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À 97 ans, il n'a rien perdu de son énergie ni de sa passion pour la musique. Tout juste fait commandeur de l'ordre national du Mérite par Emmanuel Macron, Hugues Aufray repart sur les routes pour sa tournée "Escapada". À quelques jours de retrouver la scène, il est l'invité de Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 18 septembre 2026.
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00:00Le week-end. RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:11Il est 8h18 sur RTL, face à Fogiel, maintenant l'interview de Marc-Olivier Fogiel.
00:16Quelques jours après avoir été décoré à l'Elysée, un grand nom de la chanson française est avec vous, Marc
00:21-Olivier.
00:22Vous l'avez peut-être reconnu, cet invité, c'est Hugo Fray.
00:27Et bonjour Hugo Fray.
00:28Bonjour.
00:28Merci d'être là, 97 ans, pompier Bonneuil, 70 ans de carrière.
00:35Emmanuel Macron vous a remis lundi des insignes, commandeur des arts du mérite.
00:41Vous, la voix de Santiano, de Céline, de Stubol, du petit Anne Gris, d'Adieu Monsieur le Professeur, enfin comme
00:46ça il y en a 430.
00:48Vous étiez ému lundi à l'Elysée ?
00:49J'étais très ému, très très ému, surtout parce que je voyais tous mes amis qu'on m'avait autorisé
00:54à inviter.
00:56Ils étaient là, des musiciens à moi, des gens très simples, très modestes, celui qui nous conduit sur la route,
01:02le chauffeur, etc.
01:03Puisque vous êtes encore en tournée, il faut le dire, donc ils vous conduisent sur la route à 97 ans
01:07parce que vous êtes encore en tournée.
01:08Et j'ai été très ému de voir tous ces gens-là.
01:10En même temps, vous êtes un des derniers survivants, vous en avez perdu du monde en route à 97 ans.
01:15Vous avez pensé à qui, de ceux qui n'étaient pas là ?
01:18Vous avez été fauché par la vie à plusieurs reprises.
01:21Vous avez perdu un frère qui s'est suicidé, une soeur.
01:25Et dernièrement, j'ai perdu une petite fille.
01:28Vous avez pensé aussi à tous ces disparus à l'Elysée ?
01:31Bien sûr, bien sûr.
01:33Je n'ai pensé que presque qu'à ça, parce que quand le président Macron a été candidat pour être
01:40président,
01:42j'avais assisté à une soirée où je l'avais rencontrée.
01:46D'accord.
01:46Et à un moment donné, Brigitte Macron, que je ne connaissais pas,
01:50venait vers moi et m'a dit, est-ce que dans votre famille, il y a quelqu'un de religieux
01:54?
01:55Il y a un religieux dans votre famille ?
01:57J'ai réfléchi, j'ai dit, non, je ne crois pas, non.
01:59Je lui ai dit, si, c'est peut-être ma cousine qui est religieuse.
02:04Ah oui, comment ça va être-elle ?
02:05Elle s'appelle Sœur Eliane.
02:08Elle se lève, elle me dit, Sœur Eliane ?
02:10Mais ce n'est pas possible.
02:11Elle connaissait Sœur Eliane, elle connaissait votre cousine, Brigitte Macron.
02:14Elle connaissait, elle était professeure de philo.
02:17D'accord, c'était la professeure de philo de Brigitte Macron.
02:19Voilà, Sœur Eliane, elle était dans l'ordre du Sacré-Cœur.
02:22Vous, il faut dire que justement, les religieux, ils ont été importants pour vous,
02:25et Emmanuel Macron l'a rappelé à l'Élysée,
02:27parce que vous, vous aviez des problèmes avec les mots dyslexiques, distous,
02:31et en fait, les Dominicains vous ont sauvés
02:34en vous trouvant une éducation qui était possible pour vous,
02:37et notamment une éducation grâce au cheval.
02:39C'est ça qui vous a remis sur le droit chemin.
02:41Et vous, l'homme des mots, c'est les religieux qui vous ont sauvés.
02:44L'éducation est possible, en fait.
02:46Oui, ça serait trop long si je vous expliquais ce qui s'est passé dans ma vie récemment.
02:50J'ai découvert quelque chose qui explique l'amour.
02:55Ça s'appelle l'intrication.
02:56C'est quoi ça l'intrication, Hugo Fré ?
02:58On arrête tout de suite, parce que c'est trop long.
03:00Toute ma vie, maintenant, je vais vous parler de l'intrication.
03:03En deux mots, c'est quoi l'intrication ?
03:04C'est la possibilité de deux particules dans le monde quantique.
03:08Deux particules peuvent communiquer au même instant,
03:12quelle que soit la distance et l'époque.
03:14C'est-à-dire que vous pouvez parler avec la Sainte Vierge, si vous voulez.
03:19C'est la fin de la guerre.
03:20Si je peux arriver à la Sainte Vierge, c'est formidable.
03:23L'intrication.
03:24L'intrication vous a...
03:25Je ne voulais pas vous en parler, mais finalement,
03:26l'intrication, pour moi, tellement importante,
03:30que c'est aujourd'hui la fin de la guerre entre la science et la religion.
03:33Alors, je le prends comme ça.
03:34Vous, Geoffrey, à 97 ans, qu'est-ce qui fait que vous êtes encore là ?
03:38Vous n'avez jamais été à la mode, et vous avez traversé toutes les modes.
03:41Ça, c'est une formule que je reprendrais formidable.
03:44Je redirai ça, parce que c'est exactement ça.
03:47Mais comment ça s'est fait ?
03:47Je n'ai jamais été à la mode, c'est pour ça que je suis toujours vivant, quoi.
03:51Toujours vivant.
03:52Parce que les modes sont faites pour passer.
03:54Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, finalement, vous avez ce lien-là avec le public ?
03:58Parce que toutes vos chansons, qu'on connaît tous par cœur,
04:01on était dans un feu de camp où on les a chantées au scout, à l'école,
04:04en fait, elles ne sont pas très gais, ces chansons.
04:06Elles sont toutes très tristes.
04:08Un prof qui s'en va, Stubol qui meurt, le cheval et le père qui pleurent.
04:14Céline.
04:15Céline, elles ne sont pas de mari.
04:17Elles sont tristes, vos chansons.
04:18Je n'aime pas la musique légère.
04:20Et j'aime beaucoup l'émotion humaine.
04:23Et l'émotion humaine, malheureusement, la vie de l'homme est terrible, terrible.
04:28D'abord parce qu'on sait qu'on va mourir un jour,
04:31et que mourir, c'est quitter plein de choses qu'on adore,
04:35des gens qu'on aime beaucoup.
04:36Donc, fondamentalement, la vie est triste.
04:40C'est pour ça qu'il faut être gai.
04:42Parce que je dis, moi, sur scène, aux gens qui viennent me voir,
04:45je dis, je veux que vous soyez heureux,
04:47parce que c'est un devoir.
04:51Vous n'avez qu'une vie, telle que vous la connaissez.
04:54Alors, ne la gâchez pas en étant triste.
04:57Essayez d'être heureux tous les jours.
04:59La mort, vous y pensez beaucoup, les coffrets à 97 ans.
05:01Elle rôde ?
05:02Elle est là, tout le temps.
05:03Mais je crois que les gens qui pensent à la mort d'une façon négative,
05:08c'est terrible.
05:10Alors moi, j'essaye de continuer à trouver, à découvrir des choses.
05:14Et à mon âge, je viens de découvrir des choses extraordinaires
05:17qui font que j'ai effectivement...
05:19Quel est le secret de votre durée ?
05:23C'est que je découvre encore des trucs tous les jours.
05:27Et c'est ça qui me rend heureux.
05:29Quand vous vous retournez sur votre carrière, vous dites quoi, Égo Fré ?
05:31C'était un échec.
05:34Pourquoi ?
05:34Parce que je voulais être peintre.
05:37Je voulais être sculpteur.
05:38Vous sculptez aujourd'hui quand même un peu.
05:40J'ai sculpté un petit peu.
05:41Quand j'ai commencé à gagner un peu d'argent
05:43et que j'ai pu avoir les moyens, un petit peu de place,
05:46j'ai fait un petit peu de sculpture.
05:48Et je disais, bon, c'est raté, c'est raté.
05:50Mais donc, c'est un échec.
05:51Quand vous vous retournez sur ces 430 chansons
05:54qu'on fredonne presque toutes, c'est un échec.
05:56C'est un échec parce que, si vous en connaissez 10 de mes chansons...
06:00Peut-être même plus, moi.
06:01Parce que vous, vous êtes un professionnel sérieux.
06:03Et que je vous aime.
06:05Ça, je sais.
06:05Je sais ça parce que, être aimé de Fogiel,
06:08c'était comme être aimé de Bouvard.
06:09Ce n'était pas toujours le cas de l'artiste.
06:14Mais toutes ces chansons, les Français en connaissent au moins 10.
06:17Moi, j'en connais certainement le double, au moins.
06:20Tout ça, ça fait plutôt un succès qu'un échec.
06:22Mais j'aurais voulu, tous les jours, tous les jours,
06:24quand je monte sur scène, tous les jours,
06:27je dis, je suis à la place de mon frère.
06:29Parce que votre frère, lui, il chantait de l'opéra, je crois.
06:31Il avait une voix splendide.
06:33Pour ceux qui connaissent un peu l'opéra,
06:36il avait cette voix extraordinaire qu'avait Jaliapine.
06:40Et donc, il avait cette voix incroyable.
06:43Incroyable.
06:44Et donc, le succès que vous avez, ça aurait dû être le sien.
06:47Oui.
06:48Sauf que, je n'ai aucun rapport avec lui.
06:52Lui, il avait une voix naturelle.
06:54Il n'a jamais pris de leçon.
06:56Vos chansons, Hugo Fré, elles prônent la liberté,
07:00le fait de vivre ensemble, sans revendication.
07:05Vous n'êtes pas un militant.
07:06Et en même temps, vos chansons, elles font du bien pour ça.
07:09Mais je suis comme Brassens, je suis agnostique.
07:12Vous êtes agnostique.
07:13Je ne suis pas pratiquant.
07:14Je suis très croyant.
07:16Et vous croyez en l'homme, donc.
07:17Et à la bonté de l'homme.
07:19Vous savez que c'est aujourd'hui,
07:21vous dénotez par rapport à ça.
07:24Je n'ai jamais été scout,
07:25mais toute ma vie, j'ai été pris pour un scout.
07:28Scout, scout, scout, c'est quoi ?
07:30C'est un mot anglais ?
07:32Oui, c'est Baden Powell.
07:33Scout, oui.
07:35Et un jour, j'ai parlé avec un simple facteur
07:38qui voulait traduire mes chansons en occitan.
07:40Et je lui parle de mon souci de savoir d'où vient le mot scout.
07:44C'est un mot français, ça.
07:46C'est un mot occitan.
07:48Oui.
07:49Escoute-moi.
07:50Escoute-moi.
07:51J'ai quelque chose à te dire.
07:53Escoute-moi.
07:54Et donc, vous écoutez l'autre, en fait.
07:56Le scoutisme, c'était l'éducation par l'écoute.
07:59C'est le contraire de ce qu'on fait aujourd'hui.
08:01Et c'est ce que vous êtes...
08:02Quelle est votre chanson préférée, la vôtre ?
08:04Le Petit Anne Gris.
08:05Le Petit Anne Gris.
08:06Bon, je viens de rajouter un couplet.
08:08Ah oui ?
08:08Oui.
08:09Il dit quoi ?
08:09Le dernier couplet,
08:11l'âme est mort et les enfants pleurent.
08:13Un curé alsacien, le père Joseph,
08:16m'a dit,
08:16pourquoi vous faites pleurer les enfants ?
08:19Puis je ne les fais pas pleurer exprès.
08:21Ils pleurent parce qu'ils sont sensibles
08:22à ce que je raconte.
08:24Ah oui ?
08:25Mais il faudrait réfléchir à ça.
08:26Je rentre chez moi,
08:28j'ai dit la raison,
08:29et j'ai écrit
08:29« Enfants inconsolables,
08:32de grâce,
08:33ne pleurez plus.
08:35Dans cette modeste étable,
08:37votre âme est revenue.
08:39Pour les nuits de nos rêves,
08:41réchauffer l'enfant nu,
08:43réchauffer le petit Jésus. »
08:46Voilà pourquoi je suis arrivé à mon âge.
08:48Parce que si j'étais mort avant,
08:50je n'aurais pas pu écrire ça.
08:52Cette chanson sans gloire.
08:57Magnifique.
08:57On va terminer presque comme ça.
08:59Gaufret, vous aimeriez qu'on retienne quoi,
09:00votre mort ?
09:02Qu'on retienne que j'ai aimé la vie
09:04plus qu'on ne peut l'imaginer.
09:08Et je crois qu'il y a certainement
09:11quelque chose après cette vie.
09:13Vous avez aimé la vie au point de vous remarier
09:16à 94 ans.
09:17Et voilà.
09:18Et ça, c'est une des raisons aussi
09:20pour lesquelles je suis aujourd'hui
09:22attaché à mon travail.
09:23J'ai beaucoup de projets.
09:24Je vous le dis tout de suite.
09:25Génial !
09:26Oui.
09:27Je vais peut-être pouvoir
09:29réussir à ouvrir une petite école
09:31pour enfants.
09:32Je veux arracher
09:34de la bouche des enfants
09:36cet horrible instrument
09:37qui est la flûte
09:40qu'on prend en scène à l'école.
09:41je ferai interdire cet instrument
09:44qui est très difficile.
09:45Mais le ministre ne le comprend pas ça.
09:48Pour leur apprendre le ukulele.
09:50Formidable.
09:51Donc ça, c'est votre projet.
09:52Et puis en attendant,
09:52il y a encore la tournée
09:54puisque vous êtes sur scène.
09:55Vous avez la forme pour ça, Hugues.
09:57Ah oui, il faut que je l'aie.
09:58Il faut que je l'aie.
09:59Je ne fume pas.
10:00J'ai arrêté de fumer.
10:01Et je vous conseille,
10:02les enfants,
10:02ne fumez pas
10:03et ne buvez pas trop d'alcool.
10:06Enfin,
10:07je ne suis pas non plus
10:08un type triste
10:10si on fait une fête ensemble
10:12qu'à un moment donné
10:13on lève le verre de champagne
10:14je ne bois pas d'alcool.
10:17On trinque à Hugo.
10:18On trinque à Hugo.
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