00:008h moins le quart, c'est le début aujourd'hui d'une longue grève des sapeurs-pompiers.
00:04Au cœur de l'actualité, tout l'été, ils se mobilisent jusqu'au 20 octobre pour dénoncer le manque criant
00:10de moyens.
00:10Et on en parle avec votre invité ce matin, Justine, le président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers d
00:16'Ille-et-Vilaine.
00:16Bonjour capitaine Lionel Gogdé.
00:19Bonjour.
00:20Alors parmi vos demandes, il y a effectivement un renforcement d'abord de vos effectifs.
00:25Concrètement, il n'y a pas assez de pompiers en France et donc en Bretagne ?
00:29Alors, d'une manière générale en France, parce que je représente la Fédération Nationale des sapeurs-pompiers de France,
00:34d'une manière générale, on peut considérer, oui, qu'on a un manque de moyens humains, un manque de moyens
00:38matériels aussi,
00:39je vais y revenir tout à l'heure, surtout du fait de la disponibilité aussi qui descend,
00:45parce que la majorité des sapeurs-pompiers en France sont sapeurs-pompiers volontaires, 80% des effectifs.
00:49Et effectivement, quand on dit volontaire, ça veut dire qu'on a un emploi par ailleurs et qu'on est
00:53appelé pour les urgences.
00:54Et ça, en vrai, ce n'est pas toujours facile à organiser, c'est ça ?
00:58Exactement, c'est vrai que quand on est au travail avec un employeur et des missions,
01:04il n'est pas forcément évident de se libérer sur tous les créneaux horaires.
01:08Alors après, ça c'est le jeu aussi du recrutement et des aménagements que l'on met en place dans
01:12les centres d'incendie de secours.
01:13On connaît les règles, mais bien évidemment, sur des situations comme on a pu connaître cet été,
01:18où la sollicitation a été particulièrement forte,
01:21il a fallu trouver des astuces pour libérer encore plus les sapeurs-pompiers volontaires.
01:25Et donc, ça nécessite aussi des réajustements législatifs.
01:28Mais alors concrètement, il en faut combien en plus des pompiers, que ce soit volontaires ou professionnels ?
01:33Alors c'est extrêmement difficile à chiffrer, parce que selon les territoires, on n'a pas les mêmes besoins.
01:37Quand je dis territoire, département, région, etc.
01:40Et même des fois à l'échelle des centres d'incendie et de secours.
01:43Donc ça, on est plutôt dans la dynamique de recrutement des départements.
01:47On sait en tout cas que d'une manière générale, si je peux vous donner quelques chiffres,
01:50dans les années 90, on avait 1,7 million d'interventions pour environ 230 000 sapeurs-pompiers.
01:56En France, confondus, pompiers volontaires, professionnels et militaires.
02:00Aujourd'hui, on a 4,8 millions d'interventions, on a 250 000 sapeurs-pompiers.
02:04Oui, les chiffres sont très parlants.
02:05Et comment faire pour les recruter ? Est-ce qu'il faudrait en attirer davantage ?
02:09Ou est-ce que vous avez quand même toujours des candidats pour devenir pompiers ?
02:13Alors on a toujours des candidats, évidemment.
02:16Maintenant, la quantité ne fait pas la qualité, si je puis dire,
02:19parce que justement, on est assujetti à la disponibilité.
02:22Et donc c'est vrai qu'à la fois, il faut recruter, oui,
02:24mais à la fois, il faut trouver des leviers pour une meilleure disponibilité
02:27et donc une meilleure reconnaissance de ce qu'est l'engagement nécessaire de sécurité civile,
02:31des sapeurs-pompiers volontaires, notamment.
02:33Donc ça pourrait être au niveau rémunération, par exemple ?
02:35Alors il peut y avoir des leviers sur l'indemnité horaire des sapeurs-pompiers volontaires,
02:40mais je pense que le premier levier qui doit être travaillé,
02:43c'est vraiment la reconnaissance de la nécessité d'un volontariat fort et disponible en journée.
02:48Donc un vrai travail partenarial avec les professionnels de la France entière.
02:52Et vous l'avez rappelé, on a vécu un été assez extraordinaire à tout point de vue,
02:57et pour vous particulièrement, pompiers, capitaine Gaudet.
03:00On a vu cette solidarité des pompiers bretons qui sont partis en Gironde,
03:04ailleurs en France, et d'autres qui sont venus d'ailleurs chez nous aussi
03:07pour nous aider à lutter contre les incendies.
03:08Et là, on a vu qu'on manquait de moyens matériels cette fois.
03:12Qu'est-ce que vous demandez concrètement avec le début de ce mouvement ?
03:14Alors déjà, le constat, quand on parle feu de forêt,
03:18on pense au sud, éventuellement le centre de la France.
03:21Cette année, voilà, mais comme en 2022,
03:24c'était plutôt quasi la France entière qui était impactée.
03:27Donc évidemment, ça change la donne,
03:29parce que quand on doit aller sur des secteurs bien précis,
03:33on peut renforcer, quand on est confronté à des feux de forêt partout en France,
03:3613 000 départs de feu, 120 000 hectares sur l'ensemble du pays.
03:39Évidemment, on ne peut pas être partout à la fois.
03:41Donc des camions, des canadaires ?
03:42Donc il faut des camions, il faut des canadaires,
03:44il faut des moyens nationaux, il faut des moyens départementaux,
03:48et tout ça mélangé fait qu'on peut mieux y arriver.
03:51Mais évidemment, ça s'anticipe,
03:53ce sont des travaux prospectifs à faire,
03:57notamment pour l'achat, les commandes.
03:59Qu'on vous avait déjà annoncé il y a quelques années.
04:02Voilà, c'est ça.
04:02Alors après, le Beauvau de la sécurité 2024,
04:05ce sont des travaux de 2024-2025,
04:07doit aboutir à une grande loi.
04:09Donc c'est cette fameuse loi que l'on attend et qui devrait...
04:11Qui doit commencer à être présentée à partir d'aujourd'hui.
04:14Exactement.
04:14Donc on va voir ce qu'il en ressort.
04:16Nous, en tout cas, on est prêts à apporter des propositions sur le plan fédéral.
04:20On l'a déjà fait pour le Beauvau,
04:21on l'a fait pour la loi Matras en 2021.
04:25Et bon, on attend aujourd'hui plus de lois.
04:27Sauf qu'aujourd'hui, vous avez cet été qui s'est terminé.
04:29Peut-être que ça va vous aider, entre guillemets.
04:32On a bien vu qu'on avait manqué de moyens
04:34et qu'il avait fallu faire appel à la solidarité européenne,
04:38notamment.
04:39C'est ça.
04:39Vous espérez être plus entendus cette fois-ci ?
04:41On espère, en tout cas, on se dit que là, cet été,
04:44on a encore franchi, malheureusement, une marche défavorable.
04:48Et c'est peut-être que le premier été d'une longue série.
04:50Voilà, exactement.
04:51Et on sait très bien que de toute façon,
04:52le dérèglement climatique nous apportera encore et encore des crises à gérer.
04:56Et donc, il faut anticiper tous ces moyens.
04:58Alors, quand on parle de grève des pompiers,
04:59on imagine bien que vous n'allez évidemment pas arrêter vos missions.
05:02Comment ça va se traduire, concrètement ?
05:05Alors, après, moi, je représente la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France,
05:10qui est une association, qui a ses déclinaisons Union Régionale, Union Départementale
05:13et les Amicales de sapeurs-pompiers.
05:15Aujourd'hui, c'est un mouvement qui est porté par l'intersyndicale.
05:19Donc, chaque syndicat aura ses propres moyens d'action.
05:22Nous, à la Fédération, nous sommes solidaires des revendications collectives
05:25qui sont mises en œuvre.
05:27Et c'est plutôt dans ce sens-là qu'on va travailler,
05:29une fois de plus, à travers des propositions que l'on fait.
05:30On en garde sous le coude, encore.
05:32Donc, on va voir déjà ce qu'il ressort du texte proposé.
05:35Et on va, dans un premier temps, travailler.
05:37Mais on est solidaires, bien évidemment.
05:39Eh bien, merci beaucoup, capitaine Lionel Gaudet,
05:41d'avoir été en direct ce matin sur ICI-Armorique.
05:43Vous êtes donc le président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers d'Île-et-Vilaine.
05:537h51, on a passé l'été à la chanter.
05:56Alors, ce n'est pas parce que septembre et la pluie sont arrivées
05:58qu'on va s'arrêter maintenant.
06:00Certainement pas.
06:00Voici Bruno Mars et I Just Might sur ICI-Armorique.