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  • il y a 23 minutes
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Aurore Bergé, Ministre déléguée, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, et de la lutte contre les discriminations.

Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.

En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.

Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.

Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.

Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.

Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.

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Transcription
00:00:00Ce sera peut-être la dernière grande réforme de société avant qu'Emmanuel Macron quitte l'Elysée.
00:00:04La loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants.
00:00:07Le débat a ressurgi après l'assassinat de l'IANA qui a suscité une vague d'indignation et des manifestations
00:00:12partout en France.
00:00:13Les députés ont déjà commencé à travailler sur le futur texte qui ouvrira la session parlementaire début octobre.
00:00:19En pleine campagne présidentielle, où le RN, par la voix de Marine Le Pen, relance d'ores et déjà le
00:00:24débat sur la préférence nationale.
00:00:25Invité de LCP, l'indicé politique, Aurore Berger, ministre chargé d'égalité entre les femmes et les hommes et de
00:00:31la lutte contre les discriminations.
00:00:50Bonsoir Aurore Berger.
00:00:51Bonsoir.
00:00:51Merci d'inaugurer cette nouvelle saison de l'indicé politique et j'ai le plaisir de retrouver ou d'accueillir
00:00:57de nouveaux visages pour vous interroger ce soir.
00:00:59De retrouver d'abord Hervé Gatennio, bonsoir Hervé, de Radio Classique, mais aussi Elza Mondagava de LCP, bonsoir Elza.
00:01:05Et bienvenue Raphaël, Raphaël le champ du challenge.
00:01:08Et à vos côtés Hugo, Hugo Couturier, Hugo Auperchoir sur la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale sur laquelle nous sommes
00:01:13en direct.
00:01:14Tout à fait.
00:01:14Et évidemment vous nous relérez les interpellations, les questions qui peuvent surgir au cours de cette émission.
00:01:19Et puis en deuxième partie d'émission, vous débattrez avec face à vous la porte-parole de l'association Règles
00:01:24Élémentaires.
00:01:24Ces derniers mois, il y a eu des avancées autour de l'endométriose.
00:01:28Mais il y a encore du travail, c'est le moment de le dire, pour les femmes, pour qu'elles
00:01:31ne soient pas pénalisées au travail, justement.
00:01:34La rentrée politique, c'est bientôt la campagne présidentielle.
00:01:38C'est la campagne présidentielle, mais bientôt l'élection présidentielle.
00:01:39Et hier, Marine Le Pen a lancé sa campagne justement à Hénin-Beaumont.
00:01:44La candidate RN a défendu l'accès prioritairement au HLM pour les Français, ainsi que pour les aides personnalisées au
00:01:52logement.
00:01:53Nous devons donner la priorité d'accès au logement social aux Français.
00:02:08Et nous devons leur réserver le bénéfice des APL, les aides personnelles au logement.
00:02:16Aurore Berger, comment vous réagissez à ces propos ?
00:02:18Est-ce qu'il y a une difficulté sur la question du logement social dans notre pays ? La réponse
00:02:22est oui.
00:02:22Est-ce que cette difficulté, elle naît de la part des étrangers ? La réponse est non.
00:02:26Déjà, il faut rappeler qu'aujourd'hui, le logement social, il n'est pas accessible pour les personnes qui sont
00:02:31en situation irrégulière.
00:02:32Il est accessible uniquement pour les personnes régulières, c'est-à-dire des personnes qui travaillent,
00:02:36qui payent des cotisations sociales, qui payent parfois même de l'impôt en France.
00:02:39Donc, on se retrouvait dans une situation absurde.
00:02:41Prenons un exemple très courant de personnes qui vivent dans le logement social, une aide-soignante.
00:02:45C'est-à-dire qu'une aide-soignante de nationalité française pourrait accéder au logement social,
00:02:49mais une aide-soignante de nationalité étrangère ne pourrait plus accéder au logement social,
00:02:54alors qu'on a des métiers particulièrement en tension.
00:02:58Maintenant, sur le fond, Emmanuel Kos, qui est ancienne ministre du logement, écologiste,
00:03:01qui maintenant est à la tête de l'union des HLM, ça s'appelle plutôt tellement comme ça, mais je
00:03:05le résume,
00:03:06il voit, elle, des propos xénophobes, des propos racistes. Est-ce que vous aussi ?
00:03:10En fait, ça veut dire qu'on fait peser uniquement sur la question des étrangers, la question du logement social.
00:03:16Encore une fois, s'il y a des tensions dans le logement social, ça n'est pas lié à la
00:03:20situation des personnes.
00:03:21Parce qu'en plus, elle laisse à penser que toutes les personnes étrangères y auraient accès,
00:03:25alors même que c'est réservé aux personnes qui sont en situation régulière.
00:03:29Sur le fond, est-ce que vous y voyez des propos xénophobes ?
00:03:32En tout cas, ça veut dire que le Rassemblement national revient à ses premières amours du Front national.
00:03:37C'est-à-dire que de manière systématique, quel que soit le sujet de tension dans notre pays,
00:03:41il est systématiquement ramené à un seul enjeu, qui est la question migratoire.
00:03:46Encore une fois, que beaucoup de Français soient aujourd'hui en attente d'un logement social,
00:03:50peut-être lié à des critères qu'il faudrait revoir,
00:03:52peut-être lié au fait que justement des personnes ne sortent pas suffisamment tôt du logement social
00:03:56pour avoir accès aux parcs locatifs privés ou avoir accès à la propriété, c'est ça l'enjeu.
00:04:02Le sujet n'est pas la question des étrangers en situation régulière.
00:04:06Donc ce n'est pas un propos forcément raciste ou pas ?
00:04:08En tout cas, je pense qu'évidemment, encore une fois, ils reviennent à des fondamentaux du Rassemblement national.
00:04:12C'est-à-dire que si sur chaque question de tension dans le pays, la seule réponse est la réponse
00:04:18des étrangers,
00:04:20oui, ça veut dire qu'il y a en tout cas une systématisation
00:04:23et on fait porter aux seuls étrangers vivant sur notre sol tous les éléments de tension qui existent dans notre
00:04:29pays.
00:04:29Elsa ?
00:04:30Souvenez-vous, pendant la loi Immigration en 2023 à l'Assemblée nationale,
00:04:34le gouvernement, ça avait été censuré par le Conseil constitutionnel,
00:04:37mais avait voulu conditionner les aides au logement, les allocations familiales à un temps de présence en France.
00:04:42Est-ce qu'à l'époque, vous n'aviez pas, vous aussi, votre camp en tout cas,
00:04:46cédé à cette tentation de la préférence nationale ?
00:04:49Dire que ça restera ouvert aux étrangers, mais que pour que ça reste ouvert aux étrangers,
00:04:54il faut un certain nombre de conditions, c'est déjà le cas pour beaucoup d'aides sociales.
00:04:57C'est même Michel Rocard qui l'avait introduit.
00:04:59Je n'ai pas l'impression que quiconque ait dit ou pense ici que Michel Rocard était d'une quelconque
00:05:03manière xénophobe.
00:05:04C'était juste se dire, à un moment, c'est légitime qu'il puisse y avoir une forme de durée
00:05:08de séjour
00:05:08et une situation régulière pour accéder à un certain nombre de prestations sociales dans notre pays,
00:05:14d'aides sociales notamment.
00:05:15C'était ça, la proposition qui était faite.
00:05:17Ce qui est plus intéressant, c'est de voir aussi l'hypocrisie du Rassemblement national,
00:05:21puisqu'elle a fait sa rentrée sur le logement.
00:05:23Il suffit de regarder ce qu'ils ont voté ou pas voté.
00:05:26Aujourd'hui, ils sont pour la suppression de la loi SRU.
00:05:29Hier, ils étaient très favorables à l'idée de la maintenir.
00:05:31Aujourd'hui, ils sont pour la régulation d'Airbnb.
00:05:34Ils ont été, à l'époque, le seul groupe à l'Assemblée nationale
00:05:36à voter contre toute régulation sur Airbnb.
00:05:40C'est quand même intéressant de savoir un moment où ils habitent, c'est le cas de le dire, sur
00:05:43ce sujet.
00:05:43Je ne suis pas certaine que ce soit très clair.
00:05:45Pendant la campagne électorale, il peut y avoir des propos racistes, xénophobes, antisémites, homophobes, tout.
00:05:51Est-ce qu'en tant que ministre, vous vous autoriserez à intervenir pour dénoncer ces propos ?
00:05:56Je l'ai déjà fait, malheureusement, et à plusieurs reprises.
00:05:59Est-ce que vous le ferez pendant la campagne ?
00:06:00Parce que plus on va s'approcher de la campagne, plus on va être touché, j'allais dire.
00:06:04Je n'ai pas envie d'anticiper l'idée que les candidats à l'élection présidentielle
00:06:09ou les partis à l'élection présidentielle feraient campagne avec...
00:06:13En fait, j'aimerais qu'on n'abdique pas sur le sujet et qu'on se dise
00:06:16qu'on peut avoir une campagne en France, dans un pays qui défend les valeurs républicaines
00:06:20et qui en fait un socle, sans que de manière systématique,
00:06:23on en vienne à avoir des débordements antisémites, racistes, homophobes ou discriminatoires.
00:06:28Alors, si jamais, malheureusement, de tels propos devaient être tenus
00:06:32par des candidats eux-mêmes, par certains de leurs soutiens,
00:06:36alors oui, j'interviendrai.
00:06:37Quand on a eu ce qui s'est produit, par exemple, à Carcassonne,
00:06:40c'est non seulement un policier municipal,
00:06:42donc quelqu'un qui porte l'uniforme de la République,
00:06:45mais en plus un adhérent du Rassemblement national,
00:06:48membre du service d'ordre du Rassemblement national.
00:06:51Donc oui, évidemment, je suis intervenue,
00:06:53et d'autres forces politiques sont intervenues.
00:06:55C'est un fait précis.
00:06:56Pareil sur la région de l'antisémitisme, sur la France insoumise.
00:06:58Si vous entendez des mots qui dérapent et qui sont condamnables,
00:07:01vous interviendrez ?
00:07:02Un, j'espère qu'il n'y en aura pas.
00:07:03Deux, j'espère que les Français considéreront
00:07:06que ceux qui tiendraient de tels propos
00:07:08se mettent en dehors du champ de la République
00:07:10et qu'ils n'ont pas envie de voter pour de telles personnes.
00:07:14Et trois, oui, j'interviendrai en tant que ministre
00:07:16et en tant que citoyenne, évidemment, sur ces sujets.
00:07:19La loi intégrale, j'en parlais tout à l'heure,
00:07:20parce que ça va être le gros chantier des mois qui viennent,
00:07:23et surtout le texte qui arrive en ouverture des travaux des députés.
00:07:27Elsa ?
00:07:28Alors, justement, une précision de calendrier.
00:07:30Il n'y aura pas de session extraordinaire.
00:07:32On commence le 1er octobre.
00:07:34Le texte sera dans l'hémicycle le 1er octobre.
00:07:36Vous pouvez le confirmer.
00:07:37Est-ce que vous pouvez nous dire combien de temps,
00:07:38combien de jours sont impartis à cet examen ?
00:07:40Je rappelle qu'il y a 69 articles dans la proposition.
00:07:43Le maximum, c'est-à-dire qu'on a laissé
00:07:44tout le temps parlementaire avant le budget.
00:07:46Il n'y a aucun autre texte qui sera examiné
00:07:48avant les débats budgétaires.
00:07:50Donc, ça veut dire que dès le jeudi 1er octobre,
00:07:52on commence l'examen de la loi intégrale,
00:07:54le vendredi et toute la semaine qui suit.
00:07:56Et donc, ça veut dire que l'engagement qu'on avait pris,
00:07:58qui était de laisser tout le temps possible,
00:08:01sera bien laissé.
00:08:02Et après, je pense que tous les groupes vont aussi
00:08:04faire en sorte que ce texte puisse aboutir.
00:08:06Puisse aboutir, ça veut dire des conditions de débat sereines.
00:08:09Parce que je pense que personne ne comprendrait honnêtement
00:08:11que ce ne soit pas le cas sur un texte comme celui-ci,
00:08:13quand on parle des violences faites aux femmes
00:08:14et des violences faites aux enfants.
00:08:16Limiter aussi peut-être le nombre d'amendements
00:08:18qu'on ne se retrouve pas avec des dizaines de milliers d'amendements.
00:08:21Parce que je pense que personne n'a intérêt
00:08:22à l'obstruction sur ce texte.
00:08:24Déjà parce que c'est un texte qui est aussi partie des Français eux-mêmes,
00:08:27qui est partie des associations,
00:08:28des collectifs d'associations,
00:08:30à la fois sur l'enfance et sur les droits des femmes.
00:08:33Sur le budget de ce texte,
00:08:35c'est la grosse inquiétude, la grosse interrogation.
00:08:37C'est 3 milliards,
00:08:38c'est un minimum, disent les associations.
00:08:41Est-ce que vous pouvez nous assurer aujourd'hui
00:08:43que le budget sera à la hauteur,
00:08:44qu'il y aura bien ces milliards débloqués
00:08:46pour la lutte contre la violence ?
00:08:47Déjà, les budgets,
00:08:48ils ont largement augmenté depuis 10 ans.
00:08:50Et je pense que c'est quand même important de le rappeler.
00:08:52Pas uniquement le budget de mon propre ministère,
00:08:54qui est celui qui soutient les associations
00:08:56qui, partout en France,
00:08:57permettent d'accompagner les victimes,
00:08:59enfants comme les victimes majeures,
00:09:01mais les budgets en général.
00:09:03Aujourd'hui, on considère
00:09:04qu'à peu près 30% de l'activité des tribunaux
00:09:07est consacrée aux violences intrafamiliales
00:09:10et aux violences sexuelles.
00:09:11Sur les 3 milliards.
00:09:11Un tiers de l'activité de nos gendarmeries
00:09:13et de nos commissariats.
00:09:14Donc à chaque fois que vous augmentez
00:09:15les moyens humains
00:09:16dans un commissariat,
00:09:17dans une gendarmerie,
00:09:18dans un tribunal,
00:09:20ça veut dire que vous augmentez les moyens
00:09:22de celles et ceux qui travaillent sur ces choses.
00:09:24Donc on l'a toujours dit que le Premier ministre...
00:09:25Là, il y aura bien 3 milliards.
00:09:26On sait que le gouvernement
00:09:26cherche à faire des économies partout.
00:09:28Mais il ne vous a pas échappé
00:09:30que le Premier ministre avait dit
00:09:31des choses assez claires
00:09:32sur là où il n'y aura pas d'économie.
00:09:34Et là où il n'y aura pas d'économie,
00:09:35c'est le ministère de la Justice,
00:09:37le ministère de l'Intérieur
00:09:38et mon ministère,
00:09:39dont les moyens vont continuer à augmenter.
00:09:41Donc ça veut dire les 3 ministères
00:09:42qui sont les plus mobilisés, évidemment,
00:09:45sur la question.
00:09:46Donc ça veut dire que...
00:09:47Ils sont sanctuarisés.
00:09:47On n'aura jamais...
00:09:48Enfin, la question budgétaire
00:09:49ne sera pas un obstacle
00:09:51sur la manière avec laquelle
00:09:52on pourra détecter, prévenir,
00:09:54accompagner, protéger les victimes
00:09:56et que, ministère par ministère,
00:09:58budget par budget,
00:09:59on le démontrera.
00:09:59Sur la question de l'imprescriptibilité,
00:10:02c'est un débat qui a agité déjà l'Assemblée
00:10:04lors du projet de loi sur l'enfance.
00:10:06Vous avez voté l'imprescriptibilité
00:10:08des crimes sexuels contre les enfants.
00:10:09Là, dans le texte,
00:10:11il y a une prescription glissante.
00:10:13Est-ce que vous pouvez bien nous expliquer
00:10:15le distinguo ?
00:10:15Il n'y a pas d'imprescriptibilité
00:10:17dans ce texte
00:10:19sur les violences sexuelles
00:10:21contre les femmes, par exemple.
00:10:22Ce texte, d'abord,
00:10:23c'est le texte des parlementaires.
00:10:24Ce n'est pas le texte du gouvernement.
00:10:25Le gouvernement, il va donner un avis,
00:10:26il va accompagner,
00:10:27il va soutenir ce texte
00:10:28de manière très claire.
00:10:29Je suis auditionnée
00:10:30à l'Assemblée nationale cette semaine
00:10:32et j'aurai l'occasion de le dire,
00:10:33je crois, de manière très claire.
00:10:35Sur l'imprescriptibilité.
00:10:37Moi, j'ai toujours dit
00:10:37que j'étais favorable
00:10:38à l'imprescriptibilité.
00:10:40Pourquoi ?
00:10:41Parce qu'on le sait
00:10:41de manière très documentée aujourd'hui
00:10:43quand on a subi un crime d'inceste,
00:10:46c'est-à-dire un parent
00:10:47qui a abusé de nous,
00:10:49c'est-à-dire quelqu'un
00:10:50en qui on a une totale confiance,
00:10:52quelqu'un qui prétend nous aimer,
00:10:54quelqu'un qui est supposé nous protéger
00:10:55et qui abuse de nous sexuellement.
00:10:57On sait que parfois,
00:10:59il faut des dizaines d'années
00:11:00pour révéler.
00:11:00Aujourd'hui, la justice française
00:11:02et la société dit d'un côté,
00:11:04il faut dire, il faut révéler,
00:11:06mais de l'autre,
00:11:06l'état de la loi aujourd'hui dit
00:11:07parfois c'est trop tard.
00:11:08Moi, je considère qu'il faut
00:11:09que ce ne soit jamais trop tard
00:11:12et donc permettre l'imprescriptibilité.
00:11:14Donc, il y aura, à mon avis,
00:11:15par voie d'abondement,
00:11:16à nouveau le débat.
00:11:17Encore une fois, vous l'avez dit,
00:11:18on a plusieurs textes.
00:11:19Dans le projet de loi
00:11:20sur la protection de l'enfance,
00:11:22ça a été adopté
00:11:23et le texte se poursuivra au Sénat
00:11:25et j'espère que cette mesure
00:11:26va rester au Sénat.
00:11:28Je comprends que les députés
00:11:29de la coalition
00:11:30ne se sont pas forcément
00:11:31mis d'accord sur ce sujet.
00:11:32Ce ne sera pas forcément
00:11:33au cœur des débats.
00:11:33Et donc, on verra le débat parlementaire.
00:11:35Mais moi, mon propos,
00:11:36il est très clair,
00:11:37très déterminé.
00:11:38Je pense qu'il faut aller
00:11:39vers l'imprescriptibilité.
00:11:40au Sénat que ça pourrait bloquer.
00:11:41On verra.
00:11:42Je pense que, vous savez,
00:11:43moi, je l'avais déjà proposé
00:11:44il y a quelques mois.
00:11:44À l'époque, ça n'avait pas été retenu
00:11:46ni à l'Assemblée ni au Sénat.
00:11:47Depuis, il y a eu la commission
00:11:48d'enquête sur Bétarame,
00:11:49il y a eu une commission d'enquête
00:11:50sur l'inceste,
00:11:51il y a une commission actuellement
00:11:52au Sénat sur le périscolaire.
00:11:54Donc, je crois que chacun
00:11:55a pris conscience aussi
00:11:56de ce que représentait le continent
00:11:58et celui des violences sexuelles
00:12:00faites aux enfants.
00:12:00Oui, j'espère que ça va bouger.
00:12:01Et spécifique aux enfants,
00:12:02crimes sexuels contre les enfants.
00:12:04Sur la question, justement,
00:12:05des enfants,
00:12:06il y a un aspect prévention
00:12:07dans votre projet de loi.
00:12:08Là, il y avait un questionnaire.
00:12:09Il devait être distribué
00:12:10à tous les élèves.
00:12:11Apparemment, il y a eu un quoi
00:12:12que la version n'est pas bonne.
00:12:14Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:12:15Alors, le ministre de l'Éducation nationale
00:12:17a considéré, et il a raison,
00:12:18que l'école doit être
00:12:19un lieu de détection.
00:12:21Pourquoi ?
00:12:21Parce que quand on parle
00:12:22des violences sexuelles commises
00:12:23sur les mineurs,
00:12:24sur les enfants,
00:12:25le premier lieu où ça se passe,
00:12:26c'est la famille.
00:12:28C'est douloureux à entendre
00:12:29de se dire que le lieu
00:12:30qui devrait être le plus protecteur
00:12:31peut aussi être le lieu
00:12:32le plus destructeur,
00:12:33mais pour un enfant.
00:12:34Quand vous avez 4 ans,
00:12:358 ans, 10 ans,
00:12:36ce qui se passe chez vous,
00:12:37c'est ce qui est normal.
00:12:38Et donc, il faut, à un moment,
00:12:40qu'on vienne dire à ces enfants
00:12:41que les abus dont ils sont les victimes,
00:12:43un, ils n'en sont pas responsables,
00:12:45évidemment, jamais,
00:12:46à aucun moment,
00:12:47et deux, qu'ils ont un endroit
00:12:48sûr où ils peuvent révéler.
00:12:50Sauf que le questionnaire,
00:12:50il est retiré,
00:12:51il va en faire un autre.
00:12:53Comment ça se fait ?
00:12:54D'où l'objectif,
00:12:55encore une fois déjà,
00:12:56de la formation.
00:12:57Vous ne pouvez pas, comme ça,
00:12:58distribuer un questionnaire
00:12:59à des enfants
00:13:00sans qu'il y ait un temps préparatoire.
00:13:02Et pourquoi ça n'a pas été pensé avant ?
00:13:03Donc là, c'est en train d'être revu,
00:13:05et tant mieux,
00:13:06pour en parler à mon collègue
00:13:07ministre de l'éducation nationale,
00:13:08mais on a la nécessité,
00:13:09en fait, on avance,
00:13:10et tant mieux.
00:13:11Moi, c'est ça que je veux retenir.
00:13:12C'est qu'aujourd'hui,
00:13:13et c'est pour ça qu'on parle
00:13:14de loi dite intégrale,
00:13:15c'est que ce n'est pas un enjeu
00:13:16juste police, justice,
00:13:17c'est un enjeu des professionnels
00:13:18de santé qui doivent signaler,
00:13:20c'est un enjeu
00:13:20de l'éducation nationale.
00:13:21D'ailleurs, et ça,
00:13:22c'est une bonne nouvelle,
00:13:23et je le dis aussi
00:13:24parce qu'il faut en remercier
00:13:25aussi les enseignants.
00:13:26Il n'y a jamais eu
00:13:27autant de signalements
00:13:29issus de l'éducation nationale.
00:13:30Là, c'est un questionnaire
00:13:31qui sera anonyme.
00:13:32Dans le projet de loi,
00:13:32il y aura un entretien personnalisé
00:13:34avec les enfants,
00:13:35c'est la prévention.
00:13:36Est-ce qu'il manque
00:13:37l'aspect prévention des auteurs ?
00:13:39Dans certains pays d'Europe,
00:13:40il y a des pubs
00:13:41qui s'adressent clairement
00:13:42aux gens qui ont des penchants
00:13:43pédophiles en leur disant
00:13:44« on peut vous aider,
00:13:45on peut vous soigner ».
00:13:46En France, on est très timide
00:13:47sur cet aspect.
00:13:48Est-ce que ça manque
00:13:49dans la proposition ?
00:13:50C'est un débat qui existera.
00:13:52On a aujourd'hui
00:13:52des centres de prise en charge
00:13:53des auteurs.
00:13:54Ça existe.
00:13:55Il y a deux possibilités
00:13:56pour y aller.
00:13:57Soit c'est l'institution judiciaire
00:13:59qui dit
00:13:59« vous avez l'obligation
00:14:00d'intégrer ce centre
00:14:01de prise en charge »,
00:14:03soit c'est volontaire.
00:14:04Moi, ce que je souhaite,
00:14:06c'est que ce soit
00:14:07beaucoup plus rapidement volontaire.
00:14:09C'est-à-dire que des personnes
00:14:10qui peuvent considérer
00:14:11que malheureusement
00:14:12elles ont ce type de pensants,
00:14:14de travers,
00:14:15de déviants,
00:14:15que ce soit sur la question
00:14:16des violences sexuelles
00:14:17ou des violences intrafamiliales,
00:14:19puissent aller être orientées
00:14:20vers ces centres.
00:14:21C'est pour ça d'ailleurs
00:14:21qu'on a créé depuis 2017
00:14:23ces centres de prise en charge
00:14:24des auteurs.
00:14:25L'objectif,
00:14:25ce n'est pas juste
00:14:26une fois qu'il y a un passage à l'acte,
00:14:28c'est éviter le passage à l'acte.
00:14:29Encore une fois,
00:14:30tout ce qu'on fait là,
00:14:31c'est du curatif.
00:14:32Notre objectif,
00:14:33c'est que ce ne soit pas
00:14:33que du curatif
00:14:34sur la détection,
00:14:35la prévention,
00:14:35l'accompagnement.
00:14:36L'objectif,
00:14:37c'est quand même
00:14:37qu'on fasse reculer
00:14:39le volume de violences
00:14:40qu'aujourd'hui,
00:14:41les enfants et les femmes
00:14:42continuent à suivre.
00:14:43Hugo ?
00:14:43Oui, madame la ministre,
00:14:44il y a plusieurs questions
00:14:45pour vous dans le tchat
00:14:46sur cette loi.
00:14:47Il y a Pizzo qui réagit,
00:14:48qui dit,
00:14:48par contre,
00:14:49pourquoi les budgets augmentent
00:14:50alors que les associations
00:14:51ferment toutes une par une
00:14:52pour raisons budgétaires ?
00:14:53On sait que le milieu associatif
00:14:55est étrillé au niveau local
00:14:56en termes de budget.
00:14:57C'est assez contradictoire
00:14:58de dire que les budgets
00:14:58augmentent depuis 10 ans
00:14:59alors que les assos
00:15:00au niveau local
00:15:01souffrent d'un manque
00:15:02de financement.
00:15:03Moi,
00:15:03à ce que je rajouterais,
00:15:03est-ce qu'on ne déshabille pas
00:15:04Paul pour habiller Jacques ?
00:15:06Non,
00:15:06parce que,
00:15:07alors déjà,
00:15:07les associations,
00:15:08heureusement,
00:15:09elles ne ferment pas
00:15:09toutes les unes
00:15:10après les autres
00:15:11et regardez les associations,
00:15:13par exemple,
00:15:13celles qui portent le 3919
00:15:14qui est le numéro
00:15:15d'accompagnement
00:15:16des femmes victimes
00:15:17et des témoins,
00:15:18aujourd'hui,
00:15:19c'est ouvert 24h sur 24,
00:15:207 jours sur 7.
00:15:21Ça n'était pas le cas
00:15:22en 2017.
00:15:23Donc,
00:15:23il y a beaucoup plus
00:15:24de moyens humains
00:15:25sur beaucoup d'associations.
00:15:27Ce qui est vrai,
00:15:27c'est que les associations,
00:15:28elles sont financées
00:15:29à la fois par l'État
00:15:30et par les collectivités locales.
00:15:31Et donc,
00:15:32on a des collectivités
00:15:33qui font et qui font beaucoup
00:15:34et des collectivités
00:15:35qui disent,
00:15:35finalement,
00:15:36ça,
00:15:36c'est pas de mon ressort.
00:15:37la loi ne m'impose pas de...
00:15:40Soit ils considèrent
00:15:41qu'il y a des restrictions budgétaires
00:15:42et que ces restrictions budgétaires,
00:15:43elles doivent se faire aussi
00:15:44sur les associations.
00:15:45Ou surtout parfois même.
00:15:46C'est malheureusement
00:15:47des économies
00:15:47que de chandelles
00:15:48et que le problème,
00:15:49c'est qu'on touche
00:15:51à une mission
00:15:52qui est essentielle,
00:15:53une mission de service public
00:15:54et donc,
00:15:56l'État continue
00:15:57à augmenter ses moyens
00:15:58et ça,
00:15:58ça se vérifie
00:15:59année après année.
00:16:00Mais oui,
00:16:00c'est aussi
00:16:01les collectivités
00:16:02qui doivent...
00:16:03de ne pas couper
00:16:03les aides à la société ?
00:16:04C'est pas tant les maires,
00:16:05c'est les conseils départementaux,
00:16:06les conseils régionaux.
00:16:07Moi,
00:16:08j'ai pas d'ordre
00:16:08à leur donner.
00:16:09Non,
00:16:10mais en tant que ministre,
00:16:10vous avez une voix qui porte.
00:16:11Mais je dis qu'on doit bosser ensemble
00:16:12et que quand on parle
00:16:13des violences faites aux femmes
00:16:14ou faites aux enfants,
00:16:15l'État seul,
00:16:15ça suffit pas,
00:16:16les collectivités seules,
00:16:17ça suffit pas,
00:16:18les associations seules,
00:16:19ça suffit pas,
00:16:19comme les entreprises seules,
00:16:20ça suffit pas.
00:16:21C'est un travail conjoint
00:16:22qu'on doit mener
00:16:23et donc,
00:16:23il ne faut pas qu'il y en ait
00:16:24un qui se retire
00:16:25pour espérer que l'autre...
00:16:25quand l'État met de l'argent,
00:16:25il faut que les collectivités locales
00:16:27mettent de l'argent aussi.
00:16:27Nous, on continue à mettre
00:16:28et on met de plus en plus
00:16:29et en 2027,
00:16:30on mettra encore plus.
00:16:31Un autre dossier
00:16:32qui vous concerne,
00:16:33c'est la transparence salariale,
00:16:34les inégalités de salaire
00:16:36entre les femmes et les hommes.
00:16:37Hervé ?
00:16:38La directive européenne
00:16:39sur la transparence salariale
00:16:40revient à l'ordre du jour.
00:16:42Elle devait être transposée,
00:16:43cette directive,
00:16:44le 7 juin.
00:16:46Pourquoi ce retard ?
00:16:47Est-ce que c'était pas une priorité ?
00:16:48C'est une priorité.
00:16:49On a eu une concertation
00:16:50avec les partenaires sociaux,
00:16:51organisations syndicales
00:16:52et patronales
00:16:53qui a en effet été longue
00:16:54mais qui fait qu'on a pu présenter
00:16:55la semaine dernière
00:16:56le projet de loi
00:16:57en Conseil des ministres
00:16:58avec l'objectif évident
00:16:59de transposer.
00:17:00D'autant plus que
00:17:00c'est une directive
00:17:01que la France a voulu.
00:17:02C'est sous présidence française
00:17:04de l'Union européenne
00:17:05qu'on a permis
00:17:05que cette directive existe.
00:17:06Sauf qu'on a dépassé
00:17:07la date limite.
00:17:07Donc, il y a un engagement
00:17:08quasiment, malheureusement,
00:17:09c'est pas une excuse.
00:17:10Tous les pays ont dépassé la date.
00:17:12Ce qui est certain,
00:17:13c'est que oui,
00:17:14c'est pour nous une priorité.
00:17:15C'est la raison pour laquelle
00:17:15on l'a présentée
00:17:16dès la semaine dernière.
00:17:17Ce texte,
00:17:18c'est notamment un instrument
00:17:24que vous pouvez essayer
00:17:25d'expliquer à ceux
00:17:26qui nous regardent
00:17:27ce que peut changer
00:17:28concrètement ce texte
00:17:29pour une femme
00:17:30dans une entreprise
00:17:31qui a le doute
00:17:33sur la rémunération
00:17:35d'un de ses collègues masculins
00:17:36dont elle pense
00:17:37qu'elle serait supérieure
00:17:38à la sienne.
00:17:39Qu'est-ce qu'elle peut
00:17:39réellement faire ?
00:17:40Qu'est-ce que ça peut changer
00:17:41pour elle ?
00:17:41Déjà, il y a le constat.
00:17:42Aujourd'hui, en moyenne,
00:17:44on a encore un écart
00:17:45de rémunération
00:17:46entre les femmes et les hommes
00:17:46pour deux raisons principales.
00:17:48Trois raisons principales, pardon.
00:17:49Le temps de travail.
00:17:50Il y a beaucoup plus de femmes
00:17:51qui sont à temps partiel.
00:17:52Donc, forcément,
00:17:53qu'on a du temps plein
00:17:54versus du temps partiel,
00:17:55ça diminue d'autant
00:17:56votre rémunération.
00:17:57Les filières,
00:17:58les filières dans lesquelles
00:17:59s'engagent les femmes
00:18:00versus les hommes,
00:18:01il y en a qui sont
00:18:01plus ou moins rémunératrices.
00:18:03Donc, c'est pour ça
00:18:03qu'il faut travailler à la racine
00:18:04sur les stéréotypes,
00:18:05notamment,
00:18:06parce qu'après,
00:18:07en fonction de l'orientation,
00:18:08en fonction de vos études,
00:18:09ça engage ça.
00:18:10Et la question de la parentalité,
00:18:12parce qu'aujourd'hui,
00:18:12la parentalité,
00:18:13elle pèse beaucoup plus
00:18:14sur les femmes
00:18:15si ce n'est qu'exclusivement
00:18:17sur les femmes.
00:18:17Et donc, on a ce fameux chiffre
00:18:19qui dit qu'on a
00:18:23et là, on compare strictement
00:18:24la même chose,
00:18:25c'est-à-dire le même poste,
00:18:27au même niveau,
00:18:28dans la même entreprise.
00:18:29Donc, ce qu'on veut,
00:18:30c'est quoi ?
00:18:30C'est dire qu'on veut
00:18:31à la fois mesurer,
00:18:32parce que quand on l'a fait
00:18:33avec l'index...
00:18:34C'est-à-dire qu'une femme
00:18:34pourra aller voir son directeur
00:18:36des ressources humaines
00:18:37dans un top-top,
00:18:38je ne serai pas à la porte,
00:18:38comment combien gagner les autres ?
00:18:40Dans une entreprise
00:18:40à partir de 50 salariés,
00:18:42eh bien, vous pourrez savoir
00:18:44quel est le revenu moyen,
00:18:46quel est le revenu médian.
00:18:47Individuel.
00:18:48Non, mais ça peut être
00:18:50une démarche individuelle,
00:18:51c'est ça que je veux dire.
00:18:52Ça veut dire que l'entreprise
00:18:53aura une obligation
00:18:54dite de transparence,
00:18:55c'est pour ça que la loi
00:18:56s'appelle transparence,
00:18:57et devra publier ses résultats.
00:18:59Mais une fois que vous le saurez,
00:19:00une fois que vous le saurez,
00:19:01si vous voyez que vous êtes en dessous,
00:19:03si vous voyez que vous êtes en dessous,
00:19:04qu'est-ce que vous pouvez faire ?
00:19:05La question de la négociation salariale.
00:19:07Le sujet, il est là.
00:19:08Il y aura deux sujets.
00:19:09Il y aura à la fois les sanctions,
00:19:10c'est-à-dire une entreprise
00:19:11où on va constater
00:19:12qu'il y a un écart moyen
00:19:13qui persiste,
00:19:13un écart médian qui persiste
00:19:15et qu'elle ne met aucun mécanisme en œuvre
00:19:17pour corriger cet écart qui est inexpliqué
00:19:19parce que quand on compare
00:19:19la même strade dans l'entreprise,
00:19:22si on regarde, je ne sais pas,
00:19:23les salaires des journalistes d'LCP
00:19:25et qu'on fait la moyenne
00:19:26et qu'on se dit
00:19:27qu'il y a un écart manifeste,
00:19:29ce que j'espère n'est pas le cas
00:19:30évidemment ici,
00:19:31mais qu'il y a un écart manifeste,
00:19:32il n'y a pas de raison
00:19:32qu'il y ait cet écart.
00:19:33Non, mais ailleurs peut-être.
00:19:34Il n'y a pas de raison
00:19:34que ça persiste.
00:19:35Et donc si ça persiste,
00:19:36il y a à la fois des sanctions
00:19:37dans la loi,
00:19:38l'accès au marché public,
00:19:40des sanctions financières
00:19:41et par ailleurs,
00:19:42il y a la question de la négociation
00:19:43où on le sait aujourd'hui,
00:19:45malheureusement,
00:19:45il y a une difficulté
00:19:46dans la négociation salariale.
00:19:48Pardon,
00:19:48mais est-ce qu'il n'y a pas
00:19:48un risque d'égalitarisme forcené
00:19:50avec ce texte également ?
00:19:52Je prends l'exact contre-pied
00:19:53de son esprit.
00:19:54Comment vous rémunérez
00:19:56la performance
00:19:56quand on est obligé
00:19:58de tenir une médiane
00:19:59ou une moyenne ?
00:20:00En fait,
00:20:00je trouve que c'est,
00:20:01désolé,
00:20:01mais un faux argument.
00:20:02C'est-à-dire que si la situation
00:20:04était inversée,
00:20:05je ne suis pas sûre...
00:20:07Oui, mais c'est une inquiétude
00:20:08de beaucoup de ceux
00:20:09qui n'ont pas envie
00:20:10que la loi s'applique.
00:20:11Or, aujourd'hui,
00:20:12on a quoi ?
00:20:12On a des fermes
00:20:13qui ont moins de pouvoir d'achat
00:20:14tout de suite,
00:20:14qui constituent moins de patrimoine
00:20:16et qui ont des écarts
00:20:17à la retraite
00:20:18qui s'accentuent encore.
00:20:19Donc, la difficulté,
00:20:21elle est persistante
00:20:22et on ne peut pas
00:20:22s'accommoder de ça.
00:20:23On peut se dire
00:20:243,6% c'est totalement marginal.
00:20:263,6% à l'échelle d'une vie
00:20:28et de plus de 40 ou 42 ans
00:20:30de rémunération,
00:20:31ça fait un écart massif ensuite
00:20:33sur le patrimoine
00:20:34que vous avez accumulé,
00:20:35sur vos droits
00:20:36de retraite
00:20:36que vous avez accumulé.
00:20:37Et donc, on ne peut pas
00:20:38s'en contenter.
00:20:38Donc, on fait comment ?
00:20:39On constate et puis on dit
00:20:41ce n'est pas grave,
00:20:42ça relève de la volonté
00:20:42individuelle de chaque entreprise.
00:20:44Si ça ne relevait
00:20:44que de la volonté individuelle,
00:20:45il n'y aurait pas besoin de la loi.
00:20:47Vous savez,
00:20:47on a malheureusement perdu
00:20:48il y a peu de temps
00:20:49Yvette Roudy
00:20:49qui a été la première
00:20:50à porter la loi
00:20:51sur l'égalité salariale.
00:20:52Donc, cette loi,
00:20:53elle est ancienne.
00:20:54Est-ce qu'aujourd'hui,
00:20:54elle a produit des effets ?
00:20:55Oui, il y a eu
00:20:56un certain nombre de lois
00:20:57qui ont permis des rattrapages.
00:20:58Il n'empêche
00:20:59qu'on a encore des écarts.
00:21:01Et ce n'est pas normal
00:21:01qu'en sortie d'école
00:21:02en 2026, par exemple,
00:21:04y compris de grandes écoles
00:21:05ou de grandes universités françaises,
00:21:06on ait encore des écarts
00:21:07qui persistent
00:21:08même à l'embauche.
00:21:09Vous avez cité le chiffre
00:21:10l'écart moyen
00:21:11dans le secteur privé
00:21:12entre les salaires
00:21:14des hommes et des femmes,
00:21:15c'est 3,6%.
00:21:16Dans la fonction publique d'État,
00:21:18c'est un peu mieux.
00:21:19C'est 2,9%,
00:21:20ce qui est quand même
00:21:21encore trop.
00:21:22Mais en revanche,
00:21:23dans la fonction publique
00:21:24territoriale,
00:21:25c'est 4,2%.
00:21:26Et dans la fonction publique
00:21:28hospitalière,
00:21:29c'est 4,7%.
00:21:30Est-ce qu'il ne faudrait pas
00:21:31quand même
00:21:32que les pouvoirs publics
00:21:33montrent l'exemple
00:21:35avant d'aller demander
00:21:36aux entrepreneurs
00:21:37de s'organiser ?
00:21:38Puisque la loi,
00:21:39elle va concerner aussi
00:21:40les trois fonctions publiques,
00:21:41État, hospitalière,
00:21:42collectivité locale.
00:21:43Mais jusqu'ici,
00:21:45il n'y avait pas d'instruction
00:21:46particulière.
00:21:46Parce que là, pour le coup,
00:21:47le gouvernement a la main
00:21:48sur ce qui se passe
00:21:49dans la fonction publique
00:21:50hospitalière, par exemple.
00:21:51C'est pour ça qu'il faut mesurer.
00:21:53C'est pour ça qu'il faut mesurer.
00:21:54Vous ne pouvez pas corriger
00:21:55des inégalités
00:21:55si vous n'avez jamais
00:21:56de point de départ.
00:21:57Si vous n'avez jamais
00:21:58d'outil de mesure,
00:21:59on ne peut pas mettre en place
00:21:59Ça fait 30 ans
00:22:00qu'on sait qu'il y a
00:22:00des écarts de salaire
00:22:01entre les hommes et les femmes.
00:22:03Même si on n'a pas
00:22:03la mesure précise,
00:22:04on le sait.
00:22:05Oui, mais combien et quoi
00:22:05et dans quelle entreprise
00:22:06et comment ?
00:22:07Donc à un moment,
00:22:08nous, ce qu'on a dit,
00:22:08c'est exemplarité.
00:22:09On ne peut pas imposer
00:22:10au secteur privé
00:22:11des mesures qu'on n'est pas
00:22:12capable de s'imposer
00:22:12à nous-mêmes.
00:22:13Ça, c'est une règle assez basique
00:22:14qu'on devrait appliquer
00:22:15tout le temps et partout.
00:22:16On fera des contrôles ?
00:22:17À la fois des contrôles,
00:22:18mais ils auront l'obligation
00:22:20de publier de la même manière.
00:22:23Est-ce que ce sera adopté,
00:22:24vous pensez,
00:22:24avant la présidentielle ?
00:22:25J'espère bien, oui.
00:22:26Vous espérez,
00:22:27mais est-ce que vous pensez
00:22:27que ce sera adopté ?
00:22:27En tout cas,
00:22:28je vais essayer de m'y employer.
00:22:29On n'a pas de calendrier
00:22:29dans l'instant.
00:22:30Je vais essayer de m'y employer
00:22:32pour que ce soit là.
00:22:32On va parler maintenant
00:22:33d'un autre sujet,
00:22:34c'est la lutte contre le racisme
00:22:35et l'antisémitisme
00:22:36qui est aussi un de vos sujets.
00:22:38Raphaël ?
00:22:38Oui, qui est un sujet
00:22:39sur la liberté d'expression aussi.
00:22:40On connaît les difficultés
00:22:43qu'a connues la proposition de loi,
00:22:44Yadam, notamment,
00:22:45l'année dernière.
00:22:46Où est-ce que vous placez,
00:22:47Aurore Berger,
00:22:48précisément la limite
00:22:50de ce qui permettrait
00:22:52de distinguer l'antisémitisme
00:22:54de la critique,
00:22:55même parfois virulente,
00:22:58de l'État d'Israël ?
00:22:59Exactement comme vous venez de le faire.
00:23:01C'est-à-dire ?
00:23:01C'est-à-dire que vous avez le droit
00:23:02de critiquer un gouvernement,
00:23:03quel qu'il soit,
00:23:04mais que vous n'avez pas le droit
00:23:05d'essentialiser les personnes
00:23:06et de considérer
00:23:07que les Français juifs
00:23:08seraient responsables
00:23:09de la situation en Israël.
00:23:10Avec quels mots ?
00:23:11Quels sont les mots ?
00:23:11C'est aussi simple.
00:23:12Parce que le diable est dans les détails,
00:23:13bien sûr.
00:23:14Moi, j'ai présenté.
00:23:15Dans un texte de loi,
00:23:16c'est très important.
00:23:16Il suffit de lire
00:23:16le projet de loi que j'ai présenté.
00:23:18Si vous avez lu
00:23:19le projet de loi que j'ai présenté,
00:23:20il est très clair sur le sujet.
00:23:22Donc, ça veut dire
00:23:23qu'on considère...
00:23:24Dites-moi,
00:23:25qu'est-ce qui n'est pas clair ?
00:23:26Parce que, selon les mots
00:23:27qui sont utilisés,
00:23:28vous savez bien
00:23:28que c'est toujours sur le fil.
00:23:30Dites-moi,
00:23:31donnez-moi un exemple
00:23:31dans le projet de loi que j'ai présenté.
00:23:33Parce que vous ne l'avez pas lu.
00:23:34Si, je l'ai lu.
00:23:35Justement parce qu'il n'y a pas
00:23:36la définition.
00:23:37Toutes les mesures controversées
00:23:38de la loi Yadant,
00:23:39elles ne sont plus
00:23:39dans votre projet de loi.
00:23:40On ne change pas,
00:23:41je ne change pas
00:23:42dans le projet de loi
00:23:43que j'ai présenté,
00:23:44la définition du racisme
00:23:45ou de l'antisémitisme.
00:23:47Ce n'est pas ça,
00:23:47l'objet du projet de loi.
00:23:48L'objet du projet de loi,
00:23:49c'est quoi ?
00:23:50C'est la question du négationnisme.
00:23:52Parce qu'on voit bien
00:23:53qu'aujourd'hui, malheureusement,
00:23:54on est dans un moment
00:23:55où il y a quand même
00:23:56un affaissement
00:23:56des références culturelles,
00:23:58historiques,
00:23:59de la connaissance historique.
00:24:01Et c'est aussi un enjeu
00:24:02de la manière avec laquelle
00:24:03on est en capacité
00:24:04de continuer à transmettre,
00:24:05évidemment.
00:24:06On parle de la lutte
00:24:07contre la haine en ligne
00:24:08parce que là encore,
00:24:09c'est un nouveau continent de haine
00:24:10et on va donner
00:24:11la capacité à Pharos,
00:24:13qui est l'outil administratif
00:24:15aujourd'hui de la police
00:24:16pour permettre
00:24:17le déréférencement,
00:24:18le blocage
00:24:19d'un certain nombre de contenus,
00:24:20d'avoir aussi la capacité
00:24:21à le faire
00:24:21sur malheureusement
00:24:22des millions de contenus
00:24:24qui aujourd'hui
00:24:25nous envahissent
00:24:26Il n'y a pas d'ambiguïté
00:24:27et aucun risque
00:24:28sur la liberté d'expression
00:24:30comme ça avait été soulevé
00:24:31lors de la proposition de loi.
00:24:32Ce n'est pas le même texte.
00:24:33Il y a eu une proposition de loi.
00:24:35Il a été nettoyé.
00:24:36Mais ce n'est pas
00:24:36qu'il a été levé.
00:24:37C'est un nouveau textier.
00:24:38Une proposition de loi.
00:24:39Il y a aujourd'hui
00:24:40un projet de loi.
00:24:40Un projet de loi
00:24:41que j'ai travaillé
00:24:41avec l'ensemble
00:24:42des groupes parlementaires
00:24:43représentés à l'Assemblée
00:24:44et au Sénat.
00:24:45L'ensemble des groupes parlementaires.
00:24:47Tous, sans exception.
00:24:48Sans exception.
00:24:49Moi, en tant que ministre,
00:24:50je ne choisis pas
00:24:50les groupes qui sont représentés.
00:24:52Donc, ils étaient tous
00:24:52autour de la table
00:24:53et ils sont tous venus
00:24:54et je tiens à le saluer.
00:24:56Et on a acté deux choses.
00:24:57On a acté un qui avait
00:24:59un intérêt,
00:25:00une légitimité,
00:25:01une pertinence
00:25:01à avoir un projet de loi
00:25:02pour aller plus loin
00:25:03sur un certain nombre
00:25:04de caractérisations
00:25:06sur le racisme
00:25:06ou l'antisémitisme,
00:25:07d'une part.
00:25:08D'autre part,
00:25:09d'élargir aussi le texte
00:25:10à la lutte
00:25:11non pas uniquement
00:25:12sur l'antisémitisme
00:25:13mais aussi sur le racisme
00:25:14dans une vision
00:25:15qui est vision républicaine,
00:25:17universaliste
00:25:17qui est celle de la France.
00:25:18On attend le vote
00:25:18d'ici la fin de l'année.
00:25:19Est-ce que vous espérez
00:25:20l'unanimité sur ce texte ?
00:25:22Oui, moi, je l'espère
00:25:22et je pense que par rapport
00:25:23à la question
00:25:24que vous me posiez tout à l'heure,
00:25:25dire qu'à quelques semaines,
00:25:26quelques mois
00:25:27d'une élection présidentielle,
00:25:28l'ensemble des groupes politiques
00:25:29est capable de se mettre d'accord
00:25:31pour dire qu'à un moment,
00:25:32il y a ce qui est acceptable
00:25:34et ce qui n'est pas acceptable
00:25:35et que dans notre pays,
00:25:36on ne peut pas avoir
00:25:36des citoyens
00:25:37qui doutent
00:25:38de leur place en France.
00:25:39On ne peut pas,
00:25:39à raison de son identité,
00:25:41de son origine réelle
00:25:42ou supposée d'ailleurs,
00:25:43se dire finalement
00:25:44qu'on n'a pas d'avenir ici
00:25:45et aujourd'hui,
00:25:46moi, je rencontre
00:25:46trop de Français
00:25:47qui me disent ça,
00:25:48qui se disent finalement
00:25:49est-ce qu'on est encore
00:25:51en capacité
00:25:52d'y élever nos enfants ?
00:25:53Est-ce qu'on a encore
00:25:54un avenir dans ce pays ?
00:25:55Et ce texte-là,
00:25:56vous pensez qu'il sera adopté
00:25:57avant la présidentielle ?
00:25:58Parce que ça fait beaucoup,
00:25:59ça fait trois fois
00:25:59que je vous demande la question.
00:26:00Il y a tellement de textes que...
00:26:01Il sera inscrit au Sénat
00:26:03avant la fin de l'année
00:26:03puisqu'on a fait le choix
00:26:04de commencer l'examen
00:26:06de ce texte au Sénat
00:26:07donc il sera inscrit au Sénat
00:26:08avant la fin de l'année.
00:26:09Je n'ai aucun doute
00:26:10qu'il sera adopté très largement
00:26:12et je pense à l'unanimité au Sénat
00:26:13mais je pense même
00:26:14à l'Assemblée nationale.
00:26:15En tout cas,
00:26:16je vais essayer de...
00:26:16Avant la présidentielle ?
00:26:17Ah oui, avant la présidentielle.
00:26:18D'accord.
00:26:18Parce qu'il y a tellement de textes
00:26:19que je vous pose la question
00:26:19à chaque fois,
00:26:20je me dis...
00:26:20Il y a des choix,
00:26:21il y a des priorités.
00:26:22Le Premier ministre en a fait
00:26:23aussi une priorité
00:26:24parce que malheureusement,
00:26:26c'est prioritaire
00:26:27au regard d'un certain nombre
00:26:28d'événements.
00:26:29Regardez cet été
00:26:30encore un certain nombre
00:26:31de moments
00:26:31où moi j'ai dû justement
00:26:33intervenir dans le débat public
00:26:34en fonction ici
00:26:35d'une buvette
00:26:35qui refusait de servir
00:26:37des Français juifs par exemple.
00:26:39À un moment,
00:26:39vous intervenez
00:26:40dans le débat public
00:26:40et vous rappelez
00:26:41ce qui devrait être
00:26:42des évidences
00:26:42mais qui sont des évidences
00:26:43parfois moins partagées
00:26:44par certains.
00:26:45Oui, Mme Berger,
00:26:46désolé, je reviens
00:26:46sur la loi intégrale
00:26:47parce qu'il y a une question
00:26:48intéressante sur le sujet
00:26:49sur l'article 25
00:26:50qui concerne les travailleurs
00:26:51et travailleuses du sexe
00:26:53qui ont fait...
00:26:54Les personnes en situation
00:26:54de prostitution.
00:26:55Tout à fait,
00:26:56mais qui revendiquent
00:26:57le terme de TDS.
00:26:58Il y a une tribune
00:26:59qui a été publiée
00:26:59dans Mediapart
00:27:00par un certain nombre
00:27:01d'entre elles et d'entre eux
00:27:02qui se disent inquiets
00:27:04de cet article 25
00:27:05qui craignent de subir
00:27:06les mêmes discriminations
00:27:07que dans le travail physique,
00:27:08la pénalisation de leurs proches,
00:27:10l'impossibilité d'avoir des salariés,
00:27:11d'accéder à un logement
00:27:12avec une perte d'indépendance
00:27:13et d'agentivité
00:27:15et un risque de basculement
00:27:16vers la prostitution physique.
00:27:17Est-ce que vous êtes prêts
00:27:18à les recevoir
00:27:19et à discuter avec elles et eux
00:27:21qui payent des impôts
00:27:23et qui payent des cotisations également ?
00:27:25Moi, je tiens une position
00:27:26qui est une position
00:27:27de la France depuis 2016,
00:27:29depuis la loi qui avait été portée
00:27:30par Laurence Rossignol,
00:27:31Loi dénoncée par l'ETDS.
00:27:32Loi qui est pour moi
00:27:33absolument essentielle
00:27:35qui est que dans notre pays,
00:27:36on considère
00:27:37qu'il y a des personnes
00:27:38en situation de prostitution,
00:27:39qu'on doit les aider
00:27:40à sortir de ce système
00:27:42prostitutionnel,
00:27:42que derrière le système
00:27:44prostitutionnel,
00:27:44il y a des réseaux
00:27:45qui sont des réseaux
00:27:47criminels
00:27:47et qu'on parle
00:27:48de traite des êtres humains
00:27:49et qu'avec la traite
00:27:50des êtres humains,
00:27:51on n'a pas le droit
00:27:52de négocier
00:27:53et qu'on doit évidemment
00:27:54accompagner les personnes
00:27:55sans condition bien sûr
00:27:57mais ça,
00:27:58c'est la position
00:27:58de la France abolitionniste
00:28:00et moi j'y tiens particulièrement.
00:28:01Je voudrais qu'on revienne
00:28:02avec vous sur un propos,
00:28:04un terme,
00:28:04le grand remplacement
00:28:05qui a fait débat.
00:28:07Vous vous êtes fait piéger
00:28:08peut-être sur un plateau
00:28:09de télévision ?
00:28:10Non, ce n'était pas un piège.
00:28:11Hervé ?
00:28:12Dans cette émission,
00:28:13donc il y a quelques jours,
00:28:14vous avez été interrogé
00:28:15sur la théorie dite
00:28:16du grand remplacement.
00:28:18Vous avez dit
00:28:19qu'il fallait combattre
00:28:22cette théorie
00:28:22que vous avez qualifiée
00:28:23de fausse,
00:28:25d'absurde
00:28:26et je ne sais plus
00:28:27et complotiste.
00:28:30Vous vous êtes en revanche
00:28:31refusé
00:28:32à prononcer
00:28:33le mot de raciste
00:28:35à propos de cette théorie.
00:28:36Ça vous est reproché
00:28:37et ça vous est reproché
00:28:38y compris par
00:28:39Prisca Tevenot,
00:28:41élue de votre camp,
00:28:43élue de Renaissance,
00:28:45qui vous contredit
00:28:46publiquement
00:28:47et qui vous reproche
00:28:48de ne pas avoir qualifié
00:28:49la théorie du grand remplacement
00:28:50de raciste.
00:28:51Elle, elle dit que oui,
00:28:52c'est raciste
00:28:53et que invoquer
00:28:54le grand remplacement,
00:28:55c'est un délit.
00:28:56Qu'est-ce que vous avez envie
00:28:57de lui répondre
00:28:58pour tenter
00:28:59de la convaincre ?
00:29:00Moi, je vais répondre
00:29:01à ce que j'ai déjà dit
00:29:02à trois reprises
00:29:03et que je peux redire
00:29:04une quatrième fois
00:29:04parce que je n'ai pas changé
00:29:05de discours
00:29:06entre ce que j'ai dit
00:29:06sur le plateau de CNews,
00:29:08sur le plateau de France Info
00:29:09et en compte rendu
00:29:10du Conseil des ministres.
00:29:11C'est quoi ?
00:29:12Je considère que c'est une théorie
00:29:13qui est fausse,
00:29:14qui est mensongère
00:29:15puisqu'elle ne s'appuie
00:29:16sur aucune donnée statistique
00:29:18dans notre pays.
00:29:19Je considère
00:29:19et je me répète
00:29:22que c'est une théorie
00:29:23qui crée un terreau de peur
00:29:25dans notre pays.
00:29:26Je considère
00:29:26que c'est une théorie
00:29:28dangereuse.
00:29:28Pour autant,
00:29:29et c'était la question
00:29:30qui m'était posée,
00:29:31est-ce qu'énoncer
00:29:32cette théorie
00:29:32vous fait tomber
00:29:33sous le coup de la loi ?
00:29:34La réponse est non.
00:29:36Justement,
00:29:36c'est la différence
00:29:37avec Prisca Thévenot
00:29:37qui dit qu'elle,
00:29:38c'est raciste
00:29:39et dans ce cas,
00:29:39ça tombe sous le coup de la loi.
00:29:40Vous pensez qu'elle se trompe ?
00:29:42De facto,
00:29:43la réponse,
00:29:43elle est dans nos tribunaux.
00:29:45C'est-à-dire
00:29:45que personne n'a jamais
00:29:46été condamné
00:29:47pour avoir énoncé
00:29:49cette théorie.
00:29:50Qu'il y ait des relents
00:29:51racistes derrière cette théorie,
00:29:52qu'il y ait même
00:29:53des intentions racistes
00:29:54de la part de celles et ceux
00:29:55qui énoncent cette théorie,
00:29:57je les combats.
00:29:58Et c'est la première réponse
00:29:59que j'ai faite,
00:29:59c'est que je considère
00:30:00qu'il faut les combattre.
00:30:01Et pour les combattre,
00:30:02encore faut-il accepter
00:30:03de débattre.
00:30:05Vous posez la question
00:30:05de la liberté d'expression.
00:30:07Parlez de la question
00:30:07de la liberté d'expression.
00:30:09Moi, je considère
00:30:10qu'il faut assumer
00:30:11le combat politique.
00:30:12Donc, quand vous assumez
00:30:13le combat politique,
00:30:14vous ne passez pas les mots.
00:30:16Vous ne passez pas les mots.
00:30:17Vous assumez
00:30:18d'essayer justement
00:30:19de convaincre vos interlocuteurs,
00:30:21de convaincre les Français
00:30:22qui, quand on regarde
00:30:23aujourd'hui les sondages,
00:30:24vous disent qu'ils sont majoritaires
00:30:25à penser que le grand remplacement existe.
00:30:27Et je pense que face aux Français
00:30:28qui, aujourd'hui,
00:30:29majoritairement disent que ça existe,
00:30:31mon enjeu n'est pas de dire
00:30:32vous êtes majoritairement raciste.
00:30:34Mon enjeu est de dire
00:30:35je veux vous convaincre
00:30:36que cette théorie est fausse,
00:30:39mensongère et dangereuse.
00:30:40Et voilà pourquoi.
00:30:40Là, ce soir, vous avez dit
00:30:41oui, il y a des intentions,
00:30:43des arrière-pensées racistes.
00:30:43De la part de celles et ceux
00:30:45qui alimentent cette théorie...
00:30:46Ça, c'est nouveau.
00:30:47Mais est-ce qu'on débat du racisme ?
00:30:50On y revient toujours, si vous voulez.
00:30:51On revient toujours,
00:30:52en fait, ce serait de revenir au droit.
00:30:54Qu'est-ce que dit notre droit ?
00:30:55Est-ce qu'on débat avec le racisme ?
00:30:56Parce que vous dites
00:30:57qu'il y a du racisme derrière ça.
00:30:58Qu'est-ce que dit notre droit ?
00:31:00Le droit français,
00:31:01ou à le changer, encore une fois,
00:31:03et ça rejoint la question
00:31:04qui m'était posée
00:31:04sur la liberté d'expression,
00:31:05le droit français dit quoi ?
00:31:07Il dit qu'on ne débat pas
00:31:07sur la question du négationnisme,
00:31:09quelqu'un qui nierait
00:31:10l'existence de l'esclavage
00:31:12comme crime contre l'humanité
00:31:14ou qui nierait l'existence de la Shoah
00:31:15se retrouverait en France
00:31:17devant les tribunaux.
00:31:17Ce n'est pas le cas dans tous les pays,
00:31:19mais je crois qu'on a raison en France
00:31:20de tenir cette ligne-là.
00:31:21Et quelqu'un qui tiendrait
00:31:22des propos racistes ou antisémites,
00:31:24c'est-à-dire qui désignerait des personnes
00:31:26et qui considérerait
00:31:27que ces personnes ont moins de valeur,
00:31:29ont moins de droits.
00:31:30Là, évidemment,
00:31:31ils pourraient être attaqués par contre.
00:31:32Donc avec cette histoire,
00:31:33on est sur le fil toujours,
00:31:34comme d'habitude.
00:31:35Mais en fait,
00:31:36je pense qu'on est dans le combat politique.
00:31:37Et je ne pense pas
00:31:38qu'on fasse reculer
00:31:39le Rassemblement national
00:31:41en refusant le combat politique.
00:31:43Je pense que ça fait 30 ans
00:31:44qu'on espère ça.
00:31:4530 ans qu'on se dit
00:31:46qu'en refusant le débat,
00:31:48en refusant le combat,
00:31:49en refusant les mots,
00:31:50on va les faire reculer.
00:31:51Et qu'est-ce qui se passe
00:31:52depuis 30 ans ?
00:31:53Ils progressent.
00:31:54Et ils progressent, nous,
00:31:54aussi sur cette prétendue
00:31:56idée complotiste
00:31:57que, justement,
00:31:57on refuserait le débat.
00:31:59Moi, je ne refuse pas le débat.
00:32:01Je ne refuse pas le combat.
00:32:02À l'inverse,
00:32:02accepter comme principe
00:32:03qu'on peut débattre de tout,
00:32:04ça pourrait vous conduire
00:32:05à débattre sur un plateau de télévision
00:32:07avec un platiste,
00:32:09comme on dit,
00:32:10c'est-à-dire quelqu'un qui pense
00:32:11que la Terre est plate
00:32:12ou avec des antivax.
00:32:13Est-ce que ça,
00:32:14ça n'abîme pas le débat ?
00:32:15Vous savez,
00:32:15vous vous rappelez
00:32:16un certain nombre de plateaux
00:32:18pendant le Covid
00:32:19où on nous a obligés
00:32:21à débattre avec des antivax.
00:32:22Mais ce n'est pas moi
00:32:23qui compose les plateaux.
00:32:23Est-ce que ça ne finit pas
00:32:24par abîmer le débat public
00:32:26que les restent en protection
00:32:27perdre du temps
00:32:28dans des débats comme ceux-là
00:32:30où, malheureusement,
00:32:31le fait est que vous n'arrivez pas
00:32:32à convaincre
00:32:33des gens qui ont des opinions
00:32:34comme celles-là ?
00:32:35Mais moi, je ne désespère pas
00:32:36et heureusement
00:32:37d'arriver à convaincre
00:32:37les Français.
00:32:38Vous pourriez débattre
00:32:39avec quelqu'un
00:32:40qui pense que la Terre est plate ?
00:32:41Mais en fait,
00:32:42déjà,
00:32:42ce n'est pas moi
00:32:42qui compose les plateaux.
00:32:44Et vous parliez malheureusement
00:32:45des questions comploties
00:32:46sur la question de la vaccination.
00:32:47Je peux vous assurer
00:32:48qu'on nous a parfois
00:32:49mis en face de nous
00:32:50et qu'on a invité en plateau
00:32:51des gens dont les opinions
00:32:52étaient loin
00:32:53de ses opinions
00:32:54sur ce qu'il y avait.
00:32:55Donc la question
00:32:56n'est pas de se dire
00:32:56qu'on peut débattre de tout.
00:32:57La question, c'est
00:32:58qu'est-ce qui tombe
00:32:59sous le coup de la loi ?
00:33:00Oui ou non ?
00:33:01Remettons de la raison
00:33:02qu'est-ce qui relève
00:33:05de la loi ?
00:33:06Oui ou non ?
00:33:07Qu'est-ce qui est interdit
00:33:09dans le débat politique ?
00:33:10Oui ou non ?
00:33:11Après, il y a des enjeux
00:33:12de régulation des médias
00:33:13et l'ARCOM
00:33:14qui définit les choses.
00:33:15Quelqu'un qui pense
00:33:16que la Terre est plate,
00:33:16il y en a qui le pensent.
00:33:17C'est complotiste.
00:33:18Vous pourriez débattre
00:33:20de ça en disant
00:33:21qu'il faut le convaincre ?
00:33:22Je ne suis pas certaine
00:33:23que ce soit totalement comparable.
00:33:25Donc non,
00:33:26la question n'est pas de débattre.
00:33:27Et je pense que c'est plus
00:33:28une question de responsabilité
00:33:29éditoriale
00:33:30de celles et ceux
00:33:31qui inviteraient demain
00:33:32sur un plateau.
00:33:33Non mais vous pouvez rencontrer
00:33:34quelqu'un dans la rue comme ça.
00:33:34Est-ce que vous débattez ?
00:33:35Vous savez, dans la rue,
00:33:36vous débattez avec des gens
00:33:37qui pensent différemment de vous.
00:33:38Justement.
00:33:38Alors quelqu'un qui vous dit
00:33:39non, la Terre est plate,
00:33:40vous débattez avec lui ?
00:33:42Vous dites bon, ça va bien mais...
00:33:43Je n'ai pas pour habitude
00:33:44de refuser le débat.
00:33:45Vous savez,
00:33:46quand vous faites du porte-à-porte,
00:33:47quand vous faites de la politique,
00:33:48quand vous êtes sur un marché,
00:33:49vous débattez avec tous les Français
00:33:51et donc y compris avec des opinions
00:33:52qui vous paraissent parfois
00:33:54très décalées,
00:33:55très éloignées de la raison,
00:33:56y compris sur des enjeux scientifiques
00:33:58mais parfois vous êtes amené
00:34:00à le faire
00:34:00et vous respectez les gens.
00:34:02Donc vous ne les insultez pas
00:34:03et donc vous ne balayez pas
00:34:06d'un revers de la main
00:34:07avec mépris et condescendance.
00:34:08Quand vous vous cachez
00:34:09derrière l'argument
00:34:11du droit,
00:34:12quand par exemple vous dites...
00:34:13Mais le droit,
00:34:14ça veut dire quelque chose ?
00:34:15Quand vous dites
00:34:16LFI donne un permis aux Français
00:34:17de pouvoir être antisémite
00:34:18parce que Jean-Luc Mélenchon
00:34:19c'est le Jean-Marie Le Pen de demain
00:34:20ou vous dites que LFI
00:34:22est un parti passionnément antisémite.
00:34:24LFI ni Jean-Luc Mélenchon
00:34:25n'ont été condamnés
00:34:26pour antisémitisme.
00:34:27Raphaël Nthoven
00:34:28a été accusé
00:34:29pour les propos exacts
00:34:30que vous venez de citer
00:34:31en disant
00:34:31que LFI était un parti
00:34:32passionnément antisémite.
00:34:33Qu'a dit la justice ?
00:34:35Je n'ai pas la décision.
00:34:36C'est dommage
00:34:37parce que la justice
00:34:38a reconnu que nous avions le droit
00:34:39sur ce plateau
00:34:40comme sur tous les autres
00:34:41de dire que LFI
00:34:42était un parti passionnément antisémite.
00:34:43Mais ils n'ont pas été condamnés.
00:34:44Donc je me place
00:34:44du point de vue du droit.
00:34:45Ils ont attaqué
00:34:46Raphaël Nthoven.
00:34:47Ce n'est pas l'inverse.
00:34:48Ils ont attaqué
00:34:48Raphaël Nthoven.
00:34:49Ils ont voulu faire taire
00:34:50Raphaël Nthoven
00:34:51en disant
00:34:51qu'ils n'avaient pas le droit
00:34:52de dire que LFI
00:34:53était passionnément antisémite.
00:34:54Et la justice a donné raison
00:34:56à Raphaël Nthoven.
00:34:58Alors maintenant
00:34:58on va parler de sujets
00:34:59qui vous concernent
00:35:00en tant que membre du gouvernement
00:35:01parce qu'il y a un sujet
00:35:03sur la table
00:35:03qui va animer
00:35:04la campagne présidentielle
00:35:05mais pas seulement.
00:35:06Dès maintenant
00:35:06c'est celui des retraites.
00:35:08Raphaël.
00:35:08Et oui, le sujet central
00:35:09du prochain budget
00:35:10évidemment avec deux pistes
00:35:12qui ont été posées
00:35:12sur la table
00:35:14par Bercy
00:35:14par Matignon.
00:35:16La première
00:35:16c'est le gel
00:35:18tout ou partiel
00:35:19des pensions
00:35:20c'est-à-dire
00:35:20qu'on ne les augmenterait pas
00:35:21du niveau de l'inflation.
00:35:23L'autre
00:35:24la suppression
00:35:25de l'abattement
00:35:26pour frais professionnels
00:35:28de 10%.
00:35:29C'est quand même
00:35:314 milliards d'euros
00:35:32qui pourraient être
00:35:34supprimés.
00:35:35D'abord
00:35:35est-ce que vous avez
00:35:36une préférence
00:35:37entre l'une
00:35:38ou l'autre piste
00:35:39ou peut-être
00:35:39un mélange des deux ?
00:35:40Alors on va répondre
00:35:41à ça.
00:35:42Est-ce que vous avez
00:35:44une question
00:35:45et une réponse ?
00:35:45Est-ce qu'il y a
00:35:46une nécessité
00:35:47de réduction
00:35:47de la dépense publique ?
00:35:48La réponse est oui
00:35:48parce que c'est quand même
00:35:49le point de départ.
00:35:51Je réponds
00:35:52sur le point de départ.
00:35:53Deux,
00:35:54à partir du 1er janvier
00:35:552027
00:35:55du simple fait
00:35:56de la démographie
00:35:57c'est-à-dire
00:35:58du nombre
00:35:59nouveau de retraités
00:36:00qui vont entrer
00:36:01à la retraite
00:36:01c'est un coût
00:36:02de 6 milliards d'euros.
00:36:03C'était prévisible.
00:36:04Tout le monde connaît
00:36:05la courbe biographique.
00:36:06Très bien.
00:36:06Le gouvernement n'avait pas prévu.
00:36:07Mais c'est pas ce que je dis.
00:36:09Je dis juste que
00:36:09c'est pas inutile
00:36:10de rappeler aux Français
00:36:11parce qu'on manie en permanence
00:36:12des grandes masses
00:36:13et des milliards
00:36:13de rappeler aux Français
00:36:14qu'à partir du 1er janvier
00:36:16du simple fait
00:36:17du nouveau nombre
00:36:17de retraités
00:36:18qui entrent à la retraite
00:36:19ça nous coûte
00:36:21collectivement aux Français
00:36:216 milliards d'euros.
00:36:23Donc se dire
00:36:23qu'une partie de ce coût
00:36:24des 6 milliards d'euros
00:36:25pour être payé
00:36:26par ceux qui sont
00:36:27à la retraite eux-mêmes
00:36:28ne me paraît pas
00:36:29totalement absurde
00:36:30plutôt que de le faire peser
00:36:31sur ceux qui travaillent
00:36:32sur les actifs.
00:36:32Mais quelles ordres
00:36:33des indexations
00:36:33ou suppression de l'abattement
00:36:35pour 10%
00:36:36dont on parle
00:36:37depuis quelques années ?
00:36:37Tant plus à l'aise
00:36:38pour en parler
00:36:38que quand Michel Barnier
00:36:39était Premier ministre
00:36:40je suis redevenue députée
00:36:42et que j'avais moi-même
00:36:43en tant que députée
00:36:44déposé un amendement
00:36:45sur la question
00:36:46de l'abattement
00:36:47avec un succès
00:36:48assez modeste
00:36:49à l'époque
00:36:49puisque seuls 17 députés
00:36:51l'avaient voté
00:36:52mais je considère
00:36:54que c'était une mesure
00:36:54qui était pertinente
00:36:55donc je n'ai pas changé d'avis
00:36:56en redevenant
00:36:57membre du gouvernement
00:36:58parce que déjà
00:36:59quand on parle
00:37:00de justice fiscale
00:37:01ou de justice sociale
00:37:02ceux qui bénéficient
00:37:03de l'abattement
00:37:04sont de facto
00:37:05ceux qui payent
00:37:06l'impôt sur le revenu
00:37:07donc ça veut dire
00:37:08que ce ne sont pas
00:37:08les petites retraites
00:37:09ou les petits retraités
00:37:11puisque a priori
00:37:12ils ne sont pas
00:37:13assujettis à l'impôt
00:37:14sur le revenu
00:37:14et ceux qui bénéficient
00:37:15le plus de cet abattement
00:37:17c'est les neuvièmes
00:37:18et dixièmes des cils
00:37:19c'est-à-dire
00:37:20ceux qui ont
00:37:21le plus de moyens
00:37:22donc je pense que c'est
00:37:23à la fois
00:37:24utile
00:37:24d'un point de vue
00:37:25de dépense publique
00:37:27juste d'un point de vue
00:37:28fiscal
00:37:28et par ailleurs
00:37:29est-ce qu'il y a un seul
00:37:30français qui comprend
00:37:31que quelqu'un
00:37:32qui est à la retraite
00:37:33continue à avoir
00:37:33un abattement
00:37:34dit pour frais professionnels
00:37:36oui mais on peut l'appeler autrement
00:37:36très bien
00:37:37mais enfin au départ
00:37:38il s'appelle quand même comme ça
00:37:39le gouvernement recherche
00:37:3930 milliards d'euros
00:37:40on sait que
00:37:41les retraites
00:37:42c'est un quart de la dépense publique
00:37:43donc c'est difficile
00:37:44d'éviter des mesures
00:37:46si on veut rétablir
00:37:48un peu les comptes publics
00:37:50est-ce qu'il faut cibler
00:37:51l'ensemble des retraités
00:37:53quand on parle de désindexation
00:37:55on peut avoir
00:37:56une désindexation totale
00:37:57tout le monde serait touché
00:37:58y compris les petites retraites
00:38:00y compris les femmes
00:38:00qui pourraient être
00:38:02notamment ciblées
00:38:03ou est-ce qu'il faut cibler
00:38:04à partir d'un certain montant
00:38:07et si oui
00:38:07lequel ?
00:38:08le Premier ministre
00:38:08a répondu
00:38:09sur la question
00:38:10des petites retraites
00:38:10en disant qu'elles ne seraient pas
00:38:12ciblées
00:38:12si jamais
00:38:13l'arbitrage final
00:38:15était soit une sous-indexation
00:38:17ça peut aussi être ça
00:38:17dire voilà
00:38:18l'inflation elle est à temps
00:38:19mais on ne compense pas
00:38:20l'euro près de l'inflation
00:38:21l'indexation c'est moins que l'inflation
00:38:22ou ne concerner qu'à partir
00:38:24d'un certain seuil
00:38:25c'est plusieurs options
00:38:26pour le reste
00:38:27il y a des arbitrages
00:38:28qui seront rendus
00:38:28le 30 septembre prochain
00:38:29par le Premier ministre
00:38:31c'est bientôt
00:38:31il faut attendre 16 jours
00:38:32Raphaël
00:38:33les arbitrages vont être
00:38:34politiques aussi
00:38:35peut-être plus que jamais
00:38:37en veille d'élections
00:38:39présidentielles
00:38:39et il y a
00:38:41deux piliers
00:38:42sur lesquels
00:38:42peut s'appuyer
00:38:43le gouvernement
00:38:44c'est le Rassemblement National
00:38:45ou le Parti Socialiste
00:38:48pour faire passer
00:38:49le budget
00:38:49si je peux me permettre
00:38:50je reviens
00:38:50de ne pas oublier les nôtres
00:38:52mais c'est acquis
00:38:53évidemment
00:38:54je veux les saluer
00:38:55parce qu'ils existent quand même
00:38:57ils ont vocation
00:38:58à continuer à exister
00:38:58on peut penser qu'ils voteront
00:38:59quand même
00:39:00le budget
00:39:01mais ils ne suffisent pas
00:39:02donc entre le RN
00:39:03et le Parti Socialiste
00:39:06sur qui comptez-vous ?
00:39:08mais en fait
00:39:08ça ne se passe pas comme ça
00:39:10la manière à laquelle
00:39:10ça s'est passé comme ça
00:39:11dans les deux derniers budgets
00:39:13Michel Barnier
00:39:14a essayé de s'appuyer
00:39:15sur le RN
00:39:15il a perdu
00:39:16à la fin
00:39:16je pense que c'est
00:39:17la question budgétaire
00:39:18Sébastien Lecornu
00:39:18a réussi avec le Parti Socialiste
00:39:20la question budgétaire
00:39:21c'est un crash test
00:39:22de crédibilité
00:39:23aujourd'hui
00:39:24tout le monde
00:39:25souhaite
00:39:26parmi ces parties-là
00:39:27l'alternance
00:39:28tout le monde considère
00:39:29qu'il peut donc être
00:39:29une alternative
00:39:30est-ce qu'on peut être
00:39:31une alternative
00:39:32ou une alternance crédible
00:39:33si on considère
00:39:34qu'il faut continuer
00:39:35à augmenter la fiscalité
00:39:36ce que continue
00:39:37à promouvoir
00:39:38la gauche
00:39:39et accessoirement
00:39:40le Rassemblement National
00:39:41parce qu'ils ont voté
00:39:42main dans la main
00:39:42avec la France Insoumise
00:39:43sur toutes les questions fiscales
00:39:45hormis la taxe Zuckman
00:39:46la taxe Zuckman
00:39:47a servi de paravent
00:39:48un peu confortable
00:39:49pour le RN
00:39:50mais à la fin
00:39:50ils ont tout voté
00:39:51avec LFI
00:39:52sur les augmentations
00:39:53de fiscalité
00:39:53ou qu'on peut continuer
00:39:55à augmenter la dette publique
00:39:56de toute façon
00:39:56l'équation est toujours la même
00:39:58soit vous réduisez la dépense
00:39:59soit vous augmentez la dette
00:40:01soit vous augmentez la fiscalité
00:40:02donc le gouvernement
00:40:04donc pas le Rassemblement National
00:40:05c'est-à-dire qu'on négocie
00:40:06plutôt avec le PS
00:40:07je vous dis
00:40:08je vous dis
00:40:09l'équation telle qu'elle est
00:40:10donc il n'y a pas
00:40:11de négociation cachée
00:40:12il y a une copie
00:40:13qui est présentée
00:40:14le 30 septembre
00:40:15puis un débat parlementaire
00:40:16qui s'engage
00:40:16il y a des négociations
00:40:17en coulisses
00:40:18au rebergé
00:40:18bien sûr qu'il y a des discussions
00:40:19il reçoit l'intégralité
00:40:21des groupes d'ailleurs
00:40:21parce qu'encore une fois
00:40:22lui non plus
00:40:23il ne choisit pas les groupes
00:40:24parce que c'est issu
00:40:25des élections législatives
00:40:25donc du choix des français
00:40:26donc on reçoit
00:40:27tous les groupes parlementaires
00:40:29la question c'est
00:40:30est-ce qu'ils seront jugés
00:40:31crédibles par les français
00:40:32si demain
00:40:33on n'a pas de budget
00:40:34si demain
00:40:35on n'a pas de budget
00:40:36on rentre dans une zone
00:40:37d'incertitude et d'inconnue
00:40:38qui n'a jamais eu
00:40:39de précédent
00:40:40on a vécu
00:40:41une loi spéciale
00:40:42pendant 5 semaines
00:40:43une loi spéciale
00:40:44c'est une rustine
00:40:45ça peut marcher
00:40:46pendant quelques semaines
00:40:47ça ne marche pas
00:40:48pendant quelques mois
00:40:49mais à propos d'économie
00:40:50dernière question Raphaël
00:40:51c'est
00:40:52quels seraient les scalps
00:40:53que vous pourriez offrir
00:40:54en échange de quoi
00:40:55on pourrait
00:40:57obtenir le soutien
00:40:58de l'un ou l'autre
00:40:59puisqu'on sait
00:41:00qu'on réclame des scalps
00:41:01c'est l'expression consacrée
00:41:03drôle d'expression
00:41:03quand même d'ailleurs
00:41:04un peu
00:41:04je trouve
00:41:05mais c'est celle qu'on utilise
00:41:06notamment aux politiques
00:41:07je ne cherche pas
00:41:07des scalps par principe
00:41:09je pense que
00:41:10encore une fois
00:41:11j'ai du mal à imaginer
00:41:12que les oppositions
00:41:13seraient crédibles
00:41:13pour gouverner demain
00:41:14si à la fin
00:41:15on rentre dans une zone
00:41:16de turbulence maximale
00:41:17aujourd'hui on voit
00:41:18le niveau des taux d'intérêt
00:41:20et des taux d'emprunt
00:41:20qui sont ceux de la France
00:41:22s'il y a un risque majeur
00:41:23d'une nouvelle incertitude
00:41:25qui s'appelle
00:41:25une censure
00:41:26une loi spéciale
00:41:27tout cela nous met
00:41:28en risque
00:41:29collectivement
00:41:30et aura des impacts
00:41:30sur les français
00:41:31et leur vie quotidienne
00:41:32vous parliez d'économie
00:41:33et la baisse
00:41:33de l'indemnité des ministres
00:41:34vous êtes à l'aise avec ça ?
00:41:36de toute façon
00:41:36s'il y a un arbitrage
00:41:37vous savez
00:41:37on s'y conforme
00:41:39c'est le principe même
00:41:39mais ce n'est pas forcément
00:41:40ce que vous auriez retenu peut-être
00:41:41est-ce que ce n'est pas un peu
00:41:42démagogique au renvergé ?
00:41:43il y a une mesure
00:41:44qui est vue
00:41:44comme une mesure d'exemplarité
00:41:45en disant
00:41:46si on demande des efforts
00:41:47aux français
00:41:47ça veut dire
00:41:48qu'il faut en faire nous-mêmes
00:41:49on verra bien
00:41:50si c'est retenu
00:41:50et si c'est retenu
00:41:51vous savez quoi
00:41:52je m'y conformerai
00:41:53parce que c'est le principe
00:41:54même dans l'arbitrage
00:41:55Elsa
00:41:56on va revenir avec vous
00:41:57sur la place des femmes
00:41:58dans le bloc central
00:41:59parce que vous parliez
00:41:59du bloc central
00:42:00il faut leur rendre hommage
00:42:01mais il y a le débat
00:42:02sur la place des femmes
00:42:03où sont les femmes ?
00:42:04c'est la question
00:42:05qu'a semblé posée
00:42:06la présidente de l'Assemblée nationale
00:42:07Yael Brunpivet
00:42:08invitée
00:42:08une grande émission
00:42:09présentée par Franck
00:42:10tout à fait
00:42:11est-ce que vous aussi
00:42:13ça vous choque
00:42:13quand on vous montre
00:42:14les photos dans le bloc central
00:42:15des candidats
00:42:17supposé ou déclaré
00:42:18il n'y a aucune femme
00:42:20la question elle ne se pose pas
00:42:21pour moi de cette nature là
00:42:23c'est pas parce qu'on me présente
00:42:25des photos d'hommes
00:42:26que je dis qu'il y a un problème
00:42:27le sujet c'est
00:42:28quelle est la bonne personne
00:42:29demain
00:42:30pour être présidente de la République
00:42:32ou présidente de la République
00:42:33et pour vous présenter
00:42:34le bloc central
00:42:35c'est pas une question
00:42:35d'hommes ou de femmes
00:42:36en tout cas je crois
00:42:36qu'on a prouvé
00:42:37dans ces dix dernières années
00:42:38un, qu'on pouvait arriver
00:42:39à la parité
00:42:40dans un groupe politique
00:42:41ce qui a été notre cas
00:42:42qu'on pouvait nommer
00:42:43une femme première ministre
00:42:44ce qui a été notre cas
00:42:45qu'on pouvait avoir
00:42:45une femme présidente
00:42:46de l'Assemblée Nationale
00:42:47ce qui a été notre cas
00:42:48qu'on pouvait avoir
00:42:48une femme présidente
00:42:49d'un groupe majoritaire
00:42:50ce qui ne s'était jamais produit
00:42:51ce qui a été mon cas
00:42:51donc ça veut dire
00:42:52qu'on a pris nos places
00:42:54parfois on a été nommé
00:42:55parfois on a été élu
00:42:57moi j'ai été élue
00:42:57présidente de groupe
00:42:58donc ça veut dire
00:42:59que dans notre groupe
00:43:00dans notre famille politique
00:43:01le fait d'être une femme
00:43:02ne m'a jamais empêché
00:43:04d'accéder à de quelque
00:43:05qu'on dit souvent
00:43:06qu'autour d'Emmanuel Macron
00:43:07c'est très masculin
00:43:08et là quand on voit
00:43:09les candidats déclarés
00:43:10ça ne vous aura pas échappé
00:43:11qu'il n'y a que des hommes
00:43:12parfois quand ils prennent
00:43:13des photos avec leur soutien
00:43:14il y a beaucoup d'hommes aussi
00:43:15ça je les invite
00:43:17à faire attention aux photos
00:43:18mais au-delà des photos
00:43:19je pense que
00:43:20les photos représentent
00:43:21quelque chose
00:43:21c'est un instantané
00:43:23au moment de deux
00:43:23je pense que c'est quand même
00:43:23pertinent et utile
00:43:24qu'il y ait évidemment
00:43:25des entourages
00:43:25pas une femme pour une femme
00:43:26mais parce qu'il y a
00:43:27un besoin de mixité
00:43:28en fait tout simplement
00:43:29dans la société française
00:43:30on en parlait tout à l'heure
00:43:31au sein du monde
00:43:32de l'entreprise
00:43:33c'est pareil partout en fait
00:43:34y compris sur votre plateau
00:43:35regardez vous êtes quatre hommes
00:43:36à m'interroger
00:43:36une seule femme
00:43:38les femmes c'est
00:43:39la moitié
00:43:40des français et des françaises
00:43:42elle vote
00:43:42est-ce que Marine Le Pen
00:43:43elle peut
00:43:44et apparemment
00:43:45d'après les études
00:43:45elle gagne ce vote féminin
00:43:47est-ce que le fait
00:43:48d'être une femme
00:43:48ça peut être un atout
00:43:49pour elle
00:43:50un argument de campagne
00:43:51elle l'a rarement
00:43:52mis en avant elle-même
00:43:54donc ça n'a jamais été
00:43:54un argument
00:43:55qu'elle a utilisé
00:43:56la question encore une fois
00:43:57c'est pas une femme
00:43:57pour une femme
00:43:58la question c'est
00:43:58qu'est-ce qu'elle ferait
00:43:59au pouvoir
00:44:00notamment sur la question
00:44:01des droits des femmes
00:44:02et il y a beaucoup
00:44:03d'incertitudes
00:44:03de ce point de vue là
00:44:04beaucoup d'incertitudes
00:44:05sur la question
00:44:06du corps des femmes
00:44:07et sur la question
00:44:08de l'IVG
00:44:08souvenez-vous
00:44:09moi j'avais porté
00:44:10le projet de loi constitutionnelle
00:44:11sur l'intégration
00:44:13de l'IVG
00:44:13dans la constitution
00:44:14vous avez bien vu
00:44:14que c'était le groupe
00:44:15qui a été le moins
00:44:16en soutien
00:44:17sur ce texte
00:44:18avec beaucoup de personnes
00:44:19qui ont voté contre
00:44:21pas juste qui se sont absolues
00:44:22qui ont voté contre
00:44:23regardez même
00:44:23c'est peut-être moins visible
00:44:24ce qui se passe
00:44:25au sein du Parlement européen
00:44:26justement de manière
00:44:27assez systématique
00:44:28sur toutes les lois
00:44:29qui sont en faveur
00:44:30justement
00:44:31de l'émancipation
00:44:32des droits
00:44:32sur le corps
00:44:33comme sur la question
00:44:34des rémunérations
00:44:35des femmes
00:44:35donc le sujet
00:44:36il n'est pas
00:44:37est-ce qu'une femme
00:44:37nous protégerait mieux
00:44:38parce qu'elle est une femme
00:44:39la question c'est
00:44:40qu'elle est un projet politique
00:44:41la réponse est non
00:44:42une femme ne protège pas
00:44:43forcément les femmes
00:44:44en fait non
00:44:45la question c'est laquelle
00:44:46la question c'est le projet politique
00:44:47et moi c'est ça qui m'intéresse
00:44:49c'est le combat politique
00:44:50et le projet politique
00:44:50que chacune ou que chacun pense
00:44:51c'est pas une question de sexe
00:44:53en fait moi j'ai toujours
00:44:54été plaidé pour une forme
00:44:55de droit à l'indifférence
00:44:56moi mon sujet
00:44:57c'est pas qu'on me présente
00:44:58comme une femme politique
00:44:59c'est qu'on me présente
00:45:00comme une responsable politique
00:45:02et donc je me fiche
00:45:03de savoir du sexe
00:45:04le genre des uns et des autres
00:45:05ce qui m'intéresse
00:45:06c'est encore une fois
00:45:07leur parcours
00:45:07leur projet politique
00:45:08leurs idées
00:45:09leurs convictions
00:45:09leurs valeurs
00:45:10et c'est à ça
00:45:11qu'on devrait être jugé
00:45:12et uniquement à ça
00:45:13et pas encore une fois
00:45:14et ça vous tente pas
00:45:15de vous lancer dans la bataille
00:45:17en disant tiens
00:45:17mais il faut plus de femmes
00:45:18allez je me présente
00:45:19à la présidentielle
00:45:19c'est un mauvais argument
00:45:19excusez-moi
00:45:20si mon seul argument
00:45:21à moi ou aux autres
00:45:22c'est le sexe
00:45:23franchement ce serait
00:45:23assez déprimant
00:45:24de se dire qu'on serait limité
00:45:25alors maintenant je vais vous poser
00:45:26la question différemment
00:45:27ça vous a jamais tenté
00:45:28de vous lancer dans la présidentielle
00:45:29moi ce qui me tente
00:45:31c'est déjà qu'on a un candidat
00:45:32qui soit qualifié
00:45:32au second tour
00:45:33l'élection présidentielle
00:45:34pour être qualifié au second tour
00:45:35moi ça fait des mois
00:45:36que je plaide pour une primaire
00:45:37alors homme ou femme
00:45:38on a compris que c'était pas
00:45:39le plus important pour vous
00:45:40mais en revanche
00:45:41est-ce que vous êtes
00:45:42de celles et de ceux
00:45:43qui considèrent
00:45:44qu'il faut absolument
00:45:45un seul candidat
00:45:47pour le bloc central
00:45:48pour empêcher
00:45:49un affrontement
00:45:50entre Jean-Luc Mélenchon
00:45:51et Marine Le Pen
00:45:52au deuxième tour
00:45:52je crois que ça tombe
00:45:53sous le sens en fait
00:45:55se dire qu'on peut espérer
00:45:56sous le sens mais pas
00:45:56pour tout le monde
00:45:57se dire qu'on peut espérer
00:45:58être qualifié au second tour
00:45:59de l'élection présidentielle
00:46:01en présentant
00:46:01deux candidats du bloc central
00:46:03plus un candidat
00:46:04les républicains
00:46:05c'est à peu près
00:46:06l'échec assuré
00:46:08et dans un moment
00:46:08où on se dit
00:46:09qu'un second tour
00:46:10pourrait être plausible
00:46:11voire même probable
00:46:13entre Mélenchon d'un côté
00:46:14et Marine Le Pen de l'autre
00:46:16je pense que la responsabilité
00:46:17qui est la nôtre
00:46:18elle est immense
00:46:19immense
00:46:19et c'est la raison pour laquelle
00:46:21je plaide
00:46:22je continue à plaider
00:46:23le candidat du bloc central
00:46:25plus un candidat
00:46:26des républicains
00:46:27ça veut dire que
00:46:27pour vous
00:46:28Bruno Rotaillot
00:46:29il ne fait pas partie
00:46:30du bloc central
00:46:31il est à côté
00:46:31il y a le bloc central
00:46:32il y a le socle commun
00:46:33on a inventé
00:46:34plein de néologismes
00:46:35sur le sujet
00:46:36en tout cas
00:46:37je pense que la dispersion
00:46:39évidemment
00:46:39elle prépare la défaite
00:46:41et on l'a vu
00:46:42à Paris
00:46:42la dispersion
00:46:43a préparé la défaite
00:46:44par contre dans les villes
00:46:45on a été unis
00:46:46de Brest à Clermont-Ferrand
00:46:47qui n'étaient pas des villes
00:46:48promises au centre droit
00:46:49et à la droite
00:46:50on a gagné
00:46:51on a gagné
00:46:52parce qu'on a été unis
00:46:53parce qu'on a su se rassembler
00:46:55et le faire non pas
00:46:56de manière artificielle
00:46:57donc ça n'a pas grand chose à voir
00:46:58mais là
00:46:58dans une présidentielle
00:46:59la dynamique quand même
00:47:00ça a quelque chose à voir
00:47:00si par le jeu des sondages
00:47:01ou par une primaire
00:47:02comme vous sembliez
00:47:03l'appeler de vos voeux
00:47:04c'était Bruno Rotaillot
00:47:06qui sortait
00:47:06est-ce que vous soutiendriez
00:47:08vous qui êtes issu
00:47:09des républicains
00:47:10est-ce que vous soutiendriez
00:47:11sans état d'âme
00:47:12Bruno Rotaillot
00:47:13déjà moi j'aimerais
00:47:14qu'il y ait une primaire
00:47:14mais donc
00:47:15répondez à ma question
00:47:18sauf que c'est de la politique fiction
00:47:19non mais pour l'instant
00:47:21la primaire aussi
00:47:22c'est de la politique fiction
00:47:22donc si j'en avais
00:47:24et que Bruno Rotaillot
00:47:25l'emportait
00:47:25est-ce que vous le soutiendriez
00:47:27de façon très
00:47:29je pense que le principe même
00:47:30d'une primaire
00:47:31à partir du moment
00:47:31où vous l'appelez de vos voeux
00:47:32c'est de dire
00:47:33ok
00:47:34quel est le périmètre
00:47:35qui on accepte
00:47:36de voir participer
00:47:37à cette primaire
00:47:38et donc elle n'est pas individuelle
00:47:39c'est des partis politiques
00:47:40dans ces cas-là
00:47:41les partis politiques
00:47:42c'est quoi
00:47:42c'est Renaissance
00:47:44c'est le Modem
00:47:45c'est Horizon
00:47:46c'est l'UDI
00:47:47c'est les républicains
00:47:48et donc après
00:47:49et c'est pas place publique
00:47:50de définir des règles
00:47:51bah non
00:47:52je crois pas
00:47:52non parce que Gabriel Attal
00:47:53lui il dit
00:47:53il faut regarder du côté
00:47:54du centre-gauche aussi
00:47:55sinon on va pas y arriver
00:47:56je pense que ça fait deux ans
00:47:57qu'on gouverne ensemble
00:47:58je pense que les français
00:47:59attendent une part de cohérence
00:48:00on peut pas avoir
00:48:01gouverné ensemble
00:48:02pendant deux ans
00:48:03avoir fait un certain
00:48:04nombre d'alliances
00:48:05qui ont gagné
00:48:06aux élections municipales
00:48:07ensemble
00:48:07mais les socialistes
00:48:07vont peut-être vous aider
00:48:08pour le budget
00:48:08donc ils pourraient y être aussi
00:48:10oui mais on gouverne pas ensemble
00:48:11quand on approuve le budget
00:48:13c'est déjà pas mal
00:48:15déjà ils ont pas approuvé
00:48:15le projet de loi de finances
00:48:16c'est uniquement sur la sécurité sociale
00:48:18par ailleurs eux-mêmes
00:48:19n'accepteraient pas
00:48:21sur votre plateau
00:48:22que je dise
00:48:23qu'ils sont intégrés
00:48:25à une nouvelle majorité
00:48:26ils sont des opposants
00:48:27et ils la signent comme telle
00:48:29c'est une nouvelle période
00:48:29qui va s'ouvrir
00:48:30c'est pas parce que vous êtes des opposants
00:48:30qu'on peut pas par ailleurs
00:48:32discuter ensemble
00:48:32très très opposant
00:48:33au gouvernement en ce moment
00:48:34mais les républicains
00:48:36eux-mêmes sont membres
00:48:37de notre gouvernement
00:48:38ils ont été suspendus ceux-là
00:48:39et non des moindres
00:48:40Annie-Jean-Barre
00:48:40je crois
00:48:41est une figure historique
00:48:42des républicains
00:48:43et donc vous avez
00:48:44plusieurs membres du gouvernement
00:48:45et vous estimez
00:48:46Aurore Berger
00:48:47que parce que
00:48:48quand Gabriel Attal dit
00:48:49il faut aller jusqu'à
00:48:50Raphaël Zuxman
00:48:51même s'il dit pas le nom
00:48:51c'est ça que ça veut dire
00:48:52il dit c'est ça le macronisme
00:48:54c'était justement tout ça
00:48:55il faut élargir
00:48:56mais le sujet c'est
00:48:57est-ce que vous élargissez
00:48:57sur des personnalités
00:48:58ou est-ce que vous parlez
00:48:59aux français
00:49:00moi je pense qu'il y a
00:49:01beaucoup d'électeurs
00:49:01de gauche aujourd'hui
00:49:02qui sont des expressions
00:49:03mais paumés
00:49:05paumés
00:49:05parce qu'ils n'ont pas envie
00:49:06de voter pour Jean-Luc Mélenchon
00:49:08ils n'ont pas envie
00:49:09de voter pour Jean-Luc Mélenchon
00:49:10et vous n'avez pas envie
00:49:10de les récupérer
00:49:11mais sur le fond
00:49:12mais pas avec Bruno Retailleau
00:49:13il faut quelqu'un de gauche
00:49:14dans la fiche
00:49:14parce que sinon ça ne marchera pas
00:49:15je pense que c'est un peu réducteur
00:49:17je pense qu'Emmanuel Macron
00:49:18a réussi à agréger autour de lui
00:49:20en 2017
00:49:21beaucoup d'électeurs
00:49:22qui venaient de la droite
00:49:22et du centre de droite
00:49:23avec des gens de gauche
00:49:24autour de lui
00:49:24alors qu'encore une fois
00:49:26alors qu'encore une fois
00:49:27lui-même n'était pas issu
00:49:28de cette formation politique
00:49:29mais avec des gens de gauche
00:49:30autour de lui
00:49:30des anciens PS par exemple
00:49:32là vous dites non
00:49:33on ferme la porte
00:49:34mais je ne dis pas
00:49:34on ferme la porte
00:49:35je dis plusieurs choses
00:49:36je dis un
00:49:37si on n'est pas rassemblés
00:49:38si on n'est pas unis
00:49:39ça ira à l'échec
00:49:40deux
00:49:41c'est quoi le modalité de sélection
00:49:43il y en a deux
00:49:43soit c'est la primaire sauvage
00:49:44c'est-à-dire les sondages
00:49:45et on ne sera jamais d'accord
00:49:46pour savoir à quel moment
00:49:47on arrête les compteurs
00:49:48c'est en décembre, en janvier, en février
00:49:50on verra bien
00:49:51en fonction d'eux
00:49:52il faut une primaire
00:49:53parce que la primaire
00:49:54elle vaut le plus vite possible
00:49:56avant la fin de l'année
00:49:57parce que la primaire
00:49:57elle permet de définir
00:49:58et justement
00:49:59de nous mettre d'accord
00:50:00entre nous
00:50:00sur qui peut participer
00:50:01et un calendrier
00:50:03pour qu'on sache à la fin
00:50:05quand on peut
00:50:06mais vous n'ouvrez pas
00:50:07vers le centre-gauche vous
00:50:08non
00:50:08mais est-ce que justement
00:50:10ces français qui sont paumés
00:50:11madame la ministre
00:50:12c'est pas aussi votre bilan
00:50:13de dix ans de macronisme
00:50:15est-ce que vous avez
00:50:15Emmanuel Macron
00:50:17voulait faire turbuler le système
00:50:18est-ce qu'il ne l'a pas fait turbuler
00:50:20jusqu'à peut-être un effondrement
00:50:21on n'est pas responsable
00:50:22de l'effondrement des autres
00:50:23quand même
00:50:24moi je ne suis pas responsable
00:50:25de l'agonie du parti socialiste
00:50:26ou d'autres
00:50:27non mais à un moment
00:50:28on peut être responsable
00:50:29pour soi-même
00:50:30donc un
00:50:31moi je fais partie de ceux
00:50:32qui défendent le bilan
00:50:33et qui considèrent
00:50:34qu'en dix ans
00:50:35on a eu un certain nombre
00:50:36de réussites dans ce pays
00:50:37et qu'on n'a pas
00:50:38à en avoir honte
00:50:38et que si on demande
00:50:39aux français
00:50:40de continuer à nous faire confiance
00:50:41pour cinq ans de plus
00:50:42il faut aussi
00:50:43qu'on soit en capacité
00:50:43de leur dire
00:50:44ce qu'on a réussi
00:50:45le faire de manière lucide
00:50:46sur ce qu'on n'a pas fait
00:50:48moi j'ai pas honte
00:50:49d'avoir eu ce président
00:50:50de la république
00:50:50pendant la crise sanitaire
00:50:51j'ai pas honte
00:50:52d'avoir eu ce président
00:50:53de la république
00:50:53quand il y a eu
00:50:54l'invasion russe en Ukraine
00:50:55j'ai pas honte
00:50:56d'avoir eu ce président
00:50:56de la république
00:50:57qui a permis
00:50:57par exemple
00:50:58d'intégrer à la constitution
00:50:59l'IVG
00:50:59j'ai pas honte
00:51:00d'avoir eu ce président
00:51:01de la république
00:51:02sur la question
00:51:02des ordonnances travail
00:51:03j'ai pas honte
00:51:04d'avoir eu un président
00:51:04de la république
00:51:05où on a créé
00:51:061,7 million d'emplois
00:51:07industriels
00:51:08aller à Dunkerque
00:51:09voir à quel point
00:51:09la situation a changé
00:51:10quand vous redonnez
00:51:11un espoir au territoire
00:51:12et à des milliers de personnes
00:51:13qui vont retrouver
00:51:14un emploi
00:51:15et une dignité
00:51:15grâce à ça
00:51:16non ça j'ai pas honte
00:51:17d'être pour neuf ans
00:51:18la 9ème année consécutive
00:51:19le pays le plus attractif
00:51:20sur les investissements étrangers
00:51:22vous pensez
00:51:23qu'il y en a qui ont honte
00:51:24dans votre camp ?
00:51:25je pense qu'il faut
00:51:26assumer ce bilan
00:51:26qui n'assume pas
00:51:28le bilan dans votre camp ?
00:51:28de toute façon
00:51:29je pense que c'est
00:51:30une erreur stratégique
00:51:31on est tous comptables
00:51:32du bilan
00:51:33parce qu'on aura tous
00:51:34gouverné ces 10 dernières années
00:51:36donc message
00:51:36à tous ceux
00:51:37qui se veulent candidats
00:51:38du bloc central
00:51:38autant assumer
00:51:39et assumer aussi
00:51:40avec lucidité
00:51:40une part d'échec
00:51:41évidemment
00:51:42message à tous les candidats
00:51:43du bloc central
00:51:44on l'a entendu
00:51:44on va recevoir
00:51:45dans un instant
00:51:45Maude Leblon
00:51:46directrice générale
00:51:47de l'association
00:51:48règles élémentaires
00:51:49une appellation
00:51:49sous forme de jeu de mots
00:51:50mais qui permet
00:51:51d'aborder bien des sujets
00:51:52qui concernent les femmes
00:51:53le porté de notre invité
00:51:54est signé Katia Gilder
00:51:57Face à vous
00:51:58Aurore Berger
00:51:59une jeune femme
00:52:00avec un souhait
00:52:00que les règles
00:52:01ne soient plus tabou
00:52:02son combat
00:52:03faire disparaître
00:52:05la précarité menstruelle
00:52:06ces femmes
00:52:07qui n'ont pas accès
00:52:08aux protections périodiques
00:52:09par manque d'argent
00:52:10formée dans une école
00:52:11de commerce
00:52:12l'ESSEC
00:52:13passée par l'humanitaire
00:52:14elle est aujourd'hui
00:52:15à la tête de l'association
00:52:17règles élémentaires
00:52:18qui se bat
00:52:19pour intégrer les règles
00:52:20au débat public
00:52:21avec ce chiffre
00:52:22qui interpelle
00:52:23jusqu'à 4 millions
00:52:24de femmes
00:52:25seraient concernées
00:52:26en France
00:52:26par la précarité mensuelle
00:52:28une dépense
00:52:29qui peut devenir lourde
00:52:30lorsque le budget
00:52:31est limité
00:52:32alors notre invité
00:52:33plaide sans relâche
00:52:34pour que le coût
00:52:35de cette précarité
00:52:36soit pris en compte
00:52:37une bataille
00:52:38qui vient d'aboutir
00:52:39le 1er octobre
00:52:40les protections réutilisables
00:52:42seront prises en charge
00:52:43par la sécurité sociale
00:52:44sous certaines conditions
00:52:45en faisant entrer
00:52:47dans la loi
00:52:47la prise en charge
00:52:48des protections périodiques
00:52:49par notre système
00:52:49de solidarité nationale
00:52:50qu'est l'assurance maladie
00:52:51l'État crée un précédent
00:52:53il associe un droit
00:52:54au fait d'avoir ces règles
00:52:55un droit d'être protégé
00:52:56un droit de vivre dignement
00:52:58une première victoire
00:52:59mais pas la fin du combat
00:53:00les règles
00:53:02un sujet économique
00:53:03mais aussi de santé publique
00:53:05et même de société
00:53:06aujourd'hui
00:53:07parce qu'elles ont leurs règles
00:53:08de nombreuses femmes
00:53:09ne sont pas en capacité
00:53:11d'aller en cours
00:53:11ou de travailler
00:53:12que faire ?
00:53:13notre invité veut changer
00:53:15les règles
00:53:15sur ce sujet intime
00:53:17presque invisible
00:53:18et vous Aurore Berger
00:53:19voulez-vous aller plus loin
00:53:21dans ce combat
00:53:22en instaurant par exemple
00:53:23un congé menstruel ?
00:53:25face à vous ce soir
00:53:26Maud Leblon
00:53:29Maud Leblon
00:53:30que nous accueillons
00:53:31sur ce plateau
00:53:31bonsoir
00:53:32je vous laisse saluer
00:53:33la ministre
00:53:34bonsoir
00:53:34merci d'être ici
00:53:35avec nous ce soir
00:53:36je vous laisse vous installer
00:53:37tranquillement
00:53:37avant de vous laisser
00:53:39la parole
00:53:40pour parler notamment
00:53:41de quelque chose
00:53:42que tout le monde connaît
00:53:43maintenant
00:53:43parce que ce sont des mots
00:53:44qui n'étaient pas évidents
00:53:45il y a quelques années
00:53:45et aujourd'hui
00:53:46tout le monde sait
00:53:46de quoi on parle
00:53:47quand on parle
00:53:48de précarité menstruelle
00:53:50exactement
00:53:50et ça fait même partie
00:53:51du sujet
00:53:52Madame la ministre
00:53:54on l'a vu dans le sujet
00:53:54le 1er octobre
00:53:55les protections menstruelles
00:53:57réutilisables
00:53:58seront prises en charge
00:53:59par l'assurance maladie
00:54:01on attend cette mesure
00:54:02depuis maintenant
00:54:023 ans et demi
00:54:04donc évidemment
00:54:05on s'en réjouit
00:54:06ça a notamment
00:54:07une portée symbolique forte
00:54:08puisque la France
00:54:09sera le premier pays
00:54:10en tout cas
00:54:10à notre connaissance
00:54:11à accorder un droit
00:54:13aux personnes
00:54:14qui ont la règle
00:54:15au-delà du symbole
00:54:16c'est aussi une solution
00:54:18réelle et pragmatique
00:54:19pour près de 4 millions
00:54:20de personnes en France
00:54:21en situation
00:54:21de précarité menstruelle
00:54:22donc ma première question
00:54:24est la suivante
00:54:24comment s'assurer
00:54:25que la mise en oeuvre
00:54:27de cette mesure
00:54:27touche bien
00:54:28les personnes
00:54:28les plus en précarité
00:54:29puisqu'on parle aujourd'hui
00:54:30de 2 protections par an
00:54:31des protections réutilisables
00:54:33donc principalement
00:54:34des culottes menstruelles
00:54:35ou des cups
00:54:36qui ne sont pas forcément
00:54:37adaptées à toutes
00:54:38les situations de vie
00:54:39alors déjà merci
00:54:40parce que c'est une association
00:54:42qui a permis
00:54:43de mettre des mots
00:54:44là où c'était difficile
00:54:45de les avoir
00:54:46entre parenthèses
00:54:47vous voyez que le plateau
00:54:47est paritaire maintenant
00:54:48fermons la parenthèse
00:54:49presque
00:54:51presque
00:54:51sinon
00:54:52totalement paritaire
00:54:53oui
00:54:53enfin les journées
00:54:53c'est un autre sujet
00:54:55en tout cas
00:54:56avant parler des règles
00:54:57c'était tabou
00:54:58ça paraît un peu sidérant
00:54:59d'ailleurs
00:54:59de se dire
00:54:59que c'était un mot
00:55:00qui faisait peur
00:55:01que ce soit dans les publicités
00:55:02ou que ce soit à l'Assemblée nationale
00:55:04c'était des mots
00:55:04un peu interdits
00:55:05alors qu'elles concernent
00:55:06a priori quand même
00:55:07beaucoup
00:55:08beaucoup de monde
00:55:10après
00:55:10on a beaucoup progressé
00:55:11c'est vrai que
00:55:12j'aurais aimé parfois même
00:55:13qu'on aille encore plus vite
00:55:14vous le savez
00:55:14mais on a réussi
00:55:15à le mettre définitivement
00:55:17en application
00:55:18je pense que déjà
00:55:19c'est faire connaître
00:55:20les droits
00:55:20on le sait
00:55:21il y a encore
00:55:22notamment parmi les personnes
00:55:23en situation de précarité
00:55:24beaucoup de renoncement
00:55:25aux droits
00:55:25c'est-à-dire
00:55:26il y a des droits existants
00:55:27mais ils existent sur le papier
00:55:28ils existent dans la loi
00:55:29mais les personnes
00:55:30ne sachant pas forcément
00:55:31que ça existe
00:55:31ne viennent pas demander
00:55:33à en bénéficier
00:55:34ni où aller
00:55:34c'est ça que ça veut dire
00:55:35ni où aller
00:55:35donc c'est ça à mon avis
00:55:36le grand défi qu'on a
00:55:37à partir du 1er octobre
00:55:39c'est garantir
00:55:39qu'on ait une campagne
00:55:40massive
00:55:42d'informations
00:55:42pour garantir
00:55:43que les personnes
00:55:44qui en ont le plus besoin
00:55:45et qui donc
00:55:46vont pouvoir bénéficier
00:55:47d'un nouveau droit
00:55:49comme vous l'avez dit
00:55:49qui est une première
00:55:50je crois aussi mondiale
00:55:52puissent réellement bénéficier
00:55:54parce que c'est un enjeu
00:55:55de dignité
00:55:55c'est un enjeu
00:55:56de santé publique
00:55:57c'est un enjeu
00:55:58sur la lutte
00:55:59contre l'isolement aussi
00:56:00de beaucoup de femmes
00:56:01quel que soit leur âge
00:56:02qui refusent un entretien
00:56:03professionnel
00:56:04qui ne vont pas
00:56:05à des cours
00:56:06parce que vous n'y allez pas
00:56:08quand vous n'avez pas
00:56:08les moyens
00:56:09de vous protéger
00:56:10et c'est une dépense contrainte
00:56:11pour des millions de femmes
00:56:13chaque année
00:56:13et qui coûte très cher
00:56:15quand vous le ramenez
00:56:15tout le long de la vie
00:56:16ça peut marcher
00:56:16vous pensez
00:56:16Maud Leblanc ?
00:56:18Oui en tout cas
00:56:18nous on attend vraiment
00:56:19aussi du gouvernement
00:56:20une grande campagne
00:56:21de communication
00:56:21et de sensibilisation
00:56:22comme vous le disiez
00:56:23c'est aussi une mesure
00:56:23qui brise un tabou millénaire
00:56:25alors je ne dirais pas
00:56:25que les règles sont
00:56:26complètement banalisées
00:56:27je pense qu'on en est
00:56:28très très loin
00:56:29ce genre de mesures
00:56:30sont aussi importantes
00:56:31pour pousser ce sujet
00:56:32mais on sait que l'impact
00:56:33de ce tabou
00:56:34il va au-delà en fait
00:56:35des enjeux de précarité
00:56:36mensuelle
00:56:36vous citiez le fait
00:56:37d'aller à l'école
00:56:38ou de travailler
00:56:39on a mené une étude
00:56:40il y a deux ans
00:56:40qui montre qu'au sein même
00:56:42des établissements scolaires
00:56:44des jeunes filles
00:56:45sont victimes de discrimination
00:56:46liées à leurs règles
00:56:47on a aussi montré
00:56:47qu'une jeune fille sur deux
00:56:51donc il existe un véritable
00:56:52absentéisme scolaire lié aux règles
00:56:53qui est bien sûr dû
00:56:55aux enjeux de précarité
00:56:55menstruelle
00:56:56mais plus globalement
00:56:57aux enjeux d'éducation
00:56:58autour de ce sujet
00:56:59le fait de mettre
00:57:00à disposition des protections
00:57:01c'est aussi un moyen
00:57:02de banaliser le sujet
00:57:03de normaliser les règles
00:57:05qui au final
00:57:05au sein d'un établissement scolaire
00:57:06concerne la moitié des élèves
00:57:07donc est-ce que vous êtes
00:57:08par exemple
00:57:09pour la généralisation
00:57:10de la mise à disposition
00:57:11au sein des établissements scolaires
00:57:12on sait que
00:57:13certains établissements
00:57:14ont commencé à mettre en place
00:57:15à titre un peu expérimental
00:57:17l'État aussi
00:57:18a une expérimentation
00:57:20sur le sujet
00:57:20est-ce que c'est quelque chose
00:57:21qui vous semble important
00:57:22de généraliser ?
00:57:23Oui moi je pense que c'est
00:57:24déjà un c'est le banaliser
00:57:25c'est se dire qu'évidemment
00:57:27à partir du moment
00:57:27où la moitié de la population
00:57:28en tout cas à un certain âge
00:57:30en a besoin
00:57:31c'est légitime encore une fois
00:57:33que ça devienne un sujet naturel
00:57:34et que ça ne provoque pas
00:57:35des ricanements sur un plateau
00:57:37ou dans un établissement
00:57:38parce qu'on va en parler
00:57:39deux, là où ça s'est mis en place
00:57:41ça a généré des débats salutaires
00:57:43moi je suis allée échanger
00:57:44avec des collégiens
00:57:44et des lycéens
00:57:46garçons comme filles
00:57:46sur le sujet
00:57:47et c'était des débats sereins
00:57:49où chacun a pris conscience aussi
00:57:51de la difficulté
00:57:51que ça pouvait générer
00:57:52en termes de précarité
00:57:54mais aussi la question
00:57:55de la douleur
00:57:56la question de l'endométriose
00:57:57la question d'accès aux soins
00:57:58et de la manière
00:57:59avec laquelle
00:58:00ça permettait d'engager
00:58:01un premier débat
00:58:02sur ce sujet
00:58:02moi je pense que c'est pas
00:58:03un sujet secondaire
00:58:04c'est un sujet de dignité
00:58:05et pour le coup
00:58:06là je vais prendre
00:58:07ma casquette un peu de genre
00:58:09je pense que le fait
00:58:10qu'on ait eu
00:58:10une assemblée nationale
00:58:12peut-être plus paritaire
00:58:13a permis sans doute
00:58:15des avancées sur le sujet
00:58:16parce que les médecins
00:58:17eux-mêmes nous le disaient
00:58:18Une nouvelle génération peut-être aussi ?
00:58:19Oui il y a un peu générationnel
00:58:20mais je pense que l'effet du nombre
00:58:22a fait qu'il y a des sujets
00:58:23sur lesquels
00:58:24on a pu avancer
00:58:25souvenez-vous
00:58:25qu'on a pu avancer aussi
00:58:27par exemple
00:58:27sur le taux de TVA
00:58:28pendant très longtemps
00:58:29la question
00:58:30par exemple
00:58:31des serviettes hygiéniques
00:58:32des tampons
00:58:32avait un taux de TVA
00:58:34qui n'était pas le même
00:58:35par exemple
00:58:35que les rasoirs masculins
00:58:36on peut trouver
00:58:37que ça prête à sourire
00:58:38mais ça dit quelque chose
00:58:41sur les protections périodiques
00:58:42et sur la santé des femmes
00:58:44aussi plus globalement
00:58:44ça fait le lien entre les deux
00:58:45mais par exemple
00:58:46les protections
00:58:46jusqu'à il y a 10 ans
00:58:47c'était en 2015
00:58:48donc 11 ans maintenant
00:58:48n'avaient pas un taux de TVA réduit
00:58:50ce qui peut paraître étonnant
00:58:51puisque c'est quand même
00:58:51un produit de grande nécessité
00:58:53et de consommation courante
00:58:54évidemment
00:58:55quelque chose d'autre
00:58:56qui est étonnant
00:58:56c'est que c'est un produit
00:58:57qui est aujourd'hui
00:58:58pas du tout réglementé
00:58:59qui a donc aucun cadre spécifique
00:59:02d'ailleurs
00:59:02les protections
00:59:03qui vont être sélectionnées
00:59:03dans le cadre
00:59:04de la mesure de remboursement
00:59:05sont soumises
00:59:05à un cahier des charges
00:59:06assez peu strict
00:59:07en l'occurrence
00:59:09qui va d'ailleurs contre
00:59:10en tout cas
00:59:11qui ne reprend pas
00:59:12les recommandations
00:59:13de l'agence sanitaire
00:59:13qui elle demandait
00:59:15de limiter
00:59:17comme les polluants permanents
00:59:18les perturbateurs endocriniens
00:59:20ou les phtalates
00:59:20donc ces recommandations
00:59:22n'ont pas été reprises
00:59:23dans le cahier des charges
00:59:23nous on se bat
00:59:24depuis plusieurs années
00:59:25maintenant
00:59:25pour que ces protections
00:59:26qui sont au contact
00:59:27des muqueuses
00:59:28ou de la paroi vaginale
00:59:29pendant 40 ans
00:59:30dans des périodes de règles
00:59:32soient réglementées
00:59:33est-ce que vous pensez
00:59:35que ces produits
00:59:36méritent une plus grande attention
00:59:38et un plus grand encadrement
00:59:39notamment du produit ?
00:59:39Je pense que vous avez raison
00:59:40on l'a fait nous déjà
00:59:41sur les protections
00:59:42qui sont les protections
00:59:44réutilisables
00:59:44à la fois pour des enjeux écologiques
00:59:45mais aussi pour limiter
00:59:46peut-être des risques
00:59:47qui existeraient
00:59:49sur d'autres types de protections
00:59:50parce qu'encore une fois
00:59:50on ne peut pas s'en passer
00:59:51et comme on ne peut pas s'en passer
00:59:53le risque c'est qu'il n'y ait
00:59:54justement pas de risque sanitaire
00:59:55qui devrait pouvoir
00:59:56y être associé
00:59:57donc je pense que
00:59:58s'il faut renforcer encore
00:59:59le cahier des charges
01:00:00ou même le réguler
01:00:01parce que là
01:00:02il y a un défaut en effet
01:00:03de régulation sur le sujet
01:00:04moi je n'ai aucun problème
01:00:05à ce qu'on aille plus loin
01:00:06parce que c'est un enjeu
01:00:07de santé environnementale
01:00:07Est-ce que vous défendez
01:00:08Maud Leblon
01:00:09la généralisation du congé menstruel
01:00:11par exemple ?
01:00:11Alors je ne défends pas
01:00:12la généralisation du congé menstruel
01:00:14mais je défends
01:00:15l'adaptation de l'arrêt maladie
01:00:16aux pathologies et aux règles
01:00:17alors c'est un petit peu subtil
01:00:18mais le congé menstruel
01:00:19c'est aujourd'hui
01:00:21dans son acception
01:00:22c'est une mise en oeuvre privée
01:00:23dans une entreprise
01:00:24comme un congé
01:00:24qu'un employeur accorderait
01:00:26à l'envie
01:00:27nous ce qu'on demande
01:00:29c'est que le fait
01:00:30que les personnes
01:00:31qui soient malades
01:00:32de leurs règles
01:00:33puissent avoir
01:00:34un temps de repos
01:00:34ou un temps de soins
01:00:35et donc que l'arrêt de travail
01:00:37soit adapté
01:00:37c'est-à-dire
01:00:38qu'il puisse être prescrit
01:00:39de manière récurrente
01:00:40et qu'il n'y ait pas
01:00:41de délai de carence
01:00:41pour qu'il soit adapté
01:00:42aux besoins des personnes
01:00:43sur l'arrêt
01:00:44La seule difficulté
01:00:46sur la question
01:00:47du congé menstruel
01:00:48et c'est la raison
01:00:49pour laquelle
01:00:49on a mal à trouver
01:00:51la bonne réponse
01:00:52c'est que moi
01:00:53je ne veux pas
01:00:53que l'employeur connaisse
01:00:54la situation
01:00:55parce que si demain
01:00:57vous recrutez quelqu'un
01:00:58ou que vous avez
01:00:59quelqu'un dans votre équipe
01:01:00et vous dites
01:01:00que tous les mois
01:01:01la personne va s'arrêter
01:01:02pendant deux jours
01:01:02pendant trois jours
01:01:03pendant quatre jours
01:01:03C'est pour ça que Maud Leblanc
01:01:04parle d'arrêt maladie
01:01:05Oui mais c'est pour ça
01:01:06que ce n'est pas la même chose
01:01:06qu'elle propose
01:01:07Ce n'est pas un congé menstruel
01:01:08Mais c'est mieux justement
01:01:09l'arrêt maladie
01:01:11Oui
01:01:11L'arrêt maladie serait
01:01:13la meilleure solution
01:01:15En fait oui
01:01:15parce que moi je ne voudrais pas
01:01:16que ce soit une bonne idée
01:01:17qui se retourne ensuite
01:01:18contre les femmes
01:01:19parce qu'on partirait du principe
01:01:20que les femmes soit en abuseraient
01:01:21ce qui ne s'est jamais produit
01:01:22partout où ça a été expérimenté
01:01:23il n'y a jamais eu d'abus
01:01:24ça a été extrêmement limité
01:01:26comme recours
01:01:26Deux parce qu'on aurait connaissance
01:01:28de la situation de santé
01:01:29Donc plutôt un arrêt maladie
01:01:32Merci Maud Leblanc
01:01:33d'être venue sur ce plateau
01:01:34Merci Aurore Berger
01:01:34d'avoir accepté notre invitation
01:01:35dans ce premier lundi
01:01:37c'est politique de la saison
01:01:38Il y en aura bien d'autres
01:01:38et on parlera de la présidentielle
01:01:39entre autres
01:01:39vous imaginez bien
01:01:41Bonne soirée
01:01:42bonne semaine
01:01:42Merci et à lundi prochain
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