- il y a 3 heures
Le 16 septembre, au Parlement européen, tous les yeux étaient tournés vers Ursula von der Leyen qui prononçait le traditionnel discours sur l'état de l'Union. Un discours fleuve sur les grandes orientations de sa politique européenne pour l’année à venir. Entre les leçons tirées de la crise de Ceuta et la proposition d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans, c’est surtout l’annonce de faire du Canada un membre associé de l’Union européenne qui a marqué les esprits. Du jamais vu pour un pays du continent américain. Que changerait concrètement ce nouveau statut pour le Canada ? Quelle forme juridique pourrait prendre ce statut ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussart ouvrent le débat dans Ici l’Europe, avec les eurodéputés Virginie Joron, eurodéputée française du Rassemblement national et membre du groupe des Patriotes pour l’Europe au PE, Laura Ballarin, eurodéputée espagnol socialiste et Dirk Gotink, eurodéputé néerlandais, membre du groupe du PPE, le parti populaire européen. Année de Production :
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:16Bonjour à tous, merci de nous rejoindre au Parlement de Strasbourg pour Ici l'Europe,
00:21votre émission sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:24En cette semaine très particulière, puisque c'est celle du grand discours annuel sur l'état de l'union de
00:30la présidente de la Commission européenne,
00:32Ursula von der Leyen, nous avons le plaisir de recevoir l'une de ses commissaires emblématiques.
00:37Il s'agit d'Adja Al-Habib, bonjour.
00:39Bonjour.
00:40Je rappelle que vous êtes en charge de secteurs très visibles et stratégiques,
00:44puisqu'il s'agit de la coopération internationale, de l'aide humanitaire, de la réaction aux crises, de l'égalité.
00:50Vous êtes belge, ancienne grande reporter en Afghanistan, au Moyen-Orient, ancienne présentatrice aussi,
00:56et ancienne ministre des Affaires étrangères, qu'on peut qualifier de centriste,
00:59puisque vous ne vous situez ni à droite ni à gauche, j'ai cru comprendre.
01:02Vous étiez présente, effectivement, lors de ce discours de la présidente devant l'hémicycle.
01:07Est-ce que, concernant votre portefeuille, vous pouvez détailler quelques mesures fortes qui ont été discutées ?
01:16Alors, permettez-moi de reprendre la phrase d'ouverture, où la présidente a dit que c'était le meilleur des
01:22temps,
01:23la meilleure des époques et la pire des époques à la fois, en reprenant une phrase de Charles Dickens,
01:27auteur anglais, que je peux traduire dans sa langue, de Shakespeare, en disant
01:31« Never waste a good crisis », ne ratez jamais une bonne crise,
01:36parce que c'est l'occasion de construire, d'avancer et d'étendre son horizon.
01:42Vous savez, il y a quelques années, 2022, on avait seulement 200 pompiers prépositionnés dans l'Europe,
01:49dans les pays à risque d'incendie.
01:51On avait un petit instrument qui commençait à naître, qui était notre réserve stratégique.
01:56Aujourd'hui, cet été, on avait 800 pompiers prépositionnés, prêts à répondre aux incendies,
02:04dans 6 pays à risque d'incendie.
02:06Alors, c'était l'heure aussi de vérité, c'était l'été de toutes les vérités.
02:12Une vérité qu'on doit regarder en face, aujourd'hui, c'est qu'on est face à des événements naturels
02:18extrêmes
02:19qui ne sont plus extraordinaires.
02:22C'est la nouvelle norme, malheureusement.
02:23Et donc, il va falloir les anticiper.
02:26Et ce discours, je dois le dire, m'a ravie, parce qu'il répond à toutes nos attentes
02:31et à tout ce qu'on est en train de mettre en place, à savoir un groupe d'experts
02:36qui est en train de tirer les leçons de cet été,
02:39un autre groupe qui va produire un document sur lequel on va bâtir notre prochaine réponse l'été prochain.
02:48Alors, à Jalabib, comme chaque semaine, nous allons regarder quelques nouvelles choisies.
02:53C'est l'Europe, en bref, que nous propose Isabelle Romero.
03:00Un drone a frappé la ligne de train Varsovi-Kiev, à la frontière polonaise.
03:04Une voie empruntée quelques minutes plus tôt par l'ancien Premier ministre Boris Johnson
03:08et d'autres personnalités européennes.
03:10Le lendemain, la Lituanie était visée par un drone
03:13et un hélicoptère danois par une fusée provenant d'une frégate russe.
03:17Alors que la Finlande a décidé de rejoindre le groupe de dissuasion nucléaire avancé
03:21proposé par la France, Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères,
03:25à réaffirmer la détermination des Européens.
03:28Rien ne peut nous intimider.
03:31Rien ne nous fera abandonner notre stratégie de soutien à l'Ukraine,
03:36de pression sur la Russie et de préparation de la paix.
03:40Lors du discours sur l'état de l'Union,
03:42Ursula von der Leyen a proposé au Canada de devenir un membre associé de l'UE.
03:46Un rapprochement souhaité par les deux partenaires face aux pressions croissantes de Donald Trump.
03:51Le président américain a qualifié cette proposition de ridicule,
03:55menacé d'augmenter les droits de douane et même de rompre les échanges commerciaux avec l'UE.
04:00Mark Carney, Premier ministre canadien, a rétorqué.
04:04Nous ne voulons pas le pouvoir pour dominer les autres.
04:07Au contraire, nous recherchons la résilience pour que personne, personne ne puisse contrôler nos marchés,
04:14mettre en doute notre souveraineté et menacer notre intégrité territoriale
04:18à nous minimiser la liberté de nos démocraties et l'état de droit.
04:23Cet accord pourrait concerner la défense, les minéraux critiques, l'IA ou l'espace.
04:28Mais une dizaine d'États européens n'ont pas encore ratifié le CETA,
04:31accord de libre-échange entre le Canada et l'UE.
04:35Ursula von der Leyen a aussi présenté un grand plan sur la résilience climatique.
04:39Revenant sur les feux de forêt qui ont ravagé l'Union européenne,
04:42elle a souligné qu'il fallait anticiper en s'appuyant sur le mécanisme de protection civile de l'UE
04:47pour mutualiser les expertises et les moyens.
04:51Adjah Labib, parlons justement de ce qui a été activé cet été,
04:55à savoir le fameux mécanisme de protection civile
04:58qui permet la solidarité entre les 27 face au feu de forêt.
05:02L'Europe a flambé.
05:04D'un coup, toute l'Europe, est-ce que c'est suffisant ?
05:07Vous avez demandé le triplement de ce budget pour aller au-delà des 10 milliards d'euros
05:11pour l'exercice 2028-2034.
05:14Une dizaine de pays frugaux refusent une augmentation globale du budget
05:17demandée par la Commission européenne,
05:19donc un doublement à 2% de notre PIB, notre richesse à 27.
05:24Est-ce que c'est mal engagé pour vous ?
05:27Bon, c'est mal engagé si on ne tire pas les leçons de ce qui s'est passé cet été.
05:31On a eu des feux un peu partout dans l'Europe de façon simultanée
05:37avec 4 vagues de chaleur qui ont coûté la vie à plus ou moins 35 000 personnes,
05:43660 000 hectares partis en fumée.
05:46Notre mécanisme de solidarité activé 10 fois au sein de l'Union européenne,
05:512 fois à l'extérieur, au Chili et en Tunisie,
05:55où on a pu répondre de façon positive à toutes les requêtes.
05:59Mais là, on est vraiment au maximum de ce qu'on peut faire.
06:04Et ce qu'on sait déjà, à travers toutes les observations scientifiques,
06:09c'est que ça va se reproduire.
06:10Soit on continue à courir après les catastrophes, en essayant de les éteindre,
06:15soit on les prévient, on les anticipe et on les empêche de survenir.
06:19Et donc, moi, ce que je propose, c'est d'anticiper ces feux,
06:24d'éviter qu'ils surviennent, de se préparer.
06:27C'est pour ça que je suis d'ailleurs la première commissaire à l'anticipation et à la gestion.
06:31Donc, mon but, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait plus de feu.
06:34Alors, on ne peut peut-être pas tous les empêcher, mais on peut très certainement réduire.
06:39Vous savez, aujourd'hui, c'est 660 000 hectares qui sont partis en fumée.
06:42L'année dernière, c'était 1 million d'hectares.
06:45Donc, déjà, on a quand même un progrès.
06:49Mais ce qui nous a marqués cette année, c'est que ces feux ont touché de plus en plus des
06:53grandes villes,
06:54comme Bordeaux, et ont entraîné l'évacuation de 220 000 personnes,
06:59220 000 personnes en danger, qui ont dû partir parfois, en quelques minutes,
07:04quitter leur maison sans savoir s'ils allaient la revoir.
07:07C'est pour ça qu'il faut prendre les citoyens à bord.
07:09C'est pour ça que j'ai présenté aussi les 72 heures de résilience,
07:14non pas seulement pour rester à la maison en situation de crise,
07:17mais aussi pour pouvoir partir dans un temps record et savoir que prendre.
07:21En attendant, 22 Canadaires, 5 hélicoptères, des moyens terrestres,
07:25c'est ce mécanisme de protection européen.
07:28Les pays aussi doivent prendre leur part, doivent acheter aussi de leur côté et renforcer,
07:32parce que tout ne peut pas passer par l'Union européenne.
07:35Oui, il faut savoir qu'en situation de crise,
07:38l'État est toujours le premier à répondre.
07:41Il est souverain.
07:42Et ce n'est qu'en deuxième ressort qu'il active un mécanisme européen.
07:47Là où on est vraiment une valeur ajoutée,
07:49c'est qu'on peut créer un pool, en fait, commun,
07:53pour partager des Canadaires, des hélicoptères, tous les États.
07:57Imaginez-vous si tous les États se mettaient à acheter des Canadaires,
08:0110 Canadaires chacun, mais c'est énormément d'argent.
08:04Par contre, si on crée un pool européen comme on en a aujourd'hui,
08:09eh bien, ça permet de distribuer, et aux États, aux petits États comme aux grands,
08:13d'ailleurs on l'a vu en France cet été,
08:16de bénéficier d'une réserve stratégique qu'on partage.
08:21Et c'est ça la valeur ajoutée de l'Union européenne.
08:23Mais maintenant, en fait, on découvre de plus en plus,
08:26avec le réchauffement climatique,
08:27et il ne faut pas oublier que le continent européen est celui qui se réchauffe le plus sur la planète,
08:32eh bien, on a beaucoup plus besoin de ces avions, de ces hélicoptères,
08:37de ces moyens terrestres aussi, qu'il y a 10 ans.
08:41Alors, les Européens ont fait face, vous l'avez dit, à une canicule sans précédent.
08:45Pourtant, votre Commission européenne, elle est accusée par ailleurs
08:49d'avoir fait passer des lois dites omnibus pour réduire les obligations environnementales
08:53des entreprises, des multinationales, des transporteurs, des agriculteurs,
08:58et donc d'annuler les effets bénéfiques, la baisse de CO2 prévue par le pacte vert.
09:03Est-ce que la Commission européenne, elle est à contre-courant du réchauffement ?
09:07On n'a pas perdu de vue les objectifs de Paris.
09:14Donc, pour ce qui concerne du réchauffement climatique,
09:16on maintient la barre, mais il faut vraiment prendre tout le monde à bord
09:20et être sûr que nos industries continuent à être compétitives,
09:25qu'on continue aussi à booster la recherche et le développement,
09:28que nos citoyens aussi sont à même de répondre à ces exigences,
09:33alors qu'ailleurs, si aujourd'hui, par exemple,
09:37l'Union européenne pollue à peu près, représente à peu près 6%
09:40des émissions de gaz à effet de serre.
09:42La Chine représente 30%, les États-Unis 11%, une dizaine de pourcents pour l'Inde.
09:48Donc, c'est un effort collectif.
09:50Le problème, c'est quand on a une distorsion, quelque part,
09:54entre les objectifs de l'Union européenne et puis des concurrents
10:00qui tirent les bénéfices de ces objectifs qu'on se fixe et qu'on respecte
10:04et d'autres qui ne les respectent pas
10:06et qui, en même temps, développent l'électrique, etc.,
10:10et qui deviennent vraiment des compétiteurs
10:12qui inondent nos marchés par ailleurs de ces nouvelles technologies.
10:16Donc, il faut vraiment travailler à de nouveaux partenariats
10:19et c'est pourquoi, d'ailleurs, on a proposé avec la présidente
10:23ce nouveau partenariat au Canada,
10:26avec des matériaux critiques, des terres rares qui sont essentielles,
10:30une production industrielle aussi, entre autres les Canadaires
10:34et un partenariat économique, le CETA, qui a déjà fait ses preuves
10:36puisque la balance commerciale est tout à fait à l'avantage de l'Union européenne.
10:40Vous êtes aussi en charge, madame la commissaire,
10:43de la lutte contre les discriminations.
10:45C'est ce que recouvre le terme égalité.
10:48On parle en particulier beaucoup des LGBTQI.
10:52Vous vous réjouissez d'un mieux en Hongrie
10:55depuis la chute de Viktor Orban, sans doute.
10:58Et puis, par contre, en Turquie, il y a des minorités emprisonnées massivement
11:03par centaines.
11:05Que peut faire l'Union européenne ?
11:07Alors, en Hongrie, c'est clair, je me suis rendue,
11:10tant quand c'était sous Orban et que la Pride était interdite,
11:14par exemple, pour transmettre un message fort de condamnation
11:20de cette interdiction de marche des fiertés
11:24à laquelle j'ai moi-même aussi participé cette année.
11:27J'ai rencontré tous les membres du gouvernement,
11:30communiqué avec le ministre de la Justice.
11:32Je suis ravie que cette marche ait été autorisée
11:35et que la Hongrie regarde à nouveau
11:39et retrouve sa place pleinement au sein de la famille européenne.
11:42Maintenant, la Turquie, comme vous le savez,
11:45est un pays candidat qui ne fait pas encore partie
11:48de l'Union européenne.
11:49Le chemin est encore long.
11:51On le voit surtout avec ce qui vient de se passer tout récemment,
11:54avec cette sorte de purge, on peut le dire,
11:57qui s'est traduite par l'arrestation
12:00de représentants de la communauté LGBT.
12:02J'en suis vraiment désolée.
12:06Nous aurons certainement des échanges
12:09parce que si la Turquie est un État candidat,
12:13elle doit se rapprocher aussi de nos valeurs.
12:16Et notre union est une union de la diversité,
12:19une union où tout le monde doit se sentir inclus et accepté,
12:24peu importe qui il aime.
12:26Les négociations sont gelées et elles s'éloignent.
12:30Elles s'éloignent.
12:31Alors, au chapitre de la préparation des crises,
12:34très important pour vous,
12:36on voit de plus en plus présentes dans notre quotidien
12:39de survols des drones au-dessus des 27,
12:44qui se multiplient des cyberattaques aussi
12:46ou des menaces de cyberattaques.
12:48Quelle leçon vous en tirez ?
12:50La leçon que j'en tire, c'est que nous ne sommes ni en situation de paix
12:53ni en situation de guerre.
12:55Et que ce qu'on appelait des menaces hybrides
12:58sont de moins en moins des menaces,
13:00mais des risques réels sur notre sol.
13:04Je me suis rendue tout récemment en Roumanie
13:06où très régulièrement, des morceaux de drones,
13:10voire des drones entiers, tombent sur la frontière
13:13et représentent des risques tant pour les enfants
13:15qui jouent sur les plages
13:17que des adultes qui les ramassent dans leurs champs.
13:21Et voyez ce qui s'est passé aussi à l'aéroport de Leipzig
13:23où on a arrêté, toute dernière minute,
13:27en Allemagne, une attaque terroriste
13:31qui aurait pu vraiment avoir un impact majeur
13:34sur le sol européen.
13:36Donc, on est dans une situation vraiment grise
13:41où il faut regarder la situation,
13:44je veux dire, la vérité en face.
13:45C'est que cette guerre qui sévit en Ukraine
13:49contamine de plus en plus le sol européen
13:51et il faut se préparer à ces menaces.
13:53Vous savez, aujourd'hui, la guerre,
13:55elle commence dans notre poche, dans nos smartphones,
13:58avec des manipulations de l'information massive.
14:01Je me suis rendue en Moldavie aussi
14:02où, vous le savez, des élections ont été remportées
14:05malgré tout par Maya Sandou, par une force démocratique,
14:08malgré toutes les tentatives de manipulation
14:11et d'achat aussi des voix des citoyens.
14:14Vous savez qu'en Europe, on va vers cette élection
14:18très importante.
14:19Si cette élection, entre autres, en France aussi,
14:21en Allemagne, la Suède vient d'en avoir,
14:26qui sait si on va être manipulé,
14:28si nos citoyens ne vont pas se retrouver
14:32massivement manipulés par des forces étrangères.
14:34Donc, il faut éduquer nos citoyens, nos médias aussi.
14:38Vous faites partie du pilier démocratique
14:42et donc, avoir ça en tête tous ensemble.
14:45Adjala Habib, quand vous voyez progresser
14:47des partis d'extrême droite comme l'AFD en Allemagne,
14:50qui a marqué des points dans les élections locales,
14:53les démocrates de Suède dans les dernières élections,
14:56qui donnent un peu le ton sur beaucoup de sujets,
14:59en particulier migratoires,
15:00bientôt des élections en France
15:02avec le Rassemblement national en tête des sondages.
15:05Est-ce que vous trouvez que la stigmatisation des migrants
15:07est un discours qui est devenu plus autorisé,
15:10plus courant dans nos sociétés européennes ?
15:13Notre Union s'est bâtie sur la diversité.
15:17Il n'y a qu'à regarder l'hémicycle parlementaire.
15:20Vous y voyez des opinions variées, divergentes,
15:26malheureusement de plus en plus polarisées.
15:28Ce qui fait la richesse de ce Parlement,
15:30des institutions européennes,
15:32c'est précisément l'échange,
15:34la diversité, la différence.
15:37Maintenant, jouer sur les peurs,
15:39le repli sur soi,
15:40c'est exactement à l'encontre du projet européen,
15:44qui est un projet d'unité,
15:47de s'unir dans la diversité et de valeurs.
15:50Il faut se rappeler pourquoi on a construit cette Union européenne
15:54et revenir aux fondamentaux,
15:56c'est-à-dire le respect, la liberté, la paix.
16:00C'est un projet de paix.
16:02Ce que prônent les extrêmes,
16:03c'est tout sauf la paix,
16:05c'est le repli sur soi, la peur de l'autre.
16:09Ce sont des discours populistes,
16:12malheureusement simplistes,
16:13et qui sont manipulés en plus
16:15par des puissances malveillantes,
16:18comme la Russie.
16:19Et on le voit aussi,
16:21les États-Unis,
16:22qui soutiennent des groupes d'extrême droite.
16:25Et c'est pour ça qu'il nous faut,
16:26aujourd'hui, étendre nos partenariats.
16:29On en a à peu près 80.
16:31Nous sommes certainement l'Union
16:33qui a le plus d'accords au monde.
16:35Et pourquoi ces accords ont lieu ?
16:36Parce que les gens,
16:38les autres pays aussi,
16:39pensent que nous sommes encore
16:41ce phare dans la nuit
16:42quand il s'agit de respect,
16:43de valeurs, de démocratie,
16:45et de principes,
16:46et de bien-être aussi,
16:47de protection de nos citoyens.
16:49Merci à Djalabib d'avoir été notre invitée.
16:51Merci à vous de nous avoir suivis.
16:52Vous restez en notre compagnie
16:54avec les chaînes parlementaires.
16:55C'est l'heure du débat
16:57consacré justement au débriefing
16:59du fameux discours sur l'État de l'Union,
17:02ici même dans cet hémicycle de Strasbourg
17:04par Ursula von der Leyen.
17:10Merci de nous rejoindre à Strasbourg au Parlement européen
17:13où tous les yeux et les oreilles étaient tournés
17:15le 16 septembre vers la présidente
17:18de la Commission européenne.
17:20Ursula von der Leyen a en effet prononcé
17:22son traditionnel discours sur l'État de l'Union.
17:25Un discours fleuve,
17:26le sixième du genre,
17:27sur les grandes orientations
17:28de sa politique européenne
17:30pour l'année à venir.
17:32Et puis avec quelques annonces
17:34en matière de diplomatie
17:36devant les élus européens
17:37et en présence du Premier ministre canadien
17:40Mark Carney,
17:41Ursula von der Leyen a fait une proposition inédite
17:44que le Canada devienne un membre associé
17:47de l'Union européenne
17:47du jamais vu pour un pays du continent américain,
17:51donc non européen.
17:52La présidente de la Commission a également réaffirmé
17:54le soutien de l'Union européenne à l'Ukraine
17:56et le besoin d'une solidarité entre les 27
17:59pour gérer les flux migratoires
18:01dans un contexte de montée des nationalistes en Europe.
18:05Ursula von der Leyen a aussi annoncé
18:07une loi de protection de l'enfance
18:09face aux réseaux sociaux,
18:11le Kids Act,
18:12avec l'interdiction des réseaux sociaux
18:14au moins de 13 ans.
18:16Alors pour commenter ces annonces,
18:18on accueille sur ce plateau trois eurodéputés.
18:21Virginie Joron, bonjour.
18:22Bonjour.
18:23Vous êtes eurodéputée française,
18:24membre du groupe,
18:25membre du Rassemblement national en France
18:27et du groupe des Patriotes pour l'Europe
18:28ici au Parlement européen.
18:30On accueille également Laura Ballarin.
18:33Bonjour.
18:33Bonjour.
18:34Vous êtes eurodéputée espagnole socialiste.
18:36Et puis Dirk Götting,
18:37vous êtes en notre compagnie aussi,
18:39eurodéputée néerlandais
18:40du groupe du Parti populaire européen.
18:42C'est le groupe de la présidente,
18:44Van der Leyen.
18:45D'ailleurs,
18:46on va tout de suite regarder
18:48ce Canada,
18:50membre associé de l'Union européenne.
18:52C'est la proposition
18:53d'Ursula von der Leyen.
18:54On l'écoute.
18:57Nous voyons le monde
18:58avec les mêmes yeux,
18:59de l'IA au changement climatique,
19:01de l'Arctique à la géopolitique.
19:04Mais par-dessus tout,
19:05chère Marc,
19:06l'Europe et le Canada
19:08croient en la démocratie.
19:10Nous croyons que ce pouvoir
19:11n'appartient ni aux plus forts,
19:13ni aux plus riches,
19:14ni à celles et ceux
19:15qui font le plus de bruit.
19:16C'est notre bien à tous.
19:19Ce partenariat ne se dresse pas
19:21contre qui que ce soit,
19:22mais vise à mettre
19:23nos forces en commun.
19:26En un mot,
19:27nous voulons élever
19:28les relations avec le Canada
19:29au plus haut niveau possible.
19:33Je voudrais donc œuvrer avec vous
19:35à la possibilité pour le Canada
19:37de devenir le premier membre associé
19:40de l'Union européenne.
19:45Et d'ailleurs,
19:46le premier ministre canadien
19:47écoutait,
19:48il a donné lui-même
19:49un discours écouté
19:50par la présidente
19:51de la Commission
19:52le jeudi
19:52dans ce Parlement.
19:54Une annonce assez inédite
19:56quand même
19:56pour un pays
19:57du continent américain
19:58qui deviendrait membre
19:59associé de l'Union européenne.
20:00Pour vous,
20:00ça recouvre quoi exactement ?
20:02Ça changerait quoi
20:03concrètement ce statut
20:05nouveau,
20:06inédit
20:06pour le Canada ?
20:08Je pense que pour moi,
20:10c'était surtout
20:11un signal de solidarité
20:13avec le Canada.
20:14Ils sont en guerre commerciale
20:16très forte
20:16avec les États-Unis.
20:18Ils sont sous
20:19une très forte pression.
20:21Et d'ailleurs,
20:22ils sont aussi
20:23un partenaire
20:24très fiable de l'Europe.
20:26Et on a le CETA,
20:29le traité de libre-échange,
20:31mais il travaille aussi
20:32avec nous sur la défense,
20:33sur les questions de défense.
20:35Elle cherche une manière
20:36de se rapprocher
20:38de Marc Carnet
20:38qui a aussi,
20:40dans une certaine manière,
20:42donné
20:42cette coup de départ
20:44à une réflexion
20:45sur,
20:45OK,
20:46si les États-Unis
20:47ne sont plus avec nous,
20:49qu'est-ce qu'on fait ?
20:51Nous,
20:51les démocraties
20:53avec un libéralisme social
20:55qui ont un système
20:58basé sur le droit,
21:00qu'est-ce qu'on fait ?
21:01On doit travailler ensemble
21:02et je pense que c'est
21:03très bon
21:04qu'on cherche
21:05nos partenaires
21:06et on les regroupe
21:07parce qu'en ce moment-là,
21:08l'Europe est très faible
21:10et seule.
21:11Virginie Joron,
21:12ce statut de membre associé
21:14de l'Union européenne
21:14pour le Canada,
21:15d'abord,
21:15est-ce que vous y êtes favorable ?
21:17Et puis,
21:17est-ce que c'est un pied de nez
21:18qui est fait à Donald Trump ?
21:19Donald Trump qui est en train
21:20de lâcher les Européens
21:21sur tous les plans,
21:22commerciaux,
21:23sécuritaires,
21:24démocratiques même ?
21:25Déjà,
21:25je ne comprends pas trop
21:26la démarche
21:27parce que déjà,
21:2727 États membres,
21:29on a du mal
21:29à se faire entendre,
21:30on rajoute quelqu'un,
21:31un associé,
21:31déjà le statut juridique,
21:33je ne sais pas,
21:33on va voir ce qu'il y aura
21:35dans les tiroirs,
21:35mais en tout cas,
21:36de la coopération
21:37avec le Canada,
21:38il y a déjà,
21:38je vais vous donner un exemple,
21:39dans les relations commerciales,
21:41l'Europe a commandé
21:42des Canadaires
21:43auprès du Canada,
21:45donc ça se fait déjà
21:46sans qu'il y ait un lien.
21:48Il y a un traité commercial,
21:49le CETA.
21:49Le CETA que la France
21:50a encore refusé
21:52parce qu'effectivement,
21:52pour les intérêts
21:53de nos agriculteurs,
21:54eh bien,
21:55on maintient ce...
21:56Il n'a pas encore ratifié,
21:57mais il est encore en vigueur.
21:58On maintient cette interdiction,
22:00je pense qu'il faut d'abord
22:00penser à l'Europe,
22:01aux Européens
22:01et notamment les Français
22:03et voilà,
22:04donc qu'est-ce qu'il y a
22:05dans cette proposition ?
22:06Évidemment,
22:07on voit effectivement,
22:07mon collègue le rappelle,
22:08il y a une situation géopolitique
22:09qui est peut-être
22:11une opportunité
22:12pour Mme Van der Leyen
22:12de se positionner
22:13par rapport aux États-Unis
22:14et contre Trump,
22:15c'est plutôt la lecture
22:15que nous faisons.
22:16Alors,
22:17Laura Ballarin,
22:17Ursula Van der Leyen
22:18veut aussi créer d'ailleurs
22:19un Conseil de sécurité européen
22:21élargi
22:22avec le Canada,
22:23le Royaume-Uni,
22:24l'Ukraine,
22:24la Norvège
22:25avec une réunion automatique.
22:27Elle a parlé de l'article 4
22:28du traité de l'OTAN,
22:29donc ça veut dire
22:30une réunion automatique
22:31de ses membres
22:31si un pays est attaqué
22:32sur son sol.
22:33On sait qu'il y a
22:33des attaques de drones,
22:34il y en a eu d'ailleurs
22:35en Allemagne.
22:37C'est un nouvel OTAN
22:38en quelque sorte
22:39qui ne dit pas son nom
22:41pour vous ?
22:42Bon,
22:42je crois que
22:44c'est évident
22:44que les États-Unis
22:45de Donald Trump
22:46ont montré
22:47plusieurs fois
22:48qu'on ne peut
22:49pouvoir compter sur eux,
22:51que leurs priorités
22:52ne sont pas nécessairement
22:54les priorités de l'Europe,
22:56aussi en matière
22:57de sécurité et défense.
22:59Alors,
23:00la présence
23:00du Premier ministre
23:01Carni
23:02cette semaine
23:03ici à Strasbourg
23:04envoie un message
23:05très fort
23:06que l'Europe
23:07et le Canada
23:08veulent renforcer
23:10les liens
23:11entre les pays
23:13ou les territoires
23:14que partagent
23:15leurs visions du monde
23:16sur les climats,
23:17sur l'EIA,
23:19sur l'énergie
23:21et aussi
23:22en matière de sécurité
23:23et des femmes.
23:24Et sur la démocratie
23:25peut-être ?
23:25Oui, bien sûr
23:26et surtout
23:26sur les hautes
23:28globales et internationales
23:29qui sont mises
23:30en question
23:31je crois récemment.
23:33Je crois que
23:34l'Europe doit
23:36renforcer
23:36les liens
23:37et les partenariats
23:38avec cette région du monde,
23:39pas uniquement
23:40avec le Canada,
23:41aussi avec l'Amérique latine,
23:42l'Inde
23:43ou plusieurs partenaires.
23:44Dirk Gotting,
23:45on va parler d'immigration
23:46puisqu'Orsola van der Leyen
23:47dans son discours
23:48a aussi exprimé
23:49la solidarité
23:50de l'Union Européenne
23:51envers l'Espagne
23:52du Premier ministre socialiste
23:53Pedro Sanchez
23:54après la crise migratoire
23:55cet été
23:56à Ceuta,
23:57l'enclave espagnole
23:58au Maroc
23:59avec l'arrivée massive
24:00de dizaines de milliers
24:01de migrants
24:02dans cette enclave.
24:03Il était temps
24:04d'exprimer cette solidarité
24:05alors que
24:06la droite européenne
24:07cet été,
24:07votre famille politique
24:08a beaucoup critiqué
24:09le socialiste Pedro Sanchez
24:11sur ce dossier.
24:11Oui,
24:12je pense qu'il y a aussi
24:14des critiques
24:14qui ont été
24:15très proportionnées
24:17en effet
24:17par rapport aux faits
24:18qu'on a constatés
24:20tous.
24:21Je pense qu'il faut
24:22commencer avec la situation
24:23que M. Sanchez,
24:25son Premier ministre,
24:26il a régularisé
24:27beaucoup de monde
24:28sans en parler
24:29avec ses collègues européens.
24:31Il a aussi essayé...
24:33Mais Giorgia Meloni
24:34en Italie
24:34qui est de droite aussi.
24:35Il a aussi essayé
24:37de bloquer la régulation
24:38pour renvoyer
24:39des migrants
24:40qui ne peuvent plus
24:41rester sur le sol européen.
24:43Du coup,
24:43les collègues
24:44de M. Sanchez,
24:45ils ont un peu dit
24:46bon,
24:47maintenant,
24:47maintenant que vous avez
24:49un problème,
24:50que vous savez
24:50en avant
24:51que tous ces gens
24:52allaient arriver,
24:53que maintenant
24:54vous avez besoin
24:55de solidarité,
24:56alors il faut le demander.
24:57Et là,
24:58je pense que c'est correct
24:59de soutenir.
25:00C'est aussi vrai
25:01qu'il a renvoyé
25:02beaucoup de ces gens
25:03qui sont venus,
25:04il a renvoyé aussi
25:05avec force
25:06vers le Maroc.
25:08Mais il faut aussi
25:09mettre un peu
25:09en perspective
25:11l'agenda politique
25:13du Premier ministre
25:14et je pense
25:16que c'est compréhensible
25:17maintenant que
25:17Ursula von der Leyen
25:18dit ça.
25:19Mais pour nous,
25:20la situation
25:21reste inacceptable.
25:22Les gens,
25:23les citoyens
25:23en ce état
25:24restent sous pression
25:26énorme
25:26de sécurité
25:27et d'incertitude
25:29et je pense
25:30que c'est
25:30à le gouvernement
25:30de Pedro Sánchez
25:31et pas à l'Europe
25:32de résoudre ça.
25:34Et d'ailleurs,
25:35Ursula von der Leyen
25:36a annoncé
25:36un nouvel instrument
25:37européen
25:37de gestion
25:38de ce type
25:39de crise
25:41de nouveaux outils
25:43pour réguler
25:43les flux migratoires
25:44quand il y aura
25:46finalement
25:47des arrivées
25:48massives
25:48à la frontière
25:49mais qui sont
25:50poussées
25:50par les états.
25:51Vous voyez ?
25:52Les attaques hybrides
25:53comme on appelle ça
25:54comme on a vu
25:55là cet été
25:56puisque ça faisait partie
25:57d'un des rapports
25:58que nous avons tous eus.
25:59Moi, je suis contente
26:00de l'entendre
26:00mais on a perdu
26:01beaucoup de temps.
26:02Nous, on ne veut pas
26:03que ces 80 000 migrants,
26:06si on lit les rapports,
26:07puissent rester
26:09sur notre sol.
26:10Nous n'avons pas
26:10les moyens.
26:11Donc, il est évident
26:13que dans la lecture
26:14que moi j'ai
26:14du discours
26:15de Mme Vandelarienne,
26:16elle a déjà dit
26:16une chose intéressante.
26:18Elle a bien dit
26:18que c'était
26:19une frontière européenne.
26:20Donc, qui dit
26:21frontière européenne,
26:21on applique les traités.
26:22Mais aussi, il faut aussi
26:24que le gouvernement socialiste
26:25prenne ses responsabilités
26:27à avoir un discours ferme.
26:29On ne peut pas accueillir
26:30toute la misère du monde
26:31et de ce fait,
26:32il faut appliquer les traités
26:33et dans la lecture
26:34du discours de Mme Vandelarienne,
26:36je n'ai pas entendu
26:36l'application
26:37des mesures de retour.
26:39Laura Ballarine,
26:39est-ce que vous sentez
26:40une réelle solidarité européenne ?
26:42D'ailleurs, après les mots
26:43de vos homologues
26:44eurodéputés sur ce plateau,
26:46une véritable solidarité européenne
26:47envers l'Espagne
26:48après ce qui s'est passé
26:49à Tauta ?
26:50Pas du tout.
26:50En fait, comme espagnole,
26:51je suis très triste
26:53d'entendre les mots
26:54du Parti populaire européen
26:55en parlant d'une crise humanitaire,
26:57une crise humanitaire
26:58qui affecte l'Espagne
27:01mais aussi l'Europe.
27:02Ursula von der Leyen l'a dit,
27:03Ceuta, Espagne, Ceuta et Europe.
27:05Je suis contente
27:06d'entendre ces mots
27:08mais très triste
27:10d'entendre un Parti populaire
27:11qui essaye d'utiliser cette crise
27:14pour attaquer un gouvernement espagnol.
27:17Est-ce qu'il faut déroger
27:18aux droits d'asile
27:19pour gérer ce type de crise
27:20en urgence
27:21avec cette arrivée massive
27:22sur la frontière ?
27:23Non, mais sur la solidarité
27:25que l'on a tendu cet été.
27:27Parce que, comme vous avez dit,
27:28le pacte de migration européenne
27:31est basé sur la solidarité.
27:33Une solidarité que nous,
27:34les Espagnols,
27:35n'ont pas sentie.
27:38Cet été, surtout,
27:41de quelques pays membres,
27:42pas la France,
27:43mais quelques pays membres
27:45que, dans le passé,
27:48ont eu des crises migratoires
27:50et humanitaires.
27:51Et nous, en Espagne,
27:52on était dans ce côté.
27:53On parle de l'AMP12 en Italie.
27:55On parle à Groenland
27:57avec la Denmarque.
27:58On parle aussi en Pologne et en Romaine
28:01quand ils ont des attaques
28:02à la frontière.
28:04C'était un rappel
28:05à la solidarité, quand même,
28:06de Ursula von der Leyen.
28:07D'un certain point de vue,
28:08c'était un rappel à la solidarité.
28:10À l'époque, avec la Pologne,
28:11avec le Bélarus,
28:13qui ont attaqué en hybride,
28:15c'était le côté des socialistes
28:17qui ont attaqué la Pologne
28:19pour renvoyer ces gens avec force.
28:21Et ça, il faut le dire aussi.
28:23Et le problème, c'est...
28:23Espagne a deux forces armées
28:26pour défendre Pologne et Bélarus.
28:29C'est pas vrai ça.
28:30Juste pour être clair,
28:32M. Sanchez refuse d'appeler ça
28:34une attaque hybride.
28:35Il refuse de mettre en responsabilité
28:38les Marocains.
28:38Il ne veut pas s'aligner les Marocains.
28:41J'ai l'impression.
28:42Alors, autre annonce importante,
28:43quand même.
28:44On va avancer dans ce discours,
28:46une loi européenne
28:47sur la protection de l'enfance
28:48face aux réseaux sociaux.
28:49On écoute.
28:51Nous assistons à une grande confiscation
28:53de nos enfants.
28:55On leur confisque leur attention,
28:57leur concentration,
28:59leur esprit.
29:00Les enfants se retrouvent ainsi
29:02privés de leur enfance.
29:06Ils ont besoin de temps
29:07pour se construire,
29:08pour grandir au contact des autres.
29:13L'heure est venue pour l'Europe d'agir.
29:16Demain, la Commission proposera
29:18l'EU Kids Act.
29:20L'approche que nous adopterons
29:22sera graduelle et différenciée.
29:25Chaque âge a ses propres sensibilités.
29:28Et chaque âge aura donc
29:30son propre niveau de protection approprié.
29:34par exemple,
29:36pas de médias sociaux
29:37avant l'âge de 13 ans.
29:41Cette loi sur la protection de l'enfance
29:42face aux réseaux sociaux
29:44prévoit également que pour les mineurs
29:45entre 13 et 15 ans,
29:47il y ait la possibilité
29:48d'ouvrir un compte sur les réseaux
29:50avec une autorisation parentale
29:51et des fonctionnalités limitées
29:53pour ce compte.
29:55Laura Ballarin,
29:55l'Espagne souhaite une interdiction
29:57des réseaux sociaux
29:57pour les mineurs de moins de 16 ans.
29:59Est-ce que c'est trop timide
30:00ce que propose
30:01la présidente de la Commission ?
30:02C'est-à-dire,
30:03en dessous de 13 ans,
30:04on interdit ?
30:04On salue cette mesure
30:06parce qu'on pense
30:07que c'est bon
30:08d'avoir une régulation
30:09au niveau européen.
30:10C'est vrai qu'en Espagne,
30:11on proposait 16 ans,
30:13mais 15,
30:13c'est déjà
30:14un très bon début pour ça.
30:17Mais là, on est à 13.
30:17Oui, c'est vrai que de 13 à 15,
30:20c'est uniquement
30:21avec contrôle parental
30:22et aussi des comptes
30:24qui sont avec des restrictions
30:27une heure par jour,
30:29pas de scrolling infini
30:31et pas aussi de la possibilité
30:33d'avoir des comptes
30:34inconnus pour notre enfant.
30:37C'est déjà un premier pas très positif.
30:40Le Parlement,
30:40on a demandé ça l'année dernière,
30:43plusieurs pays,
30:44l'Espagne, la France,
30:44et c'est vrai qu'on est en phase
30:47d'une pandémie
30:48de santé mentale,
30:50physique de notre mineur.
30:52Alors, c'est vrai qu'en France,
30:53on demandait ça.
30:54La France a demandé ça
30:55avec force.
30:56Est-ce que les élus
30:57du Rassemblement national
30:59vont voter pour cette interdiction
31:00de réseaux sociaux
31:01au moins de 13 ans ?
31:02Est-ce qu'il faut d'ailleurs
31:03frapper plus fort
31:04les géants du numérique
31:05qui laissent circuler,
31:06par exemple,
31:07des images sexualisées
31:08de jeunes filles
31:08fabriquées par l'intelligence artificielle ?
31:10Alors, je rappelle une chose.
31:11La France a proposé une loi.
31:13Elle a été retoquée
31:13par le Conseil constitutionnel
31:14parce qu'elle ne respectait pas
31:15la liberté d'expression.
31:16C'est très important
31:17parce qu'il y a sur la forme
31:18et sur le fond,
31:19c'est un sujet
31:19qui est très important.
31:21On ne peut pas le prendre
31:22n'importe comment.
31:23Et on l'a vu,
31:24Emmanuel Macron est allé trop vite
31:25et je pense qu'il faut faire
31:27plus d'études d'impact.
31:28On n'a pas tous les tenants
31:29et les aboutissants.
31:30Je suis le dossier très payé
31:31parce que, oui,
31:33il faut protéger les enfants.
31:35On est face, effectivement,
31:36avec des nouveaux outils.
31:37Il faut accompagner les parents.
31:39Il faut accompagner les enfants.
31:40Moi, je suis ces dossiers
31:42avec vous aussi.
31:43On a plusieurs fois échangé.
31:45La proposition,
31:46je l'ai lue,
31:47elle est cohérente aussi
31:47avec ce que proposent
31:49les grandes plateformes
31:50puisqu'il y a quand même,
31:51on ne part pas de zéro.
31:52Il y a un DSA.
31:52Il y a l'article 28
31:53qui prévoit déjà des mesures.
31:55Moi, ce qui me fait peur,
31:56c'est comment on va mettre
31:57en œuvre l'interdiction.
31:58Moi, je ne veux pas
31:59qu'on mette une société
32:01où on contrôle tout,
32:03où on a des données
32:04d'identité
32:05qui sont mises partout,
32:07qu'on ne maîtrise plus,
32:09puisqu'on a bien vu
32:10qu'il y a des attaques.
32:11Vous parlez de l'exemple
32:12de la nudification.
32:13J'ai passé toute une nuit
32:15à rédiger,
32:16parce qu'on a eu l'omnibus
32:17de l'intelligence artificielle,
32:19vous savez,
32:19c'est ce fameux simplification
32:21qu'on a voulu mettre en œuvre.
32:23On a passé des heures et des heures
32:24et on a défini
32:25que c'est interdit
32:26d'utiliser des réseaux sociaux
32:29pour nudifier les personnes.
32:33Donc ça, c'est déjà,
32:34dans les tuyaux,
32:35c'est déjà encadré.
32:36Mais effectivement,
32:37il faut aller plus loin,
32:38il faut des études d'impact,
32:39il faut écouter aussi
32:41plus ce que nous ont à proposer
32:42les plateformes.
32:43Dirk Gotting,
32:44la présidente de la commission,
32:45veut également inverser
32:46la charge de la preuve,
32:47c'est-à-dire les plateformes numériques,
32:50les géants de la tech américains
32:51devront prouver
32:51que leurs applications
32:52sont sûres pour nos enfants.
32:54Est-ce que l'union va vraiment,
32:55au final,
32:56gagner ce bras de fer
32:56avec les gens de la tech ?
32:57On a les outils légaux, déjà.
33:00On a le DSA,
33:01Mme Joron l'a dit,
33:02et je pense que surtout
33:04sur le côté de l'addictivité
33:06ou l'addiction des jeunes
33:08et de nous, d'ailleurs,
33:09parce que ce n'est pas
33:10que les sous-15 ans
33:11qui sont addicts aux écrans.
33:13On est tous addicts aux écrans.
33:15Et du coup,
33:16ces éléments addictifs,
33:17ils doivent être combattus
33:19avec une force sévère.
33:21Après un âge d'interdiction
33:23très fort,
33:25on a dit en Australie
33:26que l'impact, en fait,
33:27est assez faible
33:29par rapport à la proportionnalité
33:31de la mesure.
33:32Je suis d'accord.
33:33Aussi, le cours français
33:35a aussi donné
33:36quelques limites légales
33:37sur qu'est-ce qu'on peut faire.
33:38Du coup,
33:39moi, j'aimerais mettre
33:41tout notre travail
33:42sur l'addiction,
33:44l'impact sur la psychologie
33:46des jeunes
33:46et de mettre aussi
33:48les parents au centre
33:49des décisions
33:50qui sont prises
33:51pour les enfants.
33:52Merci à tous
33:53d'avoir très bien
33:53illustré ce débat.
33:54Merci à vous de l'avoir suivi.
33:56Vous restez sur notre antenne
33:57pour plus d'informations.
33:58Merci.
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