00:00En fait, les accords passés entre Londres et Paris ne couvrent qu'une partie, ne résolvent qu'une partie du
00:06problème.
00:07Mais cela étant, ils ne fonctionnent pas si mal.
00:10Entre fin avril et début août cette année, il y a eu 185 tentatives qui ont été enrayées,
00:17tentatives de départ des côtes françaises,
00:20et 4300 personnes qui ont été empêchées de rejoindre la Grande-Bretagne,
00:25contre quelques centaines seulement qui sont passées.
00:29En fait, il y a deux problèmes.
00:30Le premier problème, c'est que par définition, une barque, un bateau qui ne passe pas, on ne le voit
00:37pas.
00:37Et une personne qui n'arrive pas sur les côtes britanniques, elle est invisible.
00:43Donc si vous arrêtez 4300 personnes, vous le dites, on va dire oui, c'est très bien.
00:46Mais ce qu'on va voir, c'est les 100 ou 200 qui sont passés,
00:49et qui vont donner lieu à des vidéos, des images, etc.
00:53Ça, c'est le premier problème.
00:54C'est un problème en partie du fait qu'on n'est pas à une réussite 100%, qui est sans
01:00doute impossible,
01:01et que même s'il y a des progrès, il y a un problème de perception par l'opinion.
01:05Et puis la deuxième chose, c'est que ce mouvement des migrants, anti-migrants a évolué.
01:12Aujourd'hui, ce n'est plus seulement Stop the Boat.
01:14C'est un reflet d'un malaise général dans la société britannique.
01:18Il y a Stop the Boat, bien sûr, pour les migrants clandestins,
01:21mais il y a aussi le refus de demandeurs d'asile qui sont considérés comme étant privilégiés,
01:28logés dans des hôtels, etc.
01:29Alors on ferme des hôtels, mais en fermant nos hôtels, les demandeurs d'asile,
01:33il faut quand même les mettre quelque part.
01:35Donc ça suscite malgré tout des manifestations.
01:38Et puis c'est devenu aussi le symbole du fait que, d'une part,
01:42on a des réfugiés qui sont considérés comme étant privilégiés et, entre guillemets,
01:46trop bien traités.
01:47Et d'autre part, on a des Anglais, des classes moyennes et des classes plus basses,
01:54qui souffrent, eux, d'une grande difficulté d'accès aux services publics, d'une crise du logement.
02:01Les listes d'attente dans les hôpitaux sont terrifiantes, par exemple en Grande-Bretagne.
02:06Donc c'est un malaise général aujourd'hui.
02:08Dans ces manifestations anti-migrants,
02:10sont en fait devenus le témoignage, le symbole,
02:15un espèce de baromètre de l'opinion britannique.
02:18Et ce, l'ESA, effectivement, il va continuer,
02:20parce que la Grande-Bretagne n'est pas prête de régler
02:22ni la question de l'immigration clandestine,
02:24ni la question des demandeurs d'asile,
02:28ni bien sûr les problèmes structurels
02:31qui touchent depuis beaucoup trop longtemps la société britannique.
02:38Merci.
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