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  • il y a 7 semaines
Sodexo, Volkswagen ou même Uber… Les annonces de destructions massives d’emplois se multiplient. Et elles ne pourraient être que la partie visible de l’iceberg, au milieu des ruptures de contrat pour motif individuel ou accord conventionnel…

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00:02Musique
00:11Le Cercle RH, notre débat d'actualité hebdomadaire avec nos experts pour parler à la fois des plans sociaux
00:17mais aussi des chiffres du chômage parce que le chômage a passé la barre des 8%.
00:21On reviendra évidemment sur les motifs qu'il justifie, l'intégration des allocataires du RSA,
00:26des territoires ultramarins qui intègrent les chiffres du chômage qui les font grimper
00:30mais quelques indicateurs nous montrent que des plans sociaux, des défaillances d'entreprises records
00:36nous indiquent qu'évidemment le chômage risque de progresser encore un peu.
00:40Quelles en sont les causes profondes ?
00:42On va en parler à moins d'un an d'une élection présidentielle où chaque candidat propose sa formule
00:48pour évidemment réduire ce nombre de demandeurs d'emploi.
00:52On en parle avec mes invités.
00:53Laurent Capeletti est avec nous.
00:54Bonjour Laurent, professeur au CNAM.
00:57J'espère que vous avez passé un bel été.
01:00Américain, Philadelphie, j'ai vu.
01:02Voilà, Academy of Management.
01:03Donc vous n'êtes pas parti en vacances avec une serviette de plage
01:05mais bien en costume pour faire des conférences à Philadelphie.
01:09Merci d'être venu nous rendre visite.
01:10À vos côtés, William Thay.
01:11Bonjour William.
01:12J'espère que vous avez passé vous aussi un bel été.
01:14Je ne sais pas s'il était à Philadelphie.
01:16Le millénaire, votre think tank, on vous écoutera.
01:19Et puis évidemment Jean-Christophe Sibéras est avec nous.
01:21Bel été aussi, j'imagine, président de New Bridges.
01:26Et vous êtes par ailleurs, dans votre vie ancienne,
01:29DRH de plusieurs entreprises publiques ou privées.
01:32Merci d'être là.
01:33Qui veut commencer, William Thay ?
01:34Vous avez souvent des mots un peu rudes.
01:38Qu'est-ce qui explique aujourd'hui que le chômage progresse ?
01:41Alors je ne mets pas dans la liste des mauvais chiffres.
01:43Une croissance en berne, un chômage en progression,
01:45une dette qui elle-même se creuse,
01:47qui tout ça imbriquait,
01:49nous donne un projet de loi de finances annoncé terrible et douloureux.
01:53Qu'est-ce qui justifie,
01:54qu'est-ce qui peut expliquer ce taux de chômage ?
01:55Premièrement, on ne s'est jamais remis de la crise du Covid.
01:58Ça veut dire qu'en fait, la France,
01:59qui avait plutôt bien démarré lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
02:02avec des chiffres qui étaient plutôt bons,
02:03se sont retournés avec le Covid.
02:04Parce qu'on ne s'est pas adapté à la crise
02:06et qu'on n'a pas réussi à adapter nos systèmes de production.
02:08Ensuite, après, quand vous regardez la situation,
02:10les entreprises n'embauchent pas,
02:12voire licencient,
02:13parce que vous avez une incertitude.
02:14Or, ce qui fait peur à toutes les entreprises,
02:15ce n'est pas forcément une croissance qui est en baisse,
02:17parce qu'en fait, ça dépend exactement des marchés.
02:19Puis la plupart des entreprises, maintenant,
02:21se prospectent à l'international.
02:22Ça dépend en fait de l'incertitude.
02:23Or, vous avez plusieurs incertitudes.
02:25La première, c'est ce que vous avez appelé la loi budgétaire,
02:27c'est-à-dire qu'ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés.
02:29Est-ce qu'il y aura des taxations supplémentaires
02:30pour faire passer un budget ?
02:31Est-ce que ça va passer par ordonnance ?
02:33Est-ce que ça va passer par un 49-3 ?
02:34Est-ce que ça va passer avec un accord avec la gauche ?
02:35Donc forcément, ça, ça crée une incertitude.
02:37La deuxième, c'est que vous en avez parlé,
02:39il y a une incertitude qui est portée sur l'élection présidentielle.
02:41On ne saurait pas qu'il sera le prochain locataire de l'Elysée.
02:43Et actuellement, les chiffres ne permettent pas
02:44d'avoir une prévision qui soit stable.
02:46Même si une favorite se dégage,
02:47elle est quand même au coude à coude avec son deuxième postulant.
02:51Et ensuite, après, vous avez également une incertitude économique.
02:53Elle s'est mis au coude à coude dans les sondages.
02:54Elle s'est mis au coude à coude.
02:55Elle fait le double.
02:55En tout cas, au deuxième tour.
02:56Au deuxième tour, en effet.
02:57C'est plus risqué.
02:58C'est vrai.
02:58Ensuite, après, vous avez une incertitude qui est économique.
03:01Ça veut dire qu'à partir du moment
03:01où vous avez un retour d'un président
03:03qui utilise en fait l'arme économique
03:05et notamment les droits de douane comme arme économique,
03:08notamment pour contraindre certains pays,
03:09vous avez un environnement international qui est incertain.
03:11Et puis après, moi, je pense que le dernier paramètre,
03:12c'est l'incertitude qui est technologique.
03:14Vous avez une révolution qui est nouvelle, qui est l'IA.
03:16Et en fait, beaucoup d'entreprises se disent
03:23et donc avant d'embaucher en raison d'un droit de travail
03:25qui soit restrictif
03:26et qui ne vous plaît pas d'avoir assez de manœuvres
03:27pour pouvoir licencier les gens rapidement,
03:29vous vous dites, il vaut mieux pas embaucher maintenant,
03:31voire faut licencier.
03:32Et s'il y a besoin de rembaucher après,
03:33on peut toujours embaucher après.
03:34Je ne vais pas parler des plans sociaux,
03:35mais Sodexo l'a annoncé très récemment.
03:37Il y a un plan social de 1 000 salariés.
03:39Le Volkswagen, c'est en Allemagne,
03:40mais c'est un plan social historique
03:41qui est lié à la crise de l'automobile.
03:43On a Saint-Gaudens, je le dis,
03:46entreprise industrielle de papeterie
03:48suspendue aux lèvres du tribunal de commerce,
03:50265 salariés,
03:51dernière entreprise industrielle de fabrication de papiers.
03:55Laurent Capeletti, je vous vois réfléchir.
03:57Là, on a un panorama donné par William Thay
03:59avec un certain nombre de causes.
04:01Est-ce que notre modèle en soi,
04:02quand on va au Medef,
04:03quand on va à la REF
04:04et qu'on parle avec des entrepreneurs,
04:06des chaînes d'entreprise,
04:06ils vous disent, moi, j'embauche pas
04:07parce que les contraintes sont lourdes
04:10et la difficulté de me séparer d'un collaborateur
04:13est d'autant plus difficile
04:14qu'aujourd'hui, l'incertitude fait que j'embauche plus.
04:16Est-ce que ce qu'on appellerait notre modèle social
04:19est un frein à l'embauche
04:21et peut-être même un élément qui creuse notre chômage ?
04:24Alors, moi, sur ce point, je dirais deux choses.
04:26D'une part, il y a quand même beaucoup de plans sociaux
04:28et d'ailleurs, les dirigeants le disent,
04:31en réalité, qui cachent des erreurs stratégiques majeures.
04:34C'est le cas de Volkswagen, etc.
04:36Ça, c'est le premier point.
04:38Il n'y a pas que...
04:39Il y a des raisons que vous avez évoquées
04:41et puis après, il y a des raisons micro.
04:44Dans cet ordre d'idée-là,
04:45on a des plans sociaux qui ne sont dus uniquement...
04:48Alors, des entreprises vraiment en situation calamiteuse, etc.
04:51Elles n'ont plus que ça à faire, ok.
04:52Des plans sociaux boursiers ?
04:53Mais on a des entreprises où, en fait,
04:55c'est du management par la réduction des coûts visibles.
04:57Donc, on taille dans les charges fixes
04:59et notamment, en fait, on licencie.
05:01Alors qu'on pourrait aussi, pour pérenniser les marges,
05:04en fait, avoir un management par la création de valeur.
05:07C'est-à-dire jouer, en fait, sur chiffre d'affaires
05:09moins charges variables
05:09et non pas sur les charges fixes.
05:11Donc, il y a aussi, j'allais dire,
05:13la pérennisation d'un management financier à court terme,
05:18brutale et classique,
05:19dans des entreprises qui pourraient faire autrement.
05:20Pour Sodexo, franchement,
05:22s'ils managent comme ça,
05:24alors que c'est une entreprise de service,
05:25je me demande comment ils vont faire
05:27pour survivre et se développer.
05:28Et le troisième point,
05:29alors là, vous avez raison,
05:31c'est justement, avant de venir, je lisais...
05:34Moi, je pense que l'erreur majeure
05:35de ces dix dernières années,
05:36c'est de ne pas avoir fait un système,
05:38en gros, flexi-sécurité.
05:40Voilà.
05:41Le retour du mot flexi-sécurité.
05:43Pour tout ce qui est...
05:44C'est-à-dire, en fait...
05:45Alors, par exemple, sur le chômage.
05:47Je suis allé voir les statistiques.
05:49Au Danemark,
05:5024 mois d'indemnité chômage,
05:53en France, 18,
05:54donc ils ont plus.
05:55Mais en revanche,
05:5640% des Danois sont au retour à l'emploi
05:59en moins de trois mois.
06:00Tout à fait.
06:00Nous, en moyenne, c'est 11 mois.
06:02Voilà.
06:03Pourquoi ?
06:03Parce que, dès que vous tombez en chômage,
06:05il y a une politique de contractualisation
06:08qui est mise en place
06:09pour vous permettre
06:12de retourner à l'emploi
06:13le plus rapidement possible.
06:15Très incitatif, contractualisé,
06:17plan de formation, cible,
06:18où sont les besoins, etc.
06:20Je pense que, sur ce plan-là,
06:22justement, dans la prochaine...
06:23J'entends toujours...
06:24J'en entends pas parler, d'ailleurs,
06:25de ça.
06:26Vous l'avez entendu.
06:26L'un des candidats,
06:27Édouard Philippe,
06:28lors de la REF, d'ailleurs,
06:29puisqu'il y a eu le grand oral de la REF,
06:30évoque la réduction de l'indemnisation chômage
06:33de 18 à 12 mois pour les moins de 5 ans.
06:36Il touche pas aux seniors.
06:37Je vous pose la question,
06:38parce que je ne l'ai pas précisé.
06:39Vous avez été aussi inspecteur du travail.
06:41Vous avez une connaissance du droit du travail.
06:43On nous dit, finalement,
06:44que notre modèle n'est pas fluide,
06:46ni dans l'entrée, ni dans la sortie.
06:48Et que, finalement, ça crispe
06:50notre système de recrutement,
06:51mais aussi le système qui permet à un collaborateur
06:53de partir, on a traité sur ce plateau
06:56la réforme de la rupture conventionnelle
06:59qui a été réformée pour la limiter.
07:01Qu'est-ce que vous en pensez de ce chômage,
07:03non pas structurel,
07:04mais ce chômage qui progresse
07:05par frileusité des chefs d'entreprise
07:07et par un modèle un peu vieillot ?
07:10Oui, je vais quand même dire quelque chose,
07:13peut-être, c'est qu'il faut parler de l'emploi
07:15avant de parler du chômage.
07:17En France, aujourd'hui,
07:19il n'y a jamais eu autant de salariés au travail.
07:22C'est-à-dire que l'emploi, il a grandi.
07:25Et même si le chômage grandit,
07:27l'important, c'est que l'emploi grandisse
07:29plus vite que le chômage.
07:31Et c'est ce qui se passe.
07:32C'est-à-dire qu'en fait, malgré tout,
07:36en trajectoire,
07:36et ce qui compte, c'est l'emploi.
07:38Ne serait-ce que parce que c'est ça
07:39qui permet de faire des cotisations
07:41et donc éventuellement de payer
07:44l'assurance chômage.
07:45Donc je voudrais quand même dire ça,
07:47c'est très important.
07:48C'est-à-dire que si on regarde toujours
07:50le verre à moitié vide
07:51et pas le verre à moitié plein,
07:52on n'y arrive pas.
07:53Or, le verre à moitié plein,
07:54c'est l'emploi.
07:55C'est ça qui compte.
07:57Pour qu'il y ait de l'emploi,
07:58il faut qu'il y ait des gens qui embauchent,
07:59les entreprises.
07:59Si on n'a jamais eu autant d'emplois,
08:01c'est que les gens ont été embauchés.
08:03Bon, petit 1.
08:04Petit 2.
08:05Là, c'est le verre à moitié plein
08:06qu'on est en train de...
08:07C'est un peu ça.
08:08Non, mais c'est ce qui compte.
08:08Ce qui compte, c'est les gens
08:09qui ont du boulot
08:10et qu'on aide ceux qui n'en ont pas
08:11à en retrouver, effectivement.
08:12Ça, c'est le boulot de France Travail,
08:13notamment.
08:14Alors, effectivement,
08:15le sujet de la France,
08:16c'est de se dire,
08:16merde, on a 8% de chômage,
08:18alors les autres ont 4,
08:21enfin, voire moins, etc.
08:25Alors, il faut bien regarder les trucs,
08:26parce que j'ai tout d'un de marques,
08:29quand ils ont le chômage affiché,
08:32c'est-à-dire les inscrits
08:32dans les centres, les job centers danois,
08:35et puis, en fait,
08:36quand on regarde l'indice de comparaison
08:38du chômage au sens du BIT,
08:41c'est-à-dire c'est vraiment
08:41la mesure avec les enquêtes,
08:43donc on peut comparer les pays,
08:44qui sont à 7,1 dans le Danemark,
08:46mais ils affichent 2,5,
08:47parce que leurs inscrits
08:48dans les job centers,
08:49mais si on fait les enquêtes...
08:51En France, on ne fait pas.
08:52Voilà, parce qu'il y a des gens
08:52qui ne sont pas sur le marché du travail,
08:54qui s'en retirent, etc.,
08:56et que l'enquête BIT
08:58permet de dénicher.
09:00Donc, vous dites que ce n'est finalement
09:01pas si sombre que ça.
09:02Et alors, moi, franchement,
09:04je me serais attendu plus tôt
09:05avec ce qui se passe.
09:06C'est vrai.
09:07Ce qu'a dit William,
09:08effectivement, on a les facteurs...
09:10Ça résiste bien, en fait.
09:11Merde !
09:12On a un système global compliqué,
09:16aléatoire.
09:18La certitude sur l'avenir,
09:22les variables...
09:23Voilà.
09:23L'IA...
09:24Enfin bon, bref,
09:25moi, chef d'entreprise,
09:26aujourd'hui, je dis chapeau,
09:27chef d'entreprise,
09:28ce n'est quand même pas facile.
09:29Oui, donc vous dites...
09:30Il y a du courage.
09:31Et quand même,
09:32en France,
09:33ça résiste.
09:33ces chefs d'entreprise,
09:35eh bien, ils embauchent.
09:36Et ils prennent des gens.
09:38Bon.
09:38Après, il y a des gens
09:39qui sortent quand même
09:40du...
09:40Tous les ans,
09:41bon, attends,
09:4354 000 plans sociaux,
09:46c'est dérisoire.
09:48À côté des flux
09:49qu'il y a d'entrée,
09:50de santé, du machin,
09:50il y a des millions.
09:51La démographie nous aide bien,
09:52quand même,
09:52si je peux me permettre.
09:53Après, ce qui est vrai,
09:54c'est qu'il y a des phénomènes
09:54de contournement.
09:56Il y a des gens
09:56qui font autre chose
09:59que pour faire des plans social
10:00qui passent un peu par d'autres.
10:01Je veux dire,
10:02un chiffre,
10:02parce qu'on s'envoie
10:02des chiffres qui sont intéressants.
10:04Et je suis d'accord
10:04que c'est le verre à matière plein.
10:06Le modèle résiste.
10:08Pas si mal.
10:09On pourrait être à 10
10:09dans un contexte
10:10d'incertitude,
10:11d'autiforte.
10:12Il y a quand même
10:12un chiffre qui est porté
10:13par GSC.
10:14GSC, vous savez,
10:14c'est la structure
10:15qui accompagne
10:15les chefs d'entreprise
10:16qui n'ont aucune aide.
10:17Lorsqu'ils mettent
10:18la clé sous la porte,
10:18ils se retrouvent sans rien.
10:20C'est une structure GSC
10:21qui les accompagne.
10:2361 000 cessations d'activité
10:24en 2025
10:25et on augmente
10:26sur le dernier trimestre
10:272026
10:28au-delà de 79 000.
10:30C'est-à-dire derrière,
10:31ce sont des salariés
10:31qui tombent.
10:32Ça, c'est un très mauvais indicateur,
10:35William,
10:35quand même,
10:35d'entreprises
10:37dont j'ai regardé le détail
10:38qui non seulement ferment
10:39parce qu'elles n'ont plus
10:39d'activité économique,
10:40mais certaines ferment,
10:41tout simplement,
10:42elles ont une bonne activité économique
10:43mais elles mettent la clé
10:44sous la porte
10:44parce qu'elles n'en peuvent plus.
10:45C'est ce que dit le dirigeant.
10:47Il y a un premier paramètre
10:48par rapport à ce qui a été évoqué
10:49précédemment.
10:49En fait, la France,
10:50historiquement,
10:50lorsque vous avez une crise économique,
10:51on est un peu en crise économique,
10:53elle résiste mieux,
10:54c'est-à-dire que vous avez
10:54moins de baisse d'emploi
10:56que dans les autres pays.
10:56C'était le cas
10:57lors de la crise financière de 2008,
10:58c'était le cas
10:58lors de la crise des souveraines,
11:00etc.
11:00Donc souvent, c'est le cas.
11:01Donc c'est notre modèle
11:01qui nous permet ça.
11:02Par contre,
11:02lorsque vous avez des cas
11:03de croissance économique,
11:04on arrive moins bien
11:05à faire propulser les gens.
11:06Il y a deux chiffres
11:08qui sont intéressants.
11:09Le premier,
11:10c'est la question du taux d'emploi.
11:11Vous avez combien de taux d'emploi,
11:12donc vous avez combien de personnes
11:13parmi les personnes en activité
11:14qui possèdent actuellement un emploi.
11:16Et historiquement,
11:17la France a un taux d'emploi
11:18qui est bien affaire,
11:18notamment à l'Allemagne,
11:20qui notamment ne nous permet pas
11:21de financer notre modèle social
11:22parce qu'il est déficitaire,
11:23notamment sur le régime des retraites.
11:24Le deuxième paramètre
11:25qui est important aussi,
11:26moi je pense,
11:27c'est le PIB par habitant.
11:29Ça veut dire qu'en fait,
11:30depuis les années 80...
11:31On était la septième puissance du monde.
11:33Ah ben non,
11:33mais je vais même aller.
11:34On en est 25e ?
11:36Le PIB de la France en 1980
11:38était quasiment le plus important du monde.
11:40Un Français produisait plus
11:41qu'un Américain,
11:41un Anglais,
11:42un Allemand,
11:43et donc c'était le pays le plus riche.
11:45Maintenant,
11:46le taux d'écart,
11:46on était à 12 000 par tête
11:47et on était supérieur aux autres.
11:48Maintenant,
11:48on est à 44 000.
11:50Le Royaume-Uni à 53 000,
11:51l'Allemagne à 56 000
11:53et les États-Unis à 80 000.
11:54Donc ça veut dire qu'en fait,
11:55même si on produit des emplois,
11:56c'est des emplois qui sont
11:57beaucoup moins rémunérateurs
11:58que ce sont nos voisins.
11:59Donc maintenant,
12:00on arrive sur la question que vous posez.
12:01Ça veut dire qu'en fait,
12:02on a un problème,
12:02c'est qu'en fait,
12:03on embauche des bzobes
12:04qui ne sont pas top
12:05parce qu'on appelle ça
12:06la SMIC-ardisation de la société
12:07parce qu'en fait,
12:08la plupart des emplois
12:08sont tirés par le SMIC.
12:10Et en plus,
12:10les emplois ne sont pas forcément
12:12très durables.
12:13Enfin, s'ils sont durables,
12:14ils sont protégés par le droit du travail,
12:15mais ça ne permet pas aux gens
12:16d'avoir une augmentation de salaire.
12:17Et c'est ça les problèmes
12:18qu'on a essentiellement.
12:18Donc maintenant,
12:19comment on fait ?
12:19Le livre d'Antoine Fouché.
12:20Moi, je pense qu'on va arriver
12:21sur un choix de modèle
12:22qui va arriver
12:23dans les prochaines années.
12:25C'est soit on garde
12:26ce qu'on appelle
12:26notre modèle social
12:27qui est plutôt un modèle
12:29assurantiel
12:29qui est vous cotisez beaucoup,
12:31vous avez beaucoup d'impôts,
12:32vous avez beaucoup de charges,
12:33mais lorsque vous avez
12:33des aléas de la vie,
12:34lorsque vous avez des crises économiques,
12:35vous êtes protégé.
12:36Donc vous avez un minima
12:37qui est plus haut.
12:38Par contre,
12:39vous avez un plafond
12:39qui est beaucoup plus bas
12:40que ce de nos voisins.
12:41Ou sinon,
12:41on se dit que,
12:43vu comment réagit la GENZ
12:44quand vous regardez
12:45les enquêtes qualitatives
12:45et quantitatives,
12:46comment vous regardez
12:47les management de carrière
12:50où maintenant les gens
12:50restent 5 ans,
12:513 ans en moyenne
12:52dans leur emploi
12:53et veulent changer rapidement.
12:54C'est clair.
12:54Pour moi,
12:54ce n'est plus un modèle
12:55qui est adapté
12:56et que les gens,
12:56maintenant,
12:57surtout les jeunes,
12:58ils veulent être embauchés
12:58à des sphères
12:58qui sont beaucoup plus élevées,
13:00avoir plus de mobilité de carrière.
13:01Et un équilibre de vie.
13:02Et donc,
13:02en plus,
13:03il y aura la polémique
13:04qui va être portée
13:04sur le financement
13:05des retraites et des boomers.
13:06Je pense qu'on n'aura pas le choix
13:07que d'introduire la capitalisation
13:08sur les retraites
13:09et donner beaucoup plus aux gens
13:11la liberté de leur choix
13:12et qu'ils veulent beaucoup moins
13:13un modèle qui sera
13:14de moins en moins social.
13:14Donc,
13:15je pense que dans les 20-30
13:16prochaines années,
13:16on aura un modèle
13:17qui sera beaucoup moins assurantiel
13:18et qui aura un modèle social
13:19qui sera beaucoup moins lourd
13:20et qui sera plus en comparaison
13:21des États-Unis
13:22ou des voisins européens.
13:24Donc,
13:24il y a un florilège
13:25même de propositions
13:26qui ont été portées
13:27par des candidats,
13:28je pense à Attal,
13:29à l'AREF,
13:29qui évoquaient
13:30d'assumer l'idée
13:31de la capitalisation.
13:33D'ailleurs,
13:33sa théorie,
13:34c'est de dire
13:34qu'on donne beaucoup
13:35par le modèle social,
13:36on donne beaucoup plus
13:37que la retraite
13:38que l'on reçoit.
13:39Parenthèse fermée.
13:41Vous disiez
13:4133ème position
13:42de la France.
13:43Moi,
13:43j'étais resté à 25,
13:44donc on est le 33ème pays
13:46en termes de richesse.
13:47Je redis,
13:48est-ce que la solution
13:49de la création d'emplois
13:50et d'emplois durables,
13:52c'est de réduire
13:53l'indemnité chômage
13:55qui s'est déjà réduite
13:56à plusieurs reprises ?
13:57Est-ce qu'il faut aller
13:58jusqu'à 12 mois
13:59comme le propose
13:59Édouard Philippe ?
14:00C'est quoi la solution ?
14:02Ou alors,
14:03on libère les charges,
14:05on allège les charges
14:06et on permet aux gens
14:07d'embaucher,
14:08aux chefs d'entreprise,
14:08d'embaucher plus.
14:09C'est quoi les options ?
14:10Alors,
14:11la première chose à dire,
14:12c'est qu'effectivement,
14:13compte tenu des crises extérieures,
14:14etc.,
14:14quand on regarde
14:15la création d'emplois
14:16depuis 2017,
14:18autour de 2 millions
14:18d'emplois créés,
14:21on résiste bien.
14:22On va dire ça comme ça.
14:23Le problème,
14:23en fait,
14:24c'est qu'on résiste bien
14:25mais de façon insupportable
14:26pour notre économie publique.
14:28C'est-à-dire,
14:29en fait,
14:29ça se fait au prix
14:30de déficit public.
14:32Et deuxièmement,
14:33ces créations d'emplois,
14:33effectivement,
14:34quand on regarde
14:34la création de valeur
14:35par emploi,
14:37voire même
14:37les chiffres de productivité,
14:39elle a tendance
14:39en fait à diminuer
14:40au fil du temps.
14:41Alors,
14:42la solution,
14:42c'est quoi ?
14:43Je ne l'ai pas
14:43parce que sinon,
14:44je l'appliquerai,
14:44évidemment.
14:45On va dire
14:46qu'il y a différentes pistes.
14:47Il y en a une,
14:48en effet,
14:49dont on parle peu.
14:49Il y a des solutions
14:50qu'on qualifierait
14:51de macro
14:52qui consistent en fait
14:53à mieux gérer,
14:54effectivement,
14:55par la contractualisation.
14:58Pas spécifiquement
14:58en réduisant,
14:59par exemple,
14:59la durée d'indemnité
15:00mais en faisant en sorte
15:01que quand une personne
15:02est au chômage,
15:03elle retourne plus vite
15:04à l'emploi.
15:05Voilà.
15:05Et ça,
15:06ça se fait en fait
15:07par de la gestion,
15:10la contractualisation,
15:11etc.
15:12Et deuxièmement,
15:13il y a une chose aussi
15:13sur laquelle,
15:14dans le débat en fait
15:15qu'on oublie,
15:16c'est là où le MEDEF
15:17en fait a fait un énorme,
15:19de mon point de vue,
15:20progrès,
15:21en sortant donc au REF
15:23en fait un rapport
15:24sur la compétence managériale,
15:25c'est-à-dire reconnaissant
15:27que en France,
15:29comparé à la plupart
15:30des pays européens
15:31qui s'en sortent mieux que nous
15:32sur tous ces indicateurs,
15:34nous avions en fait
15:36un retard
15:37de compétence managériale
15:38des dirigeants,
15:39des managers
15:40notamment,
15:41j'inclus là-dedans
15:43le dialogue
15:43social et professionnel
15:45de nos entreprises
15:45et que
15:46ces défaillances,
15:48on va dire
15:48ces défauts
15:49de compétences managériales
15:51font monter le chômage
15:52entraîner
15:52des pertes de productivité
15:54d'un côté
15:54des départs pour le moins
15:55et aussi
15:56des problématiques
15:57d'innovation
15:58c'est-à-dire que
16:00il y a un troisième effet
16:01notre maintien d'emploi
16:03se fait aussi au prix
16:04d'une moindre innovation
16:07et donc au bout du compte
16:08effectivement tout ça joue
16:10en faveur d'une reprise
16:10de changement
16:11vous voyez
16:11donc
16:13ok pour toutes les solutions
16:14j'allais dire macro
16:16je ne vais pas dire
16:17que tout est bon à prendre
16:18mais en avant
16:19mais n'oublions pas aussi
16:21ce qui se passe
16:22dans les entreprises
16:23et là
16:24notamment au niveau
16:25qualité du management
16:26qualité du dialogue
16:27etc.
16:28on est en retard
16:31par rapport à plein d'autres pays
16:32j'allais évoquer
16:33les postes vacants
16:34à 365 000
16:35enfin c'est un peu compliqué
16:36parce qu'il y a des entrées
16:36des sorties
16:37il y a des flux
16:37il y a le stock
16:38enfin il y a 365 000 emplois
16:40qui ne sont toujours pas pris
16:41alors qu'on a 2 millions
16:42et 5 millions au total
16:45de demandeurs d'emploi
16:45c'est comme ça
16:47on a un problème
16:48avec notre management
16:48et que le management
16:49serait aussi une des sources
16:50ou une des causes
16:51de la difficulté finalement
16:53de pouvoir créer
16:53de l'attractivité
16:54dans une entreprise
16:55notre manager
16:55il est un peu
16:57année 2000 quoi
16:59juste
16:59il n'y a pas 5 millions
17:00il y a 5 millions
17:01de demandeurs d'emploi
17:02là-dedans
17:02il y en a 1 million
17:03qui ont un boulot à temps plein
17:03vous savez que c'est très facile
17:05de s'assurer à Pôle emploi
17:06il y a une catégorie
17:06donc ne mélangeons pas tout
17:08les vrais demandeurs d'emploi
17:09c'est la catégorie A
17:10attention
17:10oui c'est la catégorie A
17:11parce que sinon
17:12dans les campagnes électorales
17:13on finit par sortir des chiffres
17:14et affoler tout le monde
17:15c'est exact
17:15il faut quand même
17:162 millions 6
17:17sur le management
17:17c'est très important
17:19il y a un mot clé en France
17:21qui est très recherché
17:24mais peu appliqué
17:25c'est le mot confiance
17:27la qualité du management
17:29elle se traduit souvent
17:30parce qu'on a mis la confiance
17:32au coeur de l'organisation
17:33quand il y a la confiance
17:35on délègue plus
17:36parce qu'on se dit
17:37ils vont faire
17:38et quand vous déléguez
17:39vous allégez les structures
17:41managériales
17:42et c'est là où on rejoint
17:43la performance économique
17:44moi en entreprise
17:46j'ai eu des plans
17:46de transformation
17:47on se disait
17:50on déléguait jusqu'à tel niveau
17:52en euros
17:53on va leur déléguer plus
17:54les mêmes personnes
17:55ça permettait de supprimer
17:57un niveau
17:57dans l'hierarchique
17:59et on faisait
18:00on reliait
18:01les gens étaient plus
18:02on réduisait les coûts
18:03on réduisait les coûts
18:04on faisait plus confiance aux gens
18:06les gens étaient plutôt contents
18:08qu'on leur fasse confiance
18:08parce qu'en général
18:09quand on vous fait confiance
18:10ils se trouvent qu'en général
18:11c'est un peu comme dans tout
18:12on est meilleur
18:14vous foutez
18:15si on vous fait confiance
18:15vous êtes meilleur
18:16et de la reconnaissance
18:17dans la famille
18:17si on vous fait confiance
18:18vous êtes meilleur
18:19donc les entreprises
18:20c'est pareil
18:20on a un petit sujet
18:22objectivement
18:22un euphémisme
18:23sur la confiance
18:24mais la confiance
18:25dans le management
18:26il y a des tas de domaines
18:28en France
18:28ça ne se décrète pas
18:29c'est un slogan
18:30juste
18:31et là je m'adresse
18:32à ceux qui sont
18:32plus spécialistes que moi
18:33le système financier
18:34en France
18:35parce que
18:35pour faire du business
18:37pour créer
18:38pour se développer
18:39il faut aussi avoir
18:39des gens qui vous accompagnent
18:41il faut une naissance
18:41dans le moteur
18:41voilà
18:42bon
18:43les banques
18:43le marché
18:44les marchés financiers
18:45les fonds
18:46là pour le coup
18:47la comparaison
18:48avec les US
18:49tous ceux qui ont été chercher
18:50de l'argent en France
18:51versus aux US
18:52ils reviennent
18:53en vous disant
18:54là-bas on prend plus de risques
18:56les gens savent
18:57qu'ils ne vont pas gagner
18:58à tous les coups
18:59en France vous avez des gens
19:00en face de vous
19:01quand vous cherchez de l'argent
19:03ils ne veulent pas perdre
19:04ils veulent gagner à tous les coups
19:06c'est sûr qu'ils disent
19:07oui moins souvent
19:08et là aussi
19:08c'est une question
19:10de la capacité d'un pays
19:11à faire confiance
19:13donc c'est le management
19:14c'est le système financier
19:15très honnêtement
19:17on pourrait parler
19:18de la sphère politique
19:19la question de la décentralisation
19:20on en parle
19:21mais quand vous allez
19:22au Danemark
19:23ou dans des pays
19:24d'Europe du Nord
19:25vous voyez le rôle
19:26des mairies
19:27des collectivités
19:28la décentralisation
19:29vous voyez la taille
19:29c'est un plus petit pays
19:30le Danemark
19:31on le cite depuis tout à l'heure
19:31enfin en taille
19:32c'est plus du tout
19:33mais c'est vrai
19:34on décentralise beaucoup plus
19:35regardez la taille
19:36de la mairie
19:36de Copenhague
19:37versus la taille
19:38de l'immeuble
19:39du gouvernement
19:41la mairie
19:42est immense
19:43c'est exact
19:44pourquoi ?
19:44parce que
19:45et les job centers
19:46qui aident les demandeurs
19:47d'emploi au Danemark
19:48à retrouver du boulot
19:49ils sont décentralisés
19:50ils appartiennent
19:51ils dépendent des mairies
19:52ils ne dépendent pas
19:53d'une énorme administration
19:54centralisée
19:55comme en France
19:56comme France travaille
19:57vous voyez
19:57c'est tout un système
19:58le temps presse
20:00allez-y
20:01allez-y
20:0210 secondes
20:03cher Arnaud
20:05au Danemark
20:06les Danos acceptent
20:07de travailler jusqu'à 70 ans
20:09c'est parce que c'est un pays
20:10plus petit que nous
20:10vous croyez vraiment ?
20:11c'est vrai je suis d'accord
20:12c'est pas un argument
20:13c'est parce que
20:14la manière dont on va au travail
20:16n'est pas le
20:16c'est qu'à un moment donné
20:17dans les relations sociales
20:19au travail
20:20c'est mieux
20:20je pense qu'il y a deux choses
20:23le premier c'est que les gens
20:23ne veulent pas perdre
20:24parce que de toute façon
20:25il n'y a pas beaucoup d'opportunités
20:26comme la croissance
20:26est inférieure en France
20:27à d'autres pays
20:28les gens se disent
20:29pourquoi investir dans la France
20:30c'est pas le marché le plus rentable
20:31et donc vous n'avez pas le goût
20:32de prendre des risques
20:32et deuxième point
20:33je pense qu'on a un problème
20:34de culture
20:34c'est qu'en fait
20:35les gens ne se font pas confiance
20:36parce qu'en fait
20:36on a un cercle vicieux
20:37où chacun perd
20:37et donc comme chacun perd
20:38on a tendance à sauver
20:39ce qui est à sauver
20:40et pas faire confiance pour gagner
20:41débat absolument passionnant
20:43tant sur le macro
20:43que sur la partie psychologique
20:45aussi du mot confiance
20:46qui est une clé essentielle
20:48moi je vous fais en tout cas
20:48entièrement confiance
20:49je tenais à vous le dire
20:51chers invités experts
20:52merci à Laurent Cappelletti
20:53professeur Ocknam
20:54merci à Jean-Christophe
20:55Cyberas
20:56président de New Bridges
20:57merci d'être venu
20:58nous rendre visite
20:58merci à William Tay
20:59Think Tank
21:01le millénaire
21:02j'allais transformer
21:03votre Think Tank
21:04merci à vous
21:05merci à Nicolas Juchat
21:06qui me tire les oreilles
21:06merci à toute l'équipe
21:07et évidemment Paul Hausson
21:08et je remercie Pierre-Jean
21:09à la réalisation
21:10merci à vous
21:10pour votre fidélité
21:12tant sur la plateforme
21:14Vsmart
21:14que sur les réseaux sociaux
21:15je vous dis à très bientôt
21:16bye bye

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