00:00Avec Vincent Salimont, bonjour.
00:01Bonjour, vous êtes le président du directeur de BMW Groupe France.
00:05BMW qui traverse une mauvaise passe, c'est vous qui l'avez dit, vous avez prévenu que l'exercice serait
00:10difficile.
00:11Quelles sont les prévisions pour 2026 ?
00:12Alors, les prévisions, on les a annoncées, effectivement, ça va être un léger recul en termes de vente.
00:17Et puis, on a annoncé une rentabilité entre 1 et 3 %, donc c'est une période un petit peu
00:21compliquée,
00:21un petit peu compliquée pour toute l'industrie automobile,
00:24et un petit peu compliquée pour beaucoup d'industries, vous en parliez, y compris dans la tech.
00:29Mais je crois que ce qui est vraiment important, c'est 1, de rester leader sur son segment,
00:34et en l'occurrence, le BMW Groupe est leader sur son segment, sur des marchés plus compliqués comme la Chine,
00:40sur des marchés qui vont un petit peu mieux, comme les États-Unis ou l'Europe.
00:43L'Europe est à plus de 5% et BMW Groupe est leader en Europe.
00:46Et nous sommes également leaders en France, avec des parts de marché qui n'ont jamais été aussi hautes.
00:51En fait, aucun constructeur premium n'a eu une part de marché aussi haute dans l'histoire du marché automobile
00:58en France.
00:59Donc, on voit bien que la stratégie du BMW Groupe, même si c'est un peu tendu aujourd'hui,
01:04elle marche. Pourquoi ? Parce qu'on a investi.
01:06Ce qui est important, c'est de continuer à innover, de continuer à investir, et c'est ce qu'on
01:09fait.
01:10Pourtant, vous ne serez pas au salon de l'auto à Paris du 12 au 18 octobre.
01:13Est-ce que c'est un choix économique, ou est-ce que c'est parce qu'il y a moins
01:15d'intérêt pour vous, pour ces grands messes ?
01:17Alors, ce n'est certainement pas un choix de manque d'intérêt, parce qu'on était un des premiers à
01:22annoncer notre tour au Mondial de Paris 2024.
01:25Simplement, il faut reprioriser nos budgets, et c'est ce qu'on a fait.
01:29On ne s'interdit pas d'aller à certains salons dans le futur.
01:34Simplement, là, on a décidé de ne pas aller au Mondial de Paris, mais il faut savoir qu'on a
01:38159 concessions BMW en France,
01:41136 concessions mini, et le salon, ce sera aussi en concession.
01:44Donc, j'invite tous les téléspectateurs à aller dans nos concessions pour découvrir les nouveaux modèles,
01:48parce qu'on aura plein de nouveaux modèles à ce moment-là.
01:50Est-ce que les petites difficultés que vous rencontrez, elles vont nécessiter un plan d'économie ?
01:54Alors, il y a un plan qui a été annoncé, effectivement, qui est un plan de départ volontaire,
01:59qui ne touche absolument pas la production, parce qu'encore une fois, c'est important de pouvoir garder les capacités.
02:06Et quand je vous parlais d'investissement, on a investi certains constructeurs, ferme des usines,
02:10nous, on ouvre des usines, on a ouvert une usine à des Bressennes pour produire l'IX3,
02:16le premier modèle de la NEE classe E qu'on a lancé au mois de mars.
02:19Donc, il y a un plan, effectivement, de départ volontaire qui a été annoncé.
02:23C'est pour préparer le futur, c'est pour être encore plus fort dans le futur, et en l'occurrence,
02:27ce sera le cas.
02:28Il y aura des suppressions d'emplois ou pas ? Parce qu'on voit Volkswagen qui a annoncé un plan
02:31terrible,
02:32au total 100 000 suppressions d'emplois. Est-ce que vous, vous serez...
02:34Alors, il y a des départs. Oui, tout à fait. C'est un plan qui est complètement transparent, en fait,
02:38et les discussions sociales avec les représentants syndicaux ont été constructives.
02:44Donc, oui, effectivement, il y aura des départs, mais encore une fois, c'est pour renforcer la puissance du BMW
02:50Group dans le futur.
02:51Est-ce que la principale difficulté pour vous, aujourd'hui, c'est la concurrence chinoise ?
02:55Non. Honnêtement, on n'a jamais eu peur de la concurrence.
03:00Et j'ai souvent tendance à dire que, depuis 30 ans, ça fait 30 ans que je suis dans l
03:04'automobile,
03:05ça fait 10 ans que j'ai la présidence du directoire de BMW Group France.
03:09Et en l'occurrence, on a vu l'arrivée de constructeurs japonais il y a 30 ans,
03:13on a vu l'arrivée de constructeurs coréens il y a 20 ans.
03:16Aujourd'hui, on voit l'arrivée de constructeurs chinois et c'est très bien parce que la concurrence favorise l
03:22'innovation.
03:24Donc, non, ce qui se passe...
03:25La concurrence, elle arrive, et notamment chinois, elle défère aussi sur le marché allemand avec des prix qui sont imbattables.
03:31Alors, je vais vous dire une chose.
03:33Les marques chinoises, les constructeurs chinois arrivent depuis deux ans.
03:36Globalement, les premiers sont arrivés il y a deux, trois ans.
03:39Le marché français a baissé de 27% depuis 2019.
03:44Donc, en six ans, le marché français a baissé de 27% et on va être à à peu près
03:481,6 million de voitures.
03:50Donc, on voit bien que le problème, ce n'est pas la concurrence.
03:52Au contraire, la concurrence, encore une fois, elle permet de dynamiser, d'innover.
03:56Et c'est très bien parce que ça permet de décarboner aussi ou d'électrifier, mais tu ailles plus loin,
04:00de décarboner le parc.
04:02Je crois que ce qui se passe, et on le voit très bien en France, c'est qu'il y
04:06a un manque de visibilité totale.
04:08Il y a un manque de stabilité fiscale automobile.
04:11Il y a un manque d'incitation.
04:13Et du coup, on n'incite pas les entreprises qui sont les premiers clients du marché automobile français, puisque c
04:18'est 50% du marché.
04:19On n'incite pas les entreprises à renouveler leur parc.
04:24On n'incite pas les particuliers à renouveler leur parc.
04:26Et ça veut dire quoi ?
04:27Ça veut dire que le parc automobile vieillit.
04:29Aujourd'hui, il n'a plus de 13 ans d'âge en France.
04:31Et ça veut dire quoi ?
04:32Ça veut dire que le parc automobile émet plus de CO2.
04:35Donc, il pollue plus, alors qu'en fait, dans l'automobile, en renouvelant une voiture, même une voiture thermique,
04:41eh bien, ça permet de moins polluer, de baisser les émissions de CO2,
04:45puisqu'une voiture thermique moderne émet 25% de CO2 de moins d'une voiture thermique d'il y a
04:5010 ans.
04:51Donc, il ne faut pas se focaliser sur les nouveaux entrants.
04:54Oui, il y a des nouveaux entrants.
04:55Oui, il y a de la concurrence.
04:56J'ai été patron de la Norvège il y a plus de 10 ans.
04:58En Norvège, les marques chinoises sont présentes depuis plus de 10 ans,
05:02puisqu'elles ont commencé à arriver quand j'étais encore là-bas.
05:05Et en l'occurrence, le BMW est la marque numéro 5 du marché.
05:09Donc, c'est bien la preuve qu'on peut performer.
05:10Sauf que le BMW, par exemple, en Chine, c'est plus difficile sur ce marché-là.
05:14Alors, le marché chinois est plus compliqué, effectivement.
05:16Mais le marché total, il y a des marques chinoises qui souffrent aussi sur un marché chinois.
05:19Mais BMW est le premier constructeur premium occidental en Chine.
05:23Vous dites que c'est bien qu'il y ait cette concurrence,
05:25mais en même temps, on voit bien qu'au niveau européen,
05:27on essaye de mettre des mesures protectionnistes
05:29pour éviter que les Chinois proposent des offres
05:33qui soient moins chères que celles françaises.
05:36Ça n'a pas encore été voté au Parlement européen.
05:38Et d'ailleurs, l'Allemagne n'est pas vraiment pour cette mesure-là.
05:42Mais on voit bien qu'il y a cette déferlante de voitures chinoises
05:45et que c'est compliqué pour le marché.
05:46Est-ce que ces mesures protectionnistes sont la bonne solution ?
05:50Vous dites non ?
05:51J'en suis pas convaincu.
05:52J'en suis pas convaincu.
05:53Je crois que la bonne solution, c'est surtout d'arrêter...
05:56Parce que vous avez peur de la réciprocité ?
05:58Non, arrêtons le matraquage fiscal sur le marché automobile,
06:01notamment en France, y compris en Europe.
06:03Mais la France est pire, puisqu'on a baissé de 27%
06:06quand l'Espagne a baissé de 10% et l'Italie a baissé de 15%.
06:09Donc finalement, c'est spécifique à la France.
06:12Et incitons les consommateurs à renouveler leurs voitures.
06:16Les prix ont augmenté, mais les loyers n'ont pas tant augmenté ces dernières années.
06:20Parce qu'on disait, oui, mais si le marché va mal,
06:22c'est parce que les constructeurs ont augmenté les prix.
06:24C'est vrai que les prix ont augmenté parce que la réglementation a changé,
06:26parce que les matières premières ont augmenté.
06:28Mais les loyers, le coût de détention des voitures a augmenté moins vite que l'inflation.
06:33Donc en fait, incitons les consommateurs à acheter des voitures
06:36et vous verrez, l'industrie automobile se portera...
06:38Si on voulait dire que l'État aide avec des incitations...
06:41Non, l'État n'a plus d'argent.
06:42L'État n'a plus d'argent, sauf que l'État a un manque à gagner de 2,5 milliards
06:46de TVA par année.
06:48Parce qu'il y a à peu près 400 000 voitures qui manquent sur le marché français,
06:511,6 million contre 2 millions, c'est à peu près 2,5 milliards qui manquent en termes de TVA.
06:54Mais même dans le cadre des budgets actuels, inciter c'est quoi ?
07:00J'ai pris la présidence de la SIAM, du syndicat des importateurs, il y a quelques mois.
07:06Et en l'occurrence, ce qu'on demande, par exemple, c'est le gel du malus.
07:09On ne demande pas de baisser le malus automobile sur les véhicules thermiques,
07:14on dit simplement de le geler sur la base du malus 2026.
07:18Sauf que c'est un peu contraire avec ce que vous venez de dire de décarboner et d'augmenter sur
07:22l'électrique.
07:22Pas du tout. Effectivement, on va continuer à électrifier.
07:25Et en l'occurrence, BMW Group, à fin août en France,
07:29BMW, c'est 41% de vente de véhicules électriques.
07:33Et Mini, c'est 47%. Donc on sait électrifier.
07:35Il n'y a pas de souci.
07:36Mais ce que je vous ai dit, c'est qu'il faut aller plus loin.
07:38Il faut décarboner le parc.
07:40Et pour décarboner le parc, il faut aussi renouveler les véhicules thermiques.
07:44Et le fait de geler le malus, ça permettra notamment de renouveler les voitures
07:48et donc de décarboner le parc et de baisser les émissions de CO2.
07:51Mais c'est aussi l'abattement fiscal.
07:52Il y a un abattement fiscal pour des véhicules écoscorés.
07:56Donc véhicules électriques, mais plutôt de petites batteries.
07:59Et ce qu'on dit, c'est mettons un abattement fiscal moins intéressant
08:02sur des véhicules non écoscorés
08:04qui permettent aux gros rouleurs de basculer sur l'électrique
08:08ou de renouveler éventuellement leurs véhicules thermiques
08:10mais avec un malus qui est connu et qui est stable pendant trois ans.
08:13Merci Vincent Salimont d'avoir été notre invité ce matin,
08:16président du directoire de BMW Group France
08:18dans le grand entretien qui est à retrouver en podcast et en replay
08:21sur l'application BFM Business.
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