- il y a 4 semaines
Avec Jean-Michel Pasquier, CEO de KOEO
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, la tête dans le taf, Didier Meyrand, avec Kéréa, l'expert des solutions de prévention en entreprise.
00:07Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver, les prisonniers des boulots font pas de vieux
00:22sourds.
00:24Bonjour à tous, je suis très heureux de vous retrouver pour la tête dans le taf.
00:29Le travail qui nous entête, le travail qui nous prend la tête, dirait les plus jeunes et pourtant, le travail
00:35c'est la santé selon la chanson.
00:38Ce travail qui nous permet aussi de grandir plus sérieusement et de remplir les chariots au supermarché.
00:45Cette semaine nous découvrirons davantage le mécénat de compétences et nous verrons qu'il faut ménager sa monture pour garder
00:52le bénéfice des vacances.
00:54Nous parlerons de la rentrée des jeunes au travail. Nous apprendrons un biais cognitif, le biais de Allo, va savoir.
01:03Et pour commencer, je reçois Jean-Michel Pasquier, fondateur de Coeo.
01:08Sud Radio, la tête dans le taf, Didier Meyrand.
01:12Bonjour Jean-Michel.
01:13Bonjour Didier.
01:14Alors Coeo, c'est quoi ?
01:16Alors Coeo, pour les latinistes très nombreux qui nous écoutent, ça vient du latin Coeo, qui veut dire « je
01:20fais route avec toi ».
01:21Et plus simplement, c'est une structure de l'économie sociale et solidaire que j'ai eu le bonheur de
01:27créer en 2009, il y a déjà 17 ans,
01:30et qui a eu la chance de créer un métier qui n'existait pas avant,
01:33qui est la mise en musique, si je veux dire, le déploiement opérationnel de programmes de mécénat de compétences.
01:38Alors c'est quoi le mécénat de compétences ?
01:39Si on veut la faire courte, c'est du bénévolat, mais pendant le temps de travail,
01:43avec bien évidemment l'encadrement et l'accord de l'employeur en amont.
01:47Ça veut dire que j'ai une compétence, je vais la mettre au service d'une association ou d'une
01:53organisation d'intérêt général.
01:55C'est ça, c'est-à-dire que l'employeur va décider avec nous combien de temps de jours ouvrés,
01:59de jours travaillés,
02:00on va donner aux collaborateurs, ça peut être un jour, deux jours, trois jours par an, etc.
02:03Et les collaborateurs volontaires, c'est avant tout un acte volontaire,
02:06personne n'oblige personne à faire du mécénat de compétences.
02:09Les collaborateurs volontaires vont pouvoir offrir leurs compétences, bien évidemment professionnelles,
02:14mais pas que, également des compétences personnelles, puisqu'on a beaucoup de missions,
02:18on verra tout à l'heure, où on va aider des bénéficiaires d'associations à refaire ACV,
02:23accompagner des personnes en fracture numérique, etc.
02:25Ou alors, effectivement, plutôt axer compétences pro.
02:28Je remets en place un site web d'une asso, je travaille sur la compta analytique, etc.
02:34Donc, tout est envisageable, je dirais, par rapport à toutes les compétences existantes dans les métiers des entreprises.
02:40Et partout, sur les territoires, les auditeurs qui nous suivent à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse, à Marseille ou ailleurs,
02:46que je salue, peuvent donner de leur temps, donner de leurs compétences,
02:49tout en gardant leur contrat de travail avec leur employeur.
02:52Comme c'est, pendant le temps de travail, tout est préservé, la rémunération, les conditions du contrat, bien évidemment.
02:58Et le collaborateur va pouvoir préempter, en fait, ces jours qui sont donnés par son employeur,
03:03c'est-à-dire, voilà, je prends une demi-journée pour faire une mission flash,
03:06ou je prends trois jours, si l'employeur me donne trois jours, pour faire une mission de plus longue haleine.
03:10Tout ça, ça peut s'échelonner au fil de l'année, selon les opportunités de notre communauté associative.
03:15On a à peu près 5 000 associations partout en France, sur tous les territoires, un peu en Belgique également,
03:20qui, bien évidemment, ont des besoins, plus que jamais, de venir compléter leur développement via du don de mécénat, donc
03:26de compétences.
03:27Et vous nous direz tout à l'heure comment ça marche et qui fait appel à qui ?
03:31Est-ce que c'est l'employeur qui dit, alors, j'ai un super salarié, il faut qu'il donne
03:35du temps et des compétences,
03:36ou est-ce que c'est moi, salarié, qui dit, bah, moi, je veux donner du temps et des compétences
03:40?
03:40Et c'est peut-être à tout moment de sa vie professionnelle et à tous les temps du calendrier que
03:47cela peut se mettre en œuvre.
03:48Et là, nous sommes en pleine rentrée et je reçois Thibaut Fleury, qui est le directeur général d'Efficience.
03:55Bonjour Thibaut.
03:56Bonjour Didier.
03:57Et vous nous parlez de la rentrée parce que déjà, fatigué par cette rentrée, où on a une pression de
04:04ouf, comme dirait les jeunes.
04:06– Oui, et en fait, ça se gère. On a même eu une méta-analyse qui a été publiée en
04:112025 sur 32 études
04:13qui ont démontré, en fait, que le bénéfice des congés, on pouvait s'estommer très rapidement
04:21si, en fait, on ne respectait pas un certain nombre de critères.
04:24Et l'étude, qui est vraiment très intéressante, montre que ceux qui maintiennent le bénéfice des congés
04:29le plus longtemps après la rentrée, c'est ceux qui ont su décrocher pendant leur congé.
04:35– Donc les vacances nous font du bien, mais faut-il réussir aussi son retour au travail ?
04:42Alors comment on fait ? Parce qu'on ne peut pas rester en vacances toute l'année, même si j
04:47'en aurais bien envie.
04:48– J'imagine, mais là-dessus, ça va poser quelques problèmes.
04:51En fait, on peut s'inspirer du sport tout simplement.
04:54Après trois semaines d'arrêt, un entraîneur digne de ce nom ne va pas demander à son sportif
04:59de reprendre à fond son intensité de travail.
05:03Il va remettre progressivement de la charge.
05:05Là, au travail, c'est pareil.
05:07La charge, d'ailleurs, ce n'est pas au passage juste gérer des e-mails.
05:10Ça va être la cadence sur une chaîne de production.
05:13Ça va être un nombre de clients à servir, des kilomètres à parcourir ou des patients en prenant charge.
05:18Bref, ça peut être aussi les réunions qui s'enchaînent ou au niveau de concentration
05:22qui va être demandé à ses collaborateurs.
05:24Alors concrètement, qu'est-ce qu'on fait les jours, le jour de la reprise pour ménager sa monture ?
05:31En fait, c'est d'abord hiérarchiser.
05:34Voilà, on va se poser la question de ce qui est vraiment important aujourd'hui, cette semaine.
05:40Qu'est-ce qui peut attendre ?
05:41Et puis ensuite, on va éviter si possible de vouloir rattraper tout le retard
05:46qui a pu être accumulé au cours des semaines de congé.
05:49On va essayer de retrouver du rythme avec des horaires de sommeil, des habitudes.
05:54Enfin bref, un rythme de travail.
05:56Et pour les managers, c'est aussi l'occasion de faire un point avec l'équipe.
05:59Où est-ce qu'on en est ?
06:00Quelle est la charge ?
06:01Quelle est la priorité ?
06:02Quelles sont les difficultés des équipes ?
06:03Donc cette reprise, elle se prépare aussi pendant et avant les vacances ?
06:08Exactement.
06:08Et c'est probablement l'un des meilleurs conseils qu'on peut donner.
06:12C'est avant de partir, qu'est-ce que je vais déléguer ?
06:15Qui va prendre le relais ?
06:16Qu'est-ce qui peut attendre ?
06:18Et surtout, préparer son activité au retour.
06:22Et on passe beaucoup de temps à organiser son départ en vacances.
06:24On pourrait consacrer un peu plus de temps à organiser son retour.
06:27Mais ce que vous nous dites, Thibault, c'est pas de sprint dès le lundi matin.
06:31Oui, en fait, on est sur le marathon.
06:33Le travail, c'est sur du long terme.
06:34Donc au travail comme dans le sport, une bonne reprise, c'est pas repartir à fond.
06:38C'est repartir progressivement pour durer.
06:40Et vous viendrez chaque semaine nous faire cette chronique Bossons Futé.
06:44Et c'est un site, Bossons Futé ?
06:46Avec grand plaisir. Et oui, c'est un site avec plein d'infos utiles.
06:49Bossons Futé.
06:50Jean-Michel Pasquy, alors si on veut donner du temps, des compétences, en maintenant son contrat de travail, qui fait
06:57appel à qui ?
06:58Comment ça se passe ?
06:59En fait, c'est d'abord une décision de l'employeur, de la maison dans laquelle on travaille, si j
07:04'ose dire, de la marque employeur, qui va décider de donner ou de mettre en place ou non du mécénat
07:10de compétences en interne.
07:11Et puis après, comme je le disais tout à l'heure, ce sont les collaborateurs qui vont adhérer au dispositif
07:16ou pas.
07:17Le gros intérêt du mécénat de compétences, à la vertu numéro une, si j'ose dire, c'est de pouvoir
07:22en fait offrir à des collaborateurs qui ne sont pas forcément bénévoles dans leur vie privée, pardon, dans leur cadre
07:29personnel, de s'engager auprès d'associations locales.
07:32Donc ça, c'est vachement important parce que ça permet d'ouvrir les chakras de beaucoup de personnes qui voulaient
07:36s'engager en association, qui n'avaient pas le temps pour des raisons X ou Y, et qui peuvent le
07:39faire avec le monde du mécénat de compétences.
07:43Et c'est l'occasion aussi pour l'entreprise de mettre à disposition des compétences de ses collaborateurs qui ont
07:49parfois besoin d'un renouveau, d'une transition ou d'une fin de carrière ?
07:54Oui, alors déjà c'est une respiration en soi, puisque le fait de travailler pour une association ou pour une
07:58collectivité locale, qui sont également éligibles aux mécénats de compétences en tant que bénéficiaires,
08:03c'est une façon de découvrir des enjeux, découvrir des enjeux qui sont par définition et par nature différente du
08:07monde de l'entreprise.
08:09Et puis pour l'entreprise, de faire ce petit sas, cette QVT, cette qualité de vie au travail, qui permet
08:14aussi d'avoir des respirations, des fenêtres ouvertes sur le monde, sur les territoires, sur la localité où intervient l
08:19'entreprise.
08:20Donc c'est très très enrichissant, ça permet de développer les compétences des uns et des autres, de revenir gonfler,
08:26si j'ose dire, avec un nouvel enthousiasme, avec de l'engagement également,
08:29parce qu'on parle beaucoup de désengagement dans les entreprises, et le fait de passer par la case engagement solidaire
08:35permet également de reconstruire un peu l'engagement de l'entreprise à différents niveaux.
08:39Donc il y a beaucoup, beaucoup de vertus pour l'organisation employeuse qui se lance dans le mécénat de compétences,
08:44et les fins de carrière, vous l'avez dit,
08:45ça permet d'accompagner des transitions de fin de carrière, c'est-à-dire à 60-61 ans, de partir
08:51en association plusieurs mois, puisqu'on peut partir jusqu'à 36 mois à temps plein en association,
08:56pour faire une sorte de sas entre la fin d'activité et le début de la retraite. Donc ça c
09:00'est intéressant également, parce que nous on projette de plus en plus de collaborateurs sur un futur lieu de vie
09:05géographique,
09:06dans lequel ils ont éventuellement projeté de s'installer pour leur retraite, on les projette tout de suite en mécénat
09:11de compétences, dans une association locale,
09:13et on crée la jonction comme ça entre la fin de carrière et le début de la retraite.
09:16Quelles sont les entreprises avec lesquelles vous travaillez déjà et qui jouent le jeu du mécénat de compétences de leurs
09:21collaborateurs, par exemple ?
09:22Jusqu'à présent on a accompagné à peu près 200 organisations, on travaille à la fois pour des grosses entreprises
09:26comme Arkema, comme Airbus, comme BPI France, comme Alliance,
09:29donc ce qu'on appelle le CAC 40 ou l'SBF 120, mais également beaucoup d'entreprises de petite taille.
09:34On a, il n'y a pas longtemps, Titien Partenariat avec Effidine, qui est une petite boîte de conseil de
09:3912, quand je dis petite c'est au niveau structure, de 12 personnes,
09:41ce qui montre bien que le scope est très très large entre la taille des entreprises et le fait de
09:47s'inscrire ou pas dans le mécénat de compétences.
09:48D'ailleurs en 2009, quand on a commencé, on a commencé avec SFR et avec une autre boîte qui s
09:52'appelait Optimal, ils étaient deux.
09:53Donc on a vu que le grand écart était absolument colossal et que ce n'était pas une question de
09:56taille d'entreprise, mais de volonté manageriale de se lancer dans le mécénat de compétences.
10:00Est-ce que vous pouvez nous donner une idée de ce que ça représente comme volume le mécénat de compétences
10:05déployé en France ?
10:06Alors nous, très humblement, on a fêté notre demi-million d'heures de mécénat il y a quelques mois.
10:11Il est très difficile d'estimer, d'avoir des chiffres au niveau national.
10:14On voit simplement que la tendance est positive, monte chaque année et donc on a à peu près 25-35
10:19% d'augmentation selon les entreprises.
10:21Donc ça prend, ça prend doucement, mais sûrement, en tout cas ça s'inscrit dans l'ADN véritablement des entreprises.
10:26Et ça c'est une bonne chose.
10:27On marque une pause et puis nous nous retrouvons tout de suite après pour parler du mécénat de compétences, du
10:32travail,
10:34chez les jeunes en particulier et du biais de Alloa tout de suite.
10:37Sud Radio, la tête dans le taf.
10:41Didier Meyran.
10:42Avec Carea, l'expert des solutions de prévention en entreprise.
10:45Le travail, c'est la santé.
10:49Rien faire, c'est la conserver.
10:54Les prisonniers des boulots font pas de vieux os.
11:02Dire qu'il y a des gens en fait.
11:04Le travail, c'est la santé.
11:06Ne rien faire, c'est la conserver.
11:08Peut-être qu'il y a un juste milieu à trouver du discernement.
11:12Et pour nous aider à discerner chaque semaine, nous retrouvons la chronique Mon cerveau au boulot.
11:19Et je reçois Fabrice Pastor.
11:20Bonjour Fabrice.
11:22Bonjour Didier.
11:23Vous êtes neuropsychologue et auteur et un influenceur majeur sur LinkedIn.
11:30Top 10.
11:31Félicitations.
11:32Et vous nous parlez de l'effet de Alloa.
11:37Alors là, j'ai envie de comprendre ce que c'est.
11:39C'est un biais cognitif, c'est ça ?
11:41C'est ça, effectivement.
11:42L'effet de Alloa, c'est un biais cognitif.
11:45Alors déjà en deux mots, il faut comprendre qu'un biais cognitif,
11:47c'est un raccourci que notre cerveau prend pour aller plus vite
11:50et qui nous trompe sans qu'on s'en rende compte.
11:54Alors, pour en voir un petit peu plus clair, l'effet de Alloa,
11:58c'est un biais qui consiste finalement à prendre une bonne impression,
12:01ou une mauvaise d'ailleurs, sur un point et à l'étaler sur tout le reste.
12:05Imaginez, vous avez un candidat pour un entretien d'embauche qui arrive à l'heure,
12:08il est hyper souriant, il a une poignée de main qui est franche,
12:13il le présente bien et hop, on en déduit donc très vite qu'il sera sérieux,
12:17qu'il sera rapide, qu'il sera soigneux et qu'il passera en plus très bien avec les clients.
12:22Et en plus, il va s'entendre bien avec l'équipe.
12:25Sauf que finalement, vous n'en savez rien du tout.
12:28Vous avez juste des éléments qui vous ont été donnés durant les 30 premières secondes.
12:34Et en entretien d'embauche, c'est même mesuré.
12:37Les deux minutes de discussion du début prédisent très fortement la note finale du candidat.
12:43Alors en fait, c'est comme si une première impression était dominante,
12:47d'où l'expression « halo », quoi, qu'elle rayonnait,
12:49qu'elle prenait tout l'espace de la première impression,
12:52c'est-à-dire l'idée du costume cravate, aussi du costume du boulanger
12:56ou du plombier ou de l'aide-soignante qui, d'une manière caricaturale,
13:00envahit tellement l'espace qu'on croit que ce qu'on voit.
13:03Oui, c'est ça, et ça vaut vraiment partout.
13:05Et c'est bien ça l'ennui.
13:06Ça vaut sur un chantier, en cuisine, dans un garage, à l'accueil d'un Ehpad.
13:11Celui qui recrute est un humain avec le même cerveau que les autres humains.
13:15Et d'ailleurs, les professionnels du recrutement se font avoir
13:18autant que des étudiants qui n'ont jamais recruté de leur vie.
13:23Alors la bonne nouvelle, c'est qu'on sait ce qui fonctionne.
13:27Même si vous vous forcez à penser que vous allez être objectif,
13:31ça ne fonctionnera pas justement.
13:33Par contre, ce qui marche pour un entretien d'embauche ou pour d'autres choses,
13:36c'est de poser les mêmes questions à tout le monde,
13:39dans le même ordre, avec une grille déjà établie à l'avance.
13:43Là, la capacité de l'entretien à prédire qui sera bon dans le poste
13:48est presque multipliée par trois.
13:50Donc, si vous êtes recruteur, préparez vos questions avant d'ouvrir la porte.
13:54Et si vous êtes candidat, arrivez cinq minutes en avance et souriez.
13:58Certes, c'est injuste, mais ça compte.
14:01Merci Fabrice. Fabrice Pastor, neuropsychologue, influenceur sur LinkedIn.
14:07Et à très vite pour d'autres chroniques.
14:09Mon cerveau au boulot.
14:12Nous reparlons du mécénat de compétences avec Jean-Michel Pasquier,
14:16qui est le fondateur de Coeo, qui est une plateforme de mise en relation, finalement,
14:21des entreprises et des personnes qui veulent donner des compétences,
14:25mais pas que, évidemment.
14:26Vous allez nous dire qu'il y a plein, plein de déploiements.
14:29Alors, on est au-delà d'une plateforme IT ou tech.
14:32On est une structure d'accompagnement, c'est-à-dire à la fois via nos équipes
14:35et via des outils tech qu'on a développés,
14:37pour faciliter, en fait, toutes les parties qui étaient un petit peu laborieuses
14:40et chronophages dans la mise en place du mécénat de compétences.
14:44Toutes les parties un peu administratives, entre les demandes d'absence ou N plus 1
14:48en interne dans les entreprises, les signatures de conventions tripartites,
14:52les émargements de temps de présence, tout ça, on l'a digitalisé
14:54pour pouvoir générer de la data, générer, en fait, des informations
14:58qui permettent aux équipes projet côté employeur de suivre qui est parti où,
15:02combien de temps, etc.
15:03Puis surtout, d'avoir des bilans d'impact RSE.
15:05On a matché un petit peu les ODD de chaque association partenaire
15:08pour voir quels étaient les pourcentages d'ODD servis.
15:11ODD, Objectif de Développement Durable, je le rappelle.
15:13Donc, ça permet d'avoir vraiment un spectre assez large
15:16et un tableau de bord côté entreprise assez costaud.
15:19Donc, ça, c'est la partie IT, la partie tech.
15:22Mais en revanche, par exemple, pour les accompagnements de fin de carrière
15:24qu'on évoquait tout à l'heure, là, on n'est pas du tout sur l'IT
15:27parce qu'on a estimé qu'accompagner quelqu'un de 60 ans sur une mission longue,
15:30ce n'est pas en appuyant sur un bouton.
15:31Donc, on l'accompagne avec des coachs, des coachs avec un K,
15:34des coachs COEO qui prennent la main du collaborateur pendant 3 mois
15:37à raison de 8 à 10 sessions.
15:39Et on va construire sa mission avec lui, à partir de lui,
15:42à partir de son vécu professionnel mais aussi personnel
15:45pour véritablement qu'il trouve une structure d'accueil à sa taille et à sa dimension.
15:50Pour les entreprises, confier un collaborateur à une association,
15:55c'est au-delà de l'acte de mécénat de compétence.
15:58C'est aussi un engagement, une concrétisation de la responsabilité sociale de l'entreprise.
16:03C'est ça, on est parti aussi, c'est ce qu'on dit un peu dans notre signature,
16:05mettre des RH dans la RSE et de la RSE dans la RH.
16:08C'est-à-dire que mettre en place du mécénat de compétence,
16:11finalement, ça transforme le collaborateur.
16:12Il n'est pas spectateur de la RSE de son entreprise,
16:15mais il est acteur de la RSE de son entreprise
16:17puisque c'est lui qui va aider des associations locales
16:19à se développer concrètement au travers de son don de temps et d'expertise.
16:22C'est vraiment très très pragmatique,
16:24mais encore une fois très gratifiant pour la personne qui s'implique.
16:27Et comme chaque semaine, nous retrouverons Fabienne Broucarré
16:31qui est rédacteur en chef du magazine Courrier Cadre Rebondir
16:35et du site My Happy Job.
16:38Bonjour Fabienne.
16:39Bonjour Fabienne.
16:39Et vous nous parlez de la rentrée
16:43et de la rentrée des jeunes sur le marché du travail.
16:48Oui, disiez, car c'est bien connu, les jeunes ne veulent plus travailler.
16:51Ils sont feignants, peu engagés, allergiques à l'autorité
16:54et prêts à claquer la porte au moindre problème.
16:57Enfin, ça, c'est ce que l'on entend régulièrement
16:58parce que lorsque l'on regarde les études,
17:01le portrait est quand même beaucoup plus nuancé.
17:03Et justement, un rapport du CEREC, publié il y a quelques jours,
17:05vient battre en brèche pas mal d'idées reçues.
17:07Il est notamment co-signé par la sociologue Dominique Méda
17:10et s'intéresse aux premières années de la vie active.
17:12Alors, qu'est-ce que cette étude nous apprend
17:15sur le rapport au travail des jeunes ?
17:18Pas si feignant que ça, quand même.
17:20D'abord qu'ils sont loin, en effet, d'avoir décroché.
17:22Les jeunes qui ont un emploi déclarent majoritairement être satisfaits
17:26et s'épanouir professionnellement.
17:27Mais il y a un paradoxe.
17:28Plus d'un jeune actif sur cinq cherche un autre emploi
17:31alors qu'il en a déjà un.
17:32Et 36% souhaitent se réorienter professionnellement.
17:35Alors évidemment, on pourrait dire,
17:37vous voyez bien, ils ne tiennent pas en place.
17:39Sauf que l'étude avance des explications
17:41beaucoup plus complexes.
17:42La flexibilisation du marché du travail,
17:44un système éducatif assez rigide,
17:46mais aussi des conditions de travail,
17:47parfois dégradées en début de carrière.
17:49J'avais justement interrogé Dominique Méda il y a quelques mois
17:52à l'occasion de la sortie de son livre
17:53« Le travail, pourquoi travaillons-nous ? »
17:55Et elle était très claire.
17:56Les jeunes arrivent avec des attentes très fortes
17:58sur le marché du travail,
17:59mais ils se heurtent parfois
18:01à une réalité beaucoup moins séduisante.
18:03Et ce constat dépasse d'ailleurs les clivages.
18:05Pour l'économiste Olivier Babot,
18:07pourtant très critique sur notre rapport contemporain à l'effort,
18:10la Gen Z n'a pas perdu le goût du travail.
18:13Elle a perdu le goût du travail pour le travail.
18:16Interrogé dans Courrier-Cadre à l'occasion de la sortie de son livre
18:18« L'air de la flemme »,
18:20il insistait sur le rejet des jeunes
18:22de la logique sacrificielle du travail.
18:24Autrement dit, Didier, travailler, oui,
18:27mais accepter n'importe quelles conditions,
18:29ruiner sa santé ou sa vie personnelle
18:31pour prouver son engagement au travail,
18:33beaucoup moins.
18:34Et souvent on entend parler pour les jeunes de quête de sens,
18:37l'entrée sur le marché du travail des jeunes
18:39n'est pourtant pas forcément simple non plus.
18:43Tout à fait.
18:43Et il y a un autre chiffre intéressant dans le rapport du CEREC.
18:46Un jeune de moins de 25 ans sur 4
18:48craint de perdre son emploi dans l'année.
18:50En France, le taux de chômage est aujourd'hui de 8,3%,
18:53mais chez les 15-24 ans actifs,
18:56il atteint 21,6%,
18:58soit près d'un jeune sur 5.
19:00Et une autre source d'inquiétude apparaît,
19:01l'intelligence artificielle.
19:03Il faut rester prudent,
19:04mais une étude américaine de Stanford
19:06montre déjà un signal.
19:07Dans les métiers fortement exposés à l'IA,
19:09l'emploi des 22-25 ans décroche par rapport aux métiers moins exposés.
19:14Et le phénomène semble notamment passer par moins d'embauches de débutants et de juniors.
19:18Et c'est là que nous avons une responsabilité et un rôle à jouer.
19:22Car l'entrée sur le marché du travail n'est peut-être pas aussi confortable qu'on le raconte.
19:28Dans son dernier livre,
19:29« Devenir jeune sans vriller » qui vient de paraître aux éditions Fabre,
19:32la journaliste Léna Kouffa insiste notamment sur l'importance des premières expériences professionnelles.
19:37Un stage, une alternance, un premier emploi,
19:40un manager qui vous fait confiance
19:41ou au contraire qui se montre peut-être méprisant.
19:44Ces expériences peuvent laisser des traces,
19:46bonnes ou mauvaises.
19:47Alors plutôt que de se demander sans cesse ce qui ne va pas chez les jeunes,
19:50on pourrait peut-être se demander ce que les jeunes et leur rapport au travail
19:54nous dit du travail que nous leur proposons.
19:56Dominique Méda le résume avec une formule que j'aime beaucoup.
19:59Ils ne veulent plus travailler à la méthode de grand-papa.
20:03Et franchement, Didier, je ne sais pas si on peut vraiment leur en vouloir.
20:06Absolument.
20:07Fabienne Broucarré, merci.
20:08Je rappelle que vous êtes rédactrice en chef ou rédacteur en chef.
20:12Vous nous direz un jour si vous souhaitez la féminisation des titres
20:15de courrier cadre de Rebondir et de My Happy Job.
20:19A bientôt la semaine prochaine pour un autre sujet.
20:23Et quant à vous, Jean-Michel Pasquier,
20:25si vous étiez président, qu'est-ce que vous feriez du mécénat de compétence ?
20:28Parce que c'est une année électorale.
20:29Je me jetterais sur la proposition qu'a faite Coeo depuis 7 ans déjà
20:32de mettre en place un droit au mécénat de compétence
20:34parce qu'en fait, le mécénat de compétence n'est réservé
20:36entre guillemets qu'aux entreprises et aux collaborateurs d'entreprises
20:39dont l'entreprise a décidé d'en faire.
20:41Donc on ferait un jour par an minimum pour tous les actifs,
20:45privés comme secteur public,
20:46et on dégagerait des millions d'heures de bénévolat.
20:48Jean-Michel Pasquier, fondateur de Coeo pour le mécénat de compétence,
20:53ouvert à tous et pour l'after work.
20:55Comme on dit, après le travail,
20:57je vous conseille de vous procurer la santé mentale pour les nuls,
21:00édition chez les nuls.
21:01La santé mentale chez les nuls.
21:03Moi, ça m'a beaucoup aidé à comprendre des tas de choses
21:05et c'est écrit par Jérôme Palazzolo,
21:07qui est psychiatre et, accessoirement, champion d'athlétisme.
21:10Vous pourrez retrouver la tête dans le taf
21:11sur les réseaux sociaux, en podcast,
21:13sur le site de Sud Radio et sur toutes les plateformes de streaming.
21:16Prenez soin de vous et à la semaine prochaine
21:18pour un autre numéro de La Tête dans le taf.
21:21Bonne semaine à toutes et à tous. Au revoir.