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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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00:00Bonsoir à tous, bienvenue si vous nous rejoignez. Le choc, le choc et les questions.
00:04Ce soir encore Normandie, au lendemain du déraillement d'un TER qui a fait une quarantaine de blessés.
00:08On va d'abord repartir sur place.
00:10Mathéo Pasto, vous êtes à Cléon, en Seine-Maritime.
00:13Depuis ce matin, les enquêteurs se concentrent sur un morceau de rail retrouvé tout près des lieux de ce déraillement.
00:19Et le procureur s'est exprimé il y a quelques minutes.
00:24Oui, la piste d'un acte de malveillance est privilégiée ici,
00:27car un morceau de rail de près de 300 kg a été retrouvé sur les voies,
00:31sur le passage de ce train express régional.
00:34Vous allez le voir sur ces images de Baptiste Deveau, le train est totalement sorti des voies.
00:38Le wagon de tête a même fini de l'autre côté de la voie ferrée, couché au sol.
00:43Il faut bien imaginer que ce TER était lancé à près de 150 km
00:47quand il a percuté un objet sur son parcours.
00:51Et nous sommes à quelques mètres d'une départementale, à quelques mètres de voisins.
00:55Ses voisins, nous en avons rencontré un, il a effectué hier les premiers secours.
01:00Je vous laisse l'écouter.
01:02Moi j'étais couché dans mon lit, je regardais la télé, d'un coup j'ai écouté un gros boom.
01:06Et quand je suis sorti, j'ai vu le train complètement par terre, avec des passages en train de crier.
01:11Et plein de fumée, plein d'arbres tombés, c'était assez choquant.
01:15J'ai vu qu'il y avait deux extrémités qui étaient ouvertes et des gens dedans.
01:17Du coup, on s'est mis, on a pensé directement à aller sauver les gens.
01:20Du coup, on s'est mis tous les deux à une extrémité.
01:22On sortait des gens et pareil, les gens étaient remplis de sang, des bras cassés, des cervicales, tout explosé.
01:29Et on aidait les gens à sortir en fait.
01:31Vous le disiez, le procureur s'est exprimé ce soir.
01:33Il précise que les investigations menées aujourd'hui n'ont permis d'apporter aucun nouvel élément
01:38sur la cause de la présence de ce rail en pleine voie.
01:41Vous le voyez peut-être sur ces images, une vingtaine d'enquêteurs de la police judiciaire de Rouen
01:45travaillent encore au moment où l'on se parle.
01:47Et on apprend ce soir que plusieurs auditions ont eu lieu dans la journée.
01:52Et sur le bilan de ce dramatique accident, sur les 186 passagers, 44 blessés,
01:584 étaient encore hospitalisés ce soir, sont encore hospitalisés ce soir.
02:02Et la jeune fille de 18 ans dont le pronostic vital était engagé hier soir, va mieux.
02:07Une question demeure ici à Cléon, c'est pourquoi ce rail de 300 kilos ?
02:11Il s'est retrouvé sur le chemin de ce train express régional hier vers 19h45.
02:15Les dernières précisions, Mathéo Pasto, merci à vous Laurent Valdiguier, bonsoir.
02:19Ce qu'on sait ce soir avec quasi-certitude, c'est que, et je vais quand même mettre inconditionnel,
02:24c'est que c'est probablement ce très gros morceau de rail qui a provoqué ce qui s'est passé.
02:28Oui, alors la dernière communication du procureur, il y a quelques minutes, Marc,
02:32semble être prudente sur ce qu'était l'hypothèse du matin.
02:35On est sûr que ce train a déraillé, il n'y a pas de doute.
02:38Ça, il n'y a peu de doute là-dessus.
02:39On est à peu près sûr que le conducteur a actionné le frein-coup de poing,
02:44puisque sur les boucles des cheminots, apparemment, c'est déjà un héros ce conducteur
02:49d'avoir réussi à freiner avant un obstacle.
02:51Donc apparemment, mais encore il faut mettre des conditionnels,
02:55apparemment il aurait vu quelque chose sur les rails.
02:58Un héros, parce qu'attention, ça roule à 140 km heure, ça fait 40 mètres secondes,
03:03vous voyez un obstacle à 50 mètres, il vous faut une seconde pour arrêter le train.
03:07Alors pas l'arrêter, mais déjà actionner les freinages d'urgence.
03:12S'il l'a fait, c'est certainement ce qui a sauvé des vies.
03:15Parce qu'il faut aussi comprendre, l'autre certitude qu'on peut avoir ce soir, Marc,
03:19c'est que c'est un miracle qu'il n'y ait personne, qu'il n'y ait pas de
03:22victime.
03:23On était tout à l'heure avec l'une de ces passagères qui nous a décrit le chaos à l
03:26'intérieur de ce train.
03:27Donc oui, l'objet qui va devoir être investigué, ce sur quoi ils enquêtent,
03:35ce sur quoi il y a des trains qui sont passés une heure avant, on le sait aussi,
03:38il n'y avait pas cet objet sur les voies.
03:40Il y a probablement une caméra à l'avant du train qui va parler via la boîte noire du train
03:46qui a été saisie.
03:47Oui, qu'est-ce qu'il y a eu sur ces voies ?
03:50Est-ce que c'était cet énorme rail qui pèse plus de 350 kg ?
03:55C'est l'objet de l'enquête aujourd'hui.
03:57Bonsoir, colonel Bruno Cézac. Merci d'être avec nous ce soir.
03:59Vous êtes ancien commandant de la section de gendarmerie de Nancy.
04:03C'est ce bloc de métal aujourd'hui, désormais, 350 kg, disait Laurent Valdiguet,
04:08qu'il va falloir inspecter, surveiller pour savoir si c'est bien lui,
04:12et ensuite déterminer si quelqu'un l'a posé volontairement.
04:16Je comprends que ce bloc de métal concentre toutes les attentions.
04:20des enquêteurs.
04:21Mais ça n'est qu'un élément dans une enquête qui va se révéler, à mon avis,
04:26beaucoup plus complexe que ça pour la police judiciaire de Rouen.
04:29Il faut bien remettre en perspective que dans ce type de catastrophe,
04:32parce qu'il s'agit bien d'une catastrophe compte tenu du nombre de victimes,
04:35même si la majorité d'entre elles sont rentrées chez elles,
04:38vous avez une enquête technique qui est menée par le bureau enquête d'accident,
04:42qui va déterminer la chronologie de le déroulement de l'accident
04:46à partir du moment où le train a heurté l'objet en question,
04:50et l'enquête de la police qui, elle, va consister à déterminer
04:53dans quelles conditions cet objet est arrivé ici,
04:56et s'il est arrivé, et pour quelles raisons, et de quelle manière.
05:01Donc, j'entends que le procureur de la République, ce soir,
05:05fait un léger mouvement de recul pour élargir un peu le champ des hypothèses.
05:09– Qui est privilégié, et parmi ces pistes, l'acte de maldégance ?
05:12– D'expérience, je serais tenté de penser que c'est plutôt sage,
05:15et je vais vous expliquer pourquoi.
05:17Je constate que les opérations de police technique ont toujours lieu
05:21sur le lieu de l'accident, ce qui veut dire que les enquêteurs
05:24recherchent le maximum de traces physiques, visibles, sur le terrain.
05:28Si on part dans l'idée qu'un certain nombre de personnes
05:31sont venues volontairement déplacer ce rail pour le mettre en position
05:35de faire dérailler le train, ça suppose qu'ils ont laissé beaucoup de traces.
05:38Si on ne trouve qu'une seule trace, ça n'a aucun intérêt.
05:41Donc, il faut trouver le maximum de traces.
05:43Humaines, physiques, techniques.
05:45Peut-être qu'on va trouver d'autres raisons,
05:47notamment sur les installations de la SNCF.
05:49Ça, c'est le premier point.
05:50Le deuxième point, c'est que les enquêteurs doivent travailler
05:53sur d'autres traces, au-delà des témoins qui vont être entendus,
05:56le conducteur de la rame et les voyageurs.
05:59D'autres traces qui sont des traces numériques,
06:02qui sont des traces téléphoniques,
06:03et qui vont les aider aussi à comprendre le contexte
06:06dans lequel cette affaire est survenue.
06:08– On va voir qu'il y a borné dans le coin hier soir.
06:10– À partir du contexte, essayer de dégager,
06:13non pas une hypothèse, parce que là, je pense qu'ils en ont déjà quelques-unes,
06:16mais le mobile potentiel et les motivations qui ont pu être derrière ce qu'il y a.
06:20– J'essaie de bien comprendre, pardon, colonel.
06:22– Pourquoi on revient en arrière ce soir ?
06:24Pourquoi, depuis ce matin, les policiers et les enquêteurs
06:26nous disent très probablement acte malveillant, acte criminel,
06:29et pourquoi ce soir, le procureur dit
06:31rien n'est ouvert, rien n'est fermé ?
06:33– Moi, je n'ai pas entendu de policiers dire
06:34que c'était très probablement un acte criminel.
06:37Pour l'instant, les policiers, ils travaillent discrètement dans l'ombre,
06:40ils font leur travail de constatation sur le terrain,
06:42ils continuent de le faire, la rame est toujours sur place.
06:45Donc, d'expérience, encore une fois, je dirais,
06:47lorsque le travail de constatation sera terminé,
06:50et que les premières analyses des traces seront opérées
06:53par les laboratoires de police technique scientifique
06:54et que les différentes exploitations seront faites
06:57par le bureau enquête accident,
06:59on commencera à y voir plus clair,
07:00et là, on pourra véritablement définir des hypothèses
07:04beaucoup plus solides que celles qui sont liées
07:06à la présence de ce rail tout à fait interrogatif.
07:10Je suis bien d'accord.
07:11– Je vous propose qu'on retrouve le président
07:13de cette région normandie, Hervé Morin,
07:15qui est en ligne avec nous.
07:16Bonsoir, M. Morin, vous entendez,
07:19je suppose que vous êtes avec nous depuis quelques instants,
07:21les doutes ce soir qu'on a sur l'origine de ce drame
07:23qu'a fait une quarantaine de blessés hier soir.
07:26Ce matin, vous, vous avez parlé d'un acte criminel.
07:28Pouvez-vous nous donner les informations
07:30dont vous disposez ce soir pour essayer de comprendre
07:33tout simplement ce qui a pu se passer ?
07:35– Je dis qu'il est criminel,
07:37dans la mesure où ce rail n'est pas arrivé là
07:40par le petit vent du matin.
07:45C'est un rail qui pèse 300 kg.
07:49Alors, chacun est dans son rôle.
07:52C'est tout à fait normal que le procureur dise
07:54« On n'a pas de cause, on ne connaît pas les causes de ce rail. »
08:01Moi, je crois les cheminots.
08:06Quand le conducteur du train dit
08:07« J'ai vu le rail sur la voie »,
08:11je ne vois pas pourquoi il irait raconter le contraire.
08:15– Ça, il vous l'a dit à vous, M. Morin ?
08:17– Pas à moi, à ces cadres,
08:20mais ces cadres l'ont évoqué avec moi.
08:25Quand ces mêmes cheminots nous indiquent
08:28que la trace du rail qui avait été déposé
08:31à quelques mètres de la voie est bien existante
08:33et que donc ce rail a été déplacé.
08:37Après, moi, je ne connais pas les causes du déplacement,
08:39je ne cherche pas à savoir,
08:40mais ce que je veux dire,
08:41c'est que c'est bien un acte de malveillance criminelle
08:44parce qu'on a eu dans notre malheur
08:47la chance que nous n'ayons pas un drame
08:51qui aurait pu être mille fois plus important
08:54que celui que nous avons connu.
08:56Et donc, à ce titre-là,
08:59moi, j'emploie les mots
09:00qui sont les mots de mes compatriotes.
09:03C'est normal que la police ne dise rien,
09:06c'est normal que le procureur n'ait aucun fait d'établir
09:09sur les causes de la présence de ce rail.
09:11Mais un rail de 300 kilos,
09:14vous ne le transportez pas seul.
09:19Ça nécessite quand même une vraie volonté
09:21pour pouvoir le mettre.
09:22Évidemment.
09:23C'est sans doute de plusieurs personnes.
09:26Probablement, enfin même à coup sûr,
09:27de plusieurs personnes pour le transporté.
09:28C'est même sûr, on ne peut pas être tout seul
09:29pour porter un rail comme ça.
09:30Ce que vous n'avez dit,
09:31c'est que ce rail était déjà là depuis plusieurs jours
09:33et il a été transporté hier ?
09:36Non, mais SNCF Réseau,
09:39j'allais dire presque toutes les nuits,
09:43procède à des opérations de vérification,
09:46de maintenance de notre réseau.
09:47Par nature, SNCF Réseau, pour l'essentiel,
09:50fait ses travaux la nuit,
09:52puisque les trains roulent le jour.
09:54Et donc, très clairement,
09:55il y a...
09:57Alors c'est ce qu'est en train d'en regarder,
09:58ce qu'est en train d'en regarder la direction.
10:00Il y a eu des travaux sur cette ligne,
10:02des travaux comme il y en a tout le temps,
10:05avec un rail qui a dû être changé,
10:06le rail a été déposé à quelques mètres,
10:09à chaque fois,
10:10et puis de temps à autre,
10:12il y a un train qui passe et ramène,
10:14et on reprend tout ça.
10:16Et donc, ce qui est sûr,
10:17c'est que quand vous avez un rail
10:18qui a plusieurs mètres,
10:20et que ce rail se retrouve entre deux trains,
10:25entre deux trains,
10:26puisqu'il y a eu un train,
10:26une heure un quart,
10:27une heure un quart avant,
10:29qui est passé sur la même voie,
10:30où il n'y avait rien,
10:32c'est du hasard.
10:34Voilà.
10:35Moi, c'est ce que je dis.
10:36C'est aussi simple que ça.
10:38Qu'est-ce que, si on vous suit,
10:39qu'est-ce que vous avez envie,
10:40Hervé Morin,
10:41de dire à ceux qui ont fait ça ?
10:45Tout ce que j'espère,
10:46c'est que la police scientifique et technique
10:50sera capable de trouver les pistes
10:53de ces personnes.
10:55Je n'arrive même pas à imaginer
10:58comment quelqu'un,
11:00ou quel que soit son âge,
11:02puisse se dire,
11:03je vais poser un rail de 300 kilos
11:06sur une voie,
11:07qui va probablement créer
11:11des dégâts gigantesques,
11:14avec 150, 200 personnes dans le train,
11:17qui sont des jeunes,
11:18ou des moins jeunes,
11:20qui rentrent du lycée,
11:21qui rentrent de l'université,
11:22qui retournent dans leur famille.
11:23Après un vendredi soir,
11:26je me demande
11:27dans quel monde on vit.
11:30Hervé Morin,
11:31est-ce que vous savez
11:31de quand dataient
11:33les travaux qui ont été réalisés
11:34à ce moment-là ?
11:36SNCF vous le dira,
11:37mais ce n'est pas le sujet.
11:40On essaie simplement
11:41de refaire le film
11:42de ce qui a pu se passer,
11:43je comprends,
11:44et on entend ce que vous dites
11:46évidemment sur les victimes.
11:47Je ne suis pas l'avocat d'SNCF,
11:50je suis juste l'autorité organisatrice
11:52qui est donc légitime
11:55à poser des questions
11:56à la SNCF.
11:57Et donc,
11:58à ce titre-là,
11:59il n'y avait pas de travaux
11:59sur cette ligne
12:00à ce moment-là.
12:01Il y avait,
12:02donc on ne peut pas se dire,
12:04tiens,
12:04il y a eu une négligence,
12:05même si SNCF
12:06prend tellement de précautions
12:07quand ils effectuent
12:08des travaux,
12:08mais il n'y a pas
12:09une négligence de ce genre.
12:10le train était un train récent
12:13qui avait été rénové à Mivy
12:15et donc il s'était comme Casinov.
12:18Donc,
12:20voilà,
12:20je m'interroge,
12:22je ne vais pas employer
12:23des grands mots,
12:24je ne suis pas en train de dire
12:25qu'il y a un attentat
12:26ou je ne sais quoi.
12:27Tout ce que je sais,
12:28c'est qu'il y a quand même
12:29quelqu'un,
12:29quelque chose
12:30qui fait qu'un rail
12:31qui était à un endroit donné
12:33se retrouve sur la voie.
12:35Voilà.
12:35Et donc,
12:36à titre-là,
12:37je dis que c'est un acte
12:38de malveillance
12:39qui a côté criminel
12:41par les conséquences
12:42qu'il aurait pu avoir.
12:44Merci beaucoup Hervé Morin
12:45pour toutes ces précisions.
12:46Président de la région Normandie,
12:47du Ludwig Pinguano,
12:48c'est intéressant
12:49ce que dit Hervé Morin
12:51sur un rail
12:51qui était probablement déjà là
12:53et qui a été déplacé
12:54peut-être simplement
12:55de quelques mètres.
12:56Oui,
12:56ce qu'explique Hervé Morin,
12:57c'est effectivement
12:57le scénario le plus probable
12:59quand on fait l'analyse
13:00de l'accident
13:00et cette analyse de risque
13:01en fonction
13:03des causes
13:04et des circonstances.
13:05Circonstances,
13:06ce n'est pas le matin,
13:06on n'est pas juste après
13:07une période de travaux
13:08qui pourrait effectivement
13:10justifier le fait
13:11qu'il y a eu peut-être
13:12une négligence
13:12et que le premier train
13:13qui passe le matin
13:14après les travaux
13:15ait percuté un rail
13:17qui aurait pu être laissé
13:18de façon,
13:18je le redis,
13:19négligente,
13:19ce qui est très,
13:20très, très, très peu probable
13:21mais bon,
13:22pourquoi pas ?
13:23Et l'autre point important
13:25c'est qu'effectivement
13:25ces rails,
13:26quand ils sont remplacés,
13:27sont positionnés
13:28à côté de la voie
13:29à une distance réglementaire
13:31puisqu'ils doivent respecter
13:32un gabarit.
13:33Un gabarit,
13:33c'est un petit peu
13:33comme une caisse
13:34qu'on a autour de la voie
13:35qui font que dans cet espace-là
13:36on ne peut absolument
13:37rien mettre
13:38donc sur les voies
13:39comme celle-ci
13:40tous les objets
13:41sont positionnés
13:42à 1m50.
13:43C'est le cas pour les rails
13:44et de façon régulière
13:45il y a ce qu'on appelle
13:46une tournée de ramassage,
13:48un train spécial
13:49qui va ramasser
13:49les rails de part et d'autre
13:50qui sont laissés
13:51lors de travaux.
13:53Donc là,
13:53très clairement,
13:55ce qu'évacue Hervé Morin
13:56c'est un scénario
13:57qui est tout à fait envisageable
13:58entre le train précédent
14:00et celui-ci
14:00c'est forcément passé quelque chose
14:02et les rails
14:03ne se déplacent pas
14:03tout seul,
14:05ça c'est une certitude.
14:06Je voudrais qu'on écoute
14:06un témoignage,
14:07elle s'appelle Laura,
14:08elle était dans ce TER hier,
14:10elle a témoigné tout à l'heure
14:11sur l'antenne de BFM.
14:13Sur les rails,
14:15tout se passait très bien
14:16mais il y a commencé
14:16à avoir énormément
14:17de secourses.
14:18Moi je pensais
14:19que c'était juste
14:19un changement de voie
14:20sauf que mon balai
14:22s'est décroché,
14:22on a été projeté
14:25et mon balai
14:26s'est retrouvé couché
14:27donc les gens,
14:28les balis
14:28sont tombés sur nous
14:30et ça ne dure
14:31que quelques secondes
14:32mais c'était absolument horrible,
14:34on a réussi à sortir
14:34par une des fenêtres
14:35et après on n'était plus
14:36en charge
14:37super vite
14:38par les services de secours.
14:40Je n'ai pas eu
14:40le temps de crier,
14:41je sais juste que j'ai pleuré
14:42et j'ai juste attendu
14:44de sortir du train
14:45et je me suis évanouie
14:46juste après.
14:47Voilà, on a été projeté,
14:48tout nous est tombé dessus,
14:49je me suis évanouie
14:50juste après,
14:51c'est ce que racontait Laura
14:51tout à l'heure
14:52sur notre antenne.
14:53Laurent Valdiguet,
14:54on a du mal à imaginer
14:55ce qui s'est passé
14:55dans ce train hier,
14:56la violence de ce choc.
14:57Oui, l'accident de Bretigny,
14:59tout à l'heure j'ai vérifié
15:00parce que ça me parlait
15:02les 140 km heure,
15:03il roule à 137 km heure.
15:05Il se couche
15:06en gare de Bretigny
15:07parce qu'il y a une,
15:08on sait dans un aiguillage
15:09il y a une partie de métal
15:11qui est une église
15:11qui l'a fait dérailler,
15:13il y a trois morts
15:14dans le train.
15:14Il y a quatre morts
15:15sur le quai,
15:16mais il y a trois morts
15:17dans le train.
15:18Alors c'est un train corail
15:20un peu plus ancien,
15:21de conception plus ancienne
15:22que les TER aujourd'hui,
15:24mais un train qui se couche,
15:26en plus là
15:26qui est tombé du ballast
15:27dans la portion de forêt,
15:29qui est là,
15:30ils sont passés
15:31de 140 km heure à zéro
15:32en 400 mètres,
15:34c'est un choc
15:34avec les bagages etc.
15:36C'est un choc
15:36extrêmement violent.
15:37C'est vrai que c'est un miracle
15:39que le bilan
15:40ne soit pas plus lourd.
15:42Peut-être d'ailleurs
15:43grâce à la réaction du conducteur.
15:44Ça l'enquête
15:45permettra de le voir.
15:46Si le fait d'appuyer
15:47sur le bouton
15:48de freinage d'urgence
15:49a permis de gagner
15:50quelques kilomètres heure.
15:51Exactement,
15:52ça peut être
15:53le détail qui change tout.
15:54Alors c'est vrai
15:55que le témoignage
15:55du conducteur
15:56qui n'est pas décédé,
15:58qui a été extrait
15:59des décombres
16:00choqués
16:01d'après les cheminots,
16:02complètement choqués,
16:03évidemment on le comprend,
16:04le témoignage du conducteur
16:05sera déterminant.
16:06Parce qu'on est sûr
16:07qu'une heure et quart
16:07avant le passage
16:08de ce train,
16:09un train précédent
16:10était passé.
16:11Bien sûr qu'il y a
16:11des travaux tout le temps,
16:12ils font la chasse
16:13aux objets
16:14le long des voies,
16:15mais les voies
16:16c'est désert
16:17entre chaque train,
16:18mais en réalité
16:18il y a toujours
16:19quelqu'un qui passe
16:19sur les voies.
16:20S'il y avait eu
16:21un rail mal positionné,
16:23mal mis,
16:24un peu suspect,
16:25le train d'avant,
16:25le conducteur d'avant
16:26aurait alerté
16:27tout de suite.
16:28C'est même la première chose
16:29qu'il aurait faite.
16:30Pour le procès de Bretigny,
16:31on voit que
16:32la maintenance
16:33des rails,
16:34des aiguillages,
16:36tout ça,
16:36c'est quelque chose
16:37qui est fait
16:37assez quotidiennement.
16:38Colonel,
16:39la priorité en ce moment
16:40pour les enquêteurs,
16:41quelle est-elle ?
16:43Je pense qu'en l'état,
16:45même s'ils sont
16:46effectivement concentrés
16:47sur une hypothèse
16:48lourde,
16:49mais qui n'est pas la seule,
16:50c'est,
16:51comme je vous l'ai dit
16:51en préalable,
16:53de collecter
16:53le maximum de traces
16:54qui leur permettent
16:55d'affiner au mieux
16:57le contexte
16:57dans lequel
16:57cette manœuvre
16:59totalement délirante,
17:01si celle-là
17:02a pu être effectuée.
17:04Il faut absolument
17:05récupérer ces traces-là
17:07pour pouvoir,
17:07à un moment ou à un autre,
17:09identifier leurs auteurs
17:11de telle sorte
17:11qu'ils ne puissent pas
17:12se soustraire
17:13par quelque dénégation
17:15que ce soit
17:15à leur responsabilité.
17:17Et sans traces,
17:17aujourd'hui,
17:19de quelque nature
17:19qu'elles soient,
17:20c'est quand même
17:20extrêmement compliqué
17:21de compter uniquement
17:22sur des aveux,
17:24qui n'est d'ailleurs
17:25plus une religion
17:25depuis longtemps,
17:26mais surtout
17:27dans un contexte
17:27comme celui-là,
17:29on est obligé
17:30d'avoir un travail
17:30de police technique
17:31qui se poursuit,
17:32comme je le disais,
17:33et que je comprends
17:34totalement,
17:35puisque sans ces traces-là,
17:36il y aura
17:39difficile identification
17:39des auteurs,
17:40à moins qu'ils aient
17:41laissé d'autres traces
17:41ailleurs,
17:42comme je vous le disais,
17:43mais ça,
17:43c'est le travail
17:43de fond des enquêteurs.
17:45C'est trop tôt,
17:45Laurent Valdiguier,
17:46pour essayer d'envisager
17:47qui peut être derrière.
17:48Des sabotages
17:49contre la SNCF,
17:50il y en a eu plusieurs
17:50ces dernières années,
17:52au moment des Jeux Olympiques,
17:53il y a tout juste
17:53un an également,
17:54à chaque fois,
17:55c'est l'ultra-gauche
17:57qui soit avait été accusée,
17:59soit a été revendiquée.
18:01Il y a des menaces
18:01particulières aujourd'hui ?
18:02Oui, alors le fameux
18:03groupe de Tarnac,
18:03vous vous souvenez,
18:04c'était de positionner
18:06des agrafes
18:07sur les caténaires
18:08des TGV,
18:09pas dans le but
18:09de les faire dérailler,
18:10mais dans le but
18:11de désorganiser le réseau.
18:14C'est vrai que là,
18:15il faut être au moins six
18:16pour transporter,
18:19pour soulever
18:20cette barre de fer,
18:22ce morceau de rail
18:22de 350 kg
18:23pour le positionner
18:25de façon à ce qu'il
18:25fasse dérailler le train.
18:27Il faut être un groupe.
18:29Alors le groupe,
18:29c'est vrai que ça plaide
18:30pour quelque chose
18:31de déterminé,
18:36potentiellement revendiqué,
18:37comme vous le suggériez Marc,
18:38ça plaide aussi pour,
18:40moi j'aime bien la phrase
18:41de Michel Rocard,
18:42il faut toujours privilégier
18:42la connerie.
18:44Ça peut aussi plaider
18:45pour la mauvaise blague
18:49est une mauvaise expression
18:51concernant ce...
18:52Mais ça plaide aussi
18:53pour un groupe
18:54faisant une énorme bêtise,
18:56voire une énorme connerie.
18:57Alors ça,
18:58c'est aussi la chance
18:59des enquêteurs.
18:59Parce que si quelqu'un
19:00de ces six
19:02nous entend
19:03et entend
19:03tout le battage
19:05qui est fait
19:06autour de cet accident,
19:07d'abord ils peuvent
19:09bénir
19:12les événements,
19:13qu'il n'y ait pas de drame
19:14et qu'il n'y ait pas
19:14de décennement,
19:15mais ils peuvent aussi
19:16se poser la question
19:17d'aller demain matin
19:18chez les gendarmes.
19:19Parce qu'en réalité,
19:20si c'est cette hypothèse-là,
19:22l'hypothèse
19:23dite de Michel Rocard
19:24et de la connerie,
19:25et qu'ils sont nombreux,
19:27l'atout des gendarmes,
19:28c'est que l'un d'eux parle.
19:30Ludovic Pingal.
19:31Peut-être un point
19:32aussi important,
19:33c'est que ce rail
19:33a été positionné
19:34d'une façon très particulière.
19:36Il existe des dispositifs
19:37de sécurité
19:38qui permettent
19:38d'identifier
19:39d'éventuels objets
19:40sur la voie
19:40et qui déclenchent
19:41la signalisation
19:42en amont.
19:43Donc ça peut être
19:44un argument également
19:45qui pourrait laisser penser
19:46que ça n'a pas été fait
19:47par n'importe qui
19:50pour voir
19:51ce que ça pouvait faire.
19:52Ils ont évité
19:52le système d'alarme ?
19:54C'est une possibilité.
19:56Oui, alors pour faire
19:57le système d'alarme,
19:58pour positionner
19:58que ça sonne,
19:59il faut une manutention
20:01supérieure,
20:02sans la désigner,
20:03sans l'expliquer là,
20:04il faut une manutention
20:05encore supérieure
20:06à l'emplacement
20:08juste sur un rail
20:09qui peut le faire dérailler.
20:12C'est le paradoxe.
20:14Merci beaucoup
20:14à tous les trois.
20:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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