00:01RMC, le choix de la rédaction.
00:03Entre la sécheresse et les prix des carburants, il faut être un anacorette pour avoir raté cette actualité de l
00:10'été.
00:10On va s'intéresser à notre caddie et aux chiffres qui vont s'afficher sur notre ticket de caisse dans
00:14les mois à venir.
00:15Bonjour Victor Joannin.
00:15Bonjour Mathieu.
00:16Victor, les prix à la pompe s'envolent, l'inflation accélère, mais dans les rayons des supermarchés, pour le moment,
00:20ça tient.
00:21Oui, vous avez peut-être remarqué des hausses sur certains légumes, comme les concombres et les tomates,
00:26mais globalement, les prix dans la grande distribution sont restés stables en juillet et en août, selon le très sérieux
00:32institut Circana.
00:32Comment c'est possible ?
00:33Eh bien, parce que les prix de la plupart des produits que vous trouvez en rayon, tous les produits emballés,
00:38pour faire simple,
00:38sont fixés entre les distributeurs et les industriels une fois par an au début de l'année.
00:42Donc en théorie, il n'y aura pas de grosse augmentation avant mars.
00:44En attendant, les fabricants industriels absorbent ces surcoûts en rognant sur leurs marges,
00:50comme Nicolas Montserré, qui fait du saucisson et de la saucisse dans le Rhône, mais ça ne sera bientôt plus
00:55tenable.
00:55Le premier achat, c'est la viande de porc.
00:57Depuis fin juillet, le porc a pris entre 40 et 50 centimes, du kilo.
01:03Et après, à côté de ça, les assaisonnements augmentent.
01:05Et en plus, avec le coût de l'essence qui devient inabordable, c'est sûr que c'est un gros
01:10souci.
01:11On n'a pas pris encore des sillons, parce que le problème, c'est qu'aujourd'hui,
01:14il y a des négociations qui vont se faire en fin d'année avec les grandes surfaces.
01:17Donc il faut aussi, pour perdre ses clients, essayer d'en trouver.
01:20Ce n'est pas en mettant des hausses qu'on va trouver des clients.
01:22Donc automatiquement, là, on est encore en réflexion.
01:24Et ce patron, Victor, il est loin d'être le seul.
01:28Oui, tout à fait. Face à la hausse des coûts, beaucoup d'industriels n'ont plus le choix.
01:31Ils ont besoin de réviser leurs tarifs sans attendre la date légale des négociations de décembre à février.
01:37C'est la demande portée par Léonard Prunier, le numéro un d'une fédération
01:42qui représente des fabricants comme le café Malongo ou les chips Bretz.
01:47J'appelle les distributeurs à ouvrir les négociations avec les entreprises qui le demandent.
01:51Il faut se rendre compte que le coût de transport, c'est 30% de hausse en moyenne.
01:54Les emballages, c'est plus de 10%.
01:56Là, on voit, suite à la sécheresse, il y a des augmentations sur les matières premières agricoles.
02:00Dans les autres pays européens, les PME-Di ont déjà réussi à repercuter les hausses de coûts qu'elles ont
02:05eues.
02:05Donc il y a besoin d'ouvrir les négociations pour les entreprises qui en ont besoin, rapidement.
02:09Victor, pour le moment, les enseignes comme Leclerc, Auchan, on les entend ?
02:14Elles font la sourde oreille ?
02:14Non, elles font la sourde oreille.
02:15On n'a aucun intérêt à renégocier maintenant, me glisse un distributeur.
02:20Parce que si lui accepte une hausse des tarifs et que ses concurrents ne le font pas, c'est logique.
02:24Il perdra des clients, c'est la guerre des prix à la française.
02:27Donc si ces prix, probablement, ils n'augmenteront pas de façon substantielle avant mars prochain et la fin des négociations.
02:35Et alors, on sait de combien ils augmenteront en mars prochain ?
02:37Alors, pour l'instant, certains industriels commencent à évoquer des hausses de 3 à 5 %,
02:42mais c'est encore trop tôt pour avoir une tendance fiable.
02:45Les hausses demandées seront en tout cas raisonnables, promet Nicolas Facon.
02:49Lui, c'est le représentant des multinationales comme Danone ou Coca-Cola.
02:52On est en train de parler de quelques centimes par article.
02:55Donc on n'est pas devant une vague.
02:57Ce n'est pas le même phénomène que la hausse des carburants qui touche directement les ménages.
03:01Là, on parle à chaque fois de quelques centimes.
03:03Et c'est quelques centimes qui font vraiment la différence à la fois pour les transformateurs industriels
03:07et aussi pour les producteurs agricoles.
03:10Tous les acteurs du secteur s'attendent en tout cas à des négociations explosives
03:14dans le contexte qu'on connaît en février-mars.
03:16Ce sera en pleine campagne présidentielle.
03:18Merci Victor Joannin.
03:19C'était le choix de la rédaction.
03:20Et on continue d'en parler avec Christophe au 3216.
03:24Bonjour Christophe.
03:25Bonjour Lise.
03:26Christophe, vous êtes agriculteur.
03:28Oui.
03:29Et vous souhaitiez réagir au choix de la rédaction de Victor Joannin.
03:32Oui, par rapport aux annonces de notre ministre.
03:34Déjà, la loi d'urgence, les décrets d'application ne sont toujours pas signés.
03:39Et ensuite, nous, ce qu'on demande, c'est d'arrêter l'agriculture qu'on ne veut pas chez nous.
03:45On nous impose des normes et elles ne sont pas appliquées aux produits qui rentrent.
03:49Et ensuite, que toutes les cantines collectives, on va dire nationales, n'achètent que français.
03:55Donc les cantines scolaires, l'armée, les maisons de retraite, les hôpitaux.
04:01C'est ça, vous produisez quoi ?
04:03Moi, je suis tout petit.
04:04Moi, je fais du vin et du cochon.
04:07En vente directe, uniquement.
04:10Christophe, je pense simplement à des sujets qu'on a pu évoquer cet été.
04:15Est-ce qu'on va avoir assez ?
04:17Est-ce qu'on va avoir assez de choux ?
04:18Les productions d'hiver, tout ce qui a séché sur pied pendant l'été,
04:22est-ce qu'il ne va pas falloir importer ?
04:24Oui, mais ça fait 40 ans qu'on détruit l'agriculture.
04:28Donc le résultat est là aussi.
04:31On manque de main-d'oeuvre.
04:33Aujourd'hui, on n'est plus que 350 000 agriculteurs.
04:36D'ici 2-3 ans, je pense qu'on va en perdre la moitié.
04:39Ce qu'il faut surtout, c'est que les gens se remettent à la terre.
04:43Alors Christophe, vous êtes en vente directe,
04:45mais si on pense plus global, au niveau national,
04:47il faut augmenter les prix pour permettre aux agriculteurs de rentrer dans leurs frais,
04:50d'amortir ce qui peut être amorti après les pertes de l'été ?
04:55Il y a une loi qui est interdite de vendre à pertes.
04:59On n'est pas tout droit.
05:003 à 5%, vous disiez Victor ?
05:01Oui, c'est ce qu'il faut attendre.
05:03Je voyais le message de Nadia qui nous disait merci de votre numéro.
05:067 euros le kilo de tomate, grappe,
05:08samedi chez Intermarché.
05:09À ce prix-là, on est obligé de s'en passer.
05:11Voilà ce que nous dit Nadia.
05:12J'ai vu un prix similaire.
05:13C'était assez surprenant.
05:14C'est vrai, ça va augmenter.
05:15En fait, vous avez peut-être le sentiment que les prix sont déjà hauts,
05:18mais en fait, la hausse n'est pas encore arrivé.
05:20C'est que le début.
05:21Merci Christophe, merci de votre appel au 32 16 ce matin.
05:24On continue d'en parler.
05:25À 7h10, une coopérative agricole qui demande justement
05:27qu'on réévalue les prix,
05:29qu'on augmente les prix pour les agriculteurs.
05:31Et puis Michel-Edouard Leclerc à 8h30 dans le face-à-face.
05:34Il répondra aux questions d'Apolline.
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