00:00Et l'information ce soir, c'est donc le gouvernement qui cherche toujours la parade face à la crise des
00:05carburants.
00:06Petit rappel si vous n'êtes pas allé à la pompe ces derniers jours, 2,40 euros, record toujours battu
00:12pour le gasoil en ce moment à la pompe,
00:132,20 euros environ pour le litre de super sans plomb. Bonsoir Anthony Lobos.
00:19On a compris qu'Emmanuel Macron et que Sébastien Lecornu n'ont pas envie de relancer la politique du chèque,
00:24ce n'est plus le quoi qu'il en coûte.
00:26En revanche, et c'est une information BFM TV, Sébastien Lecornu envisage détente ce qu'on appelle la prime gros
00:32rouleur.
00:32Absolument, c'est une hypothèse qui est bel et bien sur la table.
00:36Alors c'est une indemnité carburant de 100 euros destinée aux travailleurs modestes qui utilisent leur véhicule pour aller travailler.
00:42Aujourd'hui, il y a près de 3 millions de travailleurs qui peuvent potentiellement en bénéficier, qui sont éligibles.
00:48Marc, la moitié n'a pas encore réclamé cette indemnité carburant selon Bercy.
00:53Il y en a donc 1,5 million qui peuvent en bénéficier et qui en bénéficient en ce moment même.
00:58Et si cette piste est confirmée par Matignon, l'idée serait soit d'augmenter le montant de cette aide, soit
01:05d'élargir le nombre de bénéficiaires.
01:08Cette aide, en revanche, elle est soumise quand même à certaines conditions.
01:11Certains critères, je vais vous en citer deux.
01:13Il faut un kilométrage annuel supérieur à 8 000 kilomètres et il faut appartenir à un foyer fiscal dont le
01:18revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16 880 euros.
01:25Il y a quand même un certain nombre de conditions et cette piste est effectivement sur la table.
01:28Le gouvernement planche ce week-end sans doute à Bercy encore. Est-ce qu'on sait déjà quand pourraient avoir
01:33lieu ces annonces ?
01:34Probablement la semaine prochaine. Il y aura d'abord une série de réunions très importantes à Matignon à partir de
01:39lundi, présidées par Sébastien Lecornu,
01:41à la fois pour essayer d'agir sur les prix, les faire baisser, mais aussi des réunions qui seraient consacrées
01:46à l'approvisionnement en gaz, en fuel, aussi en diesel.
01:50C'est la priorité qui a été fixée par Emmanuel Macron.
01:53On sent bien quand même qu'au sommet de l'État, on surveille de très près cette colère sociale, cette
01:58grogne, cette exaspération qui monte auprès des Français
02:02avec aussi un certain nombre d'appels à mobilisation qui se multiplient. Donc potentiellement la semaine prochaine, de nouvelles annonces.
02:07Peut-être les nouvelles annonces donc la semaine prochaine. Pression des automobilistes, vous avez dit Anthony.
02:11Pression également des candidats à l'élection présidentielle. Chacun en ce moment fait sa propre proposition pour faire baisser les
02:18prix.
02:18On est en campagne présidentielle effectivement.
02:20Ça ne nous avait pas échappé.
02:21Il y a un inventaire qui est fait par un certain nombre de candidats à la présidentielle.
02:25Désièrent d'ailleurs à leur arrivée à l'Élysée pour cette fameuse réunion des chefs de parti avec Emmanuel Macron.
02:30Le RN qui demande par exemple la baisse de la TVA de 20 à 5,5% pour essayer de
02:35faire baisser les prix du carburant.
02:36On peut citer d'autres demandes, notamment celle de Bruno Retailleau qui demande lui la suppression de la CEE, Certificat
02:43d'économie d'énergie.
02:44C'est 15 centimes le litre pour l'instant où ça a été balayé par l'exécutif, y compris le
02:49blocage des prix.
02:50Qui est notamment demandé par Fabien Roussel ou Jean-Luc Mélenchon.
02:53Pourquoi ? Parce que nous sommes contraints.
02:55Les finances publiques aujourd'hui de la France sont à sec.
02:57Le dernier à s'exprimer, c'est Jordan Bardella, le président du RN, qui a donc martelé sa proposition de
03:02baisse des taxes sur le carburant.
03:07Jordan Bardella qu'on écoutera tout à l'heure.
03:10La crise des carburants, donc d'un côté, la menace russe, vous l'avez évoqué, la primaire.
03:15Raphaël Glucksmann, ce soir, prend la parole sur BFM TV.
03:18Il a répondu aux questions d'Edgar Becquet à l'occasion des rencontres de la gauche qui se tiennent en
03:22ce moment du côté de l'Aude.
03:23C'est ça, du côté de la ville de Bram.
03:25On l'écoute et on en parle juste après.
03:29Bonjour Raphaël Glucksmann.
03:30Bonjour.
03:30Et merci de répondre aux questions de BFM TV depuis les rencontres de la gauche hors NFI auxquelles vous participez
03:35aujourd'hui à Bram.
03:37Vous étiez hier à l'Elysée avec les autres chefs de parti et les candidats à la présidentielle sur la
03:42dégradation de la situation internationale.
03:45Qu'est-ce que vous retenez de cette réunion ? Qu'est-ce que vous a dit le président de
03:48la République ?
03:49Que la situation était extrêmement préoccupante.
03:52Vous avez un État, la Russie.
03:54D'ailleurs, le terme terrorisme d'État a été utilisé pendant la réunion,
03:58qui mène des actions qui sont potentiellement mortelles sur le territoire européen.
04:03Vous avez eu l'attaque avec un drone explosif de l'aéroport de Leipzig en Allemagne.
04:08Et c'est la première fois que la Russie de Poutine a entendu commettre un attentat sur le sol européen
04:16qui devait être mortel.
04:18Et donc on est dans une situation où on s'attend à des attaques directes de la Russie contre les
04:24pays de l'Union Européenne.
04:25Ce n'est pas simplement la guerre en Ukraine.
04:26C'est une guerre qui nous vise nous, qui vise nos démocraties, qui vise nos nations.
04:30Et donc la situation sécuritaire est extrêmement préoccupante.
04:33Et l'autre chose qui sort de cette réunion, c'est que la situation au Moyen-Orient va empirer.
04:39Et que les routes d'approvisionnement énergétique sont aujourd'hui attaquées par les alliés de l'Iran.
04:46Et que donc on va avoir une situation sur le front énergétique dans notre pays, en France,
04:51qui va être très compliquée pour les mois qui viennent.
04:54Si on a un hiver particulièrement rude, la situation pour les Françaises et les Français va être extrêmement compliquée.
05:00Et donc il faut qu'on fasse tous preuve à la fois de responsabilité et de solidarité.
05:04Justement, cette réunion hier à l'Elysée était aussi liée à l'un des sujets majeurs de ce début de
05:10campagne.
05:11Vous l'avez évoqué, c'est la hausse des prix du carburant dans le pays.
05:16Vous vous demandez des aides massives.
05:18De quoi parlez-vous concrètement ? De quelles aides vous parlez concrètement ?
05:21Des aides ciblées massives à destination des classes populaires et des classes moyennes.
05:26Il faut tripler le chèque énergie.
05:29Le chèque énergie aujourd'hui est de 150 euros par an.
05:31Il faut le monter à 500 euros.
05:33Et il faut l'étendre aux classes moyennes.
05:35Aujourd'hui, la situation est intenable.
05:37Ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler n'arrivent plus à faire face.
05:40Et donc si on n'a pas une réaction à la hauteur de l'État, on aura une implosion sociale.
05:46La colère est immense.
05:47Partout, il y a le désespoir.
05:48Il y a la tentation de tout foutre en l'air qui monte.
05:51Et donc il faut que l'État intervienne maintenant de manière beaucoup plus massive que ce qui a été annoncé
05:56jusqu'ici.
05:56Et qui sera concerné concrètement par ces aides ?
05:59D'abord les gros rouleurs.
06:00Les gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler et qui touchent moins de 2000 euros par mois.
06:04Mais moi ce que j'aimerais dire, c'est que ces aides-là, qui sont nécessaires et qui sont vitales
06:07à ce moment précis, ne doivent pas nous empêcher de préparer l'avenir.
06:11Parce qu'en fait, cette crise, elle dure depuis le mois de mars.
06:14Et l'impréparation du gouvernement est totale.
06:15Nous, dès le mois de mars, moi je demandais qu'on mette en place un leasing social sur les voitures
06:21électriques.
06:21Par exemple, pour que 100 000 auxiliaires de vie puissent avoir accès pour 100 euros par mois à une voiture
06:27électrique.
06:28Aujourd'hui, elle ne serait pas touchée par cette explosion du prix des carburants.
06:32Et ça, c'est l'impréparation du gouvernement qui expose les Français à la volatilité des prix de l'énergie
06:37à l'échelle mondiale.
06:39Si on veut réellement, de manière définitive, préserver le pouvoir d'achat des Français,
06:44il faut qu'on mène à bien cette révolution énergétique qui a été depuis trop longtemps repoussée.
06:48On importe 1 milliard d'euros par semaine d'hydrocarbures.
06:53C'est une laisse qui nous en sert le coup et qui en sert le coup des Françaises et des
06:56Français.
06:56Vous proposez donc une augmentation du chèque énergie.
06:59Comment vous financez cette mesure ?
07:01On estime à environ 4 milliards d'euros le coût de cette mesure.
07:05Il faut la financer ?
07:06Il faut la financer, oui. Parce que la situation budgétaire est catastrophique.
07:09Parce qu'on hérite de 1 000 milliards de dettes, des 10 années de macronisme.
07:13Et que donc, il faut trouver l'argent.
07:15Et bien, dans le même temps, alors que les Français galèrent à ce point,
07:18nous avons des multinationales pétrolières qui battent tous les records de bénéfices
07:24et qui vont verser des dividendes astronomiques à leurs actionnaires.
07:27Il faut taxer les super-profits.
07:30Et aujourd'hui, à l'échelle européenne, le gouvernement qui bloque cette taxation des super-profits,
07:35c'est le gouvernement français, sur ordre de M. Pouyenne, le patron de Total Energy.
07:40Et bien, il faut mettre fin à ce blocage.
07:42Vous savez, les socialistes espagnols proposent cette taxation.
07:45Les conservateurs allemands sont d'accord.
07:47Et la France se retrouve là, en position d'être lobbyiste des intérêts des multinationales pétrolières.
07:53C'est impossible que des gens se gavent à ce point d'une situation qui mine littéralement la vie des
08:00Français.
08:00Et quel montant ça rapporterait alors cette taxe sur les super-profits ?
08:04Alors, l'estimation, c'est autour de 2 milliards d'euros, si on l'a fait de manière sérieuse.
08:08Puisque la dernière fois que ça a été fait, en 2022, la France a été, de tous les pays européens,
08:13le pays qui a le plus mal appliqué cette taxation.
08:15Encore une fois, pour faire plaisir aux multinationales pétrolières.
08:18Et donc, il faut qu'on arrête de servir des intérêts particuliers, des intérêts privés,
08:21qu'on pense enfin à l'intérêt général.
08:23C'est insupportable de voir ces chiffres records.
08:26Vous savez, Total Energy a fait ses plus grands bénéfices en 2022, au moment de l'invasion de l'Ukraine.
08:31Ça s'appelle des profits de guerre.
08:32Et aujourd'hui, on va avoir les mêmes sommes qui vont être versées à des actionnaires.
08:36Pendant ce temps-là, les Françaises et les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler,
08:40eux, ils n'arrivent pas à faire le plein.
08:41Et donc, il y a la nécessité de faire jouer la solidarité dans ce moment-là de notre histoire.
08:46Mais alors, il manque 2 milliards.
08:47Il faut encore trouver 2 milliards supplémentaires pour financer cette mesure à 4 milliards d'euros.
08:51Oui, et ça, c'est un effort qui sera demandé à la puissance publique.
08:54Parce qu'en réalité, on ne peut pas, aujourd'hui, laisser les Françaises et les Français dans cette situation.
08:59On n'y arrivera pas.
09:00Vous allez avoir une explosion sociale qui va coûter beaucoup plus cher.
09:03Et face à cela, face à la mesure que nous proposons, moi, ce que j'entends dans le débat public,
09:08eh bien, c'est des choses qui coûteront beaucoup plus cher que ce qu'on propose.
09:11Et qui auront un impact social absolument injuste.
09:15Par exemple, la baisse des taxes que propose le Rassemblement national.
09:20Une baisse généralisée des taxes sur les carburants.
09:23Vous savez ce que ça fait ?
09:24Ça fait une situation où on va gréver le budget de l'État de 12 milliards minimum.
09:28Et où un bourgeois parisien, qui prend son SUV pour partir en week-end à Deauville,
09:33bénéficiera de la solidarité nationale.
09:35Moi, je ne pense pas que l'argent des Français doivent servir
09:37à permettre un week-end à Deauville en SUV à un bourgeois parisien.
09:40Par contre, ce que je pense, c'est que la solidarité nationale,
09:42elle doit servir à une auxiliaire de vie qui a besoin de sa voiture
09:45pour aller travailler en particulier en milieu rural.
09:47On est ici à Bram.
09:49Mais interrogez les citoyens à Bram.
09:51Comment ils font ?
09:52Comment ils font quand le prix explose à ce point-là ?
09:54Comment ils font pour aller travailler ?
09:55Comment on fait quand on est infirmière libérale
09:58et qu'on doit aller s'occuper de nos aînés, par exemple,
10:00pour aller travailler quand le prix à la pompe est si élevé ?
10:04Vous parlez de l'explosion sociale, Raphaël Glucksmann.
10:06Justement, ce matin, Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste,
10:10s'est rendu à un péage avec des manifestants qui se mobilisent
10:13face à la hausse des prix du carburant.
10:16Olivier Faure et Marine Tandelier ont promis de se tenir à leur côté.
10:20Est-ce que vous allez faire la même chose ?
10:21Est-ce que dans les prochains jours, on va vous voir sur le terrain
10:24avec ces manifestants qui se mobilisent contre la vie chère ?
10:27On va me voir sur le terrain.
10:29Mais on va surtout me voir proposer une solution,
10:32une réponse à la colère qui monte partout.
10:34Moi, je ne pense pas que le rôle d'un dirigeant politique,
10:37en particulier de quelqu'un qui aspire à présider au destiné de la nation,
10:41soit d'attiser la colère.
10:42Je pense que c'est d'apporter des réponses à cette colère.
10:44Et donc de proposer, de proposer sans relâche,
10:47et de se battre pour qu'enfin, les Français qui sont en galère,
10:51les Français qui n'y arrivent pas,
10:53les Français des classes populaires et des classes moyennes
10:54qui ont besoin de leur voiture pour leur travailler,
10:56qu'ils aient une réponse à la hauteur de leurs attentes.
10:59Donc vous n'irez pas sur des ronds-points
11:00ou sur des points de blocage dans les prochains jours ?
11:02Je n'appellerai pas à ce type de manifestation.
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