- il y a 2 mois
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud reçoit Éric Lombard à l'occasion de la sortie de son livre "Dispas ça, tu vas finir par te faire virer".
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00:00Parce que Corentin a dit que les indemnités des ministres, elle a baissé.
00:04Tout le monde a ri sur ce plateau, ce qui en dit long.
00:07Et vous aussi, M. Lombard, vous avez ri.
00:10Vous avez ri, Eric Lombard.
00:14Vous êtes ancien ministre des Finances et vous êtes avec nous aujourd'hui
00:17parce que vous avez publié « Dis pas ça, tu vas finir par te faire virer ».
00:22Vous avez ri. Pourquoi vous avez ri ?
00:24J'ai souri Pascal Proulx au moment où votre collègue
00:28expliquait que ça n'allait pas contribuer à réduire le déficit budgétaire.
00:32Et sans sortir ma calculette, je peux vous confirmer qu'effectivement,
00:35on est dans le symbole, mais c'est important les symboles.
00:38Bon, vous êtes comme les autres.
00:41Oui, ça commence mal.
00:43Vous êtes comme les autres, c'est-à-dire qu'une fois que vous n'êtes plus au pouvoir,
00:48vous dites des choses formidables.
00:50Non, ça commence bien finalement.
00:52Mais oui, mais je préférais que vous les disiez quand vous êtes au pouvoir.
00:55Ça serait utile.
00:55C'est peut-être parce que je l'ai déjà dit que j'y suis resté.
00:58Non, mais vous dites la phrase clé.
01:00Il faut du courage.
01:01Cela fait partie du caractère.
01:03Le courage est indispensable en ce moment car toutes les décisions sont difficiles.
01:07Elles exposent à l'impopularité.
01:09Elles demandent l'oubli de soi.
01:11Mais quand je pense aux grandes figures de notre histoire,
01:13à l'immense courage d'un Danton, d'un Gambetta, d'un Jaurès ou d'un De Gaulle,
01:17le courage que nous devons aujourd'hui aux Français est tellement plus simple.
01:20leur dire la vérité sur la situation et le chemin du redressement.
01:26Vous avez 100% raison, mais vous n'êtes pas élu si vous dites cela.
01:31Je fais l'hypothèse contraire.
01:34Ce courage, nous l'avons exercé avec François Bayrou quand nous étions en responsabilité.
01:39Je rappelle qu'au mois de juillet de l'année dernière,
01:42donc il y a un petit peu plus d'un an,
01:44nous avons présenté un plan de redressement en cinq ans des finances de ce pays
01:48qui était extrêmement courageux,
01:51qui d'ailleurs, à mon avis, est une très bonne base de préparation
01:54aux différents programmes de l'élection présidentielle.
01:57Et c'est parce qu'il a voulu mettre ce programme d'abord en jeu devant l'Assemblée nationale
02:03que le Premier ministre et le gouvernement est tombé.
02:06Donc je pense que nous avons été un gouvernement courageux
02:08et je pense que ce que nous avons dit va devoir se réaliser,
02:12parce que j'entends ce que vous dites sur la situation du pays.
02:15C'est vrai que la situation du pays est difficile,
02:16notamment en matière de finances publiques,
02:18ce qui est effectivement moins grave que ce que le général de Gaulle a eu à affronter.
02:22Cinq millions de Français ont vu le film sur de Gaulle,
02:23ce que je trouve d'ailleurs formidable.
02:26Et si on ne convainc pas les Français de cet effort
02:30qui n'est pas de l'austérité,
02:31qui n'est pas la remise en cause de notre modèle,
02:33qui est simplement la bonne gestion,
02:35et bien effectivement, nous n'arriverons pas à poursuivre
02:37et à protéger ce modèle.
02:39Mais oui, mais ce que vous dites en parallèle,
02:41les retraites sont la cause principale de ces déficits.
02:43Dans notre système par répartition,
02:45les cotisants ne garantissent rien pour eux-mêmes,
02:47puisque leur cotisation va la même année dans la poche des retraités.
02:51L'accumulation des droits est une pure convention
02:53qui ne comporte aucune garantie d'aucune sorte.
02:55Les actifs payent directement la pension des retraités
02:57en faisant le pari que leurs enfants régleront la leur.
03:00Bon, tout ça est vrai.
03:01Donc ce qu'il faudrait, on est d'accord, c'est travailler plus.
03:04Et sans doute beaucoup plus.
03:05Il faut travailler plus dans toutes les dimensions,
03:08c'est-à-dire qu'il faut d'abord commencer à travailler plus tôt,
03:09on tarde à faire entrer les jeunes dans les entreprises et dans l'administration,
03:13il faut reprendre la baisse du taux de chômage
03:15qui avait été commencée d'ailleurs par la politique de l'offre,
03:18pardon de le dire ici,
03:20ouverte par François Hollande en 2014,
03:21poursuivie par Emmanuel Macron.
03:24Qui n'était pas une mauvaise chose.
03:25Et qui était une bonne chose.
03:26Et qui d'ailleurs a fait grincer des dents sur la gauche
03:29de François Hollande à l'époque.
03:31Absolument.
03:32Et qui a coûté cher politiquement à François Hollande
03:33et qui a été reprise par Emmanuel Macron.
03:36Et ce n'était pas le plus mauvais moment d'Emmanuel Macron.
03:38Je pense aussi.
03:40Et il faut travailler plus dans la vie.
03:42C'est-à-dire que nous allons évidemment,
03:44notamment pour les personnes qui ont des professions
03:47qui ne sont pas des professions pénibles,
03:48travailler plus longtemps.
03:49Pour les métiers pénibles, il y a évidemment un sujet.
03:52On en a besoin à deux égards.
03:54D'abord, si on travaille plus longtemps,
03:55on augmente la production française
03:57et on a besoin de production,
03:58parce que c'est ça qui finance notre modèle.
04:00Et on aura aussi besoin de financer,
04:01notamment la transformation écologique.
04:03Et puis, ça allège les finances de la sécurité sociale.
04:07Je rappelle que les retraites,
04:08c'est un quart de la dépense publique.
04:10Un quart.
04:11Donc, si on ne maîtrise pas les retraites,
04:12on ne va pas maîtriser...
04:13Monsieur Lombard, j'entends ce que vous dites.
04:15Mais vous dites, j'étais programmé pour devenir industriel,
04:17j'étais financier, banquier et assureur,
04:19j'étais chef d'entreprise,
04:20je suis devenu ministre des Finances.
04:22Français de gauche, certes,
04:24mais tout en pensant que la droite a parfois raison.
04:26Mais c'est de votre faute.
04:28C'est vous qui avez voulu la retraite à 60 ans.
04:31C'est vous qui avez voulu les 35 heures.
04:33C'est vous qui avez voté pour François Mitterrand.
04:35Vous venez dire aujourd'hui
04:36qu'il faut faire le contraire
04:37de tout ce que vous avez soutenu depuis 40 ans ?
04:41– C'est bien des promos dans l'ensemble.
04:42– Ça se passe bien.
04:44Pour le moment, ça va.
04:45– Mais non mais,
04:46est-ce que vous êtes d'accord avec ce que je dis ?
04:48C'est pas contre vous.
04:49Vous vous êtes trompé,
04:51sur tout ?
04:53Sur la retraite ?
04:54Sur les 35 heures,
04:55vous l'avez voté ?
04:56– Vous étiez pour ?
04:58– La retraite à 60 ans,
05:00j'étais contre.
05:01Les 35 heures,
05:02j'étais contre.
05:03– Ah bah vous n'êtes pas de gauche ?
05:03– Alors, vous êtes quelqu'un de gauche qui est…
05:06– Alors moi, je suis d'une gauche un peu particulière,
05:08qui est la gauche de Michel Rocard,
05:10qui est une gauche qui a toujours gouverné.
05:12– Vous étiez contre les 35 heures ?
05:14– C'est une gauche qui a gouverné pendant 3 ans.
05:15– Vous étiez contre les 35 heures ?
05:16– Oui, bien sûr.
05:17– Ah oui, mais vous n'êtes bien sûr ?
05:19– Oui, mais à l'époque, j'étais dans l'entreprise,
05:21et je le disais d'ailleurs dans les fédérations patronales.
05:24– En tout cas, c'est la politique de gauche
05:26qui nous a mis dans ce...
05:28– Les 3 années de Michel Rocard
05:29sont les années où la croissance économique est repartie,
05:31où les finances publiques ont été tenues.
05:33On a mis en place la CSG,
05:34dont on voit combien c'est un outil utile.
05:37– C'est une honte la CSG.
05:38– Après le drame...
05:39– C'est une honte la CSG.
05:40Ça devait être 1%, c'est 9%.
05:41– Oui.
05:42– C'est juste une honte.
05:42– Ça s'appelle un impôt français.
05:46C'est le moment où, à la suite du drame de nouvelles...
05:49– Plus les impôts sur le revenu.
05:50C'est 9% sur votre salaire direct, sur le net.
05:53– Oui, parce que ça touche l'ensemble des revenus.
05:54De ce côté-là, c'est plus puissant et plus équitable.
05:56Je reviens sur ce qu'a fait Michel Rocard,
05:58ce qu'il a fait le plus important
06:00et qui, moi, m'anime.
06:01C'est une méthode de gouvernement,
06:03par le dialogue, avec l'ensemble des partis,
06:06pour chercher des consensus
06:07sur les sujets d'intérêt général.
06:09Et il me semble que c'est ça,
06:10la sortie de la crise politique où nous sommes.
06:12C'est un dialogue plus large.
06:14D'ailleurs, c'est comme ça que je le raconte dans le livre.
06:15Nous avons fait voter le budget de 2025,
06:18parce que Michel Barnier était tombé.
06:21Et finalement, par le dialogue,
06:22et j'ai dialogué y compris
06:24avec et le Rassemblement National
06:25et la France Insoumise,
06:27évidemment qu'ils n'ont voté
06:28ni l'un ni l'autre pour ce budget.
06:30Mais on a réussi à convaincre le Parti Socialiste,
06:32avec des contrepartis qui me semblaient raisonnables,
06:34de s'abstenir ce qui a fait passer le budget.
06:36Et à l'avenir,
06:39la situation politique est morcelée.
06:41Il y a trois grands ensembles.
06:43Il y a l'extrême-gauche,
06:44il y a l'extrême-droite
06:45et il y a les partis dits de gouvernement,
06:47qui sont majoritaires
06:49et qui, de mon point de vue,
06:51ont plus en commun que de sujets
06:53qui les séparent
06:54et qui peuvent tout à fait travailler ensemble
06:56sur une plateforme commune.
06:58Et ce dialogue entre les uns et les autres,
07:00c'est ça qui permet de trouver des solutions
07:02que les Français acceptent.
07:05Parce que ce que j'ai adoré,
07:06quand j'ai eu ces échanges avec tous les partis,
07:08on avait fait ça à Bercy,
07:09avec ma collègue Amélie de Montchalin,
07:11et les partis venaient à Bercy.
07:13Il y avait le patron ou la patronne du parti
07:15et des groupes à l'Assemblée et au Sénat.
07:16Et j'avais demandé que la presse,
07:18ce qu'ils voulaient, soit là.
07:20Et après, les responsables politiques
07:23commentaient en temps réel devant la presse
07:25ce qui s'était passé.
07:26Et les Français étaient très intéressés
07:28parce qu'ils ont vu la construction de ce budget
07:31avec le dialogue le plus large
07:33et ça a créé un consensus.
07:34Et du coup, ils ont soutenu ce que nous avons fait.
07:37– Les solutions claires aujourd'hui,
07:38parce que moi, j'ai l'impression
07:40qu'aujourd'hui, on a tellement tardé en tout
07:41qu'il faut des solutions radicales.
07:43Donc, par exemple, sur la retraite.
07:44Aujourd'hui, il faut travailler précisément
07:47en temps de cotisation ou en âge.
07:49À votre avis, il faut travailler jusqu'à quel âge ?
07:51On est à 62 aujourd'hui.
07:53Est-ce qu'il faut travailler 63, 64, 65 ?
07:55Est-ce qu'il faut un temps de cotisation qui change ?
07:58Est-ce que ça, c'est une réforme fondamentale ?
07:59Oui ou non ?
08:00– Alors, d'abord, je suis moins radical que vous
08:03sur les solutions
08:04puisqu'il y a cinq ans de redressement
08:06et donc il faudra trouver des accords
08:08dans tous les segments de l'action.
08:09– D'accord, mais soyons concrets.
08:10Dites-moi les retraites.
08:11– Sur les retraites,
08:13la question de l'âge pivot
08:15est la question qui a empêché la réforme
08:17qu'Édouard Philippe a portée
08:18lors du premier quinquennat.
08:20Je pense que la question de l'âge pivot,
08:22c'est une question qui est maudite
08:24parce qu'on voit bien que c'est ça
08:25qui empêche de trouver un accord.
08:26– Oui, mais...
08:27– Alors, qu'est-ce que...
08:28– Donc, la durée de cotisation,
08:30la durée de cotisation
08:32qui fait l'objet d'un consensus
08:33puisque Marie-Sole Touraine a fait une loi
08:35qui a augmenté la durée de cotisation
08:36et Elisabeth Borne a continué.
08:38Je pense que la clé,
08:39c'est la durée de cotisation.
08:40– Combien de heures ?
08:41– La durée de cotisation,
08:44la loi Borne prévoyait
08:46de rajouter un trimestre tous les ans.
08:50Et on en est aujourd'hui à...
08:52Ça a abouti à un âge d'ailleurs
08:53parce qu'aujourd'hui,
08:54il y a une limite d'âge.
08:56Absolument, qui est 62 ans et 9 mois.
08:58Moi, je suis partisan
08:58qu'on reprenne cette réforme.
09:00– Donc, c'est combien ?
09:00C'est 42 ans ?
09:01– On rajoute un trimestre,
09:04c'est un peu plus de 42 ans.
09:05On rajoute un trimestre tous les ans
09:07qui fait que l'année prochaine,
09:08ce sera 63 ans.
09:10– D'accord.
09:10Donc là, c'est clair.
09:12– Et simplement pour les métiers pénibles,
09:15il y a des personnes à qui,
09:17physiquement,
09:18on ne peut pas demander
09:19de travailler au-delà d'un âge.
09:20– Je suis d'accord
09:21et qu'on n'a pas envie
09:21de voir un plaquiste à 63 ans
09:23ou un couvreur sur un toit à ce stage-là.
09:25– Et c'est-à-dire que le conclave
09:25sur les retraites a chopé
09:27puisque la CFDT
09:28voulait un régime plus généreux
09:30que ce que ne voulait le MEDEF
09:31et c'est vraiment dommage
09:32qu'il ne faut pas arriver.
09:32– Est-ce qu'il faut travailler plus hebdomadairement ?
09:36Hier, je crois que Bruno Retailleau
09:38demande une demi-heure de plus par jour,
09:40ce qui fait donc 2h30 par semaine,
09:43ce qui fait des semaines à 37h30
09:45au lieu de 35h.
09:46Est-ce que là aussi,
09:48il faut imposer, selon vous,
09:50un retour à 37, 38 ou 40h ?
09:53– Alors, je vais vous dire,
09:55moi j'ai été chef d'entreprise
09:56pendant 20 ans,
09:57dont 15 ans dans le privé
09:58et je vous ai dit
09:59que j'étais contre les 35h.
10:01Je considère que la durée
10:02du travail dans la semaine
10:03n'est plus un sujet
10:04pour les entreprises
10:05parce que ça veut dire quoi
10:06les 35h ?
10:07Ça veut dire qu'en moyenne,
10:08les Français travaillent 40h,
10:10donc 5h payées en heures sup.
10:12Donc si on dit
10:12que ces 37h,
10:13ils vont continuer à travailler 40h,
10:15il n'y aura plus que 3h en heures sup.
10:17Donc franchement,
10:18les entreprises
10:19se débrouillent tout à fait
10:20avec le système actuel.
10:22Moi, de façon générale,
10:23d'ailleurs,
10:24on est dans un pays
10:25où on adore le verbe,
10:26on adore le texte,
10:27on adore la loi.
10:28Franchement,
10:28il faut être pratico-pratique.
10:30Il faut être pratico-pratique.
10:32Quand ça fonctionne,
10:33on n'y touche pas.
10:34Les Anglais ont une très belle phrase,
10:36ils le disent comme ça,
10:37s'il ne s'est pas cassé,
10:38pourquoi le réparer ?
10:39Je pense que la durée
10:40du temps de travail
10:41dans la semaine,
10:41le MEDEF n'en parle pas,
10:43les syndicats n'en parlent pas,
10:45et nous sommes compétitifs
10:46dans les industries
10:47où il y a assez de technologies
10:48pour que nous le soyons.
10:49En fait,
10:50le problème,
10:50c'est l'État,
10:50il y a 6 millions de fonctionnaires,
10:52on sait sans doute
10:53que les fonctionnaires
10:54travaillent peut-être moins
10:56que le privé.
10:57Retraite privée,
10:59retraite publique,
11:00il y a aussi un souci.
11:01À chaque fois qu'on fait
11:01une réforme sur la retraite,
11:03on touche sur le privé
11:04alors que c'est la retraite publique
11:05qui est en difficulté ?
11:06Il faut évidemment harmoniser
11:08les conditions de retraite
11:09entre le public et le privé.
11:11Ce qui a été fait d'ailleurs,
11:13il y a eu beaucoup
11:14de transformations dans l'État,
11:16vous êtes critique
11:16de l'action du Président de la République,
11:18la réforme de la SNCF
11:19est une réforme importante
11:20en matière de conséquences
11:22sur les finances publiques,
11:23et maintenant,
11:24les retraites publiques
11:25sont entraînées
11:25dans les réformes des retraites.
11:27Moi, je ne suis critique
11:28pour rien du tout,
11:30je suis critique,
11:31je vois que la dette explose,
11:32je vois que le chômage explose,
11:34je vois que PISA,
11:35on est nul,
11:36je vois que l'insécurité grandit,
11:37je vois que l'immigration
11:39est massive,
11:40je vois...
11:40Qu'est-ce qui a marché ?
11:41Qu'est-ce qui a marché ?
11:43Qu'est-ce qui a marché ?
11:43Ce qui a marché,
11:44c'est le retour
11:45de l'attractivité de la France
11:46dans les investissements,
11:48c'est la réussite
11:49de nos grandes entreprises,
11:50c'est le fait
11:50que le chômage...
11:51Mais ça,
11:51ce n'est pas lié
11:52à Emmanuel Macron,
11:53la réussite des grandes entreprises,
11:54vous êtes marrant.
11:56Je suis bien d'accord
11:57avec vous, en fait.
11:58Le privé marche bien.
11:59Le privé...
12:00Mais en quoi Emmanuel Macron
12:01est responsable
12:02de la réussite
12:03sur l'attractivité,
12:04on a parlé de la politique
12:05de l'offre
12:05qui est une politique
12:06qui a été suivie
12:07ces dernières années,
12:08l'attractivité,
12:09c'est beaucoup
12:10l'État qui s'est démené,
12:11et je ne suis pas d'accord
12:12que le public fonctionne mal.
12:15Regardez,
12:16le nombre
12:16de nos grandes administrations
12:17qui fonctionnent bien,
12:18l'armée,
12:19on a une des meilleures armées
12:20d'Europe.
12:21Vous êtes allé
12:21dans un hôpital récemment ?
12:22Oui, malheureusement.
12:24Les hôpitaux fonctionnent...
12:26Il y a une qualité
12:27de médecin formidable,
12:28d'ailleurs.
12:28Mais autrement,
12:29il y a quand même
12:29des grandes difficultés.
12:30Oui, il y a des difficultés
12:32de gestion.
12:32L'école est en difficulté.
12:34Vous êtes quand même
12:35incapable de dire
12:36combien il y a
12:36de fonctionnaires
12:36qui travaillent.
12:37Mais si, on le sait.
12:41Et on a été piraté.
12:43Et c'est le cornu
12:44qui, au bout de dix ans,
12:45dit, tiens,
12:46mon administration,
12:46elle n'est pas terrible.
12:48Le piratage,
12:49c'est intéressant
12:49et c'est là où,
12:50je vais vous dire,
12:51les pistes de solution
12:52que j'ai,
12:52parce qu'il y a clair,
12:54c'est que ça devrait
12:55fonctionner mieux.
12:56Une des questions,
12:57d'ailleurs,
12:57ce n'est pas ça
12:57qui explique le piratage
12:58à Bercy,
12:59mais c'est la double
13:00authentification.
13:01Quand on se connecte
13:03sur les impôts
13:04ou sur la sécurité sociale,
13:06il faudrait
13:07une double identification
13:09et en plus,
13:09il y a une directive européenne
13:10qui le prévoit.
13:12Moi, ce que je propose
13:13très simplement,
13:14c'est qu'il y ait
13:14une coordination
13:15des sujets informatiques
13:16de l'État,
13:17qui nécessairement
13:17est placée auprès
13:18du Premier ministre,
13:19et que l'ANSI
13:20soit dotée
13:21d'un pouvoir de décision
13:22et dise à l'administration,
13:24et ça, c'est très simple,
13:25c'est une lettre circulaire,
13:26vous mettez en place
13:27la double authentification
13:28et nous,
13:29qu'est-ce qu'on fait
13:29à la place ?
13:30On a voulu transposer
13:31la directive européenne,
13:32et donc,
13:33il y a un texte de loi
13:33qui est en avette
13:34entre l'Assemblée
13:35et le Sénat,
13:35et puis,
13:36je ne vais pas rentrer
13:37dans la technique,
13:38il y a eu un élément
13:39complémentaire
13:39qui fait l'objet
13:40d'un désaccord,
13:41ce qui fait que la loi
13:41n'est pas votée,
13:42et on n'a toujours pas
13:43la double authentification.
13:44faisons simple,
13:45donnons au pouvoir
13:47de l'administration
13:48le pouvoir
13:48de s'organiser,
13:49de simplifier
13:50les procédures
13:51et d'être,
13:52comme on est dans
13:52les entreprises
13:53orientées clients,
13:54l'administration
13:55soit plus encore
13:56orientée vers le site moyen.
13:57toujours,
13:57à chaque fois
13:58que quelqu'un vient
13:59sur ce plateau
14:00en dehors de la fonction,
14:02je disais la même chose
14:02avec Bruno Le Maire,
14:04j'ai envie de lui donner
14:04le bon Dieu sans confession,
14:06comme on dit,
14:07parce que tout ce que vous dites
14:08est vrai,
14:09mais une fois que vous êtes
14:10en place,
14:12manifestement,
14:12pour des raisons que j'ignore,
14:13je n'ai jamais travaillé,
14:15peut-être que c'est impossible,
14:16en fait,
14:16c'est un tel bordel,
14:18pardonnez-moi
14:19de le dire comme ça,
14:20c'est tellement difficile
14:22de bouger quelque chose
14:23qu'en fait,
14:23tu ne peux rien faire,
14:25c'est une inertie.
14:28Bonneau Le Maire,
14:28je ne sais pas si c'était
14:29une boutade ou pas,
14:30un ministère,
14:31c'est le lieu le moins bien placé
14:33pour réfléchir
14:33à la réalité des choses,
14:35c'est là où on voit
14:36le moins bien la situation.
14:37Oui,
14:38j'ai de l'amitié pour Bruno,
14:39je ne partage pas cet avis,
14:42je donne des pistes
14:43dans le livre
14:44qui sont en fait
14:45ce que j'ai fait
14:45à la Caisse des dépôts,
14:46la Caisse des dépôts,
14:47c'est 370 000 personnes
14:49et c'est 1 400 milliards
14:51d'euros d'engagement,
14:52ce n'est pas une PME
14:53et j'ai changé
14:55l'organisation
14:56avec l'équipe
14:56qui m'entourait
14:57pour ramener
14:58à 10 dirigeants,
14:594 métiers,
15:006 fonctions
15:01et pour mettre en place
15:02des procédures
15:03pour que les actions engagées
15:05déroulent plus rapidement.
15:06Et je suis convaincu
15:07qu'on peut le faire
15:07dans l'État
15:08en s'occupant
15:09d'organisations,
15:10de chaînes de commandement
15:12parce que la chaîne
15:12de commandement
15:13dans l'État
15:13elle est discontinue
15:14et simplement
15:15dans la culture française
15:16c'est quelque chose
15:17qui n'a pas été fait
15:17non pas par le président Macron,
15:19ça n'a pas été fait
15:20depuis des années
15:22ou peut-être même
15:22des décennies
15:23et ça c'est assez simple
15:26et je proposerais
15:28si c'est quelqu'un
15:29avec qui j'ai des relations
15:31disons de travail
15:32possibles
15:32au président
15:33ou au premier ministre
15:34qui arrive
15:35de mettre ça en place
15:36parce que c'est pas très compliqué
15:37ça c'est très efficace
15:38et en plus ça pose pas
15:39de problème politique
15:40ça ne coûte rien
15:40et d'ailleurs j'avais proposé
15:42de commencer à m'occuper
15:43de ça cette année
15:44mais si on peut le faire
15:45l'année prochaine
15:46il n'est pas trop tard.
15:46C'est avec nous
15:47parce que je voulais
15:47vous faire écouter
15:49deux ou trois choses
15:49et puis alors
15:50ce qui est intéressant
15:50moi ce qui me frappe toujours aussi
15:51pardonnez-moi de le dire
15:52comme ça
15:52c'est le ton
15:54par exemple aujourd'hui
15:55c'est agréable
15:56de vous écouter
15:56parce que bon voilà
15:58on est dans la nuance
15:58il y a un ton
15:59qui est différent
16:00et quand vous êtes en place
16:01je trouve qu'il y a quelque chose
16:03de l'ordre de la rigidité
16:04quelque chose
16:05qui n'est pas agréable
16:06quelque chose
16:06qui est parfois sentencieux
16:08quelque chose
16:08qui est aussi
16:09de la langue de bois
16:09c'est ça que je regrette
16:11je pense que cette communication
16:12elle est morte aujourd'hui
16:13je pense qu'il faut parler
16:14comme vous parlez là
16:14avec authenticité
16:16sincérité
16:17et au plus près
16:18des choses
16:19dire les choses
16:19il me semble
16:20mais n'ayant jamais été ministre
16:22quand on est responsable
16:24de porter la parole
16:24de la République
16:25avec un impact possible
16:27sur l'emploi
16:28les marchés
16:29c'est possible
16:30c'est un poids
16:31c'est possible
16:32qui existe
16:34mais c'est ça
16:35où il faut être libre
16:36peut-être
16:37et puis je vous ferai parler
16:37d'Emmanuel Macron tout à l'heure
16:38vous me direz ce que vous en pensez