00:00Stéphane Lecire, je rappelle donc que vous êtes porte-parole de Sud-Sdys national.
00:04Et donc, ce qu'on comprend aujourd'hui, c'est que vous allez continuer.
00:08Mais enfin, que leur faut-il pour comprendre, après l'été meurtrier que vous venez de vivre ?
00:13Une population qui vient à nos côtés pour dire ce qu'on défend depuis des mois et des années.
00:20On n'y arrivera pas seul, c'est une certitude.
00:22Si la population française ne comprend pas qu'on est en train de démonter complètement la sécurité civile,
00:27on ne peut pas y arriver.
00:28Mais là, c'est l'État qui ne vous entend pas.
00:30Mais l'État, ils ont des bouchons dans les oreilles qui sont, à mon avis, très bien enfoncés en tout
00:35cas.
00:36Donc non, ils ne veulent pas nous entendre.
00:37En fait, qu'est-ce qu'ils attendent aujourd'hui ?
00:39Ils attendent les neuf mois, la mer est calme, on attend le début des élections,
00:43et voilà, ils ne feront rien de plus en fait.
00:44Ils n'ont pas de pouvoir politique, ils n'ont pas d'assemblée, ils n'ont rien en fait aujourd
00:48'hui pour faire.
00:49Donc vous nous dites, on met tout sous le tapis, et puis à charge pour celui qui arrivera de le
00:54faire.
00:54Mais comme on fait depuis des années, parce qu'en fait, ils jouent sur le fait qu'on a ça
00:57dans notre peau,
00:58donc on ira toujours, donc ils se disent, ça passe bien, on continue comme ça.
01:01Et puis, quand on aura un énorme drame, je vous rappelle quand même que les trois piliers de la sécurité
01:06civile,
01:07c'est la protection des biens, pardon, la protection des personnes, des biens et de l'environnement.
01:11Si on prend les feux de cet été, les personnes, on les a protégés, il n'y a pas eu
01:14de mort, heureusement.
01:15Par contre, les biens, 200 maisons en Gironde, dans le Var, etc., on n'a pas été bons.
01:20Et puis la protection de l'environnement, quand on a 100 000 hectares qui brûlent,
01:23je crois qu'on n'a pas été bons, mais ce n'est pas les pompiers locaux qui n'ont
01:25pas été bons,
01:25c'est justement cette partie haute de l'administration et de l'État.
01:28Ils sont complètement satellisés, ils sont lunaires, ils sont dans leur monde, ils pensent que tout va bien.
01:33Parlons clairement, ils ont tardé à réagir, ils n'ont pas mis assez de monde sur le terrain.
01:38Pourquoi vous dites que c'est lunaire ?
01:39Mais c'est lunaire parce que déjà, on paye aussi quelque chose, c'est le fait d'avoir dissous l
01:44'Assemblée nationale.
01:45On change de ministre tous les quatre matins.
01:46Je vous rappelle que le Beauvau de la sécurité est issu de 2022, issu des feux de forêt des Girondes.
01:51La première remarque que fait le Président Macron, c'est qu'on refait tous les Canadaires plus 4, 250 millions,
01:56avant la fin de son quinquennat.
01:58Ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui. Son quinquennat s'arrête quand ?
02:00On les cherche encore.
02:01Il n'y a toujours rien, il n'y a absolument rien.
02:03En fait, on passe notre temps à ça.
02:04Donc, le Beauvau de la sécurité a eu du mal à sortir parce qu'on changeait de ministre tous les
02:08quatre matins.
02:09Mais enfin, la version finale est sortie il y a un an pile poil.
02:12Qu'est-ce qu'ils ont fait pendant 12 mois ?
02:14Moi, je vous promets que si pendant 12 mois, je ne travaille pas au service départemental où je suis affecté,
02:18je n'aurai pas de salaire.
02:19Je vous le dis.
02:20Donc, je voudrais savoir ce que ces gens-là font.
02:22C'est quand même une question importante.
02:24Et je ne parle pas du côté complètement lunaire, des déclarations de la préfète, du ministre, de qui vous voulez.
02:30Enfin, à un moment donné...
02:32Tout le monde se renvoie la balle.
02:33Exactement.
02:33Alors, les réclamations, on va les voir, les différents points précis sur lesquels vous voulez être entendus.
02:39Il y a le financement des services incendie et secours, ou encore le recentrage des missions de secours et les
02:46soins d'urgence.
02:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est l'argent qui manque.
02:49Oui, mais ce qu'il faut comprendre, c'est que la sécurité civile française, c'est un global.
02:54Dedans, vous allez retrouver les départements, ce qu'on appelle justement les SDIS.
02:58Aujourd'hui, donc ça, c'est les départements qui gèrent nos sapeurs-pompiers.
03:00Aujourd'hui, c'est financé uniquement par les communes et les départements.
03:04L'État n'apporte rien.
03:06Sur les 6 milliards de sécurité civile, donc le global, l'État apporte 800 millions,
03:11mais qui sert pour nos canadaires, nos pilotes, etc., etc., pas pour les services départementaux.
03:16Et aujourd'hui, le paradoxe, c'est qu'on demande aux collectivités territoriales de faire 12 milliards d'économies en
03:20deux ans.
03:21Et quand nous, on va les voir, ils nous disent, allez voir vos responsables pour qu'ils donnent plus d
03:25'argent.
03:25Il y a un autre point qui m'a frappée, c'est que vous réclamez le recrutement statutaire de professionnels.
03:29On sait que c'est un corps de métier où il y a beaucoup de volontaires, c'est même le
03:32gros du contingent.
03:34Bon, évidemment, ils font leur travail du mieux qu'ils peuvent, mais c'est un métier sérieux de pro.
03:39Il faut recruter à niveau professionnel.
03:41C'est parce qu'un pompier volontaire, c'est un engagement citoyen.
03:44En ce moment, les pompiers volontaires sont en train de travailler.
03:46Donc, ils ne sont pas disponibles la journée.
03:48Le gros volume de pompiers, on l'a le week-end et la nuit.
03:51C'est comme ça.
03:51Le système marche comme ça en France.
03:53Donc, à un moment donné, il faut pouvoir compenser ce qui nous manque.
03:55On ne va pas mettre les pompiers volontaires au chômage pour qu'ils puissent faire finalement pompiers professionnels.
03:59Ça ne peut pas marcher comme ça en fait.
04:01Et excusez-moi, mais quand on demande 20 000 postes, c'est l'IGA qui demande 20 000 postes.
04:05On a repris ça à l'Inspection Générale de l'Administration,
04:07qui considère qu'aujourd'hui, on ne peut plus tourner avec des services départementaux avec si peu de personnel pro.
04:13C'est l'IGA.
04:14C'est un rapport de l'IGA.
04:15Quand vous dites qu'il faut renforcer la santé et la sécurité des personnels,
04:19ce n'est pas assuré aujourd'hui ?
04:20C'est-à-dire que ça pêche vraiment ?
04:22Donnez-nous des exemples concrets.
04:23L'exemple de la cagoule.
04:24Commençons par la cagoule.
04:26À Bordeaux, ils ont senti les fumées.
04:28Ils ont été irrités.
04:29Ils n'étaient pas à côté du feu.
04:30Nous, les sapeurs-pompiers, ils sont engagés au cœur du feu avec des cagoules
04:33qui ne serviraient même pas pour aller faire du ski.
04:35C'est une catastrophe.
04:36Et là, ce n'est pas qu'il n'existe pas quelque chose d'autre en fait.
04:39C'est qu'à un moment donné, on n'a pas d'argent pour ça.
04:45De la sécurité civile, en fait, ils préfèrent envoyer ces gars au casse-pipe
04:49plutôt que de mettre les moyens derrière.
04:51Vous êtes en train de nous dire que vous avez travaillé dans des conditions extrêmes
04:54avec du matériel obsolète.
04:56Mais bien sûr, on ne pouvait pas se laver les mains.
04:58On avait les mains pleines de suie pour manger.
05:00Enfin, je vous en raconte des vertes et des pas mûres.
05:03On dort sous les camions.
05:05Heureusement que les citoyens sont venus nous apporter un manger, du matériel, etc.
05:11Parce qu'en fait, on était au tiers-monde, excusez-moi.
05:13On en est là en fait.
05:14La sécurité civile française est en train de se casser la gueule.
05:17Stanislas Godon, ça vous parle évidemment comme discours ?
05:19Évidemment que ça nous parle puisque nous étions reçus vendredi.
05:22Et on a eu à peu près le même discours.
05:23Circuler, il n'y a rien à voir, il n'y a pas d'argent dans les caisses.
05:25On va faire un petit plus de 25 millions d'euros sur le fonctionnement et l'investissement.
05:31Bon, quand les narcotrafiquants, ils font 7 milliards de bénéfices.
05:33Bon, bref, on est complètement à côté de la plaque.
05:35Et ce gouvernement, il a abandonné toute la partie régalienne de la sphère, notamment publique.
05:42Il faut être extrêmement clair sur le sujet.
05:44Et quand on nous parle de déficit, moi j'ai envie de dire, mais il ne peut pas y avoir
05:47cet argument vis-à-vis des sapeurs-pompiers
05:50avec qui nous travaillons tous les jours sur le terrain, vis-à-vis des policiers, vis-à-vis de la
05:55justice et votre émission pour les justices.
05:57C'est ça qu'il faut mettre en lumière.
05:59Il faut dire que demain, les citoyens, ils n'auront pas la réponse, je dirais, à ce qu'ils subissent,
06:05notamment au quotidien.
06:06Que ce soit des feux de forêt, que ce soit des violences.
06:08Et tous les signaux sont au rouge.
06:11Je le redis encore une fois, tous les signaux sont au rouge.
06:13Et donc, si demain, on ne met pas un coup de collier, quitte à faire une loi de programmation, pourquoi
06:19pas ?
06:19On peut effectivement imaginer les choses.
06:21Mais en tout cas, les perspectives pour tout le monde.
06:23Parce que sinon, qu'est-ce qui va se passer ?
06:25Tout le monde va être déçu.
06:26Le recrutement, vous n'allez pas l'avoir.
06:27Les moyens, vous n'allez pas les avoir.
06:29Et puis après, qui va souffrir de tout ça ?
06:31Ce sont les citoyens en première ligne.
06:32Vous parlez de sécurité.
06:35Je n'ai même pas évoqué, mais évidemment, c'est dans l'esprit de tout le monde.
06:38Les attaques dont vous êtes la cible maintenant, quand vous êtes en intervention.
06:42C'est-à-dire qu'on vous attaque pour ce que vous êtes, alors que vous venez sauver des vies.
06:46Ça, il y a 20 ans, ça n'existait pas.
06:47Aujourd'hui, c'est courant.
06:49Et ce n'est pas que dans les grandes villes.
06:50Ce n'est pas que dans les quartiers difficiles, comme on dit.
06:53C'est pas nous qu'on cherche à attaquer, c'est l'État.
06:56En fait, c'est toute cette société qui, aujourd'hui, bouillonne pour tout.
07:00On peut parler justice, on peut parler santé, on peut parler pompier.
07:03Enfin bref, l'État a tellement abandonné le régalien pour s'occuper de tout et de rien,
07:07qu'au final, on dépense des milliards.
07:08En fait, c'est des pansements sur des jambes de bois.
07:10Voilà, c'est ça que l'État fait aujourd'hui.
07:12Alors que l'État, gouverner, c'est prévoir, en fait.
07:15C'est donner une vision.
07:16Là, on a un dérèglement climatique, on le sait aujourd'hui.
07:18La sécurité civile, elle n'est même pas prête sur avant.
07:21Donc imaginez sur demain, on va faire pour gérer tout ça.
07:23On va au drame dans ce pays, c'est sûr et certain.
07:24Juste si je peux dire par rapport au budget, la sécurité, la mission sécurité,
07:30qui regroupe la police, la gendarmerie, la sécurité civile, la sécurité routière,
07:34c'est 3% du budget de l'État.
07:36Alors que ça devrait être porté à combien ?
07:37Je veux dire, tout est dit.
07:39Une fois qu'on a ça en perspective...
07:40Ça devrait être un dixième de notre...
07:42Enfin, ça devrait être bien plus important que cela.
07:45On devrait être au-delà même des 10%.
07:48Je veux dire, déjà, là, on pourrait parler, je dirais, d'efficacité sur le terrain.
07:52Un terrain d'efficacité.
07:52Alors le mouvement, il continue.
07:54Excusez-moi, mais en fait, quand vous traitez vos déchets,
07:56c'est trois fois plus cher que les sapeurs-pompiers.
07:58Voilà.
07:58Aujourd'hui, on met plus d'argent dans les...
08:00Je n'ai rien contre, mais à un moment donné...
08:01Que pour sauver des déchets.
08:02On met 100 euros en moyenne par personne, par an et par habitant,
08:06quand on en met 300 pour les déchets.
08:08Voilà.
08:08La vérité, elle est là.
08:09Donc il y a un choix à faire.
08:10Un mot pour votre action, parce que vous appelez les Français à vous soutenir,
08:12à être nombreux.
08:13C'est quoi la date cruciale à retenir, là, aujourd'hui ?
08:14Alors, la date cruciale, c'est le 27, 28 et 29.
08:18Le 28, grande manifestation, sapeurs-pompiers.
08:20Alors, nous, on n'est que sur l'institution.
08:22On n'est pas en train de vous parler de nos problématiques de métier.
08:24On est uniquement sur l'institution.
08:26Donc le 28, il y a une grande manifestation avec les sapeurs-pompiers.
08:28Le 29, on va se joindre au collège de la fonction publique en général.
08:32Mais je vais vous montrer quelque chose.
08:34Il y a une mamie qui m'a laissé ça ce matin en partant.
08:35Je ne sais pas si la caméra peut voir.
08:37Les Français, on peut...
08:38Ah, on verra peut-être pas.
08:39C'est écrit merci.
08:43Tout le monde peut mettre du rouge.
08:44En fait, on veut faire le fameux septembre rouge.
08:46Donc, il faut venir avec un petit...
08:47Non, il faut mettre ça à vos balcons, à vos voitures.
08:49Vous faites du rouge partout, partout, partout.
08:51Il n'y a que comme ça, comme ça, que les élus vont enfin comprendre.
08:53Merci.
08:53Belle image qui fait évidemment écho à votre liseré sur votre t-shirt.
08:59Merci beaucoup.
08:59Merci beaucoup.