00:00Je vous ai parlé tout à l'heure d'Henri Ferté. Alors, qui est Henri Ferté ?
00:03Il est né en 1926, il est mort en 1943, il est lycéen en classe de seconde au lycée Victor
00:08Hugo à Besançon.
00:09Il est arrêté par les Allemands le 3 juillet 1943, il est condamné à mort par le tribunal militaire de
00:15la Feld-Commandant-Tour,
00:17560, pour fait de résistance, et il est exécuté le 26 septembre 1943.
00:22Et le président de la République a une excellente idée, puisqu'il a donné le nom d'Henri Ferté
00:29à la promotion du service national universitaire.
00:31Exactement.
00:32Et c'est une lettre qu'il a écrite à 16 ans, et effectivement on se dit, est-ce qu
00:36'un gosse de 16 ans aujourd'hui pourrait écrire ça ?
00:39Alors je ne vais pas vous lire toute la lettre, mais, chers parents, donc c'est une lettre, il va
00:43être exécuté.
00:44C'est un peu comme la lettre de Guy Moquet d'ailleurs.
00:47Chers parents, ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si plein de courage,
00:51que je n'en doute pas, vous voudrez encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.
00:57Il dit, je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux.
01:02Non pas une France orgueilleuse, première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.
01:06Que les Français soient heureux, voilà l'essentiel.
01:09Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.
01:11Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu'au bout.
01:15Et je chanterai, cambre, émeuse, parce que c'est toi, ma chère petite maman, qui me l'a apprise.
01:22Avec Pierre, soyez sévère et tendre, vérifiez son travail et forcez-le à travailler.
01:27N'admettez pas de négligence, il doit se montrer digne de moi.
01:31Sur trois enfants, il en reste un, il doit réussir.
01:35Les soldats viennent me chercher, je hâte le pas, mon écriture est peut-être tremblée,
01:39mais c'est parce que j'ai un petit crayon.
01:41Je n'ai pas peur de la mort, j'ai la conscience tellement tranquille.
01:45Papa, je t'en supplie, prie, songe que si je meurs, c'est pour mon bien.
01:51Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là ?
01:54Je meurs volontairement pour ma patrie, nous nous retrouverons tous les quatre, bientôt au ciel.
02:00Qu'est-ce que s'entend ?
02:01Maman, rappelle-toi, et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs,
02:06qui après leur mort auront des successeurs.
02:09Adieu la mort, ma pelle.
02:10Je ne veux ni bandeau, ni être attaché.
02:13Je vous embrasse tous, c'est dur, quand même de mourir.
02:16Mille baisers, vive la France.
02:18Un condamné à mort de 16 ans, Henri Fertet.
02:21Excusez les fautes d'orthographe, pas longtemps de relire.
02:25Expéditeur, Henri Fertet, au ciel, près de Dieu.
02:33C'est bouleversant et ça finit par excuser les fautes d'orthographe.
02:37En pleine débâcle du PISA, ça rappelle quand même que la langue française est co-substantielle à l'idée de
02:42France.
02:43Quand on entend dire que l'orthographe est fasciste, la grammaire nazie, la syntaxe élitiste, etc.
02:49Quelqu'un qui aimait la France est la langue française.
02:51On ne peut pas séparer l'un de l'autre.
02:54Effectivement, est-ce que quelqu'un de ces ans peut écrire cette lettre-là aujourd'hui ?
02:57C'est un vrai débat.
02:58Elle pourrait être lue d'ailleurs dans les écoles, mais vraiment, c'est une initiative qu'a le Président de
03:03la République qu'il faut saluer.
03:04Une initiative magnifique.
03:05Qu'il faut saluer.
03:07Alors, dans l'actualité, avant de parler d'Annie...
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