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  • il y a 1 semaine
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Télématin reçoit Laurent Ruquier pour la pièce "Chante et tais-toi !" à partir du 16 septembre à la Comédie des Champs-Élysées, et le Dr Gérard Dupeyrat pour le livre "Revenu de la mort".

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Transcription
00:00On est en direct, il est 9h33 et tout de suite, on a le plaisir de recevoir Laurent Ruquier.
00:10Tu fais un petit...
00:11Oh non, je fais la bise.
00:14C'est vrai que c'est un privilège quand Laurent Ruquier vous fait la bise.
00:18Laurent, vous n'aimez pas du tout qu'on vous fasse la bise.
00:20Vous n'aimez pas le contact.
00:22Ah ben moi, je fais partie des privilégiés, je suis contente.
00:25Vous savez pourquoi on vous a mis cette musique quand même.
00:30Je n'ai même pas fait attention à la musique.
00:31Star Academy.
00:32C'est la Star Academy.
00:33Il paraît que vous rêvez d'être directeur de la Starac.
00:35C'est vrai ?
00:36Non mais ce sont des réseaux sociaux qui se sont emparés d'une phrase.
00:40On m'a posé la question, j'ai dit bon, pourquoi pas, mais je n'ai pas dit que j
00:44'en rêvais.
00:45Ah moi je pensais qu'on pouvait passer des messages et tout.
00:47Dans la même interview, je disais que c'était impossible puisque j'étais sur scène, mais ce n'est pas
00:50grave.
00:51Ça a fait une semaine de...
00:52Bon, écoutez, c'est très bien.
00:54La vie est longue, pourquoi pas.
00:56Laurent Ruquier, vous venez vous parler théâtre aujourd'hui.
00:59Vous remontez sur scène, ça fait des années que vous n'avez plus monté sur scène.
01:02Il y a trois grands événements scéniques en septembre.
01:06Le pape, Céline Dion et moi.
01:08Ah, voilà, en toute simplicité.
01:11Non mais c'est vrai que ce qui est étonnant, c'est qu'on a l'habitude de voir des
01:13pièces de Laurent Ruquier.
01:15Là, c'est une pièce de et avec.
01:17Donc quand même, c'est une révolution.
01:19Ça s'appelle Chante et tais-toi.
01:21C'est à partir du 16 septembre, aux côtés de Vincent Niclot, à la Comédie des Champs-Elysées.
01:25On est donc à J-5.
01:27Est-ce que vous arrivez à dormir, Laurent ?
01:29Non, d'ailleurs, tous les matins, je me mets devant mon hôtel et je joue sur le trottoir pour mes
01:34fans.
01:37Ils sont nombreux à dormir.
01:39Ils dorment en bas de chez vous.
01:40C'est une nouvelle mode.
01:41Je fais ma promo sur le trottoir, je joue des extraits de ma pièce.
01:45Les gens rient et me disent, bon, voilà, je suis prêt.
01:50Alors, votre carrière en quelques chiffres, parce qu'il nous faudrait 24 heures pour tous ces cités.
01:54Oui, c'est ça le problème avec Laurent Ruquier.
01:55J'ai un premier chiffre, c'est 150, 150 francs.
01:58Je ne sais pas si ça vous parle, ce chiffre-là.
02:00Ça correspond à 23 euros.
02:02C'est le...
02:03Pourquoi ? Est-ce que ce n'est pas mon premier salaire à RTL ?
02:06Votre premier cachet, absolument.
02:08En 1980, vous aviez gagné un concours, c'est ça ?
02:10Exactement.
02:11Pour rentrer à RTL et faire votre première chronique.
02:13Oui.
02:13Ça ressemblait à quoi ?
02:14Plus qu'une chronique, une émission, même 30 minutes.
02:17C'était entre 23h30 et minuit, le 15 août 1980.
02:20J'avais donc, j'allais dire 7 ans, non, 17 ans.
02:24Et c'était Jean-Bernard Hébé qui avait demandé aux auditeurs d'envoyer des cassettes
02:28et que peut-être il y aurait eu le futur animateur parmi ces gens-là.
02:32Il y avait d'ailleurs Francis Zégut, qui est devenu un animateur célèbre,
02:35qui avait répondu la même année que moi.
02:36Bon, moi, ça n'a pas fait...
02:37Bon, ça a fait long feu, puisque c'est ainsi qu'on doit dire.
02:41Mais quand même, j'ai attrapé le virus ce jour-là.
02:43On n'est pas des andouilles.
02:44C'était ça le titre que vous aviez dit.
02:46Vous aviez déjà le rond.
02:47Déjà le rond.
02:47C'est ça qui est fou.
02:48C'est ça qui est fou.
02:48Qu'on a retrouvé après avec les on n'est pas couché, on a tout essayé.
02:5236.
02:5336.
02:53J'ai compté 36 ans de radio en quotidienne, Laurent Ruquier, sur France Inter, Europe 1, puis RTL.
03:00Vous ne devez pas être très nombreux en France à pouvoir en dire autant.
03:04Il y en a peut-être un qui nous a quittés.
03:06Malheureusement, c'est Philippe Bouvard, votre maître.
03:08C'est, je crois, un des seuls qui a fait autant de radio que vous, comme ça, en quotidienne.
03:14C'est assez prodigieux.
03:14C'est ce dont je suis le plus fier, en fait.
03:16Ces 36 années de radio au quotidien, effectivement, ça a démarré, vous avez raison, en 92, je crois, sur Inter.
03:23Parce qu'avant, je n'étais pas en quotidienne, je crois que c'est 92 sur Inter.
03:27Et puis après, Europe 1, et puis RTL.
03:29Autant d'années à parler aux auditeurs, au minimum deux heures en plus, chaque jour.
03:33Oui, c'est vrai que ça commence à être un record.
03:36Mais il y a d'ailleurs un deuxième record.
03:38Je ne sais pas si le chiffre est prévu.
03:39Je ne veux pas vous griller la suite.
03:41Mais je ne le savais pas quand j'ai dit oui pour monter sur scène dans ma propre pièce.
03:45Parce qu'en fait, je me suis dit oui à moi-même.
03:47Mais c'est vrai, parce que quand j'ai écrit la pièce, je ne savais pas que j'allais la
03:51jouer.
03:51C'est mes camarades, Nicole Sonneville, Attachette Presse, Vincent Niclot, qui m'ont convaincu de jouer le rôle avec Vincent.
03:57Mais je n'avais pas réalisé que quand je serai sur scène en décembre, parce que j'espère quand même
04:01être encore en décembre sur scène,
04:04normalement, si tout se passe bien, ça fera 40 ans que je serai sur scène à Paris.
04:08Parce que j'ai démarré, et ça c'est quand même fou, parce que c'est vraiment un symbole,
04:12j'ai démarré en 1987, le 10 décembre 1987, au Ciavo de la République à Paris.
04:17Donc ça fera mes 40 ans de scène quand je serai sur la scène de la comédie des Champs-Elysées.
04:22Et alors j'ai un autre 36, 36 ans de quotidienne, mais aussi 36 concepts différents à la télévision au
04:29cours de votre carrière.
04:30C'est ce que j'ai pensé.
04:31Ils doivent s'assembler quand même.
04:32Voilà, c'est vrai.
04:33Mais c'est là qu'on voit que vos carrières télé et vos carrières radio sont finalement assez différentes.
04:37Parce qu'à la radio, vous avez eu globalement toujours un peu les mêmes concepts et toujours un peu le
04:42même succès.
04:44En télé, ça a été différent.
04:45Vous avez changé énormément de concepts et vous avez eu d'immenses succès, comme on a tout essayé,
04:50on ne demande qu'à en rire ou on n'est pas couché.
04:53Vous avez eu quelques fours également à la division, comme tout le monde.
04:57J'ai pensé notamment aux news, sur TF1, à l'émission Pour Tous, sur France 2 ou le 20h de
05:01BFM TV.
05:03Est-ce que vous pensez que c'est parce qu'en télé, on a moins de temps pour s'installer,
05:06parce que les audiences tombent tous les matins ?
05:08Est-ce que c'est ça qui explique cette difficulté ?
05:11C'est toujours difficile d'expliquer un échec si on l'expliquait.
05:15Ou la variation, en tout cas.
05:16On aurait la recette, mais par exemple, les news, c'était trop tôt.
05:20Ça, c'est certain.
05:21TF1 nous avait confié une émission quotidienne, alors qu'on était totalement inconnus.
05:26On venait de France Inter.
05:27C'est le fameux syndrome, le problème, ou Canal+, ou France Inter.
05:30On croit que toute la France vous connaît parce que vous avez du succès ou à Inter ou à Canal,
05:34et ce n'est pas vrai.
05:34Et donc là, TF1, ils s'en sont très vite aperçus au bout de cinq jours.
05:39Moi, à l'époque, ça ne rigolait pas.
05:41C'est-à-dire que dès que ça ne marchait pas, terminait.
05:42Et non, mais en plus, il y avait la conjoncture.
05:44On est tombé en plus en plein.
05:45On a débarré fin août 1995.
05:48Je crois que c'était les attentats, les premiers déjà à l'époque, les attentats dans Paris.
05:52Et donc la conjoncture était vraiment néfaste à ce qu'on fasse une émission d'humour.
05:57Et vous n'aviez pas encore appréhendé le média totalement ?
05:59En plus, je n'étais pas prêt.
06:01C'était Thierry Ardisson, hommage à Thierry au passage, qui nous avait produit,
06:06qui avait eu cette idée folle de faire les news.
06:08Mais, ça c'est toujours une leçon, ça m'a permis d'écrire ma première pièce de théâtre.
06:13Parce que d'un seul coup, les news se sont arrêtées au bout de cinq jours.
06:16Je me suis retrouvé avec un temps libre absolument impressionnant,
06:19puisque j'avais arrêté plus ou moins la radio.
06:22Enfin, j'avais plus qu'une heure à la radio le matin.
06:24Et d'un seul coup, je me suis mis à écrire pour le théâtre ma première pièce, à l'époque
06:27Landru.
06:28Et autrement, je n'aurais peut-être jamais écrit pour le théâtre.
06:31Voilà, s'il faut vraiment raisonner comme ça,
06:33un échec peut nous faire changer de trajectoire vers quelque chose de bien mieux.
06:38Alors, dans Télé Matin, à la suite, Laurent Ruquier, on crée des rencontres inattendues.
06:42Je vais vous présenter quelqu'un qui s'appelle Gérard Dupera.
06:45Il faut imaginer, il est chirurgien, c'est un homme de science, hyper cartésien.
06:49Il meurt en 2020 et huit heures plus tard, il revient à la vie.
06:53Pendant ces huit heures, il raconte avoir vécu une expérience totalement inexplicable,
06:58ce qu'on appelle une expérience de mort imminente pendant qu'il était plongé dans le coma.
07:02Son témoignage, il est absolument fascinant.
07:05On le reçoit tout de suite.
07:12Bonjour Gérard, bienvenue, installez-vous là.
07:14Ça va, il est bien vivant, je vous le dis.
07:16Il est en chair et en oeuvre.
07:19Cher Gérard, je vous présente Laurent Ruquier, que vous connaissez, ai-je besoin, ai-je besoin.
07:24Laurent Ruquier, quand on parle d'expérience de mort imminente,
07:26quel regard vous avez sur ce genre de témoignage ?
07:28J'ai déjà entendu effectivement ce genre de propos, ou même de livres.
07:32Je crois que c'est Philippe Labreau qui a écrit tout un ouvrage là-dessus.
07:37Non, mais on a envie d'entendre, évidemment, de quoi il s'agit.
07:40Mais vous êtes plutôt sceptique ou ouvert à ce genre de sujet ?
07:43Écoutez, en tout cas, je ne suis pas prêt à tester tout de suite.
07:45Non, il n'y a pas, il n'y a aucune rougie.
07:48J'en avais une démo de TV, c'est bon.
07:50Donc je le disais, Gérard Dupéra, vous êtes chirurgien stomatologue,
07:54c'est-à-dire que vous êtes spécialiste de la reconstruction autour de la mâchoire.
07:57Et donc, c'était le 20 janvier 2020 que vous avez vécu cette expérience de mort imminente,
08:01qu'on appelle EMI.
08:03Vous aviez entendu parler de ça ?
08:04Oui, j'avais entendu parler par le passé.
08:06Parce qu'à la base, je suis chirurgien maxillofacial.
08:09Et donc, je m'occupais beaucoup d'accidents de la route, de traumas, de guerres,
08:16et puis de beaucoup d'agressions.
08:17Donc vous avez eu des témoignages de vos patients ?
08:18Donc j'avais eu des témoignages.
08:19Et en fait, j'étais, comme vous quand on a discuté tout à l'heure, comme Laurent.
08:24Sceptique ?
08:25Ce n'est pas que j'étais sceptique, c'est que je n'y croyais absolument pas.
08:28Pour moi, j'associais, si vous voulez, ces témoignages, je les associais essentiellement à un traumatisme post-opératoire,
08:38un choc, ce qui s'expliquerait très bien, ou alors tout simplement parce que, bon,
08:44le patient ou la patiente a pris trop de drogue par le passé,
08:48et on est dans un phénomène hallucinatoire.
08:50Il y a des vieux restes.
08:52Voilà, il y a des vieux restes, c'est exactement ça.
08:54Et donc, c'était...
08:55Mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure,
08:57ce n'était même pas un rejet que je faisais.
08:59Parce que quand vous rejetez quelque chose,
09:01ça veut dire que vous pouvez rejeter ce verre,
09:04parce qu'il existe,
09:05vous n'êtes pas d'accord, vous le rejetez.
09:07Mais quand c'est une conception qui, pour vous, n'existe absolument pas.
09:11Ce n'est pas un sujet du tout.
09:12Mais non, vous vous dites, les mecs qui m'en parlent,
09:15ils sont tarés ou ils sont...
09:18On va voir une photo de vous avant.
09:21Donc, ça, c'est la personne avant.
09:24Vous pouvez nous la décrire, cette personne.
09:26C'est-à-dire que là, vous êtes justement dans une vie totalement classique.
09:30Vous réussissez bien dans la vie.
09:32Vous êtes passionné de moto, c'est ça ?
09:34Moi, j'adorais mon métier.
09:37J'étais passionné de moto, d'arts martiaux, les sports combat.
09:42Tout ça, c'était ma vie.
09:43Et alors, le 20 janvier 2020, tout bascule.
09:45Vous pouvez nous raconter cette journée ?
09:47C'est très simple.
09:49Le matin, j'étais au bloc opératoire.
09:51Après, je vais déjeuner avec des amis.
09:54Juste au-dessous de mon cabinet, à 14h,
09:57je grimpe les escaliers 4 à 4 pour aller à la salle d'attente,
10:01dire bonjour un petit peu aux patients qui sont là.
10:04Vous battez avant-coureurs, vous n'êtes pas fatigué, rien du tout ?
10:06Rien.
10:07Ça va m'inquiéter.
10:08C'est vraiment le truc, quand on m'en parlait par le passé,
10:12auquel je ne croyais pas.
10:14Parce que quand vous êtes médecin,
10:15qu'on vous dit, ça m'est arrivé,
10:17je n'ai jamais eu de signe avant-coureur.
10:20Je veux dire, il y a obligatoirement, à part une chute, par exemple,
10:25si je tombe de ce tabouret et que je me fracture le col du fémur,
10:29OK, il n'y a pas de signe avant-coureur.
10:30Mais autrement, quand il y a une pathologie,
10:33franchement, c'est très rare qu'on ne les perçoive pas,
10:36les signes avant-coureurs.
10:37Ça, c'est une chose.
10:38Mais qu'il n'y en ait pas, pour moi, ça n'existe pas.
10:40Là, il n'y en a pas eu.
10:41Alors, qu'est-ce qui vous est arrivé ?
10:43En fait, c'est très simple.
10:44Je dis bonjour à tout le monde dans la salle d'attente.
10:46Après, je vais, comme tout le monde,
10:50je vais faire mon petit saut aux toilettes
10:52parce que j'avais un programme assez chargé.
10:55Très bien.
10:56Très bien, on va avoir tous les détails.
10:57On va avoir tous les détails.
10:59C'était l'état.
11:029h44, on en est aux toilettes.
11:04Et voilà, je n'ai même pas le temps de fermer la porte.
11:07J'ai une douleur extrêmement violente à la mandibule,
11:10donc à la mâchoire inférieure.
11:11Une douleur comme ce que l'on décrit tout à fait classiquement
11:15pour les infarctus,
11:17soit que c'est au niveau du pectoral droit
11:20et non pas gauche,
11:21comme un coup de poignard.
11:23Et ça, c'est arrivé en 2-3 secondes.
11:26Très, très rapidement.
11:27Et dans la seconde qui a suivi,
11:29j'ai commencé à avoir une anesthésie de la jambe droite.
11:34Vous avez compris ce qui vous arrivait en tant que médecin ?
11:37En tant que médecin, avec la vie que j'avais avant,
11:41c'est-à-dire énormément de stress au boulot,
11:44même si ça me passionnait,
11:45parce qu'on boussait énormément.
11:46J'avais des grosses équipes à gérer.
11:51Et en contrebalancement, on peut dire,
11:54même si ce n'est pas français,
11:56j'avais un très gros appétit.
11:58Et puis tous les jours, j'allais à la salle de sport.
12:00C'était musculation à fond.
12:01C'était à n'importe quelle heure.
12:02À 23h, à minuit, je m'en foutais.
12:03Donc vous aviez une vie très très saine,
12:05donc vous ne pouviez pas anticiper de vivre quelque chose comme ça.
12:07Non.
12:07C'était quoi le diagnostic ?
12:08Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
12:09Pour moi, j'ai pensé faire un infarctus.
12:12Et en fait, c'était ?
12:13Et en fait, c'était une dissection de la horte ascendante.
12:15Qui est une des causes de mort.
12:18C'est le médecin du SAMU auquel je rendrai grâce
12:22comme au chirurgien toute ma vie
12:24parce que ça relève de la notion du miracle,
12:27étant donné que ce ne sont pas du tout
12:29des signes traditionnels et courants.
12:32Et en fait, ça m'a rappelé lorsque j'avais passé l'internat,
12:35à l'époque, parce que je ne suis pas un perdre de l'année,
12:37il y avait les grandes questions d'internat
12:38et les petites questions.
12:39Et dans les petites questions, il y en avait une,
12:41c'était quelles sont les deux causes de mort subite.
12:44Et ça ne se discute pas.
12:45Mort subite, c'est mort subite.
12:45Et ça, c'est une des deux.
12:46Il y en a deux, voilà.
12:47C'est la dissection de la horte ascendante
12:50et c'est l'infarctus massif.
12:51L'infarctus massif, ça veut dire que
12:53toutes les coronaires se bouchent en même temps.
12:56Et la dissection de la horte ascendante,
12:57ça veut dire que la seule artère qui part du cœur
12:59et qui diffuse le sang à la totalité...
13:02Gérard, n'en faites pas trop sur la médecine
13:04parce que là, vous allez me perdre.
13:06Vous savez, je traîne derrière moi
13:07ma petite réputation d'hypocondriac.
13:09J'ai l'impression que j'ai mal à la jambe.
13:10Non, non, non, tout va bien.
13:11Et que la mandibule, ça commence.
13:15Est-ce que, donc après, on vous a plongé dans le coma.
13:17Et c'est là, je voudrais que vous me racontiez
13:19ce dont vous vous êtes souvenu après.
13:21Qu'est-ce qui s'est passé pendant ce coma ?
13:23Donc ça, c'est la fameuse expérience de mort imminente.
13:25C'est très simple.
13:26C'est-à-dire que vous êtes, entre guillemets,
13:29entre guillemets, aspiré.
13:31Mais ça prend quoi ?
13:33Même pas un dixième de seconde.
13:34Et surtout, vous vous retrouvez
13:36dans une atmosphère qui est d'une...
13:41J'ai même pas de qualificatif,
13:42mais c'est ce que je mets dans le bouquin.
13:43C'est ce que je dis à chaque fois.
13:45Une espèce de blancheur immaculée.
13:48Mais les adjectifs sont trop faibles.
13:52Vous avez...
13:53Vous voyez pas d'accord ?
13:53Alors, ça, c'est dans un deuxième temps.
13:58Dans un tout premier temps,
13:59vous vous retrouvez dans une espèce d'ambiance,
14:03je dirais un petit peu nuageuse, blanchâtre,
14:06où vous circulez.
14:09Alors, c'est pas que vous volez,
14:11c'est pas que vous nagez,
14:12vous marchez pas.
14:13Vous voyez, en fait, des visages,
14:16des visages de défunts,
14:17en couleur, juste les visages.
14:20Des gens que vous connaissez ?
14:21Oui, tous.
14:22Que ce soit des personnes de la famille,
14:25que ce soit des amis qui sont décédés.
14:27Et vous les voyez dans la période
14:30où ils étaient relativement en forme.
14:34Et ce qui est assez stupéfiant,
14:39c'est qu'il n'y a aucun échange,
14:41si ce n'est un échange à travers des mimiques.
14:43C'est-à-dire qu'ils vous sourient tout doucement.
14:48Dans le regard,
14:49parce que le regard,
14:50c'est quelque chose qu'on néglige beaucoup trop
14:52dans notre société.
14:54Mais tous ces regards sont expressifs,
14:56un petit peu,
14:57comme si on vous souhaitait la...
15:00Alors, c'est pour ça que vous allez comprendre
15:01pourquoi j'ai eu du mal à en parler,
15:03j'ai mis du temps,
15:04parce que je ne veux pas passer pour un fou.
15:06Mais c'est comme si on vous acceptait
15:07dans un nouveau monde.
15:09Alors, quand vous dites ça...
15:11Mais c'est vraiment ça.
15:13C'est différent d'un rêve.
15:14Ça n'a rien à voir.
15:16Ça n'a rien à voir.
15:17En fait, quand vous dites
15:18que vous manquez d'adjectifs,
15:19c'est justement ça qui fait
15:20que l'expérience est ultime.
15:23C'est que ça ne ressemble à rien
15:25des expériences qu'on peut faire sur Terre.
15:26Elle est complètement au-delà des formes.
15:30Des formes matérielles.
15:31Elle est complètement...
15:33C'est pour ça que quand vous êtes
15:36excessivement cartésien,
15:37voire anormalement cartésien,
15:38ce qui était mon cas,
15:40et je suis redevenu
15:41dans mon activité professionnelle,
15:44vous n'avez pas d'adjectif.
15:48Parce que, par exemple,
15:49votre éclairage,
15:50il est blanc, lumineux,
15:51extraordinaire, fabuleux.
15:53OK.
15:53Ça, non.
15:54C'est au-delà.
15:55C'est au-delà.
15:56Et alors, ce qui est extraordinaire,
15:57c'est que non seulement
15:59vous avez ce constat
16:01qui ne se discute pas,
16:04mais en plus,
16:05il y a quelque chose
16:06qui m'a profondément touché,
16:08c'est une...
16:09Pareil,
16:10ce n'est pas assez fort,
16:11c'est une notion d'apaisement.
16:13Oui, c'est ça.
16:14Parce que vous voyez,
16:15avec les arts martiaux,
16:17avec...
16:18Je fais beaucoup de trucs
16:19dans ce domaine-là,
16:20vous arrivez à des notions,
16:22que ce soit par la méditation,
16:23par le combat,
16:24par...
16:25Ce que vous expliquez,
16:26pardon, Gérard,
16:26c'est qu'en fait,
16:27ce que vous avez vécu
16:28ne correspond à aucune sensation terrestre,
16:31c'est-à-dire l'apaisement
16:32n'est pas le même,
16:33même celui après le sport.
16:35Ça rassure quand même
16:36quand on entend ça,
16:37on se dit que c'est peut-être chouette
16:38ce qui se passe après l'orange.
16:39Je vous sens très, très anxieux.
16:41C'est quoi votre rapport
16:42avec la mort ?
16:44Est-ce que c'est quelque chose
16:45auquel vous pensez tous les jours ?
16:46Oui, forcément,
16:47plus on est vieux,
16:49plus on y pense.
16:49Mais je n'ai pas de problème avec ça.
16:52Ça ne me fait pas peur.
16:53Ça me fera peur forcément
16:54quand elle arrivera.
16:56C'est un peu comme le théâtre.
16:56Pour l'instant, je n'ai pas peur.
16:57Je n'aurai peur 10 minutes avant.
16:59Pour la mort, c'est la même chose.
17:00Mais il faut l'accepter.
17:02En tout cas, moi,
17:02j'estime avoir eu une vie
17:03tellement heureuse
17:04et tellement gâtée
17:06depuis que je suis sur cette terre
17:07qu'il faut bien aussi
17:09accepter de partir.
17:10Donc oui, non,
17:10je n'ai pas de problème avec ça.
17:11Bon, voilà.
17:12Alors que moi...
17:14J'ai lu votre livre,
17:15j'en sais quelque chose.
17:16Mon Dieu.
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