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  • il y a 3 minutes
Ce lundi 14 septembre, Patrice Gautry, chef économiste de l'Union Bancaire Privée, Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, et Frédéric Ponchon, directeur général de Dorval AM, étaient les invités dans l'émission Good Morning Market, présentée par Étienne Bracq, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:10C'est parti pour Good Morning Market. Dans un instant, l'ouverture des marchés européens.
00:15Tout le détail sur la séance du jour. Il faudra notamment suivre Capgemini ou encore AstraZeneca.
00:20Nouveau revers pour une étude de phase 3 en ce qui concerne le cancer du sein.
00:25Et puis dans cette émission, nous reviendrons bien sûr sur la Fed. C'est la semaine clé bien sûr.
00:30Mercredi soir, la Banque Centrale Américaine va probablement remonter ses taux.
00:33En tout cas, le marché anticipe ce matin à hauteur de 85%, une hausse de taux.
00:38Élément de réponse dans un instant avec Florian Yelpo de Lombard-Rodier IM et Patrice Gautry de l'Union Bancaire
00:44Privée.
00:44A 9h20, Frédéric Ponchon, le directeur général de Dorval Asset Management, nous accompagnera pour revenir sur les performances à Wall
00:51Street.
00:51On voit de plus en plus que le marché doute en ce qui concerne l'intelligence artificielle.
00:55Et il y a de quoi avec notamment ce week-end OpenIA qui reporte son introduction en bourse.
01:00Aujourd'hui, comment investir alors que nous sommes dans une phase de temporisation en ce qui concerne l'IA ?
01:06Élément de réponse donc à 9h20 et puis à 9h30, vous retrouvez les experts avec leur closier comme tous les
01:11jours 9h30, 10h30.
01:12Bonjour à tous, à partir de 9h30, on parlera consommation de carburant avec cette baisse de 6% en août.
01:16Est-ce qu'il faut baisser les taxes ? On verra ça avec nos experts.
01:19On parlera également budget. Est-ce qu'il est enfin temps de mettre les retraités à contribution ?
01:23Nos experts aujourd'hui, Valérie Plagnol, président du Cercle des Épargnants.
01:26Marc Rocher, président du cabinet Aérogestion.
01:28Et Véronique Plessier-Chauveau, directrice générale de Léo.
01:32A tout de suite, enfin à tout de suite, à dans 25 minutes.
01:34Dans une demi-heure. 9h30, leur closier. En attendant, il est 9h.
01:37C'est l'information économique du jour avec Léo Dumas.
01:41BFM Business, l'info éco. Léo Dumas.
01:44Et à la une, ce débat qui monte sur la régulation de l'intelligence artificielle.
01:49Les principaux patrons du secteur sont sortis du bois ces dernières heures
01:52pour réclamer un ralentissement général du développement des modèles
01:56afin de mieux appréhender les risques qui en découlent.
01:59Mais pas question pour Donald Trump qui leur a répondu hier soir depuis l'Irlande.
02:05Nous devançons la Chine dans l'IA.
02:06Nous sommes le pays le plus sophistiqué au monde.
02:09Et franchement, je veux que ça reste comme ça.
02:10Parce que quel que soit le vainqueur, c'est l'IA qui gagne.
02:13Et nous, nous pouvons mettre des garde-fous.
02:15Nous pouvons faire ci et ça.
02:17Mais je pense qu'il y a beaucoup de forces négatives
02:19qui abordent le sujet alors qu'elles ne le devraient pas.
02:21Et elles mentionnent des choses qui n'arriveront pas.
02:23Mais celui qui gagne avec l'IA gagne, vous le savez.
02:26C'est une expression que j'ai inventée.
02:27Et elle est vraie.
02:29En France, sur le front de l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans
02:33après la censure cet été du Conseil constitutionnel,
02:36Emmanuel Macron annonce ce matin qu'une nouvelle version de son texte est prête
02:40et qu'elle a été transmise à Bruxelles pour vérifier la conformité avec le droit européen.
02:45Cette nouvelle mouture inclut notamment une liste de fonctionnalités nocives ou addictives
02:50comme les flux de notifications la nuit
02:52et prévoit par ailleurs des dérogations pour les 13-15 ans sur décision des parents.
02:58Dans le même temps, les contours du budget continuent de se dessiner déjà sur la cible.
03:0330 milliards d'euros d'économie, dont 6 sur les pensions de retraite,
03:07a dit le ministre David Amiel.
03:09Alors ça pourra passer par la désindexation ou par la suppression de l'abattement forfaitaire.
03:14Ensuite, il y a eu Sébastien Lecornu qui s'est chargé, lui,
03:16d'annoncer des mesures pour faciliter les donations familiales.
03:20Le plafond exonéré va passer de 31 000 à 50 000 euros l'an prochain sur les scènes d'argent.
03:24Et puis sur le front des impôts, si Bercy parle de quelques niches fiscales à toi l'été,
03:29il n'y aura pas de gel du barème de l'impôt sur le revenu.
03:34C'est ce qu'a assuré Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement.
03:37Merci Léo Dumas. Il est 9h02, le CAC 40 recule de 0,5% ce matin dans les premières minutes
03:42de cotation,
03:43moins 0,6% pour l'Eurostox 50 à 6 286 points.
03:47Capgemini est la plus forte hausse ce matin à l'ouverture, plus 4%.
03:51Le groupe a annoncé ce week-end son intention.
03:54Et surtout, ça y est, c'est signé vendre sa filiale Capgemini Government Solutions aux États-Unis.
03:59Filiale qui avait fait polémique en début d'année avec la police ICE,
04:03la police anti-immigration aux États-Unis.
04:05107 euros pour ce titre Capgemini, suivi de Dassault Systèmes ou encore Publicis et Sanofi.
04:10À l'inverse, Schneider Electric, Legrand et STM ferment la marche.
04:13Des valeurs qui sont très, très, très près du segment de l'intelligence artificielle.
04:19Moins 3,9% quand même pour Schneider, moins 3,7% pour Legrand,
04:23moins 3,5% pour ST Microelectronics, avec donc OpenIAI qui renonce à son introduction en bourse à court terme.
04:30Pourquoi pas l'année prochaine, dit Samatman.
04:32Mais en tout cas, cette introduction en bourse tant attendue n'aura pas lieu en cette fin d'année.
04:36Et ça, ça pèse très clairement ce matin sur toutes les valeurs qui sont liées de près ou de loin
04:42avec l'intelligence artificielle.
04:44À ce sujet d'ailleurs, le Nasdaq perd un peu plus de 1,3% ce matin en préouverture.
04:49Donc, il faudra s'attendre à une petite séance compliquée.
04:51Peut-être du côté des valeurs technologiques américaines.
04:54En tout cas, cette nuit, c'est SoftBank, le géant japonais qui détient une participation de plus de 13%
04:58dans OpenIAI,
04:59qui a perdu plus de 10% à la clôture ce matin au Japon.
05:04Très courte pause, on se retrouve dans un instant pour parler des États-Unis,
05:07de l'inflation américaine, de la banque centrale américaine,
05:10puisque ça y est, depuis vendredi, on a les données d'inflation aux États-Unis.
05:13Une inflation qui a encore galopé de 0,4% au mois d'août par rapport au mois de juillet.
05:19Et un marché qui croit de plus en plus à une Fed qui va relever ses taux mercredi.
05:23Éléments de réponse dans un instant. A tout de suite.
05:36Et c'est un début de semaine en baisse pour l'Europe.
05:39Moins 0,6% pour l'Eurostock 50.
05:41Très intéressant de voir que ASML perd plus de 4%.
05:44Vous avez également des valeurs comme Nokia, Soitec ou encore Schneider Electric
05:48qui cède plus de 3% ce matin à l'ouverture.
05:51Avec donc OpenIAI, la maison mère de Chagipiti, qui reporte son introduction en bourse.
05:55Et puis à l'inverse, les valeurs qui étaient considérées par le marché comme les perdants de l'IA
06:00se reprennent très fortement.
06:02Les Sage, les Dassault Systèmes, les Capgemini, les Walters gagnent un peu plus de 4% ce matin à l
06:06'ouverture.
06:07Nous en parlerons dans un peu plus d'un quart d'heure avec Frédéric Ponchon.
06:10Juste avant, deux invités à distance ce matin depuis Genève.
06:13Patrice Gautry, chef économiste de l'Union bancaire privée.
06:15Bonjour Patrice.
06:16Merci de nous accompagner ce matin en compagnie de Florian Yelpo chez Lombard-Odier IM.
06:21Bonjour Florian, vous êtes en charge de la macroéconomie.
06:25Deux économistes ce matin pour aborder l'inflation américaine.
06:28Le contexte de taux longs.
06:30Encore ce matin, des pressions sur la partie longue des taux,
06:33notamment pour le 10 ans français, mais pas que.
06:35Vous avez un écart de taux entre la France et l'Allemagne qui est de 95 points, 4,45 pour
06:38le 10 ans français.
06:40Mais quand même, juste avant, plantons le décor avec la fête,
06:43parce que c'est le rendez-vous de la semaine, voire même le rendez-vous du mois,
06:46que les investisseurs attendent depuis des jours, des semaines maintenant,
06:48notamment depuis l'intervention de Kevin Warch.
06:51C'était à la fin du mois d'août depuis le symposium de Jackson Hole.
06:54Quand on regarde, Patrice Gautry, l'inflation américaine du mois d'août,
06:58elle est encore au-delà de la cible.
07:00Ça, bien sûr, c'était attendu, puisque vous avez une inflation qui est depuis 2021
07:05au-delà de la fameuse cible des 2 %.
07:08Aujourd'hui, est-ce que vous pensez que ça y est,
07:10Kevin Warch n'a plus le choix, qu'il doit remonter les taux,
07:13sachant que cette inflation était de 3,4 % le mois dernier aux États-Unis ?
07:17Alors, je pense que le débat sera important.
07:20Et le combat familial, le « family fight » que décrit Warch sur les séances précédentes,
07:27va continuer avec cette séance de UFOMC.
07:29La lecture stricte de l'inflation n'est pas alarmiste,
07:32en ce sens où la dérive des prix est essentiellement majoritairement due
07:37à, bien entendu, les prix de l'énergie.
07:39On les retrouve dans les transports, on les retrouve dans les billets d'avion.
07:42Par contre, quand on regarde les autres composantes,
07:45il n'y a pas de dérive particulière,
07:47à l'exception d'un ou deux secteurs qui sont un petit peu plus forts,
07:51l'éducation, les services de réparation aux voitures, par exemple.
07:54Donc là, ce sont pour moi des épiphénomènes,
07:56et il n'y a pas de spirale inflationniste aux États-Unis,
07:59malgré une conjoncture qui reste relativement élevée.
08:02Donc pour moi, l'inflation est essentiellement et majoritairement un phénomène qui est lié à l'énergie.
08:08Alors malheureusement, les nouvelles sur l'énergie,
08:10les prix du baril, le détroit d'Hormuz et la géopolitique ne sont pas bonnes,
08:13ce qui veut dire qu'on peut effectivement avoir encore une dérive de ce côté-là.
08:18Par contre, est-ce que l'inflation nécessite une action urgente de la Fed ?
08:22Pour moi, non. Si on était en des temps normaux, c'est-à-dire s'il n'y avait pas
08:26les pressions géopolitiques,
08:28s'il n'y avait pas les pressions du côté des marchés monétaires et des pressions d'ailleurs sur l
08:33'obligataire,
08:34avec une communication de la part du Trésor de la Fed qui est plutôt malhabile
08:38et qui passe mal au travers des marchés financiers,
08:41eh bien si on n'était pas dans des temps exceptionnels,
08:43il n'y aurait pas autant de pression sur la réunion de la Fed,
08:46mais les marchés s'attendent, contre le scénario que je viens de décrire,
08:50à 90% de chances de hausse de taux.
08:53À quoi ça sert une hausse de taux ?
08:55Si la dérive des prix est majoritairement donnée par le contexte géopolitique et l'énergie,
09:00et c'est la question essentielle à laquelle devra répondre le FOMC.
09:04Du côté de l'embarodier IM Florian-Élpeau, comment vous analysez ces données d'inflation ?
09:09Je rappelle, inflation globale 3,4%, l'inflation sous-jacente 2,4%
09:15si on retire cette composante matière première,
09:18qui bien sûr a très fortement pesé sur les statistiques depuis le mois de mars.
09:23Absolument, et c'est le paradoxe du jour en fait,
09:25c'est-à-dire qu'au-delà de tout ce que Patrice vient de dire qui est très juste,
09:29on a en plus le fait que ce choc énergétique a de la peine à venir toucher justement l'inflation
09:36sous-jacente.
09:36On est face à une progression des prix du baril de l'ordre d'un choc pétrolier,
09:41et pourtant au mois de juillet on avait un écart entre inflation headline,
09:46donc inflation totale et inflation hors énergie, de l'ordre de 0,7%,
09:52et là on atteint péniblement 1%.
09:54C'est-à-dire qu'il se passe quelque chose en plus dans l'économie américaine
09:57qui fait que l'inflation énergétique a de la peine à se transmettre à l'inflation totale.
10:01Alors, si on s'en tient juste à la métrique que Walsh nous a donnée lors du meeting de Jackson
10:08Hole,
10:08c'est-à-dire quel est le pourcentage des éléments dans le panier qui sert au calcul de l'inflation
10:14qui sont en excès d'une progression de 3%,
10:16donc quels sont les éléments, quel est le pourcentage d'éléments qui progressent de plus de 3% ?
10:20Du côté des services, on est toujours à 58%.
10:23Pour expliquer ça, c'est-à-dire qu'on n'est pas face à une vague d'inflation,
10:27mais on est face à ce qu'on appelle une inflation visqueuse,
10:31une inflation collante en termes économiques,
10:34et on a de la peine à comprendre comment se débarrasser de cette inflation visqueuse,
10:38parce qu'en fait elle est visqueuse depuis 2022, et ça n'a en fait très peu changé.
10:42Donc l'un des challenges c'est effectivement,
10:45doit-on traiter le problème de l'inflation énergétique aux Etats-Unis à coup de hausse de taux ?
10:49Première question.
10:50Et deuxième question c'est, avons-nous atteint un niveau des taux
10:53qui nous permettra à terme de revenir sur la cible,
10:55parce qu'on arrivera justement à se débarrasser de la viscosité de cette inflation ?
11:00Notre vue maison c'est une hausse probable en septembre,
11:04au meeting de cette semaine.
11:06Pourquoi ? Parce qu'on a le collège qui permet de voter cette hausse de taux,
11:10et qu'il s'agirait d'une façon de montrer un petit peu,
11:13de serrer les dents, de montrer le point,
11:15pour dire qu'on comprend qu'il y a un problème vis-à-vis de l'inflation,
11:18mais néanmoins on ne voit pas d'ajustement significatif des taux de la réserve fédérale.
11:25Aujourd'hui ça n'est pas une urgence, comme l'a très justement dit Patrice.
11:28Est-ce que quand vous regardez, Florian Elpo, ce rapport d'inflation,
11:31vous nous dites qu'il n'y a pas de signaux rassurants,
11:34mais il n'y a pas de signaux inquiétants ?
11:35C'est-à-dire qu'en fait, à court terme, il n'y a pas d'urgence à relever les
11:38taux néanmoins ?
11:40Non, non, bien sûr, il n'y a pas d'urgence.
11:42Il n'y a pas d'urgence, et le problème, c'est que l'urgence était avant,
11:46et maintenant il faut parvenir à se débarrasser de cette inflation visqueuse.
11:50C'est très difficile.
11:52Imaginez qu'une banque centrale, c'est comme un chirurgien qui pratiquerait une incision
11:56et qui enverrait les effets 18 mois plus tard.
11:59Ce n'est pas un travail de précision, et pourtant, on demande à la Réserve fédérale aujourd'hui
12:04est-ce que son taux directeur est au bon endroit ?
12:08Alors ce qu'on oublie probablement, c'est que la politique monétaire se fait par le taux court,
12:12mais aussi par le taux long.
12:13Et les taux longs aujourd'hui sont très élevés et potentiellement peuvent ralentir l'investissement,
12:18avoir un effet sur l'investissement notamment résidentiel,
12:21et produire davantage encore d'effets désinflationnistes
12:24que le simple taux court de la Réserve fédérale américaine aujourd'hui.
12:284,96 ce matin pour le 10 ans américain.
12:30Depuis plusieurs séances maintenant, Patrice Gautry, le 10 ans américain,
12:34tape à la porte de ce seuil des 5% qui est un seuil purement symbolique,
12:38sans pour autant le franchir.
12:39C'est-à-dire qu'avant même que la Fed remonte ses taux,
12:42le marché fait un petit peu le job seul de son côté.
12:46Il anticipe, le marché est toujours dans l'anticipation.
12:48Est-ce qu'aujourd'hui, vous considérez que les taux deviennent trop élevés pour l'économie américaine ?
12:54Alors, trop élevés, non.
12:56C'est-à-dire, si on va au-delà des 5%,
12:58puisqu'on a vu que la barre des 5% a certainement généré un intérêt supplémentaire
13:02de la part de certains investisseurs obligataires,
13:05donc il y a des effets de seuil.
13:06Au-delà des 5%, oui, ça peut commencer à mordre.
13:09C'est-à-dire, comme vous l'avez très justement dit,
13:11le marché obligataire fait le travail que la Fed tarde à faire,
13:16c'est-à-dire en termes de régulation de l'économie.
13:19Mais bien entendu, les canaux ne sont pas les mêmes.
13:21C'est ce qu'on vient de rappeler.
13:23Et s'il y a une dérive du côté des taux longs,
13:26c'est aussi parce qu'il y a quelques maladresses de communication du côté du Trésor.
13:31Ce n'est pas uniquement simplement l'inflation.
13:32On a vu avec les déclarations de M. Bessen qui promettaient une action
13:36pour mettre un plafond sur les taux longs,
13:39qui ont plutôt échoué,
13:41puisqu'en fait les montants de rachats de la part du Trésor américain
13:45ont déçu les marchés financiers.
13:47Et donc là, on est dans une séquence dans laquelle il y a certes,
13:49effectivement, dans la hausse des taux longs,
13:52un scénario d'inflation qui est un petit peu plus difficile,
13:55une incertitude du côté des décisions de la Fed,
13:58mais aussi une dérive du côté budgétaire qui est inquiétante.
14:02Et M. Bessen qui parle beaucoup, qui communique beaucoup,
14:06mais qui donne, je dirais, peu de poids ou peu de réalité,
14:10en fait, à ces propos.
14:11Et là, ça amène effectivement en ferme technique.
14:13On a des primes d'inflation, des primes sur l'incertitude de la Banque centrale
14:17et ce qu'on appelle une prime de terme,
14:19c'est-à-dire que les investisseurs exigent un taux d'intérêt plus élevé
14:24pour accepter de détenir des obligations américaines.
14:26Donc si on continue sur cette voie-là,
14:28on va enlever 0,2, 0,3 points de croissance.
14:31Mais je le rappelle, on était au deuxième trimestre
14:34avec une activité domestique, privée,
14:37donc la consommation et l'investissement,
14:39qui fonctionnaient à plus de 4% en termes annualisés.
14:42Donc pour l'instant, ça n'est pas suffisant
14:44pour faire dérailler la croissance américaine.
14:47Et je crois que le terme dérailler est le terme propre,
14:51même s'il y a un ralentissement cyclique
14:53qui peut se dessiner au deuxième semestre.
14:55Même s'il y a calme, on voit typiquement ce week-end
14:57les annonces d'OpenEye qui reportent son projet d'introduction en bourse.
15:01On en a parlé souvent sur ce plateau.
15:03La croissance américaine est tirée notamment
15:06par les infrastructures liées à l'IA.
15:08Comment aujourd'hui vous regardez ce sujet ?
15:11La croissance américaine reste tirée par la consommation.
15:14L'accélérateur de la croissance est venu par l'investissement.
15:17Mais n'oublions pas que mon premier regard,
15:19c'est sur le consommateur.
15:20Et le consommateur, pour l'instant, il continue à consommer.
15:24Et on est dans une cas « shaped economy »,
15:26c'est-à-dire que ce sont les hauts revenus
15:28qui tirent la consommation.
15:29Mais pour l'instant, on l'a vu avec les indices de confiance,
15:32il y a une certaine inquiétude sur la non-maîtrise
15:34de l'inflation.
15:35Et ça, c'est important.
15:36Alors après, bien entendu, on a des développements
15:38qui sont intéressants à suivre.
15:40Est-ce qu'il faut accélérer sur les investissements ?
15:42Je pense que même les attermoiements que l'on a eus
15:44pendant le week-end sur la rapidité et l'expansion future de l'AI
15:49ne vont pas remettre en cause, dans un premier temps,
15:52les investissements en infrastructures
15:54pour le développement de l'IA.
15:55Donc on va rester avec une fin d'année
15:57et un début d'année 2027
15:58qui va être avec un investissement encore tiré par l'IA.
16:01Peut-être qu'effectivement, mi-2027,
16:04on va avoir un ralentissement un petit peu plus prononcé
16:06par rapport aux propos que vous avez signalés.
16:0810 ans américains, donc 4,96.
16:10Le 2 ans est à 4,61.
16:11La semaine dernière, Florian Elpo,
16:13le taux hypothécaire à 30 ans,
16:14qui est un petit peu un baromètre aux États-Unis,
16:16notamment pour l'octroi de prêts immobiliers,
16:19a franchi la barre des 7%.
16:217% pour le taux hypothécaire à 30 ans
16:24pour la première fois depuis mai 2025.
16:26Donc est-ce qu'aujourd'hui,
16:28les taux sont trop élevés pour l'économie ?
16:30Même question.
16:30Quel est votre regard ?
16:33C'est un petit peu le talon d'Achille.
16:35Encore une fois, c'est très difficile de juger d'un niveau seuil.
16:40Pourquoi c'est difficile de juger d'un niveau seuil ?
16:42Tout simplement parce qu'en fait,
16:43ce qui compte réellement,
16:44ce n'est pas nécessairement le niveau de ces taux,
16:46mais c'est la partie en excès de l'inflation,
16:49c'est-à-dire ce qu'on appelle les taux réels.
16:52Tous les économistes du monde en général
16:54savent qu'on doit confronter le niveau des taux réels
16:58globalement avec le niveau réel de la croissance.
17:01L'idée étant qu'en tant que la croissance compense les taux,
17:05tout va bien.
17:06On vit dans une économie plutôt vertueuse
17:08où les taux ne font que refléter justement une amélioration de la croissance
17:11et la croissance dans l'ensemble tient la route.
17:14La croissance américaine, aujourd'hui,
17:15la difficulté, c'est qu'elle est très difficile
17:17à mesurer la croissance de long terme,
17:20la croissance que l'économie américaine peut réellement générer.
17:22Pourquoi ? Parce qu'une partie importante de la certitude vient de la productivité.
17:27On ne sait pas à quel point l'IA va générer des gains de productivité
17:30et ces gains de productivité vont décider du niveau final,
17:33de la croissance américaine.
17:34Alors, si on imagine une croissance américaine
17:36qui s'établit entre 2 et 2,20,
17:38on est globalement dans les clous.
17:39On peut se dire qu'on peut tolérer les taux réels
17:42tels qu'on les a aujourd'hui.
17:43Ils s'établissent à peu près à 2,3%.
17:46Maintenant, la progression au-dessus de ce niveau-là
17:49pourrait commencer à devenir mordante,
17:51comme le disait Patrice, sur l'activité économique.
17:54L'ordre de grandeur, c'est quasiment 1 pour 2.
17:56C'est-à-dire, si on dépasse de 50 points de base
17:59la croissance potentielle,
18:01on peut retirer à terme jusqu'à 1% de la croissance économique américaine.
18:05Donc, c'est un véritable enjeu aujourd'hui
18:08de savoir si ces taux sont vraiment des taux
18:11qui sont compatibles avec les niveaux de croissance futurs
18:13qu'on peut attendre de l'économie américaine.
18:15Pour le moment, notre réponse est oui,
18:17mais attention, parce que justement,
18:19l'investissement résidentiel,
18:20c'est la partie la plus faible du cycle économique
18:23aujourd'hui aux États-Unis.
18:25Patrice Gautry, le mot de la fin,
18:26pour rebondir sur ce qui vient d'être dit.
18:27Pour rappel, la croissance aux États-Unis
18:29est attendue au-delà des 2% aux États-Unis,
18:32au moins 2,2%, 2,4% selon les différents scénarios.
18:37Oui, tout à fait, effectivement, 2,5% pour notre propre scénario.
18:41Et si on était dans l'hypothèse
18:42où effectivement toute l'intelligence artificielle
18:45est développée,
18:46eh bien, ça pourrait amener une croissance potentielle américaine
18:49bien au-dessus des 2,5%
18:50et entre 3 et 3,5% sur les années 2028-2030.
18:54Si, bien entendu, ces développements se poursuivent
18:57et on se rappelle effectivement des scénarios
18:59que l'on avait développés au moment d'Internet,
19:01on est un petit peu dans la même configuration,
19:03on attend les gains de productivité.
19:04Merci à tous les deux de nous avoir accompagnés ce matin.
19:07Patrice Gautry, chef économiste de l'Union bancaire privée depuis Genève
19:10et Florian Hielpau en charge de la macroéconomie chez Lombard-Odie-Yem
19:13également depuis Genève de Genevoie ce matin
19:15pour nous aider à décrypter l'actualité
19:17et plus précisément la macro aux États-Unis.
19:209h20, on va parler d'intelligence artificielle désormais.
19:24Good Morning Market sur BFM Business
19:27Avec Frédéric Ponchon, directeur général de Dorval Asset Management.
19:30Bonjour Frédéric.
19:31Bonjour Étienne.
19:32Merci de nous accompagner ce matin.
19:33Alors bon, hasard de calendrier, vous intervenez ce matin.
19:36On est lundi 14 septembre.
19:38Ce week-end, OpenEI a annoncé que ce n'était pas le moment de rentrer en bourse.
19:42Donc on voit ce matin les Nokia, les ASML, les STM, les Legrand,
19:46les Schneider perdre plus de 3%.
19:48Ça rentre dans une phase un petit peu de test pour le marché.
19:52On le voit depuis cet été, pas mal de questions.
19:55Les marchés qui rentrent dans une certaine forme de temporisation
19:57sur les questions de l'IA.
19:59Oui, tout à fait.
19:59C'est vrai qu'on sort de plusieurs années
20:01où l'IA a concentré et les investissements
20:04et les performances boursières.
20:06On a observé une sorte de pic de ce momentum en juin de cette année.
20:14Et aujourd'hui, ce à quoi on réfléchit,
20:16c'est justement à ceux qui pourraient, après l'IA,
20:21prendre le lead sur le marché.
20:23Voilà.
20:24On a quelques idées là-dessus.
20:26Donc bien sûr, on a vu le rebond sur l'été des perdants de l'IA,
20:32ceux qui étaient considérés comme les perdants de l'IA.
20:34Donc on a des sociétés comme Publicis,
20:36des sociétés comme le London Stock Exchange.
20:38Et c'est le cas ce matin en plus.
20:39Oui, exactement.
20:40Aujourd'hui, c'est assez typique.
20:42Effectivement, toutes ces sociétés...
20:44On avait parlé aussi des logiciels.
20:48Donc là, on pense qu'il y a plusieurs types de logiciels
20:50et le risque n'est pas le même sur tous.
20:53Mais voilà, il y a tout ce segment-là de la cote,
20:55des perdants de l'IA qui rebondent.
20:57Après, je pense qu'il y a aussi un autre segment
20:59qui est assez intéressant.
21:00C'est celui des valeurs de croissance visibles.
21:03C'est des sociétés qui ont pas mal d'irrêtés ces dernières années.
21:08Elles partaient de niveaux de valorisation qui étaient assez élevés.
21:12Et elles avaient le défaut de ne pas être dans ce flot de l'IA.
21:18Parce qu'elles ont des modèles économiques
21:20qui sont fondés sur d'autres choses
21:22qui nous paraissent assez intéressantes aujourd'hui.
21:24Parce qu'on parle de l'IA aujourd'hui,
21:26mais nos économistes sont aussi un peu plus prudents
21:28d'une manière générale sur l'économie.
21:29On a parlé du niveau des taux et notamment de l'inflation
21:33et puis de la transmission sur la consommation.
21:36Et ces sociétés de valeurs de croissance visibles,
21:41elles donnent justement cet avantage d'avoir de la visibilité.
21:45C'est-à-dire que sur l'IA, on se pose la question
21:48est-ce que le rythme va continuer des investissements ?
21:50Il y a probablement une idée de dérivée seconde
21:54qui va se dégrader.
21:55On voit les oppositions très locales
22:00sur l'installation des data centers.
22:02On a toutes ces questions sur la sécurité.
22:05C'était le propos du fondateur d'Entropix ce week-end.
22:11L'agence de sécurité aussi en Chine
22:14indique que la sécurité nationale peut être en risque
22:18et on ne donne pas des garde-fous à l'IA.
22:20Donc tout ça peut quand même militer sur un certain nombre de questions
22:23et de risques sur la poursuite du développement de l'IA.
22:28Les valeurs de croissance visibles,
22:30elles, elles sont fondées sur des algorithmes de croissance
22:33qui sont totalement décorrélés de cette dynamique.
22:37On peut avoir le vieillissement de la population par exemple.
22:39On peut avoir des innovations sur le remplacement
22:43des intrants pétro-sourcés par exemple
22:46si on parle de novonésis dans l'alimentation,
22:50la santé humaine.
22:52Et donc voilà, on a des choses qui peuvent nous permettre
22:55de traverser cette période de manque de visibilité
22:58à la fois sur ce qui a tiré le marché,
23:02c'est-à-dire l'IA,
23:02et sur l'économie.
23:05Alors décidément, on va vraiment faire une émission,
23:07vous n'êtes pas suisse,
23:08Dorval n'est pas une maison suisse,
23:09mais désormais on va parler également de valeurs suisses.
23:11C'est vrai qu'on parle souvent du CAC 40 qui est à la traîne,
23:13c'est également le cas de la bourse de Zurich,
23:15parce que le secteur de la pharma
23:17n'a pas vraiment joué son rôle d'amortisseur
23:20sur la place, notamment en Europe.
23:22Alors le secteur de la santé au global,
23:23effectivement, n'a pas joué son rôle d'amortisseur.
23:25En revanche, on voit aujourd'hui, par exemple,
23:27avec AstraZeneca qui sort une étude de phase 3
23:30qui est plutôt décevante,
23:33mais qui fait vraiment refuge dans ce stress.
23:38Le titre monte malgré tout.
23:40Mais c'est vrai qu'au-delà de la pharma,
23:43il y a des laboratoires pharmaceutiques
23:44qui peuvent avoir leurs propres problématiques.
23:48Nous, on aime beaucoup AstraZeneca
23:49parce que c'est un mix de profondeur
23:53quand même des franchises,
23:55de valorisation qui est au plus bas
23:58depuis 5 ans et de croissance d'ici 2030
24:02qui est assez intéressante.
24:04Mais il y a des sociétés, vous parlez de la Suisse,
24:07comme Alcon, par exemple,
24:08qui nous intéressent beaucoup aussi en ce moment.
24:11Alors, je disais, voilà,
24:12retour d'intérêt sur les valeurs de croissance visibles,
24:15ça se voit aussi côté H1 américain.
24:17On a, par exemple, Elliot qui est rentré
24:20sur le London Stock Exchange,
24:22qui est rentré sur Air Liquide,
24:23donc deux valeurs un petit peu emblématiques
24:25des valeurs de croissance visibles.
24:27Et puis, on a Pershing Square et Bill Ackman
24:31qui sont rentrés sur Alcon.
24:33Alors, Alcon, typiquement, c'est ça,
24:35c'est 4 à 6 % de croissance de l'activité
24:38liée au vieillissement de la population,
24:41à l'accès aux soins dans les pays émergents,
24:44à l'élévation du niveau de vie
24:45dans les pays émergents de manière générale.
24:47À L-C-O-N, c'est côté à Zurich.
24:50Ça concerne notamment tout ce qui est soins oculaires,
24:53qui fabrique également des machines pour les spécialistes.
24:56Exactement, c'est le leader mondial de l'ophtalmologie,
24:58donc avec à la fois des positions très fortes
25:01dans la chirurgie de la vision
25:03et dans les lentilles de contact.
25:05Chirurgie de la vision, ce qui est très intéressant,
25:07c'est qu'on a une base installée
25:08qui est extrêmement importante
25:11et que la société vend des consommables,
25:14donc avec une récurrence et une profitabilité
25:17qui est extrêmement forte,
25:19qui lui permet de réinvestir dans l'innovation.
25:21Et là, on a cette croissance de l'activité,
25:23on anticipe une augmentation des marges
25:26de 20% au niveau opérationnel
25:29à 25% sur les prochaines années,
25:31avec un cycle d'innovation qui est bien orienté,
25:36et des valorisations qui sont au plus bas
25:39depuis son IPO.
25:41Donc ça, ça nous semble être un relais
25:44en termes boursiers,
25:46et en tout cas, une sorte de refuge
25:49dans ces questionnements autour de l'IA
25:51et de la croissance économique.
25:53Alcon perd 13% depuis le début de l'année.
25:55Alors, tous ces arguments ont un prix.
25:57Frédéric Ponchon, ça se paye plus de 20 fois
25:59les profits attendus l'année prochaine.
26:01Idem sur Lanza, que vous aimez bien.
26:02Est-ce que la remontée des taux longs,
26:04au bout d'un an, on ne va pas aussi
26:05continuer à pressuriser ces titres ?
26:07Alors, la remontée des taux longs,
26:09c'est ce qui explique en fait
26:10le de-rating de ces sociétés depuis 2022,
26:13puisqu'on vient de niveaux qui sont
26:16beaucoup plus élevés.
26:18On parlait de Lanza,
26:20donc on est sur des multiples
26:22qui sont entre 25 et 30 fois les résultats,
26:25sur une croissance de l'activité
26:27qui est extrêmement visible,
26:29qui est liée à la montée en puissance
26:32de sites industriels d'ici 2030,
26:35sur lesquels la visibilité est assez bonne,
26:37et on est sur des croissances de résultats
26:41qui sont de l'ordre de 20%.
26:42Donc là aussi, on est sur des tendances structurelles
26:46qui sont l'externalisation
26:48par les grands laboratoires pharmaceutiques,
26:50du développement et de la fabrication
26:52de produits complexes.
26:53Lanza est par exemple sur ce qui s'appelle
26:55les conjugates, c'est-à-dire
26:58ce sont des sortes de missiles guidés
27:00pour aller traiter les cancers
27:02avec à la fois une partie anticorps
27:06qui va aller cibler les cellules malades
27:08et une partie chimiothérapie
27:11qui va cibler avec une charge très forte
27:14vraiment uniquement ces cellules.
27:17Et ça, c'est l'avenir de la Cancéro aujourd'hui.
27:18Voilà donc pour Lanza
27:19qui est cotée à la bourse de Zurich.
27:22536 francs-suisses ce matin pour cette action.
27:24Frédéric Ponchon, merci de nous avoir accompagnés.
27:26Vous êtes directeur général
27:27de Dorval Asset Management.
27:28Merci de nous avoir partagé ce matin vos convictions.
27:30Le CAC 47, donc 0,3%.
27:32L'Eurostock 50 perd 0,5%.
27:35Pénalisé notamment par ASML
27:36qui perd près de 4%.
27:38Et puis à l'inverse, les Capgemini,
27:39les Dassault, les Publicis
27:41gagnent plus de 3% ce matin.
27:43Le report de l'introduction en bourse
27:45d'OpenEI
27:46rebat très clairement les cartes
27:48et devrait rebattre les cartes également
27:50cet après-midi à Wall Street.
27:51Le Nasdaq 100 sur le contrat futur
27:52perd un peu plus de 1,5%.
27:54Ça sera bien sûr à confirmer.
27:55USA Today, Antoine Arrigaudry tout à l'heure
27:57à partir de 15h30.
27:59Puis il faudra bien sûr continuer
27:59à surveiller le marché obligataire.
28:01Le 10 ans français est à 4,48%.
28:02Les cartes de taux entre la France et l'Allemagne
28:03s'élargissent à 95 points.
28:05A demain à 9h.
28:05Très bonne journée.
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