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Le secrétaire national du PCF et candidat à la présidentielle, Fabien Roussel, était l’invité du face à face sur BFMTV et RMC ce mercredi 16 septembre.
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00:00Bonjour Fabien Roussel, merci de répondre à mes questions ce matin.
00:03Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous êtes secrétaire nationale du Parti communiste français,
00:07vous êtes par ailleurs maire de Saint-Amand-les-Eaux.
00:10Des questions d'abord sur les colères qui s'expriment, les pêcheurs qui bloquent à nouveau ce matin un dépôt
00:16de carburant.
00:17Vous avez déclaré la semaine dernière, je vous propose de faire la révolution dans la rue avant les urnes.
00:24J'appelle à des mobilisations sur les ronds-points dans les entreprises et moi j'y serai.
00:29Irez-vous ?
00:30Bien sûr, bien sûr et je les soutiens totalement.
00:33Ils ont raison, tous ces travailleurs, tous ces salariés à se mobiliser, c'est même la dignité de la classe
00:38ouvrière.
00:38Et je demande à ce que le gouvernement non seulement entende mais réponde.
00:43Il faut que le gouvernement réponde à cette colère qui monte, qui est profonde,
00:49qui est celle de travailleurs qui ne veulent pas être des travailleurs pauvres.
00:54Le travail doit permettre de vivre, de vivre dignement.
00:56Or, aujourd'hui, le poids de l'énergie, les factures d'énergie, l'essence, le gaz, l'électricité, le poids
01:04des loyers qui pèsent.
01:06Bref, tout augmente, y compris les fruits et légumes.
01:09J'étais à Rungis pour m'en rendre compte.
01:11Tout cela pèse énormément sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens.
01:14On est le 15 du mois, beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui...
01:17Un tiers des Français disent dans le rouge à partir du 15 du mois.
01:20Voilà, déjà dans le rouge.
01:22Et donc, il y a une urgence à répondre à ça.
01:24Ce n'est pas en appauvrissant les Français, en tapant sur leur pouvoir d'achat, que l'on va redresser
01:28la France.
01:29On a besoin d'avoir une économie qui roule, qui tourne, où nos concitoyens, nos concitoyennes puissent consommer.
01:36Et or, aujourd'hui, tout est fait, en tapant dans leur porte-monnaie, à réduire justement la consommation, à réduire
01:42l'activité.
01:43Et c'est ça qui pousse petit à petit notre pays à rentrer en récession.
01:47C'est extrêmement grave.
01:48Et donc, je reviens à l'appel que j'ai lancé.
01:51Moi, je ne souhaite pas attendre les élections présidentielles dans 8 mois pour que ça change.
01:55Mais est-ce que votre rôle, ce n'est pas l'inverse ?
01:57Pardon, Fabien Roussel, mais vous êtes un homme politique.
01:59Est-ce que la réponse à la colère ne doit pas être, dans une démocratie, par les urnes ?
02:03Je voudrais vous faire écouter les propos de François Hollande, que l'on interrogeait précisément sur le rôle des politiques.
02:08Irait-il, lui, comme vous, manifester aux côtés de ceux qui expriment leur colère ?
02:14C'était hier soir sur BFM TV. Voici sa réponse.
02:16J'entends que certains appellent à faire des manifestations ou des cortés.
02:20Non !
02:21Vous pourriez le faire ?
02:21Non !
02:22Vous pourriez y aller ?
02:22Le rôle des responsables politiques, des partis politiques, et a fortiori pour moi qui étais au sommet de l'État,
02:31c'est de faire que des propositions soient émises.
02:34Rien ne vous interdit d'aller manifester.
02:36Non, mais aujourd'hui, chacun doit être dans son rôle.
02:39Mon rôle n'est pas d'aller manifester.
02:41Ce serait quand même un curieux...
02:43Ça pourrait être un signe de soutien.
02:44Non, mais je ne suis pas dans cette démarche.
02:46On peut soutenir, mais ce qu'il faut, c'est trouver des réponses.
02:52Des réponses et ne pas attiser en quelque sorte les colères.
02:56Est-ce que vous êtes dans votre rôle, à la fois candidat à l'élection présidentielle et appelant à une
03:00révolution avant les urnes ?
03:02Le rôle des responsables politiques, c'est d'apporter des réponses à son peuple, à ceux qui souffrent, et notamment
03:09là, aujourd'hui, à ceux qui travaillent, qui nous nourrissent.
03:12Je pense aux pêcheurs, mais aux agriculteurs qui n'ont plus de foin, là, pour leur élevage, par exemple.
03:16Et donc, il y a besoin d'apporter des réponses urgentes.
03:19Et c'est pour ça que moi, en tant que candidat à l'élection présidentielle, mais en tant que responsable
03:23politique,
03:24je ne veux pas me projeter, sur le mois de mai, les élections présidentielles.
03:29Je souhaite que l'on apporte des réponses à nos concitoyens maintenant.
03:32Or, nous avons un gouvernement qui ne veut pas entendre ce qui se passe dans la rue,
03:37voire même pire que ça, qui continue à mettre sur la table des propositions
03:41qui vont pénaliser le pouvoir d'achat des Français, les taxer encore plus fortement,
03:46alors que c'est tout l'inverse qu'il faut faire.
03:48Ces manifestations, elles obtiendraient quoi ?
03:50Comment on pèse sur le gouvernement pour qu'il change, qu'il change de braquet,
03:54et qu'il arrête d'accompagner les premiers de cordée,
03:59qui est la grande théorie du ruissellement du président de la République,
04:02qu'on mette fin à cette politique ?
04:03D'ailleurs, les Français n'en peuvent plus de cette politique du président Macron.
04:06Ils n'attendent qu'une seule chose, c'est qu'ils s'en aillent.
04:08Qu'est-ce que vous vous proposez ?
04:09Mais c'est maintenant qu'il faut que ça change.
04:11Qu'est-ce que vous vous proposez ?
04:12Tout de suite, sur l'énergie, sur l'électricité, sur le gaz,
04:17nous proposons, nous demandons à ce qu'il y ait une baisse de la TVA immédiate
04:21de 20 à 5,5%.
04:24C'est la possibilité...
04:25C'est-à-dire considérant que le carburant est un produit de première nécessité,
04:28ce qui justifierait que sa TVA ne soit qu'à 5,5%.
04:31Tout à fait.
04:32Et d'ailleurs, c'est le gouvernement qui est responsable de la hausse,
04:35en partie, des prix des factures d'électricité,
04:38parce que c'est ce gouvernement qui a augmenté la TVA
04:41en la faisant passer de 5 à 20.
04:42Faire passer la TVA à 5,5, ça met un peu de temps.
04:45Il y a une autre proposition que même Michel-Edouard Leclerc proposait
04:48hier matin à ce micro.
04:49Il disait que le gouvernement peut décider d'un claquement de doigts,
04:52et ça pourrait être appliqué à partir de lundi à la pompe,
04:55d'ajourner, en tout cas, les fameux certificats d'énergie,
04:59c'est 15 à 20 centimes.
05:00J'y viens, c'est la deuxième proposition que j'ai formulée.
05:03Mais celle-là est plus rapide dans le temps,
05:05donc vous auriez pu commencer par ça.
05:06La baisse de la TVA, ça peut permettre de faire baisser
05:09de 30 centimes à peu près le prix à la pompe.
05:12Simplement, je reprécise, la baisse de la TVA,
05:14ça passe par la loi, et donc c'est évidemment beaucoup plus long.
05:16Oui, mais écoutez, moi j'appelle à l'état d'urgence énergétique.
05:20Il y a besoin aujourd'hui de prendre des mesures d'urgence.
05:25Quand nous étions, pendant l'épidémie de Covid,
05:31quand nous avons subi des attaques terroristes,
05:34nous avons pris des mesures d'urgence.
05:36Aujourd'hui, nous subissons une crise énorme
05:40qui pèse sur le travail de nos concitoyens,
05:43sur les salaires, sur l'activité économique.
05:45Il y a besoin de prendre des mesures d'urgence,
05:47et c'est pour ça que moi je déclarerai l'état d'urgence énergétique.
05:51Il y a besoin tout de suite de redonner des marges de manœuvre
05:54à nos entreprises et aux Français,
05:56en allégeant la facture énergétique.
05:59L'essence, les certificats d'économie d'énergie
06:02pèsent aux alentours de 10 à 15 centimes par litre.
06:06La TVA, en la baissant, on peut gagner 30 centimes.
06:09Quand j'additionne les deux, ça fait 45 centimes du litre
06:12que l'on peut aujourd'hui baisser immédiatement.
06:16Et puis il y a les factures d'électricité, de gaz.
06:18Excusez-moi, j'y reviens.
06:19Parce que je reçois moi dans mes permanences
06:22des gens qui me disent
06:23on ne peut plus payer le loyer, les loyers augmentent.
06:25Quand je regarde les loyers,
06:26c'est la facture énergétique qui a explosé
06:29ces dernières années depuis la guerre en Ukraine.
06:31Et ce qui fait qu'entre des loyers
06:33qui augmentent de 20% en moyenne
06:35ces cinq dernières années,
06:37des prix à la pompe qui augmentent aussi,
06:39puis vous ajoutez les fruits et légumes,
06:42les tomates, on dit aux Français,
06:43il faut manger sain, attention.
06:44Mais ils ne peuvent plus.
06:45Et donc, cette colère, elle doit s'entendre,
06:49mais il faut surtout y apporter des réponses.
06:50C'est pour ça que c'est une forme de révolution
06:52à laquelle j'appelle.
06:53Parce qu'effectivement, il faut changer de logique.
06:55Est-ce qu'on s'était trompé quand on entendait
06:57dans vos mots, j'appelle à faire la révolution,
06:59plutôt une révolution dans la rue ?
07:01Ben, si le gouvernement n'entend pas
07:04et qu'il continue à proposer des remèdes douloureux,
07:09oui, j'appelle à de grandes mobilisations dans la rue.
07:13Hier, j'étais avec les énergéticiens
07:15qui défendent leur fondeur d'achat.
07:17Le statut, le statut d'agent de GDF et de EDF.
07:20Ils défendent le fait qu'en remettant en cause
07:23le tarif agent qu'ils ont sur l'électricité...
07:25Je rappelle qu'ils payent 10% du prix normal
07:29de l'électricité ou du gaz.
07:29Dans chaque profession, il y a des avantages
07:31liés à la profession.
07:33Et ceux qui n'en ont pas devraient en avoir.
07:35Eux, ils en ont un qui existe depuis 80 ans.
07:39Supprimer cet avantage, c'est perdre du pouvoir d'achat.
07:42Je défends tous les salariés,
07:43que ce soit les policiers qui ont manifesté hier,
07:45que ce soit aussi les pêcheurs,
07:47que ce soit les personnels de santé.
07:49Et demain, il va y avoir des mobilisations importantes,
07:52je pense, à cette convergence
07:53de tous ces salariés de la fonction publique,
07:56des pompiers qui vont se réunir
07:57le 29 septembre prochain.
07:59Cette première grande manifestation
08:01va être essentielle, déterminante.
08:04Plus nous serons nombreux dans la rue,
08:06plus nous serons nombreux,
08:07plus le gouvernement va devoir prendre conscience
08:10que s'il n'agit pas,
08:11la colère va exploser.
08:13Le 29 septembre ?
08:14Non, mais je vais aller jusqu'au bout.
08:16Moi, je préfère que le gouvernement apporte des réponses
08:19et que la colère sociale, ça pèse.
08:22Et ensuite, on va régler dans les urnes
08:24la France dans laquelle nous voulons vivre.
08:27Projet contre projet.
08:29Mais aujourd'hui, il y a une colère sociale
08:30qui doit être entendue.
08:32Les Français souffrent.
08:33Ils meurent à petit feu.
08:35La pauvreté augmente.
08:36Le 29 septembre, vous serez dans la rue.
08:37Il est urgent.
08:37Le 29 septembre, vous serez dans la rue.
08:39Mais bien sûr que j'y serai dans la rue.
08:41Mais je vais même, dans les jours qui viennent,
08:44moi-même prendre des initiatives avec mon parti
08:46pour interpeller le gouvernement.
08:49Lesquelles ?
08:49Est-ce que vous avez déjà des formes de...
08:51Vous le verrez bien assez tôt.
08:53Mais en tout cas, nous prendrons nous aussi des initiatives.
08:55J'appelle chacun, dans chaque département,
08:58dans chaque région, à se mobiliser
08:59devant les lieux de pouvoir,
09:01les sous-préfectures, le siège de Total,
09:05devant les ministères.
09:06Il va falloir que l'on s'organise tous ensemble.
09:09Et plus nous serons nombreux, mieux sera.
09:09Peuvent-ils garder le blocage ?
09:11Hier, ils ont été assez rapidement délogés,
09:13les pêcheurs, à fausse-sur-mer.
09:14Ils ont repris un blocage ce matin dans les rots.
09:18Est-ce que vous leur dites « tenez bon » ?
09:20Oui, je leur dis « tenez bon ».
09:21Et je leur dis « tenez bon » face à toutes les provocations
09:24et tous les propos qui pourront être tenus contre vous.
09:29Parce que j'entends déjà « on va prendre les Français en otage »,
09:33« c'est jeter de l'huile sur le feu », etc.
09:36À chaque fois, quand les Français manifestent leur mécontentement
09:40parce qu'ils se font taxer par tous les bouts,
09:42parce qu'ils n'arrivent plus à payer leurs factures, leurs courses,
09:46eh bien, on les pointe du doigt en disant « taisez-vous, payez ».
09:49C'est fini ça. C'est fini.
09:51Et je ne veux pas qu'on attende les élections présidentielles
09:53pour que ça bouge.
09:54C'est pour ça que je veux être, moi, un candidat en lutte.
09:57Quelqu'un qui aussi...
09:59Moi, je fais le choix de la barricade
10:03et du côté où je veux être.
10:05Je veux être avec ceux qui se battent.
10:06Vous faites le choix de la barricade ?
10:07Un homme qui est candidat à l'élection présidentielle dans une démocratie,
10:10dis-moi, je fais le choix de la barricade ?
10:11C'est que quand il y a des barricades qui se montent,
10:14on doit choisir de quel côté on se met.
10:16Et moi, je sais de quel côté où je serai.
10:18Quand il y a un piquet de grève qui se monte,
10:20je sais de quel côté je suis.
10:22Il y a ceux qui forcent le piquet de grève et il y a ceux qui le tiennent.
10:25Moi, je veux être du côté de celles et ceux qui se battent aujourd'hui
10:28pour défendre leur dignité, leur pouvoir d'achat, leur pouvoir de vivre.
10:32Vous vous imaginez qu'aujourd'hui, dans notre pays,
10:34ces travailleurs, ces pêcheurs qui se battent,
10:37c'est pour ne pas être des travailleurs pauvres.
10:40Nous voulons, nous, avoir des travailleurs qui vivent dignement
10:44de la richesse qu'ils produisent.
10:46Et c'est pour cela que, oui, j'appelle à ce que l'on se mobilise maintenant
10:51parce que ce gouvernement envisage encore des remèdes terribles
10:55de taxer les retraités.
10:56On y vient, la question du budget, les retraités.
10:59Hier, ce même François Hollande défendait sa proposition
11:02pour précisément que le travail paye mieux.
11:05Là-dessus, vous êtes d'accord sur le constat.
11:07Il dit, pour alléger, voire supprimer, la part des cotisations salariales
11:13qui pèsent sur le salaire des travailleurs,
11:16il vaut mieux augmenter la TVA, la passer progressivement de 20 à 24%
11:21et, dans le même temps, la faire passer à zéro
11:24sur tous les produits de première nécessité.
11:25Ce vase communiquant entre, en gros, ce qui pèse sur le salaire
11:29et ce qui pèse sur la consommation, vous en dites quoi ?
11:32Je dis que c'est une très mauvaise idée.
11:34Et on connaît les remèdes de François Hollande,
11:37qui a été président de la République de 2012 à 2017
11:40et qui a pris beaucoup de mesures pour, comme on dit, alléger le coût du travail,
11:46c'est-à-dire donner des cadeaux fiscaux aux entreprises, aux grandes entreprises,
11:52en espérant qu'ils embaucheraient derrière.
11:54Ça ne s'est pas produit.
11:55Aujourd'hui, ils continuent de proposer le même remède,
11:59c'est-à-dire de rapprocher le brut du net dans les salaires.
12:04Ce serait pas mal quand même, non ?
12:05Il y a un certain nombre de personnes qui nous écoutent qui seraient enchantées
12:07d'avoir le brut qui se rapproche du net.
12:10Laissez-moi aller jusqu'au bout.
12:12Et de l'autre côté, d'augmenter la TVA.
12:15Ça, c'est un jeu de bonnes taux pour ceux qui jouent.
12:17C'est je te donne d'un côté, mais je prends de l'autre.
12:20Et d'ailleurs, encore une fois, je pense aux entreprises, aux TPE, aux PME.
12:23Quand elles vont voir la TVA augmenter, quand elles vont voir les prix augmenter,
12:29ils ne vont pas s'en sortir eux aussi.
12:30Donc les Français vont payer plus cher parce que la TVA va augmenter.
12:34Ensuite, rapprocher le brut du net.
12:36Mais enfin, il faut aller jusqu'au bout de la logique.
12:39Si demain, il n'y a plus de salaire brut qui est un salaire différé, socialisé,
12:44c'est la retraite, c'est l'assurance maladie, c'est la sécurité sociale,
12:47c'est la carte vitale, ce que l'on paye avec le brut.
12:50Demain, ça veut dire qu'il n'y a plus de carte vitale.
12:52Et il faudra la remplacer par l'American Express, sa carte bleue,
12:56pour aller se soigner quand on a une maladie grave, un cancer ou autre.
12:59Ça veut dire que demain, il n'y aura plus de pension de retraite garantie
13:02parce qu'il faudra capitaliser.
13:04Et donc, plus de brut, ça veut dire plus de sécurité sociale.
13:09Ceux qui proposent ça demandent la privatisation de la sécurité sociale.
13:13Et nous, nous disons non, c'est un choix de société.
13:15Mais que les Français puissent en débattre clairement
13:18entre le modèle libéral qui propose de supprimer la sécurité sociale
13:23et nous qui demandons à la protéger au contraire.
13:26Défendu par les uns ou par les autres et débattu.
13:28Et honnêtement, c'est de très bonne augure.
13:30Il y a véritablement des propositions très concrètes de vous tous.
13:34Une question aussi sur le logement.
13:36C'est au cœur des préoccupations des Français.
13:38Sur le logement, Marine Le Pen a voulu en faire le thème numéro un,
13:41un peu comme elle avait fait le pouvoir d'achat il y a quelques années.
13:44Mais sur le fond, vous êtes d'accord ?
13:45Vous partagez l'idée que le logement doit être une cause importante, prioritaire ?
13:50Je suis content que vous le soulignez.
13:52Moi-même, j'en fais un élément de ma campagne important.
13:56Je l'ai dit parce que le logement pèse de plus en plus
14:00dans le pouvoir d'achat des ménages, dans le budget des ménages.
14:03Dans les permanences que je tiens, je reçois plus de personnes
14:06qui ont des problèmes de logement que des problèmes d'emploi.
14:08D'ailleurs, il y a aujourd'hui 3 millions de personnes mal logées en attente d'un logement.
14:13On n'en construit pas assez.
14:14Et donc, en preuve...
14:14Faut-il donner priorité à ceux qui ont la nationalité française ?
14:18Il y a la question du coût et il y a la question de l'accessibilité.
14:22Il manque de logements.
14:23La priorité, ce n'est pas la préférence nationale.
14:26La priorité, c'est de construire des logements pour que tout le monde puisse être bien logé.
14:31Et alors là, je vais me mettre à la place d'un employeur
14:36ou, moi en tant que maire, quand dans ma ville,
14:40j'ai deux personnes qui travaillent pour ramasser les poubelles
14:44ou dans une entreprise du bâtiment.
14:47L'une qui a la nationalité française
14:49et l'autre qui est un travailleur immigré qui a une carte de séjour
14:52qui est là depuis 10 ans, 20 ans.
14:54Et qui, tous les deux, demande à logement.
14:56Je dois les distinguer en fonction de leur nationalité ?
14:58Alors que tous les deux travaillent, cotisent, participent à la richesse du pays.
15:03Et donc, je dois faire une différence.
15:05Mais vous vous rendez compte ?
15:06Enfin, ils sont collègues, ils vivent ensemble,
15:10leurs enfants vont à l'école ensemble
15:12et on va faire de la ségrégation en fonction de la nationalité.
15:17Mais c'est une forme d'apartheid que Mme Le Pen veut créer dans notre pays.
15:21C'est ça l'essentiel.
15:22Alors que le problème, le problème,
15:23quand il y a 3 millions de demandeurs de logement
15:25et que, justement, on a coupé les robinets des bailleurs sociaux
15:29et que l'on ne construit pas assez de logements.
15:32Moi, je suis confronté à ça.
15:33On ne construit pas assez de logements.
15:34Elle, elle veut supprimer la loi SRU
15:36qui impose la construction de logements
15:42aux communes qui ne veulent pas en construire.
15:45Claire Roussel, vous dites que c'est de la ségrégation, c'est honteux.
15:49Maintenant, je vais aller jusqu'au bout du rôle dans lequel vous vous êtes mis.
15:52Vous dites, moi, je suis le maire et j'ai deux dossiers
15:54de deux personnes qui ont la même vie,
15:56qui partagent le même quotidien,
15:59qui ont le même job, l'une à la nationalité française,
16:01qui ne l'a pas, et qui payent des impôts.
16:03Il y a un seul logement, vous faites quoi ?
16:04Vous tirez au sort ?
16:05Vous lancez une pièce en l'air ?
16:07Comment vous faites ?
16:07Mais non, mais je vais dire à nos concitoyens comment ça se passe.
16:10C'est que dans les commissions d'attribution des logements,
16:12il y a quatre interlocuteurs.
16:13Il y a le préfet qui vient avec ses dossiers d'urgence
16:15et qui vient mettre dans ma commune des personnes qui y sont d'ailleurs.
16:20Il y a le bailleur qui vient avec ses propres urgences.
16:23Il y a les employeurs, actions logement,
16:25parce que tout le monde cotise quand on a dans une entreprise
16:29de plus de 50 ans.
16:29Donc ce que vous dites, c'est qu'il ne faut pas choisir.
16:31Et il y a la ville.
16:32Et donc moi, je représente une voix sur quatre
16:35pour défendre un logement.
16:36Et donc ce que je regarde,
16:37moi je privilégie les habitants de ma commune.
16:39Je défends d'abord les dossiers de ma commune.
16:41Et on regarde l'urgence.
16:43Il y a des personnes qui sont sans domicile,
16:45avec des enfants, à la rue.
16:46Il y a des personnes qui se sont séparées.
16:50Et puis il faut un logement pour les deux couples,
16:53pour les deux personnes.
16:54Et vous faites preuve le plus possible d'humanité.
16:55Mais bien sûr.
16:56Et donc c'est d'abord ça que l'on regarde.
16:57C'est comme ça que vous sélectionnez.
16:59Fabien Roussel, la fête de l'Huma,
17:01c'est censée être votre truc.
17:02C'est-à-dire la fête de l'Huma,
17:03c'est vous qui l'organisez,
17:03c'est le Parti communiste.
17:05Et dans cette fête de l'Huma,
17:06j'allais dire chez vous,
17:07sur votre terrain,
17:09il y a eu ces slogans, ces cris.
17:11Non, Roussel n'est pas un camarade.
17:14Outre les slogans sur
17:15« Tout le monde déteste le PS »,
17:17non, Roussel n'est pas un camarade.
17:19Comment vous avez vécu ça ?
17:21D'abord, moi j'ai vécu une belle fête de l'Huma.
17:24Les communistes qui tiennent les stands,
17:27qui les montent, les démontent,
17:28ont accueilli 570 000 spectateurs.
17:31C'est le plus gros festival,
17:33la plus grosse fête politique en Europe.
17:34Est-ce que vous n'avez pas trouvé ça un peu ingrat
17:36que vos invités, en quelque sorte,
17:39vous insultent ?
17:40Je vais répondre à votre question.
17:41Je vais y répondre.
17:42Ce que je sais, c'est que moi,
17:43j'ai fait un meeting
17:45devant 40 000 personnes,
17:47devant 40 000 personnes,
17:48et il n'y a pas eu d'insulte
17:50envers qui que ce soit à gauche.
17:52Et c'est certainement une différence
17:54qu'il y a entre nous,
17:56et puis certains à la France Insoumise
18:01qui préfèrent insulter
18:02les autres forces de gauche.
18:04Moi, je n'ai pas d'adversaire à gauche.
18:07Je souhaite au contraire
18:08parler des problèmes des Français,
18:10m'attaquer à la responsabilité du gouvernement,
18:12de total,
18:13dans ce que nous vivons aujourd'hui.
18:15Et puis, je vais vous dire autre chose,
18:17c'est que je débute ma campagne,
18:19maintenant,
18:20et je vais voir ce que vont donner les sondages.
18:22Mais si, moi, demain,
18:25je suis à 15-16%,
18:28eh bien, je ferai tout
18:29pour qu'on se rassemble.
18:31Je ferai tout pour qu'il n'y ait pas d'insulte
18:34contre les autres forces,
18:36les autres candidats de gauche.
18:37Je ferai tout pour créer une dynamique.
18:39Je crée l'esprit du rassemblement,
18:42du travail ensemble.
18:43Je respecterai chaque candidat
18:44parce que je considère
18:45que nous avons des différences.
18:46Nous avons des différences de fond
18:48et de forme.
18:49Mais je préfère que les Français
18:50choisissent et soient libres de choisir.
18:52Est-ce que vous considérez aujourd'hui
18:53que cette attitude
18:54qui a été en effet
18:55celle des militants LFI
18:58à votre endroit
18:58et à l'endroit du PS,
19:00c'est le poison de la division ?
19:01Bien sûr.
19:02Et ça ne concourt pas
19:03au fait que demain,
19:05il puisse avoir
19:06les rassemblements les plus larges.
19:08Et puis, ce qui doit compter...
19:09Mais si demain,
19:09ce n'est pas vous
19:10qui êtes à 15-16%,
19:11mais comme c'est le cas aujourd'hui,
19:13Jean-Luc Mélenchon,
19:15irez-vous le soutenir ?
19:16Eh bien, écoutez,
19:17moi, je vais attendre
19:17ce que sera demain.
19:19Et c'est pour ça que j'appelle
19:20nos concitoyens et nos concitoyennes
19:22à faire les bons choix
19:23au premier tour.
19:24Et qu'en fonction de la force
19:26à gauche
19:27qui arrivera en tête,
19:29eh bien,
19:29c'est un autre état d'esprit.
19:30Mais en tête de quoi ?
19:31En tête des élections, là.
19:33En tête de quoi ?
19:33Non, mais en tête de quoi ?
19:34En tête des sondages ?
19:36En tête des intentions de vote
19:38et du résultat du premier tour.
19:40Ce qui va peser, c'est ça.
19:42Et qu'en fonction...
19:42Vous allez attendre le premier tour ?
19:44Vous n'envisagez pas avant cela
19:46de vous dire,
19:47je ne sais pas si à gauche,
19:49un Olivier Faure ou un Raphaël Glucksmann
19:51montent côté PS
19:52ou un Jean-Luc Mélenchon
19:53s'installe très haut ?
19:54Non, non, non.
19:55Vous resterez malgré tout candidat ?
19:56Quand on se présente
19:57à une élection présidentielle
19:58avec un projet de société,
20:00avec des propositions
20:01qui, nous, nous distinguent
20:03sur des sujets aussi importants
20:04que le poids de la guerre,
20:06de l'économie de guerre
20:07sur notre pays
20:07ou la question de l'énergie
20:09et la bataille que la France
20:10devrait mener
20:11sur la question énergétique,
20:13sur ces deux questions,
20:14par exemple,
20:14qui sont pour nous essentielles
20:15et où nous distinguons.
20:16Nous avons un vrai projet de société
20:18qui fait que, bien sûr,
20:19nous irons le défendre
20:20auprès de nos concitoyens
20:21jusqu'au premier tour.
20:22Et ce qui sera important
20:23pour les Françaises et les Français,
20:24c'est justement de voir
20:25qui, à gauche,
20:27ils aimeraient voir arriver en tête
20:29pour les représenter le mieux.
20:30Il faut poursuivre cet effort de guerre ?
20:31Fabien Roussel,
20:32il faut le poursuivre,
20:33cet effort de guerre ?
20:33Ou au contraire,
20:34il est trop pesant sur notre économie ?
20:35Il est trop pesant sur notre économie.
20:36Et justement, moi je dis
20:37qu'il faut aujourd'hui
20:39mettre un stop
20:40sur l'économie de guerre,
20:41mettre un stop
20:42sur le surarmement
20:44de la France
20:45et de l'Union Européenne
20:47qui fait que la planète...
20:48Dans le moment actuel,
20:49dans le moment de menace actuelle,
20:52lorsque vous entendez
20:53le chef d'état-major des armées
20:54qui dit qu'il faut se préparer
20:55potentiellement
20:55à une confrontation avec la Russie,
20:57lorsque vous voyez
20:58les drones et les provocations russes
20:59sur le sol
21:00ou sur le ciel européen,
21:02vous dites
21:02qu'on arrête de s'armer.
21:04Je dis tout simplement
21:05que si la France continue
21:08de préparer les esprits
21:09à une guerre
21:10à haute intocité,
21:11si la France continue
21:12à se surarmer
21:13et à faire peser
21:14le prix de ce surarmement
21:16sur le pouvoir d'achat
21:17des Français,
21:17je préfère moi
21:18qu'on investisse
21:18dans les hôpitaux
21:19et les écoles
21:20pour nos agriculteurs
21:21plutôt que de construire
21:22des bombes.
21:23C'est clair pour moi.
21:24Si les bombes tombent
21:25sur nos hôpitaux
21:26et nos écoles...
21:26Non, c'est un choix.
21:27Non, c'est pas ça.
21:28Justement.
21:28Mais vous-même,
21:29vous êtes en train
21:29de vous faire polluer la tête,
21:31Madame de Malherme.
21:31Excusez-moi.
21:32Mais à force
21:33de nous préparer
21:34à l'état d'esprit
21:35de la guerre,
21:36chacun va vouloir
21:37participer
21:38à l'escalade guerrière.
21:39Or, c'est tout l'inverse
21:40qu'il faut faire aujourd'hui.
21:41L'OTAN veut nous emmener
21:42dans un conflit
21:43de haute intensité.
21:44Les Etats-Unis
21:45vont tout faire
21:46pour que le conflit
21:47s'enlise ici en Europe.
21:48C'est l'OTAN
21:49qui veut nous emmener
21:49dans ce conflit,
21:50c'est pas plutôt Poutine ?
21:51Je ne fais aucune confiance
21:53à M. Trump
21:53dans ses négociations
21:54avec M. Poutine.
21:55Tout cela contribue
21:57à faire augmenter
21:57les prix de l'énergie,
21:58à nous faire priver
21:59du gaz russe,
22:00à faire en sorte
22:00que l'Arabie Saoudite
22:01et la Russie...
22:02Il faudrait acheter
22:03le gaz russe ?
22:03Mais écoutez,
22:04vous ne voyez pas ?
22:05Non, mais vous dites
22:06que ça nous prive
22:07du gaz russe ?
22:08Moi, ce que je souhaite,
22:09c'est qu'on retrouve
22:11un esprit
22:12de sécurité collective
22:13et de paix en Europe...
22:14Je crois que tout le monde
22:15demande cela.
22:16Non, mais non,
22:17parce que quand on investit
22:18dans la guerre,
22:19quand on participe
22:20à l'escalade guerrière,
22:21y compris dans les mots,
22:22quand on prépare un pays
22:23comme la France,
22:24puissance nucléaire,
22:25à un conflit
22:26de haute intensité,
22:27nous, nous tirons
22:28la sonnette d'alarme.
22:29Le peuple français
22:30a peur du bruit des bottes
22:31qui montent aujourd'hui
22:32dans notre pays.
22:32Nous ne voulons pas de ça
22:34et nous voulons au contraire
22:35une diplomatie de la paix
22:37et que ça arrive
22:38le plus vite possible.
22:38Merci Fabien Roussel
22:39d'avoir répondu
22:40à mes questions.
22:41Candidat à l'élection présidentielle
22:42et secrétaire nationale
22:43du Parti communiste français
22:448h52 sur RMC et BFM TV.
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