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Mardi 15 septembre, Claire Hédon, Défenseure des droits de 2020 à l'été 2026, était auditionnée à l'Assemblée. Cette audition intervient dans le cadre de la commission d'enquête sur les causes et les conséquences de l'augmentation de la pauvreté, notamment pour les travailleurs seniors et les personnes âgées, et les manquements des politiques publiques pour y faire face. Dans une Assemblée dont les travaux sont encore majoritairement suspendus, cette audition a pris la forme d'un tête-à-tête entre le rapporteur de la commission d'enquête, Gérard Leseul, et l'ancienne Défenseure des droits encore attachée à l'institution.
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00:00:07Bonjour à tous, bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Direction la commission d'enquête sur les causes et les conséquences de l'augmentation de la pauvreté
00:00:16est auditionnée Claire Edon, l'ancienne défenseur des droits. Regardez.
00:00:21Durant votre mandat, force est de constater que vous avez porté haut la défense des droits et libertés
00:00:28pour les plus démunis notamment, pour l'ensemble des citoyens de manière générale.
00:00:33Il n'est pas question ici de revenir sur vos combats, sur vos prises de positions diverses et variées,
00:00:39mais j'aimerais, ce sera ma première question, tout de même vous interroger sur un sujet
00:00:43que vous avez toujours défendu avec force, le combat contre l'électronisme.
00:00:49Vous êtes plusieurs fois intervenu pour alerter les pouvoirs publics contre les dangers de l'électronisme
00:00:55qui, les technologies coûtant de plus en plus cher et s'avérant de plus en plus complexes à manier,
00:01:00traduisent une déshumanisation et un éloignement certain des services publics,
00:01:08nonobstant les maisons France Service, etc., sur lesquelles nous pourrons revenir.
00:01:13Je signale à ce titre que votre rapport d'octobre 2021,
00:01:17intitulé « Difficultés d'accès aux droits et discriminations liées à l'âge avancé ».
00:01:24Cette enquête révélée d'ailleurs que près d'un quart des personnes de 65 ans et plus
00:01:30avaient des difficultés pour remplir leur démarche administrative.
00:01:33Nul doute malheureusement que cette proposition, que cette proportion, pardon,
00:01:37a encore augmenté aujourd'hui.
00:01:39Vous avez en outre très clairement affirmé plusieurs fois,
00:01:44notamment devant la Commission des lois du Sénat en 2021,
00:01:47que les défaillances, obstacles et entraves touchent d'abord les personnes vulnérables.
00:01:52Et j'aurais de fait plusieurs questions à vous poser sur ce point.
00:01:56Tout d'abord, pouvez-vous nous dire
00:01:59quelle est dans ces personnes victimes de cette forme de dépersonnalisation
00:02:05la part des personnes âgées, notamment les plus pauvres,
00:02:08s'il vous a été possible d'en mesurer la proportion ?
00:02:12Quelles sont, selon vous, les solutions pour y remédier ?
00:02:16Outre la réinstallation des guichets physiques
00:02:18ou le développement des maisons France Service sur l'ensemble du territoire,
00:02:22faut-il également, par exemple, développer les aides itinérantes,
00:02:26les bus itinérants, développant une stratégie d'aller vers ?
00:02:30Je sais que plusieurs associations le font,
00:02:34certains CCAS le font, etc.
00:02:36Mais est-ce qu'il faut développer, voire institutionnaliser,
00:02:40davantage ces aides itinérantes ?
00:02:43Cela se fait en Martinique,
00:02:44cela nous a été dit la semaine dernière par le sous-préfet
00:02:46en charge de la lutte contre la pauvreté sur ce territoire.
00:02:50Pouvez-vous enfin nous dire
00:02:52si vous avez pu déduire de ces obstacles technologiques
00:02:55une éventuelle renonciation aux droits
00:02:57dont bénéficient les personnes âgées,
00:02:59notamment les plus pauvres,
00:03:01et plus spécifiquement dans leur souhait de bénéficier du versement de l'ASPA ?
00:03:07Ma seconde question,
00:03:08donc vous voyez, première question générale,
00:03:10très introductive,
00:03:11vous aurez tout loisir d'y répondre.
00:03:14Ma deuxième question portera sur un autre sujet
00:03:17qui est celui de la protection
00:03:19dont bénéficient les personnes âgées en matière de logement.
00:03:23Vous savez que théoriquement,
00:03:24la loi protège les locataires âgés de plus de 65 ans,
00:03:27mais on nous a signalé à plusieurs reprises,
00:03:29et notamment lors d'une audition précédente,
00:03:32que si la loi était plutôt bien faite sur ce point,
00:03:35elle connaissait de sérieux problèmes d'application.
00:03:39Quel est votre point de vue sur ce dispositif,
00:03:41sur son efficacité et effectivité ?
00:03:44Voilà ce que je souhaitais vous dire,
00:03:46madame, avant de vous entendre.
00:03:49mais comme vous le savez,
00:03:50vous êtes auditionné ici
00:03:51dans le cadre d'une commission d'enquête parlementaire.
00:03:55Aussi, comme nous l'imposent les textes,
00:03:57je vais vous demander de nous déclarer
00:03:59tout intérêt public ou privé
00:04:02de nature à influencer vos déclarations.
00:04:05Et je vous rappelle que,
00:04:07si vous en avez,
00:04:08et je vous rappelle par ailleurs
00:04:09que l'article 6 de l'ordonnance
00:04:12du 17 novembre 1958
00:04:14relative au fonctionnement des assemblées parlementaires
00:04:17impose aux personnes auditionnées
00:04:19par une commission d'enquête
00:04:21de prêter serment,
00:04:22de dire la vérité,
00:04:23toute la vérité, rien que la vérité.
00:04:25Je vous invite donc,
00:04:26si vous n'avez pas de déclaration à faire,
00:04:29à lever la main droite et dire,
00:04:30je le jure.
00:04:31Je le jure.
00:04:32Et je vous précise que j'ai évidemment
00:04:34réintégré le mouvement
00:04:35à TD Carmonde en tant qu'allier,
00:04:37comme je l'avais été pendant 28 ans
00:04:39avant d'être défenseur des droits.
00:04:40J'avais toujours dit que j'y retourne à l'après.
00:04:42Donc c'est chose faite.
00:04:43Merci de cette précision.
00:04:46Je vous laisse la parole
00:04:47pour une intervention liminaire,
00:04:51j'ai envie de dire,
00:04:52du temps que vous souhaitez.
00:04:54Et puis nous avons,
00:04:56nous vous avons adressé,
00:04:58le secrétariat vous a adressé
00:05:00un questionnaire assez long,
00:05:02assez dense,
00:05:03près d'une trentaine de questions précises.
00:05:07Si vous avez la possibilité,
00:05:10ce serait bien d'y répondre
00:05:11le plus intégralement possible,
00:05:13soit par échange.
00:05:15Je me permettrai de vous relancer
00:05:17sur des questions précises.
00:05:18Et puis si nous n'avons ni le temps
00:05:20ni l'occasion de tout balayer,
00:05:22je vous remercie par avance
00:05:24de nous faire parvenir à l'issue
00:05:25de l'audition des éléments écrits.
00:05:29Merci.
00:05:29À ce propos et à propos des questions,
00:05:31ce que je disais,
00:05:32c'est que ça me semble important
00:05:33de demander aussi à l'institution
00:05:35les chiffres précis
00:05:37dans les questions que vous posez
00:05:38sur les saisines,
00:05:40chose que moi je ne peux pas faire
00:05:43à distance sur l'intégralité.
00:05:44Je pense que c'est bien
00:05:45de faire doubler le questionnaire
00:05:47avec l'institution.
00:05:49Vous avez tout à fait raison
00:05:50et nous solliciterons
00:05:51à l'issue de l'audition
00:05:54officiellement la commission.
00:05:55D'accord, très bien.
00:05:57Peut-être qu'avant de démarrer,
00:05:59M. le rapporteur,
00:06:00Mesdames et Messieurs les députés,
00:06:01je voudrais insister sur deux points
00:06:02et je vais répondre après
00:06:03aux questions que vous avez posées.
00:06:04Pas forcément exactement dans l'ordre,
00:06:06mais je vais tout à fait y répondre.
00:06:08Je pense d'abord que c'est important
00:06:10de parler de la pauvreté
00:06:11dans sa globalité,
00:06:12pas forcément par domaine,
00:06:13par lieu de résidence.
00:06:14Je suis désolée non plus
00:06:15par tranche d'âge
00:06:16parce que c'est souvent
00:06:17des évolutions de vie
00:06:18et pas en silo.
00:06:19Je pense que vous l'avez bien en tête
00:06:21que la pauvreté,
00:06:22ce n'est pas simplement
00:06:22un manque de moyens financiers.
00:06:24Ce sont de fait des difficultés
00:06:25d'accès aux droits,
00:06:26le droit au travail,
00:06:27le droit au logement,
00:06:28le droit à une éducation de qualité,
00:06:29le droit à l'accès aux soins,
00:06:30le droit à la culture
00:06:31et que ce sont toutes
00:06:32ces difficultés d'accès aux droits
00:06:35qui créent cette question
00:06:36de pauvreté
00:06:37et des droits qui sont interdépendants,
00:06:38c'est-à-dire,
00:06:39et ça explique qu'on ne puisse
00:06:39pas agir en silo.
00:06:41Je voudrais là-dessus
00:06:42vous renvoyer sur la recherche
00:06:44participative internationale
00:06:46sur les dimensions cachées
00:06:47de la pauvreté
00:06:47qui avaient été menées
00:06:48par ATD Carmond
00:06:49avec l'Université d'Oxford
00:06:50dans six pays
00:06:51et qui avaient pour objectif
00:06:52justement de mieux définir
00:06:53la pauvreté.
00:06:54C'est le travail
00:06:55de plusieurs années
00:06:56entre des personnes
00:06:57en situation de pauvreté,
00:06:59des professionnels,
00:07:00des universitaires,
00:07:00des chercheurs
00:07:01du Bangladesh,
00:07:02de la Bolivie,
00:07:03de la France,
00:07:03de la Tanzanie,
00:07:04du Royaume-Uni
00:07:05et des États-Unis
00:07:06selon une méthode
00:07:07de croisement des savoirs
00:07:08et des pratiques.
00:07:09Et cette recherche,
00:07:10elle est très intéressante,
00:07:12elle était du temps
00:07:12où j'étais présidente
00:07:13parce qu'elle a permis
00:07:14d'identifier neuf dimensions
00:07:16clés de la pauvreté
00:07:18et qui d'ailleurs,
00:07:19malgré les différences
00:07:20dans la vie quotidienne
00:07:20des personnes
00:07:21entre des pays du Nord
00:07:22et des pays du Sud
00:07:23sont d'ailleurs
00:07:24étonnamment similaires
00:07:25parce qu'à côté
00:07:26des privations
00:07:26plus familières
00:07:28qu'on connaît
00:07:28liées au manque
00:07:28de travail décent,
00:07:30à l'insuffisance
00:07:31et la précarité
00:07:32des revenus,
00:07:32aux privations matérielles
00:07:33et sociales,
00:07:34il y a trois dimensions
00:07:35relationnelles
00:07:36qui sont ressorties,
00:07:37la maltraitance sociale,
00:07:38la maltraitance institutionnelle
00:07:40et les contributions
00:07:41non reconnues.
00:07:42Je pense que c'est important
00:07:43de définir la pauvreté
00:07:44avec tous ces éléments-là.
00:07:45Et puis le deuxième point,
00:07:47ce qui me paraît aussi important,
00:07:48on définit toujours
00:07:49la pauvreté en France
00:07:51et dans les pays occidentaux
00:07:52et pays européens
00:07:52à 60% du revenu médian.
00:07:54Je trouve intéressant
00:07:55de se pencher
00:07:55sur la très grande pauvreté
00:07:56qui est en dessous
00:07:57de 50% du revenu médian
00:08:00et qui est encore plus
00:08:01révélatrice des difficultés.
00:08:03Ce qui me frappe,
00:08:04moi, depuis à la fois
00:08:06mon implication
00:08:07dans le mouvement
00:08:07à Télécarmon
00:08:08dès quand j'étais défenseur
00:08:09des droits,
00:08:10c'est que de façon générale,
00:08:11c'est quand même
00:08:11les personnes les plus vulnérables
00:08:12qui sont les premières
00:08:14à être exposées
00:08:15aux atteintes aux droits.
00:08:15Et quand je dis ça,
00:08:16on peut aussi bien penser
00:08:17aux personnes âgées en EHPAD
00:08:18qu'aux enfants
00:08:19qu'aux personnes handicapées
00:08:20étrangères
00:08:21et puis évidemment
00:08:21aux personnes précaires.
00:08:23Mais c'est vraiment
00:08:23la vulnérabilité
00:08:24qui crée la possibilité
00:08:25d'atteinte aux droits
00:08:26et donc d'où l'importance
00:08:28dans une démocratie
00:08:29de protéger
00:08:30de façon plus importante
00:08:32les personnes vulnérables.
00:08:35En premier point,
00:08:37avant d'en venir
00:08:37aux questions de dématérialisation
00:08:39sur lesquelles je vais revenir
00:08:40effectivement longuement
00:08:41et d'accès aux services publics,
00:08:42je voudrais d'abord
00:08:43vous partager les résultats
00:08:44de l'enquête
00:08:44qui a été menée
00:08:45par l'institution
00:08:46du défenseur des droits
00:08:47tout à la fin de mon mandat.
00:08:48Vous savez que l'institution
00:08:49en 2025 a relancé
00:08:50l'enquête accès aux droits
00:08:51dans tous ces domaines
00:08:54de compétences
00:08:54dont les services publics.
00:08:56Et je vais y revenir
00:08:57sur les difficultés
00:08:58d'accès aux services publics.
00:08:59Mais donc un dernier volet
00:09:01sur accès aux droits
00:09:02et discrimination,
00:09:03quelles spécificités
00:09:04pour les personnes
00:09:04en situation de précarité ?
00:09:06Je vous les apporterai
00:09:07et je vous le donnerai.
00:09:09L'enquête,
00:09:10elle documente
00:09:10les atteintes aux droits
00:09:11dont les personnes
00:09:12en situation de précarité
00:09:13font l'objet
00:09:13dans l'emploi,
00:09:14le logement,
00:09:14l'accès aux soins
00:09:15et les relations
00:09:15avec les services publics.
00:09:16L'enquête,
00:09:17elle a été menée
00:09:17sur 5 000 personnes,
00:09:18plus de 5 000 personnes,
00:09:19tout domaine confondu
00:09:20de l'institution.
00:09:21Il n'y en a pas 5 000
00:09:21en situation de précarité.
00:09:22On a pu extraire
00:09:24avec un certain nombre
00:09:24de questions
00:09:25qui avaient été posées
00:09:26celles qui étaient
00:09:26en situation de précarité
00:09:27et c'est là-dessus
00:09:28que ça s'appuie.
00:09:29Tout d'abord,
00:09:30elles sont plus éloignées
00:09:31du marché du travail.
00:09:32Seule 1 sur 4 est en emploi
00:09:34contre 1 sur 2
00:09:35dans le reste de la population.
00:09:37Et quand elles sont en emploi,
00:09:39les postes occupés
00:09:40sont le plus souvent
00:09:40de courte durée,
00:09:42c'est-à-dire CDD ou intérim,
00:09:43deux fois plus
00:09:44que le reste de la population.
00:09:46Et cette vulnérabilité,
00:09:48elle est renforcée
00:09:49par un faible niveau de diplôme,
00:09:50plus de la moitié
00:09:51n'a pas le baccalauréat.
00:09:54Deuxièmement,
00:09:54elles sont confrontées
00:09:55à des conditions
00:09:55de logement plus instables,
00:09:58près d'une sur deux
00:09:58à chercher un logement
00:10:00alloué dans les 5 dernières années
00:10:01contre 1 sur 4
00:10:02en population générale
00:10:03et la moitié d'entre elles
00:10:05n'a pas trouvé.
00:10:07Et enfin,
00:10:08elles sont 6 fois plus nombreuses
00:10:09à déclarer être
00:10:10en mauvaise santé,
00:10:11voire très mauvaise santé.
00:10:1336 % d'entre elles
00:10:15sont en situation reconnue
00:10:16de handicap,
00:10:17compte aux 13 %
00:10:18dans la population générale.
00:10:19Et les familles monoparentales
00:10:21sont trois fois plus nombreuses
00:10:22que le reste de la population.
00:10:24Je pense que ces chiffres,
00:10:25ils sont intéressants
00:10:26parce que ça montre bien
00:10:27comment la précarité
00:10:28revêt des dimensions multiples
00:10:30dans lesquelles il y a
00:10:31à la fois instabilité
00:10:32de l'emploi,
00:10:33du logement,
00:10:33une santé dégradée,
00:10:34un isolement.
00:10:35Et quand je vous parlais
00:10:36de droits interdépendants,
00:10:38on comprend bien
00:10:38comment tout ça dépend
00:10:40l'un de l'autre.
00:10:41et chaque fragilité
00:10:43nourrit une autre
00:10:46et ces entraves
00:10:47dans l'accès aux droits
00:10:48augmentent aussi
00:10:49le risque de discrimination.
00:10:5029 % d'entre elles
00:10:52déclarent avoir subi
00:10:52des discriminations
00:10:53dans la recherche
00:10:54d'un emploi.
00:10:55C'est trois fois plus
00:10:56que la population générale.
00:10:58Même chose,
00:10:59dans leur démarche
00:10:59pour trouver un logement,
00:11:00elles sont 3,6 fois plus nombreuses
00:11:03à rapporter des discriminations
00:11:04que le reste de la population.
00:11:05C'est-à-dire 29 %
00:11:07contre 8 %.
00:11:08Enfin, le rapport aussi
00:11:10aux forces de sécurité
00:11:11est marqué par les différences
00:11:13de traitement.
00:11:1440 % d'entre elles
00:11:15déclarent avoir fait l'objet
00:11:16d'un refus
00:11:16de dépôt de plainte
00:11:17ou de main courante
00:11:18contre 18 %
00:11:19du reste de la population.
00:11:21D'ailleurs,
00:11:21c'est quand même
00:11:21un chiffre assez élevé
00:11:22du 18 % du reste
00:11:24de la population
00:11:24qui se retrouve confronté
00:11:25à un refus
00:11:25de dépôt de plainte.
00:11:28Et être en situation
00:11:29de précarité
00:11:30clairement conduit
00:11:31à subir 2 à 3 fois
00:11:32plus de discrimination
00:11:32que le reste de la population.
00:11:35Certaines catégories
00:11:36sont particulièrement exposées
00:11:38aux risques de précarité.
00:11:39Je pense évidemment
00:11:39aux personnes étrangères,
00:11:41aux personnes perçues
00:11:41comme noires ou arabes,
00:11:43à l'isolement social
00:11:44qui accentue aussi
00:11:45les difficultés.
00:11:46Les personnes précaires
00:11:48rapportent aussi
00:11:48des discriminations
00:11:50liées à leur situation sociale,
00:11:51à leur origine,
00:11:52à leur apparence
00:11:53ou encore
00:11:53à la situation familiale.
00:11:55Et dans ces conditions,
00:11:57faire valoir ses droits
00:11:58en situation de précarité,
00:11:59les personnes,
00:12:00elles oscillent finalement
00:12:01entre renoncement
00:12:02et empêchement.
00:12:02On parle, vous savez,
00:12:03beaucoup de non-recours.
00:12:04Moi, j'ai été très frappée
00:12:05sur le fait que les personnes,
00:12:06elles démarrent le recours,
00:12:07elles essayent d'obtenir un droit,
00:12:09mais elles en sont finalement
00:12:10empêchées dans leur démarche.
00:12:11La précarité exige
00:12:13de garantir l'accès aux droits.
00:12:14Or, l'accumulation
00:12:15des discriminations
00:12:16et des atteintes aux droits
00:12:17alimente un phénomène
00:12:18de non-recours.
00:12:20Les personnes exposées
00:12:21à la précarité
00:12:22peinent à faire valoir
00:12:23leurs droits.
00:12:23D'ailleurs,
00:12:23elles sont 36%
00:12:25à déclarer avoir renoncé
00:12:27à un droit
00:12:28contre 21%
00:12:29en population générale.
00:12:30Et la fréquence
00:12:31de ce renoncement
00:12:32est plus élevée
00:12:32parmi les personnes
00:12:33rapportant l'expérience
00:12:34de discrimination
00:12:35dans les relations
00:12:36avec les administrations publiques.
00:12:37Par exemple,
00:12:38plus de la moitié
00:12:39renonce à des soins,
00:12:40notamment pour des raisons financières
00:12:42ou à cause de l'éloignement
00:12:43des lieux de soins.
00:12:44Alors,
00:12:44par rapport
00:12:45à cette enquête,
00:12:48l'institution a fait
00:12:48un certain nombre
00:12:49de recommandations.
00:12:50Je vous en cite quelques-unes
00:12:51et je pourrais vous les détailler
00:12:52plus après
00:12:53dans la réponse au questionnaire.
00:12:55D'abord,
00:12:55il faut avoir
00:12:56une politique publique
00:12:57de lutte contre la pauvreté
00:12:58globale et coordonnée.
00:13:00Et coordonnée
00:13:01avec les politiques publiques
00:13:02de logement,
00:13:02d'emploi,
00:13:03de santé,
00:13:03d'accès aux droits
00:13:04qui ne peuvent pas
00:13:05être traitées en silo.
00:13:07La précarité revêt
00:13:08un caractère multidimensionnel.
00:13:10Il faut donc
00:13:10apporter une réponse globale
00:13:12et c'est pour ça
00:13:12que je voulais démarrer
00:13:13sur le côté multidimensionnel
00:13:14de la pauvreté.
00:13:16Garantir l'accès
00:13:17aux services publics
00:13:18et lutter contre
00:13:19le non-recours
00:13:20et les ruptures de droits.
00:13:21Moi, j'y reviendrai
00:13:22quand je vous parlerai
00:13:23de l'accès aux services publics.
00:13:25Garantir un droit
00:13:26à l'accompagnement.
00:13:27Et puis,
00:13:27je pense qu'il faut garantir
00:13:28l'effectivité des droits
00:13:29et de l'égalité de traitement
00:13:30que ce soit dans le logement,
00:13:32dans l'emploi.
00:13:33Dans l'emploi,
00:13:33c'est dans les procédures
00:13:34de recrutement,
00:13:35mais aussi dans le traitement
00:13:36des salariés et des agents.
00:13:38Et en matière de santé,
00:13:40il faut garantir l'accès
00:13:41aux soins des personnes précaires.
00:13:42Aucun doute qu'il faut faire
00:13:43du aller vers
00:13:45et fusionner l'AME
00:13:46et l'assurance maladie
00:13:48me paraît aussi
00:13:49absolument indispensable.
00:13:51Le deuxième point,
00:13:52et je voulais en revenir
00:13:52à l'autre partie
00:13:53de cette enquête
00:13:54axée aux droits
00:13:55qui était vraiment
00:13:55sur la partie usagers
00:13:57de services publics
00:13:57et les chiffres
00:13:58qui en ressortent.
00:13:59Je les trouve très intéressants
00:14:00parce que, justement,
00:14:01ça ne concerne pas
00:14:01que les personnes âgées.
00:14:03Le premier chiffre
00:14:04qui nous a vraiment frappés,
00:14:05c'est que 6 personnes sur 10
00:14:07déclarent rencontrer
00:14:08des difficultés
00:14:09à réaliser
00:14:09des démarches administratives.
00:14:11Je ne parle pas
00:14:11de la numérisation,
00:14:12juste des démarches administratives.
00:14:13Ce qui est intéressant,
00:14:14c'est que c'était
00:14:154 sur 10 en 2016.
00:14:16Donc, on a une aggravation
00:14:17du phénomène.
00:14:19Après ça,
00:14:19moins d'un usager sur deux
00:14:22parvient à effectuer
00:14:23seul ses démarches
00:14:24administratives en ligne.
00:14:25On en vient
00:14:25à la dématérialisation.
00:14:27Quand on en est
00:14:28à plus d'une sur deux
00:14:29qui a des difficultés,
00:14:30donc moins d'une sur deux
00:14:31qui arrive seule,
00:14:32on est bien au-delà
00:14:33des personnes âgées.
00:14:34On est bien au-delà
00:14:35des personnes âgées,
00:14:36des précaires,
00:14:37des étrangers
00:14:37ou des personnes
00:14:38en situation de handicap.
00:14:39On est très frappés
00:14:40du nombre de jeunes
00:14:41qui ont des difficultés
00:14:42avec les démarches numérisées.
00:14:44Donc, ça,
00:14:45c'est un vrai obstacle.
00:14:46Et là-dessus,
00:14:47une sur quatre
00:14:48déclarent avoir déjà
00:14:49renoncé à faire une démarche
00:14:50pour demander un droit
00:14:51auquel elle pouvait prétendre
00:14:52ou avoir renoncé
00:14:54ou abandonné
00:14:55une procédure.
00:14:56Et là-dessus,
00:14:57vous savez que l'institution
00:14:58l'a toujours répété,
00:14:59l'usager doit pouvoir choisir
00:15:00le mode de contact
00:15:01adapté à sa situation
00:15:03et pouvoir en changer
00:15:04s'il exprime le besoin.
00:15:05ça demande,
00:15:06un, quand même,
00:15:07de simplifier les démarches
00:15:09et de rendre
00:15:10les interfaces compréhensibles,
00:15:12de garantir le droit
00:15:13à l'information,
00:15:15de renforcer
00:15:15l'accompagnement,
00:15:16notamment numérique
00:15:17pour les publics
00:15:18qui en ont le plus besoin
00:15:19et de garantir
00:15:20la possibilité
00:15:21de déposer un dossier papier
00:15:22et d'échanger
00:15:23avec un être humain
00:15:24à chaque étape du processus.
00:15:26Les impôts,
00:15:26là-dessus,
00:15:26sont très bien.
00:15:27Vous savez qu'il y a encore
00:15:2710% de déclarations papier.
00:15:29Et quand vous appelez,
00:15:31vous pouvez avoir
00:15:31quelqu'un qui a accès
00:15:32à votre dossier
00:15:33ou vous pouvez avoir
00:15:33un rendez-vous
00:15:34avec quelqu'un qui a accès
00:15:34à votre dossier.
00:15:35En somme,
00:15:36la modernisation,
00:15:37elle ne doit pas rimer
00:15:37avec éloignement
00:15:38ou autrement,
00:15:39c'est un sentiment
00:15:40d'abandon bien réel
00:15:41qui s'installe.
00:15:42Vous savez que le Conseil d'État
00:15:43a rendu récemment
00:15:44une décision majeure
00:15:45sur cette question
00:15:45d'accessibilité du service public
00:15:47dans le cadre
00:15:48d'un contentieux sur la NEF,
00:15:49l'administration numérique
00:15:50des étrangers en France,
00:15:51vous savez,
00:15:51pour les demandes
00:15:52de titres de séjour.
00:15:54Il y avait eu un recours
00:15:55devant le Conseil d'État
00:15:56par des associations.
00:15:57Le Conseil d'État
00:15:57avait demandé à l'Institution
00:15:58du défenseur des droits
00:15:59de faire des observations.
00:16:01J'aimerais juste vous lire
00:16:03un des passages
00:16:03qui me paraît très intéressant
00:16:05du Conseil d'État,
00:16:06de cette décision
00:16:07du Conseil d'État
00:16:08qui dit
00:16:08« Il appartient au gestionnaire
00:16:09d'un service public
00:16:10afin de satisfaire
00:16:11l'intérêt général
00:16:12en vue duquel
00:16:12le service a été institué,
00:16:14de veiller à garantir
00:16:16le droit d'accès
00:16:17dans des conditions normales,
00:16:19des usagers au service
00:16:20dans le respect
00:16:21du principe d'égalité,
00:16:22d'assurer la continuité
00:16:24du service
00:16:24et de procéder
00:16:25aux adaptations
00:16:26rendues nécessaires
00:16:27par l'exigence
00:16:28de mutabilité. »
00:16:29Je pense que tout est dit
00:16:31sur le rôle
00:16:32des services publics
00:16:33et je pense aussi important
00:16:34de dire que ces difficultés
00:16:36ne touchent pas
00:16:36les territoires
00:16:37de manière uniforme.
00:16:39À cet égard,
00:16:40dans les communes rurales,
00:16:41la dégradation
00:16:42est plus marquée
00:16:43même s'il ne faut pas
00:16:44opposer
00:16:45territoires ruraux
00:16:46et banlieues défavorisées
00:16:47parce que sur l'éloignement
00:16:48des services publics,
00:16:49en fait,
00:16:49on observe exactement
00:16:50les mêmes difficultés.
00:16:52Je pense,
00:16:53et ça faisait partie
00:16:53des questions
00:16:54que vous avez mis
00:16:55dans le questionnaire,
00:16:55les espaces France Service
00:16:57ont sans aucun doute
00:16:58permis de rapprocher
00:16:58les usagers
00:16:59des différents services publics.
00:17:01Mais il faut bien
00:17:01avoir conscience
00:17:02que l'agent
00:17:03qui est dans un espace
00:17:04France Service,
00:17:04ce n'est pas un agent
00:17:05de la CAF,
00:17:06de l'assurance maladie
00:17:07ou des impôts.
00:17:07Donc, il n'a pas accès
00:17:08au dossier.
00:17:08Donc, il est une première aide
00:17:10pour constituer le dossier,
00:17:11mais après,
00:17:12toute la question
00:17:13et le lien
00:17:13avec le back office.
00:17:14Je trouve que le rapport
00:17:15de la Cour des comptes
00:17:16là-dessus
00:17:16était très intéressant
00:17:17et correspondait tout à fait
00:17:18à ce que l'institution
00:17:19du défenseur des droits
00:17:20a pu observer.
00:17:21Il y a une 150 à peu près
00:17:22délégués du défenseur des droits
00:17:23qui sont présents
00:17:24dans les espaces France Service.
00:17:25C'est que globalement,
00:17:26ça fonctionne plutôt bien
00:17:27en zone rurale
00:17:28parce que le lien
00:17:29avec le back office,
00:17:30c'est-à-dire
00:17:30avec les différents services publics,
00:17:31fonctionnent
00:17:32parce qu'eux-mêmes
00:17:32ne sont pas trop débordés.
00:17:34C'est beaucoup plus difficile
00:17:35dans les banlieues
00:17:36défavorisées.
00:17:37J'avais été très intéressée
00:17:38quand on avait fait
00:17:39un place aux droits
00:17:40en Corrèze.
00:17:41J'avais rencontré
00:17:42l'ensemble des services publics
00:17:43de ce qu'ils avaient organisé
00:17:46dans les maisons France Service
00:17:47parce que l'institution,
00:17:48elle préconise
00:17:49du coup des permanences
00:17:50de la CAF,
00:17:51de l'assurance maladie,
00:17:51des impôts
00:17:52dans les France Service.
00:17:53La Corrèze,
00:17:53c'est quand même
00:17:54un territoire rural
00:17:55très étendu
00:17:56et c'est quand même
00:17:56aller juste
00:17:57pour un rendez-vous
00:17:58avec un usager
00:17:58à 40 km
00:18:00de petite route
00:18:01signeuse.
00:18:02Ce n'est pas forcément en table.
00:18:03Donc, ils font des visios.
00:18:04Mais la visio,
00:18:04elle n'est pas faite
00:18:05du lieu du domicile
00:18:06de l'usager.
00:18:07L'usager,
00:18:08il va dans l'espace France Service.
00:18:09Ce sont les agents
00:18:10France Service
00:18:10qui établissent la connexion
00:18:12et là,
00:18:12il est en lien
00:18:13avec quelqu'un
00:18:14de la CAF,
00:18:14de la CNAM
00:18:15qui a accès
00:18:16au dossier.
00:18:17Et donc là,
00:18:18je trouve,
00:18:18c'est la qualité
00:18:19d'un véritable rendez-vous.
00:18:21J'avais trouvé
00:18:21que les choses
00:18:22avaient été
00:18:22très intelligemment pensées.
00:18:27Le troisième point
00:18:28que je voulais aborder
00:18:29avec vous,
00:18:29c'est vous alerter
00:18:30sur la montée
00:18:31des logiques
00:18:31de suspicion
00:18:32envers les bénéficiaires
00:18:33des prestations sociales.
00:18:35Et là-dessus,
00:18:35je n'ai pas de doute
00:18:36que la fraude
00:18:37doit être combattue,
00:18:38mais la lutte
00:18:39contre la fraude
00:18:40ne peut pas se faire
00:18:40au détriment
00:18:41des droits des usagers
00:18:42et du droit à l'erreur.
00:18:43Souvent,
00:18:44les usagers
00:18:44sont accusés
00:18:45de fraude
00:18:45alors que ce sont
00:18:47de simples erreurs
00:18:48qui sont commises.
00:18:50Pourtant,
00:18:51vous savez que le droit
00:18:51à l'erreur,
00:18:51il est prévu
00:18:52dans la loi ESSOC
00:18:53et concrètement,
00:18:54il a du mal
00:18:55à être appliqué.
00:18:56Et les politiques publiques,
00:18:58je trouve,
00:18:58se tournent de plus en plus
00:18:59vers une logique de charité
00:19:00à défaut d'assurer
00:19:01un véritable respect
00:19:03des droits,
00:19:03notamment des personnes vulnérables.
00:19:05La garantie du droit
00:19:06d'obtenir
00:19:07de la collectivité
00:19:08des moyens convenables
00:19:09d'existence
00:19:09qui est inscrit
00:19:10dans la Constitution
00:19:11passe aujourd'hui
00:19:12non pas par une revalorisation
00:19:13des minima sociaux,
00:19:14mais par des subventions
00:19:15souvent insuffisantes,
00:19:16d'ailleurs aux distributions alimentaires.
00:19:18Et le droit
00:19:19au logement opposable
00:19:20souffre du manque
00:19:20de logements sociaux
00:19:21et l'on préfère favoriser
00:19:23l'expulsion
00:19:24des occupants illicites
00:19:25par la loi
00:19:26avec pour conséquence,
00:19:28vous le savez,
00:19:28sur les expulsions
00:19:29des chiffres sans précédent
00:19:30et particulièrement
00:19:30dans le logement social.
00:19:32J'ajoute à cette tendance
00:19:34préoccupante
00:19:34l'idée qu'il faudrait
00:19:35davantage conditionner
00:19:37l'accès au droit
00:19:37pour raffermir
00:19:39la justice sociale.
00:19:40En matière de RSA,
00:19:41précisément,
00:19:42les droits sont désormais
00:19:43conditionnés
00:19:43à des heures d'activité,
00:19:45fragilisant l'accompagnement
00:19:46comme le recours.
00:19:47Je crois qu'on ne mesure
00:19:48pas du tout
00:19:49l'angoisse engendrée
00:19:50par ce type de loi
00:19:51chez les personnes concernées
00:19:52et évidemment
00:19:53les déviations
00:19:54qu'il y a
00:19:54sur ces 15 heures
00:19:55d'activité
00:19:55et la façon
00:19:56dont c'est appliqué
00:19:57avec des inégalités
00:19:58territoriales.
00:19:59Le problème,
00:20:00ce n'est pas l'excès
00:20:01mais le non-accès
00:20:02aux droits
00:20:03et même les droits
00:20:04en déficit
00:20:05et mettre les droits
00:20:06en déficit,
00:20:06ça n'a jamais créé
00:20:07de richesse,
00:20:08ça produit des vulnérabilités
00:20:09supplémentaires
00:20:10et des fragilités
00:20:10économiques.
00:20:11Je pense que les droits
00:20:12ne sont pas un jeu
00:20:13à somme nulle
00:20:14où ce que l'on obtient
00:20:15serait retiré à un autre
00:20:16et monter les populations
00:20:18les unes contre les autres
00:20:18ne sert pas à la République.
00:20:20Cette logique
00:20:21alimente les fractures,
00:20:22les amertumes,
00:20:23affaiblit,
00:20:24définit notre capacité
00:20:25à faire société.
00:20:26Je suis là-dessus,
00:20:26je dois vous le dire
00:20:27excessivement inquiète
00:20:28de la commission d'enquête
00:20:29qui a été démarrée
00:20:32dont l'intitulé exactement,
00:20:34il faut que je vous le retrouve.
00:20:36Vous l'avez en tête,
00:20:37c'est à laquelle je fais référence,
00:20:38je vais vous la retrouver
00:20:39tout de suite.
00:20:46sur le coût des aides sociales
00:20:48et les effets
00:20:48de désincitation au travail
00:20:50engendré par leur cumul.
00:20:54L'intitulé est explicite
00:20:55sur l'intention.
00:20:56Voilà.
00:20:59J'en viens aux difficultés
00:21:01d'accès au logement
00:21:02avec l'étude.
00:21:02Pareil, c'est fait partie
00:21:03des questions que vous avez posées.
00:21:04L'étude publiée en 2023
00:21:06par l'institution
00:21:07de défenseurs des droits.
00:21:08Quelle difficulté d'accès
00:21:09des ménages les plus pauvres
00:21:11au parc social ?
00:21:12Ça a été réalisé par l'OFCE
00:21:14avec le soutien
00:21:15du défenseur des droits.
00:21:16L'idée, c'était d'objectiver
00:21:18les difficultés rencontrées
00:21:19spécifiquement par les demandeurs
00:21:21aux ressources les plus modestes
00:21:23à partir d'une exploitation statistique
00:21:25des données du système national
00:21:27d'enregistrement des demandes
00:21:28dans plus de 100 intercommunalités
00:21:30soumises à la réforme
00:21:31de l'attribution des logements sociaux.
00:21:33Et il en ressort
00:21:34que les ménages aux ressources
00:21:36les plus modestes subissent
00:21:37une pénalisation réelle
00:21:39et mesurable dans l'attribution
00:21:40des logements sociaux.
00:21:41Lorsqu'ils ne bénéficient pas
00:21:43d'un statut prioritaire,
00:21:44comme le DALO, par exemple,
00:21:45le droit au logement opposable,
00:21:46les candidats disposant
00:21:47des revenus les plus faibles
00:21:48ont une probabilité
00:21:50d'attribution plus faible
00:21:51que les ménages
00:21:52un peu moins démunis,
00:21:53et ce, indépendamment
00:21:54de la tension
00:21:55du marché immobilier local.
00:21:57Et ça, en considérant
00:21:59que le reste à vivre
00:21:59est suffisant.
00:22:00je ne parle pas de situation
00:22:02où le reste à vivre
00:22:02n'est pas suffisant.
00:22:03Ainsi, au niveau national,
00:22:05les ménages déclarant
00:22:06moins de 500 euros
00:22:07par mois
00:22:07et par unité de consommation
00:22:08sont ceux qui connaissent
00:22:10le taux d'attribution
00:22:11le plus faible,
00:22:12inférieur à 12%.
00:22:13Ceux déclarant
00:22:14entre 500 et 600 euros
00:22:16de niveau de vie
00:22:17enregistrent un taux
00:22:18d'attribution
00:22:18de l'ordre de 15%
00:22:20et les taux d'attribution
00:22:22des ménages
00:22:22des tranches
00:22:23de niveau de vie
00:22:23un peu supérieur
00:22:24oscillent entre 17 et 19%.
00:22:27Et si les demandeurs
00:22:29et demandeuses
00:22:30les plus pauvres
00:22:31ont un accès
00:22:32au parc social,
00:22:34au parc de logements
00:22:34plus réduit,
00:22:35notamment en zone tendue,
00:22:37ça ne suffit pas
00:22:37à expliquer
00:22:38leur plus faible probabilité
00:22:39d'attribution
00:22:40par rapport
00:22:40à l'ensemble
00:22:40des demandeurs.
00:22:42Les niveaux de tension
00:22:43aussi diffèrent
00:22:43entre différents territoires.
00:22:45À 500 euros
00:22:46de niveau de vie,
00:22:47certains cas types
00:22:48ont en théorie
00:22:49trois fois plus de chances
00:22:50de se voir attribuer
00:22:51à un logement
00:22:51s'ils déposent
00:22:52une demande
00:22:52dans la métropole
00:22:53de Toulouse
00:22:54plutôt que celle
00:22:54d'Aix-Marseille.
00:22:55Et la probabilité
00:22:57effective d'attribution
00:22:58diffère également
00:22:59selon les territoires
00:23:01considérés.
00:23:01À 500 euros
00:23:02de niveau de vie,
00:23:03certains cas types
00:23:03ont jusqu'à
00:23:04cinq fois plus de chances
00:23:05de se voir attribuer
00:23:06à un logement social
00:23:06dans la métropole
00:23:07de Rouen
00:23:07que dans l'EPCI
00:23:09de Paris-Est-Marne,
00:23:11par exemple.
00:23:13Pareil,
00:23:13je peux vous envoyer
00:23:14l'étude
00:23:16dans les détails.
00:23:18Je trouve que
00:23:19par leur caractère
00:23:20systématique,
00:23:21les difficultés
00:23:21rencontrées
00:23:22pour l'accès
00:23:22au parc social
00:23:23par les demandeurs
00:23:23les plus pauvres
00:23:24pourraient révéler
00:23:25des discriminations
00:23:26à l'œuvre
00:23:26en raison
00:23:27de la particulière
00:23:28vulnérabilité
00:23:29économique
00:23:29des personnes.
00:23:31Évidemment,
00:23:31ces résultats
00:23:32questionnent
00:23:32l'effectivité
00:23:33du droit
00:23:33au logement
00:23:34en premier lieu
00:23:35par l'accès
00:23:36au logement social
00:23:37pour certains
00:23:38groupes sociaux
00:23:38et sur certains
00:23:39territoires.
00:23:40Je pense que
00:23:41c'est aussi
00:23:41l'occasion
00:23:42de souligner,
00:23:42mais ça,
00:23:43je pense que
00:23:43vous l'avez bien
00:23:43en tête,
00:23:44le poids
00:23:44toujours plus lourd
00:23:45du logement
00:23:46dans la vie
00:23:46des ménages
00:23:47sur toutes
00:23:48ces dernières années
00:23:49et c'est ce qui
00:23:49affecte complètement
00:23:50le pouvoir d'achat
00:23:52des familles.
00:23:54Les recommandations
00:23:55de l'institution
00:23:56là-dessus,
00:23:57c'est vraiment
00:23:57recommander aux acteurs
00:23:58de l'attribution
00:23:59de vérifier
00:23:59que leur dispositif
00:24:00de cotation
00:24:01prend compte
00:24:02de manière significative
00:24:03le critère
00:24:04de niveau de vie
00:24:05des demandeurs
00:24:06pour garantir
00:24:07l'accès effectif
00:24:07au logement social
00:24:08des plus pauvres
00:24:09et recommande aussi
00:24:10de généraliser
00:24:11le suivi régulier
00:24:13des effets produits
00:24:14par la mise en œuvre
00:24:14de la cotation.
00:24:15Il faut vérifier
00:24:15comment est fait
00:24:16la cotation,
00:24:16mais vérifier aussi
00:24:17comment elle agit.
00:24:22et inscrire
00:24:23expressément
00:24:24dans la loi
00:24:25la primauté
00:24:25du droit au logement
00:24:26qui doit être mise
00:24:27en œuvre
00:24:27sans discrimination
00:24:28sur l'objectif
00:24:29de mixité sociale.
00:24:31Assurer l'accès
00:24:32au logement
00:24:33pour les demandeurs
00:24:33les plus pauvres
00:24:34impose aussi
00:24:34la mise en œuvre
00:24:35d'une nouvelle politique
00:24:36des loyers
00:24:37et du strict respect
00:24:38des objectifs
00:24:39d'offres
00:24:40de logements sociaux
00:24:41financés
00:24:41par le prêt locatif
00:24:43aidé d'intégration,
00:24:44le PLAI,
00:24:44destiné aux locataires
00:24:45en situation
00:24:46de grande précarité
00:24:47au titre de leur obligation
00:24:48de production
00:24:49de logements sociaux
00:24:50par les communes
00:24:52qui me paraît
00:24:53un point aussi important.
00:24:55Et je voudrais terminer
00:24:55en vous disant
00:24:56un mot de l'expérimentation
00:24:57Territoires zéro chômeur
00:24:58de longue durée
00:24:59même si je crois
00:24:59que vous allez les auditionner
00:25:00si je ne me trompe.
00:25:02Dans les derniers jours
00:25:03de mon mandat,
00:25:04vraiment à 48 heures
00:25:05de la fin de mon mandat,
00:25:05je suis allée dans les Vosges
00:25:06avec la nouvelle présidente
00:25:07du CESE, Claire Toury
00:25:08et on est allées rencontrer
00:25:09les équipes
00:25:10de Territoires zéro chômeur
00:25:11longue durée
00:25:13atteint les Vosges.
00:25:14On a rencontré
00:25:15des travailleurs âgés
00:25:16qui sans ce projet
00:25:17ne trouvaient pas de travail.
00:25:18Âgés, je dis plus de 50,
00:25:20plus de 55 ans.
00:25:21Plus jeune que moi d'ailleurs.
00:25:22D'ailleurs,
00:25:23les plus de 55 ans
00:25:25représentent 46%
00:25:26de l'ensemble
00:25:27des salariés
00:25:28des entreprises
00:25:29à but d'emploi
00:25:30de l'ensemble
00:25:30du projet
00:25:31Territoires zéro chômeur
00:25:32de longue durée
00:25:32et d'ailleurs,
00:25:33un tiers de ces salariés
00:25:34juste aussi
00:25:35sont en situation
00:25:36de handicap.
00:25:40Ce projet est à risque
00:25:41du fait de problèmes
00:25:42de financement.
00:25:45Le financement
00:25:46pour que ce soit viable
00:25:47et qu'il y ait
00:25:47un taux d'encadrement suffisant,
00:25:49il doit être à 130%
00:25:50du SMIC
00:25:50par personne
00:25:52qui y travaille
00:25:52parce qu'il faut
00:25:53de l'encadrement derrière.
00:25:55La PPL
00:25:56n'a pas encore été inscrite
00:25:57à l'Assemblée nationale.
00:25:58Vous savez qu'elle est passée
00:25:59déjà à l'Assemblée
00:26:00au Sénat
00:26:01et qu'elle revient.
00:26:03À ma connaissance,
00:26:04elle n'est toujours pas
00:26:06inscrite.
00:26:10Je trouve que la démonstration
00:26:12de cette expérimentation,
00:26:13c'est qu'une politique publique,
00:26:14elle peut,
00:26:15au lieu de suspecter
00:26:16et d'écarter,
00:26:17elle peut au contraire
00:26:17accompagner.
00:26:18Je pense qu'au fond,
00:26:19c'est vraiment pour moi
00:26:20l'enjeu de la lutte
00:26:21contre la pauvreté.
00:26:22C'est créer des conditions
00:26:22pour que chacun
00:26:23puisse vivre dignement
00:26:25et face société.
00:26:26Et je pense que ce projet
00:26:27en est un exemple frappant.
00:26:30Voilà ce que je voulais vous dire
00:26:31en introduction.
00:26:34Merci beaucoup,
00:26:36Madame Edon,
00:26:37pour tout ce propos
00:26:40liminaire,
00:26:41mais qui était déjà
00:26:42bien dense.
00:26:44Je vous en remercie
00:26:45chaleureusement.
00:26:46Vous avez raison
00:26:47sur le dernier point,
00:26:49enfin sur beaucoup de points,
00:26:50mais sur le territoire
00:26:51zéro chômeur.
00:26:52Nous avons au Parlement
00:26:53bataillé depuis longtemps
00:26:55pour organiser
00:26:56la pérennisation
00:26:58de cette expérimentation,
00:27:01mais qui est une expérimentation
00:27:02qui dure et qui réussit
00:27:03dans les territoires.
00:27:04Je suis dans mon département
00:27:07et dans ma circonception
00:27:08des dispositifs
00:27:10territoires zéro chômeur
00:27:11qui ont démontré
00:27:12l'efficacité de l'action.
00:27:14Mais nous avons du mal
00:27:17à faire entendre raison,
00:27:19si je puis dire,
00:27:19sur un beau dispositif
00:27:20qui redonne de la dignité
00:27:23aux travailleurs,
00:27:25en tout cas aux personnes
00:27:26qui étaient privées
00:27:27trop longtemps
00:27:28d'un accès à l'emploi
00:27:30ou en tout cas
00:27:30d'une socialisation
00:27:32liée à l'emploi.
00:27:34Je voudrais revenir
00:27:36sur plusieurs éléments
00:27:39et notamment
00:27:40en reprenant un petit peu
00:27:41le fil du questionnaire.
00:27:43Vous avez parlé tout à l'heure
00:27:44à juste raison
00:27:46des suspicions de fraude.
00:27:48On voit bien que ça revient
00:27:50notamment dans le débat
00:27:52social et politique
00:27:54préélectoral,
00:27:55que ce soit
00:27:56des fraudes fiscales,
00:27:57des fraudes sociales
00:27:58où on ne montre pas
00:28:00nécessairement
00:28:01des plus grands responsables
00:28:03des fraudes.
00:28:04Mais sans faire de polémique
00:28:07sur le sujet,
00:28:08mais vous avez dit
00:28:09qu'effectivement,
00:28:11il y avait très souvent,
00:28:12c'est ce que vous avez
00:28:13peut-être constaté
00:28:14dans votre activité
00:28:15de défenseur des droits,
00:28:16plutôt l'expression
00:28:18d'une erreur
00:28:18qu'une volonté manifeste
00:28:20de fraude.
00:28:21Alors, il y a un peu
00:28:22de porosité forcément
00:28:23dans ces appréciations,
00:28:25c'est parfois
00:28:25un petit peu difficile,
00:28:26mais pour vous,
00:28:29quelles sont les causes
00:28:30de cette application
00:28:32finalement de la suspicion
00:28:34de fraude,
00:28:34alors qu'on pourrait avoir
00:28:36un peu plus de bienveillance
00:28:37en considérant d'emblée
00:28:39que ça peut être une erreur ?
00:28:42Diriez-vous que les agents
00:28:46publics pâtissent eux-mêmes
00:28:48d'une politique générale,
00:28:50d'une ambiance ?
00:28:51Comment c'est-il finalement
00:28:53qu'il n'y ait pas cette,
00:28:54j'ai envie de dire,
00:28:55cette bienveillance naturelle ?
00:28:59Je pense effectivement
00:29:00que le discours ambiant
00:29:02contribue
00:29:04dans les différents
00:29:05services publics
00:29:06à traquer
00:29:08la fraude.
00:29:09Je redis,
00:29:09la lutte contre la fraude,
00:29:10elle est parfaitement légitime.
00:29:12On dira la lutte contre
00:29:13les fraudes,
00:29:13comme ça,
00:29:13on est tranquille.
00:29:15Exactement,
00:29:15mais vous savez très bien
00:29:17que sur la fraude sociale,
00:29:18je ne sais plus les chiffres exacts,
00:29:20c'est les trois quarts,
00:29:20c'est la fraude employeur.
00:29:21Et dans la fraude
00:29:22à l'assurance maladie,
00:29:23c'est très majoritairement
00:29:24les professionnels.
00:29:26Donc,
00:29:26à aucun moment,
00:29:27je dis qu'il ne faut pas
00:29:28lutter contre la fraude.
00:29:29Je suis convaincue
00:29:29qu'il faut lutter contre la fraude.
00:29:30Mais je pense qu'il y a eu
00:29:31des moyens mis
00:29:32sur la lutte contre la fraude
00:29:34beaucoup plus importants
00:29:35que celui sur l'accès au droit
00:29:37et la lutte contre le non-recours.
00:29:39Et en fait,
00:29:40cette lutte contre la fraude,
00:29:41au bout d'un moment,
00:29:41elle alimente le non-recours
00:29:42parce que les gens
00:29:43ont tellement peur
00:29:44de se retrouver
00:29:44avec des induits
00:29:45et d'être accusés de fraude
00:29:46qu'ils préfèrent encore
00:29:47ne pas demander
00:29:48une aide
00:29:48auxquelles ils pourraient
00:29:51avoir accès.
00:29:52Je pense aussi vraiment que...
00:29:54Enfin,
00:29:54moi,
00:29:54je suis toujours dit,
00:29:54vous savez,
00:29:55dans l'institution,
00:29:55ce qu'on observe,
00:29:56c'est finalement l'écart
00:29:57entre le droit annoncé
00:29:58et son effectivité.
00:29:59Et sur le droit à l'erreur,
00:29:59c'est exactement ça.
00:30:00C'est intéressant
00:30:01que ça a été inscrit
00:30:02dans la loi
00:30:02avec la loi ESSOC.
00:30:03Mais la réalité,
00:30:04c'est que
00:30:05ce n'est pas réellement appliqué.
00:30:07Et puis là-dessus,
00:30:07il faut quand même
00:30:08à chaque fois dire
00:30:08que c'est au service public
00:30:09qui accuse la personne de fraude
00:30:11de démontrer la fraude
00:30:12et que c'est une fraude,
00:30:13c'est-à-dire qu'il y a
00:30:14une intention frauduleuse.
00:30:16Ça,
00:30:16dans nombre de dossiers,
00:30:18il n'y a aucune démonstration
00:30:19de l'intention frauduleuse.
00:30:22Et ça,
00:30:22c'est quand même
00:30:23un élément qui est essentiel.
00:30:24Moi,
00:30:24j'ai le souvenir
00:30:25d'une femme
00:30:26qui est accusée de fraude
00:30:28parce qu'elle ne l'a pas déclaré
00:30:30une aide
00:30:30qui lui a été donnée
00:30:32alors qu'elle est au RSA,
00:30:33mais elle l'a déclarée
00:30:34aux impôts.
00:30:34Donc,
00:30:35en fait,
00:30:35il n'y avait pas une volonté frauduleuse,
00:30:36elle ne l'aurait pas déclarée
00:30:37aux impôts.
00:30:38Il faut quand même
00:30:38être à peu près logique.
00:30:40Et je me suis toujours dit
00:30:42que les affaires
00:30:43qui remontaient
00:30:44à l'institution
00:30:44du défenseur des droits,
00:30:45c'est une petite partie
00:30:46de ce qui existe
00:30:47parce que dans ces populations,
00:30:50peu connaissent l'existence
00:30:51du défenseur des droits,
00:30:52peu savent à qui s'adresser
00:30:54et comment faire,
00:30:54même si l'institution
00:30:55fait beaucoup du aller vers
00:30:56avec entre autres
00:30:57les délégués
00:30:58qui sont sur aussi
00:31:00des espaces France Service
00:31:01itinérants,
00:31:02qui sont dans des CCAS,
00:31:03qui sont dans des missions
00:31:04locales.
00:31:05Mais la réalité,
00:31:05c'est qu'il y a quand même
00:31:06plein de gens
00:31:06qui ne connaissent pas
00:31:07l'institution
00:31:08et qui n'y ont pas recours.
00:31:11Voilà.
00:31:11Donc,
00:31:12je trouve que ça contribue
00:31:14à stigmatiser
00:31:16les plus pauvres.
00:31:19On a...
00:31:21Je trouve que
00:31:22dans l'esprit
00:31:24d'une grande partie
00:31:25de la population,
00:31:26il y a un regard
00:31:27très accusateur
00:31:28sur les personnes
00:31:28en situation de précarité
00:31:30où on leur renvoie
00:31:31qu'est-ce que vous avez raté
00:31:32dans votre vie
00:31:32pour vous retrouver
00:31:33dans cette situation.
00:31:34Et je trouve
00:31:35qu'on pourrait poser
00:31:35la question différemment
00:31:36qu'est-ce que la société
00:31:37a raté avec ces personnes
00:31:38pour qu'elles se retrouvent
00:31:39dans cette situation-là.
00:31:40Parce qu'en fait,
00:31:41c'est souvent des difficultés
00:31:42qui démarrent tout petit
00:31:44dans des conditions
00:31:45de logement,
00:31:46des conditions
00:31:46d'apprentissage,
00:31:47des difficultés scolaires.
00:31:49Évidemment,
00:31:49après,
00:31:50tout s'enchaîne.
00:31:51C'est ce que beaucoup
00:31:53de personnes
00:31:54qui ont été auditionnées
00:31:55par cette commission
00:31:56ont signalé,
00:31:58c'est-à-dire que
00:31:58la pauvreté des seniors
00:31:59est que le résultat
00:32:00d'une trajectoire
00:32:01de pauvreté
00:32:02durant toute la vie.
00:32:04Il est rare
00:32:05que l'on devienne
00:32:05pauvre en étant senior,
00:32:07en ayant finalement
00:32:09connu une carrière
00:32:10entre guillemets
00:32:11adulte et professionnelle
00:32:12satisfaisante.
00:32:13donc c'est bien
00:32:14l'accumulation malheureusement
00:32:16d'accidents de la vie.
00:32:20Pour revenir
00:32:21ou rester quelques instants
00:32:22de plus
00:32:23sur cette stigmatisation,
00:32:24est-ce que vous avez
00:32:25le sentiment
00:32:25qu'elle croit
00:32:27ou que finalement
00:32:29ça a toujours
00:32:30un peu été
00:32:30de stigmatiser
00:32:32les pauvres
00:32:33en les taxant
00:32:34de tous les maux
00:32:35de la terre
00:32:35et d'incapacité
00:32:36à travailler,
00:32:37à s'en sortir,
00:32:38etc.
00:32:38Ou est-ce que vous sentez
00:32:40un certain délitement
00:32:41de la bienveillance
00:32:43solidaire,
00:32:44honnêtement je pense
00:32:45que c'est un peu
00:32:45des deux.
00:32:46Je pense que ça a
00:32:46toujours existé
00:32:47et c'était latent.
00:32:49Il y a des moments
00:32:50où ça ne ressortait pas
00:32:51trop et puis d'autres
00:32:52beaucoup plus
00:32:52et là il y a une montée
00:32:54mais il y a une instrumentalisation
00:32:55d'un certain nombre
00:32:56de politiques
00:32:58sur ce sujet-là.
00:33:00Accuser les plus pauvres
00:33:01aujourd'hui
00:33:01de tous les maux
00:33:02de la société,
00:33:02excusez-moi
00:33:03si on est dans cette situation-là
00:33:04aujourd'hui
00:33:05dans l'endettement de la France,
00:33:06ce n'est pas de la faute
00:33:06des plus pauvres.
00:33:08Donc je trouve
00:33:09d'une indécence absolue
00:33:10d'aller montrer du doigt
00:33:12une partie de la population.
00:33:14les pauvres,
00:33:14les étrangers
00:33:16comme étant
00:33:18vecteur de tous les maux.
00:33:20Je pense qu'on a du mal
00:33:21à imaginer
00:33:22l'impact que ça a
00:33:23réellement sur les personnes.
00:33:25Moi, je pense que
00:33:26ma grande force
00:33:27par le mouvement
00:33:27ATD Quart Monde
00:33:28c'est d'être en lien
00:33:29avec des personnes
00:33:30en situation de précarité
00:33:30donc de voir
00:33:31quel impact ça a.
00:33:33Et moi,
00:33:33je suis désolée,
00:33:34ce n'est pas que j'ai vu
00:33:35des bons pauvres
00:33:36entre guillemets,
00:33:37j'ai vu des gens
00:33:37qui ont envie de s'en sortir,
00:33:38qui ont envie de travailler
00:33:39parce que c'est un moyen
00:33:40d'être assuré,
00:33:40qui ont envie que leurs enfants
00:33:41réussissent,
00:33:42qui ont envie d'avoir accès
00:33:43à un logement
00:33:43et de pouvoir payer le logement.
00:33:45Donc les montrer du doigt
00:33:46en permanence
00:33:47comme étant des assistés,
00:33:49je trouve ça absolument effrayant.
00:33:53Je me dis,
00:33:54pour le coup,
00:33:55je me dis qu'on a raté
00:33:56quelque chose
00:33:56pour convaincre là-dessus.
00:33:58qu'est-ce qui fait
00:33:59qu'on n'arrive pas
00:34:00à convaincre
00:34:00qu'on vivrait quand même
00:34:01beaucoup mieux
00:34:02dans une société
00:34:03beaucoup plus impulsive.
00:34:06Et on a sur les frontons
00:34:08de nos bâtiments publics
00:34:09Liberté, Égalité, Fraternité,
00:34:10je trouve que c'est un programme
00:34:11qui est absolument magnifique,
00:34:13mais enfin,
00:34:13on a quand même du mal
00:34:13à y être
00:34:14et du mal à reconnaître
00:34:15qu'on n'y est pas.
00:34:17Vous avez raison,
00:34:17c'est un programme révolutionnaire
00:34:19qui est un moment
00:34:20de mobilisation
00:34:21de chaque instant.
00:34:22C'est un magnifique programme.
00:34:23Merci pour votre plaidoyer
00:34:26d'humanité.
00:34:28Vous le savez,
00:34:28et vous avez eu raison
00:34:30dans le propos introductif
00:34:31de rappeler
00:34:32que la pauvreté,
00:34:32bien évidemment,
00:34:33malheureusement,
00:34:34touchait toutes les strates
00:34:36de la population
00:34:36et qu'il est toujours difficile
00:34:38ou même,
00:34:39on s'est absolument persuadé,
00:34:41il faut cesser
00:34:42ces logiques de silos
00:34:43et avoir, bien sûr,
00:34:45des visions
00:34:45beaucoup plus globales,
00:34:47holistiques
00:34:47et qui tiennent
00:34:49davantage compte
00:34:50de la personne
00:34:50que de son âge,
00:34:52sa strate,
00:34:53sa localisation géographique,
00:34:55etc.
00:34:55Néanmoins,
00:34:56nous avons voulu
00:34:57en tout cas,
00:34:58le groupe socialiste
00:34:59que je représente
00:35:01a voulu
00:35:03porter quand même
00:35:03une attention
00:35:04toute particulière
00:35:05sur la pauvreté
00:35:06des seigneurs.
00:35:07Pour une raison simple,
00:35:08c'est que
00:35:08vous avez à plusieurs reprises
00:35:10parlé de vulnérabilité,
00:35:11quand on est seigneur,
00:35:12on devient vulnérable
00:35:13et de plus en plus vulnérable,
00:35:15on sait que sa situation
00:35:16ne va pas s'arranger,
00:35:17sa situation physiologique,
00:35:19psychologique,
00:35:21sa capacité de travail,
00:35:22sa capacité à rebondir,
00:35:24comme on dit aujourd'hui,
00:35:25s'affaiblit
00:35:26d'année en année.
00:35:26C'est pour ça
00:35:27que nous avons voulu
00:35:29réfléchir et travailler
00:35:30à travers cette commission
00:35:32d'enquête
00:35:32sur la question
00:35:33vraiment de la pauvreté
00:35:33des seigneurs
00:35:35pour cette raison-là
00:35:36et aussi parce que
00:35:38malheureusement,
00:35:38il y a aussi
00:35:39un discours ambiant
00:35:39sur les retraités aisés
00:35:42et sur finalement
00:35:44une classe de privilégiés.
00:35:45comme toute strate
00:35:48d'âge,
00:35:49il y a des riches,
00:35:51des pauvres
00:35:51et malheureusement,
00:35:53malheureusement,
00:35:53de plus en plus
00:35:54de seigneurs pauvres.
00:35:57C'est quand même
00:35:58en croissance.
00:36:01Il y a bien sûr
00:36:03les seigneurs
00:36:04qui sont en activité,
00:36:06des seigneurs
00:36:06qui sont malheureusement
00:36:08au chômage
00:36:08ou qui sont en insertion.
00:36:10Puis vous avez
00:36:11toute une partie
00:36:12de populations
00:36:13qui ne sont pas en emploi,
00:36:15pas en retraite,
00:36:16pas nécessairement
00:36:17dans un régime
00:36:18indemnitaire satisfaisant,
00:36:19etc.
00:36:21Et nous avons
00:36:23vos collègues,
00:36:24je dis vos collègues
00:36:25puisque vous êtes
00:36:26militante à TDKMON,
00:36:27donc les collègues
00:36:28d'autres associations
00:36:29ont souvent témoigné
00:36:31sur les ruptures
00:36:33finalement de droits,
00:36:36la difficulté
00:36:37à y avoir accès,
00:36:38vous l'avez dit,
00:36:39et parfois
00:36:39quand on y a accès,
00:36:40à un moment donné,
00:36:40on n'y a plus droit
00:36:41et il y a des ruptures
00:36:43comme ça
00:36:43dans les aides
00:36:45qui peuvent
00:36:47parfois
00:36:48faire basculer
00:36:50dans la précarité.
00:36:53Compte tenu
00:36:54de votre fonction
00:36:55précédente,
00:36:57d'abord,
00:36:57est-ce que vous
00:36:58confirmez,
00:36:58est-ce que vous avez
00:36:59aussi constaté
00:37:00ces éléments-là
00:37:02et est-ce que
00:37:03vous seriez
00:37:04favorable
00:37:05à un système
00:37:06de maintien
00:37:07du versement
00:37:08des minima sociaux,
00:37:09de fusion
00:37:09des minima sociaux,
00:37:11de voir
00:37:12pourquoi pas
00:37:14d'une allocation
00:37:15un peu automatisée
00:37:17eu égard
00:37:17aux critères ?
00:37:20Effectivement,
00:37:21dans l'institution,
00:37:22on a été
00:37:22très frappé,
00:37:23mais moi je l'ai vu
00:37:24aussi pendant
00:37:25toutes mes années
00:37:25à TD Carmond,
00:37:26le passage
00:37:27RSA
00:37:30retraite
00:37:31avec des personnes
00:37:32qui ne touchent rien
00:37:33pendant plusieurs mois.
00:37:34Ce n'est pas
00:37:35que la situation
00:37:36RSA retraite,
00:37:37vous savez,
00:37:37dans les réclamations
00:37:38du défenseur des droits
00:37:39sur les questions
00:37:39du passage à la retraite,
00:37:40on a des réclamants
00:37:42qui ont passé,
00:37:43j'ai du mal,
00:37:44je dis encore un,
00:37:44qui passent six mois,
00:37:48un an,
00:37:4818 mois
00:37:49sans aucun revenu
00:37:50parce qu'ils ne touchent
00:37:51pas de pension de retraite
00:37:51alors qu'ils sont passés
00:37:52à la retraite.
00:37:53Je n'ai pas une critique
00:37:54contre la CNAV
00:37:55là-dessus,
00:37:55vraiment,
00:37:56qui cherche à faire au mieux,
00:37:57mais en fait,
00:37:57ça veut dire qu'il faut
00:37:57des agents
00:37:58dans ces services publics
00:37:59et en fait,
00:38:00il faut suffisamment
00:38:01d'agents
00:38:01pour traiter
00:38:03les dossiers.
00:38:04Donc,
00:38:04ce n'est pas que le problème
00:38:05de ceux qui passent
00:38:06du RSA
00:38:07au minimum vieillesse,
00:38:08c'est aussi
00:38:09la question
00:38:10d'un certain nombre
00:38:11de retraités
00:38:12et souvent d'ailleurs
00:38:13ceux qui ont
00:38:13des carrières hachées
00:38:14ou qui ont travaillé
00:38:15à un moment à l'étranger,
00:38:16évidemment,
00:38:16c'est souvent des situations
00:38:18plus complexes.
00:38:19En fait,
00:38:20je ne comprends pas tellement
00:38:21pourquoi on ne peut pas
00:38:21maintenir le RSA
00:38:22tant que la personne
00:38:23ne touche pas
00:38:24le minimum vieillesse
00:38:25parce qu'en fait,
00:38:25le minimum vieillesse,
00:38:26il est plus élevé.
00:38:27Donc,
00:38:27de toutes les manières,
00:38:28il n'y aura pas d'indu
00:38:29à récupérer.
00:38:31Donc,
00:38:31je trouve qu'il n'y a pas
00:38:32de raison de l'arrêter
00:38:33tant que la personne
00:38:35ne reçoit pas
00:38:36le minimum vieillesse
00:38:38et là,
00:38:39c'est de la discussion
00:38:40entre services publics
00:38:41quand même.
00:38:41Mais je pense
00:38:43que ce serait
00:38:43quelque chose d'important
00:38:44pour que les personnes
00:38:45ne se retrouvent pas
00:38:47sans rien
00:38:47mais de façon plus générale,
00:38:49je pense que ce passage
00:38:51à la retraite,
00:38:51il faut absolument
00:38:52que les personnes
00:38:53reçoivent quelque chose
00:38:54dès le premier jour
00:38:54de retraite.
00:38:55Vous voyez ce qui est intéressant
00:38:56dans ce qui se passe
00:38:57là sur les personnes
00:38:58qui sont à la retraite
00:38:59sans avoir été forcément
00:39:00au minima sociaux
00:39:00et qui n'ont rien
00:39:01pendant plusieurs mois.
00:39:02En fait,
00:39:02les batailles qu'on mène
00:39:03sur des personnes
00:39:04en situation de précarité,
00:39:05vous voyez très bien
00:39:06comment des situations
00:39:06comme celle-là
00:39:07peuvent toucher des gens
00:39:07qui ne soient pas forcément
00:39:09en situation de pauvreté.
00:39:11Quand on commence
00:39:12à toucher aux droits
00:39:13des personnes précaires,
00:39:14comment est-ce qu'on peut
00:39:14faire comprendre
00:39:15qu'on a des risques
00:39:16pour le reste de la population ?
00:39:18C'est ça en fait
00:39:18qu'il faudrait comprendre.
00:39:19Ne serait-ce que
00:39:19pour un intérêt pour soi-même,
00:39:21on a intérêt à ce que
00:39:22les autres aient accès aux droits
00:39:23pour ne pas se retrouver
00:39:24dans la même situation.
00:39:25L'éloignement des services publics
00:39:26avec la dématérialisation,
00:39:28c'est ça aussi.
00:39:28Et mon propos
00:39:29sur la dématérialisation,
00:39:33est-ce que c'est une bonne chose
00:39:34parce que ça simplifie
00:39:36pour un grand nombre
00:39:36de personnes les démarches ?
00:39:37La seule chose,
00:39:38c'est que ça ne peut pas
00:39:38être la seule porte d'entrée.
00:39:40Voilà.
00:39:40Il faut pouvoir déposer
00:39:41un dossier papier,
00:39:41il faut pouvoir joindre quelqu'un
00:39:42quand le dossier est bloqué.
00:39:43Parce que chacun d'entre nous
00:39:45aussi débrouillard qu'on est,
00:39:46on peut à un moment
00:39:47se retrouver dans la situation
00:39:49où c'est bloqué.
00:39:50Et là, vous avez besoin
00:39:51de joindre quelqu'un.
00:39:53Est-ce que vous avez constaté,
00:39:54puisque la Cour des comptes
00:39:56a relevé qu'il y avait,
00:39:58comme vous l'évoquiez,
00:39:59des pensions
00:40:00qui peuvent être mal calculées
00:40:02et je dis que 106 000 pensions
00:40:08ont été mal calculées
00:40:09en 2025,
00:40:10c'est ce que révèle
00:40:11la Cour des comptes
00:40:12et que parmi celles-ci,
00:40:1480 000 l'étaient au détriment
00:40:16des retraités.
00:40:18Est-ce que vous êtes saisi,
00:40:21en tant que parlementaire,
00:40:22dans ma circonscription,
00:40:24je le suis et nous écrivons
00:40:27souvent et nous obtenons
00:40:28souvent gain de cause,
00:40:29d'ailleurs,
00:40:30non pas parce que nous avons écrit,
00:40:31mais simplement parce que
00:40:32il y a eu un recalcul de faits.
00:40:34Mais le fait que vous ayez écrit,
00:40:37ça oblige un peu au recalcul.
00:40:38Nous sommes d'accord,
00:40:40mais est-ce que votre institution
00:40:42est de plus en plus saisie
00:40:44de ces difficultés ?
00:40:46Oui, on a tout un pôle
00:40:48vraiment spécialisé
00:40:49sur ces questions-là,
00:40:50sur ces questions
00:40:51de calcul de retraite
00:40:52et je pense à une
00:40:52qui est particulièrement compétente,
00:40:54parce que c'est
00:40:54excessivement technique,
00:40:55en fait,
00:40:55ces questions-là.
00:40:57Oui, on est plutôt
00:40:58de plus en plus saisis
00:40:59sur ces difficultés-là,
00:41:02de façon assez impressionnante.
00:41:05Et moi,
00:41:05ce qui m'a toujours frappé
00:41:06pendant mes six ans de mandat,
00:41:08c'est que ce qu'on voyait
00:41:09comme réclamation,
00:41:10il y a une bonne partie
00:41:10que vous voyez,
00:41:11vous députés,
00:41:12dans vos permanences.
00:41:13Il y a beaucoup,
00:41:14beaucoup de points communs
00:41:16sur des difficultés
00:41:18sur lesquelles vous êtes alertés
00:41:20et sur lesquelles l'institution
00:41:21du défenseur des droits
00:41:22est alertée aussi.
00:41:24Oui, c'est pour ça
00:41:25que je partage
00:41:26votre point de vue,
00:41:28mais par expérience,
00:41:30mes collègues connaissent
00:41:31à peu près
00:41:31les mêmes difficultés.
00:41:32De la même manière,
00:41:33nous connaissons aussi
00:41:35des difficultés
00:41:36liées aux pensions
00:41:37de reversion.
00:41:38Il n'y a pas six mois
00:41:39qui se passent
00:41:40sans que je reçois
00:41:41une ou deux.
00:41:42En général,
00:41:42ce sont des femmes
00:41:43qui se retrouvent
00:41:44dans une panade
00:41:45très difficile
00:41:46parce qu'elles conservent
00:41:49le même loyer,
00:41:51globalement,
00:41:51les mêmes frais
00:41:52et non plus
00:41:53la pension du conjoint.
00:41:55Souvent, malheureusement,
00:41:56les femmes ont eu
00:41:57des carrières plus achées,
00:41:58moins rémunérées
00:41:59et se retrouvent
00:42:00en difficulté majeure,
00:42:02parfois ayant même
00:42:03l'obligation
00:42:04de changer de logement
00:42:05avec les frais
00:42:06de déménagement
00:42:08et quand elles n'ont plus
00:42:09payé les frais d'obsèque,
00:42:10ce que j'ai déjà eu,
00:42:11des cas où les frais d'obsèque
00:42:13ne pouvaient pas payer.
00:42:14Est-ce que vous avez
00:42:17aussi ces remontées ?
00:42:19Oui.
00:42:19Est-ce que vous constatez
00:42:21des délais importants
00:42:23entre certains...
00:42:24Alors, là encore,
00:42:24nous ne sommes pas là
00:42:25pour faire le procès
00:42:26des administrations
00:42:27qui gèrent l'ensemble...
00:42:29Non, mais il faut
00:42:29des agents
00:42:30dans ces administrations.
00:42:31Voilà, mais en même temps,
00:42:33vu qu'on nous fait remonter
00:42:34les dysfonctionnements,
00:42:36il faut dépointer.
00:42:37Donc, je veux savoir...
00:42:37Oui, l'institution est saisie
00:42:39de ce genre de situation
00:42:39très, très régulièrement.
00:42:41Et vous avez raison de dire
00:42:43surtout sur les délais,
00:42:44c'est-à-dire
00:42:46plusieurs mois sans réponse,
00:42:47des pièces
00:42:48et les mêmes pièces
00:42:49qui sont redemandées
00:42:50et des personnes
00:42:51qui se retrouvent
00:42:52plusieurs mois
00:42:53quand ça ne se compte pas
00:42:53en années
00:42:54sans pension de réversion.
00:42:57Est-ce que vous pensez,
00:42:58là encore,
00:42:58on l'évoquait
00:42:59à propos de certaines aides
00:43:01et on pourra revenir
00:43:03sur l'ASPA aussi,
00:43:05est-ce qu'il ne pourrait pas
00:43:06y avoir une automaticité
00:43:08finalement,
00:43:09partielle en tout cas,
00:43:11ou d'un montant partiel
00:43:13de la réversion ?
00:43:14Moi, je suis convaincue
00:43:15qu'il faut aller
00:43:16vers un système
00:43:17d'automaticité.
00:43:18Je n'ai pas de doute
00:43:19là-dessus.
00:43:20La seule crainte
00:43:21qu'on peut avoir,
00:43:22c'est qu'il ne faudrait pas
00:43:22que ça génère des indues.
00:43:25C'est ce qu'on a pu observer
00:43:27dans l'institution
00:43:28sur les APL,
00:43:29par exemple,
00:43:30quand ça a été automatisé,
00:43:32c'est qu'il y a quand même
00:43:33des gens qui se sont retrouvés
00:43:34sans APL
00:43:34pendant plusieurs mois
00:43:36et à qui il y avait eu
00:43:37des erreurs dans les...
00:43:39L'erreur,
00:43:39elle peut toujours exister.
00:43:40Moi, ce qui me frappe
00:43:41dans ces automatisations,
00:43:43c'est que quand il y a des erreurs,
00:43:45il n'y a personne
00:43:45pour les régler
00:43:47et il faut des cellules
00:43:48dans ces cas-là
00:43:49de gens qu'on peut contacter
00:43:50d'un seul coup
00:43:50quand il y a une erreur.
00:43:51Entre autres,
00:43:51c'est des gens
00:43:52à qui on disait
00:43:53vous avez travaillé,
00:43:54vous avez gagné tant
00:43:54alors que ce n'était pas le cas
00:43:55et qui pouvaient bénéficier
00:43:57à ce moment-là
00:43:58d'APL.
00:44:00Donc, oui,
00:44:01je suis pour l'automatisation,
00:44:02absolument,
00:44:04parce que ça évite
00:44:06le non-accès aux droits,
00:44:08mais attention
00:44:08à la question des indues.
00:44:10Voilà.
00:44:12Concernant l'ASPA,
00:44:13on évoquait tout à l'heure
00:44:14un taux de non-recours
00:44:16extrêmement important.
00:44:18On est toujours à 50 %,
00:44:20c'est ça ?
00:44:20Toujours à 50 %,
00:44:21ce qui est le taux
00:44:23de non-recours
00:44:23le plus élevé
00:44:24de toutes les allocations
00:44:26et aide.
00:44:28Est-ce que vous avez
00:44:30une explication ?
00:44:32Premier élément de question.
00:44:33Et deuxième élément de question,
00:44:34vous le savez,
00:44:36le montant de l'ASPA
00:44:38est bien inférieur
00:44:41au seuil de pauvreté,
00:44:44plus de 100 euros inférieur.
00:44:47Est-ce que vous pensez
00:44:48qu'il faut revaloriser
00:44:51le montant ?
00:44:52Je pense d'abord
00:44:53qu'il faut revaloriser
00:44:54l'ensemble des minimas sociaux.
00:44:55Il y a eu un décrochage
00:44:57au moment du démarrage
00:44:58du RMI
00:44:58et sur l'écart
00:44:59avec le SMIC.
00:45:00Le décrochage,
00:45:01il est réel.
00:45:02Donc moi,
00:45:02je pense que c'est
00:45:02une augmentation
00:45:03de l'ensemble
00:45:04des minimas sociaux.
00:45:06Je crois que sur le non-recours
00:45:08sur l'ASPA,
00:45:09c'est la question
00:45:10de la récupération
00:45:10sur les successions
00:45:12qui est un des obstacles
00:45:13majeurs
00:45:14à la demande
00:45:16de l'ASPA.
00:45:19La crainte
00:45:20que ça ait un impact
00:45:21pour les héritiers.
00:45:25Vous pensez
00:45:26que c'est plus
00:45:27cette crainte-là
00:45:28qu'une méconnaissance
00:45:29ou qu'une difficulté
00:45:30d'accès
00:45:31comme on l'évoquait
00:45:32tout à l'heure
00:45:32à travers les démarres
00:45:34Il y a toujours
00:45:35une partie
00:45:36de méconnaissance
00:45:36mais il y a une vraie partie
00:45:38de peur
00:45:39de cette récupération.
00:45:40Et entre autres,
00:45:41par exemple,
00:45:42chez les agriculteurs.
00:45:42Ça, c'est très net.
00:45:44Ça empêcherait
00:45:45la transmission
00:45:45de l'exploitation.
00:45:49Je voudrais vous dire
00:45:50un mot
00:45:50sur l'accès aux soins.
00:45:52Oui, oui,
00:45:52tout à fait.
00:45:54Vous en faites.
00:45:55Non, parce que
00:45:57vous parliez
00:45:58tout à l'heure
00:45:58du aller vers
00:46:00et quand je vous redisais
00:46:02que tout ça
00:46:03doit être pensé
00:46:03de façon globale
00:46:05dans le projet
00:46:06de loi de finances
00:46:07celui de l'année d'avant,
00:46:09il y a eu la volonté
00:46:10de supprimer
00:46:11les médiateurs en santé,
00:46:12de supprimer
00:46:13le financement
00:46:13des médiateurs en santé.
00:46:14Tous les gens
00:46:15qui l'ont expérimenté,
00:46:17je l'ai vu près de Nîmes,
00:46:18vous avez une maison
00:46:19de santé tenue
00:46:20par le docteur
00:46:21Maddy de Nantes
00:46:21qui l'expérimente,
00:46:23c'est ça qui facilite
00:46:24l'accès aux soins
00:46:24des personnes
00:46:25qui sont les plus éloignées
00:46:25des soins.
00:46:26On pourrait faire
00:46:27le calcul d'ailleurs
00:46:28finalement aussi
00:46:28de ce que ça rapporte,
00:46:29parce que quand vous soignez
00:46:30les gens plus régulièrement,
00:46:32vous évitez des situations,
00:46:34des pathologies
00:46:34beaucoup plus graves
00:46:35et ça coûte au bout du compte
00:46:36moins cher à la sécu.
00:46:37Et donc là,
00:46:38je ne sais pas
00:46:39ce qui se passe
00:46:39dans la prochaine loi de finances
00:46:40parce que finalement
00:46:41ça a été à peu près maintenu
00:46:43mais pas tout à fait.
00:46:44Qu'est-ce qui se passe
00:46:44dans la prochaine loi de finances ?
00:46:46C'est ça lutter
00:46:46contre la pauvreté,
00:46:47je veux dire,
00:46:48ce n'est pas empêcher
00:46:49des actions
00:46:49dont on sait en plus
00:46:50qu'elles marchent.
00:46:51Ce que je trouve
00:46:52assez incroyable,
00:46:53c'est que ces médiateurs
00:46:53en santé,
00:46:54on sait que ça marche,
00:46:55on sait que ça permet
00:46:56un meilleur suivi
00:46:57et voilà,
00:46:58on l'expérimente
00:46:59pendant un temps
00:47:00et on ne veut plus
00:47:00le financer après.
00:47:04Vous avez le sentiment
00:47:05que finalement
00:47:06la lutte contre la pauvreté
00:47:07est un angle mort
00:47:09de la politique publique
00:47:10aujourd'hui ?
00:47:11Ah oui,
00:47:11et pas aujourd'hui,
00:47:12honnêtement,
00:47:13depuis pas mal de temps,
00:47:14depuis des années.
00:47:15Moi, j'ai trouvé
00:47:16qu'on a quand même,
00:47:17et sur l'ensemble
00:47:18d'ailleurs des droits,
00:47:19on a été pendant des années
00:47:20sur des gains.
00:47:21Enfin, je veux dire,
00:47:21on a amélioré
00:47:22l'accès aux droits,
00:47:23on a amélioré les droits
00:47:25et là, je trouve
00:47:26qu'on est devenu
00:47:26depuis quelques années
00:47:27en défensive.
00:47:28Je ne parle pas
00:47:29simplement précarité
00:47:30mais on est en défensive.
00:47:31On a du mal
00:47:32à comprendre
00:47:33que les droits,
00:47:34ils sont très souvent
00:47:35considérés comme
00:47:36empêchant la volonté
00:47:37populaire
00:47:38mais c'est entièrement faux.
00:47:39Enfin, le respect des droits,
00:47:41c'est ce qui fonde
00:47:41une démocratie.
00:47:42C'est ce qui permet
00:47:43l'échange
00:47:44entre les êtres humains.
00:47:45C'est ce qui permet
00:47:45d'éviter la loi du plus fort.
00:47:47Enfin, je veux dire,
00:47:47très clairement.
00:47:48Et donc là,
00:47:49on sent bien
00:47:50qu'à la fois
00:47:50sur les droits
00:47:51et sur les questions
00:47:52de lutte contre la pauvreté,
00:47:54on est vraiment,
00:47:55je trouve,
00:47:56en défensive.
00:47:59Et honnêtement,
00:48:00il n'y a jamais eu
00:48:00vraiment de politique publique
00:48:02qu'on souhaite
00:48:04vraiment,
00:48:04globale,
00:48:05qui prend en compte
00:48:06l'ensemble
00:48:07des paramètres.
00:48:09Et parce que
00:48:09ce n'est peut-être
00:48:09pas le temps
00:48:10des élections.
00:48:11C'est-à-dire,
00:48:11si vous voulez
00:48:11des résultats
00:48:13sur la lutte
00:48:13contre la pauvreté,
00:48:14il faut travailler
00:48:14sur une génération.
00:48:16Il faut travailler
00:48:16sur 25 ans.
00:48:18Et là,
00:48:19il y aura des résultats.
00:48:20Et ce n'est pas
00:48:21le temps des élections.
00:48:26Que pensez-vous
00:48:27du désengagement
00:48:28de l'État
00:48:28dans le financement
00:48:29des conseillers numériques ?
00:48:32Projet qui semble-t-il
00:48:34décider
00:48:34dans le cadre
00:48:35de la préparation
00:48:36du PLF ?
00:48:36C'est pareil,
00:48:38c'est absurde.
00:48:39Tout le monde démonte.
00:48:40Il n'y a pas que notre enquête.
00:48:41Je veux dire,
00:48:42notre enquête,
00:48:42elle dit par A plus B
00:48:44que plus d'une personne
00:48:45sur deux est en difficulté
00:48:47pour faire des démarches
00:48:47numérisées seules.
00:48:48Moi, je ne peux pas
00:48:48vous donner un autre chiffre
00:48:49que celui-là.
00:48:51Et donc,
00:48:52c'est quand même intéressant
00:48:52parce que les familles
00:48:53qui ont de quoi accompagner
00:48:55les personnes
00:48:56qui sont en difficulté,
00:48:57qui ont de quoi se faire aider,
00:48:58ça se fait dans la famille
00:48:59et c'est bon.
00:49:00Mais ceux qui n'ont pas ça,
00:49:01s'il n'y a pas
00:49:02des conseillers numériques,
00:49:03ils ne sont déjà pas
00:49:04en suffisamment grand nombre.
00:49:06Et alors,
00:49:06dans ce contexte-là,
00:49:07les supprimer,
00:49:08je ne comprends pas
00:49:09parce que je pense
00:49:10qu'une très grosse partie
00:49:11de la grogne actuelle
00:49:13et de la défiance
00:49:14vis-à-vis des institutions
00:49:15et de la démocratie
00:49:16et des politiques,
00:49:17elle est liée
00:49:17à cet éloignement
00:49:18des services publics.
00:49:20Donc,
00:49:20je ne comprends pas
00:49:21qu'on continue
00:49:22à toucher cette partie-là
00:49:23alors que c'est ça
00:49:24qui génère la grogne.
00:49:25Pour moi,
00:49:26il y a deux sujets.
00:49:26Il y a vraiment
00:49:27la question du pouvoir d'achat
00:49:28qui est absolument central
00:49:29dans lequel le logement
00:49:30prend une part
00:49:32incommensurable
00:49:33et le coût du logement
00:49:34est beaucoup trop élevé.
00:49:36Et là-dessus,
00:49:36il n'y a pas 15 000 méthodes.
00:49:37Il faut construire
00:49:38du logement social
00:49:39et très social
00:49:39de façon massive.
00:49:40On n'a jamais
00:49:41sur les dix dernières années
00:49:42aussi peu construit
00:49:43de logements très sociaux.
00:49:44Il y a l'autre partie.
00:49:45Il faut des services
00:49:46publics accessibles
00:49:47et donc il faut
00:49:47des conseillers numériques.
00:49:48Oui,
00:49:50ce que j'ai pu voir
00:49:52dans tous mes déplacements,
00:49:53cette grogne,
00:49:54elle est beaucoup liée
00:49:54à l'éloignement
00:49:55des services publics.
00:49:56Autre chose
00:49:56sur les questions de santé.
00:49:57Quand je suis en Corrèze,
00:49:59on découvre
00:49:59que la ligne Traignac,
00:50:00je peux vous voyez
00:50:01comment est faite la Corrèze,
00:50:02elle est bien étendue,
00:50:02elle est magnifique d'ailleurs,
00:50:04c'est un très beau département.
00:50:05Et quand vous êtes à Traignac,
00:50:06le plus simple
00:50:07pour aller vous faire soigner,
00:50:08c'est d'aller au CHU de Limoges
00:50:09parce que c'est ce qu'il y a
00:50:10de plus près,
00:50:10c'est plus près
00:50:11que d'aller à Tulle
00:50:12ou à Brille.
00:50:14La ligne a été fermée
00:50:15entre Traignac et Limoges.
00:50:16Évidemment que cette ligne,
00:50:17elle n'est pas rentable financièrement,
00:50:18mais il faut un moment
00:50:19des lignes qui sont pas rentables
00:50:20pour permettre l'accès aux soins.
00:50:21Ceux qui étaient à USEL avant,
00:50:23ils allaient se soigner
00:50:24au CHU de Clermont-Ferrand.
00:50:25Enfin, quand vous êtes à USEL,
00:50:26c'est bien plus simple.
00:50:27La ligne,
00:50:27elle a été supprimée
00:50:28il y a plusieurs années.
00:50:29Mais ça,
00:50:30ça n'a pas de sens
00:50:31si on veut travailler
00:50:33sur l'accès aux soins
00:50:33et l'accès aux soins
00:50:35justement des personnes âgées.
00:50:39Tout ça manque de cohérence.
00:50:41Non, non,
00:50:41mais médiateur en santé,
00:50:44conseiller numérique,
00:50:45territoire zéro-chômeur,
00:50:46même combat.
00:50:47C'est ça,
00:50:48c'est pas une cohérence.
00:50:50Oui,
00:50:50et vraiment,
00:50:51moi,
00:50:51la démonstration
00:50:52de territoire zéro-chômeur
00:50:53que j'avais intrinsèquement
00:50:55dans toutes ces années
00:50:55à TD Carmond,
00:50:56c'est que les personnes
00:50:57ont envie de travailler.
00:50:58Il faut arrêter de penser
00:50:59qu'elles se satisfassent
00:51:01de ne pas travailler.
00:51:01Quand j'étais dans les Vosges,
00:51:04il y a un homme,
00:51:05je pense 50-55 ans à peu près,
00:51:07qui m'a raconté son parcours,
00:51:09qui travaillait
00:51:09dans l'entreprise
00:51:10à but d'emploi.
00:51:11Un ancien chauffeur
00:51:12de poids lourd
00:51:13dans lequel il y avait aussi
00:51:14port de charge
00:51:15parce qu'il fallait vider
00:51:16le cabillon.
00:51:18Problème de dos
00:51:19et au bout d'un moment,
00:51:21maladie ne pouvant plus travailler
00:51:22et étant considérée
00:51:24comme invalide
00:51:26et ne pouvant plus travailler,
00:51:28se retrouvent
00:51:29au minima sociaux,
00:51:30à toutes les peines du monde
00:51:31à retrouver du travail
00:51:32et enfin à retrouver du travail.
00:51:33Et la première chose
00:51:34qu'il me dit,
00:51:34c'est que je vis beaucoup mieux
00:51:36depuis que j'ai le SMIC
00:51:36par rapport au RSA.
00:51:38Non mais,
00:51:38je veux dire,
00:51:39la commission d'enquête,
00:51:40il faut les envoyer
00:51:41voir ce genre de choses.
00:51:42Mais évidemment,
00:51:42qu'on vit mieux
00:51:43avec un SMIC
00:51:45qu'avec le RSA
00:51:45parce que quand même,
00:51:46les politiques publiques
00:51:47n'ont pas été faites
00:51:48en dépit du bon sens,
00:51:49elles sont quand même
00:51:50globalement bien faites.
00:51:51C'est-à-dire que
00:51:52quand vous êtes au SMIC,
00:51:52vous continuez à toucher
00:51:53des allocations familiales
00:51:54en plus.
00:51:55La grosse erreur
00:51:56dans le calcul du RSA,
00:51:57c'est qu'on a inclus
00:51:58des allocations familiales
00:51:59dedans.
00:52:00Et en fait,
00:52:01symboliquement,
00:52:02je veux bien qu'on le paie
00:52:02d'un seul coup,
00:52:03mais il faut le séparer.
00:52:04Qu'est-ce qui correspond au RSA ?
00:52:05Qu'est-ce qui correspond
00:52:06aux allocations familiales ?
00:52:06Que les gens touchent
00:52:07quand ils ont le SMIC.
00:52:08Heureusement,
00:52:21Justement,
00:52:22concernant les travailleurs
00:52:25en insertion,
00:52:26les travailleurs
00:52:27seniors précaires,
00:52:29là encore,
00:52:30est-ce que...
00:52:32quelles sont les mesures
00:52:33au-delà
00:52:34de territoire zéro chômeur
00:52:35qui vous sembleraient
00:52:37les plus adaptées
00:52:39pour protéger
00:52:42le retour à l'emploi ?
00:52:44Je pense qu'il faut
00:52:45plus soutenir
00:52:46l'économie sociale
00:52:47et solidaire
00:52:47et les entreprises
00:52:48d'insertion.
00:52:49Je pense qu'une
00:52:50des grandes difficultés
00:52:51pour les personnes,
00:52:53c'est que dans
00:52:53les entreprises d'insertion,
00:52:54souvent,
00:52:54les contrats sont
00:52:55de courte durée
00:52:56et pas suffisamment long.
00:52:57En fait,
00:52:58il faudrait pouvoir garder
00:52:59les gens le temps
00:52:59qu'ils retrouvent
00:53:00un emploi ailleurs
00:53:01parce qu'autrement,
00:53:01ils font des sauts,
00:53:03c'est-à-dire qu'ils sont
00:53:04pendant un temps
00:53:04dans une entreprise
00:53:05d'insertion,
00:53:05puis ils sont au chômage,
00:53:07puis les minima sociaux,
00:53:08puis ils retournent
00:53:08dans des entreprises
00:53:09d'insertion.
00:53:10Il faut du temps
00:53:11pour se reconstruire.
00:53:13Et donc,
00:53:13je pense que le soutien
00:53:15à l'ESS
00:53:15est un des premiers
00:53:17points importants.
00:53:20Autre chose,
00:53:21je voudrais vous alerter
00:53:22aussi sur les...
00:53:22Mais ça,
00:53:23je pense que vous le savez
00:53:23que trop,
00:53:24sur le financement
00:53:25des associations.
00:53:26On a dans notre société
00:53:27un besoin vital
00:53:28du monde associatif.
00:53:30C'est ce monde associatif
00:53:31qui crée quand même
00:53:32de la cohésion sociale,
00:53:33du lien qui fait
00:53:33que les personnes
00:53:35sont moins isolées.
00:53:36Les associations deviennent,
00:53:37et surtout les petites associations,
00:53:39je parle moins des causes,
00:53:40en grande difficulté.
00:53:45Vous prêchez un convaincu.
00:53:47J'ai été longtemps président
00:53:49du centre des jeunes dirigeants
00:53:50de l'économie sociale
00:53:51et un militant de l'ESS.
00:53:54D'ailleurs,
00:53:55la feuille de route
00:53:56gouvernementale
00:53:57en matière de l'ESS
00:53:58est un peu en panne
00:53:59en ce moment.
00:54:00Nous aurons à en débattre
00:54:02prochainement,
00:54:03y compris dans les discussions
00:54:06budgétaires à venir.
00:54:10sur les maisons France Service,
00:54:14pour vous,
00:54:17j'ai bien entendu
00:54:18que tout à l'heure
00:54:18vous disiez
00:54:19que ça marchait finalement
00:54:20bien en milieu rural,
00:54:23moins en zone urbaine.
00:54:25Qu'est-ce qu'il faudrait faire
00:54:26pour que les maisons France Service
00:54:27se développent
00:54:29ou fonctionnent davantage,
00:54:30répondre davantage
00:54:32à travers l'exemple
00:54:33que vous citiez
00:54:33de la Corée,
00:54:35ce qui était tout à fait pertinent
00:54:36tout à l'heure,
00:54:36non des Vosges, pardon,
00:54:38c'était de la Corée,
00:54:39qui était tout à fait pertinent.
00:54:41Est-ce que vous avez
00:54:41d'autres exemples ?
00:54:46Il y a quand même
00:54:47des espaces France Service
00:54:48où la CAF
00:54:49ou la CNAM
00:54:50font des permanences
00:54:51physiques,
00:54:52il y en a.
00:54:52Ce que je crois d'abord
00:54:53très inquiétant,
00:54:54c'est quand on a une CAF
00:54:56qui ferme son accueil
00:54:57sous prétexte
00:54:57qu'il y a un espace
00:54:58France Service à côté,
00:54:59ça arrive encore.
00:55:00Ça, c'est excessivement délétère.
00:55:02Parce que je crois
00:55:02qu'on a quand même besoin
00:55:03de pouvoir avoir un rendez-vous
00:55:05quand il y a un dossier
00:55:06qui coince
00:55:07et qui est en difficulté.
00:55:08Donc ça,
00:55:08c'est le premier point
00:55:10qui est important.
00:55:11la question du financement
00:55:13quand même
00:55:13de ces espaces France Service.
00:55:15Parce que c'est bien
00:55:16l'accès à un service public
00:55:18qui est financé
00:55:19dans ces espaces
00:55:19France Service.
00:55:20Et donc c'est l'État,
00:55:22normalement.
00:55:22Et maintenant,
00:55:23c'est les collectivités locales
00:55:24qui financent un tiers
00:55:25de ces espaces
00:55:26France Service.
00:55:27Alors, elles ont aussi
00:55:29un intérêt
00:55:29pour leurs administrés,
00:55:30mais quand même,
00:55:31il y a une vraie question
00:55:33de pérennisation
00:55:34des financements
00:55:35et des financements
00:55:35de l'État.
00:55:36Ça me paraît
00:55:37absolument indispensable.
00:55:39Donc moi,
00:55:40je...
00:55:41Dans un idéal,
00:55:42il vaudrait mieux
00:55:42que ce soit
00:55:43chaque service public
00:55:44qui ait bien un accueil
00:55:45présent sur l'ensemble
00:55:46du territoire.
00:55:47Je ne suis pas naïve,
00:55:47c'est un peu compliqué.
00:55:48Donc les espaces
00:55:49France Service,
00:55:50très bien,
00:55:50mais il faut voir
00:55:51la question du...
00:55:52Vraiment ce qu'a dit
00:55:52la Cour des Comptes
00:55:53sur le lien
00:55:53avec le back-office
00:55:54est vital.
00:55:54Et celles qui sont
00:55:55en difficulté
00:55:56dans le lien
00:55:56avec le back-office,
00:55:57il faut voir
00:55:57avec les différents
00:55:58services publics
00:55:59qu'est-ce qui se passe
00:55:59et pourquoi
00:56:00on ne leur répond pas.
00:56:01Et je pense qu'il faut
00:56:02généraliser
00:56:03la question des permanences
00:56:05une fois par semaine
00:56:06de la CAF,
00:56:06de la CNAM,
00:56:07voilà.
00:56:07Est-ce que c'est par visio
00:56:08ou est-ce que c'est
00:56:09physiquement suivant
00:56:10le territoire ?
00:56:11Il faut voir,
00:56:12mais ça me paraît indispensable.
00:56:15Merci beaucoup.
00:56:17Nous avons aussi
00:56:18dans cette commission
00:56:19d'enquête
00:56:20et je vous l'ai dit
00:56:21tout à l'heure,
00:56:21souhaité avoir
00:56:23une focale aussi
00:56:24sur les collectivités
00:56:26ultramarines
00:56:26et les départements.
00:56:28nous avons auditionné
00:56:29récemment
00:56:30l'ensemble
00:56:31des commissaires
00:56:33à la lutte
00:56:33contre la pauvreté
00:56:36dans leur
00:56:36collectivité
00:56:37locale.
00:56:38Est-ce que vous,
00:56:39la collectivité
00:56:39territoriale,
00:56:41est-ce que
00:56:41en tant qu'ancienne
00:56:43défenseur des droits,
00:56:44vous avez eu
00:56:44à connaître
00:56:45des situations
00:56:46particulières
00:56:48dans
00:56:50des territoires
00:56:51ultramarins ?
00:56:52Est-ce que
00:56:53vous avez pu
00:56:54en dresser
00:56:54une cartographie
00:56:56un peu particulière ?
00:56:57Est-ce que vous avez
00:56:57des conseils
00:56:58à nous donner ?
00:57:00Pendant mon mandat,
00:57:01je suis allée
00:57:02dans une grande partie
00:57:03des territoires
00:57:04ultramarins,
00:57:05pas tous,
00:57:05je ne suis pas allée
00:57:06à Tahiti,
00:57:06je ne suis pas allée
00:57:06en Nouvelle-Calédonie,
00:57:07mais je suis allée
00:57:08à la Réunion
00:57:08à Mayotte,
00:57:09en Guyane
00:57:10et aux Antilles.
00:57:14Schématiquement,
00:57:15la Réunion,
00:57:16elle fonctionne
00:57:16à peu près
00:57:16comme un département
00:57:17français.
00:57:17Il y a des difficultés
00:57:18d'accès aux droits,
00:57:19mais je veux dire
00:57:19du même ordre
00:57:20qu'un autre département
00:57:22de l'Hexagone.
00:57:25C'est dégradé
00:57:26aux Antilles,
00:57:27très honnêtement.
00:57:29C'est encore plus dégradé
00:57:30en Guyane
00:57:30et encore encore plus
00:57:31à Mayotte.
00:57:33Très nettement,
00:57:34dans l'ordre de dégradation,
00:57:35c'est celui-là.
00:57:37Les Antilles,
00:57:37j'y suis allée assez vite
00:57:38au début de mon mandat
00:57:39et on a pu faire
00:57:42un rapport
00:57:43sur justement
00:57:43les difficultés
00:57:44d'accès aux services publics
00:57:45aux Antilles.
00:57:46Ce que je vous ai dit
00:57:46sur la retraite,
00:57:47l'accès aux soins
00:57:48et tout,
00:57:48est exacerbé
00:57:50aux Antilles
00:57:51avec un dysfonctionnement
00:57:52massif aussi
00:57:52de l'assurance maladie.
00:57:55Je suis effrayée
00:57:56de ce que j'ai pu voir
00:57:56en Guyane
00:57:59et encore plus effrayée
00:58:00de ce que j'ai pu voir
00:58:02à Mayotte.
00:58:02Je voudrais juste,
00:58:03ce n'est pas tout à fait
00:58:04la question que vous me posez,
00:58:05mais vous alerter
00:58:06sur un point
00:58:07sur la question
00:58:08de l'acquisition
00:58:08de la nationalité
00:58:09quand vous êtes né
00:58:10en Guyane
00:58:10ou à Mayotte.
00:58:12À Mayotte,
00:58:13vous savez que les règles
00:58:14ont été changées.
00:58:14Il faut que les deux parents
00:58:15soient en situation régulière.
00:58:17La réalité du terrain,
00:58:18c'est que le droit du sol
00:58:18n'existe plus à Mayotte
00:58:19aujourd'hui.
00:58:20Ceux qui proposent
00:58:21que ça n'existe plus,
00:58:22c'est déjà le cas
00:58:22parce que prouver
00:58:24que vos deux parents
00:58:25sont en situation régulière
00:58:27au moment de la naissance
00:58:29est excessivement compliqué
00:58:30parce que pour certains,
00:58:31leurs papiers
00:58:32n'ont pas été renouvelés
00:58:33et surtout que
00:58:34quand ils déclarent
00:58:35leur enfant,
00:58:35il y a très souvent
00:58:36un refus d'inscrire
00:58:38qu'ils sont en situation
00:58:39régulière à ce moment-là.
00:58:41Donc la réalité,
00:58:41elle est celle-là.
00:58:43Pour la Guyane,
00:58:44vous savez que la règle,
00:58:45maintenant,
00:58:45c'est avant,
00:58:46la chose,
00:58:48c'est de dire
00:58:48avant vos 12 ans,
00:58:50enfin,
00:58:50ou juste après les 12 ans
00:58:51que vous vouliez
00:58:52être français.
00:58:53Pour une partie
00:58:54des populations
00:58:56relativement précaires,
00:58:57elles ne savent pas
00:58:57qu'il faut faire
00:58:58cette demande.
00:58:59Donc à 18 ans,
00:59:00elles demandent
00:59:00leurs papiers.
00:59:01Elles n'ont plus
00:59:02de preuves
00:59:03du fait à la fois
00:59:04qu'elles sont nées
00:59:05sur le territoire,
00:59:06qu'elles y ont vécu
00:59:07pendant toutes ces années-là.
00:59:08Mais parce que
00:59:09l'habitat est tellement
00:59:10précaire
00:59:10qu'ils sont dans
00:59:11des zones inondables
00:59:12et tous les papiers
00:59:12sont perdus,
00:59:13c'est un certain nombre
00:59:13de difficultés.
00:59:15Donc on se retrouve
00:59:16avec des jeunes
00:59:17nés en Guyane
00:59:18qui n'ont pas
00:59:20d'identité
00:59:20et qui n'arrivent pas
00:59:22à obtenir
00:59:23la nationalité
00:59:23française.
00:59:25Donc cette question
00:59:27d'acquisition
00:59:27de nationalité,
00:59:28c'est une vraie difficulté.
00:59:30Ce que j'ai pu observer
00:59:32en Guyane,
00:59:34les espaces
00:59:35France Service
00:59:35font un très beau boulot
00:59:37et entre autres
00:59:37la pirogue France Service
00:59:39qui va le long du fleuve
00:59:41et on a un de nos délégués
00:59:42qui suit là
00:59:43et moi j'y suis allée
00:59:44mais je vous avoue
00:59:44que j'y suis allée
00:59:45en avion.
00:59:46Je suis allée à Camopi.
00:59:48C'est vraiment très intéressant
00:59:50le travail là
00:59:51que font les services publics
00:59:52parce que pour le coup,
00:59:54c'est des représentants
00:59:55de la CAF,
00:59:56de la CNAM
00:59:57qui sont présents
00:59:58et qui du coup
00:59:59peuvent démêler
01:00:00les dossiers
01:00:01des personnes.
01:00:05Et les difficultés
01:00:07et moi sur la question
01:00:08de Mayotte,
01:00:09je ne sais pas
01:00:09comment on peut se sortir
01:00:10d'une situation
01:00:11comme celle-là
01:00:12parce que de fait,
01:00:14les gens continueront
01:00:15à arriver par bateau
01:00:16quoi qu'on fasse
01:00:17ou bien vous mettez
01:00:19des gendarmes en bateau
01:00:20tout au long de l'île
01:00:22mais autrement,
01:00:23je veux dire,
01:00:23de fait,
01:00:24c'est une passoire.
01:00:25Donc je suis,
01:00:26voilà,
01:00:26et dans les bangas
01:00:29à Mayotte,
01:00:30il n'y a pas du tout
01:00:30que des étrangers
01:00:31qui vivent.
01:00:32Il y a un tiers
01:00:33de maorais,
01:00:34un tiers d'étrangers
01:00:35en situation régulière
01:00:36et un tiers
01:00:37en situation régulière.
01:00:39Mais les difficultés
01:00:39de logement
01:00:40sont telles
01:00:41à Mayotte
01:00:42que vous savez,
01:00:43évidemment,
01:00:43des maorais
01:00:43qui vivent
01:00:45qui vivent
01:00:45dans les bangas
01:00:49et la protection
01:00:53de l'enfance
01:00:54à Mayotte
01:00:55est en très mauvais état.
01:01:09La Cour des comptes
01:01:10dans son évaluation
01:01:11du pilotage
01:01:12par l'état
01:01:12de la politique
01:01:13de lutte
01:01:14contre la pauvreté
01:01:14qui date de 2025
01:01:16critique
01:01:17l'absence
01:01:18de vision
01:01:18d'ensemble
01:01:19des politiques
01:01:19de lutte
01:01:20contre la pauvreté
01:01:21que nous évoquions
01:01:22tout à l'heure.
01:01:23D'après votre constat,
01:01:26d'après les six années
01:01:28passées
01:01:28à défendre
01:01:29les droits
01:01:30de nos concitoyens,
01:01:32dans quelle mesure
01:01:32le fonctionnement
01:01:33au silo
01:01:34des administrations
01:01:35freine-t-il
01:01:36finalement
01:01:36l'accès
01:01:38aux droits
01:01:38des personnes
01:01:39en situation
01:01:40de précarité
01:01:40et notamment
01:01:41des personnes âgées ?
01:01:44C'est assez clair
01:01:46qu'il y a un manque
01:01:46de lien
01:01:47entre les différences
01:01:48et les suivis.
01:01:48Je reviens
01:01:49à ce que j'ai vu
01:01:49en Corrèze.
01:01:50J'ai quand même
01:01:50été très intéressé.
01:01:51Ils ont fait
01:01:52la réunion
01:01:53ce jour-là
01:01:53parce que j'étais là
01:01:54mais en fait
01:01:54ils se réunissent
01:01:55régulièrement
01:01:55tous les trois mois
01:01:56les différents
01:01:57services publics.
01:01:58Donc il y a quand même
01:01:58des liens
01:01:59entre les différents
01:01:59services publics
01:02:00et ça vous ne pourrez
01:02:01pas empêcher
01:02:02qu'il y a un service
01:02:02public qui s'occupe
01:02:03plus des questions
01:02:04d'assurance maladie.
01:02:05Pardonnez-moi,
01:02:06en Corrèze,
01:02:06qui prend l'initiative ?
01:02:08Bonne question.
01:02:09Il faut bien
01:02:10qu'il y ait un ministre.
01:02:11J'ai l'impression
01:02:11de ce que j'ai compris
01:02:12que c'était beaucoup
01:02:12la MSA qui était leader
01:02:14pour réunir l'ensemble
01:02:16des...
01:02:17C'est une bonne question.
01:02:18Je ne suis pas absolument
01:02:19sûre de vous répondre
01:02:19mais je pense que c'est
01:02:20parce qu'en tout cas
01:02:21ça avait lieu
01:02:21dans les locaux
01:02:21de la MSA
01:02:22donc je pense que
01:02:22c'est la MSA
01:02:23qui est leader
01:02:24pour réunir tout le monde.
01:02:26Et ça je pense
01:02:26que c'est très important.
01:02:28C'est réunion
01:02:29des différents
01:02:30services publics
01:02:31pour qu'il y ait
01:02:32une meilleure coordination.
01:02:35Honnêtement,
01:02:35je pense que
01:02:37pour moi
01:02:37ce n'est pas de la faute
01:02:38des services publics,
01:02:39c'est la faute
01:02:39du pouvoir politique
01:02:41qui n'a pas
01:02:41une politique globale
01:02:43de lutte contre la pauvreté
01:02:44et qui a toujours
01:02:45fonctionné en silo.
01:02:46Voilà.
01:02:47Et donc tant qu'on fera ça,
01:02:48tant qu'on ne comprendra pas
01:02:49la pauvreté
01:02:50dans son ensemble,
01:02:53c'est comme se pencher
01:02:55sur la pauvreté
01:02:56des enfants
01:02:56et les enfants
01:02:56ils sont pauvres
01:02:57parce qu'ils ont des parents
01:02:58qui sont pauvres.
01:03:00C'est quand même
01:03:01en général
01:03:03la réalité.
01:03:06Voilà.
01:03:07On a du mal
01:03:08à penser les choses
01:03:09dans leur globalité.
01:03:10C'est très vert
01:03:11en protection de l'enfance
01:03:12quand même
01:03:12sur la question
01:03:12du placement des enfants.
01:03:14Très majoritairement
01:03:15des enfants
01:03:15de familles
01:03:16en situation de pauvreté
01:03:17qui sont placés.
01:03:19Qu'est-ce qui est fait
01:03:20en termes de soutien
01:03:20à la parentalité ?
01:03:21Il y a des exemples
01:03:22très intéressants.
01:03:23Moi j'ai vu
01:03:24la maison des adolescents
01:03:24à Verdun
01:03:25qui dit clairement
01:03:26qu'avec le soutien
01:03:27à la parentalité
01:03:28ils évitent des placements.
01:03:29Si on s'en donnait
01:03:30les moyens
01:03:31on éviterait les placements
01:03:31on éviterait un coût aussi.
01:03:34Moi je voudrais
01:03:35c'est rentable
01:03:36d'investir dans la lutte
01:03:37contre la pauvreté.
01:03:38Mais c'est rentable
01:03:39sur le long terme.
01:03:40Il faut commencer
01:03:40par y mettre les moyens.
01:03:45Alors
01:03:46vous nous dites
01:03:46en Corée
01:03:47c'est la RSA
01:03:48la RSA pardon
01:03:49la MSA
01:03:49et on peut comprendre
01:03:51d'ailleurs
01:03:51puisque la MSA
01:03:52est très implantée
01:03:54dans ce département
01:03:55comme dans d'autres
01:03:56et très active.
01:03:59Néanmoins
01:04:00il y a des
01:04:01commissaires
01:04:02à la lutte
01:04:02contre la pauvreté.
01:04:03Est-ce que vous pensez
01:04:04pas que ce serait
01:04:05à eux
01:04:05d'organiser ça
01:04:06sous l'égide
01:04:07de la préfecture ?
01:04:09Si on veut
01:04:10que ça fonctionne
01:04:11il faut à un moment donné
01:04:12donner des informations
01:04:12c'est sympathique
01:04:13que ce soit
01:04:14la MSA ici
01:04:14et d'autres ailleurs
01:04:16mais est-ce qu'il ne faut pas
01:04:18tenter de mettre
01:04:21une régularité
01:04:22dans la rencontre
01:04:23une obligation
01:04:25sous l'égide du préfet ?
01:04:26Sous l'égide du préfet
01:04:27ça me paraît
01:04:28très important
01:04:29et intéressant.
01:04:30Dans mes déplacements
01:04:31que ce soit
01:04:32dans l'Hexagone
01:04:34ou dans les territoires
01:04:37d'outre-mer
01:04:37très souvent
01:04:38c'est organisé
01:04:40par le préfet
01:04:40quand je rencontre
01:04:41l'ensemble des services publics
01:04:42voilà
01:04:42mais à notre demande
01:04:45on demande au préfet
01:04:46d'organiser ça
01:04:46pour voir l'ensemble
01:04:47des services publics
01:04:48de façon commune
01:04:49mais ça pourrait
01:04:51ça pourrait se faire
01:04:53de façon beaucoup plus
01:04:54beaucoup plus régulière
01:04:55je suis parfaitement
01:04:55d'accord avec vous
01:04:56et ça veut bien dire
01:04:58du rôle de l'état central
01:05:01sur ces questions là
01:05:02tout ne peut pas
01:05:03être à la charge
01:05:03des départements
01:05:04mais d'ailleurs
01:05:05on pourrait dire
01:05:06la même chose
01:05:06sur la protection
01:05:07de l'enfance
01:05:12mais néanmoins
01:05:13l'état de plus en plus
01:05:15se désengage
01:05:16se désengage
01:05:17et reporte
01:05:19sur les départements
01:05:20et autres collectivités
01:05:21une partie
01:05:22de ces responsabilités
01:05:23que l'on pourrait
01:05:25considérer
01:05:25comme régalienne
01:05:26par ailleurs
01:05:28vous avez parlé
01:05:29tout à l'heure
01:05:29madame Hédon
01:05:30je vous en remercie
01:05:32parce que c'est
01:05:33une expression
01:05:33qui est souvent utilisée
01:05:34y compris par vos collègues
01:05:36d'autres associations
01:05:39de maltraitance institutionnelle
01:05:41et vous avez aussi parlé
01:05:42de maltraitance relationnelle
01:05:43me semble-t-il
01:05:44et vous avez parlé aussi
01:05:46de maltraitance sociale
01:05:48est-ce que vous pouvez
01:05:49revenir un peu
01:05:50sur ces trois termes
01:05:51que vous avez utilisés
01:05:52et nous les expliciter
01:05:55nous les préciser
01:05:57sur la maltraitance institutionnelle
01:05:59je vais y revenir
01:05:59et vous dire un peu
01:06:00comment ça se manifeste
01:06:02sur celle qui est plutôt sociale
01:06:04c'est le regard
01:06:05qui est porté sur les personnes
01:06:06c'est les propos
01:06:06qui sont tenus
01:06:07c'est tout ça
01:06:09qui engendre
01:06:10une atmosphère générale
01:06:11de suspicion
01:06:12vis-à-vis des plus pauvres
01:06:13sur la question
01:06:14de la maltraitance
01:06:15pardonne-moi
01:06:16comment changer ce regard
01:06:17et alors moi
01:06:18je peux vous dire
01:06:19enfin entre nous
01:06:20moi je me sens en échec
01:06:21là-dessus
01:06:22ça fait combien d'années
01:06:24où je travaille
01:06:25sur ces questions-là
01:06:26et je me dis
01:06:27je n'ai pas réussi
01:06:27à faire changer
01:06:29l'état d'esprit
01:06:31des populations
01:06:31parce qu'en plus
01:06:32honnêtement
01:06:33c'est toujours plus facile
01:06:34de mettre un bouc émissaire
01:06:35de tous les problèmes
01:06:36que d'essayer de comprendre
01:06:37quelles sont les difficultés
01:06:39et de ne pas prendre
01:06:39un bouc émissaire là-dessus
01:06:40sur la question
01:06:41de la maltraitance institutionnelle
01:06:43très honnêtement
01:06:44c'est exactement
01:06:44ce qu'on est en train de voir
01:06:45avec les 15 heures d'activité
01:06:46sur le RSA
01:06:48vous savez que
01:06:48quand j'étais défenseur des droits
01:06:50on s'était prononcé
01:06:51contre cette question
01:06:52avec les risques de dérive
01:06:53qu'il pouvait y avoir
01:06:55et la institution ça y est
01:06:56elle voit arriver
01:06:57des réclamations dans ce domaine
01:06:58avec toutes les dérives
01:06:59qui peuvent exister
01:07:00et je peux vous en citer
01:07:01je veux dire
01:07:01c'est pas un ou deux départements
01:07:02qui dysfonctionnent
01:07:03c'est un grand nombre d'endroits
01:07:05où ça dysfonctionne
01:07:06c'est une mère de famille
01:07:07à qui on impose
01:07:08d'aller faire une formation
01:07:10à plusieurs kilomètres
01:07:11de chez elle
01:07:12où il faut qu'elle soit là
01:07:13à 9h impérativement
01:07:14mais c'est à plus d'une heure
01:07:16de chez elle
01:07:16et elle doit déposer son enfant
01:07:17à l'école à 8h30
01:07:18rien n'est prévu pour ça
01:07:19mais évidemment que c'est important
01:07:20qu'elle fasse une formation
01:07:21mais dans ce cas là
01:07:22on prévoit le système
01:07:23pour que quelqu'un
01:07:24aille accompagner
01:07:25les enfants à l'école
01:07:26autrement elle ne peut pas
01:07:27suivre cette formation
01:07:28et elle est rayée du RSA
01:07:29parce qu'elle ne fait pas
01:07:30cette formation là
01:07:31on a des 15 heures d'activité
01:07:33qui sont du travail déguisé
01:07:34mais très clairement
01:07:35qui sont du travail déguisé
01:07:37qui faillent
01:07:38que l'accès au travail
01:07:40soit absolument
01:07:41quelque chose d'essentiel
01:07:42mais je veux dire
01:07:44pas dans ces conditions là
01:07:47et pas avec un état de suspicion
01:07:48et avec pas suffisamment
01:07:50de personnes
01:07:50pour accompagner
01:07:52et suivre ça
01:07:54donc voilà
01:07:55la maltraitance institutionnelle
01:07:56mais d'ailleurs
01:07:57dans cette maltraitance
01:07:57on maltraite aussi
01:07:58les agents
01:07:59que ce soit les agents
01:07:59de France Travail
01:08:00ou des départements
01:08:01parce qu'il y a un certain
01:08:02nombre de réclamations
01:08:03qui nous arrivent
01:08:04directement des usagers
01:08:05vous vous doutez bien
01:08:06qu'on est aussi alerté
01:08:07par des travailleurs sociaux
01:08:09ils nous disent
01:08:09attention de ce qui se passe
01:08:11à certains endroits
01:08:12et d'ailleurs
01:08:13pour certains
01:08:14ils pourraient tout à fait
01:08:15être lanceurs d'alerte
01:08:16si vous voulez mon avis
01:08:18c'est parfois
01:08:18ce qu'on leur conseille
01:08:19sur ce sujet précis
01:08:20quelle est la capacité
01:08:22du défenseur des droits
01:08:24à agir ?
01:08:25très compliqué
01:08:26vous avez tout à fait raison
01:08:28d'abord vous savez
01:08:29qu'on n'a pas de pouvoir
01:08:29de contrainte
01:08:31vous voyez
01:08:32je n'arriverai pas
01:08:33à sortir du rond
01:08:33je pense que
01:08:34l'institution
01:08:35n'a pas de pouvoir
01:08:36de contrainte
01:08:37c'est par
01:08:37dans les 160 000 réclamations
01:08:40l'année dernière
01:08:41dans 80% des cas
01:08:43l'institution part
01:08:44en médiation
01:08:45c'est l'outil principal
01:08:46et la médiation
01:08:47aboutit dans les trois quarts
01:08:47des cas
01:08:48c'est vraiment l'outil
01:08:49le plus important
01:08:49mais là
01:08:50il faut que le département
01:08:51accepte une médiation
01:08:52et ce n'est pas toujours
01:08:53le cas
01:08:54donc vous avez tout à fait raison
01:08:55c'est la limite
01:08:56parfois de ce qu'on peut faire
01:08:58je pense que là
01:08:59le rôle de l'institution
01:09:00et le pôle
01:09:01qui est chargé
01:09:01de ces questions là
01:09:02est en train d'essayer
01:09:03de documenter
01:09:04l'ampleur
01:09:05les dérives
01:09:06qu'il peut y avoir
01:09:06et ce sera plutôt
01:09:07de faire un rapport
01:09:08au bout du compte
01:09:08et d'alerter
01:09:09les pouvoirs publics
01:09:10mais très honnêtement
01:09:11j'ai ré-alerté
01:09:12le président de la république
01:09:13que j'ai vu
01:09:13juste à la fin de mon mandat
01:09:14quelques jours
01:09:15avant la fin de mon mandat
01:09:16sur cette question là
01:09:20et ben on a du mal
01:09:21à se comprendre
01:09:21sur ce sujet là
01:09:23non parce que lui
01:09:24est convaincu
01:09:24de l'intérêt de la loi
01:09:25et il dit
01:09:26c'est juste des gens
01:09:26qui l'appliquent mal
01:09:27moi je pense
01:09:28que c'est plutôt
01:09:28le fondement même
01:09:29de la loi
01:09:29qui est mal fait
01:09:30et d'imposer
01:09:31ces 15 heures d'activité
01:09:34et dans ces cas là
01:09:35si c'était ça
01:09:36il fallait un droit opposable
01:09:38à l'accompagnement
01:09:39si on allait
01:09:40dans cette logique
01:09:41c'est ce qu'avait conseillé
01:09:43la chose que j'avais conseillé
01:09:45à l'époque
01:09:45dans la vie au parlement
01:09:46c'est que dans ces cas là
01:09:47il fallait un droit opposable
01:09:48à l'accompagnement
01:09:49c'est à dire
01:09:49dans ce cas là
01:09:50j'ai été mal accompagné
01:09:51on ne peut pas
01:09:52me demander
01:09:52ces 15 heures d'activité
01:09:53si en plus
01:09:54je ne suis pas accompagné
01:09:54correctement
01:09:55donc il fallait
01:09:55au bout de la logique
01:10:02mais ça ne va faire
01:10:03qu'alimenter le non-recours
01:10:04on est toujours
01:10:05sur des chiffres
01:10:06d'un tiers en gros
01:10:06de non-recours au RSA
01:10:08mais ça ne va faire
01:10:08que l'alimenter
01:10:09et vous voyez bien
01:10:10dans ces cas là
01:10:10que le non-recours
01:10:11ce n'est pas
01:10:11des gens qui ne demandent pas
01:10:12un droit auquel
01:10:13ils pourraient avoir accès
01:10:14c'est des gens
01:10:15à qui on complique
01:10:16l'accès au droit
01:10:20et ça rend malheureux
01:10:21pas que les bénéficiaires
01:10:22certains agents
01:10:23des services publics
01:10:24bien sûr
01:10:25bien sûr
01:10:26sur la troisième maltraitance
01:10:29alors attendez
01:10:30je voulais sur la sociale
01:10:36vous disiez
01:10:37vous disiez le regard porté
01:10:38le regard porté
01:10:41et aussi la question
01:10:43des contributions
01:10:44non reconnues
01:10:46je ne pense aussi
01:10:47qu'on sera efficace
01:10:48dans les luttes
01:10:49dans les politiques
01:10:50de lutte contre la pauvreté
01:10:51que si on demande
01:10:52aux personnes concernées
01:10:53leur avis
01:10:54sur la question
01:10:55je vais vous donner
01:10:56un exemple
01:10:57l'institution
01:10:58de défenseur des droits
01:10:59elle a participé
01:10:59à l'expérimentation
01:11:00de la médiation
01:11:01préalable obligatoire
01:11:02vous savez sur deux sujets
01:11:03qui étaient les APL
01:11:07et sur la question
01:11:09du RSA
01:11:11expérimentation
01:11:11dans certains départements
01:11:12et France Travail
01:11:13faisait aussi
01:11:14une expérimentation
01:11:15de son côté
01:11:16à la fin de l'expérimentation
01:11:18quand il a fallu évaluer
01:11:20France Travail
01:11:21c'était Pôle emploi
01:11:21à l'époque
01:11:22a fait son évaluation
01:11:22et nous dans l'évaluation
01:11:24on a voulu demander
01:11:24aux bénéficiaires
01:11:26de cette médiation
01:11:27préalable obligatoire
01:11:27ce qu'ils en pensaient
01:11:28nous on sait
01:11:29en gros il y a un tiers
01:11:30qui avait obtenu
01:11:31satisfaction de leur demande
01:11:32dans la MPO
01:11:34on s'est dit
01:11:34on va avoir un tiers
01:11:35de satisfaits
01:11:36en fait on a eu
01:11:37deux tiers de satisfaits
01:11:38parce que le tiers
01:11:39qui a obtenu gain de cause
01:11:40et l'autre tiers
01:11:41qui a dit
01:11:41on m'a expliqué
01:11:42pourquoi j'avais pas droit
01:11:42donc je suis content
01:11:43on m'a expliqué
01:11:44et vous voyez
01:11:46à la différence
01:11:46de Pôle emploi
01:11:47qui n'a absolument pas
01:11:48demandé aux bénéficiaires
01:11:49qu'est-ce qu'ils ont pensé
01:11:50de la MPO
01:11:51et ça ça devrait plus être possible
01:11:52et le conseil d'état
01:11:53il a laissé passer ça
01:11:54on ne doit plus évaluer
01:11:56une politique publique
01:11:56sans demander
01:11:57aux personnes concernées
01:11:59qu'est-ce qu'elles en ont pensé
01:12:00parce que là vous voyez
01:12:01c'est juste intéressant
01:12:02quand même
01:12:02de penser qu'il y en a un tiers
01:12:03qui est juste content
01:12:04parce qu'on l'a expliqué
01:12:04pourquoi il n'y a pas droit
01:12:05et donc on se dit
01:12:06mais en fait
01:12:06il y aurait un peu plus
01:12:07d'explications
01:12:09de la part de la CAF
01:12:10quand il n'y a pas
01:12:11d'APL
01:12:12ou de RSA
01:12:13ça éviterait des recours
01:12:16ça ça devrait être
01:12:17une obligation
01:12:19de même que l'évaluation
01:12:20des politiques publiques
01:12:21sur les 10 ou 20%
01:12:23il faut se mettre d'accord
01:12:23des personnes
01:12:24les plus en difficulté
01:12:25parce que si on arrive
01:12:27à toucher
01:12:27ceux qui sont
01:12:28les plus précaires
01:12:28on touchera
01:12:29l'ensemble de la population
01:12:33vous avez tout à l'heure
01:12:35parlé des indus
01:12:37et il nous arrive
01:12:38dans nos permanences
01:12:40là encore
01:12:40d'accueillir
01:12:42des concitoyens malheureux
01:12:44qui ont eu
01:12:46un trop perçu
01:12:47à un moment donné
01:12:48alors qu'ils avaient fait
01:12:49les déclarations
01:12:50aucune volonté
01:12:51de fraude
01:12:52ou de dissimulation
01:12:53bien évidemment
01:12:53toutes les déclarations
01:12:55étant faites
01:12:57dans les règles
01:12:59et on s'aperçoit
01:13:00l'administration
01:13:00s'aperçoit
01:13:01qu'il a repris le travail
01:13:02il n'aurait pas dû
01:13:03il a touché
01:13:03des indemnités
01:13:05maladie
01:13:05il n'aurait pas dû
01:13:06etc.
01:13:08et réclame un ennuis
01:13:12on le sait
01:13:14quant au fil
01:13:15des mois
01:13:16avec un revenu
01:13:17très modeste
01:13:18on a bénéficié
01:13:19d'une aide
01:13:20et bien on l'a consommé
01:13:21on a payé
01:13:22on a payé le doyer
01:13:23on a payé
01:13:24la nourriture
01:13:26on a honoré
01:13:27finalement
01:13:27ces charges
01:13:28de vie courante
01:13:30et c'est impossible
01:13:31de finalement
01:13:33rembourser
01:13:33quand bien même
01:13:34on reconnaît
01:13:37on accepte
01:13:38que l'administration
01:13:39ait pu faire une erreur
01:13:41et on dit
01:13:41ok
01:13:42j'ai touché de l'argent
01:13:44que je n'aurais pas dû
01:13:45c'est de votre faute
01:13:45mais je peux comprendre
01:13:47finalement
01:13:49c'est un dû
01:13:50mais parfois
01:13:51les montants
01:13:52qui sont réclamés
01:13:54la temporalité
01:13:56du remboursement
01:13:56sont absolument
01:13:58insupportables
01:13:58mais en tant que député
01:14:00je ne peux pas
01:14:02comprendre
01:14:02comment une de nos
01:14:04administrations
01:14:07peut réclamer
01:14:08autant d'argent
01:14:09à quelqu'un
01:14:09qui est déjà
01:14:10dans une situation
01:14:11de fragilité
01:14:12c'est à tous les coups
01:14:14et cette personne
01:14:15me dit
01:14:15c'est clair
01:14:15elle a un traitement
01:14:18anticonséreux
01:14:18je ne prends plus
01:14:19mon traitement
01:14:19ce qui n'a rien à voir
01:14:20il est pris en charge
01:14:20à 100%
01:14:21par l'assurance maladie
01:14:23mais voilà
01:14:24en gros
01:14:24je me suicide
01:14:25mais je me suicide
01:14:26c'est à dire
01:14:27vous me poussez
01:14:28à me suicider
01:14:30c'est insupportable
01:14:31c'est effectivement
01:14:33de la maltraitance
01:14:34est-ce que du coup
01:14:35vous avez eu
01:14:36à connaître
01:14:37à la fois
01:14:37ces situations
01:14:39est-ce que vous avez eu
01:14:39à agir
01:14:40aussi
01:14:41bien sûr
01:14:42vous n'avez pas
01:14:42d'obligation de résultat
01:14:43vous n'avez pas
01:14:44d'obligation
01:14:45enfin
01:14:45pas de pouvoir
01:14:46de contrainte
01:14:47mais
01:14:48est-ce que
01:14:49vous avez réussi
01:14:50à faire entendre
01:14:51raison
01:14:51à quelques
01:14:53administrations
01:14:54qui réclamaient
01:14:55on va dire
01:14:56à juste raison
01:14:57une somme
01:14:58mais de manière
01:14:59totalement déraisonnable
01:15:00dans le volume
01:15:01et la temporalité
01:15:03un tout petit mot
01:15:04sur le fait que
01:15:05l'institution
01:15:05n'ait pas le pouvoir
01:15:06de contrainte
01:15:06je pense que c'est
01:15:07très important
01:15:08l'institution
01:15:09du défenseur des droits
01:15:10ce n'est pas la justice
01:15:10et si jamais
01:15:12l'institution
01:15:13a un pouvoir
01:15:13de contrainte
01:15:14il faut qu'elle soit
01:15:15plus écoutée
01:15:15ça j'ai pas de doute
01:15:16mais vous ne réclamez
01:15:18pas la contrainte
01:15:18mais moi je pense
01:15:19que ce serait une erreur
01:15:20vis-à-vis de la justice
01:15:21je pense que c'est
01:15:22important
01:15:22que les deux
01:15:24aient leur rôle
01:15:25chacun
01:15:25par contre
01:15:26que les conseils
01:15:29du défenseur des droits
01:15:29soient plus suivis
01:15:30ça me paraît
01:15:30absolument important
01:15:32oui
01:15:33l'institution
01:15:34elle a reçu
01:15:35pas mal
01:15:35de réclamations
01:15:36sur ces indues
01:15:38d'abord
01:15:39moi je suis quand même
01:15:39choquée
01:15:40quand c'est une erreur
01:15:40de l'administration
01:15:42flagrante
01:15:43qu'on continue
01:15:43à réclamer aux personnes
01:15:44mais on a eu
01:15:45une situation
01:15:45absolument flagrante
01:15:47où une femme
01:15:48justement
01:15:49sur des indemnités maladie
01:15:50elle dit dès le début
01:15:51les indemnités sont trop élevées
01:15:53il y a une erreur
01:15:53dans le calcul
01:15:55elle le dit une première fois
01:15:56heureusement
01:15:56elle a laissé toutes les preuves
01:15:57parce qu'elle a écrit par mail
01:15:58dit une première fois
01:16:00l'assurance maladie
01:16:00non il n'y a pas d'erreur
01:16:01une deuxième fois
01:16:02elle y retourne
01:16:02elle a fait ses calculs
01:16:03elle dit c'est pareil
01:16:04trois fois de suite
01:16:06et plus d'un an après
01:16:08un an et demi après
01:16:09si ce n'est deux ans
01:16:09on lui réclame un induit
01:16:11en disant effectivement
01:16:11l'administration s'est trompée
01:16:13là on a exigé
01:16:14qu'il n'y ait pas de récupération
01:16:15d'indu
01:16:16et on l'a obtenu
01:16:17voilà
01:16:18parce que ça
01:16:18c'est une situation
01:16:20mais il y en a
01:16:21des situations
01:16:22parce qu'il y a des gens
01:16:23qui signalent
01:16:23qui se rendent bien compte
01:16:24qu'il y a une erreur
01:16:26et ça ça génère
01:16:27du non recours
01:16:28pour le coup
01:16:29parce qu'en fait
01:16:29quand vous avez eu
01:16:30à rembourser des induits
01:16:31il y a des aides
01:16:31que vous préférez
01:16:32ne pas avoir
01:16:32parce que ça vous met
01:16:33dans une telle difficulté
01:16:34quand il faut les rembourser
01:16:36que vous préférez encore
01:16:37ne pas en bénéficier
01:16:40c'est un vrai problème
01:16:41les induits
01:16:42et ça représente
01:16:43un volume important
01:16:45enfin nous posons la question
01:16:46des réclamations
01:16:46j'ai du mal
01:16:48à vous dire
01:16:48les chiffres exacts
01:16:49mais oui
01:16:50il y a pas mal
01:16:51de réclamations
01:16:51sur les induits
01:16:54sur les induits
01:16:55la fraude
01:16:56je ne suis pas sûre
01:16:57que les équipes
01:16:58soient en capacité
01:16:59de faire en taux
01:17:00la différence
01:17:01dans les chiffres
01:17:09nous avons évoqué
01:17:10vous avez évoqué
01:17:11à juste raison
01:17:12le problème
01:17:13de l'accès
01:17:13à la santé
01:17:15et fort heureusement
01:17:16beaucoup d'associations
01:17:18pointent
01:17:19cette
01:17:20cette créante difficulté
01:17:22de nos concitoyens
01:17:24notamment
01:17:26âgés
01:17:26en sachant
01:17:27vous l'avez dit
01:17:28qu'il y a
01:17:28finalement
01:17:30il y aurait une économie
01:17:31à faire
01:17:31en développant
01:17:32l'accès à la santé
01:17:34à la prévention
01:17:34et à la médecine
01:17:36de proximité
01:17:40vous êtes libéré
01:17:41si je puis dire
01:17:42d'un devoir de réserve
01:17:43peut-être
01:17:44et encore
01:17:44vous êtes dans une commission
01:17:45d'enquête
01:17:45donc vous devez dire
01:17:46toute la vérité
01:17:48mais
01:17:49vous avez eu
01:17:50un mandat
01:17:51riche
01:17:52riche
01:17:52de prise
01:17:53de position
01:17:54pertinente
01:17:55qui n'allait pas
01:17:56toujours
01:17:57dans ce qui
01:17:59ce qui était audible
01:18:01peut-être
01:18:01par la puissance
01:18:02publique
01:18:03mais vous avez
01:18:03fait preuve
01:18:04de grande liberté
01:18:05dans votre mission
01:18:06quels sont
01:18:07finalement
01:18:09les éléments
01:18:10de l'héritage
01:18:11que vous laissez
01:18:13à la fois
01:18:13de votre mandat
01:18:17par rapport
01:18:18à l'institution
01:18:19comme vous l'avez
01:18:20évoqué
01:18:21à plusieurs reprises
01:18:22d'une part
01:18:22et d'autre part
01:18:24concernant
01:18:25strictement
01:18:25notre commission
01:18:26d'enquête
01:18:27et la lutte
01:18:28contre la pauvreté
01:18:29des seigneurs
01:18:29quelles sont
01:18:30de votre point de vue
01:18:31les mesures
01:18:33majeures
01:18:34urgentes
01:18:35que la puissance
01:18:35publique
01:18:36devrait prendre
01:18:36au niveau national
01:18:39d'abord
01:18:40le premier point
01:18:41je pense que
01:18:42l'institution
01:18:43du défenseur des droits
01:18:43elle est très utile
01:18:44à la puissance publique
01:18:45parce qu'en fait
01:18:46c'est cette institution
01:18:47qui peut dire
01:18:47à des ministres
01:18:48votre administration
01:18:49ça ne marche pas
01:18:49si bien que ça
01:18:50voilà les difficultés
01:18:51qu'on observe
01:18:51et on leur fait remonter
01:18:53des difficultés
01:18:53qu'eux ne voient pas
01:18:55forcément
01:18:55donc je pense
01:18:56qu'il y a des moments
01:18:57où ça peut déranger
01:18:57j'entends bien
01:18:58parce qu'évidemment
01:18:58on le dit publiquement
01:18:59il n'y a pas de pouvoir
01:19:00de contrainte
01:19:00donc au moins
01:19:01le pouvoir de la parole
01:19:02mais je pense que
01:19:03c'est très utile
01:19:04au gouvernement
01:19:05et à la puissance publique
01:19:06d'avoir une institution
01:19:07comme celle-là
01:19:08qui est finalement
01:19:09un très bon observatoire
01:19:10des difficultés quotidiennes
01:19:11que les personnes rencontrent
01:19:13ça pour moi
01:19:14c'est le premier point
01:19:16le deuxième
01:19:17c'est la force
01:19:18des agents
01:19:19dans cette institution
01:19:20vous avez des compétences
01:19:22qui sont des compétences
01:19:23juridiques
01:19:23qui sont des compétences
01:19:24humaines, relationnelles
01:19:25je vous rappelle
01:19:25les 630 délégués
01:19:27650 même maintenant
01:19:28délégués territoriaux
01:19:30qui sont des bénévoles
01:19:31qui accueillent
01:19:31les réclamants en présentiel
01:19:32et qui consacrent
01:19:33au départ
01:19:35ces deux jours par semaine
01:19:36souvent ces trois, quatre
01:19:37j'espère qu'aucun ne fait plus
01:19:38pour permettre
01:19:40de rétablir les droits
01:19:41et eux ils voient
01:19:42dans leur permanence
01:19:42ce que vous voyez vous
01:19:43dans vos permanences
01:19:44de députés
01:19:46hum
01:19:48je crois aussi
01:19:49que les comités
01:19:51d'entente
01:19:51avec le monde associatif
01:19:53l'institution
01:19:54elle est en lien
01:19:54avec plus de 110 associations
01:19:56dans tous les domaines
01:19:57de compétences
01:19:59hum
01:20:00et je crois
01:20:01que ces liens
01:20:01sont indispensables
01:20:02à plusieurs titres
01:20:03parce que l'institution
01:20:04elle voit que ce qui ne va pas
01:20:05mais elle ne voit pas
01:20:06tout ce qui ne va pas
01:20:07et donc on a besoin
01:20:07de l'intermédiaire associatif
01:20:09pour faire remonter
01:20:10les difficultés
01:20:11pour que certaines personnes
01:20:12qui sont plus en difficulté
01:20:13nous saisissent
01:20:14là dessus
01:20:15sur la question
01:20:16des discriminations
01:20:16si le premier domaine
01:20:18de saisine de l'institution
01:20:19pour les questions
01:20:20de discrimination
01:20:21c'est le domaine du handicap
01:20:22c'est la force de frappe
01:20:23des associations
01:20:24dans le monde du handicap
01:20:24qui ont compris
01:20:26l'intérêt de saisir
01:20:26l'institution
01:20:27et d'avancer
01:20:28je les remercie
01:20:29parce que c'est ça
01:20:30qui nous a permis
01:20:30d'être particulièrement
01:20:32compétents
01:20:32sur ces questions là
01:20:34donc
01:20:36l'institution
01:20:36elle a besoin
01:20:37de ce monde associatif
01:20:38c'est important aussi
01:20:39que l'institution puisse dire
01:20:40aux associations
01:20:40ce qu'elle fait
01:20:41et ce sur quoi elle alerte
01:20:43et que les associations
01:20:44aussi nous disent
01:20:45les difficultés
01:20:46votre question
01:20:47elle est excessivement large
01:20:49donc c'est compliqué
01:20:50d'y répondre
01:20:50ce dont je suis convaincue
01:20:52c'est que c'est pas
01:20:52une ou deux mesures
01:20:53il faut une décision
01:20:54d'une politique globale
01:20:55de lutte contre la pauvreté
01:20:56digne de ce don
01:20:57qui soit une vraie politique
01:20:59inclusive
01:21:00qui démarre
01:21:01je dirais
01:21:02avant la naissance
01:21:03toute la question
01:21:04de l'accès
01:21:05au mode de garde
01:21:06des enfants
01:21:06qui sont aussi
01:21:07absolument important
01:21:08toute la question
01:21:10de la scolarité
01:21:10de la réussite scolaire
01:21:12la question
01:21:13des études
01:21:14mais ça passe aussi
01:21:15par des détails
01:21:16qui ne sont pas
01:21:17des détails
01:21:17pour les personnes
01:21:18la façon dont
01:21:19un certain nombre
01:21:19de jeunes
01:21:20sont multiverbalisés
01:21:21il y a des jeunes
01:21:22qui se prennent
01:21:23en ce moment
01:21:23des amendes
01:21:24qu'elles soient
01:21:26contraventionnelles
01:21:27ou délictuelles
01:21:28qui sont endettées
01:21:28jusqu'à 30 000 euros
01:21:31ce n'est pas non plus
01:21:32une solution
01:21:32pour des jeunes
01:21:33de démarrer
01:21:33dans la vie comme ça
01:21:34l'accès au stage
01:21:35dans tous mes déplacements
01:21:37quand je suis allée
01:21:37rencontrer des jeunes
01:21:38que ce soit à Trappes
01:21:39les quartiers nord
01:21:40de Marseille
01:21:40ou autre
01:21:41les jeunes m'alertent
01:21:42sur deux choses
01:21:42la question des contrôles
01:21:44d'identité
01:21:45avec le problème
01:21:46des multiverbalisations
01:21:47et l'accès au stage
01:21:48à chaque fois
01:21:49je suis alertée
01:21:50sur
01:21:51je suis en bac pro
01:21:52ou je suis en première année
01:21:54de BTS
01:21:54je ne peux pas poursuivre
01:21:55parce que je n'ai pas
01:21:56je ne trouve pas de stage
01:21:58vous ne trouvez pas de stage
01:21:59vous ne pouvez pas valider
01:21:59votre diplôme
01:22:00c'est ça que ça veut dire
01:22:01donc ça
01:22:02l'obligation
01:22:03de trouver un stage
01:22:04devrait porter
01:22:05pas sur le jeune
01:22:06parce que c'est très injuste
01:22:07ce système là
01:22:08mais sur le lieu
01:22:09d'enseignement
01:22:10donc après
01:22:11je vous continue
01:22:12la vie
01:22:12il faut pouvoir accéder
01:22:13à un logement
01:22:14il faut pouvoir
01:22:15accéder à un travail
01:22:17il faut pouvoir
01:22:17après accéder
01:22:18à sa retraite
01:22:19pour moi
01:22:19si on engage
01:22:21toutes les politiques publiques
01:22:23sur ces questions là
01:22:24et bien on n'y arrivera pas
01:22:25on fera que des mesurettes
01:22:30et avez-vous le sentiment
01:22:32que vos propositions
01:22:34notamment sur l'objet
01:22:36de notre commission
01:22:37d'enquête
01:22:37sur la pauvreté
01:22:39notamment sur les seigneurs
01:22:40n'ont pas été entendus
01:22:41ou pas suivis des faits
01:22:43enfin vous dites vous même
01:22:45on supprime le financement
01:22:47des conseillers numériques
01:22:48alors qu'on a
01:22:49je ne sais combien d'études
01:22:50qui prouvent
01:22:50ces problèmes
01:22:51de dématérialisation
01:22:53moi je ne sais pas
01:22:54je ne sais pas quoi dire
01:22:55face à ça
01:22:56c'est juste la base
01:22:58on n'a même pas besoin
01:22:59d'avoir des grandes politiques publiques
01:23:00on a juste besoin
01:23:01de financer
01:23:02les conseillers numériques
01:23:07avez-vous des regrets
01:23:08en tant que défenseur des droits ?
01:23:10la question des contrôles
01:23:12d'identité
01:23:13je n'ai pas réussi à convaincre
01:23:15c'est insupportable
01:23:16pour les jeunes
01:23:17je suis à Trapp
01:23:18il y a un jeune de 11 ans
01:23:1911 ans c'est un enfant
01:23:21il me dit
01:23:21la semaine dernière
01:23:22on m'a contrôlé
01:23:23mon identité
01:23:25mais ça n'a pas de sens
01:23:27ça n'a pas de sens
01:23:28donc j'ai un regret
01:23:29celui-là
01:23:30parce que je n'ai pas réussi
01:23:31à convaincre
01:23:34là-dessus
01:23:39vous avez dit combien
01:23:40de délégués territoriaux ?
01:23:42alors 650 délégués territoriaux
01:23:44650 délégués territoriaux
01:23:45alors beaucoup
01:23:46sont à la retraite
01:23:47parce que c'est à ce moment-là
01:23:48qu'ils ont du temps
01:23:49mais pas que
01:23:49on a des gens aussi en emploi
01:23:51qui décident de consacrer
01:23:52une journée par semaine
01:23:53qui travaillent à 400ème de temps
01:23:54qui décident de consacrer
01:23:55une journée à l'institution
01:23:56ou des enseignants
01:23:57qui peuvent avoir
01:23:58une demi-journée
01:23:59pour faire des permanences
01:24:01moi j'ai trouvé
01:24:03j'ai rencontré des gens
01:24:03extraordinaires
01:24:04je suis fascinée
01:24:06par cet engagement
01:24:06ils sont
01:24:08c'est vraiment le pouls
01:24:09de la société
01:24:09je veux dire
01:24:10en recevant autant de réclamants
01:24:12ils voient bien
01:24:13les difficultés
01:24:14ils voient bien
01:24:15justement cette question
01:24:16cette tension
01:24:16cet énervement
01:24:17moi je me rappelle
01:24:19on était vraiment
01:24:20en plein Covid
01:24:21quand on a fait des rencontres
01:24:23par visio
01:24:23où plusieurs m'ont dit
01:24:24on sent que les gens
01:24:25sont épuisés
01:24:26énervés en colère
01:24:27parce qu'ils arrivent
01:24:27à joindre personne
01:24:28dans les services publics
01:24:29on l'a vu vraiment
01:24:30pendant les six années
01:24:31de mon mandat
01:24:31on l'a vu monter
01:24:32cette difficulté
01:24:33et vos délégués
01:24:36vont vers
01:24:37ou comment ça se passe
01:24:39il y a des permanences
01:24:40est-ce que vous allez
01:24:41dans des EHPAD
01:24:42dans des
01:24:43alors
01:24:44des EHPAD
01:24:45je ne sais pas
01:24:46mais il y a des délégués
01:24:47oui
01:24:48des France Service
01:24:48des France Service itinérants
01:24:50des missions locales
01:24:52des CCAS
01:24:53d'essayer d'aller
01:24:55au plus près des gens
01:24:56qui peuvent être
01:24:57en situation
01:24:57de difficulté
01:24:58et d'ailleurs
01:24:59c'est très intéressant
01:24:59parce que quand
01:25:00on ouvre une permanence
01:25:01de délégués quelque part
01:25:02on voit arriver
01:25:03des réclamations
01:25:04à un endroit
01:25:04où on ne les voyait pas
01:25:05donc le fait
01:25:07qu'il y ait quelqu'un
01:25:07qui puisse régler
01:25:08des problèmes
01:25:09permet d'avoir
01:25:09un certain nombre
01:25:10de réclamations
01:25:11et on a des
01:25:12franchement
01:25:12on a des délégués
01:25:13qui sont très proactifs
01:25:14pour aller
01:25:14sur les territoires
01:25:18et vous parliez tout à l'heure
01:25:19d'à peu près
01:25:20110 associations
01:25:21avec lesquelles
01:25:22vous avez des
01:25:24relations
01:25:24des partenariats
01:25:25c'est vrai aussi
01:25:26je suppose
01:25:27au niveau local
01:25:28bien évidemment
01:25:30il y a
01:25:31comment dire
01:25:32une démarche
01:25:33volontariste
01:25:33de la part
01:25:34des délégués
01:25:34de la part
01:25:35des défenseurs
01:25:38pour rencontrer
01:25:39les associations
01:25:40de la part
01:25:40des délégués
01:25:41d'abord
01:25:42il y a beaucoup
01:25:42de délégués
01:25:43qui sont aussi
01:25:43impliqués
01:25:44dans les associations
01:25:44au niveau
01:25:46rural
01:25:46moi dans tous
01:25:47les déplacements
01:25:47que j'ai fait
01:25:48je rencontrais
01:25:48évidemment nos délégués
01:25:49c'est indispensable
01:25:49le monde associatif
01:25:51c'était aussi important
01:25:51les élus locaux
01:25:52c'est de comprendre
01:25:53et d'appréhender
01:25:54les difficultés
01:25:54d'un territoire
01:25:56et donc oui
01:25:57ces liens là
01:25:58sont indispensables
01:25:58en fait nous
01:25:59nos comités d'entente
01:26:00c'est très organisé
01:26:01il y a un comité d'entente
01:26:02sur l'avancée en âge
01:26:03d'ailleurs justement
01:26:03il y a un comité d'entente
01:26:05LGBT
01:26:06un comité d'entente
01:26:07sur les questions
01:26:07de précarité
01:26:11des comités d'entente
01:26:12liés à l'origine
01:26:13donc en fait je veux dire
01:26:13dans tous les domaines
01:26:14de compétences
01:26:15de l'institution
01:26:16il y a des comités d'entente
01:26:17qui se réunissent
01:26:18deux fois par an
01:26:19dans lequel moi
01:26:20j'étais présente
01:26:20à chacune des réunions
01:26:22et il y a des liens
01:26:23avec les agents
01:26:25de façon très régulière
01:26:26parce que c'est comme ça
01:26:27qu'ils font remonter
01:26:28une difficulté
01:26:29à tel endroit
01:26:29une réclamation
01:26:30ou autre
01:26:31donc oui
01:26:31les liens
01:26:32des agents
01:26:33et des délégués
01:26:33avec le monde associatif
01:26:34sont très fréquents
01:26:35au delà de ces deux
01:26:36réunions par an
01:26:37et tout à l'heure
01:26:38vous évoquiez
01:26:39les réunions
01:26:40avec les administrations
01:26:41notamment lorsque
01:26:42vous vous déplacez
01:26:43en tant que défenseur
01:26:46est-ce que vous avez
01:26:47est-ce que votre institution
01:26:48a des relations
01:26:49avec la banque de France
01:26:50et notamment
01:26:50avec les commissions
01:26:51de surendettement
01:26:53ou finalement
01:26:55par ma connaissance
01:26:56par ma connaissance
01:26:58mais ça
01:27:00il faudrait demander
01:27:01au pôle d'instruction
01:27:02si on a pu avoir
01:27:03des réclamations
01:27:03là-dessus
01:27:04mais par ma connaissance
01:27:05voilà pour ce numéro
01:27:06de la séance
01:27:07est ouverte
01:27:08à très vite
01:27:09sur LCP
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