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  • il y a 9 minutes
L'éclairage économique de Marc Touati sur un sujet d'actualité.

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Transcription
00:00Marc Toiti avec nous.
00:02Bonjour à tous.
00:03Bonjour Marc.
00:03Il y a eu la révision à la baisse de la croissance de la France par l'INSEE.
00:08Donc l'INSEE a révisé à la baisse notre taux de croissance.
00:12Ça c'était il y a quelques jours.
00:13La France semble aussi affectée par ce que vous appelez ce matin, Marc Toiti, une crise financière.
00:19C'est pas ce que j'appelle, c'est une réalité malheureusement.
00:21C'est vrai que c'est très triste parce que ici même, notamment sur CNews,
00:23quand j'évoquais fin 2025 que l'année 2026 allait être catastrophique,
00:27sur la croissance, sur les taux d'intérêt qui allaient augmenter,
00:30on brillaient au nez.
00:31Non, vous êtes trop pessimiste, tout va bien se passer, il n'y a pas de problème.
00:34On le voit aujourd'hui, c'est pas du tout le cas.
00:36Vous l'avez dit, l'INSEE révis sa prévision de croissance à 0,4%.
00:39La prévision que je faisais il y a 8 mois.
00:41Donc il devrait coûter CNews davantage, peut-être qu'il ferait moins d'erreurs.
00:44C'est incroyable.
00:45Donc c'est en train aujourd'hui d'arriver et malheureusement, on est en train de payer la facture.
00:50C'est ça malheureusement qui va nous coûter très cher.
00:52Le 0,4, c'est sur un an.
00:54Oui, c'est la moyenne de l'année 2026 et en fait, 0,4, c'est même optimiste.
00:58Parce que vu ce qui est en train de se produire aujourd'hui, notamment sur les taux d'intérêt,
01:01c'est rien, on est en stagnation.
01:03C'est-à-dire on frôle la marge d'erreur.
01:04On est même en récession, disons-le très clairement.
01:07Donc c'est ça qui aujourd'hui est extrêmement dangereux.
01:09C'est que malheureusement, on a manqué aux Français.
01:12Et aujourd'hui, les Français se rendent compte de la réalité.
01:14Et maintenant, bien sûr, cette crise financière est en train d'arriver.
01:16Justement, comment elle se matérialise, cette crise financière ?
01:19C'est très simple.
01:20Cette crise financière, on la voit au travers de l'évolution des taux d'intérêt.
01:23Les taux d'intérêt, justement, des obligations d'État.
01:26On l'évoquait tout à l'heure, l'État s'endette et il va sur les marchés pour chercher de
01:29l'argent.
01:29Venez nous prêter.
01:30Et donc, le taux d'intérêt à 10 ans, qui est le taux d'intérêt directeur, si vous voulez, de
01:34la dette publique,
01:35qui était encore de 3,2% en février dernier, il est monté hier à 4,5%.
01:40Vous prenez compte ? 1,3 point d'augmentation en quelques mois.
01:43Ce qu'on appelle un krach obligataire.
01:45Et surtout, on est sur des plus hauts depuis le 22 septembre 2008.
01:50C'était quoi septembre 2008 ?
01:51La crise de Lehman Brothers, la faille de Lehman Brothers.
01:54C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les investisseurs sont inquiétés par ce qui est en train de se passer
01:57en France,
01:58en disant que c'est en train de déraper.
02:00Et alors, c'est incroyable, la Banque de France s'est inquiétée dernièrement, justement,
02:04du rôle des fonds, ce qu'on appelle des hedge funds, des fonds spéculatifs qui détiennent notre dette.
02:09Elle nous dit qu'aujourd'hui, rendez-vous compte, en fait, parce que tout le temps, on se gargarise en
02:13disant
02:13« Oui, mais bon, la dette publique française, ça vend, on arrive à la vende et tout. »
02:15Mais qui achète cette dette aujourd'hui ?
02:1750% des achats, ce sont des fonds spéculatifs.
02:20Donc, justement, c'est très dangereux.
02:22C'est ce qui s'est passé en Grèce.
02:24Et alors, vendredi dernier, c'était jusqu'à présent une rumeur, mais ça a été officialisé.
02:28La banque Goldman Sachs, la banque américaine Goldman Sachs, avec également la banque allemande Deutsche Bank,
02:32nous ont dit qu'ils avaient créé des produits financiers pour spéculer sur la France,
02:38sur l'avenir de la France.
02:39Vous vous rendez compte ? C'est pire qu'en Grèce.
02:41D'ailleurs, quand on regarde les écarts de taux d'intérêt avec l'Allemagne,
02:44on est à quasiment un point d'écart taux d'intérêt.
02:46Ça veut dire qu'il y a bien un mal français.
02:47On a également zéro de point d'écart avec la Grèce.
02:51C'est la honte.
02:52Il n'y a pas un pays dans la zone euro, justement, où il y a des taux d'intérêt
02:54supérieurs aux nôtres.
02:55C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la France est devenue la risée de la zone euro
02:59parce qu'on doit payer plus cher que les autres,
03:01parce que, tout simplement, on ne fait plus confiance en la France.
03:04Et ça, il faut bien le prendre conscience.
03:06Ça fait des mois que je l'annonce ici.
03:07Du menant, tout va bien se passer.
03:09Non, ça y est.
03:09Tout ça, ce n'est pas tombé du ciel.
03:11C'est le résultat des erreurs stratégiques depuis des années de nos dirigeants.
03:15Nous sommes le seul pays à avoir un déficit public aussi élevé dans la zone euro.
03:19Tous les pays font des efforts.
03:20Et nous, non, on continue à faire n'importe quoi.
03:21Et maintenant, voilà, arrive la sanction.
03:23Les taux d'intérêt augmentent.
03:24Quand vous parlez des fonds spéculatifs qui nous prêtent,
03:27ça veut dire quoi ?
03:28Les fonds spéculatifs, c'est quoi ?
03:30Ce ne sont pas les enfants de cœur ?
03:31Les fonds spéculatifs, il y a notamment pas mal de fonds américains.
03:34C'est leur travail.
03:35Eux, c'est pas, par exemple, quand une banque achète
03:37ou quand vous achetez des obligations d'État,
03:39vous les achetez pour 10 ans.
03:40Vous dites, voilà, avec ça, c'est pour un bon rendement, tranquille.
03:43Tous les ans, j'avais un petit rendement.
03:44Là, non, c'est des fonds qui vont spéculer avec la dette publique.
03:46C'est-à-dire, je ne rentre pas dans le détail,
03:47mais c'est des produits effectivement à effet de levier
03:49qui mettent une petite somme pour en acheter davantage.
03:52Et après, ils vont les revendre.
03:53Et évidemment, ça va faire mal sur la dette publique demain.
03:56Et donc, c'est-à-dire que les taux d'intérêt vont encore augmenter, malheureusement.
03:58Marc Toiti, quelles sont les conséquences de ces dérapages
04:00pour la France, pour les Français ?
04:02Voilà, c'est ça le drame, c'est que ça va arriver directement pour les Français.
04:05Ça va les concerner parce que jusqu'à présent,
04:07on disait, bon, la dette publique, c'est loin, tout va bien, ça va.
04:09Non, ça y est, maintenant, c'est concernant
04:10puisque, alors déjà, la charge d'intérêt de la dette va exploser.
04:13On va atteindre à peu près 80, 85 milliards d'euros
04:16dès cette année, juste sur une année.
04:18Et bientôt, 100 milliards d'euros juste pour les intérêts de la dette.
04:21Vous voyez, quand certains disaient, non, la dette publique ne nous coûte rien,
04:23ça va nous coûter très cher.
04:24Et puis surtout, quand les taux d'intérêt augmentent,
04:26tous les taux d'intérêt de tous nos crédits augmentent également
04:28sur l'investissement des entreprises, donc c'est-à-dire du chômage,
04:31sur, évidemment, l'investissement logement des ménages,
04:33donc l'immobilier, sur la consommation.
04:36Donc tout ça fait que, déjà, on l'a dit, il n'y a pas de croissance.
04:38Donc malheureusement, la récession va s'aggraver.
04:40Et donc après, c'est le cercle pernicieux.
04:42Récession, ça veut dire plus de chômage,
04:44ça veut dire également plus de déficit, donc plus de dettes,
04:46nouvelle phase de hausse des taux d'intérêt,
04:47nouveau ralentissement, vous voyez, c'est le cercle pernicieux.
04:50Et malheureusement, on est dedans,
04:51et quand on voit ce qui se passe sur le budget,
04:53on se dit, on ne va pas s'en sortir comme ça.
04:55Donc je ne sais même pas comment ça va se terminer,
04:57c'est eux dans les prochains mois, comment on va arriver jusqu'en 2027.
05:00Voilà le résultat, malheureusement,
05:01des politiques depuis quelques années.
05:04Donc j'ai envie de dire, pour conclure, juste deux mots,
05:06quelle tristesse.
05:06Sous-titrage Société Radio-Canada
05:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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