00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:0312h45 sur Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:05Dernière partie avec vos invités en studio.
00:08Christine, Olivier Vial, directeur du CIRUS, centre d'études et de recherche universitaire.
00:12Et Nicolas Conquer, porte-parole des Républicains Overseas en France.
00:17Absolument, nous sommes sur un sujet capital vers la fin du rookiesme.
00:20C'est une question qu'on se pose, Olivier Vial.
00:22Je reviens vers vous, je me retourne vers vous.
00:24Nicolas Conquer, porte-parole des Républicains Overseas en France.
00:27Question, alors, go walk, go broke.
00:30Les entreprises ont-elles compris que le militantisme leur faisait perdre de l'argent, oui ou non ?
00:35Alors, il faut avoir conscience que ce n'est pas uniquement un risque d'argent,
00:38mais il y a des gros risques réputationnels,
00:40mais davantage aussi sur la compétitivité, l'innovation et la culture d'entreprise.
00:44Vous vous aliénez une partie de vos employés.
00:47Vous allez vous détourner de certains de vos clients si vous imposez une idéologie.
00:51Et à l'heure actuelle, ces entreprises doivent se contenter d'une neutralité
00:56plutôt que de vouloir faire de l'idéologie.
00:57C'est une distraction pour les entreprises de s'occuper de politique.
01:00Ce n'est pas ce qu'on attend d'eux.
01:01Et en soi, si d'ailleurs, il faut vraiment voir ça au niveau de la société,
01:03c'est que ça contribue à cette polarisation.
01:05Aujourd'hui, tout est politique, mais c'est un piège dans lequel on cherche à nous embarquer
01:08et on y est entraîné à travers des activistes.
01:11Et donc, ça demande du courage.
01:12Et il y a certains entrepreneurs qui arrivent à dire, c'est terminé, on ne fait plus ça.
01:16Le patron de BlackRock, Larry Fink, qui est un des plus gros fonds d'investissement,
01:19a dit que désormais, ces critères ESG, hors bilan, non financiers,
01:23on n'en tient plus compte et on se concentre vraiment sur notre valeur
01:26qui est de produire des bons services, produire des bons produits.
01:28Et la France, dans tout ça, est-ce que ce mouvement va traverser la France ?
01:33Vous savez, j'ai écrit là-dessus et je documente les phénomènes culturels, politiques,
01:37de savoir si c'est un phénomène isolé.
01:38On aurait tort de se dire que ça va concerner uniquement les Etats-Unis.
01:41Mais je vais laisser Olivier qui, avec l'Observatoire du wokisme, documente bien ça.
01:44C'est sans doute un phénomène qui arrivait avec une petite latence, un peu d'inertie.
01:48Mais il y a une volonté de reflux.
01:51Il y a une spécificité qui est un peu plus française.
01:54C'est que malheureusement pour nous, les écoles et les universités
01:58sont encore, elles par contre, extrêmement sous l'emprise de cette idéologie.
02:03Ce qui fait que les futurs salariés de ces entreprises-là
02:07sont formés dans cette grille de lecture-là.
02:09Et donc en fait, aujourd'hui, les entreprises constatent
02:11qu'elles ont un problème de ressources humaines.
02:15C'est comment on fait quand on a des jeunes salariés
02:18qui ne partagent plus le projet de l'entreprise
02:20et qui arrivent avec un projet extrêmement militant.
02:22Comment trouver des salariés neutres ?
02:23Et ça, c'est le plus compliqué parce qu'en plus,
02:25on a en fait le wokisme, un des trucs qu'on n'avait pas imaginé au début,
02:29c'est que ça rend, quand on parle de politique inclusive,
02:32en fait on s'aperçoit qu'il n'y a pas plus d'inclusion, il y en a moins.
02:34Notamment, par exemple, il y a un gouffre qui s'est créé
02:37entre les jeunes garçons et les jeunes femmes
02:39sur leur vision de la société, sur les visions de l'entreprise.
02:43Sur tous les critères qu'on peut leur poser sur les questions sociétales,
02:46il y a un écart de 30 points entre jeunes garçons et jeunes filles.
02:49Et donc effectivement, en tant que responsable de RH,
02:52c'est compliqué aujourd'hui de faire avancer tout le monde dans le même sens.
02:55On a des conflits de génération,
02:56on a des conflits entre jeunes garçons et jeunes femmes.
02:58Et donc ça, effectivement, ça devient compliqué.
03:01Et demain, effectivement, les entreprises françaises auront encore ça à gérer.
03:04C'est qu'effectivement, même si dans l'opinion publique,
03:07dans la clientèle, c'est plus des valeurs qui sont attendues,
03:10c'est encore aujourd'hui un problème dans le recrutement de leur nouvelle génération de cadres.
03:14Amoré Bucco a une question, ensuite Gabriel Cluzel sur Europe 1.
03:18Mais moi, en fait, je ne comprends pas pourquoi, au départ,
03:21les entreprises se sont engouffrées là-dedans.
03:23Le wokisme, c'est que des contraintes pour l'entreprise.
03:26Ça veut dire, par exemple, je ne sais pas, mettre des toilettes neutres,
03:29mettre l'écriture inclusive, imposer des quotas.
03:31Vous ne pouvez que fâcher une grande partie de la population
03:34qui n'est pas d'accord avec cette théorie
03:36et une partie de vos salariés qui ne sont pas alignés non plus avec ce genre de choses.
03:39Les chefs d'entreprise eux-mêmes, en général,
03:41sont plutôt des gens pragmatiques qui sont soucieux de faire du chiffre,
03:45qui ne sont pas des idéologues.
03:46Donc, si vous voulez, je ne comprends pas pourquoi
03:48les entreprises se sont engouffrées là-dedans.
03:49Ça me fait penser à cette phrase de Lénine qui est assez connue.
03:52« Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons. »
03:56Je ne comprends pas pourquoi les entreprises se sont engouffrées là-dedans.
03:59Au début, vraiment, pour une grande partie de ces chefs d'entreprise,
04:04ils étaient sous la pression unilatérale d'un seul groupe.
04:07Et en fait, ils se sont dit, en plus, on leur fait quelques concessions,
04:11ça permettra de montrer qu'on est progressiste,
04:13sans que ça ait un impact extrêmement important.
04:16Sauf qu'en fait, ils n'avaient pas vu que l'autre partie de l'opinion
04:19allait, à un moment donné, se rebeller face à ça.
04:21C'est une domination de la gauche-marale ?
04:23C'est la domination.
04:24Et jusqu'au moment, ce qui a changé, effectivement, à partir de 2022,
04:27et ce qu'on voit, effectivement, dans cette étude,
04:28c'est que tous ces concepts-là, ils ont pu prospérer
04:32tant qu'en fait, ils n'étaient pas connus.
04:34Dès lors que l'opinion publique s'aperçoit...
04:36Et l'écriture inclusive, c'est extrêmement frappant.
04:38L'écriture inclusive, en 2013, c'est 65% des gens
04:41qui pensent que c'est une bonne chose.
04:42Aujourd'hui, on est à 20%.
04:44Ça veut dire que plus on en parle,
04:46plus les gens savent ce que c'est,
04:48moins ils adhèrent à ça.
04:49Et donc, effectivement, tous ces concepts-là
04:52ont avancé sous l'ambiguïté
04:57et de façon très discrète.
04:59C'est ce que moi, j'appelle le syndrome Dracula,
05:01c'est qu'effectivement, très souvent,
05:02il suffit d'allumer la lumière
05:04pour que ce genre de choses reculent.
05:06Et en fait, en parler, ça suffit.
05:08Quelquefois, il faut juste allumer la lumière
05:10parce qu'une fois que les gens comprennent,
05:12ils sont hostiles parce qu'ils ont quand même
05:14ce qu'on appelle le bon sens.
05:16Et pendant très longtemps,
05:17c'est parce que c'était tenu par des militants
05:19et qu'ils ont avancé parce que personne ne comprenait
05:21exactement jusqu'où ça allait.
05:23Eux savaient exactement jusqu'où ça allait.
05:25La majorité des patrons d'entreprise
05:26pensaient simplement faire une petite concession
05:28à des petits lobbies un peu bruyants.
05:30Et puis, c'était tout.
05:31Olivier Vial, directeur du CRU Centre d'études
05:34et de recherche universitaire.
05:35J'ai encore d'autres questions,
05:36mais d'abord, Gabrielle Clézette.
05:37Non, mais je note que les écoles de commerce
05:39sont encore largement biberonnées à ça.
05:42On veut virer le catéchisme des écoles catholiques,
05:44mais on devrait bien s'intéresser
05:45à ce nouveau catéchisme
05:47qui, en plus, est un vrai business.
05:49Vous savez, les gens qui organisent ces formations,
05:50les diverses fresques de ci et de là.
05:54Je veux dire, ils ne vont pas lâcher le morceau comme ça
05:56parce qu'encore une fois, c'est leur fond de commerce.
05:59Je pense que ce revirement,
06:00parce que l'argent n'ayant pas d'odeur,
06:01n'est peut-être pas complètement étranger aussi
06:02à la montée d'un électorat conservateur populiste,
06:06on peut l'appeler comme on veut,
06:07mais dans un certain nombre de pays occidentaux notamment,
06:12mais qui s'accordent mal avec ces théories.
06:15Mais moi, la meilleure nouvelle, pardon,
06:17je restais une petite fille,
06:18mais c'est quand même que Walt Disney,
06:19se soit débarrassée.
06:21Là, c'est quand même assez officiel, non ?
06:24De cet aspect wokiste.
06:26C'est intéressant parce que ça illustre
06:27exactement ce qu'on vient de dire.
06:28En fait, Bob Iger, qui a été le président de Disney,
06:33qui a été celui qui a imposé le tournant wok,
06:35et celui qui, quand il revient en 2022,
06:38va faire exactement le contraire.
06:39Il va dire notamment,
06:40notre rôle, c'est d'écrire des histoires,
06:43pas d'envoyer des messages politiques.
06:44C'est beaucoup plus sympathique.
06:46Sauf qu'il a encore aujourd'hui beaucoup de mal,
06:48parce qu'en fait, la majorité de ses salariés,
06:51et notamment des jeunes scénaristes,
06:53sont imbibés par cette L2.
06:55Ils viennent de Berkeley.
06:55Comme dans le journalisme.
06:56Et donc, ils sont imbibés de cette culture-là,
06:58et donc, ils ont du mal.
06:59Comme dans le journalisme, comme dans les universités.
07:01Et question, Olivier Vial, moi, je me dis,
07:03je connais des familles qui ont peur
07:05d'envoyer leurs enfants à l'université aujourd'hui
07:07à cause du wokisme.
07:08Oui, alors malheureusement,
07:09je rejoins ce que vient de dire Gabriel,
07:10c'est presque pire dans les écoles de commerce
07:12depuis quelques années.
07:13Nous, on a fait une étude sur ces questions-là.
07:16On a découvert qu'effectivement,
07:17l'idéologie...
07:18Eh bien, là, pour le coup, c'est beaucoup plus lent.
07:20Effectivement, autant dans les entreprises,
07:21on voit ce basculement,
07:22autant dans les écoles.
07:24Parce qu'en plus, ce qui s'est passé,
07:25c'est qu'effectivement,
07:26il y a une grande partie qui a compris
07:27que le mot wokisme faisait peur.
07:28Et donc, ils font, comme M. Jourdan,
07:30ils font du wokisme sans employer le mot.
07:33Mais on voit qu'aujourd'hui,
07:34quand on parle de discrimination,
07:36on n'essaye plus de lutter
07:37contre des comportements discriminatoires
07:39ou contre des actes discriminants.
07:40Mais on parle de racisme systémique,
07:42de discrimination systémique.
07:44Et en fait, on a totalement pris en compte
07:46et totalement l'université,
07:48comme les écoles,
07:49sont devenus les vecteurs de cette idéologie
07:52de ce qu'on appelle des X-studies,
07:54en tout cas des études de genre,
07:56des études sur les races, etc.
07:58Et ça, effectivement,
07:59s'est totalement infusé dans les écoles
08:00et dans les universités.
08:02Nicolas Conquer, pour le mot de la fin,
08:04porte-parole les Républicains.
08:05La meilleure manière de contrecarrer ce mouvement,
08:08ça va être de se documenter
08:09à travers les outils de 1792 Exchange sur leur site.
08:12Il y a 4600 entreprises
08:13qui sont documentées sur des critères
08:15qui sont officiels.
08:15Ce n'est pas du ressenti.
08:16C'est même les entreprises
08:17qui les mettent en avant.
08:18Et grâce à Olivier et l'Observateur du wokisme,
08:20vous avez plus de 200 entreprises françaises
08:22sur l'index du wokisme en entreprise
08:24sur lequel vous allez pouvoir savoir
08:25quels sont les politiques
08:27qui peuvent être menées par les entreprises.
08:28à savoir si vous vous sentez à l'aise
08:30avec les politiques
08:31soit de ces entreprises
08:32sur lesquelles vous souhaitez aller
08:33ou travailler
08:34et chercher à les influer aussi
08:35parce que, à la fin,
08:37c'est ce que voudront les consommateurs
08:38qui feront plier également
08:39ceux qui les dirigent.
08:40Donc, il y a cette possibilité
08:42de statuer,
08:45de documenter...
08:45Oui, d'avoir une sorte de mode d'emploi
08:47pour avancer vers l'anti-roquisme
08:50au sein des entreprises.
08:51Mais pour les universités,
08:52est-ce que ça peut aider ou pas ?
08:54Si on va sur le site de...
08:55En soi, il y a des critères
08:56qui sont objectivables
08:57et c'est de comprendre
08:57ce qui va être tenu.
08:58Donc, on est en train de s'arriver
08:59par rapport à ça.
08:59Sur la France, on est en train de travailler...
09:00Oui, il faudrait dé-wokiser
09:01l'enseignement superbe.
09:02Mais oui, mais oui,
09:04c'est un peu de neutralité quand même,
09:05je veux dire.
09:06Mais effectivement, oui,
09:06ça fait partie...
09:08On a découvert que les grandes écoles
09:09et les écoles d'ingénieurs
09:10ont été très, très influencées.
09:12Ce qui était...
09:12On avait surtout l'image
09:13d'avoir des universités
09:14de sciences humaines
09:15extrêmement woke.
09:16On s'aperçoit
09:16que c'est beaucoup plus large que ça.
09:18On a fait une première étude
09:19sur les écoles de commerce.
09:20On travaille encore dessus.
09:22Et effectivement,
09:22il y aura un travail
09:23sur renforcer la neutralité
09:24aussi lentement superbe.
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