Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
Tribune contre Charles Sapin : «C'est un mépris pour ceux qui ne pense pas comme eux», note Pascal Praud

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud s'intéresse à la tribune signée par 300 personnalités pour protester contre l'arrivée de Charles Sapin à France Inter.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Alexis le Prince, Alexis Prince pardon, 300 personnalités protestent contre l'arrivée de Charles Sapin de Valeurs Actuelles sur France
00:06Inter, voyez le sujet.
00:093 minutes d'antenne par semaine sur France Inter, pour un journaliste de Valeurs Actuelles, l'affaire aurait pu rester
00:15au stade de tempête dans un verre d'eau,
00:17surtout avec un début de grève plutôt timide du côté de Radio France.
00:20C'était sans compter la tribune signée par 300 personnalités pour s'opposer à l'arrivée de Charles Sapin, mais
00:26aussi sur les politiques qui se sont emparés du sujet.
00:29A la fête de l'UMA, Jean-Luc Mélenchon a tranché et choisi son camp sans surprise.
00:34Je veux dire en notre nom là aussi, à tous, notre soutien aux résistances qui s'expriment dans l'audiovisuel
00:42public et privé contre l'intrustation de l'extrême droite.
00:46Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, considère quant à lui que la représentation des opinions doit s'arrêter là
00:52où la justice est passée.
00:53Il y a toujours eu des éditorialistes de droite comme de gauche sur le service public,
00:57mais le directeur adjoint d'un journal condamné pour racisme jamais soutient aux salariés de France Inter en grève.
01:03Lui aussi en pleine rentrée politique, Gabriel Attal estime de son côté qu'il s'agit d'un non-sujet.
01:08Pour moi, on est vraiment dans l'exemple type de la polémique qui est totalement mais hors sol par rapport
01:14à ce dont les Français vous parlent.
01:15À droite enfin, l'ensemble du spectre de Bruno Retailleau à Marion Maréchal s'accorde à fustiger le mouvement de
01:20grève.
01:21Vivement la privatisation.
01:23Mise au pied du mur par ses syndicats, la direction a en effet justifié l'arrivée de Charles Sapin par
01:27une nécessité de pluralisme politique.
01:30Un concept aux limites visiblement difficiles à dessiner et dont elle semble désormais prise au piège.
01:35Le souci, si j'ai bien compris, ce n'est pas tant Charles Sapin que Valeurs Actuelles.
01:39Mais Valeurs Actuelles est présenté d'une telle sorte aujourd'hui que ça ne correspond pas à la réalité.
01:44C'est ce que dit Guillaume Roquet, qui était sur France Inter il y a quelques années et il était
01:50éditorié, ça ne posait aucun souci alors qu'il était éditorié.
01:54Mais Valeurs Actuelles a beaucoup changé de propriétaire et de ligne éditoriale.
01:58Mais écoutez, non. En fait, non.
02:00Moi, je pense que ce n'est pas le problème.
02:02Marion Maréchal a tort de dire vivement la privatisation.
02:05Il se trouve que le service public est déjà privatisé.
02:07Il est privatisé par une certaine idéologie qui ne supporte rien d'autre.
02:10Je regrette. C'est un service public qui doit refléter l'ensemble des opinions des Français.
02:16Est-ce que c'est le cas ? Non.
02:18Je parle en tant qu'auditeur fidèle, malgré tout, au service public.
02:23J'ai longtemps été un auditeur exclusif.
02:25J'ai vu, au fil des années, ce service public basculer dans la propagande pure et simple.
02:30À un niveau qui est maintenant insensé, stratosphérique.
02:33C'est-à-dire que jour et nuit, il martèle les mêmes thèmes et il ne supporte aucune contradiction.
02:39Là, on concédait à M. Sapin une chronique, que je le disais tout à l'heure, je l'ai écoutée,
02:44qui n'a vraiment rien d'incendiaire.
02:45Il tient des propos, même peut-être presque trop convenus.
02:48On espérait quelque chose d'un peu plus incisif.
02:50Même ça, c'est de trop.
02:52Que le service public redevienne public, qu'il ne soit plus privatisé par cette petite camarade.
02:57Éric Nolot.
02:58Je vous propose d'écouter Geoffroy Lejeune, qui a parlé de Valeurs Actuelles,
03:01puisqu'il a dirigé Valeurs Actuelles.
03:02Et lui a été mis en cause.
03:04Et il soulignait, à juste titre, que Céline Pigalle, lorsqu'elle était dirigeante de BFM,
03:09accueillait Valeurs Actuelles sans problème.
03:11Et qu'une fois qu'elle est sur France Inter, elle trouve que Valeurs Actuelles est avouée aux gémonies.
03:16Donc écoutez ce passage de Geoffroy Lejeune.
03:21C'est très facile de présenter Valeurs Actuelles comme un journal multi-condamné, etc.
03:24La vérité, c'est qu'il y a eu deux condamnations.
03:26Les gens qui, une pour une, une couverture qui s'appelait « Naturalisation, l'invasion qu'on cache »,
03:33quand Manuel Valls était ministre de l'Intérieur.
03:34Et on avait fait exprès, pour prouver en fait, à quel point on avait changé d'époque
03:38et à quel point on ne pouvait plus rien dire, de reproduire une couverture du Figaro Magazine,
03:42vous vous rappelez la Marianne Voilé, avec « Immigration ou Invasion »,
03:44le texte était signé par Valérie Giscard d'Estaing.
03:46Nous, 30 ans après, on fait la même couverture et on est condamnés.
03:49En soi, c'était hyper révélateur du fait qu'on ne peut plus rien dire dans ce pays,
03:53notamment sur ce sujet.
03:54Ça, c'est la première condamnation.
03:55La deuxième, c'est en effet l'histoire de Daniel Obono.
03:57Ce n'est absolument pas une bande dessinée qui représente Daniel Obono en esclave.
04:00C'était une fiction d'été qui plongeait des personnages d'aujourd'hui dans des situations d'avant.
04:05Et on avait fait exactement ce qui s'était fait dans le film, par exemple, « Casse départ ».
04:08C'était exactement la même chose.
04:10Ou dans le roman « Bakhita », qui avait été encensé par la critique.
04:12Il se trouve que ça nous a valu, évidemment, un procès monstrueux.
04:15Moi, par exemple, j'étais au tribunal, j'ai été relaxé.
04:17Donc, en fait, présenter aujourd'hui ce journal comme un habitué des tribunaux,
04:20condamné, etc., c'est faux.
04:21Par ailleurs, pour Céline Pigalle,
04:24moi, j'ai travaillé deux fois dans des entreprises qu'elle dirigeait.
04:26Ici, à Itélé, quand ce n'était pas encore CNews, c'était la patronne.
04:29J'étais là, ça ne la dérangeait pas.
04:31Ensuite, elle a été à BFMTV.
04:32J'ai été recruté après l'affaire Obono à BFMTV.
04:36Et j'y ai travaillé pendant deux ans.
04:37C'était elle, la patronne.
04:38Donc, ce qu'elle dit aujourd'hui,
04:39c'est vraiment, si vous voulez, se draper dans de la vertu à peu de frais.
04:42Alors, la petite caste, qui a signé les pétitionnaires professionnels ?
04:48Donc, je vous propose d'écouter le sujet d'Alexis Prince.
04:52Valeurs actuelles sur France Inter, c'est non.
04:54Voilà comment 300 personnalités ont intitulé leur tribune
04:57pour protester contre l'arrivée sur les ondes publiques de Charles Sapin,
05:01nouveau directeur adjoint de Valeurs actuelles.
05:03Ce journal condamné à plusieurs reprises pour injure publique à caractère raciste,
05:06provocation à la haine raciale et diffamation,
05:09et la vitrine est le symbole de la libération de la parole raciste
05:12à laquelle notre société est confrontée aujourd'hui.
05:14Parmi les signataires, de nombreux comédiens,
05:17tels que l'épouse de François Hollande, Julie Gaillet,
05:19Josiane Balasco, Bruno Solo, Denis Podalides ou encore Ariane Escaride,
05:23mais aussi d'autres figures habituées à prendre publiquement position à gauche,
05:27comme le footballeur Lilian Thuram, la chanteuse Lio
05:30ou le prix Nobel de littérature, Annie Ernault.
05:32Ils et elles pointent notamment le format de la chronique de Charles Sapin,
05:36un éditorial hebdomadaire,
05:37mais aussi l'identité du nouveau propriétaire de son journal.
05:40Le milliardaire Pierre-Edouard Sterrin ne cache pas son agenda politique
05:43formulé dans le projet Périclès qui assume mener un combat
05:46idéologique, politique et électoral
05:48au bénéfice de l'extrême droite en utilisant notamment les médias.
05:52Dans leur texte, les protestataires jugent également à Mer
05:55que ce recrutement revient à donner des gages
05:57au rapport sur l'audiovisuel public
05:59rédigé en mai dernier par Charles Aloncle,
06:01sans toutefois le nommer.
06:02Valeurs actuelles, c'est aussi particulièrement illustré
06:05dans la violente campagne de dénigrement
06:06et d'attaques outrancières orchestrées l'année écoulée
06:09contre l'audiovisuel public par l'extrême droite.
06:12Lui offrir aujourd'hui cette chronique
06:13est une étrange défaite face à cette campagne calomnieuse.
06:16En plus de cet édito dominical sur France Inter,
06:19Charles Sapin débattra aussi chaque dimanche
06:21sur France Info avec la journaliste Rocaya Diallo,
06:23de quoi ajouter encore un peu plus au temps su.
06:26Alors de ce fait, hier, il y avait grève.
06:29Donc Charles Sapin n'a pas pu faire son édito.
06:31En fait, il faudrait que...
06:32Moi, je ne connaissais pas cette règle non écrite
06:33qui dit que les personnalités du showbiz
06:35doivent nous dire quels titres de presse
06:37sont susceptibles d'être lus ou pas.
06:39Autant qu'ils nous donnent directement cette liste,
06:40comme ça, ça ira plus vite.
06:42Quant aux accusations contre Pierre-Édouard Sterrin,
06:44quand c'est Mathieu Pigasse,
06:45milliardaire d'extrême-gauche,
06:46qui finance des médias
06:47et qui dit ouvertement,
06:48ça s'appelle combat,
06:49qu'il met ses médias au service de son idéologie,
06:52il ne trouve rien à y redire.
06:53Donc, arrêtez.
06:54Moi, je trouve qu'il se couvre de ridicule.
06:56Je trouve ça presque bien
06:58qu'il signe cette tribune
06:59parce que tout le monde s'en rend compte
06:59et tout le monde a très bien compris le déni.
07:02Je pense que vous avez raison,
07:03c'est contre-productif.
07:04Et je disais la semaine dernière,
07:05Sybille Veil et Céline Pigalle
07:07doivent leur dire
07:08« Mais Dieu que vous êtes bêtes ! »
07:11« Dieu que vous êtes bêtes ! »
07:12C'est contre-productif.
07:13Ah si, je pense qu'elles doivent...
07:14Parce qu'il faut qu'elles fassent très gaffe
07:17à ne pas perdre leur place.
07:18Parce que c'est un processus révolutionnaire.
07:20Si vous ne donnez pas des gages en permanence,
07:21vous vous faites des gages...
07:23Qu'est-ce qui s'est passé avec Adèle Vendrette ?
07:25On ne peut pas dire
07:25qu'elle menait une politique de droite.
07:27Elle a fait juste une petite incartade
07:29ou un petit recentrage.
07:31Même d'un point de vue cynique,
07:32c'est bête parce qu'ils avaient l'occasion
07:33de dire « On avait un éditorialiste de droite. »
07:35C'était le dimanche matin à 7h30.
07:37Ils avaient le totem contre toutes les attaques.
07:39Même ça, ça suit ça.
07:40Et alors la petite caste,
07:42la petite caste qui est insupportable,
07:45la petite caste qui...
07:46Le mépris qu'ont ces gens pour...
07:50D'abord, évidemment,
07:51ils sont sectaires,
07:53évidemment dogmatiques,
07:55évidemment intolérants,
07:56mais c'est aussi un mépris
07:57pour ceux qui ne pensent pas comme eux
07:59et notamment le peuple.
08:00Je suis frappé de ça.
08:02C'est exactement ce que décrit
08:03le sociologue Al Garbi.
08:05Il parle d'une caste de capitalistes symboliques.
08:08Et comme dit Éric,
08:10en réalité, ces gens-là
08:11se drapent de vertus,
08:13se conforment à la doxa
08:16progressisme et au catéchisme bien pensant
08:18pour justement exploiter
08:20une présence dans les sphères de pouvoir,
08:23que ce soit les journalistes,
08:24que ce soit les hommes politiques,
08:25que ce soit les artistes,
08:26parce qu'en réalité,
08:28il s'agit simplement
08:29de diriger une sorte de classe sociale,
08:34d'une classe symbolique.
Commentaires

Recommandations