00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Retour sur le plateau et le studio, plutôt le studio Lagardère.
00:08Le studio d'Europe 1, bien sûr, et d'Europe 1 Soir.
00:12Aujourd'hui, effectivement, Bruno Retailleau a pris la parole sur les salaires, le carburant, la mobilisation, le pouvoir d'achat.
00:21Et justement, il s'exprimait depuis le siège des Républicains pour ses propositions économiques.
00:26On écoute Bruno Retailleau.
00:26La situation est plus tenable et nos compatriotes le sentent.
00:30Ils le sentent notamment sur leur pouvoir d'achat et notamment avec les prix de l'essence.
00:35Les premières victimes de cet état de fait, de cet affaiblissement de la France, ce sont ceux qui travaillent.
00:41Parce que ce sont ceux qui travaillent qui doivent mettre quotidiennement de l'essence, du carburant pour faire leur plein,
00:47pour leur voiture, pour aller travailler.
00:48Ce sont les classes moyennes, ceux qui paient tout et qui ne reçoivent rien.
00:52Et pendant que les Français comptent chaque euro, ceux qui les gouvernent ont mis l'État en faillite.
01:00Voilà. Alors, effectivement, ceux qui gouvernent ont mis l'État en faillite.
01:04Alors, c'est assez marrant. Il y a deux trajectoires.
01:07C'est la trajectoire de Jérôme Gage qui, là aussi, d'une certaine manière, alors qu'il est de gauche,
01:12veut remettre la France au travail et veut que le travail paie.
01:15La dignité, encore une fois, est le fil rouge de son livre.
01:18Et là, vous avez Bruno Retailleau qui revient avec des propositions.
01:23C'est à la mode de remettre les Français au travail, Alexandre Malafaille ?
01:26Oui, c'est à la mode de faire des propositions.
01:28On est à quelques encablures d'une élection présidentielle.
01:30Chacun a essayé d'exister dans un espèce de brouhaha permanent assez tumultueux.
01:34Moi, ce qui me fascine, en fait, c'est que tout ça ne sert à rien.
01:38C'est-à-dire que tant qu'il n'y a pas une alternance, tant qu'il n'y a
01:41pas une nouvelle équipe au pouvoir,
01:42tant qu'il n'y a pas des élections, tant qu'il n'y a pas un Parlement constitué,
01:45et en espérant qu'il y ait une majorité, il ne se passera rien.
01:47Donc, en fait, toutes les incantations à augmenter le pouvoir d'achat, à diminuer les charges,
01:51à essayer d'améliorer la vie des Français, ça sera réglé de manière ultra-marginale,
01:55parce que de toute façon, un, le gouvernement n'en a pas les moyens,
01:57deux, il n'y a aucun projet, il n'y a aucune dynamique,
02:00et je ne vois pas quelle voie, d'ailleurs, quels moyens vont-ils trouver au travers du débat budgétaire
02:05qui va s'ouvrir pour arriver à changer véritablement le cours des choses.
02:08Donc, on est dans un temps politique perdu depuis la dissolution de 2024,
02:12qui est cataclysmique en termes de conséquences,
02:15et c'est vrai que les Français vont continuer à subir les coûts des différentes crises.
02:19C'est vrai que là, c'est le pouvoir d'achat.
02:20Les agriculteurs payent très, très cher ce qui s'est passé cet été
02:24avec les différents incendies et les sécheresses qui ont accablé la France.
02:28Et je pense qu'on est vraiment rentré dans une zone rouge,
02:30et quand on entend, en effet, tous les appels à la manifestation,
02:33le retour des gilets jaunes, tout ça ne masque pas la vraie réalité.
02:37Et la réalité, elle est qu'il y a une colère extrêmement profonde dans ce pays,
02:40qui gagne toutes les couches sociales.
02:42Je crois que les gens qui sont aux affaires feraient bien de faire très attention
02:45avec l'électorat et avec le risque, effectivement, là, pour le coup, de l'allumette.
02:48Est-ce que, justement, ce qui est caché dans le sac,
02:52même si on nie farochement à l'Élysée,
02:54ce n'est pas justement une dissolution pour mettre les choses au clair ?
02:57Eric Tegner.
02:58Oui, je pense que déjà, c'est une menace, évidemment,
03:00pour faire en sorte, finalement, de gagner le vote des députés.
03:04Je pense, en revanche, ce qui est important, c'est l'état d'esprit.
03:06L'état d'esprit, par exemple, d'un Breno Rotaillot,
03:08qui dit qu'à un moment, il va falloir remettre, en effet,
03:10de la productivité, de la production dans le pays.
03:12Moi, ce que je note, c'est mon inquiétude, un peu comme vous,
03:14c'est qu'on va arriver très prochainement, d'ici deux à trois ans,
03:17à 100 milliards de charges de dette par an.
03:19C'est-à-dire que l'objectif numéro un,
03:20pour pouvoir réemprunter sur les marchés,
03:23les marchés qui, aujourd'hui, partie de notre dette,
03:25est vraiment détenue par des hedge funds,
03:26qui, en plus, jouent énormément dessus,
03:28avec une volatilité qui est très importante,
03:31avec les Allemands qui, parce qu'ils ont terminé, finalement,
03:34cette politique de rigueur, vont continuer à emprunter massivement
03:37dans les années à venir, ils vont être plus attractifs.
03:39Il va falloir aller chercher de l'argent tout de suite.
03:41Et en règle générale, dans ce genre de cas,
03:43la vache à lait, ce sont les entreprises.
03:45Ce sont les entreprises, c'est-à-dire qu'à chaque fois,
03:47il y a ce sujet de fin de l'exonération,
03:49d'une partie de l'exonération des cotisations patronales,
03:51alors que ce qu'il faut, c'est proposer de la perspective aux employés.
03:54Il faut également faire en sorte, enfin,
03:56de mettre les jeunes, de plus en plus jeunes,
03:58sur le marché du travail.
03:59Quand on parle de la question des retraites,
04:01mais qu'on voit qu'en effet, l'âge moyen de rentrer
04:03sur le premier emploi est de 27 ans en France,
04:05contre 23 en Allemagne.
04:07Là, il y a 4 ans à aller chercher.
04:09Il faut enfin cesser le curriculum vitae habituel,
04:12du faire un master 2, un bac plus 5, etc.
04:15Non, mais ça, c'est de la préhistoire.
04:16C'est de la préhistoire, mais on continue,
04:17on continue à financer cela,
04:19on continue à financer l'université,
04:20à financer des facs de sociaux, etc.
04:22Alors qu'il faut valoriser aussi les marchés, le travail.
04:25Vous commencez à travailler à 16 ans,
04:26vous partez peut-être à 60 ans,
04:28sur l'artisanat qui est bien payé, etc.
04:31Ça paraît basique, ce que je dis.
04:32Mais en fait, régulièrement et systématiquement,
04:35ces bases, eh bien, elles sont totalement balayées.
04:38Les efforts, là, vous avez raison,
04:39il va falloir en faire.
04:40Ça, c'est à peu près inévitable,
04:42compte tenu des chiffres que vous évoquiez.
04:43Les 70 milliards pour l'année prochaine,
04:45l'intérêt de la dette,
04:46une croissance qui est en berne,
04:47on est quasiment à 0, 0,4.
04:49Les Espagnols sont à 2, 6.
04:50Il ne faut pas qu'on nous explique
04:51que c'est qu'une question de démographie.
04:52On a un problème de modèle,
04:53on a un problème de dynamique,
04:54on a un problème de cadre politique,
04:55on a un problème de complexité.
04:56Mais au-delà de tout ça,
04:57il va falloir bien sûr régler ces problèmes-là.
04:58Mais je pense que celui qui pourrait gagner
05:00en proposant un véritable package,
05:02avec des efforts à faire tout le monde,
05:05il faudrait être capable de dire,
05:06mettons, 20 milliards sur les contribuables,
05:08les Français,
05:0920 milliards, y compris les retraités,
05:1020 milliards pour les entreprises,
05:11elles peuvent l'entendre,
05:12et 20 milliards pour l'État.
05:13Et ça, on fait un plan sur 2, 3, 4 ans.
05:16Mais ils font un horizon.
05:17Tout ça, pourquoi ?
05:18C'est quoi le projet politique ?
05:19C'est quoi l'élément qui fait qu'on se dit,
05:22après tout, ça va peut-être être difficile,
05:24c'est pas la rigueur pour la rigueur,
05:25c'est pas la rigueur parce qu'il faut
05:26simplement payer la dette.
05:27C'est comment on sort de ça ?
05:28Et je trouve que pour l'instant,
05:29ce qui manque fondamentalement
05:30dans le débat politique actuel,
05:31c'est qu'il n'y a pas d'horizon.
05:33Personne n'a d'horizon à proposer aux Français.
05:36Il n'y a pas de milleille,
05:37c'est ça que vous voulez dire ?
05:37Il manque une tronçonneuse,
05:38il faut renverser la table ?
05:39Personne n'imagine ce que sera la France
05:41dans 10 ou 15 ans.
05:42Ce fou-là, il est compliqué.
05:44Ce fou-là, il est compliqué.
05:45Moi, vous savez,
05:46je ne crois jamais dans le fait
05:47que lorsqu'on crée un nouvel impôt,
05:49une augmentation de taxes
05:50et qu'on nous dit,
05:51t'inquiète pas,
05:51ça va durer 3 ou 4 ans,
05:53ça soit réel.
05:53Au début, il faut se souvenir,
05:55la CSG qui avait été poussée
05:56par Lionel Jospin,
05:57ça devait être provisoire
05:58et ça devait être originément
05:59pour rembourser la dette.
06:00Alors on voit comment ça a cessé d'augmenter
06:02et ça a été utilisé pour d'autres choses
06:04et en effet, elle est toujours là.
06:05Il faut faire une promesse
06:06au chef d'entreprise,
06:08il n'y aura plus d'augmentation
06:09d'impôts, même déguisés.
06:11En revanche, celui qui doit faire un effort,
06:12c'est l'État.
06:13C'est-à-dire qu'on est le pays
06:14qui dépense le plus d'argent
06:16mais qui n'arrive jamais
06:18à trouver la moindre économie.
06:19C'est quand même un énorme paradoxe.
06:21Et le problème, c'est quoi ?
06:22C'est qu'on nous fait croire
06:23que finalement,
06:24baisser les taxes sur les impôts,
06:25sur les entreprises,
06:26ça serait leur faire une subvention.
06:28C'est totalement faux.
06:29C'est arrêter le racket.
06:30Moi, j'ai l'impression à chaque fois
06:31qu'on a un État
06:32qui est un peu comme cet homme,
06:33peut-être que vous en connaissez,
06:34qui en fait vont perdre
06:35de l'argent au casino
06:36et systématiquement vont aller vous voir
06:38en vous disant
06:38« Si te plaît, prête-moi encore
06:39un peu d'argent, je vais me refaire. »
06:41Et à chaque fois,
06:42ils pensent se refaire
06:42sur votre propre argent
06:43et ils vous expliquent
06:44que c'est pour vous rendre service
06:45parce que c'est comme cela
06:47qu'ils pourra vous rembourser.
06:48C'est cette folie dans laquelle on est.
06:49Non, je ne suis jamais dans le casino,
06:51ce n'est pas pour rien.
06:51Non, mais peut-être que quelqu'un
06:52est venu vous voir
06:53en disant « je vais me refaire ».
06:54C'est déjà arrivé, mais je dis non.
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