qui doit se retirer pour les hommes qui ne veulent rien entendre.
05:28C'est un très bon message, madame Darfeuil.
05:30Non, ça n'a rien à voir avec ça.
05:32Vous voyez, c'est la nana qui, depuis des mois,
05:35alerte sur ce qui va se passer,
05:36qui est unitaire pour 1, pour 2, pour 3, pour 4,
05:39doit se désister sans aucune discussion
05:42ni programmatique ni rien d'autre d'ailleurs
05:43pour deux hommes qui n'ont pas voulu de la primaire,
05:47qui ne veulent pas spécialement de discussion
05:49pour une solution qui les dépasse.
05:51En fait, si c'est ça, la situation de la gauche française
05:54est quand même aussi un peu un problème
05:55et ça ne nous fera pas gagner.
05:57Ce que vous me proposez ne nous fera pas gagner.
05:58Mais ce n'est pas une question genre, Marine Tondelier,
06:00vous ne pouvez pas me faire ce procès.
06:01C'est une histoire de score.
06:03C'est une histoire de mettre les meilleures chances
06:04de son côté aujourd'hui.
06:04Je pense que ce n'est pas un hasard
06:05si c'est la nana écologiste qui est unitaire pour 3 par ailleurs.
06:08Je vous le dis.
06:09Mais aujourd'hui, les meilleures chances de la gauche
06:11de se qualifier au second tour,
06:13on est d'accord que c'est Jean-Luc Mélenchon
06:15la meilleure chance.
06:18Oui, mais moi, je ne veux pas quelqu'un
06:19qui se qualifie au deuxième tour.
06:20Je veux qu'on gagne ce deuxième tour.
06:22Et vous admettez aujourd'hui
06:24que même si on s'en approche, rien n'est joué,
06:26qu'on ne connaît pas encore la nature
06:28du candidat socialiste,
06:29que même celui qui sortira de la primaire socialiste
06:31sera peut-être remplacé par la suite
06:33par François Hollande qui se tient en embuscade.
06:35Enfin, ce jeu, il est quand même hyper flou.
06:37Donc, vous avez fait suffisamment de journalisme politique
06:39pour savoir ce que valent les sondages
06:41aussi loin de l'élection.
06:42Ils mesurent essentiellement la popularité,
06:45la notoriété des candidats.
06:47Et donc, il est certain que des candidats
06:48qui ont déjà été candidats plusieurs fois
06:50à des élections nationales,
06:52que ce soit européennes ou présidentielles,
06:54qui ont eu leurs photos devant les sorties d'école
06:57de chaque enfant dans ce pays,
06:59ce n'est pas la même notoriété
07:00que moi, par exemple, qui suis plus jeune,
07:03qui n'ai jamais été candidate à une élection nationale.
07:05C'est ça que mesurent les sondages.
07:06Et c'est normal.
07:07Mais on ne peut pas dire...
07:08Le sondage qui est sorti hier,
07:10qui est d'ailleurs différent de celui d'avant-hier
07:12et différent de celui de demain,
07:13c'est une photo figée du jeu.
07:15On est comme si le premier tour
07:17et le deuxième tour étaient demain.
07:18Ce n'est pas comme ça que ça marche la politique.
07:20Donc, nous le disons.
07:21C'est aujourd'hui la chronique
07:22d'une défaite annoncée pour la gauche.
07:23Je suis d'accord avec vous là-dessus.
07:24Mais je ne suis pas d'accord sur deux choses.
07:27Premièrement, je ne me résigne pas.
07:28Les écologistes ne se régneront pas.
07:30Et le chemin de victoire est encore possible.
07:32Si chacun entend que les certitudes envers soi-même,
07:35ça ne suffit pas dans la vie,
07:36même quand on est un homme politique
07:38très très fort et très important.
07:39Et deuxièmement,
07:40qu'il faut se mettre autour de la table,
07:42trouver des solutions
07:42et qu'on le doit à nos électeurs.
07:43Parce que, vous savez,
07:44le lendemain du deuxième tour,
07:45quand il se passera ce que tout le monde voit arriver,
07:47on ne pourra pas juste dire
07:49qu'il aurait pu prédire.
07:50Tout le monde sait ce qui va se passer.
07:51Marine Tondelier, tirez-en une question pour vous.
07:52Le risque de victoire de l'extrême droite.
07:54Et tout le monde sait ce qu'ils en feront.
07:56On entend votre appel à l'Union,
07:58votre refus de la résignation.
07:59Mais on constate aussi,
08:01et je pense que c'est le cas
08:02de beaucoup de ceux qui nous écoutent ce soir,
08:04la profondeur des divergences
08:05qu'il y a au sein même de la gauche.
08:06On peut avoir même le sentiment
08:07que vous n'êtes pas d'accord sur grand-chose.
08:10Sur l'économie, sur l'Europe,
08:12sur l'Ukraine,
08:14sur certains aspects de l'écologie,
08:16comme la part du nucléaire, par exemple.
08:18Sur le conflit en Moyen-Orient.
08:19Je pourrais continuer la liste comme ça encore longtemps.
08:21Et ces divergences,
08:23elles sont profondes.
08:24Est-ce qu'elles ne se le sont pas désormais
08:26au point d'être difficilement réconciliables,
08:29surtout dans un calendrier aussi court
08:31que celui qui nous mène au premier tour
08:32de l'élection présidentielle ?
08:35Je pense que ça ferait plaisir à beaucoup de monde
08:38de pouvoir se le raconter,
08:39ce que vous faites ce soir.
08:40Et je ne vous cache pas que, oui,
08:42il y a des sujets sur lesquels
08:43on a des discussions à avoir à gauche.
08:44Mais premièrement,
08:46moi, je ne mets pas la poussière sous le tapis.
08:47Je dis juste que je ne mets pas passer mon temps
08:49à faire le jeu des sept différences
08:50et que mes adversaires dans cette élection,
08:52quoi que je pense de tel ou tel point du programme
08:54de partenaire de gauche,
08:55mes adversaires sont la droite et l'extrême droite.
08:57J'espère que c'est simple,
08:59j'espère que c'est clair
08:59et j'espère que tous mes camarades de gauche
09:01seraient capables d'en dire autant.
09:03Deuxièmement, je constate,
09:04et c'est pour ça que je vous dis
09:04que l'écologie sera toujours partie de la solution,
09:07l'écologie est devenue le point central
09:09de cette rentrée politique à gauche,
09:11celui sur lequel je vois une compétition
09:13de mes partenaires
09:14qui ont été beaucoup moins vocaux
09:15sur le sujet à des moments
09:16où c'était compliqué dans l'opinion
09:18sur l'écologie.
09:19Après cet été d'enfer,
09:20tout d'un coup,
09:21c'est la compétition à gauche
09:22de qui est le plus écologiste.
09:24Eh bien écoutez, ça me réjouit.
09:25Et troisièmement,
09:26ce n'est pas un hasard
09:27si dans le courrier que nous avons écrit
09:28à tous nos partenaires au mois d'août
09:30pour les rencontrer
09:31et travailler un chemin de victoire,
09:33nous avons listé un certain nombre de sujets,
09:35l'Europe, l'international,
09:37la justice sociale,
09:38la crise démocratique
09:39dont nous ne devons être capables
09:41de discuter ensemble
09:42pour trouver non pas un programme
09:45qui met tout le monde
09:45exactement d'accord
09:46mais un programme
09:47qu'on serait capable
09:47de mettre en oeuvre ensemble.
09:48Parce que vous voyez,
09:49moi, je ne fais pas de la politique
09:51pour dire regardez mon programme
09:52de 577 propositions
09:54qui est sorti en juillet,
09:55allez le voir sur notre site
09:56lesécologistes.fr,
09:57c'est le meilleur
09:58et regardez les surpapiers glacés,
09:59je suis très fière,
10:00il est magnifique.
10:01Moi, je fais de la politique
10:02pour mettre en oeuvre mes idées,
10:04pour protéger les électeurs
10:05que j'ai décidé de protéger,
10:06pour protéger même des Français
10:07qui ne votent pas pour nous
10:08ou qui ne votent plus du tout
10:09mais qui ont intérêt
10:10à ce qu'on mette en oeuvre
10:11notre programme,
10:12c'est-à-dire à peu près
10:1299% des Français.
10:14Voilà pourquoi je fais de la politique
10:15et je ne renoncerai pas
10:17à gagner et à mettre en place
10:18nos idées.
10:19Voilà.
10:20Sur ce point, justement,
10:21je dis à mes camarades...
10:22Si vous avez entendu
10:23le discours de Jean-Luc Mélenchon
10:25aujourd'hui
10:25à la braderie de Lille,
10:27il a beaucoup parlé d'écologie,
10:30beaucoup plus
10:31que du rassemblement de la gauche.
10:33C'est une bonne chose
10:33qu'il parle beaucoup d'écologie ?
10:37Eh bien, écoutez,
10:38je note que nous sommes devenus
10:40le point central
10:40d'attention à gauche
10:41et que tout le monde
10:43parle d'écologie.
10:44C'est tant mieux,
10:44vous savez,
10:45on n'a jamais décidé
10:45que l'écologie,
10:46il n'y avait que nous
10:46qui devions en parler.
10:47On s'est même senti
10:48très très seul,
10:49comme je vous le disais
10:50à l'instant,
10:51dans certains moments
10:52où l'écologie était attaquée,
10:53était moquée,
10:54était décriée,
10:55on s'est retrouvés
10:56seuls contre tous.
10:57Eh bien là,
10:58on se remarque
10:59qu'après cet été d'enfer,
11:01tout le monde dit
11:01bah oui,
11:02en fait,
11:02il faut être écologiste,
11:02c'est ça qu'il faut faire maintenant
11:03et que se joue à la rentrée
11:05une compétition
11:06de qui est le plus écologiste
11:08à gauche.
11:09Ça nous met au centre du jeu
11:10et ça confirme
11:11que l'écologie
11:12n'est pas juste
11:13un parti qui milite
11:14pour l'unité
11:15mais aussi la condition
11:16de l'unité
11:17et sera fondamental
11:18dans le chemin de victoire
11:19dans la solution
11:19qu'on doit trouver ensemble
11:20dans les semaines qui viennent.
11:21Mais précisément
11:22sur ce point,
11:23comment vous expliquez
11:24avec toutes les crises climatiques
11:26que l'on vit
11:26et notamment ce qui s'est passé
11:28cet été
11:29que,
11:29et je mets des guillemets,
11:30vous ne profitiez pas
11:32de cette situation ?
11:34Je veux dire,
11:34après ce qui s'est passé
11:35cet été,
11:36vous devriez être annoncée
11:37comme au premier tour,
11:38pardon,
11:39au second tour
11:39de la présidentielle
11:41largement en tête
11:42et pourtant,
11:42ça n'est pas le cas.
11:43Pourquoi ?
11:44Parce que les Français
11:44n'ont pas pris la mesure
11:46de l'urgence
11:47ou parce qu'ils ne vous font
11:48pas confiance ?
11:51Alors,
11:51premièrement,
11:52Madame Darfeuil,
11:53la manière dont vous posez
11:54la question est terrible.
11:55Pourquoi vous ne profitez pas
11:56de la crise climatique ?
11:58C'est pour ça,
11:58Marine Taudelé,
11:59c'est pour ça que je dis
11:59je mets des guillemets
12:00ni d'incendies
12:02ni de catastrophes climatiques
12:03et je ne souhaite pas profiter
12:05de la détresse des Français.
12:06Vous voyez très bien
12:07où je veux en venir,
12:08Marine Taudelé.
12:09Deuxièmement,
12:10oui,
12:10je vois très bien
12:11donc je vous réponds.
12:12Deuxièmement,
12:13je pense que tout le monde
12:14doit se remettre en question.
12:15Vous savez,
12:16la manière dont le traitement
12:17politico-médiatique
12:18de la crise climatique
12:19a été organisée
12:21est une catastrophe.
12:22On a subi des polémiques.
12:24Un mois sur les écologistes
12:25serait contre la clim.
12:27Un deuxième mois sur les écologistes
12:29seraient responsables
12:30des incendies
12:31puisqu'ils auraient voulu
12:32interdire le débroussaillage.
12:33C'était deux fake news
12:35totalement fausses
12:36basées sur rien
12:37amenées sur vos plateaux
12:38par des politiques
12:39de droite
12:40et d'extrême droite
12:41relayées par certains
12:43éditorialistes
12:43et qui infusent
12:44et qui continuent
12:45d'infuser aujourd'hui
12:46puisque quand on me dit
12:46Mme Taudelier
12:47sur la clim,
12:48vous avez dit ça,
12:49en fait on ne me dit pas ça
12:50comme ça.
12:50On me dit Mme Taudelier,
12:52les écologistes,
12:52on l'entend était contre la clim
12:53mais maintenant
12:54vous avez changé d'avis.
12:55Non, non, pas du tout.
12:56Moi, je n'ai jamais été
12:56contre la clim
12:57mais mon mouvement non plus.
12:58Donc vous voyez,
12:59il y a un truc,
12:59un poison
13:00qui se s'infiltre
13:02un peu dans le débat
13:03politico-médiatique
13:04et qui répond
13:05à la fameuse loi
13:06de Brando.
13:06Ça vous arrive jamais
13:07de changer d'avis ?
13:08Quand vous mentez,
13:09quand vous passez un message,
13:10quand vous passez un message
13:12simple,
13:12vous allez vous recommencer,
13:13CQFD.
13:14Quand vous mentez,
13:15quand vous donnez
13:16un message simpliste
13:17qui est là pour dénigrer,
13:18pour diffamer,
13:19ça prend une seconde
13:19et ça se répand partout
13:21comme une traînée de poudre
13:22dans les médias,
13:23sur les réseaux sociaux
13:24pour désamorcer
13:25ce mensonge
13:26je dois moins dépenser
13:29et là on le voit.
13:29Beaucoup de temps,
13:30d'ailleurs vous voulez me couper ?
13:31Pardon Madame Tondelier.
13:32Ça vous déplaît
13:32mais je vais vous le dire quand même.
13:34Là, ça vous déplaît
13:34mais je veux vous le dire quand même.
13:36Ça me prend une minute
13:37de vous expliquer
13:38que c'était faux
13:39et la vérité,
13:41le rétablissement de la vérité
13:42prend toujours
13:43beaucoup plus de temps
13:43et touche beaucoup moins de monde
13:45que le mensonge.
13:46Et c'est pour ça que moi,
13:47je porte dans le débat public
13:48aussi l'interdiction
13:49du mensonge en politique.
13:50Parce que j'en ai ras-le-bol
13:51de me faire moquer
13:53sur des propositions
13:54qu'on porte depuis 40 ans
13:55qui aujourd'hui,
13:57montre ce que l'on disait
13:58depuis 40 ans
13:58quand on voit l'été
13:59qu'on a passé.
14:00Et au lieu de dire
14:01les écologistes avaient raison,
14:02on se prend des mensonges
14:03comme si on était
14:04des témoins gênants
14:05qu'il faut faire disparaître
14:06parce qu'on sait
14:07où, quand, comment,
14:08pourquoi dans un roman policier.
14:10Donc il faut surtout
14:10nous faire taire
14:11pour qu'on ne puisse pas en parler
14:12et on explique ensuite
14:13ah bah les écologistes
14:14en plus vous n'êtes même pas
14:15capables de profiter
14:16et le mot que vous avez employé
14:17est terrible
14:18électorale de la situation.
14:19Mais question de se tirer en oeuf
14:19s'il vous plaît,
14:20Marie-Claude,
14:21il faut qu'on l'échange.
14:22Si j'arrive à poser ma question,
14:25les écologistes,
14:27ils sont à 15% en Suède,
14:28ils sont à 10% en Belgique,
14:30ils sont dans ces eaux-là
14:32également en Allemagne.
14:33Est-ce qu'il n'y a pas
14:33un moment aussi
14:34où vous devez vous interroger
14:35sur la raison pour laquelle
14:37vous, vous êtes à 4%
14:38qui va au-delà
14:39de ce que vous présentez
14:41comme étant les mensonges
14:42du monde politico-médiatique ?
14:43Est-ce qu'il n'y a pas
14:44simplement un sujet
14:44dans la manière
14:45dont vous présentez
14:46votre offre politique aussi ?
14:48Oui, mais vous inquiétez pas,
14:50je m'interroge tous les jours,
14:51vous inquiétez pas,
14:52pour moi,
14:52je fais mon travail.
14:53Vous savez, moi,
14:54la Suède, j'y ai habité.
14:55J'y ai habité un an,
14:56il se trouve.
14:56C'est un pays
14:57où tous les politiques
14:58avaient compris l'écologie,
14:59où ils sont aujourd'hui
15:00à plus de 70%
15:01d'énergie renouvelable
15:03dans leur mix énergétique.
15:04C'est un pays
15:04où ça paraît évident
15:05à tout le monde.
15:06En France,
15:06on se bat depuis des années
15:08contre des politiques
15:09qui n'ont rien compris,
15:10qui racontent n'importe quoi
15:11sur le sujet
15:11ou qui, même,
15:12quand ils font mine
15:13d'avoir compris,
15:14font de la communication
15:14et pas de l'action,
15:16qui commandent des Canadaires
15:17et qui annulent la commande,
15:18qui disent on va faire
15:18une base en Gironde
15:19et qui, tout d'un coup,
15:21disent non, finalement,
15:21on ne la fait pas
15:22et on se rend compte
15:23cet été que, du coup,
15:24cette base à Mont-de-Marsan
15:25n'existe toujours pas
15:26et n'a pas permis
15:26d'intervenir vite en Gironde.
15:28Des politiques
15:28qui ont diminué
15:29le fond vert
15:30par 4 en 2 ans.
15:31C'est ça,
15:31les politiques qui nous gouvernent.
15:33Et puis, on a un système
15:34médiatique
15:34qui n'est pas non plus le même.
15:35Vous voyez,
15:36par exemple,
15:36en Belgique,
15:37ils ont un système
15:38qui dit
15:38l'extrême droite,
15:39ils ne parlent pas
15:40sur le service public,
15:40c'est le cordon sanitaire.
15:41Ils n'ont pas la même concentration
15:43des médias
15:43entre les mains
15:44des milliardaires.
15:45Ce n'est pas le même système.
15:47Donc, ça n'explique pas tout.
15:49Vous avez raison.
15:49Moi, je pense que les Français
15:50sont traumatisés
15:51par ce qui s'est passé cet été.
15:53Ils sont aussi traumatisés
15:54par ce qui va se profiler
15:55pour 2027
15:56de plus en plus précisément.
15:57C'était d'ailleurs
15:58la victoire de l'extrême droite.
15:59Et donc, on a
16:00deux périls existentiels
16:02aujourd'hui dans notre pays.
16:03L'effondrement climatique
16:04comme dans plein d'autres pays
16:05et la menace de l'extrême droite.
16:07Et là, malheureusement,
16:08on n'est pas les seuls non plus.
16:09Et moi, c'est ça
16:09dont j'étais venue
16:10parler aujourd'hui.
16:12Et pourtant,
16:12plutôt que parler d'écologie,
16:13j'ai eu quatre questions
16:14sur Jean-Luc Mélenchon,
16:16deux sur Raphaël Glucksmann,
16:17des questions de popole,
16:18de commentaires inintéressants
16:19de sondages
16:20qui ne veulent rien dire.
16:21Et moi, j'étais venue
16:21parler de fond.
16:22On devait parler de l'Ukraine,
16:23on devait parler de l'immigration,
16:25on devait parler d'écologie
16:26si c'était possible,
16:26j'essaye toujours.
16:27Mais non,
16:28on est en train
16:29non pas de faire
16:29de la politique du fond.
16:30On va parler de l'Ukraine.
16:32C'était ma prochaine question.
16:33Je préférais parler
16:34de mes propositions.
16:35Ça veut dire quoi ?
16:35Ça veut dire que cet entretien
16:36est inintéressant ?
16:36On devait commencer par là,
16:37on se dira peut-être par là.
16:39Non ?
16:40On n'avait jamais dit
16:41qu'on commençait par là.
16:42Je vous dis que la tactique
16:42n'intéresse pas forcément
16:43vos auditeurs
16:44qui ont envie
16:46de savoir
16:47ce qu'on leur propose
16:47concrètement
16:48pour améliorer leur quotidien
16:49et pour les protéger
16:50des deux périls
16:51dont je viens de parler.
16:52Sur l'aide à l'Ukraine
16:54et cette polémique
16:55lancée par le Rassemblement national,
16:58Jordan Bardella
16:58dit peu ou prou
16:59la même chose aujourd'hui
17:00que Louis Alliot
17:02qui disait vendredi
17:02il faut couper
17:03le robinet de l'aide
17:05aux Ukrainiens.
17:06Avec vous,
17:07avec les écologistes,
17:08cette aide,
17:08elle sera indéterminée,
17:10non conditionnée,
17:11sans limite ?
17:15Écoutez,
17:16aujourd'hui,
17:16l'aide bilatérale
17:17de la France à l'Ukraine,
17:18c'est 0,3%
17:19de notre PIB.
17:210,3%
17:22de notre PIB
17:22en sachant que
17:23ce qui se joue en Ukraine,
17:25c'est évidemment
17:25la vie des Ukrainiens,
17:26il y a encore eu
17:2710 morts la nuit dernière
17:29mais c'est aussi
17:30la paix,
17:30la sécurité
17:31et la liberté
17:31sur tout notre continent
17:33en Europe.
17:34La ligne de front
17:35qui est tenue
17:36par les Ukrainiens
17:37aujourd'hui en Ukraine
17:37contre Vladimir Poutine
17:39est la dernière
17:40qui protège
17:40toute l'Europe
17:41parce qu'après l'Ukraine
17:41ce sera la Pologne,
17:43les pays baltes
17:44et puis ensuite
17:44les suivants,
17:45Poutine ne s'arrêtera pas là.
17:47Et donc,
17:48expliquer aujourd'hui
17:49que l'Ukraine,
17:50c'est un peu leur problème,
17:51on va s'en désolidariser.
17:52C'est terrible
17:53pour les Ukrainiens,
17:54c'est terrible
17:54pour le droit international,
17:56pour la liberté des peuples
17:57à disposer d'eux-mêmes
17:57et pour la justice
17:58qu'on devrait faire régner
17:59sur le plan mondial.
18:00Mais c'est aussi
18:01complètement antipatriotique
18:03pour la France.
18:04Et vous savez,
18:04l'extrême droite,
18:04il ne faut pas se leurrer.
18:05Pourquoi, à votre avis,
18:06Marine Le Pen est soutenue
18:07par Poutine,
18:08qui lui a prêté
18:09beaucoup d'argent,
18:09on le sait,
18:10via la Russie,
18:11par Donald Trump,
18:12par Elon Musk,
18:13qui a mis la plus grande
18:14plateforme de réseaux sociaux
18:16du monde
18:16au service de l'extrême droite,
18:18c'est parce qu'elle est
18:19le cheval de Troie
18:20de la France et de l'Europe.
18:21Les gens voient bien
18:22que l'Europe,
18:23aujourd'hui,
18:23il n'y a plus qu'à peu près ça
18:24qui tient à côté
18:25des impérialismes
18:26qui menacent
18:27au niveau mondial
18:28la liberté,
18:29la paix et la sécurité.
18:30Et donc,
18:31ils veulent faire vaciller l'Europe.
18:33Ils ont trouvé un moyen
18:35accessible en 2027,
18:36c'est de faire basculer la France.
18:37Et leur cheval de Troie,
18:38c'est Marine Le Pen.
18:39Ces gens sont des patriotes
18:41de pacotille.
18:41Ils nous mettent en danger.
18:43Ils sont des relais
18:43sur notre territoire
18:44de toutes celles et ceux
18:45qui détestent la France
18:46et l'Europe.
18:46Il y a quand même une question de fond,
18:47pardon,
18:47mais il y a quand même
18:48une question de fond
18:48dans le contexte budgétaire.
18:50Il y a beaucoup de Français
18:51qui sont pro-ukrainiens,
18:53qui ne veulent pas
18:54la victoire de la Russie,
18:55mais qui se demandent
18:55aujourd'hui,
18:56alors qu'on en demande
18:57de faire des efforts,
18:57si la France a encore
18:58les moyens de soutenir
18:59les Ukrainiens.
19:00Vous, qu'est-ce que vous dites
19:01sur ce sujet-là ?
19:05Là, on touche
19:06à des sujets intéressants
19:07et je vous remercie
19:08de me poser la question
19:09comme ça,
19:09parce que moi,
19:10j'entends que, par exemple,
19:11les betteraviers
19:11des Hauts-de-France,
19:12j'en rencontrais encore
19:13récemment à la foire de Chalon
19:15la semaine dernière,
19:16disent,
19:17nous, nos betteraves,
19:18on a été concurrencés
19:19par les betteraves ukrainiennes.
19:21Il y avait un apiculteur
19:22qui était concurrencé
19:23par le miel ukrainien.
19:24Il y en a d'autres
19:24qui disent,
19:25moi, je préférais
19:26qu'on mette l'argent
19:26dans l'hôpital
19:27et dans les écoles.
19:28Et c'est normal
19:29qu'ils posent ces questions-là
19:30dans un moment
19:30où le pacte social
19:31est en train de se rompre
19:32en France,
19:33où tout est tendu
19:34et où des politiques
19:34qui nous ont mis
19:35dans cette situation-là,
19:36d'ailleurs,
19:36expliquent toute la semaine
19:37qu'il n'y a pas d'argent.
19:38De l'argent,
19:39il y en a.
19:41Jusque 2040,
19:42il y a 9000 milliards
19:43de flux successoraux
19:45qui vont passer
19:46d'une génération
19:47à l'autre,
19:47des héritages,
19:48pour le faire simplement
19:49lié à la pyramide
19:50des âges
19:50telle qu'elle est aujourd'hui.
19:51Et bien, vous voyez,
19:53il suffirait qu'on prenne
19:54sur les héritages
19:56de plus de 4 millions d'euros,
20:00un héritage
20:01de plus de 4 millions d'euros,
20:02vous prenez 10%
20:02et plus de 13 millions d'euros,
20:04ça c'est les héritages,
20:05les 0,1% d'héritages
20:07les plus élevés,
20:07vous prenez 20%
20:08et vous supprimez
20:09quelques niches fiscales
20:10très injustes
20:11sur les flux successoraux.
20:12Vous récupérez 15 milliards
20:13par an
20:14jusqu'à 2040.
20:15On peut faire tellement
20:16de choses avec ça.
20:17Et donc, je pense que
20:18les Français ne disent pas
20:18qu'il faut laisser tomber l'Ukraine.
20:19Ils veulent plus de justice.
20:21Vous ne maintenez pas
20:23les aides
20:24telles qu'elles sont
20:26aujourd'hui,
20:27mais vous faites payer
20:28les plus riches
20:29ce soutien aux Ukrainiens.
20:31Vous fléchez l'impôt ?
20:34Non, non.
20:35Oui.
20:36Moi, ce que je dis,
20:37c'est qu'en France,
20:38aujourd'hui,
20:38les gens voient
20:40leur consentement
20:41à payer baisser
20:42parce qu'ils comprennent bien
20:43que ce n'est pas juste.
20:44Ils comprennent bien
20:44que vous, moi,
20:46tous les gens
20:46qui nous regardent ce soir,
20:47nous payons plus d'impôts
20:50sur le revenu
20:52proportionnellement
20:52à nos revenus
20:52que les 1%
20:54les plus riches du pays.
20:55Personne ne peut accepter ça.
20:57Et donc,
20:57ils ont bien compris
20:58quand on leur dit
20:58on va faire des réductions budgétaires
21:00sauf sur la loi
21:01de programmation militaire.
21:02Nous, on a soutenu
21:02la loi de programmation militaire.
21:03Les 6 milliards en plus,
21:05c'est vital
21:06pour l'avenir
21:06de notre pays.
21:07Mais si on prend
21:08cet argent
21:09sur l'hôpital,
21:10sur l'école
21:10et sur l'écologie,
21:11les gens ne peuvent pas
21:13consentir à ça.
21:14Eux, ce qu'ils disent,
21:15c'est attendez,
21:15pourquoi on n'a pas fait
21:15la taxe Zuckman ?
21:16Pourquoi on ne taxe pas
21:17les héritages
21:18des 1% les plus riches
21:20qui héritent plus de 4 millions d'euros
21:22comme ça,
21:22alors qu'en général,
21:23ils ont eux-mêmes
21:23déjà beaucoup d'argent ?
21:24Pourquoi ?
21:25Ce n'est pas juste.
21:26Et pourquoi, du coup,
21:27c'est nous,
21:28les précaires en France,
21:29ceux qui dépendent
21:30du service public,
21:31qui devons contribuer
21:32à l'effort pour l'Ukraine ?
21:34L'effort pour l'Ukraine,
21:35il doit être mieux partagé
21:36pour être mieux accepté.
21:37Et la France a besoin,
21:38pour sa sécurité
21:40et sa liberté future,
21:41que l'effort soit accepté
21:43et soit juste
21:44pour qu'il soit conclu.
21:44Et que le soutien à l'Ukraine
21:46demeure une valeur forte des Français.
21:47Avec ce que disait Louis Alliot,
21:49même si vous ne soutenez pas
21:51la manière dont il le dit
21:52et vous n'allez pas
21:53au bout du raisonnement
21:54du rassemblement national.
21:54Non, c'est très différent, madame.
21:56Non, mais vous dites
21:57qu'on n'a plus les moyens
21:58de soutenir les Ukrainiens
21:59comme ça.
22:01Absolument pas.
22:02Absolument pas,
22:03madame Darfeuil.
22:04Je vous dis premièrement,
22:05monsieur Louis Alliot,
22:07lui, son raisonnement,
22:08c'est
22:08les Français ne sont plus
22:09trop d'accord,
22:09on va peut-être se calmer
22:10avec l'aide à l'Ukraine.
22:11Moi, je vous dis,
22:12l'aide à l'Ukraine,
22:13c'est vital,
22:14c'est fondamental
22:15et monsieur Alliot
22:16est un cheval de Troie
22:17des Russes
22:18et des Américains
22:19en France
22:19pour affolbire notre pays.
22:21C'est un patriote de pacotille.
22:22Et je vous dis,
22:22puisque l'aide à l'Ukraine
22:23est vitale
22:24et puisque, évidemment,
22:25c'est dur,
22:26c'est long
22:26et que les Français
22:27ne vont pas forcément bien,
22:29si on veut que ça tienne,
22:30il faut que ce soit juste
22:31et donc,
22:32je ne remets absolument pas
22:33en cause l'aide à l'Ukraine.
22:34Je pense même
22:35qu'il faudra en faire plus
22:36et en faire longtemps
22:37parce que c'est vital
22:38pour notre pays
22:38mais je vous dis aussi
22:40pour que ça tienne en France,
22:41pour que ce soit acceptable
22:42et pour que ce soit juste,
22:44c'est comme pour la transition écologiste,
22:46il faut que l'effort
22:47soit équitablement partagé
22:48et aujourd'hui,
22:49le système fiscal français
22:50qui concerne les entreprises,
22:52qui concerne les impôts
22:53sur le revenu,
22:54il n'est pas juste.
22:55Les ultra-riches
22:56s'en sortent beaucoup mieux
22:58que vous,
22:58que moi
22:58et que toutes celles et ceux
22:59qui nous regardent
23:00et ce n'est pas acceptable.
23:01Ça ne tiendra pas comme ça.
23:03Ça s'appelle des privilèges
23:04et moi, je pense,
23:05qu'il est temps
23:06dans ce pays
23:06d'abolir une deuxième fois
23:07les privilèges.
23:08Comment ?
23:09Vous avez trois politiques
23:10qui vous écoutent
23:11sur ce plateau.
23:12Marine Tondelier,
23:12Thomas Ménager
23:13du Rassemblement National,
23:14Patrick Vignal,
23:15évidemment,
23:16conseiller politique
23:17de Gabriel Attal,
23:18ancien député Renaissance
23:19et Aurélie Trouvé,
23:20députée de la France Insoumise
23:21de la Seine-Saint-Denis.
23:23Je voudrais qu'il soit là,
23:25enfin,
23:25je voulais qu'il soit là
23:26sur le plateau
23:26au moment où j'allais vous interroger
23:27sur cette proposition de loi
23:29pour sanctionner
23:30les mensonges politiques
23:32délibérés
23:32jusqu'à l'inéligibilité
23:34afin de renforcer
23:36la qualité du débat politique.
23:37C'est un vrai sujet.
23:39Pour le coup,
23:39je suis d'accord avec vous.
23:40Ce que je n'ai pas compris,
23:41c'est sur la forme.
23:41Comment vous le mettez en place ?
23:43Qui décide de qui ment ?
23:48Eh bien, écoutez,
23:49le Pays de Galles
23:49a adopté une loi récemment
23:51qui montre que c'est possible
23:53d'avoir un dispositif
23:54très partagé
23:55dans la classe politique
23:56qui ne va être pas la même
23:56au Pays de Galles
23:57qu'en France.
23:58Mais bon,
23:58on verra comment ça réagit
23:59sur votre plateau.
24:01Et donc,
24:01ça parut logique
24:02au Pays de Galles
24:02à tout le monde
24:03de faire ça.
24:04J'étais aujourd'hui
24:05à la braderie de Lille
24:06et vous savez,
24:07au moment du Front Populaire,
24:08le maire de Lille,
24:09c'était Roger Salangro.
24:10Je ne sais pas
24:10si vous connaissez
24:11cette histoire,
24:11mais Roger Salangro
24:12s'est suicidé en 1936
24:15parce que l'extrême droite,
24:16la presse d'extrême droite
24:17à l'époque,
24:18a expliqué une chose fausse
24:19qu'il avait déserté
24:20pendant la Première Guerre mondiale.
24:22Il se trouve
24:22qu'il avait en fait
24:23été fait prisonnier
24:24par les Allemands,
24:25donc il avait disparu.
24:25Donc il y a eu
24:26un procès engagé
24:27comme s'il était déserteur
24:29et puis évidemment,
24:29quand tout le monde
24:30a compris l'histoire,
24:31cette procédure
24:32a été annulée.
24:33Mais l'extrême droite
24:34en 1936,
24:34quand il devient
24:35ministre de l'Intérieur,
24:35ressort cette histoire.
24:37Fake news,
24:37fake news,
24:38fake news.
24:38Et il est tellement sali,
24:40blessé dans son honneur
24:41qu'il se suicide
24:41alors même que
24:42la Chambre des représentants
24:44vote sur le fait
24:46que c'est faux,
24:47le rétablit dans son honneur,
24:48mais il en meurt en fait,
24:50il se suicide
24:50et cette histoire est terrible.
24:52Les fake news,
24:53ça a toujours hésité
24:53en politique.
24:54Mais aujourd'hui,
24:54avec les réseaux sociaux,
24:56avec les chaînes d'actualité
24:57en direct,
24:58ça se répond
24:59comme une traînée de poudre.
25:00Oui,
25:01c'est bien,
25:01c'est déjà pas mal.
25:03Moi ce que je dis,
25:04c'est que je ne veux pas
25:04faire un ministère
25:05de la vérité
25:09avec quelqu'un
25:09dans un bureau
25:10qui décide
25:10ce qui est vrai ou pas.
25:11Je pense que l'erreur,
25:12par exemple,
25:13est humaine
25:14et peut exister
25:15en politique.
25:16Par exemple,
25:17si Édouard Philippe
25:18dit
25:19« moi je conteste
25:20la desse française
25:21et vraiment
25:21il faut agir en jamant »
25:23et il l'omet
25:23de rappeler
25:24qu'il était premier ministre
25:25et donc en partie
25:25responsable de ça,
25:27bon,
25:27ça fait partie
25:28de la manhonnêteté
25:29habituelle du débat politique.
25:30Passons.
25:31Il y a des gens
25:31des fois qui se trompent.
25:32Moi ça m'est arrivé
25:33une ou deux fois
25:33de me tromper sur un chiffre
25:34quand on m'a appelé.
25:35Je dis « je suis désolée,
25:37c'est une erreur ».
25:38Par contre,
25:38quand je vois
25:39un sénateur
25:40les républicains
25:40dans complément d'enquête
25:41il y a deux jours,
25:43dire « oui sur la cétamipride
25:44j'ai fait une fake news
25:45et je l'assume »
25:47en ajoutant de manière
25:47très paternaliste
25:48à la journaliste
25:49« ma pauvre dame,
25:50si vous saviez,
25:51les gens comprenaient,
25:52moi je simplifie,
25:53je suis exprès »,
25:54bon ben ça c'est un problème.
25:55Des gens qui revendiquent
25:56le mensonge en politique
25:57et la loi de Brandolini
25:58que je vous ai expliquée
25:59tout à l'heure
25:59montre bien que mentir
26:00ça prend une seconde
26:01et ça se répond
26:02comme une traînée de poudre
26:03mais que rétablir la vérité
26:04prend beaucoup plus de temps
26:06et ne touche jamais
26:07tous ceux qui ont eu accès
26:08aux mensonges
26:08et moi je le sais
26:09à deux titres
26:10je le connais comme écologiste
26:11et je le connais
26:12comme élu d'opposition
26:13à Ilan-Bourou
26:13j'ai compris pourquoi
26:14vous avez fait cette proposition
26:15et d'où c'est parti
26:16mais je ne comprends toujours pas
26:17comment vous la mettez en place
26:18Patrick Vignel
26:19vous vouliez réagir
26:20Madame la candidate
26:22au présidentiel
26:23on n'est plus au café du commerce
26:24aujourd'hui
26:25on est en train de réfléchir
26:26à un projet
26:27qu'est-ce que c'est que le mensonge
26:29comment vous allez le qualifier
26:30il y a des gens qui ont dit
26:32qu'il y a quelques années
26:33ils étaient pour un thème
26:34aujourd'hui
26:36j'ai consulté les français
26:37j'ai changé d'avis
26:38je veux dire
26:39franchement
26:40ce n'est pas du niveau
26:40du candidat à la présidentielle
26:43je suis désolé
26:43ça ce n'est pas un mensonge
26:46ça ce n'est pas un mensonge
26:47par exemple monsieur
26:48un mensonge
26:49c'est par exemple
26:50si Gabriel Attal disait
26:51le fond vert
26:52n'a pas été divisé
26:53par 4 en 2 ans
26:54ça c'est un mensonge
26:55si le sénateur
26:56le républicain dit
26:57l'acétamipride
26:58ce n'est pas dangereux
26:59il y en a dans le collier
27:01antipuce de votre chien
27:02c'est faux
27:03et quand on lui dit c'est faux
27:04il dit oui je sais que c'est faux
27:05j'assume je le dis quand même
27:06c'est des mensonges
27:07et en fait on est à un niveau
27:08de tension
27:09sur les sujets de liberté publique
27:11de santé publique
27:12on ne peut pas permettre ça
27:13alors moi je ne veux pas
27:13un ministère de la vérité
27:14avec trois politiques
27:15qui décident ce qui est vrai
27:16ou pas dans le pays
27:17je veux que la justice
27:18fasse son travail
27:19avec un endroit
27:21où ce soit fait
27:21de manière indépendante
27:22qu'on distingue bien
27:23dans la loi
27:24ce qui relève du mensonge
27:26délibéré
27:27que l'on laisse la possibilité
27:28comme au pays de Galles
27:30de s'excuser
27:30ou de retirer
27:31ce qu'on a dit
27:32et que les peines
27:33puissent aller
27:34oui jusqu'à l'inéligibilité
27:35et jusqu'à la révocation
27:37c'est le cas au pays de Galles
27:38parce qu'à un moment
27:39si on veut un débat public
27:40de qualité
27:41dans une élection
27:41aussi importante que 2027
27:43il faut qu'on mette des cadres
27:44donc je veux qu'on puisse réguler
27:46les réseaux sociaux
27:47et je veux aussi
27:47qu'on puisse réguler
27:48le mensonge en politique
27:49et celles et ceux
27:50qui seront contre
27:50c'est qu'ils ont quelque chose
27:51à se reprocher
27:52voilà
27:53merci j'espère que vous avez dit
27:55toute la vérité
27:55rien que la vérité
27:56dans ce cas
27:57merci d'avoir été avec nous
27:59à distance
28:00faites-moi confiance
28:00c'est ça
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