00:00Petite question sur l'aide à l'Ukraine. Vous avez entendu comme nous, dans le débat politique, on est en
00:04pleine campagne présidentielle,
00:05certains candidats, certains partis qui disent au nom de la sobriété et de l'austérité budgétaire, il faut revoir l
00:11'aide qu'on apporte à l'Ukraine,
00:13la réduire, voire pour certains carrément la supprimer. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
00:16Mais moi je leur réponds que ce serait aller contre les intérêts de la France.
00:19Ce serait aller contre les intérêts de sécurité des Français, contre l'engagement de notre pays aux côtés de nos
00:24partenaires et de nos alliés.
00:25Aujourd'hui, la plupart de ces mécanismes d'ailleurs sont des mécanismes au sein...
00:28C'est irresponsable ?
00:29Oui, ce serait irresponsable et ce serait surtout dangereux, dangereux pour la sécurité des Français.
00:33Aujourd'hui, ces mécanismes sont essentiellement des mécanismes de prêt dans le cadre de l'Union Européenne.
00:39Sur le plan militaire, il y a après beaucoup d'achats d'ailleurs de matériel qui viennent d'Europe.
00:44Moi, quand j'étais ces derniers jours en Ukraine, j'y suis allé avec des entreprises françaises dans le secteur
00:49des drones, de l'espace, des satellites, de la robotique
00:53pour voir la façon dont on peut aussi rapprocher notre base industrielle de défense de celle de l'Ukraine.
00:58On voit aussi l'innovation, l'ingéniosité qui est en cours pour...
01:01Donc c'est aussi une opportunité en termes d'innovation pour nos industriels de pouvoir être présents et d'accroître
01:06leur coopération.
01:07Mais encore une fois, nous défendons...
01:09Il y a une dimension nucléaire aussi qui est nouvelle.
01:11Il y a une dimension nucléaire qui est nouvelle, c'est que la France propose d'élargir la dissuasion à
01:16certains pays européens.
01:17La Finlande vient de dire oui, la Suède dit oui, on discute avec l'Allemagne, on discute avec la Pologne.
01:23Est-ce que ça, c'est quelque chose qui permet de dire clairement à Poutine qu'il y a des
01:29limites, qu'il y a des lignes rouges ?
01:30Au Moscou, on parle comme d'un risque.
01:32Notre pays, je crois qu'il a un rôle de leadership à jouer et qu'il joue actuellement sur ces
01:37questions stratégiques.
01:38On est dans un contexte, encore une fois...
01:39Nous sommes la seule puissance nucléaire de l'Union Européenne.
01:42Vous avez raison de le dire, dans un contexte de menaces et dans un contexte, encore une fois,
01:45avec les questions qui se posent sur l'avenir de la relation transatlantique et de la garantie de sécurité.
01:48À un moment où tous les présidents américains, républicains comme démocrates, disent
01:51il faut que les Européens en fassent plus pour leur propre sécurité, notre priorité, ça va être la Chine.
01:55Nous devons en tirer les conclusions.
01:56Le discours du président de la République à Lilong sur la dissuasion avancée, qu'est-ce qu'il dit ?
02:00Il dit naturellement que la dissuasion française, elle restera toujours 100% française,
02:05dans ses composants, dans la décision finale qui sera toujours celle du chef de l'État.
02:08Mais qu'en revanche, depuis le général de Gaulle, on a toujours reconnu qu'il y avait une dimension européenne
02:13à ce qu'on appelle les intérêts vitaux du pays.
02:15Et que bien sûr, ce qui se passe à nos frontières, ce qui se passe chez nos alliés, nos partenaires,
02:18ça a un impact sur notre sécurité.
02:20Et donc ce qu'on a proposé, c'était effectivement de lancer un dialogue stratégique,
02:25de lancer un dialogue stratégique avec nos voisins,
02:28qui peut se concrétiser par exemple par du positionnement de force de dissuasion française
02:33chez nos partenaires, par des exercices conjoints, par le fait que nos partenaires contribuent
02:37de façon conventionnelle, ce qu'on appelle l'épaulement conventionnel,
02:40par des forces conventionnelles comme...
02:41Est-ce que ça peut se traduire par un partage de la décision ?
02:43Non.
02:44Vous dites non, clairement ?
02:45Non, qu'on soit très clair.
02:46Le président, le chef de l'État a toujours été extrêmement clair là-dessus.
02:49La décision en ce qui concerne la dissuasion nucléaire,
02:51non seulement la décision, mais d'ailleurs tout ce qui vient avant,
02:53c'est-à-dire tous les composants, tout ce qui compose la dissuasion nucléaire,
02:57est 100% française.
02:58Elle sera toujours la décision seule du chef de l'État.
02:59Mais en revanche, la façon dont on peut travailler avec nos partenaires
03:04à des exercices, à l'épaulement conventionnel,
03:06sur les capacités de frappe en profondeur,
03:07sur les capacités d'alerte avancée,
03:10là effectivement, ça contribue à notre sécurité
03:12et bien sûr à celle de nos voisins.
03:14Et encore une fois, je crois qu'on peut s'en féliciter,
03:16c'est le rôle que joue notre pays.
03:17On peut aussi interroger.
03:19Oui, bien sûr, mais je voudrais vous dire quelque chose,
03:21puisque vous me posez aussi la question d'ailleurs sur le débat présidentiel.
03:24Je voyais beaucoup en Europe,
03:25et je vois nos partenaires sont reconnaissants du rôle qui est joué par la France.
03:29reconnaissant à la fois pour l'Ukraine,
03:31mais surtout pour la sécurité de tous les Européens.
03:33Le discours de Lilong sur la dissuasion avancée,
03:35il était attendu par nos voisins.
03:37Il a été accueilli avec énormément d'intérêt,
03:41énormément de gratitude
03:44pour le rôle qui est joué par notre pays.
03:47Donc nous avons une responsabilité particulière.
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