00:01On va commencer par une séquence absolument folle, de Marine Tondelier qui circule sur les réseaux sociaux.
00:08Je ne crois pas avoir vu cela dans la bouche d'un homme politique depuis que je m'intéresse à
00:14la politique.
00:15C'est effrayant, effrayant.
00:17Les gens, Madame Tondelier veut être présidente de la République, pour résumer, elle ne connaît rien, n'a rien sur
00:22les présidents de la République.
00:23C'est quand même ennuyeux.
00:24Elle n'était pas née.
00:25Elle n'était pas née, voilà, c'est l'argument.
00:26Et ce qui est formidable, c'est que souvent, Jordan Bardella est attaqué sur sa culture.
00:32Si Jordan Bardella avait répondu, comme Madame Tondelier a répondu à Darius Rochemin, de notre confrère d'LCI,
00:38et je remercie d'ailleurs LCI parce que c'est une séquence d'LCI,
00:42tu ne sais pas si tu dois rire ou si tu dois pleurer à ce niveau d'inculture.
00:47Marine Tondelier est interrogée sur les présidents de la Ve République.
00:51Les règnes, puisque la Ve République, c'est un peu comme les consuls romains,
00:54on peut compter par année de consul.
00:56Surtout avec Jupiter.
00:58Un mot sur chacun, un mot.
01:00Il y en a, je n'ai pas trop vécu les choses.
01:02Non, mais enfin, vous avez des souvenirs.
01:05On a fait l'exercice avec Marine Le Pen, avec un certain nombre d'autres.
01:08Oui, mais elle les a connus.
01:09Ah ben, pas De Gaulle, par exemple.
01:11Moi, j'ai connu à partir de Chirac.
01:12Allez, De Gaulle.
01:14De Gaulle, un infini respect.
01:16Puisqu'on est libre grâce à lui et grâce à d'autres qui ont travaillé avec lui.
01:19Et donc, pour moi, c'est une figure, ça fait quand même longtemps qu'on n'en a pas eu
01:22des comme lui.
01:23Pompidou ?
01:24Je n'ai pas de souvenirs.
01:26Je ne vais pas vous dire, je n'ai pas connu, je n'ai pas de truc marquant à dire
01:29sur Pompidou
01:30en tant que citoyenne, qu'électrice.
01:32La croissance, le développement, l'industrie.
01:34Vous, ça vous a marqué, apparemment.
01:37Giscard ?
01:40Mais moi, Giscard, il me fait penser à Macron.
01:42J'ai l'impression que Macron, quand il a gagné, il y a des gens qui disaient les jeunes et
01:45tout ça,
01:46mais qui menaient la politique de Giscard.
01:47Il y a pas mal de parallèles.
01:50Mitterrand ?
01:52Alors, Mitterrand, moi, je n'ai pas de souvenirs de Mitterrand au pouvoir,
01:56mais par contre, j'ai bien constaté que sur plusieurs générations de gauche,
02:01c'était leur moment, quoi.
02:03Le 81, plusieurs réformes.
02:04Et je pense que s'il devait retenir une chose de son mandat,
02:07c'est l'abolition de la peine de mort.
02:08Vous allez donner un coup de vue à beaucoup de ceux qui nous écoutent.
02:11On a l'impression que le temps commence là, ça remonte vraiment très bien.
02:15C'est en noir et blanc, déjà.
02:16Chirac ?
02:19Alors, Chirac, ça a été un président dont je me rappelle,
02:21mais je me rappelle forcément des choses qui ne sont pas très politiques.
02:24Moi, ce qui m'a marqué, c'est manger des pommes, déjà,
02:25parce que j'ai dû coller toutes les affiches.
02:27De votre grand-père ?
02:28Mais donc, on va dire manger des pommes sans pesticides.
02:31Sarkozy ?
02:32Oh, quelle angoisse, c'était long.
02:34C'est là où j'ai commencé à...
02:36Je crois que c'est là où j'ai commencé à devenir de gauche.
02:38Parce que je voyais de l'agitation.
02:42Sur le fond, sur la forme, vraiment, je me sentais à l'opposé.
02:45François Hollande, je crois que vous l'avez suffisamment assassiné.
02:47Pas besoin de dire autre chose.
02:49Et Emmanuel Macron, à la fin, il règne.
02:51Il a réussi deux mandats consécutifs, peut-être sans...
02:54Il a réussi, il a réussi quoi ?
02:55Il a réélu, peu plus souverain.
02:57Ah oui.
02:57Mais vous voyez, un président qui a été réélu
03:00et qui ne peut pas se représenter,
03:01ce qui n'est pas arrivé souvent,
03:02il aurait pu en faire quelque chose.
03:04Par exemple, il aurait pu dire
03:05je vais prendre des mesures
03:06que personne qui veut se représenter aurait pu prendre.
03:09Par exemple, sur la démocratie,
03:10il aurait pu changer la constitution,
03:11il aurait pu légisferer contre le mensonge en politique,
03:13une mesure qui me tient beaucoup à cœur.
03:15Et lui, il aurait pu le faire en disant
03:15écoutez, ce n'est pas pour moi, je ne me représente pas,
03:17mais moi, je veux sauver la démocratie.
03:18Même ça, il n'a pas été capable.
03:20Plus les injustices sociales qui ont augmenté dans son mandat
03:22et l'inaction climatique,
03:24je n'ai quand même pas beaucoup de trucs positifs à dire.
03:26Donc, je n'ai pas de souvenirs,
03:31que dire ?
03:33Non, mais globalement, même quand elle était née,
03:36ce n'est pas des commentaires
03:39ni très politiques ni très profonds.
03:41Enfin, on dirait une électrice lambda
03:44qui commente ce dont elle se souvient dans sa vie à elle.
03:49Je veux dire, vous enlevez l'image,
03:51jamais vous imaginez que c'est quelqu'un
03:52qui aspire à gouverner la France.
03:55Moi, c'est surtout ça, c'est la désinvolture
03:57dans le ton, l'histoire de son propre pays,
04:00l'histoire politique récente quand même
04:01dans laquelle elle souhaite s'inscrire.
04:03Mais le truc qui me fait le plus rire
04:05quand même dans la bouche de ce genre de personnes
04:08avec l'étiquette politique qu'elle a,
04:09c'est leur infinie admiration pour De Gaulle.
04:11Mais De Gaulle serait là,
04:12mais en trois minutes,
04:13ils auraient tous envie de vomir,
04:15de hurler,
04:15ils seraient insultés du matin au soir.
04:17Ils ne connaissent pas qui il est,
04:18ce n'est pas possible.
04:19Alors oui, il y a le De Gaulle de 40
04:21qui part à Londres,
04:21ça, ils ont compris,
04:22c'est déjà ça, vous allez me dire.
04:24Mais pour le reste, franchement,
04:25ils le détesteraient.
04:27Mais ils combattent toute la journée
04:29tout ce qu'il était.
04:30Et ceux qui, d'ailleurs,
04:31l'a aussi mené à Londres.
04:33On oublie parfois.
04:34Mais bien sûr,
04:35c'est pour ça que c'est...
04:37Il n'y a plus de repères, quoi.
04:39Tu es à un niveau de non-connaissance,
04:42on va dire.
04:43Ah oui, là, c'est...
04:44Et puisque vous citez
04:45le général De Gaulle,
04:47il faut rappeler que De Gaulle
04:48disait que la culture générale
04:49était la meilleure école du commandement.
04:51Là, on voit une personne
04:52qui a la bêtise satisfaite
04:54et qui n'a absolument aucune...
04:55Alors la bêtise, je ne sais pas.
04:57La non-connaissance.
04:58La bêtise, je ne sais pas,
04:59mais la non-connaissance.
05:01L'inculture.
05:01L'inculture crasse.
05:03Oui, l'inculture crasse.
05:03Et qui n'a aucune excuse sociale.
05:05Parce qu'il faut quand même rappeler
05:05que Marine Tondelier
05:06est fille de médecin,
05:07qu'elle a fait une classe
05:09prépa littéraire,
05:09qu'elle a ensuite été
05:10diplômée de sciences polives.
05:11Mais c'est ça qui est fou.
05:12Ça en dit quand même long
05:12sur l'effondrement
05:13du surplomb historique,
05:15du surplomb culturel
05:15chez les élites françaises.
05:16C'est ça qui est très intéressant
05:20de ce que vous dites.
05:20C'est que cette jeune femme
05:21a fait prépa littéraire
05:22et sciences poliles.
05:24Elle est incapable
05:25de mettre en perspective
05:27De Gaulle, Pompidou,
05:30Giscard, Mitterrand, Chirac.
05:32C'est incroyable quand même.
05:33C'est ça qui est sidérant.
05:35L'analyse politique
05:35qu'on peut en faire,
05:36c'est qu'à gauche,
05:37ils ne s'inscrivent plus vraiment
05:38dans une forme d'héritage.
05:39C'est un concept même
05:40qu'ils rejettent.
05:41Ils parlent du cataclysme
05:43qui vient en ce qui concerne
05:44Marine Tondelier,
05:44mais ils ne parlent jamais.
05:45Bon, écoutez.
05:47Moi, je voulais vous montrer ça.
05:49Ils sont ahistoriques.
05:50Il y a quelques pages
05:51de l'histoire
05:52auxquelles il se réfère régulièrement.
05:53Elle n'était pas née non plus.
05:54Je lui signale au passage.
05:55Ce qui est extraordinaire
05:56quand même,
05:57c'est que quand on lui parle
05:59de Giscard, quand même,
06:00elle se dit féministe,
06:01elle se dit progressiste.
06:03Giscard, quand même,
06:04il supprime l'adultère.
06:06Il supprime le délit d'adultère.
06:07Oui, il supprime le délit
06:08plus que l'adultère.
06:09Merci.
06:11Tandis, vous ne voulez pas
06:11le supprimer quand même.
06:13J'ai vu une femme
06:15comparait être en correctionnel
06:16pour délit d'adultère.
06:17J'ai vu, je rentre
06:18dans une salle d'audience
06:19un jour par hasard,
06:20il y avait une pauvre femme
06:21qui répondait
06:22du délit d'adultère.
06:23C'était en 1972,
06:25je crois qu'il a supprimé
06:25en 1973.
06:26Il a donné à la femme
06:27le droit de faire des chèques.
06:29Elle ne l'avait pas.
06:30Enfin, je veux dire que...
06:32Dans les chèques,
06:32c'est 65.
06:33C'est 65.
06:34Non, mais je regarde.
06:35C'est les droits de...
06:36C'est les régimes matrimoniaux,
06:36pardon, les régimes matrimoniaux.
06:38Il a quand même libéré la femme.
06:39Oui, oui, oui.
06:41Et ça, elle ne le sait même pas.
06:42Mais c'est la vie.
06:43Qu'est-ce que vous voulez
06:44que je vous dise ?
06:44Le vide, le vide.
06:45C'est le vide.
06:48C'est le vide.
06:48Ça commode quand même
06:49à tomber très bon.
06:50C'est le vide.
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