00:08Elban Lanor, sculpteur, je travaille essentiellement en bois.
00:12Je viens de Paris et je vis depuis maintenant 15 ans en région Touraine.
00:16Mon parcours, c'est essentiellement un parcours autodidacte.
00:20J'ai démarré dans la déco végétale avec un produit qui était les plantes stabilisées.
00:25AprÚs de là , les dérivés sont venus les premiers voyages en Amazonie.
00:28Et là , j'ai récolté des bois, des lianes, des souches que je transformais une fois arrivé à Paris.
00:34Et je travaillais essentiellement avec des prescripteurs archi-décorateurs.
00:37Quand j'ai décidé de quitter Paris maintenant il y a 15 ans, je me suis tourné vraiment vers la
00:42sculpture parce que j'avais envie vraiment de mettre ma patte.
00:46Avant c'était la nature qui dictait et là maintenant c'est moi qui dicte, enfin du moins j'essaie.
00:55J'ai toujours été attiré par les formes.
00:58Au tout début c'était vraiment l'architecture, ce qu'on peut ressentir à travers mon travail qui est assez
01:02proche de l'architecture.
01:04C'est vraiment le volume qui m'a intéressé.
01:05On arrive à simplifier au maximum et trouver la simplification avec l'équilibre, c'est un peu le but.
01:15Il y a des inspirations multiples, évidemment, surtout à travers des artistes.
01:19Je vais citer Chilida qui m'a beaucoup, beaucoup inspiré dans mon travail.
01:23Ăvidemment il y a aussi Soulages qui n'est pas sculpteur mais il n'en est pas loin parce qu
01:27'il a quand mĂȘme travaillĂ© la peinture d'une telle maniĂšre qu'on est vraiment proche du volume.
01:31D'oĂč le noir aussi dans ma sculpture.
01:34J'ai eu aussi la chance, beaucoup de chance d'ĂȘtre encadrĂ© par des grands sculpteurs que j'ai connus
01:39qui m'ont ouvert cet oeil par rapport Ă la sculpture.
01:41Franz Kratzberg, qui Ă©tait un ardent dĂ©fenseur de la forĂȘt amazonienne et sculpteur.
01:46Et en fait il a exposĂ© Ă la fondation au quartier Ă Paris, j'ai dĂ©couvert son boulot et lĂ
01:50j'ai carrément pleuré.
01:52Je voyais tout ce que j'avais en tĂȘte, je le voyais visuellement, ça existait, quelqu'un l'avait fait.
01:57Et par le plus grand des hasards, un an aprÚs on s'est rencontrés.
02:00J'étais en pleine période végétale, il m'a vraiment ouvert les yeux sur l'écologie etc.
02:04C'est pour ça je crois que j'ai choisi comme support le bois.
02:07J'ai rencontré Vincent Badbedard, qui est un grand sculpteur qui fait partie du constructivisme.
02:12Lui m'a ouvert vraiment les yeux sur un travail géométrique, un travail beaucoup plus formel.
02:16Et petit à petit j'ai dérapé là -dessus, si je puis dire dérapé.
02:20C'était un choix, toujours en rapport avec l'architecture et des lignes assez sobres et pures.
02:32Pour pouvoir travailler, ça c'est le premier truc, c'est de trouver le bois sec.
02:35Je pars souvent de poutres existantes, il y a un grain, il y a quelque chose, il y a une
02:39odeur.
02:39C'est vraiment une histoire de sensualité.
02:42Et contrairement Ă avant oĂč je cherchais des bois quasiment parfaits,
02:44maintenant je reviens petit à petit sur le défaut des bois que j'intÚgre dans la géométrie.
02:49Ăa donne un supplĂ©ment d'Ăąme je trouve.
02:52J'ai deux maniÚres d'opérer, soit je fais un tracé directement sur le bois sans réfléchir, à la craie.
02:58Je vois si ça fonctionne, aprÚs j'attaque la taille.
03:01Ou alors je fais des croquis.
03:02Comme je ne suis pas un trĂšs bon dessinateur, je dessine les quatre faces en aplat.
03:06Je vois si ça fonctionne, si c'est raccord, etc.
03:08Et aprĂšs je reporte sur la poutre et sur le bois.
03:17Une fois le croquis reporté, j'ai une phase de travail bien évidemment.
03:22J'utilise peu d'outils électroportatifs.
03:25J'ai l'acide circulaire pour déligner, mais je fais l'essentiel au ciseau à bois.
03:29Je travaille essentiellement Ă la main.
03:34Une fois que tout ça est terminé, je ponce pour uniformiser, suivant les piÚces.
03:47Il y a une pĂ©riode que j'aime beaucoup, c'est au moment oĂč je brĂ»le.
03:50J'utilise un chalumeau de plombier assez puissant pour avoir un dard.
03:53Et en fait, j'utilise comme un pinceau.
03:55Et quand je fais des grosses piĂšces, je prends des chalumeaux beaucoup plus larges.
03:57Je brûle en surface.
03:59Des fois, je peux insister un peu plus pour avoir un aspect un peu carbonisé, on va dire.
04:07Je me suis rendu compte qu'effectivement, en traitant, en brûlant les sculptures d'une maniÚre monochrome noire,
04:12les lignes ressortaient davantage et ont joué beaucoup plus sur les contrastes,
04:15ce qui pour moi donne beaucoup plus de force.
04:19Quand ce sont des sculptures qui sont destinées à rester à l'extérieur,
04:21je mets un traitement qui est l'huile de vidange, que j'ai découvert à la campagne.
04:25Et en intérieur, je mets des cires, qui sont aussi des cires teintées pour uniformiser,
04:30mais qui sont faites pour le meuble.
04:34Moi, je travaille sur une piÚce, pour moi, elle est déjà quasiment achevée.
04:36Je pense Ă la suivante, parce que je vois ce que je n'ai pas fait et ce qu'il
04:39reste Ă faire.
04:40Et là , il y a un boulot énorme encore, énorme.
04:45J'espĂšre constamment avancer.
04:47J'ai des choses en tĂȘte que je n'ai pas encore rĂ©alisĂ©es,
04:50qui vont me demander un investissement qui va ĂȘtre diffĂ©rent.
04:53Je suis un petit jeune qui démarre, en fait.
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